CIMM – Travailleurs étrangers temporaires – 23 mars 2026
Messages clés
- Les programmes de travail temporaire du Canada sont conçus pour s’attaquer aux pénuries de main-d’œuvre et de compétences à court terme, lorsqu’aucun Canadien ou Canadienne n’est disponible, ainsi que pour appuyer des avantages sociaux, culturels ou économiques.
- Au vu de l’augmentation insoutenable du nombre de travailleurs temporaires arrivant au Canada, des préoccupations concernant le chômage des jeunes et du mandat du gouvernement visant à réduire la population de résidents non permanents du Canada à moins de 5 %, des mesures étaient nécessaires pour mieux contrôler les volumes.
- En réponse, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) et Emploi et Développement social Canada (EDSC) ont mis en place des mesures pour gérer les volumes et mieux harmoniser le Programme des travailleurs étrangers temporaires et le Programme de mobilité internationale avec les objectifs économiques et du marché du travail. Il s’agit notamment des mesures suivantes :
- des changements aux volets des postes à bas salaire et des postes à haut salaire du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET);
- l’imposition de restrictions à deux grandes cohortes du Programme de mobilité internationale (PMI), à savoir les conjoints des travailleurs et des étudiants, et les titulaires de permis de travail postdiplôme (PTPD).
- Comparativement à la même période en 2025 (janvier), 3 035 (20%) nouveaux travailleurs temporaires de moins sont arrivés au Canada en 2026. Ceci est un signe clair que les mesures mises en place donnent des résultats.
Faits et chiffres clés
Titulaires de permis de travail au Canada au 31 janvier 2026
| Travailleurs | % | ||
|---|---|---|---|
| Hautement qualifiés (FÉER 0/1) | PTET | 18 887 | 2 % |
| PMI | 66 045 | 8 % | |
| Volets du PMI les plus utilisés Personnes mutées à l’intérieur d’une société Accords de libre-échange C20 Emploi réciproque |
27 103 17 049 6 002 |
41 % 26 % 9 % |
|
| Moyennement qualifiés (FÉER 2/3) | PTET | 107 284 | 13 % |
| PMI | 23 416 | 3 % | |
| Volets du PMI les plus utilisés Accord de libre-échange C16 Mobilité francophone C50 Employés d’organismes religieux et de bienfaisance |
7 421 4 259 2 478 |
32 % 18 % 11 % |
|
| Peu spécialisés (FÉER 4/5) | PTET | 95 183 | 17 % |
| PMI | 2 504 | 0.3 % | |
| Volets du PMI les plus utilisés C16 Mobilité francophone C20 Emploi réciproque Personnes mutées à l’intérieur d’une société |
1 404 350 166 |
42 % 14 % 7 % |
|
| PTPD (Permis de travail ouvert) | PMI | 488 026 | 52 % |
| Total | PTET PMI |
226 481 581 945 808 426 |
28 % 72 % 100 % |
| Travailleurs | % | |
|---|---|---|
| Réponses aux crises (politiques d’intérêt public) Comprend des mesures de facilitation pour l’Ukraine, l’Iran et Hong Kong, etc. |
332 747 | 33 % |
| Demandeurs d’asile En attente des décisions de la Commission de l’immigration et de du statut de réfugié du Canada (CISR) |
304 503 | 30 % |
| Époux Comprend les permis de travail pour les époux/conjoints et les personnes à charge de travailleurs ou d’étudiants |
196 803 | 19 % |
| Demandeurs de RP Comprend les personnes protégées au Canada et d’autres demandeurs de la RP en attente |
167 000 | 17 % |
| Expérience internationale Canada | 88 697 | 9 % |
| Autres PTO | 10 695 | 1 % |
| Total | 1 011 915 | 100 % |
Source: IRCC, Direction générale de la recherche et des données, résidents temporaires, données du 30 septembre 2025
- Conformément au Plan des niveaux d’immigration 2026–2028, les cibles globales en matière d’arrivées de travailleurs temporaires ont été fixées à 230 000 (170 000 dans le cadre du PMI et 60 000 dans le cadre du PTET) pour l’année 2026.
- Des baisses notables ont été enregistrées après la mise en place des mesures visant à gérer les volumes :
- Dans l’ensemble, au 31 janvier 2026, 3,035 (20 %) nouveaux travailleurs de moins sont arrivés au Canada en 2026 par rapport à la même période en 2025.
- On comptait 1 815 (16.5 %) travailleurs de moins dans le cadre du PMI et 1 215 (31 %) travailleurs de moins dans le cadre du PTET.
- Permis de travail postdiplôme (PTPD) : On a constaté une augumentation de 12 % du nombre de titulaires de PTPD, qui était de 436 645 en date du 31 janvier 2026, par rapport à 487 993 en date du 31 janvier 2025.
- Dans l’ensemble, au 31 janvier 2026, 3,035 (20 %) nouveaux travailleurs de moins sont arrivés au Canada en 2026 par rapport à la même période en 2025.
- Le nombre total de travailleurs temporaires au Canada a également augmenté une baisse de 0,8 %, passant de 1 469 755 en janvier 2025 à 1 481 590 en décembre 2025.
- Il faudra du temps pour que l’incidence globale des mesures visant à réduire les volumes se concrétise. Le Ministère s’attend à ce que les réductions découlant de ces changements commencent à s’accélérer en 2026 et 2027. Par exemple :
- Selon les estimations, le nombre de PTPD délivrés continuera à diminuer en raison de la baisse du nombre de titulaires de permis d’études et des réformes de l’admissibilité aux PTPD de 2024, qui ont restreint les critères d’admissibilité.
- D’autres initiatives, comme les changements apportés aux permis de travail pour les époux/conjoints, commencent également à produire des résultats.
- Le Ministère continuera à surveiller ces chiffres pour soutenir une approche équilibrée de la capacité d’adaptation du marché du travail, la protection des travailleurs et la croissance économique.
Mesures introduites par EDSC
- EDSC a pris des mesures pour réduire les volumes dans le cadre du PTET, afin d’appuyer l’objectif du gouvernement de réduire le pourcentage de résidents non permanents à moins de 5 % de la population totale du Canada d’ici la fin de 2027. En septembre 2024, EDSC a apporté les changements suivants au volet des postes à bas salaire du programme :
- plafond imposé aux postes à bas salaire : proportion de travailleurs étrangers temporaires pouvant être embauchés limitée à un plafond de 10 %;
- refus de traiter une demande en raison du taux de chômage : les demandes d’étude d’impact sur le marché du travail (EIMT) dans les régions métropolitaines de recensement où le taux de chômage est de 6 % ou plus;
- réduction de la durée de l’EIMT : réduction de la durée maximale d’emploi, qui passe de deux ans à un an.
- Exemptions aux mesures : Les secteurs des soins de santé, de la construction et de la sécurité/transformation alimentaire ne sont pas concernés par le plafond de 10 % et le refus de traitement.
- Depuis le 28 octobre 2024, les attestations de comptables professionnels ou d’avocats qui certifient la légitimité commerciale des employeurs ne sont plus acceptées, afin de s’assurer que seules les offres d’emploi authentiques et légitimes sont approuvées.
- Depuis le 8 novembre 2024, EDSC a pris la mesure supplémentaire d’augmenter de 20 % le seuil salarial du volet des postes à haut salaire, augmentant ainsi le nombre de postes assujettis aux règles plus strictes du volet des postes à bas salaire.
Si l’on insiste sur les offres d’emploi d’employeurs qui demandent des EIMT :
- Une demande d’EIMT présentée par un employeur ne se traduit pas automatiquement par une EIMT approuvée et la délivrance subséquente d’un permis de travail à un travailleur étranger temporaire.
- L’employeur devra démontrer l’authenticité de cette offre d’emploi et prouver que le fait qu’un travailleur étranger temporaire occupe ce poste aura une incidence neutre ou positive sur le marché du travail.
Si l’on insiste sur les liens entre les travailleurs étrangers temporaires et le chômage chez les jeunes :
- Bien qu’il y ait eu une période de forte augmentation du nombre de résidents non permanents qui a exercé une pression sur le taux de chômage chez les jeunes, il ne s’agissait pas de la cause de l’augmentation; il s’agissait d’un facteur contributif quand l’économie a commencé à ralentir en raison de l’incertitude concernant les droits de douane.
- Plusieurs autres facteurs, tels que l’adoption de l’intelligence artificielle, contribuent au taux de chômage chez les jeunes et semblent présentement en jeu, alors que ce taux demeure à des niveaux historiquement associés aux périodes de récession. Cette situation survient dans un contexte de ralentissement de la croissance démographique et de la baisse des arrivées d’étudiants étrangers.
- Une proportion élevée de travailleurs étrangers temporaires n’est pas nécessairement corrélée à un taux de chômage élevé chez les jeunes.
- Par exemple, la Colombie-Britannique compte le pourcentage de résidents non permanents le plus élevé par rapport à sa population (soit de 8,9 % au 1er juillet 2025), mais avait en août 2025 l’un des taux de chômage les plus faibles chez les jeunes et dans l’ensemble (soit de 12,6 % et de 6,2 % respectivement).
- En outre, le chômage des jeunes peut également être lié à des problèmes généraux sur le marché du travail qui ne sont pas liés aux résidents temporaires. Bien que le chômage chez les jeunes ait augmenté, le nombre de résidents temporaires a diminué dans les groupes d’âge plus jeunes.
- Par exemple, le nombre de permis d’études et de PTPD délivrés a baissé, et le plafond mondial dans le cadre du programme Expérience internationale Canada a été réduit de 10 000 arrivées en 2024.
Mesures introduites par IRCC
- IRCC a instauré des restrictions pour deux des plus grandes cohortes du PMI, soit les époux/conjoints de travailleurs et d’étudiants, et les titulaires d’un PTPD.
- Mesures visant à réduire le nombre d’époux/conjoints et de membres de la famille d’étudiants et de travailleurs temporaires introduites le 21 janvier 2025 :
- Époux/conjoints d’étudiants : accès limité aux époux/conjoints d’étudiants inscrits à des programmes de maîtrise d’une durée de 16 mois ou plus, à des programmes de doctorat, à certains programmes professionnels et à certains autres programmes admissibles;
- Époux/conjoints de travailleurs temporaires : accès limité aux époux/conjoints de travailleurs temporaires occupant des postes de gestion ou des postes professionnels (p. ex. cadres supérieurs et scientifiques) ou travaillant dans des secteurs ou des emplois liés aux priorités du gouvernement. Auparavant, les époux/conjoints et les personnes à charge des travailleurs de tous niveaux de compétence étaient admissibles à un permis.
- En janvier 2026, les titulaires d’un permis de travail pour époux/conjoint représentaient 13 % des titulaires de permis du PMI, par rapport à 15 % en 2025. Les récents changements apportés commencent à porter leurs fruits et devraient continuer à entraîner une baisse des volumes en 2026.
- Entre janvier et décembre 2024 et la même période en 2025, on a observé une baisse de 73 % des nouveaux permis de travail délivrés aux époux/conjoints d’étudiants étrangers et une baisse de 34 % pour les époux/conjoints et membres de la famille de travailleurs. À l’avenir, le Ministère s’attend à ce que la tendance à la baisse se poursuive.
- Mesures mises en place dans le cadre du PTPD : IRCC a également mis à jour le programme des PTPD afin de mieux l’harmoniser avec les objectifs économiques et de favoriser de meilleurs résultats sur le marché du travail pour les étudiants.
- Le 15 mai 2024, les étudiants étrangers qui ont commencé leurs études dans des programmes dispensés par des établissements privés dans le cadre d’accords de licence de programmes d’études ont vu leur admissibilité révoquée;
- Le 1er novembre 2024, des exigences linguistiques et une restriction de l’admissibilité des étudiants diplômés de programmes ne menant pas à un diplôme aux domaines d’études liés à des professions en pénurie à long terme ont été mises en œuvre.
- En ce qui concerne les réformes du PTPD, en introduisant des exigences linguistiques minimales, en ciblant les domaines d’études très recherchés et en mettant l’accent sur les programmes d’études menant à un diplôme, le PTPD est mieux placé pour créer un bassin d’étudiants diplômés dont les compétences correspondent aux besoins de main-d’œuvre à long terme du Canada.
- Le nombre de permis de travail postdiplôme (PTPD) (nouveaux permis et prolongations) délivrés a diminué de 15 %, passant de 205,275 entre janvier et décembre 2024 à 175,480 entre janvier et décembre 2025.
Appui des travailleurs étrangers temporaires dans leur transition vers la résidence permanente au Québec
- En date du 13 mars 2026, IRCC a instauré une politique d’intérêt public à durée limitée afin de faciliter l’accès à certains travailleurs temporaires au Canada (TET) afin qu’ils prorogent leur permis de travail.
- Cette mesure appuie la transition vers la résidence permanente (RP). Plus particulièrement, elle permet aux TET de continuer de travailler pour leur employeur actuel s’ils ont accepté l’invitation du Québec à présenter une demande au titre du nouveau programme de résidence permanente de la province à l’intention des travailleurs qualifiés.
- La mesure sera en vigueur jusqu’au 31 décembre 2026, et le Ministère traitera les demandes de façon prioritaire. Les TET admissibles pourraient obtenir un permis de travail lié à un employeur donné valide pendant une période maximale de 12 mois.
Appui des employeurs en milieu rural dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires
- Certaines collectivités rurales continuent d’être confrontées à de graves pénuries de main-d’œuvre en raison de taux de chômage faibles et de difficultés continues liées à l’attraction, au recrutement et au maintien en poste de travailleurs.
- Pour assurer la poursuite des activités des entreprises essentielles et le fonctionnement continu des économies, EDSC a instauré des mesures qui permettent aux employeurs admissibles en milieu rural de maintenir leur nombre actuel de TET à bas salaire et qui accroissent temporairement le plafond visant les TET à bas salaire de 10 % à 15 %.
- Il est possible de mettre en œuvre ces mesures dans un délai de deux semaines suivant la présentation d’une demande positive par une province ou un territoire, et elles pourraient débuter dès le 1er avril 2026. Les mesures demeureront en vigueur jusqu’au 31 mars 2027.
- Les employeurs doivent continuer de respecter des exigences strictes pour veiller à ce que les emplois soient offerts à la population canadienne en premier. Ils doivent démontrer que leurs efforts sérieux pour recruter de la main‑d’œuvre canadienne n’ont pas porté leurs fruits et doivent poursuivre leurs démarches de recrutement au pays pendant que leur demande d’EIMT est en cours d’examen.
Protection des travailleurs et conformité avec les programmes des travailleurs étrangers temporaires
- Les travailleurs temporaires au Canada bénéficient des mêmes protections en milieu de travail que les Canadiens et les résidents permanents en vertu de la législation fédérale, provinciale et territoriale applicable.
- Pour aider à renforcer la conformité des employeurs et à faire progresser les droits des travailleurs temporaires dans le cadre de ces programmes, le gouvernement a mis en place un certain nombre d’initiatives, notamment :
- Dispositions réglementaires (mises en œuvre en 2022) exigeant que les employeurs fournissent aux travailleurs temporaires une assurance-maladie privée et empêchant les employeurs de facturer ou de recouvrer des frais de recrutement;
- Programme de soutien aux travailleurs migrants : finance plus de 110 organismes communautaires afin qu’ils fournissent des services dans la communauté et à l’arrivée et aident ainsi les travailleurs temporaires à se familiariser avec leurs droits;
- Ligne d’information confidentielle accessible 24 heures sur 24 et outil de signalement en ligne pour signaler toute utilisation du programme à mauvais escient et les actes répréhensibles dans le cadre de ce dernier;
- Conformité des employeurs et inspections : promouvoir et imposer des conditions de travail sûres et équitables pour les titulaires d’un permis de travail lié à un employeur donné;
- Délivrance d’un permis de travail ouvert pour les travailleurs vulnérables pour les titulaires admissibles d’un permis de travail lié à un employeur donné qui subissent ou risquent de subir de mauvais traitements de la part de leur employeur au Canada.
- Aux termes du Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés, tous les étrangers qui se trouvent déjà au Canada et qui sont titulaires d’un permis de travail lié à un employeur donné peuvent présenter une demande pour obtenir un nouveau permis de travail dans le but de changer d’emploi. La politique d’intérêt public d’IRCC pour changer d’employeur permet aux travailleurs étrangers temporaires admissibles ayant un permis de travail lié à un employeur donné d’avoir accès à une autorisation de travail provisoire afin qu’ils puissent changer d’employeur et commencer un nouvel emploi avant la délivrance d’un nouveau permis de travail.
Si l’on insiste sur les préoccupations en matière de protection des travailleurs :
- Dans le cadre des régimes de conformité des employeurs d’IRCC et d’EDSC, les conséquences pour les employeurs qui ne se conforment pas à la loi vont de lettres d’avertissement à des sanctions administratives pécuniaires (SAP) pouvant atteindre 1 million de dollars par an et à l’exclusion du programme.
- En 2024–2025, EDSC a effectué 1 435 inspections de conformité auprès d’employeurs, dont 10 % ont été jugés non conformes. Au cours de la même période, les sanctions ont plus que doublé, passant de 2 067 750 $ à 4 882 500 $, et 36 employeurs ont été bannis du PTET, le triple par rapport à l’an dernier.
- Pour la même période, IRCC a effectué 4 328 inspections de conformité auprès d’employeurs et environ 1 % de ces employeurs ont été jugés non conformes. 52 SAP et trois SAP/interdictions combinées ont été imposées, pour un total de 55 sanctions. Le montant total des SAP imposées dans le cadre du PMI au cours de l’exercice 2024-2025 a été de 534 000 $.
- Les pénalités imposées aux employeurs non conformes sont toutes aussi sévères dans le cadre du PMI qu’elles le sont dans le cadre du PTET. La différence entre les inspections et leurs résultats réside dans le fait que les employeurs dans le cadre du PTET emploient souvent de grands groupes de travailleurs, en particulier dans les secteurs à faible salaire, comme l’agriculture. En revanche, les employeurs relevant du PMI recherchent généralement des talents de haut niveau plus mobiles à l’échelle mondiale qui présentent des compétences linguistiques et des salaires plus élevés.
- Comme il a été annoncé dans le budget, il est prévu de transférer la responsabilité liée aux inspections de conformité des employeurs dans le cadre du PMI d’IRCC à EDSC. Ce changement vise à simplifier les fonctions de conformité dans le cadre des programmes des travailleurs étrangers temporaires.
Intégrité des programmes et prévention de la fraude dans les programmes d’immigration
- IRCC adopte une approche à volets multiples afin de prévenir et de déceler la fraude dans les demandes d’immigration, et d’y remédier, dans le but d’empêcher la mauvaise utilisation systémique des programmes d’immigration et de citoyenneté et de tenir les acteurs malveillants responsables de leurs actes.
- Le Canada maintient une approche de tolérance zéro envers la fraude et le crime organisé. Aux termes de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, les personnes reconnues coupables de crimes graves sont interdites de territoire et pourraient perdre leur statut d’immigration, l’ASFC étant habilitée à exécuter les mesures de renvoi.
- Les résidents permanents et temporaires reconnus coupables d’infractions criminelles peuvent être interdits de territoire au Canada et faire l’objet d’une mesure de renvoi. Les propriétaires d’entreprise qui participent à des activités illégales peuvent également se voir accuser d’une infraction criminelle.
- Le projet de loi C-12, Loi visant à renforcer le système d'immigration et la frontière du Canada, propose d’importantes réformes afin d’accroître l’intégrité et l’équité des systèmes d’immigration et d’octroi de l’asile du Canada. Les mesures proposées visant à renforcer l’intégrité de l’immigration permettraient ce qui suit :
- Renforcer le contrôle exercé sur les documents d’immigration et les demandes présentées pour obtenir ces documents, de façon individuelle et à grande échelle, lorsque l’intérêt public le justifie. Ces pouvoirs fourniront au gouvernement des outils plus importants afin de répondre à des événements imprévus, comme des urgences de grande envergure et des risques pour la santé et la sécurité de la population canadienne.
- Améliorer l’échange de renseignements au sein d’IRCC et avec les principaux partenaires et intervenants des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux.
- La nouvelle loi permettrait d’élargir la capacité du gouvernement du Canada d’annuler, de modifier ou de suspendre des documents d’immigration, et d’annuler ou de suspendre de nouvelles demandes présentées pour obtenir ces documents ou de cesser d’en accepter – tant de façon individuelle qu’à grande échelle, pour des groupes de documents et de demandes, lorsque l’intérêt public le justifie.
- Les pouvoirs de grande envergure ne peuvent être utilisés que dans des situations limitées et exceptionnelles, une justification solide et claire selon laquelle la mesure est prise dans l’intérêt public étant nécessaire, ce qui peut comprendre la réponse à une fraude de grande envergure.
- Cependant, il est important de souligner que l’utilisation de ces pouvoirs serait limitée aux interventions visant des documents d’immigration et les demandes présentées pour obtenir ces documents, et non le statut. L’utilisation de ces pouvoirs à l’égard d’une personne au Canada n’entraînerait pas une perte immédiate de son statut, ce qui signifie qu’elle ne serait pas tenue de quitter le pays immédiatement.
Mauvaise utilisation du Programme des travailleurs étrangers temporaires
- Le PTET est administré conjointement par EDSC et IRCC avec l’appui de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). Les questions liées à l’utilisation abusive ou à la fraude dans le cadre du PTET doivent être adressées à EDSC.
Si l’on insiste sur la mauvaise utilisation des EIMT :
- La mauvaise utilisation des EIMT renvoie à l’achat et à la vente de demandes d’EIMT, qui peuvent inclure le recrutement et l’exploitation contraires à l’éthique d’étrangers vulnérables à des fins personnelles et financières. L’utilisation abusive des EIMT peut être effectuée par des employeurs, des tiers ou des travailleurs étrangers temporaires, y compris des intervenants à l’étranger.
- EDSC dispose d’un certain nombre d’outils déjà en place pour atténuer les risques liés à la mauvaise utilisation des programmes, notamment :
- une évaluation rehaussée des EIMT pour les employeurs ou les secteurs identifiés comme étant à risque élevé de fraude en lien avec les EIMT, pour s’assurer que leurs activités commerciales et leurs besoins en matière d’emploi sont authentiques;
- le resserrement des exigences en matière de documentation pour prouver la légitimité de l’employeur;
- des SAP plus élevées pour les employeurs non conformes lorsqu’une inspection révèle que l’entreprise n’existe pas ou qu’elle semble faire un mauvais usage d’une EIMT, allant de 15 000 $ à 45 000 $, avec une interdiction de participer au programme de cinq ans, et appliquées à chaque poste inclus dans l’EIMT au lieu d’une seule pénalité pour le tout;
- suspension d’EIMT positives grâce aux instructions ministérielles d’EDSC (p. ex. en cas de mauvaise utilisation présumée du programme ou lorsqu’il y a un risque grave pour la santé et la sécurité du travailleur); les demandes de permis de travail associées à des EIMT suspendues sont également suspendues jusqu’à ce qu’EDSC ait levé la suspension ou révoqué l’EIMT;
- la suspension ou révocation des postes dans des EIMT déjà approuvées lorsqu’il y a lieu de soupçonner un mauvais usage du programme, à une étape antérieure du processus d’inspection; cette mesure empêche les employeurs d’embaucher des travailleurs supplémentaires jusqu’à ce que la situation soit réglée ou jusqu’à ce que l’inspection soit terminée.
- Bien que l’utilisation abusive des EIMT soit principalement traitée par EDSC, IRCC s’attaque également à ce problème en :
- formant les agents afin qu’ils puissent détecter les mauvaises utilisations lorsqu’ils évaluent l’authenticité d’une offre d’emploi avant de délivrer un permis de travail;
- participant à des activités de sensibilisation nationales et internationales en mettant l’accent sur la promotion de pratiques de recrutement éthiques;
- tenant à jour des pages Web spécialisées sur la fraude liée aux EIMT dans les sites Web d’IRCC;
- mettant en œuvre une nouvelle mesure temporaire faisant en sorte que les candidats d’Entrée express ne reçoivent plus de points supplémentaires pour une offre d’emploi. Cette mesure, mise en place au printemps 2025, réduira la fraude en supprimant l’incitation à la vente ou à l’achat illégal d’EIMT dans le but d’améliorer les chances d’un candidat d’être sélectionné pour venir au Canada en tant que résident permanent.
- Les cas d’activités criminelles soupçonnées, y compris la fraude, sont renvoyés aux autorités compétentes, notamment l’ASFC, la Gendarmerie royale du Canada ou le service de police local.
