Progrès réalisés par le Canada dans la mise en œuvre des mesures de confinement du poliovirus

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Numéro : RMTC : Volume 52-9, septembre 2026 : Infections d’origine alimentaire
Date de publication : septembre 2026
ISSN : 1719-3109
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Volume 52-9, septembre 2026 : Infections d’origine alimentaire
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Progrès réalisés par le Canada dans la mise en œuvre des mesures de confinement du poliovirus
Dobryan Tracz1, Lise Murphy1, Denis Laframboise1, David Barnes1, Cynthia Rosso1, Andréanne Bonhomme1
Affiliation
1 Centre de la biosûreté, Agence de la santé publique du Canada, Ottawa, ON
Correspondance
Citation proposée
Tracz D, Murphy L, Laframboise D, Barnes D, Rosso C, Bonhomme A. Progrès réalisés par le Canada dans la mise en œuvre des mesures de confinement du poliovirus. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2026;52(9):388–96. https://doi.org/10.14745/ccdr.v52i09a04f
Mots-clés : poliovirus, confinement, poliomyélite, éradication, sécurité sanitaire, Canada, Plan d'action mondial, Organisation mondiale de la Santé, Loi sur les agents pathogènes humains et les toxines, réglementation
Résumé
Contexte : L'objectif de la Campagne mondiale pour l'éradication de la poliomyélite est d'éliminer les derniers poliovirus en circulation au sein de la population. Une fois la poliomyélite éradiquée, les taux de vaccination contre cette maladie devraient baisser et les laboratoires constitueront la seule source de poliovirus, ce qui présente un risque de réintroduction du virus au sein des populations humaines sensibles.
Objectif : Élaborer et mettre en œuvre au Canada un programme solide de confinement et de surveillance du poliovirus afin de soutenir les efforts mondiaux d'éradication de la poliomyélite.
Méthodes : Le Centre de la biosûreté de l'Agence de la santé publique du Canada (CB-ASPC) a mis en place l'Autorité nationale de confinement (ANC Canada) afin de superviser la mise en œuvre du Plan d'action mondial (Global Action Plan ou GAP) de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour le confinement du poliovirus. Les installations ayant adhéré au programme de certification de confinement du GAP ont été désignées comme installations essentielles à la lutte contre la polio. Dans le but de réduire les stocks de matières contenant le poliovirus au Canada et d'assurer le confinement des stocks existants, l'ANC Canada a établi des inventaires, procédé à l'audit et à la certification des installations essentielles à la lutte contre la polio, offert une formation sur le GAP et qualifié des vérificateurs, et mené des actions de sensibilisation auprès des intervenants.
Résultats : Le Canada a été l'un des premiers pays à avoir des vérificateurs qualifiés du GAP dans le cadre du programme de certification de confinement et a été le premier pays au monde à passer à la deuxième phase du confinement du poliovirus, lorsqu'une installation essentielle à la lutte contre la polio s'est vu décerner le premier certificat de confinement provisoire (CCP). L'inventaire national canadien des poliovirus, géré par l'ANC Canada, s'est appuyé sur le portail de biosécurité du CB-ASPC et sur des actions de sensibilisation auprès des intervenants (notamment des enquêtes, un site Web, des bulletins d'information et des webinaires) pour recenser les sources de poliovirus et de matières potentiellement infectieuses. Entre 2018 et 2024, le nombre d'installations au Canada stockant le poliovirus de type sauvage et le poliovirus de type Sabin a diminué respectivement de 82 % et de 89 %. En 2022, un exercice d'urgence impliquant plusieurs administrations a été organisé afin d'évaluer les mécanismes d'intervention coordonnée en cas de dissémination simulée du poliovirus depuis un laboratoire. Au Canada, la classification des poliovirus humains dans le groupe de risque a été relevée au niveau groupe de risque 3 (GR3) en 2023, afin de mieux s'aligner sur les exigences de confinement du GAP de l'OMS.
Conclusion : L'ANC du Canada collabore avec les intervenants nationaux et ses partenaires internationaux en vue d'éradiquer le poliovirus. Les mesures de confinement et de surveillance visant à réduire la présence du poliovirus dans les stocks et à vérifier que les installations canadiennes essentielles à la lutte contre la polio respectent à la fois les exigences législatives fédérales et les principes de gestion des risques biologiques prévus par le GAP essentiels à la sécurité sanitaire, tant dans le contexte actuel que dans celui qui suivra l'éradication de la poliomyélite. Les activités de l'ANC au Canada continueront à viser la réduction des risques liés au poliovirus afin de préserver la santé et la sécurité des Canadiens.
Introduction
La campagne internationale pour l'éradication de la poliomyélite a enregistré des progrès importants depuis le lancement de l'Initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite (IMEP) en 1988 Footnote 1. Depuis, le nombre de cas de poliomyélite a diminué de 99,9 % et deux des trois types de poliovirus sauvages (les types 2 et 3; PVS2 et PVS3) ont été éradiqués de la circulation au sein des populations humaines Footnote 2Footnote 3. Ces succès s'accompagnent toutefois de nouveaux défis, car le poliovirus sauvage de type 1 (PVS1) persiste dans deux pays endémiques (l'Afghanistan et le Pakistan) et des poliovirus circulant(s) dérivé(s) de/d'une souche(s) vaccinale(s) (PVDVc) peuvent apparaître à la suite de l'utilisation du vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) chez des populations sous-vaccinées Footnote 2. Une fois que la circulation du PVS1 aura été empêchée et que l'utilisation du VPO aura été abandonnée, les taux de vaccination contre la poliomyélite devraient baisser et la seule source de poliovirus humains se trouvera dans les laboratoires, sous forme d'échantillons et de collections de cultures Footnote 4. Le Canada, tout comme les États membres de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), a reconnu l'importance de réduire au minimum le risque de minimiser le risque de fuite de poliovirus associé aux installations dans les populations humaines sensibles dans un monde post-éradication.
En vertu de la résolution 71.16 de l'Assemblée mondiale de la Santé, le Canada s'est engagé au confinement des poliovirus Footnote 5. L'OMS a fixé à 2026 la date butoir à laquelle tous les poliovirus et toutes les matières dérivées du poliovirus devront être soumis aux exigences de confinement définies dans le GAP pour le confinement du poliovirus IV (GAPIV) Footnote 4. Le GAPIV définit des mesures strictes de gestion des risques biologiques visant à confiner les poliovirus au sein des installations essentielles à la lutte contre la polio (IELP), qui sont désignées par l'Autorité nationale de confinement (ANC Canada) sur la base que ces installations remplissent une fonction cruciale, au niveau national ou international, dans les domaines de la production de vaccins, de la recherche ou du diagnostic en santé publique. Le GAPIV prévoit le confinement de toutes les matières contenant le poliovirus selon une norme commune en matière de risques biologiques, en remplacement de l'ancien Plan d'action mondial III (GAPIII), qui mettait l'accent sur le confinement immédiat des matières contenant le PVS2 Footnote 6. Les IELP obtiennent leur certification à l'issue d'un processus rigoureux, Dispositif de certification du confinement (DCC) en vue de la certification des établissements conformément au Plan d'action mondial de l'OMS, qui définit les rôles et responsabilités, ainsi que les exigences en matière de surveillance et d'audit pour le stockage et la manipulation des poliovirus Footnote 7. Il est essentiel d'assurer un suivi continu de la conformité des installations canadiennes au GAP, car des fuites accidentelles de poliovirus se sont produites chez des fabricants de vaccins, notamment aux Pays-Bas (2017 et 2022), en Belgique (2014) et en France (2018 et 2024) Footnote 8Footnote 9Footnote 10Footnote 11Footnote 12. IL'importation du poliovirus en provenance de pays endémiques a entraîné des éclosions dans d'autres régions sanitaires mondiales, notamment dans la Région africaine de l'OMS (Malawi et Mozambique) Footnote 13, et le Canada reste exposé au risque d'importation du poliovirus lié aux voyages Footnote 14. En 2022, la propagation du poliovirus liée aux voyages internationaux a été détectée grâce à la surveillance génomique des eaux usées; cependant, aucun cas de poliomyélite n'a été identifié au Canada Footnote 15Footnote 16. Parallèlement, la mise au point continue de souches de poliovirus atténuées génétiquement modifiées (par exemple, le VPO et la souche S19) Footnote 17Footnote 18 souligne la nécessité d'une surveillance sanitaire continue et d'un confinement rigoureux des matières contenant le poliovirus au Canada.
Le Centre de la biosûreté de l'Agence de la santé publique du Canada (CB-ASPC), qui agit en tant qu' ANC pour le Canada, s'efforce de réduire le nombre d'installations stockant des poliovirus au Canada et de veiller à ce que seules les installations certifiées conservent des matières contenant des poliovirus conformément aux exigences de confinement du GAP Footnote 4Footnote 6. Cet article présente les progrès réalisés par le Canada dans la mise en œuvre des mesures de confinement du poliovirus, dans le but de parvenir à un monde exempt de poliomyélite et de préserver la santé et la sécurité des Canadiens.
Intervention
Création de l'Autorité nationale de confinement du poliovirus (Centre de la biosûreté de l'Agence de la santé publique du Canada)
En 2015, l'ANC Canada a été créé au sein du CB-ASPC afin d'assurer la supervision du confinement du poliovirus au Canada et de coordonner la certification GAP avec le groupe de travail sur le confinement du poliovirus de la Commission mondiale de certification de l'OMS. Le CB-ASPC a pour mission de protéger la santé et la sécurité des Canadiens contre les risques posés par les agents pathogènes humains et les toxines, en assurant l'application de la Loi sur les agents pathogènes humains et les toxines (LAPHT) Footnote 19 et du Règlement sur les agents pathogènes humains et les toxines (RAPHT) Footnote 20. Le directeur du Bureau des opérations de biosécurité et de bioconfinement du CB-ASPC occupe les fonctions de coordinateur national du confinement du poliovirus et assure la coordination avec l'OMS et les ANC internationales sur les questions liées au confinement. Six membres de l'ANC Canada sont des employés du CB-ASPC, dont les fonctions principales consistent à assurer la mise en œuvre de la LAPHT dans le cadre du programme national d'inspection de la biosécurité et du bioconfinement au Canada.
Processus du programme de certification de confinement : inventaire national des poliovirus, audits du Plan d'action mondial et plan de certification
En tant qu'autorité nationale de réglementation, les inspecteurs du CB-ASPC vérifient la conformité à la LAPHT, du RAPHT et de la Norme canadienne sur la biosécurité, 3e édition Footnote 21 dans les installations canadiennes menant des activités contrôlées impliquant des agents pathogènes humains et des toxines. Dans le cadre du processus d'inspection et d'octroi de permis, le CB-ASPC tient à jour des registres sur les stocks connus de poliovirus au Canada. Une première enquête a permis de recueillir des informations sur les poliovirus dans le cadre du processus d'enregistrement auprès de la LAPHT et des démarches relatives aux autorisations d'importation (2009–2015), suivie par d'autres enquêtes menées au cours du processus de demande auprès de la LAPHT (2016). Une campagne de sensibilisation supplémentaire a été menée auprès des installations non réglementées par la LAPHT (2016–2022) afin de recenser d'autres sites susceptibles d'abriter des poliovirus et des matières potentiellement infectieuses, tels que les départements d'anthropologie, les stations d'épuration et les laboratoires pharmaceutiques.
Les installations ont été encouragées à détruire les stocks existants de poliovirus, à transférer ces stocks vers des installations agréées ou à entamer les démarches nécessaires pour obtenir la certification d'IELP (figure 1). Les installations qui ont choisi de conserver des matières et qui ont été jugées par l'ANC Canada comme remplissant une fonction cruciale (p. ex., les laboratoires de santé publique ou de recherche, les fabricants de vaccins) ont été approuvées par l'ANC et ont été désignées comme IELP afin de participer au processus du DCC. L'ANC Canada a mené une première évaluation des lacunes (2018–2019) concernant ces IELP désignées, comprenant notamment des entrevues approfondies sur place, des examens de documents et des vérifications physiques des installations. Des demandes de certificat de participation ont été déposées auprès du groupe de travail sur le confinement de la Commission mondiale de certification de l'OMS en 2019 et ont été approuvées en 2020. Les IELP canadiennes ont fait l'objet d'audits complets conformément à la troisième édition du GAP (GAPIII) en 2021. Les auditeurs de l'ANC se sont notamment penchés sur des aspects tels que les systèmes de gestion de la sécurité, la gestion des risques biologiques, la recherche, les diagnostics, les environnements de production, les principes et concepts d'ingénierie, la préparation aux situations d'urgence et la sécurité. Les auditeurs de l'ANC Canada ont établi des mesures correctives que les IELP désignées devaient mettre en œuvre avant de pouvoir se conformer pleinement au GAPIII. Après avoir vérifié que les lacunes soulevées avaient été corrigées, l'ANC Canada et les IELP ont préparé les dossiers de demande de certificat de confinement provisoire et les ont soumis au groupe de travail sur le confinement de la Commission mondiale de certification de l'OMS en 2022–2023.
Figure 1 - Équivalent textuel
Cette figure présente la procédure officielle qu'une installation canadienne doit suivre pour obtenir la certification de confinement total du poliovirus ou pour éliminer les matières contenant le poliovirus (PVS, VPO et PVDVc). Les installations canadiennes qui s'engagent dans le processus du programme de certification de confinement du poliovirus devront obtenir un permis du groupe de risque 3 en vertu de la Loi sur les agents pathogènes humains et les toxines. Dans le cadre du processus officiel de certification nécessaire à la conservation ou à l'acquisition de matières contenant le poliovirus, l'ANC Canada procède à une première évaluation des lacunes par rapport aux exigences du Plan d'action mondial (GAP) de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), notamment en ce qui concerne l'inventaire et la formation du personnel. Une fois que l'ANC Canada a désigné l'installation comme IELP, des audits du GAP officiels sont menés et une demande de certificat de confinement est soumise à l'OMS.
Si une installation ne souhaite plus conserver de matières contenant le poliovirus, elle doit suivre la procédure d'élimination. Ce processus consiste à transférer les matières vers une IELP certifiée, à les détruire ou à les inactiver à l'aide de méthodes d'élimination approuvées. Un formulaire d'élimination est transmis à l'ANC Canada (CB-ASPC) afin de consigner ce processus et de confirmer que l'installation ne manipule plus ni ne stocke de poliovirus.
Résultats
Autorité nationale de confinement Canada et stock national de poliovirus
La création de l'ANC Canada dans le cadre du CB-ASPC a constitué une étape décisive pour faire progresser rapidement le confinement du poliovirus au Canada, car le cadre réglementaire applicable aux laboratoires était déjà en place. En vertu de la LAPHT, le Canada dispose d'un cadre juridique lui permettant d'exiger le confinement des poliovirus classés depuis novembre 2023 parmi les agents pathogènes du groupe de risque 3 (GR3) (voir ci-dessous, dans la section « Sensibilisation et communication »). Les activités menées au Canada en matière de poliovirus (tableau 1) comprennent des initiatives menées par l'ASPC visant à accélérer la mise en œuvre complète des exigences de confinement prévues par le GAP, à dresser des inventaires complets des poliovirus, à détruire les matières inutiles et à poursuivre la réduction du nombre d'installations entreposant des poliovirus. La classification GR3 du Canada et les exigences de la Norme canadienne sur la biosécurité, 3e édition, s'alignent aux éléments de gestion des risques biologiques du GAPIV de l'OMS pour le confinement du poliovirus Footnote 4. L'inventaire national des poliovirus est mis à jour à partir des informations saisies par les parties réglementées sur le portail sécurisé de biosécurité du CB-ASPC, lors de la soumission des demandes de permis en vertu de la LAPHT. Entre 2015 et 2023, on a constaté une baisse de 82 % du nombre d'installations canadiennes détenant des échantillons de poliovirus de type sauvage et une baisse de 89 % du nombre d'installations détenant des échantillons de VPO de type Sabin. À l'origine, à partir de 2015, les exigences de confinement du GAPIII concernaient principalement les matières infectieuses liées au poliovirus de type 2 (PVS2, PVDVc2, vaccin antipoliomyélitique oral de type 2 [VPO2]); les matières de type 3 sont soumises à ces exigences depuis 2019. Le Canada a fait preuve d'initiative dans l'élaboration de cet inventaire, en recensant l'ensemble des échantillons de poliovirus grâce à des enquêtes et à des actions de sensibilisation, avant même que l'OMS n'impose des exigences spécifiques à chaque type de virus. Chaque année, environ 350 demandes sont reçues au Canada pour de nouveaux permis, des renouvellements et des modifications. Aucune nouvelle installation n'a prévu de s'engager dans le processus de DCC du poliovirus depuis la mise en place du système de permis en vertu de la LAPHT en 2016.
| Activité | Description | Statut |
|---|---|---|
| Création d'une autorité nationale de confinement du poliovirus | Créée au sein du CB-ASPC dans le cadre des engagements du Canada en faveur de l'éradication de la poliomyélite et de la résolution 71.16 de l'Assemblée mondiale de la Santé | Achevée; 2015 |
| Approbation d'auditeurs qualifiés du GAP | Achevée; formation en cours | |
| Certification des installations essentielles à la lutte contre la polio au Canada | Audit des installations de stockage des poliovirus en vertu des exigences du GAP | Certificats de confinement provisoires délivrés dans le cadre du GAPIII; audits prévus pour le GAPIV |
| Audits périodiques; suivi et rapports | En cours | |
| Inventaire national des poliovirus | Création d'un inventaire national de tous les poliovirus et de toutes les matières liées au poliovirus (nVPO, S19, matières potentiellement infectieuses) | Achevée, enquêtes et actions de sensibilisation 2017–2022 |
| Suivi par le portail de biosécurité et les formulaires d'élimination | En cours | |
| Classification par groupe de risque et par niveau de confinement | Examen des GR et des NC relatifs aux poliovirus et évaluations des risques | Passage au niveau GR3/NC3 en novembre 2023 |
| Partenariats internationaux et rapports | Rapport annuel à l'OMS et à l'OPS sur le confinement du poliovirus dans le cadre de la campagne mondiale pour l'éradication de la poliomyélite | En cours |
| Réunions internationales des ANC visant à partager les meilleures pratiques et la mise en œuvre des exigences de confinement du GAP | En cours | |
| Exercices de préparation aux situations d'urgence | Organiser une simulation d'éclosion de poliomyélite. Exercice visant à tester la réponse multi-juridictionnelle face à un incident accidentel de confinement du poliovirus; cet exercice a mobilisé plus de 40 participants issus des niveaux fédéral, provincial et municipal | Achevée; novembre 2022 |
| Communication avec les organismes de réglementation et le public canadien | Publier dans le bulletin du CB-ASPC Nouvelles sur la biosécurité et la biosûreté des agents pathogènes et des toxines | Achevée en juillet 2021 et février 2022; en cours |
| Webinaire du CB-ASPC | Planification en cours | |
| Création d'un site Web pour l'ANC | Achevée | |
Les souches de poliovirus atténuées qui ne sont pas soumises aux exigences de confinement du GAP de l'OMS (nouveau vaccin antipoliomyélitique oral [nVPO], souches S19, chimère poliovirus-rhinovirus [PVSRIPO]) restent soumises à la réglementation du CB-ASPC en vertu de la LAPHT et de la Norme canadienne sur la biosécurité, 3e édition, et font l'objet d'un suivi dans le cadre de l'inventaire national canadien des poliovirus. En particulier, les souches vaccinales nVPO, qui ont été modifiées pour être plus stables sur le plan génétique et moins susceptibles de régresser en poliovirus PVDVc de type sauvage, ont continué à provoquer des éclosions de poliomyélite Footnote 22 et nécessitent une surveillance et une vérification continues de la conformité au sein des laboratoires par le CB-ASPC. Par ailleurs, les matières potentiellement infectieuses peuvent constituer une source de poliovirus, et l'OMS a publié des lignes directrices visant à réduire le risque connexe Footnote 23. Les matières potentiellement infectieuses comprennent les échantillons fécaux ou respiratoires humains, les échantillons d'eaux usées ou leurs dérivés, qui ont été prélevés à une période et dans un lieu où le poliovirus était en circulation (y compris lors de l'utilisation des VPO Sabin). Les poliovirus présents dans des échantillons cliniques ou environnementaux peuvent survivre indéfiniment dans les congélateurs de laboratoire, ou pendant plusieurs mois lorsqu'ils sont conservés au réfrigérateur Footnote 24. Dans le cadre de l'enquête menée par le CB-ASPC et l'ANC sur les matières potentiellement infectieuses, 1 060 organisations ont été contactées sur une période de cinq ans. Cette campagne de sensibilisation a permis d'établir qu'aucune autre installation ne détenait de matières potentiellement infectieuses de poliovirus ou n'avait détruit de matières potentiellement contaminées.
Résultats des audits des installations essentielles pour la lutte contre la polio et du programme de certification de confinement
Le Canada a été l'un des premiers pays au monde à certifier des auditeurs et à réaliser en 2021 des audits conformément à l'édition de 2015 du GAPIII Footnote 6. Tous les auditeurs canadiens du GAP sont membres de l'ANC Canada; ce sont des experts en microbiologie, en biosécurité et en ingénierie, qui ont été sélectionnés sur la base de leur formation approfondie, de leur expérience et de leur habilitation de sécurité. En 2024, les quatre auditeurs certifiés du GAP de l'ANC Canada totalisent plus de 278 jours d'expérience collective en audit de laboratoires, auxquels s'ajoute une formation spécifique à la gestion des risques biologiques et à l'audit du GAP des IELP. Pour les installations ayant indiqué leur intention de poursuivre leurs activités liées aux poliovirus après l'éradication, des évaluations des lacunes ont été menées et des axes d'amélioration ont été établis avant la planification des audits complets de certification GAPIII. Deux installations ont franchi l'étape de la demande de certificat de participation au DCC, tandis que d'autres ont fait part de leur intention d'éliminer des matières contenant le poliovirus. À l'époque (2021), les installations faisaient l'objet d'audits selon les critères du GAPIII Footnote 6, mais l'ANC Canada prévoit de mener de nouveaux audits afin de vérifier la conformité à la norme internationale GAPIV révisée Footnote 4 avant la phase finale de certification de confinement du DCC. De manière générale, les audits n'ont révélé que des non-conformités mineures en matière de formation, de documentation et de processus généraux, qui ont été remédié par des mesures correctives.
À l'issue de ce processus d'audit et de demande dans le cadre du GAPIII, le Canada a été le premier pays à passer à la deuxième étape de confinement du poliovirus, lorsqu'une IELP s'est vu décerner un certificat de confinement provisoire en octobre 2022 Footnote 25Footnote 26. Cette étape décisive illustre les progrès considérables accomplis par le Canada dans le confinement du poliovirus, alors que l'OMS a constaté des retards dans d'autres pays concernant la mise en place d'ANC et la constitution de stocks de poliovirus Footnote 27Footnote 28. Au moment de la rédaction du présent manuscrit, le CB-ASPC et l'ANC Canada lançaient le processus d'audit du GAPIV au Canada.
Sensibilisation et communication
Passage du Canada au groupe de risque 3 et au niveau de confinement 3 pour les poliovirus humains
Après avoir réexaminé et mis à jour l'évaluation des risques liés aux agents pathogènes concernant les poliovirus humains, le CB-ASPC a recommandé de relever la classification GR à GR3 et la classification du niveau de confinement (NC) à NC3. Cette recommandation a été examinée par le comité consultatif de la LAPHT Footnote 29 et approuvée en 2023. Les parties réglementées par la LAPHT ont été informées de ce changement en octobre 2023 et se sont vu proposer trois options si elles exerçaient des activités réglementées impliquant des poliovirus : 1) transférer les matières à une IELP certifiée; 2) détruire les matières selon des méthodes approuvées; et 3) demander un permis du GR3 en vertu de la LAPHT et entamer la procédure de DCC pour devenir une IELP. Les actions de sensibilisation menées à la suite du reclassement GR3/NC3 ont permis de réduire le nombre d'installations conservant des poliovirus, ainsi que de recenser d'autres matières qui ont été détruites conformément aux protocoles approuvés.
Actions de sensibilisation et rapports supplémentaires
Outre ses activités d'enquête, le CB-ASPC communique avec les entités réglementées par la LAPHT au Canada au sujet des mesures de confinement du poliovirus par le biais d'un site Web Footnote 30, d'un bulletin d'information trimestriel Footnote 24, de webinaires et de formations. L'ANC Canada collabore avec ses partenaires internationaux pour échanger sur les meilleures pratiques en matière d'audits d'installations, notamment en assumant la présidence du groupe des ANC internationales en 2023–2024. Chaque année, les États membres de l'OMS rendent compte de leurs progrès vers la réalisation des objectifs d'éradication de la poliomyélite par l'intermédiaire de leur bureau régional respectif de l'OMS. Le rapport du Canada est élaboré grâce à un effort collectif de plusieurs services relevant du ministère de la Santé et est transmis à l'Organisation panaméricaine de la Santé. Le CB-ASPC est chargé de la section consacrée au confinement du poliovirus et rend compte des stocks. Par ailleurs, l'ANC Canada contribue à l'élaboration de documents et d'initiatives internationaux, notamment dans le cadre de l'Assemblée mondiale de la Santé, en examinant les résolutions et les processus liés au confinement du poliovirus (tels que la révision du GAP). Au niveau national, le CB-ASPC a également collaboré avec Santé Canada afin de retirer les poliovirus de la liste des organismes de substitution prescrits pour tester l'efficacité des désinfectants chimiques Footnote 31.
Exercice de simulation d'une éclosion de poliomyélite
Bien que le Canada soit classé parmi les pays à faible risque de poliomyélite selon l'Organisation panaméricaine de la Santé Footnote 32, la planification et la vigilance sont essentielles pour se préparer à d'éventuels cas de poliomyélite. En 2022, l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a organisé un exercice de simulation d'éclosion de poliomyélite, basé sur un scénario fictif de fuite accidentelle de poliovirus hors d'un laboratoire. Plus de 40 participants à l'exercice, issus de plusieurs administrations canadiennes, ont discuté de la coordination, des rôles en matière d'intervention, de la gouvernance et des structures opérationnelles qui seraient mises en œuvre en cas d'incident accidentel lié au poliovirus. Dans le cadre de cet exercice de table, les participants ont passé en revue le protocole national canadien d'intervention en cas de poliomyélite, intitulé Lignes directrices relatives à l'intervention et à la gestion d'un événement ou d'une éclosion de poliovirus au Canada Footnote 33, le Plan d'intervention fédéral-provincial-territorial en matière de santé publique dans les cas d'incidents biologiques Footnote 34 ainsi que le document de l'OMS intitulé Gestion en santé publique de l'exposition à des poliovirus vivants associée aux établissements Footnote 35. L'accent a été mis sur la détection rapide, la notification et les enquêtes menées afin de favoriser la mise en œuvre en temps opportun de mesures de santé publique, de limiter la propagation potentielle et de promouvoir le partage des connaissances entre les partenaires canadiens.
Conclusion
Le Canada est un chef de file mondial en matière de biosécurité et de biosûreté, comme le reconnaît le rapport conjoint d’évaluation externe de 2018 sur le Règlement sanitaire international Footnote 36Footnote 37. Le pays a franchi des étapes importantes dans le confinement du poliovirus dans le cadre de la campagne mondiale d'éradication de la poliomyélite. Entre 2017 et 2024, grâce à diverses actions (sensibilisation, formation, éducation et contrôle réglementaire), le Canada a réduit le nombre d'installations détenant des matières contenant le poliovirus d'environ 80 % à 90 %, selon le type de matière concerné. Malgré les difficultés, les travaux se poursuivent pour déterminer les sources potentielles de poliovirus, promouvoir les mesures de confinement et la gestion des risques biologiques, contrôler la conformité des installations au GAP et à la législation nationale, et collaborer avec nos partenaires internationaux. La circulation persistante du PVS1 et des PVDVc au sein des populations humaines fait peser la menace d'une réapparition de la poliomyélite, à moins que l'éradication totale de cette maladie ne soit réalisée. L'utilisation de poliovirus dans la production de vaccins, ainsi que le développement de nouvelles souches de poliovirus (nVPO, souches S19, PVSRIPO), exige une vigilance constante de la part des inspecteurs du CB-ASPC afin de vérifier que toutes les installations canadiennes restent conformes à la LAPHT. Tant dans le contexte actuel que dans celui de post-éradication, le confinement est essentiel pour réduire le risque d'une réintroduction accidentelle des poliovirus au sein de la population humaine. Les organisations canadiennes sont invitées à contacter le CB-ASPC pour toute question concernant les matières potentiellement infectieuses du poliovirus ou tout autre sujet lié à la biosécurité ou à la biosûreté. Cet article présente en détail les progrès considérables et les succès remportés par le Canada en matière de confinement du poliovirus. Le CB-ASPC et l'ANC Canada prévoient poursuivre leur collaboration avec les partenaires nationaux et internationaux dans les domaines de la biosécurité et de la biosûreté afin de préserver la santé et la sécurité des Canadiens.
Déclaration des auteurs
D. T. — Conceptualisation, analyse formelle, visualisation, rédaction de la version originale, rédaction–révision et édition
L. M. — Rédaction–révision et édition, recherche, analyse formelle, supervision
D. L. — Rédaction–révision et édition, recherche, analyse formelle
D. B. — Rédaction–révision et édition, recherche, analyse formelle
C. R. — Rédaction–révision et édition, recherche
A. B. — Rédaction–révision et édition, recherche, administration du projet
Intérêts concurrents
Aucun.
Identifiants ORCID
Aucun.
Remerciements
Les auteurs remercient l'ensemble du personnel de l'Agence de la santé publique du Canada, notamment le Centre de la biosûreté, ainsi que leurs collègues de la Direction générale de la réglementation, des opérations et de la gestion des urgences, de la Direction générale des programmes sur les maladies infectieuses et de la vaccination, et de la Direction générale du Laboratoire national de microbiologie. Les auteurs remercient les entités soumises à la réglementation canadienne ainsi que toutes les installations qui ont collaboré à la mise en œuvre des mesures de confinement du poliovirus au Canada.
Financement
Ce travail a été soutenu par l'Agence de la santé publique du Canada.

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