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Associations entre le nombre d’infections autodéclarées par le SRAS-CoV-2 et le diagnostic de nouveaux problèmes de santé

RMTC

Volume 52-9, septembre 2026 : Infections d’origine alimentaire

Étude épidémiologique

Associations entre le nombre d'infections autodéclarées par le SRAS-CoV-2 et le diagnostic de nouveaux problèmes de santé chez les adultes au Canada, de janvier 2020 à juin 2023

Dianne Zakaria1, Xue feng Hu2, Samina Aziz1, Lisa Oliver2, Janine Clarke2

Affiliations

1 Division des maladies et affections chroniques au cours de la vie, Centre de surveillance et de recherche appliquée, Agence de la santé publique du Canada, Ottawa, ON

2 Centre de l'intégration des données sur la santé et des mesures directes, Statistique Canada, Ottawa, ON

Correspondance

dianne.zakaria@phac-aspc.gc.ca

Citation proposée

Zakaria D, Hu X, Aziz S, Oliver L, Clarke J. Associations entre le nombre d'infections autodéclarées par le SRAS-CoV-2 et le diagnostic de nouveaux problèmes de santé chez les adultes au Canada, de janvier 2020 à juin 2023. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2026;52(9):397–409. https://doi.org/10.14745/ccdr.v52i09a05f

Mots-clés : SRAS-CoV-2, COVID-19, problèmes de santé, enquête populationnelle, Canada, adultes

Résumé

Contexte : Les problèmes de santé préexistants augmentent le risque de complications graves à la suite d'une infection par le SRAS-CoV-2. De nouvelles données suggèrent que cette relation pourrait être bidirectionnelle, car l'infection pourrait augmenter le risque de recevoir un nouveau diagnostic médical.

Objectif : Examiner l'association entre le nombre d'infections par le SRAS-CoV-2 et le diagnostic ultérieur de nouveaux problèmes de santé, à l'exclusion des symptômes à long terme consécutifs à l'infection par le SRAS-CoV-2, ainsi que les associations entre les caractéristiques de l'infection et de la vaccination, y compris les symptômes à long terme, et les nouveaux diagnostics chez les personnes infectées.

Méthodes : Des données issues d'une enquête transversale populationnelle, fondée sur des déclarations des participants et assortie d'un suivi longitudinal, recueillies auprès d'adultes canadiens, ont été utilisées pour examiner 21 problèmes de santé nouvellement diagnostiqués (et leurs combinaisons) depuis la première infection par le SRAS-CoV-2 ou, pour les adultes non infectés, depuis le début de la pandémie. Nous avons utilisé une régression logistique binomiale multivariable pour estimer les rapports de cotes ajustés (RCa) en tenant compte du sexe, de l'âge, du niveau d'études, du revenu, de l'obésité, du tabagisme, des problèmes de santé préexistants et de la durée d'exposition au risque.

Résultats : Par rapport aux adultes déclarant n'avoir contracté aucune infection au SRAS-CoV-2, ceux qui en déclaraient deux ou plus présentaient un risque significativement plus élevé de recevoir un diagnostic de nouveau problème de santé (RCa = 1,76, intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,12–2,76, p = 0,0133), maladies respiratoires (RCa = 5,03, IC à 95 % : 1,72–14,73, p = 0,0114), ainsi que des problèmes de dos (RCa = 3,79, IC à 95 % : 1,12–12,89, p = 0,0056). Chez les adultes infectés, les symptômes aigus qui ont entravé la vie quotidienne lors de la première infection (RCa = 1,63, IC à 95 % : 1,08–2,48, p = 0,0206) et des symptômes à plus long terme (RCa = 3,35, IC à 95 % : 2,24–5,03, p < 0,0001) étaient également associés au diagnostic d'un nouveau problème de santé.

Conclusion : Des infections répétées au SRAS-CoV-2 pourraient augmenter le risque de déclarer des problèmes de santé nouvellement diagnostiqués. Les résultats concernant la gravité de l'infection aiguë et les symptômes à long terme doivent être interprétés avec prudence. Ces deux facteurs pourraient avoir favorisé le recours aux soins et les possibilités de diagnostic, et pourraient être la conséquence d'un nouveau problème de santé (causalité inverse).

Introduction

Des études montrent que les maladies chroniques préexistantes augmentent le risque d'issues graves (p. ex., hospitalisation, décès) à la suite d'une infection par le SRAS-CoV-2, y compris l'apparition de symptômes à long terme Footnote 1Footnote 2Footnote 3Footnote 4Footnote 5Footnote 6. Toutefois, des recherches récentes suggèrent que cette relation pourrait être bidirectionnelle, car l'infection par le SRAS-CoV-2 pourrait accroître le risque de recevoir un nouveau diagnostic médical et que les infections plus graves étaient associées à une augmentation plus importante de ce risque Footnote 7Footnote 8Footnote 9Footnote 10. De plus, les réinfections, les infections contractées avant l'apparition de la variante Omicron et le fait de ne pas avoir été vacciné avant l'infection ont également été identifiés comme des facteurs de risque potentiels de l'apparition de nouveaux problèmes de santé Footnote 11Footnote 12Footnote 13. Parmi les mécanismes sous-jacents hypothétiques, on peut citer la présence de réservoirs persistants de SRAS-CoV-2 dans les tissus, une dérégulation immunitaire, l'auto-immunité, une perturbation du microbiote, des anomalies de la coagulation et de l'endothélium, un dysfonctionnement des signaux neurologiques et des lésions organiques Footnote 14Footnote 15. La relation bidirectionnelle proposée est biaisée par les effets indirects de la pandémie de COVID-19, qui a entraîné une baisse du recours aux services de santé. Cela a retardé le diagnostic de certaines affections Footnote 16Footnote 17 et a potentiellement augmenté le risque de leur apparition en raison d'une diminution du recours aux soins préventifs. Pour cette raison, il est important d'inclure un groupe témoin lors de l'estimation du risque de nouveaux problèmes de santé liés à l'infection par le SRAS-CoV-2.

Les études portant sur le lien entre l'infection par le SRAS-CoV-2 et le risque de recevoir un nouveau diagnostic médical présentent certaines limites. Les études peuvent porter principalement sur des personnes fréquentant des établissements de santé Footnote 8Footnote 9Footnote 11Footnote 12Footnote 13 ou sur des sous-populations précises telles que les enfants et les adolescents Footnote 11 ou les anciens combattants Footnote 12Footnote 13. Il se peut qu'elles n'évaluent pas les répercussions de la vaccination ou les caractéristiques de l'infection Footnote 7Footnote 8Footnote 9Footnote 11 ou qu'elles n'examinent pas certains problèmes de santé précis Footnote 7.

À l'heure actuelle, peu d'études s'appuient sur des données représentatives issues de la population pour examiner les associations entre l'infection par le SRAS-CoV-2 et le diagnostic de nouveaux problèmes de santé, et on ne dispose pas d'estimations du risque pour l'ensemble de la population canadienne. Étant donné que la séroprévalence moyenne du SRAS-CoV-2 acquise par infection dans les 10 provinces du Canada s'élevait à 81,8 % à la fin du mois d'octobre 2023 Footnote 18, même une augmentation modeste du risque de nouveaux diagnostics de problèmes de santé peut se traduire par un nombre considérable de cas supplémentaires, selon le contexte de risque chez les personnes non infectées. Plus le risque est élevé, plus le nombre de cas supplémentaires est important. Dans cette étude, des données issues d'une enquête menée auprès de la population adulte canadienne ont été utilisées pour mener des analyses exploratoires visant à examiner les associations entre le nombre d'infections autodéclarées par le SRAS-CoV-2 confirmées ou présumées et les problèmes de santé nouvellement diagnostiqués, à l'exclusion des symptômes à long terme consécutifs à une infection par le SRAS-CoV-2. L'objectif secondaire consistait à déterminer si le moment de la première infection par le SRAS-CoV-2, le statut vaccinal avant cette première infection, la gravité des symptômes aigus lors de la première infection et les symptômes à long terme après toute infection par le SRAS-CoV-2 était associée au diagnostic de nouveaux problèmes de santé chez les adultes ayant déclaré une ou plusieurs infections par le SRAS-CoV-2. Les résultats de cette étude viendront enrichir une base de données probantes susceptible d'orienter les pratiques futures en matière de santé publique, les décisions cliniques, l'évaluation des besoins en ressources de santé et les recherches futures.

Méthodes

Source des données et questionnaires

Les données proviennent du deuxième cycle de l'Enquête canadienne sur la santé et les anticorps contre la COVID-19 (ECSAC-2), une enquête transversale populationnelle réalisée selon une méthode d'échantillonnage probabiliste, ainsi que du questionnaire de suivi (QS), qui a permis de recueillir des renseignements supplémentaires auprès d'un sous-échantillon d'adultes ayant participé à la précédente ECSAC-2. L'échantillon d'analyse comprend 8 809 répondants qui ont participé à la fois à l'ECSAC-2 et au QS, et qui ont accepté de partager leurs données avec l'Agence de la santé publique du Canada (figure 1). Des renseignements détaillés sur les enquêtes et les questionnaires sont accessibles au public Footnote 19.

Figure 1 : Schéma du recrutement et de l'inclusion des participants
Figure 1
Figure 1 - Équivalent textuel

La figure 1 illustre le parcours des adultes, depuis leur recrutement jusqu'à leur inclusion dans les analyses. Au total, 105 998 adultes vivant dans des ménages privés répartis dans 10 provinces ont été invités à participer à l'Enquête canadienne sur la santé et les anticorps contre la COVID-19 (ECSAC-2) au moyen de lettres d'invitation envoyées par la poste, qui contenaient des codes d'accès sécurisés permettant de remplir le questionnaire en ligne. Pour optimiser la participation, les responsables de l'enquête ont envoyé trois lettres de rappel à des intervalles de neuf à douze jours et des intervieweurs ont effectué des appels de suivi à l'aide d'un système d'entrevue téléphonique assistée par ordinateur. Les personnes âgées de moins de 18 ans, les personnes résidant dans les trois territoires ou dans des réserves et autres établissements autochtones des provinces, les membres des Forces armées canadiennes résidant sur une base, les personnes en établissement et les résidents de certaines régions éloignées ont été exclus de l'enquête. Sur les 105 998 adultes invités à participer, 32 527 (30,7 %) ont rempli au moins une partie du questionnaire en ligne entre avril et août 2022, et 25 544 (78,5 % des 32 527 participants) ont fourni une adresse courriel valide qui a été utilisée pour les inviter à répondre au questionnaire de suivi. Parmi les personnes ayant fourni une adresse courriel valide, 10 499 (soit 41,1 % des 25 544 participants) ont rempli au moins une partie du questionnaire de suivi en ligne entre le 23 mai et le 19 juin 2023 inclusivement, et 8 809 (83,9 % des 10 499 participants) ont accepté de partager leurs données avec l'Agence de la santé publique du Canada et font partie de l'étude.


Variable principale – nouveaux problèmes de santé diagnostiqués

Le questionnaire de l'ECSAC-2 demandait à tous les répondants si un professionnel de la santé leur avait diagnostiqué l'un des 21 problèmes de santé (voir la note a du tableau 1 pour la liste des affections), ainsi que la date du premier diagnostic pour chaque affection. Dans le cadre du QS, on a demandé aux répondants ayant déclaré une infection confirmée ou présumée au SRAS-CoV-2 si un professionnel de la santé leur avait posé ce diagnostic pour la première fois depuis leur première infection. On a demandé aux personnes n'ayant pas déclaré d'infection s'ils avaient eu de nouveaux diagnostics depuis le début de la pandémie. Le QS ne précisait pas la date du diagnostic, mais uniquement le moment où celui-ci avait été posé par rapport à la première infection par le SRAS-CoV-2 ou le début de la pandémie, respectivement. Dans le QS, on a demandé aux répondants d'exclure les affections préexistantes ou celles faisant l'objet d'un suivi avant la première infection ou le début de la pandémie, respectivement, et aucune exigence relative à la durée n'a été imposée pour les nouveaux diagnostics de problèmes de santé signalés. Afin de recenser les problèmes de santé diagnostiqués depuis la réalisation de l'ECSAC-2, pour lesquels aucune date de diagnostic n'avait été consignée, les renseignements fournis à la fois dans l'ECSAC-2 et dans le QS ont été utilisés pour classer les répondants dans l'une des trois catégories mutuellement exclusives suivantes pour chaque problème de santé : absence d'affection; affection présente avant la première infection ou le début de la pandémie pour les personnes n'ayant pas déclaré d'infection; ou affection diagnostiquée pour la première fois après la première infection ou depuis le début de la pandémie pour les personnes n'ayant pas déclaré d'infection.

Tableau 1 : Caractéristiques sociodémographiques, de santé et d'infection autodéclarées par le SRAS-CoV-2 au Canada, selon le diagnostic récent de certains problèmes de santéFootnote a, de janvier 2020 à juin 2023
Caractéristiques Total
n = 8 717
Nouvelle affection diagnostiquée
n = 1 137
Aucune nouvelle affection diagnostiquée
n = 7 580
Valeur p
Estimation IC à 95 % Estimation IC à 95 % Estimation IC à 95 %
Sexe à la naissance
Masculin 48,9 47,8–50,0 43,7 38,2–49,4 49,6 48,4–50,7 0,0659
Féminin 51,1 50,0–52,2 56,3 50,6–61,8 50,4 49,3–51,6 -Footnote b
Âge au moment de remplir le questionnaire (années)
18 à 34 24,8 23,9–25,7 13,9 9,6–19,3 26,2 25,1–27,4 < 0,0001
35 à 49 25,7 24,7–26,7 19,8 15,7–24,3 26,5 25,3–27,7 -
50 à 64 24,5 23,6–25,4 30,3 25,4–35,7 23,8 22,8–24,8 -
65 et plus 24,9 24,0–25,8 36,0 31,3–40,9 23,5 22,5–24,5 -
Orientation sexuelle
Hétérosexuel 92,7 91,5–93,9 94,7 92,0–96,7 92,5 91,1–93,7 0,1208
Ethnicité
Blanc uniquement 72,3 70,2–74,3 75,1 68,4–81,1 71,9 69,6–74,2 0,0708
Racisé, non autochtone 25,5 23,5–27,5 20,6 15,1–27,1 26,1 23,9–28,4 -
Autochtone 2,3 1,6–3,1 xFootnote c x 2,0 1,4–2,8 -
Éducation
Niveau d'études postsecondaires atteint au sein du ménage 84,0 82,4–85,5 75,5 69,6–80,7 85,1 83,5–86,6 < 0,0001
Quintile de revenu des ménages du quartier
Quintile inférieur 18,6 16,9–20,4 25,1 19,7–31,1 17,8 16,0–19,7 0,0526
2e 19,1 17,6–20,6 17,9 13,9–22,4 19,3 17,7–20,9 -
3e 17,7 16,1–19,4 15,7 12,3–19,5 17,9 16,2–19,8 -
4e 23,0 21,1–24,9 20,9 16,1–26,3 23,2 21,2–25,3 -
Quintile supérieur 21,6 20,0–23,4 20,5 16,4–25,2 21,8 20,0–23,7 -
Lieu de résidence
Résidence rurale 14,4 13,5–15,4 12,4 9,3–16,1 14,7 13,7–15,8 0,2363
Statut tabagique
Fumeur 5,1 4,3–6,0 8,3 5,1–12,4 4,7 3,9–5,6 0,0177
Indice de masse corporelle (kg/m2)Footnote d
Poids insuffisant ou poids normal (IMC inférieur ou égal à 24,99) 29,6 27,6–31,7 23,5 18,7–28,9 30,4 28,2–32,7 0,0264
Surpoids (IMC supérieur à 24,99 et inférieur ou égal à 29,99) 36,8 34,8–38,8 36,9 31,1–43,0 36,8 34,7–38,9 -
Obèse (IMC supérieur à 29,99) 33,6 31,5–35,6 39,6 34,2–45,1 32,8 30,6–35,1 -
Handicap
S'identifie comme ayant un handicap 7,2 6,1–8,4 14,5 10,7–19,1 6,2 5,1–7,5 < 0,0001
Vaccin contre la COVID-19
A reçu au moins deux doses du vaccin contre la COVID-19 94,2 91,4–96,3 96,5 92,4–98,8 93,8 90,7–96,2 0,1910
Nombre de cas d'infection par le SRAS-CoV-2
0 33,2 31,2–35,2 52,8 46,9–58,6 30,6 28,5–32,8 < 0,0001
1 46,7 44,5–48,8 23,6 18,8–29,0 49,6 47,3–51,9 -
2 ou plus 20,2 18,6–21,9 23,6 18,7–29,0 19,7 18,0–21,6 -
Durée d'exposition au risque (nombre moyen d'années) 2,0 1,9–2,0 2,6 2,5–2,8 1,9 1,9–2,0 < 0,0001

Variable explicative principale – nombre d'infections autodéclarées par le SRAS-CoV-2 confirmées ou présumées

Dans le questionnaire de suivi, la question suivante a été posée à tous les répondants : « Depuis le début de la pandémie de COVID-19, combien d'infection distincte à la COVID-19 pensez-vous avoir eus ou savez avoir eus? ». On a demandé aux répondants d'inclure les cas d'infection confirmés par un test positif ainsi que les cas d'infection présumés de la COVID-19 en raison des symptômes présentés ou d'un contact récent avec une personne atteinte de la COVID-19. La date de la première infection par le SRAS-CoV-2 a également été consignée. Afin d'étudier l'effet cumulatif potentiel d'infections répétées par le SRAS-CoV-2, le nombre d'infections autodéclarées a été classé en trois catégories : 0, 1 ou 2 et plus.

Variables explicatives supplémentaires

La période à risque pour le diagnostic de nouvelles affections variait selon le statut autodéclaré d'infection au SRAS-CoV-2. Les répondants ayant déclaré une infection confirmée ou présumée étaient considérés comme à risque à compter de la date de leur première infection, tandis que tous les autres étaient considérés comme à risque à compter du 1er janvier 2020. Cette date a été choisie afin de correspondre aux premiers cas d'infection signalés par les répondants. Tous les répondants ont continué de présenter un risque de voir de nouveaux problèmes de santé leur être diagnostiqués jusqu'à ce qu'ils aient rempli le QS.

La période de la première infection par le SRAS-CoV-2 a été classée en deux catégories : avant la vague moins virulente d'Omicron et pendant celle-ci, qui est définie ici comme ayant débuté en décembre 2021 Footnote 20.

Le statut vaccinal avant la première infection par le SRAS-CoV-2 a été déterminé à partir du nombre et des dates de réception des doses de vaccin contre la COVID-19, telles qu'enregistrées à la fois dans l'ECSAC-2 et dans le QS, ainsi que de la date de la première infection par le SRAS-CoV-2. Les répondants ont été classés selon qu'ils avaient reçu une dose ou moins, ou deux doses ou plus (c.-à-d. qu'ils étaient entièrement vaccinés) avant le mois de la première infection. Le nombre de répondants ayant reçu une dose avant l'infection était trop faible pour permettre une analyse distincte.

La gravité des symptômes aigus lors de la première infection par le SRAS-CoV-2 a été déterminée à partir des données issues à la fois de l'ECSAC-2 et du QS, puis classée selon qu'ils avaient eu ou non une incidence sur les activités quotidiennes. Les symptômes à long terme liés à l'infection par le SRAS-CoV-2 ont été définis comme des symptômes survenant trois mois ou plus après une infection par le SRAS-CoV-2 et ne pouvant s'expliquer par aucune autre cause. Enfin, en raison de leur association potentielle avec le diagnostic de nouveaux problèmes de santé et/ou le nombre d'infections au SRAS-CoV-2, les caractéristiques socioéconomiques et sanitaires recueillies dans le cadre de l'ECSAC-2 ont également été prises en compte (tableau 1).

Un fichier supplémentaire, contenant des détails sur les imputations appliquées aux dates de vaccination contre la COVID-19 recueillies dans le cadre de l'ECSAC-2 et à la date autodéclarée de la première infection par le SRAS-CoV-2, ainsi que sur les principaux éléments du questionnaire, est disponible auprès de l'auteur-ressource.

Analyses statistiques

Nous avons utilisé des procédures statistiques tenant compte de la conception complexe de l'enquête, en combinaison avec les pondérations finales et les pondérations bootstrap fournies par Statistique Canada. Nous avons aussi utilisé des statistiques descriptives (moyenne, pourcentage) et les intervalles de confiance (IC) à 95 % correspondants pour caractériser l'ensemble de la population adulte canadienne, ainsi que le diagnostic d'un nouveau problème de santé. Les intervalles de confiance pour les moyennes pondérées reposent sur la distribution t de Student, et le test t a été utilisé pour vérifier s'il existait des différences entre les moyennes des groupes (alpha = 0,05, bilatéral). Les intervalles de confiance pour les proportions pondérées ont été calculés à l'aide de la méthode de Clopper-Pearson (exacte), et le test du khi carré d'association de premier ordre tenant compte du plan de sondage de Rao-Scott a été utilisé pour tester les différences entre les groupes.

Nous avons utilisé une régression logistique binomiale pour déterminer si le nombre d'infections par le SRAS-CoV-2 était associé de manière indépendante au diagnostic de nouvelles affections après avoir tenu compte du sexe à la naissance, de l'âge au début de la période d'exposition au risque, du niveau de scolarité le plus élevé parmi les membres du ménage, du quintile national de revenu des ménages du quartier, de l'obésité, du tabagisme, du nombre de problèmes de santé préexistants et de la durée d'exposition au risque. Compte tenu du nombre relativement faible de nouveaux cas diagnostiqués pendant la période d'exposition au risque, il était essentiel d'adopter une approche de modélisation parcimonieuse afin de garantir la convergence et la stabilité des estimations. Il a été démontré que l'âge avancé Footnote 21 et les maladies chroniques préexistantes augmentent le risque de recevoir un diagnostic de nouvelle affection Footnote 22Footnote 23Footnote 24. De plus, une période d'exposition plus longue augmente le risque de nouveaux diagnostics, quel que soit le statut d'infection. Afin de déterminer quelles caractéristiques socioéconomiques et sanitaires inclure dans tous les modèles et comment les modéliser, nous avons eu recours à une régression logistique binomiale pour identifier les caractéristiques significatives (p < 0,05, bilatéral) à un nouveau diagnostic d'au moins l'une des affections précisées, examinées séparément, après avoir tenu compte du nombre d'infections au SRAS-CoV-2, du sexe, de l'âge, du nombre d'affections préexistantes et de la durée d'exposition au risque.

Des modèles distincts ont permis d'évaluer le nouveau diagnostic de l'une de 21 affections, de toute affection relevant de catégories définies (cardiovasculaire, respiratoire, neurologique et musculosquelettique) ainsi que de chaque affection individuelle. Les répondants présentant une affection préexistante ont été exclus du modèle spécifique à cette affection. En ce qui concerne les catégories d'affections, les répondants ayant déclaré que toutes les affections de la catégorie étaient préexistantes ont été exclus du modèle correspondant à cette catégorie. Afin d'examiner les associations entre les caractéristiques liées à l'infection et à la vaccination et les nouveaux cas diagnostiqués, l'échantillon analytique a été limité aux adultes ayant déclaré au moins une infection au SRAS-CoV-2, et les mêmes modèles ont été réexécutés en y ajoutant la caractéristique en question. Des modèles distincts ont été exécutés pour chaque caractéristique. Lors de l'analyse de l'incidence des symptômes à long terme après une infection par le SRAS-CoV-2, les répondants ayant déclaré avoir contracté leur première infection dans les 82 jours suivant le QS ont été exclus du modèle, car la période de suivi était insuffisante pour déterminer la présence de symptômes à long terme trois mois ou plus après l'infection. On a retenu un seuil de 82 jours plutôt que de 89 jours, afin de tenir compte de l'imprécision des dates d'infection autodéclarées, qui ont été enregistrées comme survenant au début (5e jour), au milieu (15e jour) ou à la fin (25e jour) du mois. En raison d'une multicolinéarité potentielle entre la durée d'exposition au risque, d'une part, et la « période d'infection » ainsi que le « nombre de doses de vaccin reçues avant la première infection », d'autre part, des analyses de sensibilité ont été menées en excluant la durée d'exposition au risque lors de l'évaluation des effets de ces deux caractéristiques. Pour toutes les modélisations, les analyses ont été limitées aux adultes pour lesquels on disposait de données complètes pour toutes les variables incluses dans le modèle. La complexité des relations hypothétiques entre les variables examinées souligne la nature exploratoire de l'étude (figure 2).

Figure 2 : Graphe orienté acyclique illustrant les relations hypothétiques entre les nouveaux diagnostics de problèmes de santé, les principales variables explicatives d'intérêt et les covariables supplémentaires
Figure 2
Figure 2 - Équivalent textuel

Graphe orienté acyclique illustrant les relations hypothétiques entre les nouveaux diagnostics de problèmes de santé, les principales variables explicatives d'intérêt et les covariables supplémentaires. Les principales variables explicatives examinées comprenaient : le nombre d'infections autodéclarées par le SRAS-CoV-2 confirmées ou présumées; la gravité des symptômes aigus de l'infection par le SRAS-CoV-2; la persistance des symptômes trois mois ou plus après l'infection par le SRAS-CoV-2; la période au cours de laquelle la première infection par le SRAS-CoV-2 s'est produite; et le statut vaccinal avant la première infection par le SRAS-CoV-2. Les covariables comprenaient : le sexe à la naissance; l'âge au début de la période à risque; le nombre de problèmes de santé préexistants; l'obésité; le tabagisme; le niveau d'études le plus élevé atteint par les membres du ménage; et le quintile national de revenu des ménages du quartier. Les flèches indiquent le sens des relations hypothétiques. Les liens sont les suivants : nombre d'infections autodéclarées par le SRAS-CoV-2 confirmées ou suspectées et symptômes persistant trois mois ou plus après l'infection par le SRAS-CoV-2, ainsi que le diagnostic d'un nouveau problème de santé; gravité des symptômes aigus de l'infection par le SRAS-CoV-2 et symptômes persistants trois mois ou plus après l'infection par le SRAS-CoV-2, ainsi que diagnostic d'un nouveau problème de santé; symptômes persistants trois mois ou plus après l'infection par le SRAS-CoV-2 et diagnostic d'un nouveau problème de santé; la période de la première infection par le SRAS-CoV-2 et la gravité des symptômes aigus de l'infection par le SRAS-CoV-2, symptômes persistants trois mois ou plus après l'infection par le SRAS-CoV-2, le statut vaccinal avant la première infection par le SRAS-CoV-2 et le diagnostic d'un nouveau problème de santé; le statut vaccinal avant la première infection par le SRAS-CoV-2 et le nombre d'infections autodéclarées par le SRAS-CoV-2 confirmées ou suspectées, la gravité des symptômes aigus de l'infection par le SRAS-CoV-2, symptômes persistants trois mois ou plus après l'infection par le SRAS-CoV-2 et le diagnostic d'un nouveau probème de santé; le sexe à la naissance et la gravité des symptômes aigus de l'infection par le SRAS-CoV-2, symptômes persistants trois mois ou plus après l'infection par le SRAS-CoV-2 et le diagnostic d'un nouveau problème de santé; âge au début de la période d'exposition au risque et le statut vaccinal avant la première infection par le SRAS-CoV-2 et le diagnostic d'un nouveau problème de santé; le nombre de pathologies préexistantes et le nombre d'infections autodéclarées par le SRAS-CoV-2 confirmées ou suspectées, gravité des symptômes aigus de l'infection par le SRAS-CoV-2, symptômes persistants trois mois ou plus après l'infection par le SRAS-CoV-2, statut vaccinal avant la première infection par le SRAS-CoV-2 et diagnostic d'un nouveau problème de santé; obésité et gravité des symptômes aigus de l'infection par le SRAS-CoV-2, symptômes persistants trois mois ou plus après l'infection par le SRAS-CoV-2 et diagnostic d'un nouveau problème de santé; tabagisme et diagnostic d'un nouveau problème de santé; niveau d'études le plus élevé atteint par les membres du ménage et nombre d'infections autodéclarées par le SRAS-CoV-2 confirmées ou suspectées, statut vaccinal avant la première infection par le SRAS-CoV-2 et diagnostic d'un nouveau problème de santé; et le quintile national de revenu des ménages du quartier et le nombre d'infections autodéclarées par le SRAS-CoV-2 confirmées ou suspectées, statut vaccinal avant la première infection par le SRAS-CoV-2 et diagnostic d'un nouveau problème de santé.


Étant donné qu'un minimum de cinq événements (c.-à-d. de nouveaux diagnostics) par paramètre du modèle est souhaitable à des fins de modélisation Footnote 25, les résultats (p. ex., troubles respiratoires, maladie pulmonaire chronique, affaiblissement du système immunitaire, etc.) pour lesquels le nombre de nouveaux diagnostics était inférieur à 60 n'ont pas fait l'objet d'une modélisation distincte.

Afin de garantir la confidentialité des données, toutes les estimations descriptives fondées sur moins de 30 répondants ou dont le numérateur d'une proportion (non pondérée) compte moins de cinq répondants sont exclues. Afin de garantir une fiabilité suffisante, les estimations descriptives dont les coefficients de variation sont supérieurs à 33,3 % sont également exclues. De plus, les modèles multivariables ne sont pas présentés lorsque le test du rapport de vraisemblance global pour le modèle n'est pas significatif, qu'une variable catégorielle comprend moins de 30 répondants ou cinq nouveaux diagnostics dans une catégorie précise (non pondérée), ou que des échantillons de réplication par bootstrap sont exclus de l'estimation de la variance en raison de niveaux de réponse manquants ou d'une absence de convergence.

Toutes les analyses ont été réalisées à l'aide de SAS Enterprise Guide 7,1 (SAS 9.4TM), tandis que la version 4.3.2 de R a été utilisée pour générer les graphiques en forêt (module forestploter) et le graphe orienté acyclique (modules dagitty et ggdag).

L'étude a été exemptée de l'examen du comité d'éthique de la recherche en vertu de l'article 2.2 de l'Énoncé de politique des trois conseils : Éthique de la recherche avec des êtres humains – EPTC 2 (2022) Footnote 26.

Résultats

Les adultes ayant déclaré avoir reçu un diagnostic de nouvelle affection au cours de leur période à risque étaient plus susceptibles d'être plus âgés, d'être des fumeurs actifs et d'être obèses, de déclarer avoir un handicap, d'avoir passé plus de temps en période à risque avant le diagnostic d'une nouvelle affection et de déclarer au moins une affection médicale préexistante (tableau 1 et tableau 2). Ils étaient également moins susceptibles de déclarer avoir contracté une infection au SRAS-CoV-2 ou de vivre dans un ménage où une personne avait terminé des études postsecondaires.

Tableau 2 : Problèmes de santé autodéclarés par les adultes au Canada, selon les nouveaux diagnostics de certains problèmes de santé, de janvier 2020 à juin 2023
Caractéristiques Total
n = 8 717
Nouvelle affection diagnostiquée
n = 1 137
Aucune nouvelle affection diagnostiquée
n = 7 580
Valeur p
Estimation IC à 95 % Estimation IC à 95 % Estimation IC à 95 %
Affections préexistantes
Affections choisies
L'une des affections choisiesFootnote a 49,4 47,4–51,5 61,1 55,3–66,7 47,9 45,7–50,2 < 0,0001
Respiratoire 7,7 6,7–8,9 10,0 7,0–13,8 7,5 6,4–8,6 0,1085
Maladie pulmonaire chronique 1,6 1,2–2,1 3,1 1,5–5,4 1,4 1,1–1,9 0,0178
Asthme 6,6 5,7–7,7 8,1 5,3–11,6 6,5 5,5–7,6 0,2740
Cardiovasculaire 18,4 17,1–19,9 18,7 15,0–22,7 18,4 16,9–20,0 0,9005
Maladie cardiaque chronique 2,4 1,9–3,0 3,6 1,8–6,3 2,3 1,8–2,9 0,1616
Hypertension artérielle 17,0 15,6–18,4 16,1 12,9–19,8 17,1 15,6–18,6 0,6211
Conséquences d'un AVC 0,4 0,3–0,7 xFootnote b x 0,4 0,2–0,6 x
Neurologique 1,9 1,4–2,5 x x 1,7 1,2–2,2 x
Trouble neurologique chronique 1,8 1,4–2,4 x x 1,5 1,1–2,0 x
Maladie d'Alzheimer ou autres formes de démence x x x x x x x
Musculosquelettique 20,7 19,3–22,1 30,2 25,5–35,2 19,5 18,0–21,0 < 0,0001
Arthrite 12,6 11,5–13,8 19,7 15,5–24,4 11,7 10,6–12,9 < 0,0001
Problèmes de dos 11,0 10,0–12,2 18,3 14,6–22,4 10,1 9,0–11,3 < 0,0001
Ostéoporose 3,1 2,5–3,8 5,0 2,9–8,0 2,8 2,2–3,6 0,0452
Autres conditions
Cancer 7,3 6,4–8,2 12,1 9,1–15,6 6,7 5,7–7,7 0,0001
Système immunitaire affaibli 3,2 2,6–4,0 5,0 3,0–7,8 3,0 2,4–3,7 0,0459
Trouble sanguin chronique 0,6 0,4–1,0 x x 0,5 0,3–0,8 x
Diabète 6,5 5,5–7,6 9,2 6,4–12,8 6,2 5,1–7,3 0,0348
Néphropathie chronique 0,8 0,5–1,1 1,0 0,5–1,9 0,7 0,4–1,1 0,3419
Trouble intestinal 4,1 3,4–4,9 7,3 4,9–10,3 3,7 3,0–4,5 0,0006
Maladie hépatique 0,7 0,4–1,1 x x 0,7 0,4–1,1 x
Incontinence urinaire 2,2 1,7–2,7 4,4 2,8–6,5 1,9 1,4–2,5 0,0009
Apnée du sommeil 6,3 5,5–7,2 7,7 5,6–10,4 6,2 5,3–7,1 0,1773
Syndrome de fatigue chronique ou fibromyalgie 1,1 0,8–1,5 1,4 0,8–2,2 1,1 0,8–1,5 0,3997
Trouble de santé mentale 11,0 9,7–12,4 14,3 10,6–18,8 10,6 9,2–12,1 0,0525
Affections récemment diagnostiquées
Affections choisies
L'une des affections choisies 11,4 10,2–12,7 100,0 non défini s.o. s.o. s.o.
Respiratoire 1,1 0,8–1,5 9,5 6,9–12,8 s.o. s.o. s.o.
Maladie pulmonaire chronique 0,6 0,4–1,0 5,3 3,2–8,1 s.o. s.o. s.o.
Asthme 0,5 0,3–0,8 4,5 2,9–6,7 s.o. s.o. s.o.
Cardiovasculaire 3,1 2,4–3,9 26,8 21,8–32,4 s.o. s.o. s.o.
Maladie cardiaque chronique 0,6 0,3–1,1 5,3 2,6–9,5 s.o. s.o. s.o.
Hypertension artérielle 2,3 1,8–2,9 19,9 15,8–24,7 s.o. s.o. s.o.
Conséquences d'un AVC 0,3 0,1–0,5 2,3 1,1–4,2 s.o. s.o. s.o.
Neurologique 0,3 0,2–0,5 2,6 1,3–4,4 s.o. s.o. s.o.
Trouble neurologique chronique 0,2 0,1–0,4 1,9 0,9–3,5 s.o. s.o. s.o.
Maladie d'Alzheimer ou autres formes de démence x x x x s.o. s.o. s.o.
Musculosquelettique 3,1 2,4–3,9 26,7 21,5–32,3 s.o. s.o. s.o.
Arthrite 1,6 1,2–2,1 13,8 10,3–17,8 s.o. s.o. s.o.
Problèmes de dos 1,3 0,9–1,9 11,4 7,6–16,3 s.o. s.o. s.o.
Ostéoporose 0,6 0,3–1,0 5,1 2,7–8,5 s.o. s.o. s.o.
Autres conditions
Cancer 0,8 0,4–1,3 6,7 3,8–10,7 s.o. s.o. s.o.
Système immunitaire affaibli 0,6 0,3–0,9 4,9 2,9–7,7 s.o. s.o. s.o.
Trouble sanguin chronique x x x x s.o. s.o. s.o.
Diabète 0,9 0,5–1,4 7,4 4,4–11,4 s.o. s.o. s.o.
Néphropathie chronique x x x x s.o. s.o. s.o.
Trouble intestinal 0,7 0,4–1,1 6,1 3,9–9,1 s.o. s.o. s.o.
Maladie hépatique x x x x s.o. s.o. s.o.
Incontinence urinaire 0,3 0,2–0,4 2,3 1,4–3,5 s.o. s.o. s.o.
Apnée du sommeil 1,3 0,9–1,9 11,2 7,6–15,8 s.o. s.o. s.o.
Syndrome de fatigue chronique ou fibromyalgie 0,4 0,2–0,6 3,2 1,7–5,5 s.o. s.o. s.o.
Trouble de santé mentale 1,6 1,1–2,1 13,7 10,1–18,1 s.o. s.o. s.o.

Parmi les adultes ayant déclaré au moins une infection, ceux chez qui une nouvelle affection avait été diagnostiquée étaient plus susceptibles d'avoir contracté leur première infection avant la vague d'Omicron, d'avoir rapporté des symptômes aigus survenus lors de leur première infection qui avaient perturbé leur vie quotidienne et d'avoir rapporté des symptômes persistants trois mois ou plus après l'infection. Ils étaient également moins susceptibles d'avoir été entièrement vaccinés avant leur première infection (tableau 3).

Tableau 3 : Caractéristiques liées à l'infection et à la vaccination autodéclarées des adultes ayant signalé une infection au SRAS-CoV-2 au Canada, selon les nouveaux diagnostics de certaines affections, de janvier 2020 à juin 2023
Caractéristiques Total
n = 5 575
Nouvelle affection diagnostiquée
n = 468
Aucune nouvelle affection diagnostiquée
n = 5 107
Valeur p
Estimation IC à 95 % Estimation IC à 95 % Estimation IC à 95 %
Période de la première infection par le SRAS-CoV-2
Janvier 2020 à novembre 2021 21,9 19,7–24,2 43,7 35,0–52,8 20,0 17,7–22,4 < 0,0001
Décembre 2021 à juin 2023 78,1 75,8–80,3 56,3 47,2–65,0 80,0 77,6–82,3 -
Nombre de doses de vaccin contre la COVID-19 reçues avant la première infection par le SRAS-CoV-2
Une ou aucune dose 23,8 21,1–26,7 43,1 34,2–52,4 22,1 19,3–25,1 < 0,0001
Deux doses ou plus 76,2 73,3–78,9 56,9 47,6–65,8 77,9 74,9–80,7 -
Gravité des symptômes aigus lors de la première infection par le SRAS-CoV-2
N'a pas eu d'incidence sur la vie quotidienne 46,0 43,2–48,7 36,4 27,6–46,1 46,8 43,9–49,7 0,0347
Répercussions sur la vie quotidienne 54,0 51,3–56,8 63,6 53,9–72,4 53,2 50,3–56,1 -
Symptômes persistants trois mois ou plus après l'infection par le SRAS-CoV-2
Oui 19,6 17,6–21,8 46,0 37,5–54,8 17,4 15,3–19,6 < 0,0001
Non 80,4 78,2–82,4 54,0 45,2–62,5 82,6 80,4–84,7 -

Par rapport aux adultes n'ayant déclaré aucune infection, ceux ayant déclaré deux infections ou plus présentaient un risque significativement plus élevé (p < 0,05) de recevoir un diagnostic de nouvelle affection (rapport de cotes ajusté [RCa] = 1,76, IC à 95 % : 1,12–2,76, p = 0,0133), une affection respiratoire (RCa = 5,03, IC à 95 % : 1,72–14,73, p = 0,0114), ainsi que des problèmes de dos (RCa = 3,79, IC à 95 % : 1,12–12,89, p = 0,0056) (figure 3). Bien que non significatives sur le plan statistique, des associations fortes (c.-à-d. un RCa > 2) ont également été observées entre une infection et des troubles respiratoires, ainsi qu'entre une infection et l'apnée du sommeil, d'une part, et entre deux infections ou plus et l'apnée du sommeil, d'autre part.

Figure 3 : Cotes relatives ajustées du signalement d'un nouveau diagnostic de certaines affections pour un nombre d'infections par le SRAS-CoV-2 chez les adultes au Canada, de janvier 2020 à juin 2023
Figure 3
Figure 3 - Équivalent textuel
Nouvelle affection diagnostiquée Nombre d'infections RCa IC à 95 % Valeur p
L'une des affections choisies 1 1,12 0,67–1,85 0,0133
Plus de 2 1,76 1,12–2,76 -
Respiratoire 1 3,59 0,81–15,96 0,0114
Plus de 2 5,03 1,72–14,73 -
Cardiovasculaire 1 0,95 0,41–2,17 0,3944
Plus de 2 1,44 0,69–2,99 -
Hypertension artérielle 1 0,61 0,25–1,48 0,2477
Plus de 2 1,14 0,52–2,48 -
Musculosquelettique 1 1,09 0,42–2,83 0,3762
Plus de 2 1,66 0,77–3,6 -
Arthrite 1 1,76 0,62–4,96 0,4057
Plus de 2 0,83 0,28–2,49 -
Problèmes de dos 1 0,73 0,13–4,07 0,0056
Plus de 2 3,79 1,12–12,89 -
Apnée du sommeil 1 2,95 0,58–14,92 0,4178
Plus de 2 3,09 0,48–20,03 -
Trouble de santé mentale 1 0,29 0,08–1,03 0,0487
Plus de 2 1,11 0,39–3,16 -

Chez les adultes ayant déclaré une infection au SRAS-CoV-2, le fait d'avoir contracté la première infection avant la vague d'Omicron (par opposition à pendant celle-ci) ou d'avoir reçu moins de deux doses de vaccin contre la COVID-19 avant la première infection (par opposition à deux doses ou plus) n'était pas significativement associé à de nouveaux diagnostics (figure 4). Toutefois, des analyses de sensibilité ont montré qu'après avoir retiré la durée d'exposition au risque du modèle, le fait d'avoir été infecté avant la vague d'Omicron était significativement associé à un risque accru de recevoir un diagnostic de nouvelle affection (RCa = 2,17, IC à 95 % : 1,46–3,23, p = 0,0001) et les troubles cardiovasculaires (RCa = 2,64, IC à 95 % : 1,34–5,19, p = 0,0051), avec une association à la limite de la signification statistique pour l'hypertension artérielle (RCa = 1,88, IC à 95 % : 0,89–4,00, p = 0,0987). De même, après avoir exclu la période d'exposition au risque du modèle, le fait de ne pas être entièrement vacciné avant la première infection était significativement associé à un risque accru de recevoir un diagnostic de nouvelle affection (RCa = 1,92, IC à 95 % : 1,30–2,84, p = 0,0010), troubles cardiovasculaires (RCa = 2,67, IC à 95 % : 1,50–4,77, p = 0,0009), et hypertension artérielle (RCa = 2,38, IC à 95 % : 1,22–4,61, p = 0,0105).

Figure 4 : Cotes relatives ajustées de déclaration d'un nouveau diagnostic de certaines affections en fonction des caractéristiques liées à l'infection par le SRAS-CoV-2 et à la vaccination chez les adultes infectés au Canada, de janvier 2020 à juin 2023
Figure 4
Figure 4 - Équivalent textuel
Nouvelle affection diagnostiquée Caractéristiques de l'infection RCa IC à 95 % Valeur p
L'une des affections choisies Infecté avant décembre 2021 (réf. = à partir de décembre 2021) 0,71 0,32–1,55 0,3885
Moins de deux doses de vaccin contre la COVID-19 reçues avant l'infection (réf. = 2 ou plus) 0,64 0,32–1,28 0,2079
Symptômes aigus de la première infection par le SRAS-CoV-2 ont une incidence sur la vie quotidienne (réf. = aucun effet) 1,63 1,08–2,48 0,0206
Symptômes à long terme persistant trois mois ou plus après l'infection (réf. = absence de symptômes à long terme) 3,35 2,24–5,03 < 0,0001
Cardiovasculaire Infecté avant décembre 2021 (réf. = à partir de décembre 2021) 2,28 0,60–8,74 0,2279
Moins de deux doses de vaccin contre la COVID-19 reçues avant l'infection (réf. = deux ou plus) 2,39 0,75–7,62 0,1416
Symptômes aigus de la première infection par le SRAS-CoV-2 ont une incidence sur la vie quotidienne (réf. = aucun effet) 1,63 0,82–3,24 0,1615
Symptômes à long terme persistant trois mois ou plus après l'infection (réf. = absence de symptômes à long terme) 2,54 1,35–4,77 0,0039
Hypertension artérielle Infecté avant décembre 2021 (réf. = à partir de décembre 2021) 1,69 0,42–6,77 0,4563
Moins de deux doses de vaccin contre la COVID-19 reçues avant l'infection (réf. = deux ou plus) 3,06 0,91–10,27 0,0696
Symptômes aigus de la première infection par le SRAS-CoV-2 ont une incidence sur la vie quotidienne (réf. = aucun effet) 2,13 0,99–4,56 0,0527
Symptômes à long terme persistant trois mois ou plus après l'infection (réf. = absence de symptômes à long terme) 2,22 1,07–4,57 0,0313

Les adultes ayant déclaré que leur vie quotidienne avait été perturbée par des symptômes aigus lors de leur première infection par le SRAS-CoV-2 (par opposition à ceux dont la vie quotidienne n'avait pas été perturbée) étaient nettement plus susceptibles de signaler une affection nouvellement diagnostiquée (RCa = 1,63, IC à 95 % : 1,08–2,48, p = 0,0206), avec une association à la limite de la signification statistique pour l'hypertension artérielle (RCa = 2,13, IC à 95 % : 0,99–4,56, p = 0,0527) (figure 4).

Les adultes ayant déclaré des symptômes à long terme persistants trois mois ou plus après une infection au SRAS-CoV-2 (par rapport à ceux ne présentant pas de symptômes à long terme), avaient une probabilité significativement plus élevée de déclarer une affection nouvellement diagnostiquée (RCa = 3,35, IC à 95 % : 2,24–5,03, p < 0,0001), affection cardiovasculaire (RCa = 2,54, IC à 95 % : 1,35–4,77, p = 0,0039), et hypertension artérielle (RCa = 2,22, IC à 95 % : 1,07–4,57, p = 0,0313) (figure 4). Des détails supplémentaires concernant tous les résultats de modélisation sont disponibles auprès de l'auteur-ressource.

Discussion

Nos analyses exploratoires, menées à partir de données autodéclarées d'enquête populationnelle, ont montré que le fait de déclarer deux infections au SRAS-CoV-2 ou plus (par rapport à aucune infection) était significativement associé à un risque accru de recevoir un diagnostic de nouvelle affection, d'affection respiratoire et de problèmes de dos. Chez les adultes ayant déclaré au moins une infection au SRAS-CoV-2, le fait que la vie quotidienne ait été perturbée par des symptômes aigus lors de la première infection (par rapport à ceux dont la vie quotidienne n'a pas été affectée) était significativement associé à un risque accru de recevoir un diagnostic de nouvelle affection, tandis que la présence de symptômes à long terme (par rapport à l'absence de symptômes à long terme) après toute infection par le SRAS-CoV-2 était significativement associée à un risque accru de recevoir un diagnostic de nouvelle affection, d'affection cardiovasculaire et d'hypertension artérielle.

L'absence d'association entre le diagnostic d'une nouvelle affection et, d'une part, la période de la première infection par le SRAS-CoV-2 et, d'autre part, les doses de vaccin reçues avant cette première infection pourrait s'expliquer par des corrélations avec la durée d'exposition au risque, comme le montrent les analyses de sensibilité. Il convient d'interpréter avec prudence les résultats concernant les infections aiguës plus graves ou les symptômes persistants après l'infection. Ces deux situations peuvent avoir entraîné une augmentation du recours aux soins et des possibilités de diagnostic, et peuvent être la conséquence d'un nouveau diagnostic plutôt que d'un facteur de risque (c.-à-d. une causalité inverse).

Ces résultats concordent, en partie, avec ceux d'études antérieures et viennent enrichir les données de recherche existantes sur la population générale. En ce qui concerne le diagnostic d'une nouvelle affection, bien que le RCa pour deux infections ou plus par rapport à l'absence d'infection (RCa = 1,76, IC à 95 % : 1,12–2,76) concorde avec les RCa de De Ridder et al. Footnote 7 concernant toute infection confirmée (RCa = 2,15, IC à 95 % : 1,43–3,23), aucune association significative n'a été observée pour une seule infection. Bowe et al. Footnote 12 a révélé que, par rapport aux adultes ne présentant aucune infection confirmée au SRAS-CoV-2, le risque de présenter au moins une séquelle touchant plusieurs systèmes organiques augmentait avec le nombre d'infections confirmées au SRAS-CoV-2, passant de 37 % (rapport de risque [RR] = 1,37, IC à 95 % : 1,36–1,38) pour une infection, à 107 % (RR = 2,07, IC à 95 % : 2,03–2,11) pour deux infections, à 135 % (RR = 2,35, IC à 95 % : 2,12–2,62) pour trois infections ou plus.

D'après une méta-analyse, Gaudet et al. Footnote 9 ont fait état d'une augmentation modérée du risque de diagnostic de troubles respiratoires (RR : 1,83–1,89) et d'apnée du sommeil (RR : 1,5–1,7) dans des échantillons d'adultes en consultation externe, en consultation mixte (externe et hospitalisation) et en hospitalisation. Gaudet et al. ont également constaté que le risque de diagnostic de nouvelles affections était souvent plus élevé chez les patients hospitalisés que chez les patients en consultation externe ou dans les échantillons mixtes, ce qui souligne l'importance de la gravité de l'infection. Bien que des recherches aient démontré l'existence d'une association entre les infections et les troubles musculosquelettiques Footnote 12, nous n'avons relevé aucune étude portant spécifiquement sur les problèmes de dos.

Conformément aux résultats obtenus lors des analyses de sensibilité, Xie et al. Footnote 13 ont constaté que le risque de nouvelles séquelles post-infection aiguë par le SRAS-CoV-2 touchant plusieurs systèmes organiques au cours de la première année suivant l'infection était respectivement environ 34 % et 23 % plus élevé chez les adultes non vaccinés pendant les périodes pré-Delta et Delta, par rapport à la période Omicron, et que le risque de séquelles chez les adultes non vaccinés était respectivement de 78 % et de 122 % plus élevé que chez les adultes vaccinés pendant les périodes pré-Delta et Delta, bien que Xie et al. n'aient pas tenu compte de l'ordre chronologique de la vaccination et de l'infection.

Le Système canadien de surveillance des maladies chroniques (SCSMC), qui comprend des données allant jusqu'à l'exercice financier 2023–2024 pour certaines maladies chroniques, n'a pas révélé d'augmentation notable et soutenue du taux d'incidence global, ajusté selon l'âge, de l'asthme, de maladie pulmonaire obstructive chronique, de cardiopathie ischémique, d'accident vasculaire cérébral, de l'arthrose et de la polyarthrite rhumatoïde par rapport à la période prépandémique Footnote 21. Bien qu'aucune association significative n'ait été établie entre le nombre d'infections au SRAS-CoV-2 et les nouveaux diagnostics d'hypertension artérielle, le SCSMC a relevé une augmentation de 8,1 % du taux d'incidence global de l'hypertension artérielle, normalisé selon l'âge, entre l'exercice financier 2019–2020 (2 093 pour 100 000, IC à 95 % : 2 085–2 101) et l'exercice financier 2022–2023 (2 262 pour 100 000, IC à 95 % : 2 254–2 270). Toutefois, les données de surveillance issues de la population doivent être interprétées avec prudence. Les variations réelles de l'incidence peuvent être faussées par les effets indirects de la pandémie, notamment les changements touchant la disponibilité des services de santé et la facilité d'y accéder pendant la pandémie, ou encore les modifications apportées aux pratiques de codage dans les données administratives sur la santé. Le SCSMC a fait état d'une baisse de l'incidence de nombreuses affections pendant la pandémie, et les hausses observées plus récemment pourraient s'expliquer par un « rattrapage » diagnostique.

Points forts et limites

Les principaux points forts de cette étude résident dans le fait qu'elle est menée à l'échelle de la population, qu'elle porte sur un large éventail de problèmes de santé et qu'elle permet d'analyser les caractéristiques des infections et de la vaccination. Ses principales limites tiennent au fait qu'elle repose sur la participation et les déclarations des participants, ce qui la rend vulnérable aux biais de survie, de sélection, d'erreur de classification, de rappel et de surveillance. Les adultes les plus gravement atteints, qui n'ont pas survécu à leur ou leurs infections au SRAS-CoV-2, ont été exclus de l'étude. Parmi les adultes invités à participer à l'ECSAC-2, 8,3 % (n = 8 809 sur 105 998) ont été inclus dans l'échantillon d'analyse. Même si le poids a été ajusté pour tenir compte de la non-réponse et calibré à l'aide d'informations auxiliaires afin de refléter la population cible, des estimations biaisées peuvent tout de même se produire si les participants diffèrent systématiquement de la population cible d'une manière qui n'a pas été corrigée par une pondération. Certaines infections présumées pourraient être attribuables à des affections ou à des infections sans rapport avec le SRAS-CoV-2, tandis que d'autres personnes n'ayant pas déclaré d'infection pourraient en réalité avoir été infectées; ce qui pourrait fausser l'association sous-jacente réelle vers la valeur nulle Footnote 27. En juin 2023, aucune donnée sérologique concernant les participants au QS n'était disponible pour être intégrée aux analyses. Les données du QS recueillies entre le 23 mai et le 19 juin 2023 indiquaient qu'environ 67 % des adultes déclaraient avoir contracté au moins une infection au SRAS-CoV-2 (tableau 1), ce qui est comparable à la séroprévalence du SRAS-CoV-2 acquise par infection dans les 10 provinces du Canada au 6 juin 2023 (78 %), étant donné que cette dernière estimation incluait les enfants et les jeunes, soit les groupes d'âge présentant la séroprévalence la plus élevée Footnote 18Footnote 28. Bien que les données autodéclarées soient imparfaites, d'autres mesures, telles que la séroprévalence, ne permettent pas d'obtenir des renseignements sur le moment où les infections se sont produites ni sur leur nombre, et sont influencées par des facteurs tels que la non-séroconversion et la séroréversion Footnote 14. Les adultes ayant déclaré avoir contracté une infection étaient peut-être plus enclins à se souvenir d'un nouveau diagnostic ou à consulter leur professionnel de la santé, ce qui augmentait leurs chances d'obtenir un diagnostic. De même, le fait de consulter un professionnel de la santé pour un problème de santé pourrait avoir augmenté la probabilité qu'une infection au SRAS-CoV-2 soit diagnostiquée. On ne disposait d'aucune information permettant de tenir compte des comportements en matière de recours aux soins avant la pandémie, ce qui pourrait fausser les résultats si ces comportements variaient en fonction du statut d'infection autodéclaré au SRAS-CoV-2. Bien qu'un ajustement ait été effectué pour tenir compte de la durée d'exposition au risque, les différences dans le moment où le suivi a débuté entre les adultes ayant déclaré une infection au SRAS-CoV-2 et ceux n'en ayant pas déclaré une ont pu biaiser les résultats, car les adultes ayant déclaré une infection ont passé moins de temps à risque de recevoir un nouveau diagnostic de problème de santé et une plus grande partie de leur temps à risque s'est répartie vers la fin de la période de suivi. Nous n'avons pas tenu compte de tous les facteurs de confusion potentiels, tels que la province de résidence et l'accès aux services de santé, qui pourraient être associés à la fois au nombre d'infections par le SRAS-CoV-2 et au diagnostic de nouvelles affections. Étant donné que le QS a été mené il y a plus de trois ans, ses résultats pourraient ne plus être valables aujourd'hui, compte tenu de l'évolution de la situation en matière de virus, de vaccins et d'immunité de la population. Le nombre relativement faible de maladies nouvellement diagnostiquées a réduit la puissance statistique des analyses et limité le nombre de maladies spécifiques prises en compte dans les modèles. Enfin, comme les valeurs p n'ont pas été ajustées en fonction du nombre d'analyses effectuées, certains des résultats pourraient être dus au hasard (c.-à-d. à une erreur de type I).

Conclusion

Les analyses exploratoires ont mis en évidence plusieurs associations significatives entre les nouveaux diagnostics de problèmes de santé et l'infection par le SRAS-CoV-2, d'une part, et les caractéristiques de la vaccination, d'autre part. Par rapport aux adultes n'ayant déclaré aucune infection au SRAS-CoV-2, ceux ayant déclaré deux infections ou plus présentaient un risque nettement plus élevé de se voir diagnostiquer une nouvelle affection, ce qui souligne l'importance de mesures de santé publique visant à prévenir l'infection. Bien que des recherches supplémentaires menées à l'échelle de la population soient nécessaires pour distinguer les effets des caractéristiques de l'infection, le statut vaccinal et les biais de surveillance, les analyses exploratoires ont indiqué que le fait d'avoir contracté une première infection au début de la pandémie, de ne pas avoir été entièrement vacciné avant cette première infection, d'avoir présenté des symptômes aigus ayant des répercussions sur la vie quotidienne lors de cette première infection et de signaler des symptômes prolongés après n'importe quelle infection pourrait être associé à un risque accru de diagnostic de nouvelles affections. Il est nécessaire de poursuivre les recherches sur les séquelles à long terme des infections au SRAS-CoV-2, en particulier les réinfections, ainsi que sur les facteurs biologiques, comportementaux et systémiques susceptibles d'influencer les effets de ces infections. De telles études pourraient aider les professionnels de la santé à adapter leurs recommandations en matière de vaccination contre la COVID-19 et de suivi après la COVID-19 pour détecter de nouveaux problèmes de santé, ainsi qu'à orienter les pratiques et les messages de santé publique visant à promouvoir la vaccination contre la COVID-19 et les mesures de protection individuelle (p. ex., le port du masque) afin de prévenir et de réduire au minimum la gravité des infections, ainsi que l'apparition potentielle de nouveaux problèmes de santé.

Déclaration des auteurs

D. Z. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction–version originale, révision et édition, analyse formelle, visualisation
X. H. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction–version originale, rédaction–révision et édition, analyse formelle
S. A. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction–version originale, rédaction–révision et édition
L. O. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction–version originale, rédaction–révision et édition
J. C. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction–version originale, rédaction–révision et édition

Intérêts concurrents

Aucun.

Identifiants ORCID

Dianne Zakaria — 0000-0001-8610-1248
Xue feng Hu — 0000-0001-6794-5699

Remerciements

Les données utilisées dans cet article ont été rendues possibles grâce à une collaboration entre l'Agence de la santé publique du Canada, Statistique Canada et le groupe de travail sur l'immunité face à la COVID-19. La participation des citoyens du Canada au cycle 2 de l'Enquête canadienne sur la santé et les anticorps contre la COVID-19 et au questionnaire de suivi est grandement appréciée. Les commentaires généreux et stimulants des réviseurs ont permis d'améliorer la qualité de cet article. Les analyses, conclusions, opinions et déclarations exprimées ici n'engagent que leurs auteurs. Aucune approbation de la part de l'Agence de la santé publique du Canada et de Statistique Canada n'est prévue ni ne devrait être déduite.

Financement

Ce travail a été soutenu par l'Agence de la santé publique du Canada et Statistique Canada.

Appendice

Du matériel supplémentaire est disponible sur demande auprès de l'auteur-ressource : dianne.zakaria@phac-aspc.gc.ca

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2026-09-03

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