Home About Us Services ↳ Canada PR Visa (Permanent Residency) ↳ Work Permit Canada ↳ LMIA — Labour Market Impact Assessment ↳ Spouse & Family Sponsorship Visa ↳ Student Visa Canada ↳ Visitor Visa ↳ Business Visa Provinces ↳ 🏙️ Ontario ↳ 🏔️ British Columbia ↳ 🌾 Alberta ↳ 🌻 Saskatchewan ↳ 🌊 Manitoba ↳ ⚓ Nova Scotia ↳ 🍁 New Brunswick ↳ 🦞 Prince Edward Island ↳ 🐟 Newfoundland & Labrador ↳ 🌊 Atlantic Immigration Program Healthcare Blog FAQ Careers Canadian Latest policies Contact

Excuses des Forces armées canadiennes pour la discrimination raciale et le harcèlement racial : la très hon. Michaëlle Jean

Vidéo / Le 16 avril 2026

Transcription

Capv Kelly Williamson : Notre dernière intervenante avant la présentation des excuses nationales est la très honorable Michaëlle Jean. Mme Jean a mené une vie remarquable, marquée par le courage et le leadership. Née en Haïti, elle a trouvé refuge au Canada avec sa famille, où elle a gravi les échelons pour devenir journaliste, femme d'État et 27e gouverneure générale du Canada. Elle a été la première personne noire et la première canadienne d'origine haïtienne à occuper cette fonction.

Sa vie et sa carrière ont été dévouées à l'avancée de la liberté, de l'égalité et de la dignité humaine en brisant les barrières et en amplifiant les voix qui ont longtemps été réduites au silence. Sa présence aujourd'hui nous rappelle le pouvoir de la représentation et la responsabilité de leadership.

Veuillez accueillir la très honorable Michaëlle Jean.

La très honorable Michaëlle Jean : Tout d'abord, je voudrais regarder la salle et tous vous voir. Je voudrais également dire à quel point je suis touchée d'être ici avec vous. Et pour chaque parole qui a été prononcée dans cette pièce, il y a eu des vibrations dans la salle, ce qui est absolument exceptionnel.

Alors, distingués invités, Mesdames et Messieurs, Votre Excellence la très honorable Mary Simon, gouverneure générale et commandante en chef du Canada, membres des Forces armées canadiennes, survivants, familles, anciens combattants, jeunes gens, chers amis. Nous sommes rassemblés ici aujourd'hui dans un moment qui va bien au-delà de la cérémonie. Ce n'est pas une formalité. Il s'agit de vérité. Il s'agit de dignité. Il s'agit d'honneur. Pas dans sa version imaginaire, mais dans sa version qui est durement gagnée.

Aujourd'hui, nous parlons de courage. Pas juste le courage sur le champ de bataille, mais le courage moral. Le courage de s'exprimer. Le courage de confronter. Le courage de se lever. Et le courage de changer.

Car c'est bien le courage et la bravoure qui nous réunissent ici. Le courage et la bravoure d'abord de celles et ceux qui trop longtemps ont porté en silence le poids si lourd sur leurs épaules et dans leur cœur, de la justice. Non pas seulement dans l'histoire ancienne, mais au cœur même de nos institutions contemporaines. Et le courage maintenant de leur rendre justice. Je ne suis pas ici pour présenter des excuses; ce n'est pas mon rôle. Mais je veux bien être ici pour porter la mémoire, pour dire la vérité, pour rappeler aussi à la nécessaire et urgente transformation.

Ce matin, nous avons entendu les témoignages profonds, ancrés et humains de Wendy Jocko, de Kevin Junor et d'Albert Wong. Je veux vous remercier. Parce que, alors que vous parliez, nous avons entendu des voix qui refusaient d'être réduites au silence. Des voix qui se faisaient entendre, pas par colère, mais par vérité. Elles nous rappelaient que les batailles les plus difficiles ne sont pas toujours combattues à l'étranger. Parfois, il faut se battre dans nos cœurs et au sein des institutions mêmes que nous servons. Ce que vos camarades ont fait aujourd'hui, lever ici et exprimer leur vérité, ça aussi, c'est du courage.

Le courage, ce n'est pas seulement risquer sa vie au combat. C'est aussi dire voici ce que j'ai vécu, voici ce que j'ai enduré, voici ce que j'ai refusé de taire. Et c'est cette force-là, cette bravoure intérieure que nous devons honorer aujourd'hui. La bravoure qui pousse, oui, à dénoncer l'exclusion, le racisme, les humiliations, même au risque de tout perdre.

Soyons très clairs. Ces témoignages ne sont pas des histoires isolées. Elles ne sont pas des exceptions. Elles sont simplement les échos de longue tendance d'exclusion, d'injustice et de réduction au silence. Certains ont servi dans des unités où ils étaient les seuls, certains n'ont jamais reçu les promotions qu'ils méritaient, d'autres se sont vu demander de donner leur loyauté tout en ne recevant jamais pleinement la même chose en retour.

Ce silence, être invisible, vous savez, je l'ai moi-même ressenti dans ma vie. Pendant mon mandat de gouverneure générale et commandante en chef des Forces armées canadiennes, j'ai été appelée à présider les commémorations du débarquement de Juno Beach, et le premier ministre de l'époque m'avait demandé d'accueillir les anciens combattants autochtones ici à Rideau Hall, tandis que tous les autres vétérans partaient pour la Normandie. Et alors, j'ai demandé mais, pourquoi pas eux? Pourquoi pas eux aussi? Sur ces plages où ils ont combattu pour la paix et pour la liberté? J'ai demandé et j'ai dit : « Monsieur le premier ministre, les vétérans autochtones méritent cette même reconnaissance, alors ils viendront avec moi à Juno Beach. » Alors nous sommes partis ensemble.

Et il y a eu cette incroyable impression profonde de douleur, mais en même temps, on a ressenti cette nécessité de pleinement vivre ce moment de reconnaissance. Et lorsqu'on est arrivés en France, les gens qui ont vu la délégation autochtone en plein habit ont dit : « Mais ils étaient donc là eux aussi pour nous libérer. » « Eux aussi étaient là pour nous libérer », ont-ils dit. Et par la suite, j'ai demandé aux anciens combattants ce qui avait été le plus difficile dans leur expérience. Et bien sûr, je m'attendais à ce qu'ils parlent du combat. Mais ils m'ont dit que c'était de rentrer chez eux. J'ai demandé pourquoi. Et ils ont répondu : « Eh bien, là-bas, nous étions des soldats canadiens. On luttait aux côtés des autres soldats. Mais lorsqu'on est revenus, nous n'étions rien. Pas de prestation, pas de pension. On était juste de sales Indiens à nouveau. »

Et cette injustice m'a brisé le cœur. Alors, j'ai fait part de leurs paroles au gouvernement. Et la reconnaissance est venue à terme. Mais ça n'aurait pas dû prendre aussi longtemps. Nous leur devons toujours plus. Nous devons parler non seulement des expériences individuelles, mais du système qui les a produites. L'idée de la suprématie blanche, cette notion selon laquelle certaines vies sont plus importantes que d'autres, n'est pas née de l'ignorance. Elle fut inventée. Elle fut conçue au sein de l'Europe médiévale pour justifier la violence d'un empire, le commerce de l'esclavage transatlantique, la colonisation des terres, le fait de subjuguer des peuples entiers. Ça disait au pouvoir européen qu'ils n'étaient pas juste en train de conquérir, ils civilisaient les autres qui étaient inférieurs. Ça disait aux esclavagistes qu'ils n'exploitaient pas, qu'ils étaient propriétaires de biens. Ça disait aux nations qu'elles pouvaient construire des richesses sur le dos des autres et appeler ça la grandeur. Et ce mensonge s'est perpétué au fil des siècles. Il a formé les points de vue des individus et les institutions mêmes dans lesquelles nous sommes aujourd'hui.

Nous devons le dire très clairement. Le racisme n'est pas une dérive accidentelle de l'histoire. C'est une idéologie construite, pensée, reproduite, une idéologie née pour servir l'institution de l'esclavage, pour légitimer la colonisation violente, pour nourrir l'idée que certains peuples étaient faits pour dominer et d'autres pour obéir, pour se courber, se taire et baisser les yeux. Et c'est cette idéologie qui s'est installée dans les lois, les politiques, les regards, les discours, les pratiques. Elle a justifié les pires atrocités. Et elle a laissé des traces profondes dans nos institutions, y compris dans les Forces armées.

Lorsque nous nommons aujourd'hui, ce que nous dénonçons, c'est aussi cet héritage-là. Ensemble, nous venons neutraliser ce poison, et le transformer en force morale pour renforcer notre résistance.

Voilà ce paradoxe qui crève le cœur. Encore ceux qui sont ciblés par le racisme ont servi avec tout ce qu'ils avaient. Ils ont fait le salut, ils ont lutté dans des uniformes, avec ceux qui ne les soutenaient pas, et ça, ça prend du courage. Et aujourd'hui, enfin, nous écoutons.

Pour ma part, vous savez, je sais ce que c'est que de craindre l'uniforme. Je viens d'un pays, Haïti, où l'uniforme a servi à opprimer, non à protéger. Et quand je suis devenue commandante en chef, ce fut pour moi un défi et un apprentissage, une réconciliation. J'ai vu des visages, j'ai entendu des histoires et j'ai compris que ce n'est pas l'uniforme qui donne la valeur, c'est la personne qui porte cet uniforme et ce qu'elle y met, d'intégrité, de respect et de justice.

En tant que commandante en chef, j'ai vu le courage sur le champ de bataille, mais aussi le courage des mères et des familles, qui devaient survivre avec la douleur terrible et le fardeau, l'absence de leur famille aimée, de ceux qu'ils avaient aimés, qui étaient tombés sur le champ de bataille. Et j'ai vu ceux qui avaient été oubliés, pas parce qu'ils n'avaient pas de mérite, mais à cause de la race, de leur foi et de leur identité.

Et maintenant, les Forces armées canadiennes s'apprêtent à présenter dignement des excuses officielles et ce geste est combien nécessaire, tardif mais essentiel. Mais reconnaissons ceci. Ce moment de vérité n'est pas étranger au fait que pour la première fois, une femme dirige fièrement nos Forces armées. Nous savons ce qu'il en a coûté aussi aux premières femmes, n'est-ce pas, qui ont choisi de se joindre avec la plus grande conviction à la défense nationale.

Générale Jennie Carignan comprend cette force et que cette force trouve sa racine dans la vérité. Que le véritable leadership prend sa racine dans la bravoure. Sa présence, votre présence, Générale, en tant que chef, ce n'est pas symbolique, c'est une transformation. Et c'est le signal de quelque chose de beaucoup plus profond, qu'un pays ne peut pas être défendu seulement par certaines de ces personnes. Nous devons tous être inclus.

L'inclusion n'est pas une concession, c'est une intelligence. L'exclusion n'est pas intelligent. Cette intelligence de l'inclusion est l'une des forces des plus puissantes qu'un pays puisse ajouter à son arsenal, une puissance éthique, une puissance humaine, une puissance morale et je redis, c'est tout à l'inverse de l'exclusion. Qu'est-ce que l'exclusion sinon un déficit de ressources, un déficit de perspective, de participation, d'intelligence, de puissance et aussi de stratégie.

Quand nous n'incluons pas, nous infligeons sur nous-mêmes un déficit, un déficit de participation, de compréhension, de perspective, un déficit d'énergie et de synergie et également un déficit de possibilités. Pour ceux qui sont en service, c'est votre courage qui va donner forme à cette institution. Pour les jeunes qui nous observent, vous êtes ceux et celles qui vont assurer que ça n'arrivera plus jamais. N'est-ce pas? Je ne vous entends pas. Est-ce que vous pourriez assurer que ça n'arrivera plus jamais?

Il y a celles et ceux qui ont été blessés, exclus, effacés. Vous n'avez pas rêvé. Ce que vous avez vécu est réel et enfin, on vous voit. Enfin, on vous croit.

Il y a quelque chose que j'ai dit bien des fois et je le dis encore une fois aujourd'hui avec tout le poids du souvenir et de l'espoir. Quand le présent ne reconnaît pas les torts du passé, les erreurs, l'avenir va prendre sa revanche.

On ne protège pas un pays en fragmentant son peuple. On ne défend pas une nation en excluant certains de ceux et celles qui la servent. C'est dans l'unité de toutes ces composantes, dans la reconnaissance de toutes ses voix que le Canada puise sa véritable force. Ce que nous vivons aujourd'hui est sans précédent dans le monde. Jamais encore une force armée nationale n'avait pris la parole ainsi pour reconnaître publiquement des injustices infligées à ses propres membres noirs, autochtones, asiatiques, racisés.

Ce geste nous distingue, ce geste nous élève. Dans un monde où tant de pays régressent, n'est-ce pas, reculent, ferment les yeux, et bien, ce geste, le nôtre, ouvre un chemin et trace la voie. Voyez chez nos voisins du sud, aux États-Unis, on voit des élites politiques lamentablement œuvrer à renverser des décennies de progrès. On y humilie de nouveau et de manière oui, ignoble et décomplexée, les femmes, les Noirs, les personnes racisées, les pauvres, les nouveaux arrivants; on divise et on méprise. On y efface l'histoire, on utilise la peur pour manipuler.

Alors, ne doutons pas un instant que les ténors du mépris et de l'exclusion trouvent écho chez nous également. Nous ne sommes pas immunisés contre la haine. La vigilance s'impose, alors ne perdons pas le cap des valeurs qui définissent qui nous sommes. Nous pouvons nous en dire qu'ici au Canada, nous choisissons consciemment, volontairement une autre façon d'être et de faire. Et cette voie nous distingue. Elle nous honore également.

Pour nous, les Canadiens, nous choisissons une autre voie. Et nous voulons faire face à notre propre vérité, non pas pour avoir honte, mais pour se soulever. Et nous choisissons de dire : « Oui, nous ne sommes pas parfaits, mais nous n'avons pas peur. Nous n'avons pas peur d'apprendre, nous n'avons pas peur de changer, nous n'avons pas peur de la croissance, et nous n'avons pas peur de combattre le mal. » Et c'est ça qui fait en sorte que nous sommes humains et que nous sommes libres et forts. Que ce soit un point de bascule, non seulement pour les Forces armées canadiennes, pas simplement pour le Canada, mais comme précédent pour le monde entier. Créons une institution et un pays où personne ne sera simplement toléré, mais où tout le monde aura son appartenance et où le courage n'est pas puni, mais honoré.

Je salue votre bravoure et je vous remercie.

Je vous remercie. Miigwetch.

Capv Kelly Williamson  : Merci, Madame Jean, pour votre sagesse et pour votre appel à la justice. Merci à tous ceux qui ont parlé pour votre honnêteté, pour votre grâce. Vos mots nous rappellent que l'impact du racisme est vrai, personnel et vous, vous avez donné la voix à la vérité et ce faisant, vous avez créé vraiment l'importance de ce jour.

 
Aperçu Vidéo
Elder Albert Dumont

Excuses des Forces armées canadiennes pour la discrimination raciale et le harcèlement racial : mot d’ouverture et reconnaissance territoriale
Mot d’ouverture de la capitaine de vaisseau Kelly Williamson et reconnaissance territoriale de l’Aîné Albert Dumont à l’occasion de la présentation des excuses des Forces armées canadiennes pour la discrimination raciale et le harcèlement racial.

Sgt (ret) Wendy Jocko

Excuses des Forces armées canadiennes pour la discrimination raciale et le harcèlement racial : Sgt (ret) Wendy Jocko
Discours de la sergente (à la retraite) Wendy Jocko à l’occasion de la présentation des excuses des Forces armées canadiennes pour la discrimination raciale et le harcèlement racial.

Capt (ret) Kevin Junor

Excuses des Forces armées canadiennes pour la discrimination raciale et le harcèlement racial : Capt (ret) Kevin Junor
Discours du capitaine (à la retraite) Kevin Junor à l’occasion de la présentation des excuses des Forces armées canadiennes pour la discrimination raciale et le harcèlement racial.

Capc (ret) Albert Wong

Excuses des Forces armées canadiennes pour la discrimination raciale et le harcèlement racial : Capc (ret) Albert Wong
Discours du capitaine de corvette (à la retraite) Albert Wong à l’occasion de la présentation des excuses des Forces armées canadiennes pour la discrimination raciale et le harcèlement racial.

la très hon. Michaëlle Jean

Excuses des Forces armées canadiennes pour la discrimination raciale et le harcèlement racial : la très hon. Michaëlle Jean
Discours de la très honorable Michaëlle Jean à l’occasion de la présentation des excuses des Forces armées canadiennes pour la discrimination raciale et le harcèlement racial.

la générale M. A. J. Carignan

Excuses des Forces armées canadiennes pour la discrimination raciale et le harcèlement racial : présentation des excuses nationales
Présentation des excuses des Forces armées canadiennes pour la discrimination raciale et le harcèlement racial par la chef d’état-major de la défense, la générale M. A. J. Carignan, et l’adjudant-chef des Forces armées canadiennes, l’adjudant-chef Bob McCann.

contre-amiral Jacques P. Olivier

Excuses des Forces armées canadiennes pour la discrimination raciale et le harcèlement racial : mot de la fin
Mot de la fin du contre-amiral Jacques P. Olivier à l’occasion de la présentation des excuses des Forces armées canadiennes pour la discrimination raciale et le harcèlement racial.

Détails de la page

2026-04-16

Quick Enquiry

We usually reply within a few hours
By submitting you agree to be contacted about your enquiry.
Call us Chat on WhatsApp
M

Migova AI Assistant

Online now
Hi 👋 I'm the Migova AI assistant, powered by OpenAI. Ask me about PR, study visas, work permits, LMIA, family sponsorship, provinces, or healthcare immigration to Canada.
Canada PR
Study Visa
LMIA / Work Permit