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Évaluation économique de la surveillance des eaux usées en Ontario, au Canada, en utilisant la COVID-19 comme étude de cas

RMTC

Volume 52-6, juin 2026 : Calendrier optimal des programmes de vaccination saisonnière

Étude de modélisation

Évaluation économique de la surveillance des eaux usées en Ontario, au Canada, en utilisant la COVID-19 comme étude de cas

Yeva Sahakyan1, David Champredon2, Prakathesh Rabeenthira2,3, Alex Rodriguez Barizonte4, Manon Fleury2, Beate Sander1,5,6,7

Affiliations

1 Health Systems and Policy Research Collaborative Centre, Réseau Universitaire de la Santé, Toronto, ON

2 Laboratoire national de microbiologie, Agence de la santé publique du Canada, Guelph, ON

3 VHA Home HealthCare, Toronto, ON

4 Faculté des arts et des sciences, Université de Toronto, Toronto, ON

5 Santé publique Ontario, Toronto, ON

6 Institute for Health Policy, Management and Evaluation, Université de Toronto, Toronto, ON

7 ICES, Toronto, ON

Correspondance

beate.sander@uhn.ca

Citation proposée

Sahakyan Y, Champredon D, Rabeenthira P, Barizonte AR, Fleury M, Sander B. Évaluation économique de la surveillance des eaux usées en Ontario, au Canada, en utilisant la COVID-19 comme étude de cas. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2026;52(6):271–81. https://doi.org/10.14745/ccdr.v52i06a04f

Mots-clés : évaluation économique, coût-utilité, modèle épidémique, SRAS-CoV-2, COVID-19, éclosion, surveillance des eaux usées

Résumé

Contexte : La pandémie de COVID-19 a stimulé le recours à la surveillance des eaux usées (SEU) au Canada.

Objectif : Afin d’éclairer la poursuite des investissements, l’étude a évalué le rapport coût-utilité de la SEU, parallèlement à la surveillance conventionnelle, par rapport à la surveillance conventionnelle seule, en prenant l’exemple de la COVID-19 en Ontario.

Méthodes : Cette analyse coût-utilité basée sur un modèle a mesuré l’efficacité de la SEU en augmentant le délai d’intervention de la santé publique de 1 à 10 jours en utilisant la perspective du système de santé de l’Ontario. Le modèle intègre la dynamique de la transmission du SRAS-CoV-2, la concentration d’ARN du SRAS-CoV-2 dans le réseau d’égouts et la progression de la maladie. L’analyse a pris en compte la surveillance à longueur d’année avec une éclosion survenant une fois par décennie, en supposant que les avantages de la SEU ne s’accumulent qu’au cours de l’année de l’éclosion. À l’échelle individuelle, un horizon temporel de vie a été utilisé et les résultats futurs en matière de santé (années de vie ajustées par la qualité [AVAQ]) et le coût ont été actualisés à 1,5 %. Le modèle s’est appuyé sur des données administratives basées sur la population et a été calibré sur des données de surveillance réelles de l’Ontario.

Résultats : Pour les épidémies de type Omicron/BA.1, un programme de SEU doté d’un budget de 15 millions de dollars canadiens par an et maintenu pendant 10 ans serait rentable au seuil de 50 000 dollars canadiens par AVAQ s’il détecte une éclosion trois jours ou plus tôt, et économique s’il détecte une éclosion 10 jours ou plus tôt que la surveillance conventionnelle. Pour une épidémie moins grave avec des taux de transmission plus faibles, par exemple de type XBB, le programme de SEU serait rentable si au moins six épidémies se produisaient au cours d’une décennie.

Conclusion : Les résultats de l’étude suggèrent que les investissements à long terme dans la SEU sont probablement rentables pour les éclosions peu fréquentes, mais à fort impact. Le maintien de l’infrastructure de la SEU améliorera la préparation du Canada aux situations d’urgence liées aux agents pathogènes émergents et réémergents.

Introduction

En décembre 2024, la pandémie de COVID-19 a imposé un fardeau mondial considérable avec plus de 777 millions de cas, plus de sept millions de décès signalés Footnote 1 et un impact profond sur les dépenses du système de santé Footnote 2Footnote 3. Au Canada, en septembre 2023, au moins 374 106 admissions à l’hôpital ont eu lieu en raison de la COVID-19, dont 64 623 comprenaient des admissions en unité de soins intensifs (USI) et 46 472 ont entraîné un décès Footnote 4Footnote 5Footnote 6Footnote 7. Les dépenses totales encourues par le système de santé canadien ont été estimées à plus de 9 milliards de dollars canadiens Footnote 4Footnote 5Footnote 6Footnote 7.

Pour orienter les interventions de santé publique visant à atténuer l’impact de la COVID-19, les données de surveillance doivent être recueillies rapidement et à un coût abordable Footnote 8. Bien que les tests de réaction en chaîne par polymérase (PCR) soient essentiels pour la détection au niveau individuel, ils comportent des limites pour la surveillance à grande échelle lors d’événements majeurs de santé publique Footnote 9. Il s’agit notamment de 1) la réduction des tests chez les personnes présentant un état bénin ou asymptomatique, ce qui entraîne une sous-estimation de la prévalence de la maladie Footnote 10Footnote 11, 2) la disponibilité limitée de la PCR ou des tests sur le lieu de soins et la capacité du personnel de laboratoire, ainsi que 3) le délai entre l’infection, le test et la déclaration, qui retarde la détection de la transmission communautaire Footnote 11.

La nécessité d’une surveillance fiable et efficace au niveau de la population a mis en évidence le potentiel de la surveillance des eaux usées (SEU) pour suivre la prévalence et la propagation des maladies infectieuses Footnote 12Footnote 13Footnote 14. Des études ont montré que la charge virale fécale du SRAS-CoV-2 augmente peu après l’infection et atteint son maximum autour de l’apparition des symptômes Footnote 15Footnote 16; Par conséquent, les tests PCR sur les échantillons d’eaux usées peuvent fournir des indications sur les tendances de l’infection dans une population Footnote 17. La SEU peut compléter la surveillance conventionnelle en permettant une détection plus précoce de la transmission communautaire et en recueillant des données sur les personnes atteintes d’une infection bénigne, présymptomatique ou asymptomatique, qui échappent souvent à la surveillance conventionnelle.

À partir de septembre 2020, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a lancé le Programme national de surveillance des agents pathogènes dans les eaux usées, un effort systématique de collecte et d’analyse des eaux usées des communautés partout au Canada Footnote 18. Au début de l’année 2025, ce programme prélève régulièrement des échantillons dans plus de 90 sites municipaux, couvrant ainsi environ 36,6 % de la population canadienne. En Ontario, huit sites fournissent des données pour une proportion estimée à 31,1 % de la population provinciale. Outre le programme fédéral, de nombreuses provinces et de nombreux territoires du Canada ont également lancé leurs propres programmes de gestion des eaux usées.

La mise en œuvre et la maintenance de la SEU nécessitent des ressources; par exemple, le programme provincial de SEU de l’Ontario a atteint des dépenses de fonctionnement totales de 15 millions de dollars canadiens en 2023–2024, ce qui correspond à un système comprenant 59 sites surveillés avec un échantillonnage effectué de trois à cinq fois par semaine Footnote 19Footnote 20.

Afin d’éclairer la poursuite des investissements dans la SEU, cette étude a évalué le rapport coût-utilité de la SEU en plus de la surveillance conventionnelle, par rapport à la surveillance conventionnelle seule, en prenant l’exemple de la COVID-19 en Ontario. Bien que l’accent ait été mis sur le SRAS-CoV-2, le cadre peut s’appliquer à d’autres agents pathogènes infectieux qui peuvent être surveillés par les eaux usées, et il est destiné à éclairer les stratégies de surveillance de la santé publique à long terme.

Méthodes

Une analyse coût-utilité basée sur un modèle a été réalisée du point de vue du système de santé de l’Ontario, conformément aux directives canadiennes sur l’évaluation économique dans le domaine de la santé Footnote 21Footnote 22. La date d’apparition d’une future épidémie étant inconnue, l’analyse a pris en compte une surveillance tout au long de l’année sur une période de 10 ans, avec une éclosion survenue une fois par décennie. Une épidémie a été caractérisée par une vague majeure au cours de l’année de l’épidémie. Les personnes infectées au cours de l’année de l’éclosion ont été suivies tout au long de leur vie afin de déterminer les résultats sanitaires en aval (c.-à-d. les années de vie, les années de vie ajustées en fonction de la qualité [AVAQ] et les coûts, actualisés de 1,5 % conformément aux recommandations Footnote 22). Bien que la SEU soit maintenue pendant chacune des 10 années, le modèle a supposé de manière prudente que les avantages de la SEU ne se produisaient que pendant l’année de l’épidémie, et qu’il n’y avait pas d’avantages pendant les années sans épidémie.

Population

La population modélisée reflète les caractéristiques épidémiologiques et démographiques de la population de l’Ontario infectée par la COVID-19, hospitalisée, admise en soins intensifs ou décédée au cours de certaines vagues de la récente pandémie de COVID-19 ou qui n’a pas été infectée par la COVID-19.

Structure du modèle et hypothèses

L’analyse était basée sur le modèle épidémique précédemment développé par l’ASPC Footnote 23, wqui intègre à la fois la dynamique de transmission du SRAS-CoV-2 au niveau de la population et la concentration de l’ARN du SRAS-CoV-2 dans le système d’égouts à la suite de l’excrétion virale par les personnes infectées. L’évolution de la maladie a été saisie à travers plusieurs états de santé : sensible; exposé (infecté, mais pas encore infectieux); infecté de manière asymptomatique ou symptomatique; hospitalisé; guéri et plus infectieux, mais excrétant encore le virus; complètement guéri et immunisé de manière permanente et n’excrétant plus le virus; et décédé (figure 1). L’infection s’est produite à un taux de transmission dépendant du temps, qui a été simultanément étalonné sur les rapports cliniques, les admissions dans les hôpitaux et les concentrations d’eaux usées en utilisant des données de surveillance réelles de l’Ontario pendant les vagues Omicron et XBB de la pandémie. Le rapport clinique hebdomadaire et les hospitalisations ont été récupérés auprès de Santé publique Ontario Footnote 24 Footnote 25, et la concentration d’ARN du SRAS-CoV-2 dans les eaux usées provient du programme Surveillance nationale des pathogènes dans les eaux usées de l’ASPC couvrant Toronto, en Ontario. Les paramètres clés du modèle sont résumés dans le tableau 1.

Figure 1 : Structure du modèle
Figure 1
Figure 1 - Équivalent textuel

Cette figure illustre la progression modélisée des personnes dans les états de santé liés à l’infection par le SRAS-CoV-2. Toutes les personnes commencent dans un état vulnérable et peuvent être exposées au SRAS-CoV-2. Une fois infectées, les personnes entrent dans un état latent (non contagieux) dans lequel elles n’excrètent pas le virus. Après la période de latence, les personnes peuvent présenter des symptômes ou demeurer asymptomatiques. Les personnes symptomatiques peuvent être hospitalisées ou se rétablir sans hospitalisation. Après la période infectieuse, les personnes continuent d’excréter le virus dans les eaux usées pendant quelques jours avant de passer à l’état complètement rétabli, avec une immunité et aucune autre excrétion. On a supposé que les décès liés à la COVID-19 surviennent seulement chez les personnes hospitalisées.

Tableau 1 : Paramètres clés
Transmission Valeur Source
Nombre de reproductionFootnote a Étalonné Étalonné pour correspondre aux cas signalés.
(Gouv. de l’Ont.) Footnote 24
Durée moyenne de latence (pas encore infectieux), jours 6 (ASPC, 2021) Footnote 26
Personnes symptomatiques qui ne seront pas hospitalisées à l’avenir, jours 12 (SPO, 2021) Footnote 27
Durée moyenne parmi les personnes symptomatiques qui seront hospitalisées à l’avenir, jours 15 (SPO, 2021) Footnote 27
Durée moyenne chez les personnes asymptomatiques, jours 10 (SPO, 2021) Footnote 27
Durée moyenne de l’excrétion après la contagion, jours 21 (Li, 2022), (Zhang, 2021) Footnote 28Footnote 29
Proportion de cas asymptomatiques 0,33 (Oran, 2021), (Sah, 2021) Footnote 30Footnote 31
Proportion d’hospitalisationsFootnote a Étalonné Étalonné pour correspondre aux cas signalés.
(Gouv. de l’Ont.) Footnote 25
Durée moyenne des séjours à l’hôpital, jours 13 (ICIS, 2023) Footnote 5
Jours nécessaires pour développer l’immunité 40 (Carazo, 2023) Footnote 32
Horizon de temps
Niveau individuel, années Durée de vie (ACMTS, 2017) Footnote 22
Niveau de programme, années 10 Hypothèse
Comptage des cas lors de la première vague d’Omicron, jours 120 Durée de la vague (GC, 2024) Footnote 18
Comptage des cas lors de la première vague de XBB, jours 270 Durée de la vague (GC, 2024) Footnote 18
Âge et espérance de vie
Personnes atteintes de COVID-19
Non hospitalisées 40 Statista Research Department Footnote 33
Hospitalisées (pas dans l’USI) 65 (ICIS, 2023) Footnote 5
Admission aux soins intensifs 62 (ICIS, 2023) Footnote 5
Décès 84 (ICIS, 2023) Footnote 5
Espérance de vie En fonction de l’âge Tables de mortalitéFootnote b
Services publics
Population générale En fonction de l’âge (Yan, 2024) Footnote 34Footnote b
Personnes atteintes de COVID-19, moyenne estimée de 360 jours
Non hospitalisées 0,838 (Mao, 2024) Footnote 35
Hospitalisées (pas dans l’USI) 0,827 (Mao, 2024) Footnote 35
Admission aux soins intensifs 0,746 (Mao, 2024) Footnote 35
Coûts attribuables à la COVID-19 (CAD 2023)Footnote c
Pas de séjour à l’hôpital 295 $ (Sander, 2025) Footnote 36
Séjour à l’hôpital (pas dans l’USI), en vie à la fin du suivi 30 030 $ (Sander, 2025) Footnote 36
Séjour à l’hôpital (pas dans l’USI), décès avant la fin du suivi 30 610 $ (Sander, 2025) Footnote 36
Séjour aux soins intensifs, en vie à la fin du suivi 114 945 $ (Sander, 2025) Footnote 36
Séjour aux soins intensifs, décès avant la fin du suivi 91 091 $ (Sander, 2025) Footnote 36
Syndrome post-COVID-19 275 $ (Sander, 2025) Footnote 36
Coûts annuels moyens pour la population générale (CAD 2023) En fonction de l’âge Estimation basée sur les dépenses de l’ICIS et les tables de mortalitéFootnote b
Coût annuel de la SEU (CAD 2023) 15 M $ Gouv. de l’Ont. Footnote 19

Abréviations : ACMTS, Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé; ASPC, Agence de la santé publique du Canada; CAD, dollar canadien; GC, gouvernement du Canada; Gouv. de l’Ont., gouvernement de l’Ontario; ICIS, Institut canadien d’information sur la santé; M, million; SEU, surveillance des eaux usées; SPO, Santé publique Ontario; USI, unité de soins intensifs

Footnote a

Le nombre de reproductions et la proportion d’hospitalisation (de ceux qui étaient symptomatiques) ont été étalonnés séparément pour les vagues d’Omicron et de XBB

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Footnote b

Données disponibles sur demande auprès de l’auteur correspondant

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Footnote c

Les soins de santé attribuables à la COVID-19 entraînent des coûts liés aux hospitalisations, aux visites à l’hôpital pour les patients externes, aux visites aux services d’urgence, aux médicaments financés par le secteur public (pour toutes les personnes âgées de 65 ans et certaines personnes plus jeunes en fonction des moyens), aux services médicaux, aux services de réadaptation, aux soins complexes, aux soins à domicile, soins de longue durée et autres (p. ex., tests/services de laboratoire, appareils fonctionnels), arrondis au dollar près, de l’indice à 360 jours de suivi ou de décès, selon la première éventualité

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Stratégies

L’analyse a supposé que la SEU fonctionnait en plus du programme de surveillance conventionnel et n’a pas pris en compte les économies potentielles résultant d’une moindre dépendance à l’égard des tests effectués au niveau des patients. L’impact de la SEU par rapport à la surveillance conventionnelle a été déterminé en augmentant le délai d’intervention de la santé publique d’un, de trois, de cinq ou de 10 jours Footnote 37Footnote 38 en supposant que la transmission serait réduite de 75 % grâce aux interventions ou aux restrictions. Cette hypothèse est basée sur l’étalonnage du modèle épidémique à la vague Omicron de la pandémie COVID-19 (novembre 2021–2022) en Ontario Footnote 24Footnote 25.

Résultats

Les résultats comprennent le nombre de personnes asymptomatiques, symptomatiques et traitées en consultation externe, hospitalisées, admises en soins intensifs et décédées à cause de la COVID-19. L’analyse a également pris en compte les années de vie, les AVAQ et les coûts pour le système de santé associés à la prise en charge de la COVID-19. Le rapport coût-efficacité différentiel, une mesure du rapport coût-efficacité, a été estimé en supposant que le coût annuel de la SEU était de 15 millions de dollars canadiens Footnote 19, ainsi que la dépense maximale à laquelle un programme de SEU serait encore rentable. Le rapport coût-efficacité a été évalué au seuil couramment utilisé de 50 000 $ canadiens par AVAQ gagnée Footnote 39.

Données

Espérance de vie : La gravité de la maladie est reflétée par la nécessité d’une hospitalisation et d’une admission en soins intensifs. L’âge médian des personnes hospitalisées, y compris les admissions en soins intensifs, a été obtenu auprès de l’Institut canadien d’information sur la santé Footnote 5. Les personnes qui ont dû être hospitalisées étaient plus âgées, ce qui correspond à une augmentation de la gravité de la maladie liée à l’âge. Toutefois, l’analyse n’a pas spécifiquement abordé la question de savoir comment les hospitalisations et les admissions en soins intensifs affectaient l’espérance de vie au-delà de la mortalité spécifique à l’âge. Pour les personnes non infectées, asymptomatiques et symptomatiques, mais non hospitalisées, l’âge médian de la population générale de l’Ontario Footnote 33 a été pris en compte. L’espérance de vie par âge a été obtenue auprès de Statistique Canada Footnote 40 (tableau 1; données supplémentaires disponibles auprès de l’auteur correspondant).

Qualité de vie : L’utilité de la santé reflète la qualité de vie associée à un état de santé spécifique et est généralement ancrée à zéro (décès) et à un (santé parfaite). Les années de vie ajustées en fonction de la qualité sont calculées comme le produit de l’utilité et du temps passé dans un état de santé spécifique Footnote 41. Pour les personnes non infectées et asymptomatiques, les valeurs d’utilité représentatives de la population générale canadienne ont été appliquées, sur la base d’une étude utilisant l’instrument EQ-5D-5L Footnote 34. Pour les personnes symptomatiques, l’utilité moyenne de 0 à 12 mois après l’infection a été dérivée d’une étude exploratoire Footnote 35 et a supposé l’utilité de la population générale canadienne après 12 mois (tableau 1). L’analyse a porté sur plus de 60 études, réalisées pour la plupart en Europe (N = 39), en Asie (N = 15) et en Amérique du Nord (N = 8), l’EQ-5D étant l’instrument le plus fréquemment utilisé.

Coût : Le coût annuel associé à la maintenance de la SEU en Ontario a été estimé à 15 millions de dollars canadiens Footnote 19. Les coûts d’un an attribuables à la COVID-19 (tableau 1) ont été calculés à partir d’une étude de cohorte appariée basée sur la population de l’Ontario, à l’aide de données administratives sur la santé, et ont inclus tous les services de santé financés par l’État Footnote 36.

On a supposé que les coûts attribuables à la COVID-19 étaient nuls un an après l’infection et que les coûts moyens des soins de santé de la population générale étaient appliqués par la suite. De même, on a supposé que les personnes atteintes d’infections asymptomatiques supportaient des coûts de santé équivalents à ceux de la population générale. Les coûts des soins de santé à vie pour la population générale ont été estimés en tenant compte de l’espérance de vie et des dépenses annuelles de soins de santé par groupes d’âge, sur la base des données de l’Institut canadien d’information sur la santé Footnote 40Footnote 42.

Analyse

Le scénario de référence tenait compte des valeurs déterministes pour les coûts et les services publics, en supposant la vague de pandémie d’Omicron, sans syndrome post-COVID. Une surveillance tout au long de l’année sur une période de 10 ans a été modélisée, avec une éclosion survenue soit la première année, soit la dernière année. On a supposé que les bénéfices de la SEU ne se produisaient que pendant l’année de l’épidémie. En outre, pour tenir compte de l’incertitude des paramètres, une analyse probabiliste a été réalisée, en utilisant des distributions bêta pour échantillonner les valeurs d’utilité, des distributions gamma pour échantillonner les coûts et une distribution uniforme pour échantillonner l’année de l’épidémie.

Une série d’analyses de scénarios a été réalisée. L’un des scénarios suppose que 15 % de la population infectée souffrira du syndrome post-COVID-19, avec une réduction du score d’utilité de la santé de 0,005 et une augmentation de l’utilisation des soins de santé un an après l’infection et pour le reste de la vie. Pour ces personnes, une augmentation du coût annuel à vie de 275 $ a été appliquée, selon Sander et al. Footnote 36 qui ont estimé le coût net moyen de 7,60 $ par intervalle de 10 jours 9 mois à 12 mois après l’infection. Les scénarios les plus favorables et les plus défavorables ont été réalisés en utilisant les limites supérieures et inférieures des intervalles de confiance des prévisions du modèle de transmission. Le coût-utilité d’un programme de SEU maintenu pendant 20 ans, où une épidémie survient au cours de la 20e année, a été évalué comme le scénario le plus prudent. Enfin, le rapport coût-efficacité de la SEU a été estimé dans l’hypothèse d’une épidémie avec un taux de transmission plus faible, similaire à la vague de XBB, qui pourrait se produire une ou plusieurs fois par décennie.

Résultats

Scénario concernant la vague Omicron

Par rapport à la surveillance conventionnelle, un programme de SEU qui détecte les épidémies de type Omicron/BA.1 un à 10 jours plus tôt pourrait prévenir, en moyenne, 735 (IC à 95 % : 566–939) à 6 345 (IC à 95 % : 4 794–8 071) hospitalisations, dont 169 (IC à 95 % : 130–216) à 1 459 (IC à 95 % : 1 103–1 856) admissions à l’USI, et d’éviter 81 (IC à 95 % : 66–89) à 702 (IC à 95 % : 557–795) décès (figure 2; données supplémentaires disponibles auprès de l’auteur correspondant), en supposant une vague unique d’épidémie une fois par décennie, et aucun autre événement majeur au cours des neuf années restantes.

Figure 2 : Hospitalisations, admissions en soins intensifs et décès évités pour 14 millions (c.-à-d., l’Ontario), population simulée (scénario de référence)Footnote a
Figure 2
Figure 2 - Équivalent textuel
Scénarios Hospitalisations Admission à l’USI Décès
1 jour plus tôt 735 169 81
3 jours plus tôt 2 137 491 236
5 jours plus tôt 3 451 794 381
10 jours plus tôt 6 345 1 459 702

Un programme de SEU doté d’un budget annuel de 15 millions de dollars canadiens (en plus de la surveillance conventionnelle) maintenu pendant 10 ans serait considéré comme rentable au seuil de 50 000 $/AVAQ s’il détecte une épidémie trois jours ou plus tôt, et comme économique s’il détecte une épidémie 10 jours ou plus tôt que la surveillance conventionnelle, quelle que soit l’année où l’épidémie se produit (tableau 2). L’analyse probabiliste a montré que la SEU, avec un délai de détection de trois jours, était rentable dans 77 % des simulations par rapport à la surveillance conventionnelle (données disponibles auprès de l’auteur correspondant).

Tableau 2 : Années de vie ajustées en fonction de la qualité attendues et coûts (dollars canadiens en 2023) par personne
Scénarios AVAQ △ AVAQ Coûts △ Coûts RCEDFootnote a Coût annuel maximal du programmeFootnote b
Éclosion survenue au cours de la 1re année
Surveillance conventionnelle 27,1267 Réf. 296 863 $ Réf. Réf. Réf.
1 jour plus tôtFootnote c 27,1269 0,00013 296 861 $ −2,20 $ 58 448 $ 13 308 549 $
3 jours plus tôtFootnote c 27,1271 0,00039 296 857 $ −6,41 $ 9 250 $ 38 847 772 $
5 jours plus tôtFootnote c 27,1274 0,00063 296 853 $ −10,36 $ Économies de coûts 62 949 902 $
10 jours plus tôtFootnote c 27,1279 0,00118 296 844 $ −19,11 $ Économies de coûts 116 599 789 $
Éclosion survenue au cours de la 10e année
Surveillance conventionnelle 23,7248 Réf. 259 635 $ Réf. Réf. Réf.
1 jour plus tôtFootnote c 23,7250 0,00012 259 633 $ −1,93 $ 69 186 $ 11 639 553 $
3 jours plus tôtFootnote c 23,7252 0,00034 259 629 $ −5,61 $ 12 926 $ 33 975 960$
5 jours plus tôtFootnote c 23,7254 0,00055 259 625 $ −9 07 $ 1 737 55 055 496 $
10 jours plus tôtFootnote c 23,7259 0,00103 259 618 $ −16,71 $ Économies de coûts 101 977 270 $
Éclosion survenue au cours de la 1re année, dans l’hypothèse d’un syndrome post-COVID-19 à vie
Surveillance conventionnelle 27,1198 Réf. 297 248 $ Réf. Réf. Réf.
1 jour plus tôtFootnote c 27,1200 0,00019 297 242 $ −5,28 $ 24 982 $ 22 108 811 $
3 jours plus tôtFootnote c 27,1203 0,00056 297 232 $ −15,42 $ Économies de coûts 64 588 401 $
5 jours plus tôtFootnote c 27,1207 0,00090 297 223 $ −25,00 $ Économies de coûts 104 732 688 $
10 jours plus tôtFootnote c 27,1214 0,00167 297 201 $ −46,32 $ Économies de coûts 194 308 753 $
Éclosion survenue au cours de la 10e année, dans l’hypothèse d’un syndrome post-COVID-19 à vie
Surveillance conventionnelle 23,7187 Réf. 259 971 $ Réf. Réf. Réf.
1 jour plus tôtFootnote c 23,7189 0,00017 259 966 $ −4,62 $ 32 553 $ 19 336 195 $
3 jours plus tôtFootnote c 23,7192 0,00049 259 957 $ −13,49 $ Économies de coûts 56 488 515 $
5 jours plus tôtFootnote c 23,7195 0,00079 259 949 $ −21,86 $ Économies de coûts 91 598 396 $
10 jours plus tôtFootnote c 23,7202 0,00146 259 930 $ −40,51 $ Économies de coûts 169 940 927 $

Abréviations : AVAQ, années de vie ajustées à la qualité; CAD, dollar canadien; RCED, rapport coût-efficacité différentiel; Réf. catégorie de référence; △, différentiel

Footnote a

Le rapport coût-utilité différentiel a été calculé en supposant que le coût différentiel du programme de surveillance des eaux usées s’élève à 15 millions de dollars par an

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Footnote b

Coût annuel maximal opérationnel du programme de surveillance des eaux usées pour que la stratégie demeure rentable à un seuil de 50 000 $ CAD/AVAQ, s’il est maintenu sur 10 ans

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Footnote c

Programme de surveillance des eaux usées permettant de détecter les éclosions un à 10 jours plus tôt et, par conséquent, de mettre en œuvre des mesures de lutte contre les infections un à 10 jours plus tôt que dans le cadre d’une surveillance conventionnelle

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Lorsqu’on tient compte de la durée de vie utile et des coûts associés au syndrome post-COVID-19, un programme qui détecte les éclosions trois jours plus tôt ou plus permet d’économiser (figure 3, tableau 2). Le résumé des résultats pour les scénarios les plus favorables et les plus défavorables est disponible auprès de l’auteur correspondant. Avec un horizon de programme plus long de 20 ans, une épidémie au cours de la 20e année et un budget annuel de 15 millions de dollars canadiens, un programme de SEU serait considéré comme rentable au seuil de 50 000 $/AVAQ s’il détecte une épidémie trois jours ou plus tôt que la surveillance conventionnelle (figure 3, données disponibles auprès de l’auteur correspondant).

Figure 3 : Années de vie différentielles ajustées en fonction de la qualité et coûts des soins de santé pour les scénarios impliquant une épidémie de type OmicronFootnote aFootnote b
Figure 3
Figure 3 - Équivalent textuel
Scénarios Scénario : une éclosion au cours de la 20e année Scénario : utilisation des limites inférieures des intervalles de confiance des prévisions du modèle de transmission Scénario : scénario de référence Scénario : prise en compte du syndrome post-COVID
AVAQ différentielle Coût différentiel AVAQ différentielle Coût différentiel AVAQ différentielle Coût différentiel AVAQ différentielle Coût différentiel
1 jour plus tôt 0,00010 17,01 $ 0,00009 8,63 $ 0,00012 8,10 $ 0,00017 5,41 $
3 jours plus tôt 0,00029 13,84 $ 0,00025 5,97 $ 0,00034 4,42 $ 0,00049 −3,46 $
10 jours plus tôt 0,00089 4,27 $ 0,00072 −1,82 $ 0,00103 −6,68 $ 0,00146 −30,48 $

Scénario considérant la vague XBB

Par rapport à la surveillance conventionnelle, un programme de SEU qui détecte les épidémies similaires à la vague XBB un à 10 jours plus tôt pourrait prévenir 87 (IC à 95 % : 63–98) à 901 (IC à 95 % : 678–1 017) hospitalisations et d’éviter huit (IC à 95 % : 8–10) à 79 (IC à 95 % : 79–101) décès (données disponibles sur demande). Pour les éclosions comme le XBB, dont le taux de transmission est plus faible, la SEU ne s’est pas avérée rentable si l’éclosion ne se produit qu’une fois par décennie (données disponibles sur demande). Un programme de SEU doté d’un budget annuel de 15 millions de dollars canadiens (en plus de la surveillance conventionnelle), maintenu pendant 10 ans et offrant un délai de détection de trois jours, serait considéré comme rentable si une éclosion de type XBB se déclarait au moins six années sur 10 (données disponibles sur demande).

Discussion

Les résultats de l’étude suggèrent que les investissements à long terme dans la SEU sont probablement rentables pour les épidémies peu fréquentes, mais à fort impact. Dans les scénarios d’épidémies de type Omicron, un programme de SEU doté d’un budget annuel de 15 millions de dollars canadiens et maintenu pendant 10, voire 20 ans, ainsi que la mise en œuvre de politiques de santé publique réduisant la transmission de 75 % pendant l’épidémie seraient considérés comme rentables au seuil de 50 000 $ par AVAQ s’ils détectent les épidémies trois jours ou plus tôt que la surveillance conventionnelle. Pour les éclosions moins graves avec des taux de transmission plus faibles, comme le sous-variant XBB, le programme de SEU n’était généralement pas rentable, à moins que les éclosions ne soient fréquentes. Toutefois, ces résultats reposent sur l’hypothèse de politiques de santé publique très efficaces, qu’il n’est peut-être pas possible de maintenir sur plusieurs éclosions. Les différences observées entre les deux scénarios épidémiologiques s’expliquent par le taux de transmission nettement plus faible du XBB, ce qui signifie que les interventions visant à limiter la transmission auraient un impact moindre par rapport aux foyers présentant des taux de transmission plus élevés.

Les résultats de l’étude s’alignent sur ceux d’autres études montrant que le dépistage à l’échelle de la population pourrait ne pas être rentable pour les agents pathogènes dont les taux de transmission sont plus faibles. Par exemple, Neilan et al., dans son étude de modélisation, a montré que, par rapport au dépistage des seuls cas symptomatiques, le dépistage par PCR de l’ensemble de la population était rentable lorsque le nombre de reproduction du virus dépassait 1,6 Footnote 43. Bien que cette étude se concentre sur la SEU pour la surveillance de l’ensemble de la population, elle met également en évidence l’impact des taux de transmission sur le rapport coût-efficacité. Contrairement aux tests à grande échelle, dont la mise en œuvre peut s’avérer difficile, la SEU constitue une approche plus réalisable. Au Canada, par exemple, les tests effectués en mars 2020 ont été limités aux personnes souffrant d’une infection grave nécessitant une hospitalisation, aux résidents des établissements de soins de longue durée et aux personnes présentant des symptômes respiratoires Footnote 44Footnote 45. Il a été démontré par la suite que le test d’une population sélectionnée n’était pas rentable par rapport au test de toutes les personnes symptomatiques Footnote 43.

Les données sur le rapport coût-efficacité de la SEU restent limitées. Yoo et al. a évalué le rapport coût-bénéfice du dépistage de la COVID-19 à l’aide de tests antigéniques par rapport à la SEU dans un établissement résidentiel au Japon Footnote 46. Ils ont indiqué que la SEU était économiquement justifiable à des niveaux d’incidence modérés, mais pas à des niveaux élevés ou faibles; cependant, leur modèle était limité à un environnement fermé de 100 personnes et à une durée de programme de quatre jours seulement. En revanche, l’analyse actuelle porte sur le fonctionnement de la SEU en Ontario, une province comptant 14 millions d’habitants, sur une période de 10 à 20 ans, et fournit des estimations du rapport coût-efficacité d’un programme de surveillance basé sur la population. De même, Mvundura et al., à l’aide d’un modèle basé sur des agents, a montré que la SEU pouvait éviter 300 à 600 années de vie ajustées du facteur invalidité sur une période d’épidémie de six mois et s’avérer rentable, en particulier dans les contextes où la maladie est très grave Footnote 47.

L’efficacité de la SEU dépend de plusieurs facteurs, notamment la densité de population, l’infrastructure des eaux usées, la détectabilité des agents pathogènes dans les eaux usées, la fréquence d’échantillonnage et les méthodes d’analyse. La SEU peut compléter la surveillance conventionnelle et permettre un suivi à l’échelle de la communauté indépendamment de l’accès aux soins de santé, du comportement de recherche de soins, des disparités en matière de dépistage ou des facteurs socio-économiques, offrant ainsi une alternative plus abordable au dépistage individuel. Sanjak et al. a comparé les coûts de la SEU et des tests cliniques par écouvillonnage dans 82 bases militaires américaines selon divers scénarios d’éclosions, et a constaté que la SEU représentait des coûts directs annuels inférieurs de 10,5 à 18,5 millions de dollars Footnote 48. En outre, ils ont estimé que plus des deux tiers des tests cliniques sur écouvillon pourraient être remplacés par la SEU sans coût supplémentaire, en tenant compte du temps de travail perdu en raison des exigences liées aux tests sur écouvillon Footnote 48.

Limites

Cette étude présente plusieurs limites. Tout d’abord, elle s’est concentrée uniquement sur le SRAS-CoV-2 et sur une seule éclosion sur une période de 10 ans. Il en résulte une estimation prudente, car le Canada a connu plusieurs vagues d’éclosions de COVID-19 s’étendant sur plus d’un an Footnote 49. Deuxièmement, l’analyse n’a pas intégré les coûts des mesures d’intervention en aval qui pourraient suivre les alertes déclenchées par la SEU; toutefois, ces mesures de santé publique seraient probablement mises en œuvre dans le cadre de la surveillance conventionnelle également, bien que plus tard, et l’intégration de ces coûts n’aurait donc probablement qu’un impact minime sur les conclusions globales en matière de rapport coût-efficacité. Troisièmement, l’analyse n’a pas tenu compte de l’applicabilité plus large de la SEU dans la surveillance simultanée de plusieurs agents pathogènes, tels que le virus respiratoire syncytial, la grippe ou les entérovirus Footnote 12Footnote 14Footnote 50. La détection de plusieurs agents pathogènes à l’aide de la même infrastructure pourrait améliorer la préparation de la santé publique pour un coût supplémentaire minime. En outre, l’étude n’a pas évalué la SEU dans une perspective sociétale plus large. La prise en compte des pertes de productivité augmenterait probablement la valeur de la SEU. Inversement, la SEU peut avoir une valeur limitée dans la détection de nouveaux virus au cours des premières vagues d’une épidémie, car la mise au point de tests prend du temps, ce qui peut retarder une détection fiable.

Forces

Cette étude présente plusieurs points forts. Il s’agit de l’une des rares évaluations économiques de la SEU basées sur une grande échelle, à l’échelle d’une population. Le modèle a été étalonné à l’aide de données réelles sur les infections, les hospitalisations et les décès, ce qui renforce la validité des résultats. En tenant compte des éclosions de transmission élevée et faible et d’un large éventail de scénarios, l’étude fournit des renseignements précieux pour la prise de décisions.

Conclusion

La SEU présente des avantages qui vont au-delà de la réponse à la pandémie, mais bon nombre de ces avantages sont difficiles à quantifier. Cette analyse s’est concentrée sur un avantage mesurable pour la surveillance de la pandémie de COVID-19, où l’impact le plus immédiat et le plus direct a été démontré. La SEU semble être rentable dans divers scénarios d’épidémies de COVID-19, en particulier pour les événements à forte transmission comme Omicron/BA.1, avec des avantages sanitaires et économiques substantiels découlant d’une détection précoce. Toutefois, ce champ d’application étroit sous-estime probablement tout le potentiel de la SEU. Au-delà des pandémies, le SEU pourrait permettre une surveillance tout au long de l’année, à l’échelle de la population, de plusieurs agents pathogènes, ce qui permettrait de réduire les délais de surveillance et de donner un temps d’avance essentiel à la réponse de santé publique. L’exploitation de l’infrastructure de la SEU existante permettra au Canada d’être mieux préparée à faire face aux agents pathogènes émergents et réémergents.

Déclaration des auteurs

Y. S. — Conceptualisation, méthodologie, analyse formelle, interprétation des données, rédaction de la version originale
D. C. — Conceptualisation, méthodologie, analyse formelle, interprétation des données, rédaction de la version originale
P. R. — Conceptualisation, rédaction−révision et édition
A. R. B. — Conceptualisation, rédaction de la version originale
M. F. — Conceptualisation, rédaction−révision et édition
B. S. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction−révision et édition

Intérêts concurrents

Aucun.

Identifiants ORCID

Yeva Sahakyan — 0000-0002-7216-064X
David Champredon — 0000-0002-7090-8757
Prakathesh Rabeenthira — 0009-0001-5522-7363
Beate Sander — 0000-0003-2128-9133

Remerciements

Les auteurs remercient Jagdesh Birdi d’avoir soutenu ce projet en effectuant des recherches documentaires.

Financement

Le gouvernement du Canada a financé ce projet par l’entremise de l’Agence de la santé publique du Canada. Cette recherche a été soutenue, en partie, par une Chaire de recherche du Canada (CRC) de niveau 1 en économie des maladies infectieuses, détenue par Beate Sander (CRC-2022-00362).

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Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 4.0 International

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2026-06-25

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