Atlas alimentaire 2.0 : une approche à méthodes mixtes de collecte des données d’enquête

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Numéro : RMTC : Volume 52-9, septembre 2026 : Infections d’origine alimentaire
Date de publication : septembre 2026
ISSN : 1719-3109
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Volume 52-9, septembre 2026 : Infections d’origine alimentaire
Rapport d’enquête
Atlas alimentaire 2.0 : une approche à méthodes mixtes de collecte des données d'enquête
Megan Tooby1, Miranda Rodrigues1, M Kate Thomas1, Andrea Nesbitt1, Vanessa Morton1
Affiliation
1 Division de la gestion des éclosions, Centre des maladies infectieuses d'origine alimentaire, environnementale et zoonotique, Agence de la santé publique du Canada, Ottawa, ON
Correspondance
Citation proposée
Tooby M, Rodrigues M, Thomas MK, Nesbitt A, Morton V. Atlas alimentaire 2.0 : une approche à méthodes mixtes de collecte des données d'enquête. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2026;52(9):410–9. https://doi.org/10.14745/ccdr.v52i09a06f
Mots-clés : Atlas alimentaire, éclosion de maladie entérique, éclosion de maladie d'origine alimentaire, salubrité des aliments, maladie gastro-intestinale aiguë
Résumé
Contexte : L'Atlas alimentaire 2.0 est une étude de consommation alimentaire basée sur une population réalisée dans l'ensemble des provinces et des territoires du Canada de janvier 2023 à janvier 2024. Il s'agit de la deuxième édition de cette étude; la première a été réalisée en 2014–2015. Cette étude fournit des données actualisées sur la consommation alimentaire au Canada. Le présent article décrit les méthodes de l'étude et compare les caractéristiques démographiques des répondants en fonction du mode de recrutement.
Méthodes : L'étude a adopté une approche de recrutement à deux modes, dans laquelle 75 % de l'échantillon provenait d'une liste nationale d'adresses postales et 25 % d'une liste nationale de numéros de téléphone. Les répondants ont participé à l'étude en ligne ou par téléphone. L'étude portait sur les expositions aux aliments, aux animaux et à l'eau au cours des sept jours précédant l'entrevue, ainsi que sur les connaissances et les pratiques des consommateurs en matière de salubrité des aliments, les épisodes récents de maladie gastro-intestinale aiguë et les caractéristiques démographiques des répondants.
Résultats : L'étude a compté 21 744 participants, dont 73 % (15 843) ont répondu au questionnaire en ligne et 27 % (5 901) par téléphone. L'approche de recrutement à deux modes a permis d'atteindre la taille d'échantillon visée. Certains groupes démographiques ont présenté des taux de réponse plus élevés selon le mode de recrutement.
Conclusion : Les données recueillies dans le cadre de cette étude sur l'exposition de la population canadienne aux aliments, aux animaux et à l'eau fournissent des données de référence essentielles pour les enquêtes sur les éclosions de maladies entériques. Ces données contribueront à éclairer les évaluations des risques et les travaux de recherche en santé publique, appuyant ainsi les interventions visant à prévenir les maladies entériques au Canada. L'évaluation des modes de recrutement contribuera à orienter les prochaines éditions de l'étude Atlas alimentaire.
Introduction
L'Atlas alimentaire 2.0 est une étude de consommation alimentaire à l'échelle de la population, menée dans l'ensemble des provinces et des territoires (P/T) du Canada de janvier 2023 à janvier 2024 Footnote 1. L'étude a recueilli des données sur l'exposition aux aliments, à l'eau et aux animaux, les connaissances et les pratiques en matière de salubrité des aliments, les épisodes récents de maladie gastro-intestinale aiguë ainsi que les caractéristiques démographiques. La première édition de cette étude a été réalisée en 2014–2015 Footnote 2. L'Atlas alimentaire 2.0 a permis de recueillir des données actualisées sur l'exposition aux aliments ainsi que des données sur de nouvelles expositions d'intérêt depuis 2015.
Cette étude est la première étude canadienne représentative à l'échelle nationale sur la consommation alimentaire à recueillir des données portant sur une période de sept jours. Les données recueillies ont été largement utilisées pour appuyer les activités de salubrité des aliments et de santé publique au Canada Footnote 3Footnote 4Footnote 5Footnote 6Footnote 7Footnote 8Footnote 9Footnote 10Footnote 11Footnote 12Footnote 13Footnote 14Footnote 15Footnote 16Footnote 17Footnote 18. L'Atlas alimentaire a également servi à la génération d'hypothèses dans le cadre des enquêtes sur les éclosions afin de contribuer à l'identification de la source de la maladie Footnote 5Footnote 19Footnote 20Footnote 21Footnote 22Footnote 23Footnote 24Footnote 25Footnote 26Footnote 27Footnote 28Footnote 29Footnote 30Footnote 31.
Bien que la première édition de l'étude fournisse toujours des données utiles, les habitudes de consommation alimentaire évoluent au fil du temps. Il est donc important que les enquêteurs sur les éclosions disposent de données de référence exactes sur la population. De plus, depuis la réalisation de l'étude en 2015, de nouveaux aliments ont été reconnus comme des sources potentielles de maladies entériques. Par conséquent, l'Atlas alimentaire 2.0 fournit des données de référence actualisées sur la population afin de faciliter les comparaisons dans le cadre des enquêtes sur les éclosions. Les données recueillies contribueront également à éclairer les évaluations des risques et les travaux de recherche en santé publique, à l'appui des interventions visant à prévenir les maladies entériques au Canada.
La première édition de l'Atlas alimentaire a été réalisée exclusivement au moyen d'entrevues téléphoniques. Pour l'Atlas alimentaire 2.0, la collecte des données a été effectuée au moyen d'enquêtes téléphoniques et en ligne afin de tenir compte de l'évolution des habitudes de participation aux enquêtes au Canada. Étant donné que l'Atlas alimentaire 2.0 reposait sur une approche de recrutement et de collecte des données différente de celle de la première édition, il était important d'évaluer l'utilité de cette approche à méthodes mixtes afin d'orienter les méthodes de collecte des données des études futures. Le présent article décrit les méthodes de l'étude et compare les caractéristiques démographiques des répondants selon le mode de recrutement.
Méthodes
Afin d'assurer la précision des données de l'Atlas alimentaire 2.0, une taille minimale d'échantillon a été calculée à partir d'un intervalle de confiance de 95 % et d'une marge d'erreur de 5 %, ce qui a conduit à un objectif de 19 968 questionnaires remplis. La taille minimale de l'échantillon a été fixée à 384 répondants par province ou territoire, sur la base d'un intervalle de confiance de 95 % et d'une marge d'erreur de 5 %. Cette taille minimale d'échantillon a été attribuée à chaque province et territoire. Le reste de l'échantillon a ensuite été réparti proportionnellement à la taille de la population, selon les estimations de Statistique Canada. Ces cibles ont été établies de manière à fournir une puissance statistique suffisante pour estimer les proportions avec précision. Cette exigence est particulièrement importante pour l'estimation du fardeau des maladies gastro-intestinales aiguës, dont la prévalence est faible dans la population.
L'Atlas alimentaire 2.0 a d'abord fait l'objet d'un essai pilote interne afin de vérifier que les questions étaient interprétées comme prévu. L'enquête a ensuite été révisée à la lumière de la rétroaction recueillie. Par la suite, deux essais pilotes ont été réalisés : le premier du 1er novembre 2022 au 14 novembre 2022, et le second du 1er décembre 2022 au 19 décembre 2022. Ces essais pilotes ont permis de vérifier le bon fonctionnement des instructions « passez à », de confirmer que le consentement était obtenu de manière appropriée et de s'assurer que les répondants comprenaient correctement les questions ainsi que l'objectif du sondage. À la lumière des commentaires formulés par les intervieweurs et les répondants, plusieurs ajustements ont été apportés afin d'améliorer l'outil d'enquête. Ces ajustements comprenaient la clarification de la formulation des questions, le raccourcissement du script des intervieweurs et le retrait, dans la version téléphonique du sondage, du module portant sur la salubrité des aliments destinés aux consommateurs, afin de réduire la durée du sondage et d'améliorer les taux de réponse. La version définitive de l'enquête a été lancée le 2 janvier 2023, et la collecte des données s'est poursuivie jusqu'au 7 janvier 2024. L'outil d'enquête est accessible en ligne Footnote 32.
Le questionnaire portait sur les expositions aux aliments, aux animaux et à l'eau au cours des sept jours précédant l'entrevue, cette période correspondant à la durée moyenne d'incubation des principaux agents pathogènes entériques. Les catégories d'aliments comprenaient les légumes, les fruits, les noix, les graines, la viande, les fruits de mer, les œufs, les produits laitiers, les autres aliments ainsi que les aliments traditionnels (uniquement pour les répondants résidant dans les territoires). Le questionnaire portait également sur les habitudes d'achat des aliments, les régimes alimentaires particuliers, l'exposition à l'eau, l'exposition aux animaux et aux aliments pour animaux, les connaissances et les comportements en matière de salubrité des aliments (version en ligne seulement), ainsi que les épisodes récents de maladie gastro-intestinale. Afin de réduire la fatigue des répondants, des instructions « passez à » ont été intégrées au questionnaire. Par exemple, lorsqu'un répondant indiquait ne pas avoir consommé de bœuf au cours des sept jours précédents, aucune question supplémentaire ne lui était posée au sujet de la consommation de produits à base de bœuf.
Technique d'échantillonnage
L'étude a utilisé une approche de l'échantillonnage double. Plus précisément, 75 % de l'échantillon a été constitué à partir d'une liste nationale d'adresses postales, tandis que les 25 % restants provenaient d'une liste nationale de numéros de téléphone. Les ménages ont été contactés soit par courrier, soit par téléphone. Dans chaque ménage, un participant a été sélectionné au hasard en fonction de son âge et de la composition du ménage afin de participer à l'étude (figure 1).
Figure 1 - Text description
Cette figure présente la lettre de recrutement envoyée aux ménages partout au Canada. La lettre présente l’enquête de l’Atlas alimentaire, indique le temps nécessaire pour y répondre et décrit les sujets qui y sont abordés. Elle explique ensuite au destinataire comment déterminer quel membre du ménage a été sélectionné au hasard pour répondre à l’enquête. Le répondant sélectionné était choisi au hasard en fonction de son âge et de la taille du ménage. Une fois le répondant sélectionné, la lettre lui fournissait des renseignements sur la façon de répondre au questionnaire ainsi que les coordonnées à utiliser pour obtenir de plus amples renseignements ou poser des questions.
Afin de favoriser le recrutement des jeunes, un enfant était sélectionné pour participer à l'enquête dans 50 % des ménages comptant au moins un enfant de moins de 18 ans. Malgré cette mesure, le taux de participation des jeunes est demeuré faible comparativement à leur proportion au sein de la population canadienne. Afin d'accroître la participation des jeunes, à compter du cinquième mois de la collecte des données, un enfant a été sélectionné dans 100 % des ménages comptant au moins un enfant de moins de 18 ans pour participer à l'enquête.
L'enquête était réalisée de façon autonome par le répondant au moyen d'un outil d'enquête en ligne (Voxco; Montréal, Québec) ou dans le cadre d'une entrevue téléphonique menée par un intervieweur qualifié. L'enquête était offerte en anglais, en français et en inuktitut. Toutes les données étaient saisies dans Voxco et conservées au Canada.
Les participants ayant voyagé à l'extérieur de leur province ou territoire de résidence et y ayant passé au moins une nuit au cours des sept jours précédant l'entrevue étaient exclus des modules portant sur les aliments, les animaux et l'eau. Ils répondaient uniquement aux modules portant sur les connaissances et les pratiques en matière de salubrité des aliments ainsi que sur les épisodes récents de maladie gastro-intestinale aiguë.
Consentement éclairé
Tous les participants ont donné leur consentement éclairé. Pour les personnes âgées de moins de 16 ans (ou de moins de 18 ans au Québec), le consentement d'un parent ou d'un tuteur légal était requis avant leur participation à l'étude. Des répondants substituts ont été utilisés pour les enfants ainsi que pour les personnes ayant des limitations d'activité ou des problèmes de santé les empêchant de répondre elles-mêmes au questionnaire. Les participants ont été informés de l'objectif de l'étude, du temps requis pour remplir le questionnaire et du fait que l'étude était administrée et financée par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Les participants n'ont retiré aucun avantage direct de leur participation à l'étude. Ils ont toutefois été informés que celle-ci contribuerait à faire progresser la recherche sur les maladies entériques et à améliorer les interventions en cas d'éclosion au Canada. L'étude a été approuvée par le Comité d'éthique de la recherche de Santé Canada (CER 2021-007P), ainsi que par la Health Research Ethics Authority de Terre-Neuve-et-Labrador (HREB 2 021 145), l'Institut de recherche du Nunavut (05 005 23R-M) et le Comité consultatif sur la recherche du gouvernement du Nunatsiavut (NGRAC-14558480).
Optimisation du taux de réponse
Afin d'optimiser les taux de réponse, les chercheurs ont fourni aux répondants des renseignements clairs sur l'étude, effectué des rappels à des moments jugés plus propices et offert à tous les répondants la possibilité de répondre à l'enquête en ligne ou par téléphone.
Mesures et analyses
Les résultats ont été pondérés au moyen de poids de sondage tenant compte du plan d'échantillonnage, notamment de la répartition disproportionnée entre les bases d'échantillonnage, de la probabilité de sélection et de la non-réponse. Des poids de poststratification ont ensuite été appliqués afin d'aligner la distribution démographique de l'échantillon (c.-à-d. selon le groupe d'âge, le sexe et la taille du ménage) sur celle de la population d'après les données du Recensement de 2021. Les proportions pondérées ont été calculées à l'aide du logiciel Stata, version 15.1 (StataCorp, Texas Station, Texas).
L'enquête était considérée comme terminée dès que le répondant soumettait son questionnaire. En raison des instructions « passez à » intégrées au questionnaire, les répondants ne répondaient pas nécessairement à toutes les questions. Par exemple, les répondants ayant indiqué ne pas avoir consommé de bœuf étaient dispensés de répondre aux autres questions portant sur la consommation de bœuf. Lors du nettoyage des données, ces répondants ont été enregistrés comme ayant répondu « Non » à toutes les questions subséquentes relatives à la consommation de bœuf. Ces ajustements visaient à refléter avec exactitude la proportion de la population ayant consommé chacun des aliments visés. Toutes les questions de l'enquête étaient facultatives. Les répondants qui laissaient certaines questions sans réponse étaient néanmoins considérés comme ayant rempli le questionnaire dès sa soumission.
Une analyse secondaire a été réalisée afin de comparer les caractéristiques démographiques des répondants recrutés par la poste à celles des répondants recrutés par téléphone. Les proportions correspondant à chaque caractéristique démographique ont été comparées entre les répondants recrutés par la poste et ceux recrutés par téléphone au moyen d'un test du khi carré de Wald pour l'égalité des proportions. Par exemple, la proportion de répondants recrutés par la poste appartenant au groupe d'âge de 0 à 9 ans a été comparée à celle des répondants recrutés par téléphone appartenant au même groupe d'âge. La correction de Bonferroni a été appliquée afin d'obtenir une estimation plus prudente de la valeur p et de réduire le risque de surestimation des résultats, ce qui a conduit à un seuil de signification de p = 0,0011. Cette correction visait à réduire le risque d'erreur de type 1. Des analyses supplémentaires ont également été réalisées afin de comparer les participants ayant changé de mode de réponse (c.-à-d. recrutés par la poste, mais ayant répondu par téléphone, ou recrutés par téléphone, mais ayant répondu en ligne) à ceux ayant répondu à l'enquête selon le mode de recrutement initial.
Résultats
Au total, 145 914 numéros de téléphone fixe et mobile valides ont été contactés. Parmi les personnes jointes, 4 965 ont répondu à l'enquête par téléphone, ce qui correspond à un taux de réponse de 3 %. Par ailleurs, 196 personnes recrutées par téléphone ont choisi de répondre à l'enquête en ligne.
Au total, 189 801 ménages ont reçu une invitation par la poste à participer à l'étude. Parmi eux, 15 647 personnes ont répondu au questionnaire en ligne, ce qui correspond à un taux de réponse de 8 %. En outre, 936 personnes recrutées par la poste ont communiqué avec l'agence de sondages afin de répondre à l'enquête par téléphone.
Au total, 21 744 personnes ont participé à l'étude. Les objectifs d'échantillonnage ont été atteints dans toutes les provinces et tous les territoires, à l'exception du Nunavut (125/400; 31 %) et des Territoires du Nord-Ouest (321/402; 80 %). Les entrevues ont été réparties uniformément sur les douze mois de la période de collecte des données. Parmi l'ensemble des répondants, 1 424 (7 %) ont déclaré avoir voyagé à l'extérieur de leur province ou territoire de résidence et y avoir passé au moins une nuit au cours des sept jours précédant l'entrevue. Dans l'ensemble, les données étaient plus complètes chez les répondants ayant participé à l'entrevue téléphonique.
Le tableau 1 présente une comparaison des caractéristiques démographiques des répondants recrutés par la poste et par téléphone. Les répondants du groupe d'âge de 10 à 19 ans et ceux âgés de 65 ans ou plus étaient plus souvent recrutés par téléphone, tandis que ceux du groupe d'âge de 20 à 64 ans étaient plus souvent recrutés par la poste. Les personnes ayant déclaré appartenir à un groupe ethnique est-asiatique ou sud-est asiatique, moyen-oriental ou sud-asiatique étaient plus susceptibles d'avoir été recrutées par la poste que par téléphone. À l'inverse, les personnes autochtones, les personnes blanches et celles ayant déclaré appartenir à plus d'un groupe ethnique étaient plus susceptibles d'avoir été recrutées par téléphone. Les personnes titulaires d'un certificat, d'un diplôme ou d'un grade universitaire, celles dont le revenu du ménage était de 120 000 $ ou plus et celles résidant en milieu urbain étaient plus susceptibles d'avoir été recrutées par la poste. En revanche, les personnes n'ayant pas obtenu de diplôme d'études secondaires ou dont le plus haut niveau de scolarité était un diplôme d'études secondaires ou l'équivalent étaient plus susceptibles d'avoir été recrutées par téléphone. Enfin, les répondants dont le revenu du ménage était inférieur à 40 000 $, ainsi que ceux résidant dans les Territoires du Nord-Ouest ou en milieu rural, étaient plus susceptibles d'avoir été recrutés par téléphone.
| Caractéristiques de base | Mode de recrutement | Valeur pFootnote a | |
|---|---|---|---|
| Courrier (%) | Téléphone (%) | ||
| Groupe d'âge (ans) | n = 16 256 | n = 5 114 | s.o. |
| 0 à 9 | 665 (4,1 %) | 242 (4,7 %) | 0,056 |
| 10 à 19 | 679 (4,2 %) | 300 (5,7 %) | < 0,001Footnote b |
| 20 à 64 | 8 813 (54,2 %) | 2 195 (42,9 %) | < 0,001Footnote b |
| 65 et plus | 6 099 (37,5 %) | 2 377 (46,4 %) | < 0,001Footnote b |
| Genre | 16 419 | 5 150 | s.o. |
| Masculin | 6 668 (40,6 %) | 2 042 (39,7 %) | 0,219 |
| Féminin | 9 664 (58,9 %) | 3 077 (59,7 %) | 0,257 |
| Transgenre ou autre genre | 87 (0,5 %) | 31 (0,6 %) | 0,554 |
| Langue | 16 583 | 5 191 | s.o. |
| Anglais | 13 661 (82,4 %) | 4 296 (83,2 %) | 0,151 |
| Français | 2 922 (17,6 %) | 861 (16,7 %) | 0,117 |
| Inuktitut | 0 (0 %) | 4 (0,08 %) | 0,045 |
| Ethnicité | 16 065 | 5 107 | s.o. |
| Noir | 197 (1,2 %) | 89 (1,7 %) | 0,011 |
| Est-Asiatique ou Sud-Est asiatique | 1 156 (7,2 %) | 145 (2,8 %) | < 0,001Footnote b |
| Autochtone | 188 (1,2 %) | 101 (2,0 %) | < 0,001Footnote b |
| Latino | 185 (1,2 %) | 40 (0,8 %) | 0,013 7 |
| Moyen-oriental | 237 (1,5 %) | 35 (0,7 %) | < 0,001Footnote b |
| Plus d'un groupe ethnique | 515 (3,2 %) | 276 (5,4 %) | < 0,001Footnote b |
| Sud-Asiatique | 341 (2,1 %) | 65 (1,3 %) | < 0,001Footnote b |
| Blanc | 13 070 (81,4 %) | 4 321 (84,6 %) | < 0,001Footnote b |
| Autre | 176 (1,1 %) | 35 (0,7 %) | 0,004 |
| Revenu | 14 524 | 4 589 | s.o. |
| Moins de 40 000 $ | 2 407 (16,6 %) | 997 (21,7 %) | < 0,001Footnote b |
| 40 000 $ ou plus, mais moins de 80 000 $ | 4 248 (29,2 %) | 1 303 (28,4 %) | 0,264 |
| 80 000 $ ou plus, mais moins de 120 000 $ | 3 592 (24,7 %) | 1 068 (23,3 %) | 0,043 |
| 120 000 $ ou plus | 4 277 (29,4 %) | 1 221 (26,6 %) | < 0,001Footnote b |
| Études | 14 662 | 4 437 | s.o. |
| Niveau inférieur au diplôme d'études secondaires ou à son équivalent | 514 (3,5 %) | 261 (5,9 %) | < 0,001Footnote b |
| Diplôme d'études secondaires ou équivalent | 2 361 (16,1 %) | 900 (20,3 %) | < 0,001Footnote b |
| Certificat ou diplôme d'apprentissage enregistré, ou certificat ou diplôme d'une école de métiers | 1 002 (6,8 %) | 308 (6,9 %) | 0,842 |
| Certificat ou diplôme d'un collège, d'un CÉGEP ou d'un autre établissement non universitaire | 3 308 (22,6 %) | 1 061 (23,9 %) | 0,062 |
| Certificat, diplôme ou grade universitaire | 7 477 (51,0 %) | 1 907 (43,0 %) | < 0,001Footnote b |
| Collectivité urbaine ou rurale | 16 130 | 5 105 | s.o. |
| Urbaine | 13 933 (86,4 %) | 4 013 (78,6 %) | < 0,001Footnote b |
| Rurale | 2 197 (13,6 %) | 1 092 (21,4 %) | < 0,001Footnote b |
| Provinces et territoires | 16 583 | 5 161 | s.o. |
| Alberta | 1 766 (10,6 %) | 539 (10,4 %) | 0,674 |
| Colombie-Britannique | 2 185 (13,2 %) | 639 (12,4 %) | 0,133 |
| Manitoba | 845 (5,1 %) | 269 (5,2 %) | 0,742 |
| Nouveau-Brunswick | 573 (3,5 %) | 174 (3,4 %) | 0,771 |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 438 (2,6 %) | 158 (3,1 %) | 0,120 |
| Nouvelle-Écosse | 709 (4,3 %) | 223 (4,3 %) | 0,888 |
| Territoires du Nord-Ouest | 200 (1,2 %) | 121 (2,3 %) | < 0,001Footnote b |
| Nunavut | 90 (0,5 %) | 35 (0,7 %) | 0,289 |
| Ontario | 4 985 (30,1 %) | 1 604 (31,1 %) | 0,167 |
| Île-du-Prince-Édouard | 408 (2,5 %) | 116 (2,2 %) | 0,373 |
| Québec | 3 155 (19,0 %) | 954 (18,5 %) | 0,383 |
| Saskatchewan | 830 (5,0 %) | 222 (4,3 %) | 0,033 |
| Yukon | 399 (2,4 %) | 107 (2,1 %) | 0,150 |
Les répondants pouvaient choisir leur mode de réponse préféré et répondre à l'enquête en ligne ou par téléphone, quel que soit leur mode de recrutement. Au total, 1 132 répondants ont changé de mode de réponse (tableau 2). Les caractéristiques démographiques des personnes recrutées par la poste, mais ayant choisi de répondre à l'enquête par téléphone ont été comparées à celles des personnes recrutées par la poste ayant répondu à l'enquête en ligne. De même, les caractéristiques démographiques des personnes recrutées par téléphone, mais ayant choisi de répondre à l'enquête en ligne ont été comparées à celles des personnes recrutées par téléphone ayant répondu à l'enquête par téléphone. Les personnes recrutées par la poste, mais ayant répondu à l'enquête par téléphone étaient significativement plus susceptibles d'être âgées de 65 ans ou plus. Elles étaient également significativement plus susceptibles d'être de sexe féminin, de résider au Nouveau-Brunswick, d'être blanches et d'avoir un diplôme d'études secondaires ou l'équivalent, ou un niveau de scolarité inférieur au diplôme d'études secondaires. Les répondants recrutés par la poste, mais ayant répondu à l'enquête par téléphone étaient significativement plus susceptibles d'être âgés de 65 ans ou plus.
| Mode de réponse à l'enquête | Mode de recrutement | ||
|---|---|---|---|
| Par la poste | Par téléphone | Total | |
| En ligne | 15 647 | 196 | 15 843 |
| Par téléphone | 936 | 4 965 | 5 901 |
| Total | 16 583 | 5 161 | 21 744 |
Discussion
L'Atlas alimentaire 2.0 a utilisé un plan d'échantillonnage à modes mixtes conçu pour recueillir des données actualisées sur l'exposition aux aliments, à l'eau et aux animaux auprès d'un échantillon représentatif de la population canadienne. En combinant le recrutement par la poste et par téléphone et en offrant aux participants la possibilité de répondre à l'enquête en ligne ou par téléphone, l'étude visait à accroître la participation et à rejoindre divers segments de la population. Cette approche est conforme aux pratiques exemplaires actuelles en méthodologie d'enquête et tient compte de la diminution de l'efficacité des enquêtes à mode unique Footnote 33Footnote 34.
Le recrutement par la poste a permis de recruter la majorité des participants (73 %), en particulier les adultes âgés de 20 à 64 ans, et s'est révélé un moyen rentable de joindre un grand nombre de ménages. La version de l'enquête dans laquelle les participants étaient recrutés par la poste et répondaient en ligne pouvait être remplie au moment qui leur convenait, ce qui la rendait plus accessible à un plus grand nombre de personnes. Toutefois, les invitations envoyées par la poste ne pouvaient pas être personnalisées, ce qui pouvait réduire le taux de réponse. De plus, les répondants étaient invités à sélectionner un membre du ménage selon un ordre fondé sur l'âge; toutefois, on ne sait pas dans quelle mesure cette consigne a été respectée. L'exhaustivité des données était plus faible pour les questionnaires remplis en ligne, puisque les répondants pouvaient laisser certaines questions sans réponse.
En revanche, le recrutement par téléphone s'est révélé plus efficace pour joindre les personnes âgées, qui sont parfois moins à l'aise avec les plateformes en ligne, ainsi que les personnes ayant un faible revenu ou un niveau de scolarité moins élevé Footnote 35Footnote 36Footnote 37Footnote 38. Ces différences dans la représentation des groupes démographiques selon le mode de recrutement soulignent l'importance de maintenir plusieurs modes de recrutement et de réponse afin de favoriser une participation inclusive. De plus, le fait d'offrir une version téléphonique de l'enquête a permis d'éliminer les obstacles techniques associés à la version en ligne, rendant ainsi l'enquête plus accessible à certains groupes de la population. La réalisation des entrevues par des intervieweurs formés a également contribué à assurer une administration uniforme de l'enquête et à réduire le nombre de questions laissées sans réponse. Toutefois, le recrutement et la réalisation des entrevues par téléphone exigeaient beaucoup de temps et de ressources, de nombreux appels étant nécessaires pour obtenir un seul questionnaire complété. En raison du temps requis pour réaliser l'entrevue téléphonique, un seul module de l'enquête a été administré par téléphone.
Bien que les répondants aient pu choisir leur mode de réponse préféré, les changements de mode de réponse sont demeurés peu fréquents. Une plus grande proportion des répondants recrutés par la poste a choisi de répondre à l'enquête par téléphone que des répondants recrutés par téléphone n'ont choisi d'y répondre en ligne. Les personnes ayant choisi de répondre à l'enquête par téléphone étaient plus souvent âgées de 65 ans ou plus ou présentaient un niveau de scolarité moins élevé Footnote 36Footnote 37Footnote 38Footnote 39. Cette possibilité de changer de mode de réponse met en évidence l'intérêt des approches de collecte de données à méthodes mixtes Footnote 33Footnote 34. Le fait d'offrir les deux modes de réponse a probablement contribué à augmenter le taux de réponse global à l'enquête, puisque les répondants ayant changé de mode entre le recrutement et la réponse au questionnaire ne l'auraient vraisemblablement pas rempli autrement. Une approche à méthodes mixtes permet d'obtenir un échantillon plus représentatif de la population canadienne, ce qui est particulièrement important pour une étude comme l'Atlas alimentaire, dont l'objectif est d'être représentative à l'échelle nationale.
Limites
Malgré la grande taille de l'échantillon et la portée nationale de l'étude, certaines limites doivent être prises en considération. Les taux de réponse étaient faibles, s'établissant à environ 8 % pour les répondants recrutés par la poste ayant répondu en ligne et à 3 % pour les répondants recrutés et ayant répondu par téléphone. Bien que ces taux de réponse soient comparables au taux de réponse observé lors de la première édition de l'Atlas alimentaire (2,7 %), ils soulèvent des préoccupations quant au biais de non-réponse Footnote 40. Les personnes ayant choisi de ne pas participer à l'étude peuvent présenter des profils d'exposition systématiquement différents de ceux des participants, ce qui pourrait limiter la généralisabilité des résultats. La comparaison avec les données du recensement a montré que certains groupes démographiques, notamment les personnes âgées, les personnes blanches, les personnes titulaires d'un diplôme universitaire et les personnes vivant dans des ménages à revenu élevé, étaient surreprésentés dans l'échantillon. Bien que des ajustements de pondération aient été appliqués pour corriger ces déséquilibres, un biais résiduel pourrait subsister. Les populations exclues, notamment les personnes sans domicile fixe, celles n'ayant pas accès à un téléphone et celles ne maîtrisant ni l'anglais, ni le français, ni l'inuktitut, peuvent également avoir influé sur la représentativité nationale. De plus, malgré les méthodes de sélection mises en œuvre pour accroître la participation des jeunes, ceux-ci sont demeurés sous-représentés par rapport à la population canadienne.
Enfin, l'approche à méthodes mixtes peut avoir introduit des différences dans la manière dont les questions étaient interprétées ou dont les réponses étaient fournies. Par exemple, les répondants ayant rempli le questionnaire en ligne pouvaient faire une pause et vérifier leurs réponses, tandis que les répondants ayant participé à une entrevue téléphonique devaient se fier uniquement à leur mémoire. À l'inverse, les entrevues téléphoniques menées par un intervieweur permettaient de clarifier les questions ambiguës et d'encourager les répondants à terminer l'enquête, ce qui pouvait réduire la non-réponse à certaines questions.
Le recrutement au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest s'est révélé difficile. Compte tenu de la faible taille de la population de ces deux territoires, les possibilités d'échantillonnage supplémentaire et les activités de recrutement additionnelles étaient limitées. Le plan d'échantillonnage devait également tenir compte des limites imposées au nombre de personnes pouvant être recrutées chaque semaine, afin de répartir la collecte des données sur l'ensemble de l'année. Ces populations font également souvent l'objet d'un suréchantillonnage dans les enquêtes, ce qui peut entraîner une lassitude à l'égard des enquêtes. Les entrevues en personne et la mobilisation communautaire sont des approches recommandées pour le recrutement dans ces régions; toutefois, elles n'étaient pas réalisables dans le cadre de cette étude en raison de sa portée nationale Footnote 41Footnote 42.
Malgré ces défis, l'Atlas alimentaire 2.0 constitue une avancée importante pour la surveillance de la santé des populations à grande échelle. Il fournit des données opportunes, détaillées et représentatives à l'échelle géographique sur les expositions pertinentes aux maladies entériques au Canada. Ces données constitueront une source de référence essentielle pour les enquêtes sur les éclosions, les évaluations des risques et la recherche en santé publique. La souplesse et l'évolutivité du plan d'enquête offrent un cadre prometteur pour les futures initiatives nationales de surveillance en santé publique.
Les prochaines éditions de l'Atlas alimentaire devraient viser à améliorer la représentation des populations sous-représentées, notamment les communautés autochtones, les nouveaux arrivants et les personnes ayant un accès limité aux moyens de communication traditionnels. Une plus grande personnalisation des documents de recrutement, l'élargissement de l'offre linguistique et une collaboration accrue avec les organisations communautaires pourraient contribuer à combler ces lacunes. Il sera également important d'accroître les taux de réponse au moyen de stratégies de suivi ciblées et d'innover continuellement dans les méthodes de collecte des données.
Conclusion
L'Atlas alimentaire 2.0 a permis de recueillir avec succès des données actualisées sur l'exposition de la population canadienne aux aliments, à l'eau et aux animaux. Cette étude démontre l'importance d'une approche de collecte de données à méthodes mixtes et souple pour la surveillance en santé publique, particulièrement dans un contexte d'évolution des modes de communication et de diversification de la population. Malgré certaines limites liées à la couverture et à la représentativité, l'enquête fournit une base de référence essentielle pour orienter les activités de prévention et d'intervention visant les maladies entériques au Canada.
Déclaration des auteurs
M. T. — Curation de données, rédaction de la version originale, rédaction−révision et édition
M. R. — Curation de données, rédaction de la version originale
M. K. T. — Rédaction−révision et édition
A. N. — Rédaction−révision et édition
V. M. — Conceptualisation, curation de données, rédaction−révision et édition
Intérêts concurrents
Les auteurs n'ont aucun conflit d'intérêts à déclarer.
Identifiants ORCID
Megan Tooby — 0000-0001-6154-7155
M. Kate Thomas — 0000-0002-3855-0433
Andréa Nesbitt — 0000-0002-4629-8856
Vanessa Morton — 0000-0002-4471-1985
Remerciements
Les auteurs tiennent à remercier les répondants à l'enquête, dont la participation a rendu possible la collecte des données utilisées dans le présent rapport.
Financement
Ce travail a été soutenu par l'Agence de la santé publique du Canada.

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