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Que veulent savoir les parents d’enfants d’âge scolaire au sujet de la vaccination contre le VPH au Canada?

RMTC

Volume 52-3, mars 2026 : Sécurité des vaccins : adoption et hésitation

Rapport d’enquête

Que veulent savoir les parents d’enfants d’âge scolaire au sujet de la vaccination contre le VPH au Canada? Résultats d’une enquête en ligne sur Facebook

Mylène Tantchou Dipankui1, Benjamin Giguère1, Kieran C O’Doherty1, Antonella Pucci2

Affiliations

1 Université de Guelph, Département de psychologie/Collège des sciences sociales et humaines appliquées, Guelph, ON

2 Association canadienne de santé publique, Ottawa, ON

Correspondance

mtantcho@uoguelph.ca

Citation proposée

Tantchou Dipankui M, Giguère B, O’Doherty KC, Pucci A. Que veulent savoir les parents d’enfants d’âge scolaire au sujet de la vaccination contre le VPH au Canada? Résultats d’une enquête en ligne sur Facebook. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2026;52(3):94−103. https://doi.org/10.14745/ccdr.v52i03a04f

Mots-clés : VPH, vaccination, mésinformation, Facebook, médias sociaux, marketing social, infographies, enquête

Résumé

Contexte : Identifier la source d’information, les formats promotionnels préférés et le type d’information que les parents d’enfants d’âge scolaire admissibles à la vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) prendraient en compte au cours de leur processus de décision.

Méthodes : Nous avons utilisé une enquête précampagne bilingue (anglais et français) à l’aide de publicités sur Facebook pour recruter des parents d’enfants d’âge scolaire âgés de 9 à 15 ans dans tout le Canada pour participer à l’étude. L’enquête comprenait 20 questions fermées et deux questions ouvertes. Le recrutement sur Facebook a eu lieu entre mars 2021 et février 2022. Les participants répondant à des critères spécifiques étaient admissibles pour participer à l’étude.

Résultats : Au total, 764 parents ont participé à l’étude et 554 répondaient aux critères d’admissibilité. Neuf provinces et deux territoires sont représentés. La majorité des répondants (24,9 %; n = 138) ont indiqué qu’ils recourraient à des sources autres que les plateformes de médias sociaux lorsqu’ils devaient prendre une décision concernant la vaccination contre le VPH. Parmi les autres sources, les répondants ont d’abord pris en compte les recommandations de leurs fournisseurs de soins de santé (17,5 %; n = 38). Les répondants ont également indiqué que, parmi les différents types de ressources, les infographies étaient le format le plus susceptible d’influencer leur prise de décision (20,8 %; n = 115). Enfin, les effets secondaires potentiels associés aux vaccins contre le VPH comparé aux résultats de l’infection par le VPH figuraient parmi les principaux sujets d’information examinés par les personnes interrogées dans le cadre de leur processus de prise de décision.

Conclusion : Les infographies peuvent constituer un élément important de marketing social pour informer les parents sur la vaccination des enfants d’âge scolaire contre le VPH. Afin de répondre aux besoins d’information des parents, ces représentations visuelles doivent être axées sur l’innocuité du vaccin contre le VPH. Cette intervention doit être associée aux recommandations du fournisseurs de soins de santé.

Introduction

Le virus du papillome humain (VPH), une infection sexuellement transmissible, est à l’origine de plusieurs cancers, dont le cancer du col de l’utérus Footnote 1Footnote 2Footnote 3. On estime que 550 000 Canadiennes et Canadiens sont infectés par le VPH chaque année et que près de 80 % des femmes en âge de procréer seront infectées à un moment ou à un autre de leur vie Footnote 4. Le cancer du col de l’utérus est la cause de plus de 400 décès par an au Canada, et plus de 1 300 Canadiens sont diagnostiqués chaque année Footnote 5. Les interventions préventives, telles que la vaccination et le dépistage, sont connues pour réduire le risque de cancer du col de l’utérus et de décès.

La vaccination contre le VPH fait partie des programmes de vaccination systématique en milieu scolaire au Canada. L’efficacité du vaccin est optimale (près de 100 %) lorsqu’il est administré avant l’exposition aux types de VPH ciblés Footnote 6Footnote 7. Les provinces et les territoires du Canada proposent généralement un programme de vaccination contre le VPH en deux doses pour les enfants de la quatrième à la dixième année Footnote 8.

La pandémie de SRAS-CoV-2 a entraîné une perturbation des programmes de vaccination systématique, par conséquent, de nombreux enfants n’ont pas reçu des doses de vaccin contre le VPH Footnote 9. L’incidence de la pandémie sur les taux de couverture vaccinale des enfants d’âge scolaire contre le VPH a été examiné par les experts en santé publique. Par exemple, en Ontario, 3,0 % des élèves de 12 ans ont été vaccinés contre le VPH pour l’année scolaire 2020–2021 Footnote 10. Cette proportion est passée à 16,6 % en 2021–2022 et à 47,8 % en 2022–2023 Footnote 10. Avant la pandémie, une analyse groupée a montré que la couverture vaccinale nationale contre le VPH était d’environ 55,91 % Footnote 4. Malgré les programmes de vaccination gratuits et disponibles dans les écoles et au niveau national et les stratégies élaborées dans tout le pays pour rattraper les vaccinations manquantes, l’hésitation des parents à faire vacciner leurs enfants contre le VPH peut compromettre l’adoption du vaccin Footnote 11.

L’innocuité, les effets secondaires et l’efficacité du vaccin contre le VPH font partie des principales préoccupations des parents qui sont hésitants à l’égard du vaccin Footnote 11Footnote 12Footnote 13Footnote 14Footnote 15. Bien que de nombreux parents considèrent leurs fournisseurs de soins de santé comme une source essentielle d’informations et de recommandations sur les vaccins contre le VPH Footnote 14Footnote 16, ils peuvent également consulter des plateformes en ligne et des réseaux sociaux pour rechercher d’autres informations et faire part de leurs doutes sur les vaccins Footnote 17. L’inconvénient est que les médias sociaux et les réseaux sociaux en ligne sont le moyen de diffuser des informations qui maximisent l’engagement Footnote 18, sans mesures pour contrôler la qualité du contenu partagé sur ces portails Footnote 19. La propagation de la mésinformation est un danger bien connu des médias sociaux et des réseaux sociaux en ligne. À l’instar de Guess et Lyons Footnote 20, cette étude définit la mésinformation comme une affirmation qui contredit ou déforme la compréhension commune de faits vérifiables. Ces informations erronées, lorsqu’elles sont diffusées sur les médias sociaux, peuvent susciter des émotions négatives à l’égard des vaccins et conduire à une augmentation de l’hésitation Footnote 21Footnote 22Footnote 23.

Dans ce contexte, le marketing social représente une approche pertinente pour lutter contre l’hésitation à l’égard de la vaccination chez les parents d’enfants d’âge scolaire admissibles à la vaccination contre le VPH Footnote 24. Cette approche pourrait aider à concevoir des stratégies de communication uniques pour les parents, afin d’augmenter le taux de vaccination contre le VPH Footnote 24. Ce projet est le fruit d’une collaboration entre des chercheurs de l’Université de Guelph et l’Association canadienne de santé publique (ACSP). L’objectif de cette recherche était d’identifier les formats promotionnels préférés et le type d’informations que les parents d’enfants d’âge scolaire admissibles à la vaccination contre le VPH prendraient en compte au cours de leur processus de décision de vacciner leurs enfants contre le VPH. D’après les informations disponibles, il n’existe pas d’études répertoriées examinant ce que les parents canadiens veulent savoir sur la vaccination contre le VPH afin d’éclairer leur décision. Au contraire, les études précédentes se sont principalement concentrées sur les perceptions, les connaissances, les attitudes ou les comportements des parents concernant la vaccination de leurs enfants contre le VPH Footnote 25Footnote 26Footnote 27Footnote 28Footnote 29, et sur quelques-unes sur les effets des déterminants psychosociaux sur la prise de décision des parents Footnote 30Footnote 31.

Méthodes

Recrutement des participants

Nous avons utilisé la page Facebook de l’ACSP pour afficher des publicités afin de recruter un échantillon de commodité de parents d’enfants d’âge scolaire sur Facebook, sur une période de 11 mois, soit de mars 2021 à février 2022. Les publicités conduisaient les participants à une page d’accueil Facebook où ils devaient accepter de participer à l’étude.

Les participants répondant aux critères suivants étaient admissibles : 1) être âgé de 18 ans ou plus; 2) avoir à sa charge au moins un enfant âgé de 9 à 15 ans; 3) résider au Canada; et 4) pouvoir répondre aux questions en anglais ou en français. Un échantillon de 1 250 parents (n = 1 000 pour l’échantillon anglais et n = 250 pour l’échantillon français) a été ciblé, sur la base des taux de participation des parents d’enfants d’âge scolaire des projets précédents. Il s’agit d’un échantillon de commodité par rapport à la population canadienne estimée à 36,3 millions de personnes en 2021 (citoyens et non-citoyens confondus) Footnote 32. Toutes les réponses ont été rendues anonymes. Deux rappels ont été envoyés aux non-répondants afin d’optimiser le taux de réponse.

Mesures

L’enquête comprenait 20 questions fermées et deux questions ouvertes et prenait environ 15 minutes à remplir (voir le questionnaire de l’enquête dans l’appendice, matériel supplémentaire). Afin d’élaborer le questionnaire, les éléments de l’échelle de l’hésitation vaccinale (EHV) Footnote 33 ont été adaptés au modèle COM-B pour le changement de comportement Footnote 34Footnote 35, L’EHV a une validité apparente, et ses propriétés psychométriques et sa validité ont été évaluées dans des pays à faible revenu et dans des pays développés Footnote 36Footnote 37. En outre, des versions adaptées de l’outil ont été utilisées dans des études à travers le monde, révélant que l’EHV est un outil fiable pour mesurer l’hésitation à l’égard des vaccins Footnote 38Footnote 39Footnote 40Footnote 41Footnote 42.

Le modèle COM-B Footnote 34Footnote 35 est un cadre de changement de comportement qui s’appuie sur 19 cadres de changement de comportement, suggérant que les trois éléments suivants sont importants pour qu’un comportement (B) se produise :

  1. La capacité, qui fait référence aux connaissances, aux compétences et aux aptitudes nécessaires pour adopter le comportement en question
  2. L’occasion, ou les facteurs externes qui rendent le comportement possible
  3. La motivation, ou les processus internes qui influencent la prise de décision et orientent le comportement

La fiabilité du cadre a été bien établie et il est largement utilisé pour élaborer des interventions comportementales. Nous avons élaboré les éléments spécifiques aux sources de médias sociaux, aux formats promotionnels préférés et au type d’informations que les parents prendraient en compte au cours de leur processus de décision, en collaboration avec Immunisation Canada, une coalition nationale d’organisations non gouvernementales, professionnelles, de santé, gouvernementales et du secteur privé qui se consacrent à la promotion des avantages de l’immunisation. Ce travail se concentre sur les sources d’information sur le VPH, les formats de promotion sur le VPH et les informations pertinentes que les parents d’enfants d’âge scolaire, qui sont admissibles à la vaccination contre le VPH, privilégieraient dans leur processus de prise de décision. Les réponses à ces questions étaient cruciales pour permettre aux chercheurs de mettre en œuvre une campagne de marketing social efficace.

Analyse des données

Les données recueillies ont été compilées et analysées à l’aide du logiciel SPSS. Le nettoyage des données a consisté à vérifier les données afin d’identifier et de supprimer les cas problématiques. Les cas présentant un taux de questions sans réponse de 20 % ou plus ont été supprimés. Deux cent dix répondants ont été exclus parce qu’ils ne remplissaient pas au moins un des critères d’admissibilité ou parce qu’ils n’avaient pas répondu à 20 % ou plus des questions. Les variables ont été analysées afin de déterminer les valeurs aberrantes univariées. Les réponses aux questions sur les sources d’information sur le VPH ont été regroupées en deux variables principales : 1) les sources provenant de médias sociaux et 2) les « autres » sources. Les sources provenant de médias sociaux ont combiné les réponses des participants qui ont déclaré s’appuyer sur Facebook, Twitter, Instagram, Pinterest ou Reddit pour obtenir des informations crédibles sur les vaccins et la vaccination contre le VPH. Les autres sources regroupent les réponses des participants qui se sont appuyés sur des sources scientifiques ou non scientifiques qui n’étaient pas considérées comme des médias sociaux pour obtenir des informations crédibles sur les vaccins et la vaccination contre le VPH (voir le tableau 1 pour plus de détails). Les résultats ont été présentés sous forme de distributions statistiques.

Tableau 1 : Tableau statistique sur les médias sociaux et autres sources sur lesquels les participants se sont appuyés pour obtenir des informations crédibles sur les vaccins et la vaccination contre le VPH
Source provenant de médias sociaux NFootnote a Pourcentage
(%)
Autres 138 24,9
Facebook 129 23,3
Reddit 43 7,8
Twitter 32 5,8
Pinterest 15 2,7
Instagram 5 0,9
Total 362 65,3
Absent 192 34,7
Total 554 100,0

Résultats

Profil démographique des participants

Parmi les 554 parents qui répondaient aux critères d’admissibilité et ont été inclus dans l’étude, 53,8 % des répondants (n = 298) avaient un enfant âgé de 9 à 15 ans, tandis que seulement 2,3 % (n = 13) avaient quatre enfants âgés de 9 à 15 ans. La plupart des répondants (92,6 %; n = 513) étaient des aidantes ou des mères; seuls 6,3 % (n = 35) se sont identifiés comme étant des hommes. Neuf provinces et deux territoires sont représentés. Ces résultats sont résumés dans le tableau 2.

Tableau 2 : Tableau statistique des caractéristiques démographiques des participants
Caractéristiques démographiques Taille de l’échantillon
(N)
Pourcentage
(%)
Âge (ans) 553 99,8
25 à 34 28 5,1
35 à 44 317 57,2
45 à 54 198 35,7
55 à 64 10 1,8
Absent 1 0,2
Sexe 553 99,8
Femme 513 92,6
Homme 35 6,3
A choisi de ne pas répondre 5 0,9
Absent 1 0,2
Genre 554 100,0
Femme 508 91,7
Homme 36 6,5
Autres 3 0,5
A choisi de ne pas répondre 7 1,3
Niveau d’éducation 554 100,0
Quelques années d’études secondaires 6 1,1
École secondaire 32 5,8
Quelques années d’études collégiales ou universitaires 64 11,6
Diplôme d’études collégiales 127 22,9
Formation en apprentissage et métiers 17 3,1
Certification professionnelle 37 6,6
Diplôme de premier cycle 162 29,2
Diplôme d’études supérieures 109 19,7
Province de résidence 552 99,6
Alberta 90 16,2
Colombie-Britannique 75 13,5
Manitoba 36 6,5
Nouveau-Brunswick 21 3,8
Terre-Neuve-et-Labrador 6 1,1
Territoires du Nord-Ouest 2 0,4
Nouvelle-Écosse 27 4,9
Ontario 194 35,0
Québec 49 8,8
Saskatchewan 48 8,7
Yukon 4 0,7
Total 552 99,6
Absent 2 0,4
Nombre d’enfants âgés de 9 à 15 ans 551 99,5
1 298 53,8
2 197 35,6
3 43 7,8
4 13 2,3
Absent 3 0,5
Nombre de filles âgées de 9 à 15 ans 548 98,9
0 211 38,1
1 259 46,8
2 70 12,6
3 6 1,1
4 2 0,4
Absent 6 1,1
Nombre de garçons âgés de 9 à 15 ans 548 98,9
0 204 36,8
1 260 46,9
2 71 12,8
3 12 2,2
4 1 0,2
Absent 6 1,1

Médias sociaux et autres sources sur lesquelles les participants se sont appuyés pour obtenir des informations crédibles

La majorité des participants ont déclaré s’appuyer sur d’« autres » sources d’information pour obtenir des informations crédibles sur les vaccins et la vaccination contre le VPH (24,9 %; n = 138) (voir tableau 1). Ils ont choisi Facebook comme deuxième source la plus utilisée (23,3 %; n = 129). Reddit est la troisième source de médias sociaux à laquelle les aidants font appel (7,8 %; n = 43), Twitter (désormais connu sous le nom de X) étant la quatrième (5,8 %; n = 32).

Les « autres » sources ont été regroupées dans le tableau 3 en deux catégories principales : les sources scientifiques et les sources non scientifiques. Il s’agit de sources autres que les médias sociaux que les participants ont indiquées comme influençant leur prise de décision sur les vaccins et la vaccination contre le VPH. Parmi les répondants qui ont choisi l’option « autre », 48,4 % (n = 105) se sont appuyés sur des sources non scientifiques, tandis que 17,1 % (n = 37) se sont appuyés sur des sources scientifiques (voir tableau 3). Parmi les sources non scientifiques, les parents ont déclaré qu’ils s’appuyaient principalement sur les informations fournies par les fournisseurs de soins de santé (17,5 %; n = 38). Les parents ont également déclaré qu’ils s’appuyaient sur des informations provenant de moteurs de recherche et de sites web (11,1 %; n = 24). Seuls 0,7 % (n = 4) se sont appuyés sur leur expérience personnelle pour obtenir des informations crédibles sur les vaccins et la vaccination contre le VPH. Enfin, 20,3 % (n = 44) des parents ont déclaré ne pas consulter les médias sociaux pour obtenir des informations sur les vaccins. Ces résultats sont résumés dans le tableau 4.

Tableau 3 : Tableau statistique des sources « autres » sur lesquelles les participants se sont appuyés pour obtenir des informations crédibles sur les vaccins et la vaccination contre le VPH
Source N Pourcentage
(%)
Pourcentage valideFootnote a
(%)
Sources non scientifiques 105 19,0 48,4
Non classable 75 13,5 34,6
Sources scientifiques 37 6,7 17,1
Total 217 39,2 100,0
Absent 337 60,8 s.o.
Total général 554 100,0 s.o.
Tableau 4 : Tableau statistique des sources non scientifiques sur lesquelles les parents se sont appuyés pour obtenir des informations crédibles sur les vaccins et la vaccination contre le VPH
Sources N Pourcentage
(%)
Pourcentage valideFootnote a
(%)
Ne consulte pas les médias sociaux pour obtenir des informations sur les vaccins 44 7,9 20,3
Fournisseurs de soins de santé 38 6,9 17,5
Sources scientifiques 37 6,7 17,1
Autres 31 5,6 14,3
Moteurs de recherche et sites web 24 4,3 11,1
Actualités et vidéos 16 2,9 7,4
Organisations de santé publique 14 2,5 6,5
Expérience personnelle 4 0,7 1,8
Blogues 1 0,2 0,5
Applications 7 1,3 3,2
Étiquetage du médicament 1 0,2 0,5
Total 217 39,2 100,0
Absent 337 60,8 s.o.
Total général 554 100,0 s.o.

Formats promotionnels utilisés pour fournir des informations sur la vaccination contre le virus du papillome humain susceptibles d’influencer la décision des parents

Les infographies ont été signalées comme le format le plus susceptible d’influencer la prise de décision des participants (n = 115). Les autres sources (p. ex., les informations provenant de professionnels de la santé et d’organisations de santé publique, et l’expérience personnelle) ont été classées en deuxième position (n = 86), les récits ou histoires (n = 67) en troisième position, et les vidéos en quatrième position (n = 50). Finalement, les images ont été classées en cinquième position (n = 19) (voir tableau 5).

Tableau 5 : Tableau statistique sur les formats promotionnels utilisés pour fournir des informations sur la vaccination contre le virus du papillome humain, classé par ordre de probabilité du plus probable « 1 » au moins probable « 5 » d’influencer la prise de décision
Formats promotionnels NFootnote a Pourcentage
(%)
Pourcentage valideFootnote b
(%)
Infographies 115 20,8 34,1
Autres 86 15,5 25,5
Récits/histoires 67 12,1 19,9
Vidéos 50 9,0 14,8
Images 19 3,4 5,6
Total 337 60,8 100,0
Absent 217 39,2 s.o.
Total général 554 100,0 s.o.

Informations prises en compte par les parents lors de leur processus de prise de décision concernant la vaccination contre le virus du papillome humain

Les effets secondaires des vaccins contre le VPH étaient le principal sujet d’information recherché par les parents lorsqu’ils prenaient des décisions concernant la vaccination contre le VPH (359 répondants ont choisi cette option), suivi des résultats (p. ex., le cancer) de l’infection par le VPH (263 répondants). Les informations sur les risques d’infection par le VPH (233 répondants) et sur la manière dont les vaccins contre le VPH sont testés (203 répondants) étaient également importantes. Les remèdes homéopathiques (29 répondants) et les calendriers alternatifs de vaccination contre le VPH (61 répondants) ont été signalés comme faisant partie des informations les moins utiles (voir le tableau 6 pour les résultats et les réponses prédéfinies). Les principaux résultats de cette étude sont résumés dans le matériel supplémentaire.

Tableau 6 : Informations recherchées par les parents lors de leur processus de prise de décision concernant la vaccination contre le virus du papillome humain
Informations recherchées par les parents pour prendre leur décision concernant la vaccination contre le VPH NFootnote a
Quels sont les effets secondaires des vaccins contre le VPH? 359
Résultats de l’infection par le VPH (p. ex., cancer) 263
Risques d’infection par le VPH 233
Comment les vaccins contre le VPH sont-ils testés? 203
Qui réglemente l’innocuité des vaccins contre le VPH? 190
Qui surveille l’innocuité des vaccins contre le VPH? 185
Est-il prudent de recevoir plus d’un vaccin en même temps? 170
Quels sont les ingrédients du vaccin contre le VPH? 169
Le vaccin contre le VPH peut-il rendre malade? 139
Qui administre le vaccin (p. ex., médecin, infirmière, etc.)? 136
Les additifs contenus dans les vaccins contre le VPH sont-ils sécuritaires? 135
Comment le calendrier de vaccination contre le VPH est-il testé? 104
Comment minimiser la douleur et la peur liées à l’injection du vaccin contre le VPH? 82
Autres calendriers de vaccination contre le VPH 61
Autres 33
Remèdes homéopathiques 29
Ne sait pas/incertain 21

Discussion

Cette étude a été menée pour identifier les sources d’informations, les formats promotionnels préférés et le type d’information que les parents d’enfants d’âge scolaire admissibles à la vaccination contre le VPH prendraient en compte au cours de leur processus de décision.

L’étude a révélé que les parents (répondants) s’appuyaient d’abord sur des sources autres que les médias sociaux pour obtenir des informations crédibles sur les vaccins et la vaccination contre le VPH. Ils considèrent leurs fournisseurs de soins de santé comme la source d’information la plus importante pour influencer leur décision concernant les vaccins et la vaccination contre le VPH pour leurs enfants. Ces résultats ont confirmé qu’en moyenne, les parents accordent plus d’importance aux informations et aux recommandations fournies par les fournisseurs de soins de santé de leurs enfants Footnote 43 qu’à ce qui est publié sur les médias sociaux. Par conséquent, les fournisseurs de soins de santé peuvent jouer un rôle crucial dans l’amélioration des taux de vaccination contre le VPH chez les enfants d’âge scolaire Footnote 44. Les répercussions de ce résultat peuvent être double. Tout d’abord, lorsque les fournisseurs de soins de santé s’inquiètent des réactions négatives potentielles des parents à une recommandation de vaccination contre le VPH, ces résultats devraient les rassurer Footnote 43. Parallèlement, les fournisseurs de soins de santé devront être prêts à fournir des informations précises sur la vaccination contre le VPH, tant aux parents favorables à la vaccination qu’à ceux qui y sont réticents Footnote 43. Deuxièmement, les inquiétudes, les hésitations et les connaissances insuffisantes d’un fournisseur de soins de santé peuvent l’empêcher d’encourager les parents à faire vacciner leurs enfants Footnote 44. Les organismes de santé publique doivent veiller à ce que les fournisseurs de soins de santé bénéficient du soutien et de la formation nécessaires pour être informés sur la vaccination contre le VPH, afin de réduire les réticences qu’ils peuvent eux-mêmes avoir à l’égard des vaccins Footnote 44.

Les parents ont également indiqué que les infographies étaient le format promotionnel le plus susceptible d’influencer leur décision concernant les vaccins et la vaccination contre le VPH. Une infographie est définie comme une représentation visuelle d’un contenu éducatif Footnote 45. Ce format est couramment utilisé pour transmettre des informations complexes, communiquer des faits scientifiques et favoriser les changements de comportement Footnote 45. Lorsqu’elles sont bien conçues, les infographies peuvent intéresser aussi bien les spécialistes que les profanes Footnote 46. Li et al. Footnote 46 suggèrent qu’une infographie bien conçue peut illustrer des concepts, clarifier des modèles de données et procurer un plaisir esthétique. Les recherches montrent que les infographies visuellement simples, lorsque le message visuel est ordonné, équilibré et clair, sont plus efficaces pour induire un changement de comportement que les messages complexes Footnote 46. Par exemple, dans une vaste étude longitudinale portant sur de jeunes adultes, Garcia-Retamero et al. Footnote 47, ont mené une intervention éducative de huit heures. Ils ont examiné l’impact de l’intervention sur l’efficacité d’un message visant à promouvoir l’utilisation du préservatif. Les auteurs ont noté que de simples brochures comportant des aides visuelles modifiaient les attitudes et les intentions comportementales aussi efficacement qu’une intervention de grande envergure. Ces résultats montrent qu’il est important de simplifier le message visuel lors de la conception d’infographies sur la vaccination contre le VPH et lorsqu’on contre les messages manipulateurs et faux.

Enfin, les effets secondaires des vaccins contre le VPH étaient le principal sujet d’information recherché par les parents au moment de prendre leur décision concernant la vaccination. Ces résultats sont conformes aux travaux antérieurs. Par exemple, une étude de l’Institut national du cancer des États-Unis a montré une augmentation du pourcentage de parents qui ont refusé le vaccin contre le VPH pour leurs enfants en raison de problèmes d’innocuité, qui est passé de 13 % en 2015 à 23 % en 2018. Toutefois, les rapports faisant état de problèmes de santé graves après la vaccination contre le VPH ont été systématiquement rares au cours de la même période Footnote 48. Les auteurs émettent l’hypothèse que les préoccupations croissantes des parents concernant la sécurité des vaccins sont à l’origine d’une utilisation accrue des médias sociaux et le recours des parents à des sources en ligne pour trouver des informations sur les vaccins. Il pourrait donc être utile de répondre en ligne aux préoccupations des parents concernant la sécurité des vaccins.

Limites

Comme la plupart des études de recherche, l’étude actuelle présente de nombreuses limites, dont les plus importantes sont les suivantes. Le processus de recrutement a été prolongé jusqu’à 11 mois en raison du risque accru de fraude résultant d’une fausse identification des participants. Cette limite a été atténuée par l’exclusion des participants qui n’ont pas répondu aux questions sociodémographiques et qui n’ont pas répondu à l’enquête dans un délai raisonnable. L’étude était en cours au début de la pandémie de COVID-19. Les participants à l’enquête peuvent avoir été sollicités plus fréquemment sur une courte période, ce qui les a amenés à fournir des réponses sous-optimales Footnote 49. Le peu d’informations recueillies sur les participants à l’étude et le pourcentage élevé d’informations manquantes pourraient affecter la validité des résultats. Pour atténuer ce biais, nous avons procédé à une sélection minutieuse des méthodes statistiques qui minimisent l’incidence des données manquantes, telles que l’inclusion du pourcentage valide dans l’analyse. Les résultats ont été obtenus à partir d’un petit échantillon d’utilisateurs de Facebook, de sorte que toute généralisation doit être contextualisée.

Conclusion

Les résultats de la présente étude suggèrent que les infographies peuvent constituer un élément de marketing social important pour informer les parents sur la vaccination des enfants d’âge scolaire contre le VPH. Ces représentations visuelles doivent être axées sur la sécurité des vaccins afin de répondre aux besoins d’information des parents. Cependant, le fait d’axer cette intervention sur les parents pourrait ne pas augmenter le taux de vaccination Footnote 50. Les infographies sont plus efficaces pour augmenter le taux de vaccination lorsqu’elles sont associées à d’autres stratégies, telles que des recommandations claires et précises des fournisseurs de soins de santé Footnote 50Footnote 51Footnote 52. Healthcare providers shoul Les fournisseurs de soins de santé doivent également connaître les informations et mésinformations courantes qui circulent dans les médias sociaux et être prêts à y remédier par des techniques éducatives appropriées, telles que l’inoculation d’attitude Footnote 53. Des recherches plus approfondies sur la manière d’utiliser les approches de marketing social pour lutter contre la mésinformation pourraient fournir des indications précieuses sur la manière d’améliorer les taux de vaccination chez les enfants d’âge scolaire.

Déclaration des auteurs

M. T. D. — Conceptualisation, méthodologie, analyse des données, rédaction de la version originale, rédaction–révision et édition
B. G. — Conceptualisation, supervision, méthodologie, analyse des données, validation, visualisation, rédaction–révision et édition
K. O. — Conceptualisation, obtention des fonds, supervision, méthodologie, analyse des données, rédaction–révision et édition
A. P. — Rédaction–révision et édition

Le contenu de cet article et les opinions qui y sont exprimées n’engagent que les auteurs et ne reflètent pas nécessairement ceux du gouvernement du Canada.

Intérêts concurrents

Les auteurs n’ont déclaré aucun conflit d’intérêts.

Identifiants ORCID

Mylène Tantchou Dipankui — 0009-0002-4393-9360
Kieran C. O’Doherty — 0000-0002-9242-2061

Remerciements

Nous remercions Lucie Marisa Bucci, Danielle Macpherson, Ruotian Xu et Emma Mallach pour leur contribution au processus de collecte des données. Nous tenons également à remercier tous les parents qui ont répondu à cette enquête pendant une période difficile.

Financement

Ce projet a été soutenu par Mitacs, l’Association canadienne de santé publique (ACSP) et Immunisation Canada.

Appendice

Du matériel supplémentaire est disponible sur demande auprès de l’auteur : mtantcho@uoguelph.ca

Creative Commons License
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 4.0 International

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2026-03-26

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