Excuses des Forces armées canadiennes pour la discrimination raciale et le harcèlement racial : mot de la fin
Vidéo / Le 16 avril 2026
Transcription
Capv Kelly Williamson : Alors, pour donner le discours de clôture au nom des Forces armées canadiennes, j'ai l'honneur de vous présenter le contre-amiral Jacques Olivier, le champion de l'équipe des personnes racisées des Forces armées canadiennes.
Cam Jacques Olivier : Aîné Dumont, votre Excellence, générale Carignan, adjudant-chef McCann, invités distingués, vétérans, amis, collègues, familles et surtout vous, celles et ceux qui ont enduré le racisme systémique, celles et ceux qui ont enduré la discrimination raciale, le harcèlement racial, merci. Merci d'être ici avec nous aujourd'hui, merci de vous joindre à nous dans ce parcours.
J'ai rejoint les Forces armées canadiennes en 1986. Un jeune garçon de Montréal, 16 ans. Presque quatre décennies plus tard, je suis ici, très humble suite à ce que j'ai pu voir. À la fois la fierté du service et la douleur de la vérité qu'on a pu entendre aujourd'hui. J'ai vu du progrès. J'ai vu le progrès. J'ai également écouté encore et encore des témoignages qui ont demandé beaucoup de courage à être exprimés. Ils ont renforcé ma conviction que les institutions peuvent changer lorsque les gens disent la vérité et que les leaders choisissent d'écouter. Ce que nous avons entendu aujourd'hui ne traitait pas juste du passé. Il s'agit également du présent. Mais il s'agit absolument aussi de l'avenir que nous allons bâtir ou continuer de bâtir ensemble. Une excuse sans action est une blessure que l'on rouvre. Une excuse avec action est une porte vers la guérison.
Donc permettez-moi de parler un peu et directement de la santé mentale. Les effets du racisme en uniforme ne s'éteignent pas avec une affectation. Ils ne prennent pas leur retraite après une carrière, parfois écourtée prématurément. Ces blessures font écho des casernes aux tables de famille, dans les familles, dans les foyers et au fil des ans, façonnant l'identité, l'appartenance et la confiance envers les institutions. La stigmatisation isole, le silence épuise, aucune n'est une option.
Je voudrais également traiter du mérite. L'objectif n'a jamais été de remplacer le mérite. L'objectif est de faire fonctionner le mérite.
Il s'agit de précision. Le mérite est une valeur que nous chérissons. C'est une norme, un étalon, mais qui doit être réel, pas de proximité, pas le confort ou la tradition seule. Le vrai mérite veut dire que le talent est reconnu sans préjugé, les opportunités distribuées équitablement et l'avancement lié à la performance et au potentiel, pas au réseau ou au fait d'avoir une identité similaire. Nous devons également reconnaître que différents groupes font face à des barrières historiques, structurelles et systémiques qui exigent des soutiens différents pour arriver à des résultats équitables. Lorsque l'on retire les barrières systémiques, on ne rabaisse pas les normes. On les relève, au contraire. Nous ouvrons et nous élargissons la porte pour voir l'excellence qui a toujours été là.
Nommer le préjudice est honorable. C'est l'humilité mise en œuvre, l'intégrité au leadership et l'ouverture d'esprit par où la croissance et l'épanouissement sont invités. À nos plus récents membres, en fin de compte, à tous nos membres, vous héritez d'un legs dont nous sommes fiers et d'un travail sérieux. Vous héritez aussi d'une promesse d'être évalués sur votre caractère, votre compétence et votre engagement. Votre identité ne sera pas utilisée contre vous, et vos chefs agiront lorsque l'action s'impose.
Le travail devant nous appartient à tous, à tous les rangs et dans chaque poste. C'est écrit que l'inclusion qui a du sens crée des armées redoutables. L'inégalité militaire les divise, les détruisant de l'intérieur. La bigoterie et le racisme sont des blessures que l'on s'inflige à soi-même qui mettent à mal la sécurité nationale, tel que l'a écrit un expert en histoire militaire. Les Forces armées canadiennes sont à la fois une machine de guerre. Oui, une force guerrière et un moyen de changement social qui reflète nos valeurs canadiennes.
J'ai commencé ce cheminement en tant qu'enfant de Montréal qui croyait en le service. C'est toujours le cas. Je crois que le courage et la compassion associés à la discipline et à la reddition de compte peuvent reforger n'importe quel système. Je crois que le véritable mérite, lorsqu'il est compris à la fois au travers de l'équité et une équité de substance, fera de nous la force la plus cohésive, la plus capable que nous puissions être. Et je crois que lorsque l'on s'occupe de nos éléments du corps, de l'esprit, de l'âme, alors, on devient invincible.
À tout le monde ici, et à ceux qui sont avec nous partout dans le monde, merci d'être avec nous à travers de cette vérité. Que ce jour soit mémorable non seulement pour les paroles prononcées, mais pour le travail qui s'amorce. Ces excuses ne nous réduisent pas. Ces excuses ne salissent pas notre nom. Au contraire. Au contraire, ces excuses nous relèvent au rang de leader parmi les leaders. Ces excuses relèvent cette institution dont nous sommes fiers, à laquelle nous sommes fiers d'appartenir, et relèvent chaque personne qui a porté l'uniforme. Voilà ce que fait cette excuse nationale. Ensemble, nous allons honorer ceux qui servent et ceux que nous servons.
Miigwetch. Merci.
Capv Kelly Williamson : Merci, mon amiral.
En terminant, prenons l'esprit de cette journée à ce qui nous attend pour être davantage justes et pour être des leaders qui ont du respect, les uns pour les autres.
Merci de votre présence, de votre ouverture d'esprit et de votre courage. Merci.
| Aperçu | Vidéo |
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