Recherche quantitative originale – Troubles concomitants de santé mentale et d’usage de substances chez les adultes canadiens pendant la pandémie de COVID-19 : une étude basée sur la population

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Publié par : L'Agence de la santé publique du Canada
Date de publication : juin 2026
ISSN: 2368-7398
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Cindy Feng, Ph. D.; Mark Asbridge, Ph. D.
https://doi.org/10.24095/hpcdp.46.6.02f
Cet article a fait l’objet d’une évaluation par les pairs.
Attribution suggérée
Article de recherche par Feng C et al. dans la Revue PSPMC mis à disposition selon les termes de la licence internationale Creative Commons Attribution 4.0
Rattachement des auteurs
Département de santé communautaire et d’épidémiologie, Faculté de médecine, Université Dalhousie, Halifax (Nouvelle-Écosse), Canada
Correspondance
Cindy Feng, Département de santé communautaire et d’épidémiologie, Faculté de médecine, Université Dalhousie, Centre de recherche clinique, 5790, Avenue Université, Halifax (Nouvelle-Écosse) B3H 1V7; tél. : 902-494-3860; courriel : cindy.feng@dal.ca
Citation proposée
Feng C, Asbridge M. Troubles concomitants de santé mentale et d’usage de substances chez les adultes canadiens pendant la pandémie de COVID-19 : une étude basée sur la population. 2026;46(6):251-264. https://doi.org/10.24095/hpcdp.46.6.02f
Résumé
Introduction. Les troubles concomitants, définis ici comme la cooccurrence de troubles de santé mentale (TSM) et de troubles liés à l’usage de substances (TUS), posent des problèmes de traitement et de santé publique. Cette étude se penche sur la prévalence et les caractéristiques associées aux TSM uniquement, aux TUS uniquement et aux troubles concomitants chez les Canadiens de 15 ans et plus pendant la pandémie de COVID-19.
Méthodologie. Nous avons analysé les données de l’Enquête sur la santé mentale et l’accès aux soins (ESMAS) de 2022, une enquête transversale menée auprès des Canadiens de 15 ans et plus vivant dans les 10 provinces (n = 9 861). Les TSM et les TUS ont été évalués à l’aide de l’Entrevue composite diagnostique internationale de l’OMS. Les répondants ont été classés en quatre groupes : aucun trouble, TSM uniquement, TUS uniquement et troubles concomitants. Une régression logistique multinomiale a permis de déterminer les caractéristiques sociodémographiques, sanitaires et liées à la pandémie associées à ces catégories de troubles, en utilisant les poids de l’enquête et des méthodes bootstrap.
Résultats. Parmi les répondants, 1,6 % présentaient des troubles concomitants, 12,2 % des TSM uniquement et 1,6 % des TUS uniquement. Les jeunes adultes, en particulier ceux de 20 à 24 ans, et les personnes issues de la communauté 2ELGBTQI+ présentaient un risque élevé de troubles concomitants. Les autres corrélats étaient un faible niveau de scolarité, une résidence en milieu rural, un faible sentiment d’appartenance et des déficiences fonctionnelles. Les facteurs de stress liés à la pandémie (solitude, difficultés financières et difficultés d’accès aux soins) ont été fortement associés aux troubles concomitants.
Conclusion. Cette étude met en évidence la prévalence et les principaux corrélats des TSM, des TUS et des troubles concomitants chez les adultes canadiens pendant la pandémie de COVID-19. Les populations vulnérables sont les jeunes, les minorités sexuelles et de genre ainsi que les personnes confrontées à l’isolement social ou à des besoins en matière de soins non satisfaits. Ces résultats soulignent l’importance d’assurer des services de santé mentale et de consommation de substances intégrés et accessibles dans le cadre du rétablissement post-pandémique du Canada.
Mots-clés : troubles concomitants, troubles de la santé mentale, troubles liés à l’usage de substances, pandémie de COVID-19
Points saillants
- La cooccurrence de troubles de la santé mentale et de troubles liés à l’usage de substances (troubles concomitants) est passée de 1,2 % en 2012 à 1,6 % en 2022.
- La prévalence des troubles en santé mentale uniquement a presque doublé, passant de 6,1 % en 2012 à 12,2 % en 2022, alors que celle des troubles liés à l’usage de substances uniquement a diminué, passant de 3,8 % à 1,6 %.
- Les troubles concomitants sont plus fréquents chez les jeunes adultes (20 à 24 ans), les personnes issues de la communauté 2ELGBTQI+ et celles qui ont un faible sentiment d’appartenance sociale.
- Les habitants des zones rurales, les personnes ayant un faible niveau de scolarité et celles dont les besoins en matière de soins n’étaient pas satisfaits présentent des taux plus élevés de ces troubles.
- Les facteurs de stress liés à la pandémie, tels que la solitude et les difficultés financières, sont fortement liés au risque pour toutes les catégories de troubles.
Introduction
Les troubles de la santé mentale (TSM) et les troubles liés à l’usage de substances (TUS) font partie des défis de santé publique les plus urgents et les plus interdépendants au mondeNote de bas de page 1Note de bas de page 2. Ces affections souvent chroniques contribuent de manière substantielle au handicap, à la réduction de la productivité et à la mortalitéNote de bas de page 1Note de bas de page 3. Au Canada, près d’une personne sur trois répond aux critères d’au moins un TSM ou d’un TUS au cours de sa vieNote de bas de page 4.
La cooccurrence fréquente des TSM et des TUS, souvent appelée troubles concomitants ou double diagnostic, est particulièrement préoccupanteNote de bas de page 5, avec une prévalence estimée à environ 1,2 % pour les 12 derniers mois, selon les données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2012Note de bas de page 6. Les troubles concomitants sont associés à des symptômes cliniques plus graves, à des résultats dans la dimension sociale plus médiocres et à des obstacles plus importants à l’obtention de soinsNote de bas de page 7Note de bas de page 8Note de bas de page 9. Les troubles concomitants résulteraient d’une interaction complexe de facteurs de risque partagés et de relations causales bidirectionnelles. Il s’agit notamment des adversités survenues au début de la vie, en particulier les traumatismes et les abusNote de bas de page 10Note de bas de page 11, l’exposition au stress chroniqueNote de bas de page 12, la vulnérabilité génétiqueNote de bas de page 13 et des voies neurobiologiques qui se chevauchentNote de bas de page 14. Les personnes souffrant de dépression ou d’anxiété non traitées peuvent se tourner vers l’usage de substances comme forme d’automédication, tandis qu’une consommation prolongée de substances peut à son tour exacerber ou précipiter une maladie mentaleNote de bas de page 14Note de bas de page 15Note de bas de page 16Note de bas de page 17Note de bas de page 18. Ces mécanismes aboutissent souvent à un cycle d’aggravation des symptômes, à des taux plus élevés de recours aux soins d’urgence et à une moindre rétention du traitement lorsque les soins sont fragmentésNote de bas de page 9Note de bas de page 19Note de bas de page 20.
Malgré l’importance clinique bien reconnue des troubles concomitants, la plupart des recherches épidémiologiques ont jusqu’à présent étudié les TSM et les TUS comme des problèmes de santé distincts, ce qui limite notre compréhension de leur chevauchement dans les populations. Une grande partie de la littérature dont on dispose est basée sur des échantillons cliniques ou en quête de traitementNote de bas de page 21Note de bas de page 22, qui sont susceptibles de ne pas refléter l’ensemble du fardeau de la maladie au sein de la population générale. Bien qu’il existe des études sur les troubles concomitants, nombre d’entre elles sont axées sur des sous-groupes particuliers tels que les adolescents, les populations cliniques ou les personnes en situation d’itinérance ou de logement précaireNote de bas de page 23Note de bas de page 24Note de bas de page 25. Au Canada, la plupart des recherches à l’échelle de la population s’appuient sur des données d’enquête recueillies il y a plus de dix ansNote de bas de page 6Note de bas de page 8, qui sont susceptibles de ne pas refléter les tendances actuelles ou l’évolution du paysage des troubles concomitants. Il existe un besoin crucial d’études actualisées, basées sur la population, afin de mieux comprendre les troubles concomitants et de soutenir une planification efficace en santé publique.
Pour comprendre ce paysage en évolution, il est essentiel de comprendre comment les déterminants sociaux et structurels ont façonné ces conditions cooccurrentesNote de bas de page 26Note de bas de page 27Note de bas de page 28. De nouvelles données indiquent que la pandémie de COVID-19 a été associée à une augmentation des symptômes de dépression et d’anxiété, de la solitude et de l’isolement social, des difficultés financières et des perturbations dans l’accès aux services de santé mentale et d’aide aux toxicomanesNote de bas de page 29Note de bas de page 30Note de bas de page 31. Ces facteurs de stress et les perturbations des services ont probablement amplifié les vulnérabilités préexistantes et interagi avec elles, contribuant à des schémas complexes et hétérogènes de TSM et de TUS au cours de cette période. Cependant, la plupart des études réalisées pendant la période pandémique ont porté séparément sur les TSM et les TUS, présentant relativement peu de données probantes basées sur la population concernant leur cooccurrenceNote de bas de page 22Note de bas de page 29Note de bas de page 30Note de bas de page 31Note de bas de page 32Note de bas de page 33Note de bas de page 34Note de bas de page 35Note de bas de page 36.
Pour combler ces lacunes, nous avons utilisé les données de l’Enquête sur la santé mentale et l’accès aux soins (ESMAS)Note de bas de page 37, une enquête menée en 2022 auprès de la population canadienne de 15 ans et plus vivant dans les 10 provinces. Recueillies au cours de la dernière phase de la pandémie de COVID-19, ces données donnent un aperçu du fardeau que représentent les TSM, les TUS et leur cooccurrence au cours d’une période de perturbation sociale et de pression sur le système de santé.
Méthodologie
Conception de l’étude et sources de données
Cette étude a analysé les données de la collection de fichiers de microdonnées à grande diffusion (FMGD) de l’ESMAS, une enquête transversale menée par Statistique Canada entre le 17 mars et le 31 juillet 2022Note de bas de page 37. La population cible comprenait les personnes de 15 ans et plus vivant dans les 10 provinces canadiennes, à l’exclusion des personnes vivant sur les réserves, des membres à temps plein des Forces canadiennes et des résidents de logements collectifs (par exemple en institution). L’ESMAS a été conçue pour évaluer la santé mentale et l’accès aux soins dans le contexte de la pandémie de COVID-19, en recueillant des renseignements détaillés sur les symptômes psychologiques, l’utilisation des services et diverses caractéristiques sociodémographiques. L’échantillon de l’ESMAS a été constitué à partir des répondants à la version longue du recensement de 2021. Sur les 39 485 ménages invités, 9 861 ont répondu à l’enquête, soit un taux de réponse de 25 %. Pour assurer la représentativité de la population des ménages dans les provinces, Statistique Canada a appliqué des poids d’échantillonnage qui tiennent compte de la complexité de la conception de l’enquête et de l’absence de réponse.
Variables et mesures de l’étude
Variable des résultats
Les TSM et les TUS ont été évalués à l’aide de l’adaptation canadienne de l’Entrevue composite diagnostique internationale de l’Organisation mondiale de la santé (CIDI-OMS)Note de bas de page 38, un outil de diagnostic normalisé et largement validé, conçu pour la recherche épidémiologique. Administrée par des enquêteurs qualifiés, la CIDI-OMS applique les critères diagnostiques du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) et de la Classification internationale des maladies (CIM) pour repérer les troubles psychiatriques.
Cette étude est axée sur les diagnostics de l’année écoulée (dans les 12 mois précédant l’enquête) afin de tenir compte de la période la plus touchée par la pandémie de COVID-19. Les TSM ont été définis comme des troubles de l’humeur ou d’anxiété (par exemple, épisode dépressif majeur, trouble bipolaire I/II, hypomanie, trouble anxieux généralisé, phobie sociale). Les TUS concernent l’abus ou la dépendance à l’alcool ou à la drogue. Chacun a été codé comme présent ou non présent, et les répondants ont été classés comme suit :
- Aucun trouble : aucun TSM ou TUS dans l’année écoulée
- TSM uniquement : un ou plusieurs TSM, mais aucun TUS au cours de l’année écoulée
- TUS uniquement : un ou plusieurs TUS, mais aucun TSM au cours de l’année écoulée
- Troubles concomitants : au moins un TSM et au moins un TUS au cours de l’année écoulée.
Covariables
Nous avons inclus un large éventail de covariables pour explorer les facteurs individuels, sociaux et contextuels associés aux troubles, regroupés comme suit :
Caractéristiques démographiques et socioéconomiques
- Âge : 15 à 19 ans, 20 à 24 ans, 25 à 29 ans, 30 à 34 ans, 35 à 44 ans, 45 à 54 ans, 55 à 64 ans et 65 ans et plus.
- Genre : Hommes+ et Femmes+, sur la base de la variable de genre dérivée de Statistique Canada. Dans l’ESMAS, les dossiers des répondants non binaires sont répartis de manière aléatoire entre ces deux catégories pour des raisons de confidentialité et les données ventilées pour les personnes non binaires ne sont pas disponibles.
- Appartenance à la communauté 2ELGBTQI+ : personne appartenant à la communauté 2ELGBTQI+; personnes n’appartenant pas à la communauté 2ELGBTQI+.
- État matrimonial : marié(e) ou en union libre; jamais marié(e); veuf(ve), séparé(e) ou divorcé(e).
- Niveau de scolarité : moins que le secondaire; diplôme d’études secondaires; diplôme de métier, collège, ou université inférieur au baccalauréat; diplôme de baccalauréat ou supérieur.
- Revenu du ménage : faible (< 30 000 $); moyen (30 000 à 99 999 $); élevé (≥ 100 000 $).
- Milieu de résidence (en fonction de la taille de la population) : milieu rural (< 1 000 habitants); petit centre de population (1 000 à 29 999 habitants); centre de population de taille moyenne (30 000 à 99 999 habitants); grand centre urbain (≥ 100 000 habitants).
Facteurs psychosociaux
- Sentiment d’appartenance sociale : très fort; assez fort; assez faible; très faible.
État de santé et besoins perçus
- Déficience fonctionnelle : mesurée à l’aide de l’Échelle d’évaluation du handicap de l’Organisation mondiale de la santé (WHO Disability Assessment Schedule, WHODAS) 2.0Note de bas de page 39, qui évalue les limitations dans six domaines (mobilité, soins personnels, participation sociale, etc.). Les scores vont de 0 à 40, les plus élevés indiquant une déficience plus importante.
- Pour les besoins perçus en matière de soins de santé mentale au cours de l’année écoulée, les répondants ont été classés en quatre catégories mutuellement exclusives.
- Aucun besoin perçu : aucun besoin perçu, aucun soin reçu
- Besoins satisfaits en totalité : besoin de soins, soins reçus en totalité
- Besoins partiellement satisfaits : certains soins reçus, mais jugés insuffisants
- Besoins non satisfaits : besoin perçu, aucun soin reçu.
Facteurs de stress liés à la COVID-19
Pour les facteurs de stress liés à la COVID-19, trois variables binaires ont permis d’établir les facteurs de stress propres à la pandémie. On a demandé aux répondants si, en raison de la pandémie de COVID-19, ils avaient : 1) connu des difficultés financières (impact financier : oui ou non), 2) eu du mal à accéder aux soins de santé mentale nécessaires (obstacles à l’accès : oui ou non) et 3) ressentis de la solitude et de l’isolement en raison de la pandémie (solitude : oui ou non).
Analyse statistique
Des statistiques descriptives ont été utilisées pour présenter les caractéristiques de l’échantillon dans son ensemble et par catégories de TSM et de TUS. Les variables continues sont présentées sous forme de médianes et d’écarts interquartiles. Les variables catégorielles ont été synthétisées à l’aide de fréquences et de pourcentages pondérés.
Une régression logistique multinomiale a été utilisée pour comparer trois groupes de diagnostics (TSM uniquement, TUS uniquement, troubles concomitants) à un groupe de référence primaire d’absence de troubles. Pour différencier davantage les troubles concomitants des troubles considérés isolément, nous avons réajusté les modèles en utilisant les TSM uniquement et les TUS uniquement comme groupes de référence de substitution. Cette stratégie permet de distinguer les corrélats associés à n’importe quel trouble (par opposition à une absence de trouble) de ceux qui sont plus spécifiques aux troubles concomitants (par rapport aux TSM uniquement ou aux TUS uniquement). Des modèles unidimensionnels ont été ajustés pour chaque covariable, suivis d’un modèle multivariable incluant toutes les covariables. Les risques relatifs (RR) et les RR ajustés (RRa) ainsi que leurs intervalles de confiance (IC) à 95 % ont été rapportés.
Toutes les analyses ont été réalisées avec Stata version 18 (StataCorp LLC, College Station, Texas, États-Unis). Des pondérations de l’enquête au niveau de l’individu ont été appliquées pour obtenir des estimations représentatives de la population. L’estimation de la variance et les IC à 95 % reposent sur les réplications de poids bootstrap fournies par l’ESMAS, mises en œuvre avec les procédures d’enquête de Stata pour la conception des réplications bootstrap, qui tiennent compte de la conception d’échantillonnage complexe.
Approbation éthique
Cette étude a utilisé des données secondaires dépersonnalisées et accessibles au public provenant de l’ESMAS. Selon l’Énoncé de politique des trois Conseils (EPTC 2), les recherches utilisant des données secondaires anonymes et accessibles au public sont exemptées d’évaluation éthique institutionnelle.
Résultats
Le tableau 1 offre une synthèse des caractéristiques des participants par catégorie de diagnostic. La plupart des répondants (84,6 %) n’ont fait état d’aucun TSM et d’aucun TUS au cours de l’année écoulée, 12,2 % ont mentionné des TSM uniquement, 1,6 % des TUS uniquement et 1,6 % des troubles concomitants. Les risques de troubles concomitants étaient les plus élevés chez les adultes de 20 à 24 ans (6,2 %) et les répondants appartenant à la communauté 2ELGBTQI+ (8,3 %) et ils étaient plus fréquents chez les individus jamais mariés, les personnes ayant un faible niveau de scolarité et celles vivant en milieu rural. Une prévalence plus élevée de troubles concomitants a également été observée chez les participants faisant état d’un faible sentiment d’appartenance sociale, des problèmes de santé physiques chroniques, une déficience fonctionnelle plus importante et des besoins non satisfaits en matière de soins de santé mentale. Les facteurs de stress liés à la pandémie, notamment la solitude, les contraintes financières et les obstacles en matière d’accès, ont été mentionnés plus souvent chez les personnes souffrant de troubles concomitants.
| Variable | Catégorie | Aucun trouble (n = 7 236) n (%) |
TSM uniquement (n = 1 043) n (%) |
TUS uniquement (n = 133) n (%) |
Troubles concomitants (n = 137) n (%) |
Total (n = 8 549) n (%) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Caractéristiques démographiques et socioéconomiques | ||||||
| Groupe d’âge (n = 8 549) |
15 à 19 ans | 584 (70,0 %) | 188 (24,3 %) | 12 (2,0 %) | 18 (3,8 %) | 802 |
| 20 à 24 ans | 687 (66,9 %) | 242 (22,3 %) | 38 (4,7 %) | 51 (6,2 %) | 1 018 | |
| 25 à 29 ans | 362 (73,0 %) | 105 (20,9 %) | 8 (1,7 %) | 18 (4,4 %) | 493 | |
| 30 à 34 ans | 472 (76,3 %) | 83 (16,3 %) | 14 (4,1 %) | 13 (3,3 %) | 582 | |
| 35 à 44 ans | 1 042 (81,9 %) | 134 (14,2 %) | 18 (1,9 %) | 18 (2,1 %) | 1 212 | |
| 45 à 54 ans | 926 (84,5 %) | 111 (12,4 %) | 15 (2,0 %) | 9 (1,1 %) | 1 061 | |
| 55 à 64 ans | 1 028 (89,7 %) | 95 (9,0 %) | 8 (0,7 %) | 6 (0,6 %) | 1 137 | |
| 65 ans et plus | 2 135 (94,4 %) | 85 (4,5 %) | 20 (0,9 %) | 4 (0,2 %) | 2 244 | |
| Genre (n = 8 536) |
Femmes+ | 3 449 (79,9 %) | 690 (16,9 %) | 36 (1,1 %) | 66 (2,1 %) | 4 241 |
| Hommes+ | 3 776 (86,4 %) | 351 (9,0 %) | 97 (2,7 %) | 71 (2,0 %) | 4 295 | |
| Appartenance à la communauté 2ELGBTQI+ (n = 8 307) |
Non | 6 731 (85,0 %) | 844 (11,6 %) | 118 (1,8 %) | 96 (1,6 %) | 7 789 |
| Oui | 297 (56,1 %) | 170 (33,2 %) | 12 (2,4 %) | 39 (8,3 %) | 518 | |
| État matrimonial (n = 8 508) |
Marié(e) ou en union libre | 4 248 (88,4 %) | 345 (9,6 %) | 48 (1,2 %) | 27 (0,8 %) | 4 668 |
| Jamais marié(e) | 2 054 (72,4 %) | 594 (20,3 %) | 72 (3,1 %) | 95 (4,2 %) | 2 815 | |
| Veuf(ve), séparé(e) ou divorcé(e) | 904 (85,1 %) | 97 (11,1 %) | 11 (1,8 %) | 13 (2,0 %) | 1 025 | |
| Niveau de scolarité (n = 8 360) |
Moins que le secondaire | 617 (78,7 %) | 125 (15,9 %) | 10 (2,1 %) | 15 (3,3 %) | 767 |
| Diplôme d’études secondaires | 1 545 (79,2 %) | 310 (15,5 %) | 42 (2,5 %) | 55 (2,8 %) | 1 952 | |
| Diplôme de métier, collège, ou université inférieur au baccalauréat | 2 132 (83,7 %) | 281 (12,4 %) | 45 (1,9 %) | 40 (1,9 %) | 2 498 | |
| Baccalauréat ou niveau supérieur | 2 776 (86,9 %) | 310 (10,9 %) | 32 (1,2 %) | 25 (1,0 %) | 3 143 | |
| Revenu du ménage (n = 8 497) |
Faible revenu | 467 (79,8 %) | 71 (15,9 %) | 10 (1,8 %) | 9 (2,5 %) | 557 |
| Revenu moyen | 2 804 (83,8 %) | 348 (11,8 %) | 47 (1,9 %) | 57 (2,5 %) | 3 256 | |
| Revenu élevé | 3 922 (82,9 %) | 615 (13,6 %) | 76 (1,9 %) | 71 (1,6 %) | 4 684 | |
| Milieu de résidence (n = 8 549) |
Milieu rural (< 1000 habitants) | 954 (84,0 %) | 121 (11,2 %) | 26 (2,5 %) | 20 (2,3 %) | 1 121 |
| Petit centre de population (1 000 à 29 999 habitants) | 627 (80,3 %) | 101 (15,1 %) | 12 (1,9 %) | 17 (2,6 %) | 757 | |
| Centre de population de taille moyenne (30 000 à 99 999 habitants) |
517 (83,9 %) | 77 (13,1 %) | 9 (1,6 %) | 9 (1,4 %) | 612 | |
| Grand centre urbain (≥ 100 000 habitants) | 5 138 (83,2 %) | 744 (13,1 %) | 86 (1,7 %) | 91 (1,9 %) | 6 059 | |
| Facteurs psychosociaux | ||||||
| Sentiment d’appartenance (n = 8 362) |
Très fort | 1 326 (92,7 %) | 73 (5,5 %) | 13 (1,5 %) | 4 (0,4 %) | 1 416 |
| Assez fort | 3 554 (87,2 %) | 387 (9,7 %) | 63 (1,8 %) | 45 (1,2 %) | 4 049 | |
| Légèrement faible | 1 720 (75,7 %) | 393 (19,0 %) | 40 (1,9 %) | 58 (3,4 %) | 2 211 | |
| Très faible | 473 (65,9 %) | 168 (26,0 %) | 16 (3,0 %) | 29 (5,1 %) | 686 | |
| État de santé et besoins perçus | ||||||
| Déficience fonctionnelle (n = 8 217) |
Score de handicap WHODAS 2.0 de l’OMS | 0 (6) | 11 (19) | 3 (11) | 14 (19) | 3 (8) |
| Besoins perçus (n = 8 301) |
Aucun besoin perçu en matière de santé mentale | 5 998 (93,2 %) | 305 (4,8 %) | 78 (1,4 %) | 27 (0,5 %) | 6 408 |
| Besoins satisfaits en totalité | 674 (63,5 %) | 308 (28,9 %) | 27 (3,0 %) | 42 (4,6 %) | 1 051 | |
| Besoins partiellement satisfaits | 189 (38,5 %) | 249 (50,4 %) | 16 (3,3 %) | 34 (7,9 %) | 488 | |
| Besoins non satisfaits | 202 (56,5 %) | 126 (34,4 %) | 7 (2,8 %) | 19 (6,3 %) | 354 | |
| Facteurs de stress liés à la COVID-19 | ||||||
| Impact financier (n = 8 487) |
Non | 5 751 (85,9 %) | 706 (11,2 %) | 81 (1,5 %) | 69 (1,4 %) | 6 607 |
| Oui | 1 434 (74,0 %) | 329 (18,8 %) | 49 (3,0 %) | 68 (4,1 %) | 1 880 | |
| Obstacles en matière d’accès (n = 8 487) |
Non | 6 017 (85,3 %) | 744 (11,2 %) | 106 (2,0 %) | 80 (1,5 %) | 6 947 |
| Oui | 1 168 (74,2 %) | 291 (20,3 %) | 24 (1,4 %) | 57 (4,1 %) | 1 540 | |
| Solitude (n = 8 487) |
Non | 4 177 (92,8 %) | 215 (5,4 %) | 40 (1,2 %) | 18 (0,6 %) | 4 450 |
| Oui | 3 008 (73,0 %) | 820 (20,9 %) | 90 (2,5 %) | 119 (3,5 %) | 4 037 | |
Le tableau S1 (matériel supplémentaire) présente les RR non ajustés issus de la régression multinomiale unidimensionnelle. L’appartenance à un groupe d’âge plus jeune, l’appartenance à la communauté 2ELGBTQI+, le fait de n’avoir jamais été marié, un faible niveau de revenu et de scolarité, une résidence en milieu rural, un faible niveau d’appartenance sociale, un handicap plus important, des besoins non satisfaits en matière de soins de santé mentale et tous les facteurs de stress liés à la pandémie sont associés à un risque plus élevé de troubles concomitants.
Le tableau 2 présente les RRa des modèles multinomiaux multivariables. La figure 1 présente les RRa pour chaque catégorie de troubles en utilisant « aucun trouble » comme groupe de référence et la figure S1 (documents supplémentaires) présente les RRa pour les modèles utilisant « TSM uniquement » et « TUS uniquement » comme groupes de référence de substitution. L’appartenance à un groupe d’âge plus jeune est systématiquement associée à un risque plus élevé de toutes les catégories de troubles par rapport aux adultes plus âgés (65 ans et plus). Le risque de troubles concomitants est particulièrement élevé chez les 20 à 24 ans (RRa = 32,48; IC à 95 % : 20,73 à 50,91). Par rapport aux personnes souffrant uniquement de TSM, ce groupe d’âge présente un risque presque six fois plus élevé de troubles concomitants (RRa = 5,99). Par rapport aux personnes souffrant uniquement de TUS, le risque de troubles concomitants est également beaucoup plus élevé chez les jeunes adultes, en particulier ceux de 25 à 29 ans (RRa = 16,99) et de 20 à 24 ans (RRa = 9,38), ce qui indique que le début de l’âge adulte est une période critique pour la cooccurrence des troubles.
| Variable | Catégorie | TSM uniquement par rapport à aucun trouble RRa (IC à 95 %) |
TUS uniquement par rapport à aucun trouble RRa (IC à 95 %) |
Troubles concomitants par rapport à aucun trouble RRa (IC à 95 %) |
Troubles concomitants par rapport à TSM uniquement RRa (IC à 95 %) |
Troubles concomitants par rapport à TUS uniquement RRa (IC à 95 %) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Caractéristiques démographiques et socioéconomiques | ||||||
| Âge (réf. : 65 ans et plus) |
15 à 19 ans | 5,24 (4,34 à 6,32)Note de bas de page *** | 1,41 (1,01 à 1,97)Note de bas de page * | 10,00 (6,11 à 16,37)Note de bas de page *** | 1,91 (1,15 à 3,17)Note de bas de page ** | 7,11 (3,96 à 12,77)Note de bas de page *** |
| 20 à 24 ans | 5,42 (4,57 à 6,43)Note de bas de page *** | 3,46 (2,48 à 4,84)Note de bas de page *** | 32,48 (20,73 à 50,91)Note de bas de page *** | 5,99 (3,78 à 9,49)Note de bas de page *** | 9,38 (5,42 à 16,23)Note de bas de page *** | |
| 25 à 29 ans | 5,05 (4,25 à 5,99)Note de bas de page *** | 1,19 (0,78 à 1,80) | 22,08 (14,11 à 34,55)Note de bas de page *** | 3,99 (2,51 à 6,34)Note de bas de page *** | 16,99 (9,31 à 31,00)Note de bas de page *** | |
| 30 à 34 ans | 4,23 (3,59 à 4,98)Note de bas de page *** | 4,62 (3,27 à 6,51)Note de bas de page *** | 18,42 (11,60 à 29,23)Note de bas de page *** | 4,36 (2,72 à 6,99)Note de bas de page *** | 3,99 (2,27 à 7,00)Note de bas de page *** | |
| 35 à 44 ans | 3,19 (2,76 à 3,69)Note de bas de page *** | 1,36 (1,00 à 1,84)Note de bas de page * | 10,08 (6,62 à 15,35)Note de bas de page *** | 3,16 (2,05 à 4,87)Note de bas de page *** | 7,42 (4,47 à 12,31)Note de bas de page *** | |
| 45 à 54 ans | 2,86 (2,47 à 3,32)Note de bas de page *** | 2,39 (1,77 à 3,22)Note de bas de page *** | 5,30 (3,35 à 8,40)Note de bas de page *** | 1,85 (1,16 à 2,97)Note de bas de page ** | 2,22 (1,29 à 3,84)Note de bas de page *** | |
| 55 à 64 ans | 1,84 (1,59 à 2,13)Note de bas de page *** | 0,50 (0,34 à 0,74)Note de bas de page *** | 1,83 (1,12 à 3,00)Note de bas de page * | 1,00 (0,60 à 1,65) | 3,63 (1,98 à 6,66)Note de bas de page *** | |
| Genre (réf. : femmes+) | Hommes+ | 0,64 (0,59 à 0,68)Note de bas de page *** | 3,40 (2,89 à 4,01)Note de bas de page *** | 1,01 (0,85 à 1,19) | 1,59 (1,34 à 1,88)Note de bas de page *** | 0,30 (0,24 à 0,37)Note de bas de page *** |
| Appartenance à la communauté 2ELGBTQI+ (réf. : non) | Oui | 1,16 (1,03 à 1,31)Note de bas de page * | 0,88 (0,69 à 1,13) | 1,67 (1,37 à 2,03)Note de bas de page *** | 1,44 (1,19 à 1,74)Note de bas de page *** | 1,89 (1,40 à 2,55)Note de bas de page *** |
| État matrimonial (réf. : marié(e) ou en union libre) | Jamais marié(e) | 1,04 (0,93 à 1,15) | 2,09 (1,72 à 2,54)Note de bas de page *** | 1,64 (1,30 à 2,06)Note de bas de page *** | 1,58 (1,26 à 1,99)Note de bas de page *** | 0,78 (0,58 à 1,05) |
| Veuf(ve)/divorcé(e)/séparé(e) | 1,00 (0,89 à 1,13) | 2,58 (1,94 à 3,43)Note de bas de page *** | 2,51 (1,89 à 3,33)Note de bas de page *** | 2,50 (1,89 à 3,31)Note de bas de page *** | 0,97 (0,66 à 1,44) | |
| Niveau de scolarité (réf. : moins que le secondaire) |
Diplôme d’études secondaires | 0,71 (0,62 à 0,81)Note de bas de page *** | 0,88 (0,63 à 1,23) | 0,42 (0,32 à 0,54)Note de bas de page *** | 0,59 (0,45 à 0,77)Note de bas de page *** | 0,47 (0,32 à 0,71)Note de bas de page *** |
| Diplôme de métier, collège, ou université inférieur au baccalauréat | 0,66 (0,57 à 0,77)Note de bas de page *** | 0,87 (0,61 à 1,23) | 0,44 (0,34 à 0,58)Note de bas de page *** | 0,67 (0,50 à 0,90)Note de bas de page ** | 0,51 (0,33 à 0,78)Note de bas de page *** | |
| Baccalauréat ou niveau supérieur | 0,50 (0,43 à 0,58)Note de bas de page *** | 0,42 (0,30 à 0,61)Note de bas de page *** | 0,20 (0,15 à 0,27)Note de bas de page *** | 0,40 (0,30 à 0,55)Note de bas de page *** | 0,47 (0,30 à 0,74)Note de bas de page *** | |
| Revenu du ménage (réf. : faible) |
Moyen | 1,04 (0,89 à 1,21) | 1,72 (1,21 à 2,44)Note de bas de page ** | 0,94 (0,69 à 1,27) | 0,90 (0,66 à 1,23) | 0,55 (0,35 à 0,86)Note de bas de page ** |
| Élevé | 1,32 (1,13 à 1,53)Note de bas de page *** | 1,68 (1,18 à 2,39)Note de bas de page ** | 0,76 (0,57 à 1,03) | 0,58 (0,42 à 0,79)Note de bas de page *** | 0,45 (0,29 à 0,72)Note de bas de page *** | |
| Milieu de résidence (réf. : grand centre urbain [≥ 100 000 habitants]) |
Milieu rural (< 1000 habitants) |
1,12 (1,02 à 1,24)Note de bas de page * | 1,92 (1,59 à 2,32)Note de bas de page *** | 2,35 (1,89 à 2,93)Note de bas de page *** | 2,09 (1,68 à 2,61)Note de bas de page *** | 1,22 (0,92 à 1,63) |
| Petit centre (1000 à 29 999 habitants) |
1,60 (1,44 à 1,78)Note de bas de page *** | 1,24 (0,96 à 1,60) | 2,43 (1,94 à 3,05)Note de bas de page *** | 1,52 (1,21 à 1,91)Note de bas de page *** | 1,96 (1,41 à 2,74)Note de bas de page *** | |
| Centre de taille moyenne (30 000 à 99 999 habitants) |
1,23 (1,08 à 1,39)Note de bas de page ** | 0,32 (0,23 à 0,45)Note de bas de page *** | 0,51 (0,37 à 0,71)Note de bas de page *** | 0,42 (0,30 à 0,58)Note de bas de page *** | 1,60 (1,01 à 2,54)Note de bas de page ** | |
| Facteurs psychosociaux | ||||||
| Sentiment d’appartenance sociale (réf. : très fort) |
Assez fort | 1,26 (1,11 à 1,43)Note de bas de page *** | 1,46 (1,09 à 1,96)Note de bas de page * | 1,72 (1,16 à 2,56)Note de bas de page ** | 1,37 (0,92 à 2,04) | 1,18 (0,72 à 1,92) |
| Légèrement faible | 2,10 (1,84 à 2,38)Note de bas de page *** | 1,44 (1,06 à 1,95)Note de bas de page * | 3,41 (2,33 à 4,99)Note de bas de page *** | 1,63 (1,11 à 2,38)Note de bas de page ** | 2,37 (1,46 à 3,87)Note de bas de page *** | |
| Très faible | 2,45 (2,10 à 2,85)Note de bas de page *** | 1,49 (1,02 à 2,17)Note de bas de page * | 4,78 (3,20 à 7,13)Note de bas de page *** | 1,95 (1,32 à 2,89)Note de bas de page *** | 3,20 (1,88 à 5,46)Note de bas de page *** | |
| État de santé et besoins perçus | ||||||
| Déficience fonctionnelle | Score de handicap WHODAS 2.0 de l’OMS | 1,05 (1,05 à 1,06)Note de bas de page *** | 1,02 (1,01 à 1,03)Note de bas de page *** | 1,06 (1,06 à 1,07)Note de bas de page *** | 1,01 (1,00 à 1,02)Note de bas de page ** | 1,04 (1,03 à 1,05)Note de bas de page *** |
| Besoins perçus (réf. : aucun besoin perçu) | Besoins satisfaits en totalité | 4,39 (4,03 à 4,79)Note de bas de page *** | 2,49 (2,08 à 2,98)Note de bas de page *** | 4,25 (3,43 à 5,27)Note de bas de page *** | 0,97 (0,77 à 1,21) | 1,71 (1,30 à 2,24)Note de bas de page *** |
| Besoins partiellement satisfaits | 9,27 (8,30 à 10,36)Note de bas de page *** | 4,98 (3,92 à 6,34)Note de bas de page *** | 6,07 (4,66 à 7,92)Note de bas de page *** | 0,66 (0,50 à 0,86)Note de bas de page *** | 1,22 (0,87 à 1,70) | |
| Besoins non satisfaits | 4,48 (3,92 à 5,13)Note de bas de page *** | 1,22 (0,86 à 1,72) | 5,26 (3,98 à 6,95)Note de bas de page *** | 1,17 (0,88 à 1,56) | 4,32 (2,82 à 6,61)Note de bas de page *** | |
| Facteurs de stress liés à la COVID-19 | ||||||
| Impact financier (réf. : non) |
Oui | 1,18 (1,09 à 1,27)Note de bas de page *** | 1,39 (1,18 à 1,63)Note de bas de page *** | 1,63 (1,38 à 1,93)Note de bas de page *** | 1,38 (1,17 à 1,64)Note de bas de page *** | 1,18 (0,94 à 1,48) |
| Obstacles à l’accès (réf. : non) |
Oui | 0,81 (0,75 à 0,89)Note de bas de page *** | 0,53 (0,44 à 0,64)Note de bas de page *** | 1,48 (1,24 à 1,76)Note de bas de page *** | 1,81 (1,52 à 2,16)Note de bas de page *** | 2,77 (2,17 à 3,52)Note de bas de page *** |
| Solitude (réf. : non) |
Oui | 2,33 (2,14 à 2,53)Note de bas de page *** | 2,26 (1,90 à 2,69)Note de bas de page *** | 2,89 (2,35 à 3,56)Note de bas de page *** | 1,24 (0,99 à 1,56) | 1,28 (0,98 à 1,67) |
Figure 1 : Texte descriptif
| Variable | Résultat | RRa | Limite inférieure de l’IC | Limite supérieure de l’IC |
|---|---|---|---|---|
| Âge : 15 à 19 ans (réf. : 65 ans et plus) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 5,24 | 4,34 | 6,32 |
| Âge : 15 à 19 ans (réf. : 65 ans et plus) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 1,41 | 1,01 | 1,97 |
| Âge : 15 à 19 ans (réf. : 65 ans et plus) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 10,00 | 6,11 | 16,37 |
| Âge : 20 à 24 ans (réf. : 65 ans et plus) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 5,42 | 4,57 | 6,43 |
| Âge : 20 à 24 ans (réf. : 65 ans et plus) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 3,46 | 2,48 | 4,84 |
| Âge : 20 à 24 ans (réf. : 65 ans et plus) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 32,48 | 20,73 | 50,91 |
| Âge : 25 à 29 ans (réf. : 65 ans et plus) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 5,05 | 4,25 | 5,99 |
| Âge : 25 à 29 ans (réf. : 65 ans et plus) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 1,19 | 0,78 | 1,80 |
| Âge : 25 à 29 ans (réf. : 65 ans et plus) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 22,08 | 14,11 | 34,55 |
| Âge : 30 à 34 ans (réf. : 65 ans et plus) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 4,23 | 3,59 | 4,98 |
| Âge : 30 à 34 ans (réf. : 65 ans et plus) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 4,62 | 3,27 | 6,51 |
| Âge : 30 à 34 ans (réf. : 65 ans et plus) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 18,42 | 11,60 | 29,23 |
| Âge : 35 à 44 ans (réf. : 65 ans et plus) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 3,19 | 2,76 | 3,69 |
| Âge : 35 à 44 ans (réf. : 65 ans et plus) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 1,36 | 1,00 | 1,84 |
| Âge : 35 à 44 ans (réf. : 65 ans et plus) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 10,08 | 6,62 | 15,35 |
| Âge : 45 à 54 ans (réf. : 65 ans et plus) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 2,86 | 2,47 | 3,32 |
| Âge : 45 à 54 ans (réf. : 65 ans et plus) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 2,39 | 1,77 | 3,22 |
| Âge : 45 à 54 ans (réf. : 65 ans et plus) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 5,30 | 3,35 | 8,40 |
| Âge : 55 à 64 ans (réf. : 65 ans et plus) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 1,84 | 1,59 | 2,13 |
| Âge : 55 à 64 ans (réf. : 65 ans et plus) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 0,50 | 0,34 | 0,74 |
| Âge : 55 à 64 ans (réf. : 65 ans et plus) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 1,83 | 1,12 | 3,00 |
| Genre : hommes+ (réf. : femmes+) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 0,64 | 0,59 | 0,68 |
| Genre : hommes+ (réf. : femmes+) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 3,40 | 2,89 | 4,01 |
| Genre : hommes+ (réf. : femmes+) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 1,01 | 0,85 | 1,19 |
| 2ELGBTQI+: oui (réf. : non) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 1,16 | 1,03 | 1,31 |
| 2ELGBTQI+: oui (réf. : non) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 0,88 | 0,69 | 1,13 |
| 2ELGBTQI+: oui (réf. : non) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 1,67 | 1,37 | 2,03 |
| État matrimonial : jamais marié(e) (réf. : marié(e) ou en union libre) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 1,04 | 0,93 | 1,15 |
| État matrimonial : jamais marié(e) (réf. : marié(e) ou en union libre) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 2,09 | 1,72 | 2,54 |
| État matrimonial : jamais marié(e) (réf. : marié(e) ou en union libre) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 1,64 | 1,30 | 2,06 |
| État matrimonial : séparé(e), divorcé(e) ou veuf(ve) (réf. : marié(e) ou en union libre) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 1,00 | 0,89 | 1,13 |
| État matrimonial : séparé(e), divorcé(e) ou veuf(ve) (réf. : marié(e) ou en union libre) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 2,58 | 1,94 | 3,43 |
| État matrimonial : séparé(e), divorcé(e) ou veuf(ve) (réf. : marié(e) ou en union libre) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 2,51 | 1,89 | 3,33 |
| Scolarité : diplôme d’études secondaires (réf. : moins que le secondaire) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 0,71 | 0,62 | 0,81 |
| Scolarité : diplôme d’études secondaires (réf. : moins que le secondaire) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 0,88 | 0,63 | 1,23 |
| Scolarité : diplôme d’études secondaires (réf. : moins que le secondaire) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 0,42 | 0,32 | 0,54 |
| Scolarité : diplôme de métier, collège, université inférieur au baccalauréat (réf. : moins que le secondaire) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 0,66 | 0,57 | 0,77 |
| Scolarité : diplôme de métier, collège, université inférieur au baccalauréat (réf. : moins que le secondaire) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 0,87 | 0,61 | 1,23 |
| Scolarité : diplôme de métier, collège, université inférieur au baccalauréat (réf. : moins que le secondaire) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 0,44 | 0,34 | 0,58 |
| Scolarité : baccalauréat ou niveau supérieur (réf. : moins que le secondaire) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 0,50 | 0,43 | 0,58 |
| Scolarité : baccalauréat ou niveau supérieur (réf. : moins que le secondaire) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 0,42 | 0,30 | 0,61 |
| Scolarité : baccalauréat ou niveau supérieur (réf. : moins que le secondaire) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 0,20 | 0,15 | 0,27 |
| Revenu du ménage : moyen (réf. : faible) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 1,04 | 0,89 | 1,21 |
| Revenu du ménage : moyen (réf. : faible) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 1,72 | 1,21 | 2,44 |
| Revenu du ménage : moyen (réf. : faible) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 0,94 | 0,69 | 1,27 |
| Revenu du ménage : élevé (réf. : faible) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 1,32 | 1,13 | 1,53 |
| Revenu du ménage : élevé (réf. : faible) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 1,68 | 1,18 | 2,39 |
| Revenu du ménage : élevé (réf. : faible) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 0,76 | 0,57 | 1,03 |
| Milieu de résidence : rural (réf. : grand centre urbain [(≥ 100 000]) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 1,12 | 1,02 | 1,24 |
| Milieu de résidence : rural (réf. : grand centre urbain [(≥ 100 000]) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 1,92 | 1,59 | 2,32 |
| Milieu de résidence : rural (réf. : grand centre urbain [(≥ 100 000]) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 2,35 | 1,89 | 2,93 |
| Milieu de résidence : petit centre (1000 à 29 999) (réf. : grand centre urbain [(≥ 100 000]) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 1,60 | 1,44 | 1,78 |
| Milieu de résidence : petit centre (1000 à 29 999) (réf. : grand centre urbain [(≥ 100 000]) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 1,24 | 0,96 | 1,60 |
| Milieu de résidence : petit centre (1000 à 29 999) (réf. : grand centre urbain [(≥ 100 000]) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 2,43 | 1,94 | 3,05 |
| Milieu de résidence : centre moyen (30 000 à 99 999) (réf. : grand centre urbain [(≥ 100 000]) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 1,23 | 1,08 | 1,39 |
| Milieu de résidence : centre moyen (30 000 à 99 999) (réf. : grand centre urbain [(≥ 100 000]) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 0,32 | 0,23 | 0,45 |
| Milieu de résidence : centre moyen (30 000 à 99 999) (réf. : grand centre urbain [(≥ 100 000]) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 0,51 | 0,37 | 0,71 |
| Sentiment d’appartenance sociale : assez fort (réf. : très fort) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 1,26 | 1,11 | 1,43 |
| Sentiment d’appartenance sociale : assez fort (réf. : très fort) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 1,46 | 1,09 | 1,96 |
| Sentiment d’appartenance sociale : assez fort (réf. : très fort) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 1,72 | 1,16 | 2,56 |
| Sentiment d’appartenance sociale : légèrement faible (réf. : très fort) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 2,10 | 1,84 | 2,38 |
| Sentiment d’appartenance sociale : légèrement faible (réf. : très fort) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 1,44 | 1,06 | 1,95 |
| Sentiment d’appartenance sociale : légèrement faible (réf. : très fort) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 3,41 | 2,33 | 4,99 |
| Sentiment d’appartenance sociale : très faible (réf. : très fort) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 2,45 | 2,10 | 2,85 |
| Sentiment d’appartenance sociale : très faible (réf. : très fort) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 1,49 | 1,02 | 2,17 |
| Sentiment d’appartenance sociale : très faible (réf. : très fort) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 4,78 | 3,20 | 7,13 |
| Score de handicap WHODAS 2.0 de l’OMS (par unité) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 1,05 | 1,05 | 1,06 |
| Score de handicap WHODAS 2.0 de l’OMS (par unité) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 1,02 | 1,01 | 1,03 |
| Score de handicap WHODAS 2.0 de l’OMS (par unité) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 1,06 | 1,06 | 1,07 |
| Besoins perçus : besoins satisfaits en totalité (réf. : aucun besoin perçu) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 4,39 | 4,03 | 4,79 |
| Besoins perçus : besoins satisfaits en totalité (réf. : aucun besoin perçu) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 2,49 | 2,08 | 2,98 |
| Besoins perçus : besoins satisfaits en totalité (réf. : aucun besoin perçu) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 4,25 | 3,43 | 5,27 |
| Besoins perçus : besoins partiellement satisfaits (réf. : aucun besoin perçu) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 9,27 | 8,30 | 10,36 |
| Besoins perçus : besoins partiellement satisfaits (réf. : aucun besoin perçu) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 4,98 | 3,92 | 6,34 |
| Besoins perçus : besoins partiellement satisfaits (réf. : aucun besoin perçu) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 6,07 | 4,66 | 7,92 |
| Besoins perçus : besoins non satisfaits (réf. : aucun besoin perçu) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 4,48 | 3,92 | 5,13 |
| Besoins perçus : besoins non satisfaits (réf. : aucun besoin perçu) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 1,22 | 0,86 | 1,72 |
| Besoins perçus : besoins non satisfaits (réf. : aucun besoin perçu) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 5,26 | 3,98 | 6,95 |
| Impact financier : oui (réf. : non) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 1,18 | 1,09 | 1,27 |
| Impact financier : oui (réf. : non) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 1,39 | 1,18 | 1,63 |
| Impact financier : oui (réf. : non) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 1,63 | 1,38 | 1,93 |
| Obstacles à l’accès : oui (réf. : non) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 0,81 | 0,75 | 0,89 |
| Obstacles à l’accès : oui (réf. : non) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 0,53 | 0,44 | 0,64 |
| Obstacles à l’accès : oui (réf. : non) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 1,48 | 1,24 | 1,76 |
| Solitude : oui (réf. : non) | TSM uniquement vs. aucun trouble | 2,33 | 2,14 | 2,53 |
| Solitude : oui (réf. : non) | TUS uniquement vs. aucun trouble | 2,26 | 1,90 | 2,69 |
| Solitude : oui (réf. : non) | Troubles concomitants vs. aucun trouble | 2,89 | 2,35 | 3,56 |
Les hommes étaient moins susceptibles de faire état d’un TSM uniquement (RRa = 0,64) mais plus susceptibles de faire état d’un TUS uniquement (RRa = 3,40) par rapport à une absence de trouble. Ils présentaient un risque plus élevé de troubles concomitants par rapport aux TSM uniquement (RRa = 1,59), mais un risque plus faible de troubles concomitants par rapport aux TUS uniquement (RRa = 0,30), ce qui laisse penser que les TUS sont présents souvent isolément chez les hommes. Les personnes appartenant à la communauté 2ELGBTQI+ présentaient un risque plus élevé de troubles concomitants, comparé aux personnes sans trouble (RRa = 1,67), que les personnes n’appartenant pas à la communauté 2ELGBTQI+ et elles présentaient un risque plus élevé de troubles concomitants que de TSM uniquement (RRa = 1,44) ou de TUS uniquement (RRa = 1,89). Comparé aux individus mariés ou en union libre, les individus qui n’avaient jamais été mariés ou qui étaient veufs, séparés ou divorcés présentaient un risque accru de TUS uniquement et de troubles concomitants par rapport à l’absence de troubles. Ces catégories présentaient également un risque plus élevé de troubles concomitants par rapport aux TSM uniquement (RRa = 1,58 et 2,50 respectivement), mais non significativement différent du risque de TUS uniquement.
Un niveau de scolarité supérieur est un facteur fortement protecteur : les répondants titulaires d’un baccalauréat ou d’un diplôme plus élevé présentaient des risques réduits de tous les types de troubles et étaient moins susceptibles de faire état de troubles concomitants que de TSM uniquement (RRa = 0,40) ou de TUS uniquement (RRa = 0,47). Les revenus moyens et élevés ont été associés à un risque plus élevé de TUS uniquement par rapport à l’absence de troubles, mais les revenus élevés ont été inversement associés aux troubles concomitants par rapport aux TSM uniquement (RRa = 0,58) et aux TUS uniquement (RRa = 0,45).
La taille du milieu de résidence a montré des associations complexes. Comparativement à ceux des grands centres urbains, les résidents de milieu rural présentaient un risque accru de TUS uniquement (RRa = 1,92) et de troubles concomitants (RRa = 2,35) par rapport à l’absence de troubles et ils étaient davantage susceptibles de faire état de troubles concomitants par rapport aux TSM uniquement (RRa = 2,09). Les résidents de petits centres de population présentaient également un risque plus élevé de TSM uniquement et de troubles concomitants par rapport à l’absence de troubles (RRa = 1,60 et 2,43 respectivement), et étaient plus susceptibles de faire état de troubles concomitants par rapport aux TSM uniquement (RRa = 1,52) et aux TUS uniquement (RRa = 1,96). Les résidents des centres de taille moyenne étaient considérablement plus susceptibles de souffrir de troubles concomitants que ceux qui présentaient des TUS uniquement (RRa = 1,60), malgré un risque global réduit de TUS.
Un gradient clair a été observé en matière au sentiment d’appartenance sociale : par rapport aux personnes ayant fait état d’un très fort sentiment d’appartenance sociale, les personnes ayant fait état d’un très faible sentiment d’appartenance sociale avaient un risque nettement plus élevé de troubles concomitants, que ce soit par rapport à l’absence de troubles (RRa = 4,78) ou par rapport aux TSM uniquement (RRa = 1,95) ou aux TUS uniquement (RRa = 3,20). Des scores de handicap plus élevés ont également été associés à un risque accru pour toutes les catégories de troubles, avec un risque particulièrement élevé pour les troubles concomitants (RRa = 1,06). Le handicap est resté positivement associé aux troubles concomitants par rapport aux TSM uniquement (RRa = 1,01) et aux TUS uniquement (RRa = 1,04). Le besoin perçu en mtaière de soins de santé mentale a été fortement associé à la catégorie de troubles : par rapport à l’absence de besoin perçu, les répondants dont tous les besoins étaient satisfaits, partiellement satisfaits ou non satisfaits présentaient un risque plus élevé de troubles concomitants (RRa = 4,25, 6,07 et 5,26 respectivement). Dans les comparaisons entre groupes de diagnostic, les besoins partiellement satisfaits ont été associés à un risque plus faible de troubles concomitants (RRa = 0,66), alors que les besoins non satisfaits ont été associés à un risque plus élevé de troubles concomitants par rapport aux TUS seulement (RRa = 4,32).
Les facteurs de stress liés à la pandémie ont été associés de manière importante à tous les résultats. Les difficultés financières liées à la COVID-19 ont été associées à un risque plus élevé de TSM uniquement, de TUS uniquement et de troubles concomitants par rapport à l’absence de troubles (RRa = 1,18, 1,39 et 1,63 respectivement), ainsi qu’à un risque plus élevé de troubles concomitants par rapport aux TSM uniquement (RRa = 1,38). Les répondants ayant fait état d’obstacles dans l’accès aux services de santé mentale présentaient un risque plus faible de TSM uniquement et de TUS uniquement par rapport à l’absence de troubles (RRa = 0,81 et 0,53), mais un risque plus élevé de troubles concomitants par rapport à l’absence de troubles (RRa = 1,48) et par rapport aux TSM uniquement et aux TUS uniquement (RRa = 1,81 et 2,77). La solitude a été associée à un risque plus élevé pour toutes les catégories de troubles par rapport à l’absence de troubles, l’association la plus forte concernant les troubles concomitants (RRa = 2,89), bien que les différences entre le groupe des troubles concomitants et les groupes des troubles considérés séparément ne soient pas statistiquement significatives.
Analyse
Cette étude est l’une des premières à porter sur les troubles concomitants chez les adultes canadiens pendant la pandémie de COVID-19, à partir des données de l’ESMAS, qui couvre les dix provinces. Nous avons constaté qu’environ 1,6 % des adultes souffraient de troubles concomitants, 12,2 % de TSM uniquement et 1,6 % de TUS uniquement. Pour mettre en contexte ces résultats, nous les avons comparés aux données nationales prépandémiques les plus récentes de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes – Santé mentale (ESCC-SM) de 2012Note de bas de page 6, qui reste la dernière enquête prépandémique basée sur la population utilisant les mesures diagnostiques de l’échelle CIDI-OMS. La prévalence des troubles concomitants a légèrement augmenté, passant de 1,2 % à 1,6 %, celle des TSM seulement a presque doublé (6,1 % à 12,2 %) tandis que celle des TUS seulement a diminué (3,8 % à 1,6 %).
Dans l’ensemble, ces tendances suggèrent une évolution vers un plus grand nombre de TSM et une plus faible proportion de personnes souffrant de TUS seulement. Ce changement reflète probablement l’influence cumulative de multiples facteurs au cours de la dernière décennie (par exemple, une plus grande sensibilisation, l’évolution des pratiques de diagnostic et de recherche d’aide ainsi que des facteurs de stress sociétaux plus larges), la pandémie de COVID-19 ayant joué un rôle important mais non exclusif dans cette évolution. Les comparaisons entre 2012 et 2022 devraient également être effectuées avec prudence : l’ESMAS (2022) a utilisé des entretiens téléphoniques, alors que l’ESCC-SM (2012) s’est principalement appuyée sur des entretiens en personne. D’autres différences méthodologiques pourraient également avoir une incidence sur la prévalence estimée. Par conséquent, il est préférable de considérer l’ESMAS comme un aperçu postérieur à 2020 qui est comparable aux estimations de 2012 mais ne permet pas de déterminer les raisons pour lesquelles la prévalence a changé au fil du temps.
Nos résultats soulignent que l’appartenance à un groupe d’âge plus jeune est fortement associée à toutes les catégories de troubles. Les jeunes adultes présentent les risques les plus élevés de troubles concomitants : par exemple, les adultes de 20 à 24 ans présentaient un risque plus de 30 fois supérieur à celui des adultes de 65 ans et plus. Cette tendance reflète probablement la prévalence plus élevée des TSM et des TUS à la fin de l’adolescence et au début de l’âge adulte, ainsi que les transitions sociales et économiques de cette période (études, emploi, relations, etc.) qui peuvent accroître la vulnérabilité à ces deux types de problèmesNote de bas de page 12Note de bas de page 40. Toutefois, compte tenu de la conception transversale, nous ne pouvons déterminer si le début de l’âge adulte représente une « fenêtre à haut risque » étiologique distincte pour la comorbidité ou s’il reflète principalement des tendances liées à l’âge en matière de santé mentale et d’usage de substances qui tendent à s’atténuer tout au long de la vie.
Les tendances selon le sexe étaient attendues : les hommes ont présenté un risque plus faible de TSM uniquement (RRa = 0,64), un risque plus élevé de TUS uniquement (RRa = 3,40) et un risque plus élevé de troubles concomitants par rapport aux TSM uniquement (RRa = 1,59). Cependant, les hommes étaient beaucoup moins susceptibles de souffrir de troubles concomitants que de TUS uniquement (RRa = 0,30), ce qui suggère que l’usage de substances chez les hommes pourrait plus souvent se produire de manière isolée plutôt qu’en conjonction avec des problèmes de santé mentaleNote de bas de page 6Note de bas de page 14Note de bas de page 26.
Les personnes appartenant à la communauté 2ELGBTQI+ présentaient un risque 67 % plus élevé de troubles concomitants par rapport à l’absence de troubles que les répondants n’appartenant pas à la communauté 2ELGBTQI+ et elles étaient plus susceptibles de souffrir de comorbidité que de l’un ou l’autre trouble uniquement, ce qui est conforme à la littérature documentant les disparités accrues liées à la pandémie au sein des minorités sexuelles et de genreNote de bas de page 32Note de bas de page 33Note de bas de page 41. Ces différences découlent probablement de la stigmatisation, de la discrimination et des obstacles à l’accès à des soins adaptés, ce qui souligne la nécessité de mettre en place des services de santé mentale et d’usage de substances inclusifs et pertinents sur le plan culturelNote de bas de page 32Note de bas de page 33Note de bas de page 41.
L’état matrimonial est associé significativement aux différentes catégories de troubles : les personnes jamais mariées et celles séparées, divorcées ou veuves présentent des risques relatifs plus élevés de TUS et de troubles concomitants que les personnes mariées ou en union libre. Ces données correspondent à la littérature dont on dispose, qui laisse penser que le mariage peut sans doute lié à un plus grand soutien émotionnel et à une meilleure intégration sociale, ce qui est susceptible d’atténuer le stressNote de bas de page 42Note de bas de page 43Note de bas de page 44. Toutefois, nos modèles ne comportaient pas d’interaction entre l’état matrimonial et le genre, de sorte que ces estimations reflètent les associations moyennes pour l’ensemble des genres et pourraient ne pas refléter les différences potentielles liées au genre.
Le niveau de scolarité a montré une association inverse cohérente avec tous les types de troubles, les personnes titulaires d’un baccalauréat ou d’un diplôme supérieur présentant des risques relatifs nettement inférieurs. Ceci est cohérent avec la recherche indiquant qu’un niveau de scolarité supérieur est corrélé à une meilleure stabilité socioéconomique, une meilleure connaissance de la santé et un meilleur accès aux ressources protectricesNote de bas de page 45.
Les effets sur le revenu étaient nuancés, révélant une distinction claire entre les facteurs de comorbidité sévère et les TUS uniquement. Les revenus moyens et élevés ont été associés à une diminution du risque de troubles concomitants, ce qui corrobore l’idée selon laquelle des ressources économiques plus importantes agissent comme un tampon protecteur contre le stress chronique et l’instabilité qui précipitent les doubles diagnostics les plus gravesNote de bas de page 8Note de bas de page 20. Inversement, les mêmes niveaux de revenus étaient associés à un risque accru de TUS uniquement. Cette divergence suggère que l’usage de substances dans les groupes aisés est souvent motivé par des facteurs de normalisation sociale ou de loisirsNote de bas de page 46Note de bas de page 47, indépendamment de la détresse psychologique écrasante associée aux troubles concomitants.
Nos résultats révèlent des disparités géographiques notables dans la prévalence des TSM, des TUS et de leur cooccurrence. Les personnes vivant en milieu rural et dans les petits centres de population présentaient des risques plus élevés de TSM uniquement, et surtout de TUS uniquement et de troubles concomitants, que les personnes vivant dans les grands centres urbains. En revanche, les résidents des centres de taille moyenne présentaient un risque élevé de TSM, mais des risques considérablement plus faibles de TUS et de troubles concomitants. Ces tendances peuvent refléter les différences d’accès aux services de santé, aux soutiens sociaux et aux facteurs de stress environnementaux hors des grands centres urbainsNote de bas de page 26Note de bas de page 48, soulignant la nécessité de mettre en place des stratégies de santé publique adaptées qui répondent aux défis particuliers auxquels sont confrontées les collectivités rurales et de petite taille.
Le sentiment d’appartenance sociale présente un gradient clair : un sentiment d’appartenance plus faible est associé à des risques nettement plus élevés pour toutes les catégories de troubles, un sentiment d’appartenance très faible étant lié à un risque de comorbidité presque cinq fois plus élevé. Cette association peut être le reflet à la fois les conséquences sociales de la vie avec un TSM ou un TUS et de la possibilité qu’un faible sentiment d’appartenance augmente la vulnérabilité à ces conditions. Étant donné la conception transversale, nous ne pouvons déduire la direction de cette association, mais le gradient suggère que l’intégration sociale et les liens avec la collectivité sont des considérations importantes pour la prévention et la planification des traitements.
La forte association entre la déficience fonctionnelle et les troubles concomitants est cohérente avec les travaux antérieurs montrant que les problèmes comorbides sont liés à un plus grand handicap et à une plus grande perturbation des rôles que les troubles isolésNote de bas de page 49Note de bas de page 50. Dans notre étude, des scores plus élevés sur l’échelle WHODAS 2.0 ont été associés à un risque relatif accru pour toutes les catégories de troubles, l’effet le plus important étant observé pour les troubles concomitants. Cette tendance peut être le reflet à la fois du fardeau fonctionnel supplémentaire lié à la prise en charge des problèmes de santé concomitants et de la possibilité qu’un handicap plus important accroisse la vulnérabilité au développement de TSM et de TUS comorbides, par exemple en réduisant l’emploi, la participation sociale ou l’accès aux soins. Compte tenu de la conception transversale, nous ne pouvons dissocier ces directions, mais les résultats soulignent l’importance de l’intégration de l’évaluation fonctionnelle et des aides à la réadaptation dans les services destinés aux personnes souffrant de troubles concomitants.
Enfin, les difficultés financières, la solitude et la perturbation de l’accès aux soins liées à la COVID-19 ont été fortement associées à toutes les catégories de troubles, en particulier aux troubles concomitantsNote de bas de page 34Note de bas de page 35Note de bas de page 36. La solitude a presque triplé le risque de troubles concomitants, alors que les obstacles à l’accès aux soins ont augmenté le risque de comorbidité de plus de 80 % par rapport aux TSM uniquement et de près de 180 % par rapport aux TUS uniquement. Ces relations sont probablement bidirectionnelles : les personnes souffrant de TSM et de TUS pourraient être plus vulnérables à la perte d’emploi, à l’isolement et aux difficultés à gérer les soins, alors que ces facteurs de stress peuvent également aggraver ou précipiter les troubles. L’ESMAS étant transversale, nous ne pouvons déterminer l’ordre temporel, mais les fortes associations soulignent la nécessité de prendre en compte les facteurs psychosociaux et structurels dans la planification post-pandémique.
Points forts et limites
Cette étude apporte plusieurs contributions importantes. D’abord, les données de l’ESMAS de 2022 provenant d’un échantillon de population de Canadiens de 15 ans et plus dans les 10 provinces permettent d’observer comment les facteurs de stress liés à la pandémie (par exemple l’isolement social, les difficultés financières ou les interruptions de soins) sont liés aux TSM et aux TUS ainsi qu’à leur cooccurrence. Ensuite, la régression multinomiale permet une comparaison simultanée des TSM uniquement, des TUS uniquement et des troubles concomitants, ce qui donne une vision plus nuancée que les modèles binaires. Enfin, l’intégration de divers déterminants sociaux et d’indicateurs liés à la pandémie permet une compréhension globale des multiples vulnérabilités afin d’orienter l’intervention en santé publique.
Les limites de l’étude sont le recours à des entretiens diagnostiques structurés et autodéclarés plutôt qu’à des évaluations cliniques, ce qui peut entraîner des erreurs de classification. De plus, le faible taux de réponse à l’enquête (25 %) introduit un risque de biais d’absence de réponse, ce qui signifie que les résultats pourraient ne pas être représentatifs avec précision les caractéristiques de l’ensemble de la population cible. La conception transversale limite l’inférence causale, les résultats pourraient donc ne pas être généralisables à des contextes non pandémiques. Un biais de survie est également possible, en particulier chez les répondants plus âgés, si ceux qui ont souffert d’un TSM ou d’un TUS antérieurement ont été plus susceptibles de décéder avant l’enquête. Enfin, l’exclusion des résidents des territoires et des collectivités autochtones vivant sur les réserves limite la généralisation à ces populations.
Conclusion
Cette étude fournit des estimations basées sur la population des TSM, des TUS et des troubles concomitants chez les adultes canadiens pendant la pandémie de COVID-19 et établit les principales caractéristiques sociodémographiques, psychosociales et liées à la pandémie associées à ces résultats. Les troubles concomitants touchent 1,6 % des adultes et sont plus fréquents chez les jeunes, les personnes appartenant à la communauté 2ELGBTQI+, les personnes à statut socioéconomique plus faible et les personnes vivant en milieu rural. Les facteurs de risque élevé ont systématiquement inclus les facteurs de stress liés à la COVID-19 : la solitude, les difficultés financières et les difficultés autodéclarées d’accès aux soins de santé. En raison de la conception transversale, nous ne pouvons déduire la causalité. Cependant, la forte association met en évidence une population vulnérable confrontée à des obstacles importants en matière de soins de santé. Ces résultats laissent penser que les groupes à haut risque (par exemple, les jeunes adultes, les personnes en situation d’isolement social) pourraient particulièrement tirer profit d’interventions ciblées et d’efforts visant à améliorer l’accessibilité et la coordination des services de santé mentale et d’usage de substances dans le contexte post-pandémique.
Remerciements
Nous exprimons notre reconnaissance envers le rédacteur, le rédacteur adjoint et les deux évaluateurs anonymes pour leurs commentaires constructifs et perspicaces, qui ont grandement aidé à améliorer la clarté et la qualité de ce manuscrit. Nous sommes également reconnaissants envers l’équipe éditoriale pour leur examen méticuleux et approfondi à travers le processus. Nous remercions le Research Nova Scotia New Investigator Grant et le Atlantic Node Research Development Program de l’Initiative canadienne de recherche sur les impacts des substances psychoactives (ICRIS) pour leur soutien.
Conflits d’intérêts
Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts.
Contributions des auteurs et avis
- CF : conception; préparation des données; analyse formelle; acquisition de financements; recherche; méthodologie; administration du projet; ressources; logiciels; rédaction de la première version du manuscrit, relectures et corrections.
- MA : conception, recherche, méthodologie, rédaction de la première version du manuscrit, relectures et corrections.
Le contenu de l’article et les points de vue qui y sont exprimés n’engagent que les auteurs; ces points de vue ne correspondent pas nécessairement à ceux du gouvernement du Canada.
Financement
Cette étude a été soutenue par le New Health Investigator Grant de Research Nova Scotia et l’Atlantic Node Research Development Program de l’Initiative canadienne de recherche sur les impacts des substances psychoactives (ICRIS).

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