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Recherche quantitative originale – Respect des recommandations pour l’usage du cannabis à moindre risque chez les étudiants canadiens : une analyse de régression

Revue PSPMC

Table des matières |

Julia Pei, M. Sc.Note de rattachement des auteurs 1Note de rattachement des auteurs 2; Laura B. Jones, M.D.Note de rattachement des auteurs 1; Chris G. Richardson, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 2; Richard J. Munthali, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 1; Kristen L. Hudec, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 1; Angel Y. Wang, M. Phil.Note de rattachement des auteurs 1; Lonna Munro, B. Sc.Note de rattachement des auteurs 1; Daniel V. Vigo, Lic Psych, M.D., Dr S.P.Note de rattachement des auteurs 1Note de rattachement des auteurs 2

https://doi.org/10.24095/hpcdp.46.6.01f

Cet article a fait l’objet d’une évaluation par les pairs.

Creative Commons License

Attribution suggérée

Article de recherche par Pei J et al. dans la Revue PSPMC mis à disposition selon les termes de la licence internationale Creative Commons Attribution 4.0

Rattachement des auteurs
Correspondance

Julia Pei, Department of Psychiatry, University of British Columbia, Vancouver (Colombie-Britannique)  V6T 0A6; tél. : 647-454-1890; courriel : juliapei@student.ubc.ca

Citation proposée

Pei J, Jones LB, Richardson CG, Munthali RJ, Hudec KL, Wang AY, Munro L, Vigo DV. Respect des recommandations pour l’usage du cannabis à moindre risque chez les étudiants canadiens : une analyse de régression. 2026;46(6):239-250. https://doi.org/10.24095/hpcdp.46.6.01f

Résumé

Introduction. L’objectif de cette étude est d’évaluer le respect de sept recommandations canadiennes pour l’usage du cannabis à moindre risque (RUCMR) chez des étudiants universitaires canadiens et déterminer des sous-groupes de consommateurs à risque élevé.

Méthodologie. Nous avons analysé les données d’enquête recueillies dans quatre universités canadiennes dans le cadre de l’initiative World Mental Health-International College Student (WMH-ICS). Sept des dix RUCMR de 2017 ont été évaluées. Des modèles de Poisson à inflation nulle ont été utilisés pour étudier les corrélations sociodémographiques entre 1) toute consommation de cannabis à vie et 2) le nombre de RUCMR non respectées, en fonction de la consommation à vie. De plus, des modèles de régression logistique binaire multivariés ont permis de mesurer les corrélations sociodémographiques du respect des recommandations individuelles.

Résultats. Parmi les 27 236 répondants, la prévalence de la consommation de cannabis à vie était de 33,8 %. Sur les sept recommandations évaluées, « choisir des produits de cannabis moins puissants » affichait le taux d’observance le plus bas (29,0 %), suivi par « ne pas fumer le cannabis » (36,7 %). « Ne pas consommer de cannabis synthétique » affichait le taux d’observance le plus élevé (96,1 %), suivi de « retarder la consommation de cannabis jusqu’à l’âge de 16 ans » (91,2 %). Les hommes, les étudiants non hétérosexuels, les étudiants vivant dans un logement en colocation et les étudiants canadiens étaient plus susceptibles de consommer du cannabis et, parmi les consommateurs, ce sont eux qui ont fait état d’une consommation plus risquée. Bien que les étudiants blancs aient été plus susceptibles de consommer du cannabis, parmi les consommateurs, de nombreux groupes d’étudiants non blancs ont fait état d’une consommation plus risquée.

Conclusion. Bien que la plupart des étudiants ne consomment pas de cannabis et que de nombreuses RUCMR aient un taux d’observance élevé, les taux des recommandations « choisir des produits de cannabis moins puissants » et « éviter de fumer le cannabis » étaient faibles chez les consommateurs. Les résultats de l’étude mettent en évidence des recommandations et des sous-groupes de population précis, ce qui permet de mieux cibler la création d’interventions futures destinées aux étudiants universitaires.

Mots-clés : cannabis, troubles liés à la consommation de substances, étudiants, adolescents

Points saillants

  • Un tiers des étudiants universitaires canadiens interrogés ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours de leur vie.
  • De manière optimiste, 91,2 % des consommateurs ont déclaré avoir retardé leur consommation de cannabis jusqu’à l’âge de 16 ans et 96,1 % ont déclaré éviter le cannabis synthétique.
  • Chez les consommateurs à vie, les comportements à risque les plus fréquemment signalés ont été le fait de ne pas choisir de produits de cannabis moins puissants (71,0 %) et de fumer le cannabis (63,3 %).
  • Une consommation de cannabis plus risquée était plus fréquente chez les hommes, les étudiants non hétérosexuels, les étudiants vivant dans un logement en colocation et les étudiants canadiens.
  • D’autres efforts sont nécessaires pour promouvoir la littératie sur la consommation de cannabis à moindre risque chez les étudiants universitaires et accroître la disponibilité des produits de cannabis moins puissants. L’adoption d’une unité standard de THC sur les étiquettes devrait également être envisagée.

Introduction

Malgré des décennies de prohibition et de sanctions pénales, le Canada affiche l’un des taux de consommation de cannabis les plus élevés au monde, avec une prévalence à vie de près de 50 % chez les adultes canadiensNote de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 3. En 2018, le gouvernement du Canada a adopté la Loi sur le cannabis afin de légaliser la consommation de cannabis à des fins récréatives (c’est-à-dire non médicales) pour les adultes (18 ans ou plus) dans le but de fournir un approvisionnement en produits de cannabis de qualité contrôlée, de minimiser les activités illicites liées au cannabis et de réduire le fardeau qui pèse sur le système de justice pénaleNote de bas de page 4. Selon l’Enquête canadienne sur la consommation de substances, la consommation de cannabis sur 12 mois est passée de 22 % en 2018 (avant la légalisation) à 27 % en 2022 (après la légalisation)Note de bas de page 5.

Bien que la consommation de cannabis à des fins récréatives soit à la fois légale et relativement courante au Canada, elle est associée à de nombreux effets indésirables sur la santé, comme les troubles respiratoires et cardiovasculaires, la déficience cognitive, la dépendance, la psychose et la schizophrénieNote de bas de page 6Note de bas de page 7Note de bas de page 8Note de bas de page 9Note de bas de page 10. De plus, le THC dans le cannabis peut nuire au développement du cerveau, en particulier dans le cortex frontal. Étant donné que le cerveau humain continue de se développer au début de la vingtaine, les adolescents et les jeunes adultes peuvent être particulièrement vulnérables aux effets néfastes de la consommation de cannabisNote de bas de page 11Note de bas de page 12. Il convient de noter qu’une récente étude de cohorte menée en Ontario a révélé une augmentation de 60 % de l’incidence des psychoses chez les jeunes de 14 à 20 ans entre 1997 et 2023, ce qui correspond aux taux accrus de consommation de cannabis et d’autres substancesNote de bas de page 13.

Bon nombre de ces associations nécessitent des recherches plus poussées, mais la littérature à ce jour suggère que ces résultats indésirables sont habituellement concentrés chez un petit groupe de consommateurs à risque élevé et qu’ils peuvent être atténués considérablement par des choix comportementaux éclairésNote de bas de page 14. Ces connaissances ont mené à l’élaboration des recommandations canadiennes pour l’usage du cannabis à moindre risque (RUCMR), qui visent à servir d’outil de santé publique fondé sur des données probantes pour guider les Canadiens vers une consommation plus sécuritaire, semblable aux « Directives de consommation d’alcool à faible risque » utilisées dans le cadre d’initiatives de santé publique liées à l’alcoolNote de bas de page 15.

Initialement publiées en 2011 et révisées en 2017 à la lumière de la légalisation prévue, les RUCMR contiennent 10 recommandations sur les facteurs de risque comportementaux modifiables afin de réduire les méfaits associés au cannabisNote de bas de page 15Note de bas de page 16. Elles indiquent que le seul moyen d’éviter complètement les risques est de ne pas consommer la substance et recommandent aux consommateurs d’éviter la consommation précoce de cannabis et les produits synthétiques et à forte concentration, de ne pas fumer le cannabis, de ne pas utiliser l’inhalation profonde et d’éviter également la consommation quotidienne ou quasi quotidienne et la conduite ou l’utilisation de machines après avoir consommé du cannabis. Elles déconseillent également la consommation pour les populations à risque élevé et la combinaison de comportements à risque abordés dans les recommandations. Les RUCMR ont été approuvées par de nombreuses organismes nationaux, dont l’Agence de la santé publique du Canada, l’Association médicale canadienne et la Commission de la santé mentale du CanadaNote de bas de page 17. Bien que ces recommandations aient été diffusées au moyen du matériel de diffusion de connaissances comme des brochures, des affiches et des webinaires depuis 2017, l’efficacité de ces efforts demeure incertaine.

En réponse à l’évolution de la littérature scientifique, les RUCMR ont été mises à jour en 2022Note de bas de page 8. L’évaluation de la qualité des données probantes et la structure des recommandations ont été mises à jour et plusieurs nouvelles recommandations ont été ajoutées, en particulier l’encouragement à consommer des produits de cannabis légaux et de qualité contrôlée, la recommandation de ne pas vapoter et la mise en garde contre la combinaison d’autres substances psychoactives avec la consommation de cannabis. Bien que ces recommandations mises à jour fournissent un contexte important pour l’interprétation de nos résultats, l’étude elle-même est fondée sur l’analyse du respect des recommandations de 2017 au moyen des données recueillies entre 2020 et 2022.

Plusieurs études ont traité du respect des RUCMR dans des échantillons de la population canadienne et américaine en général et ont révélé des niveaux variables de respect des différentes recommandations. Parmi les personnes qui consomment du cannabis, les comportements à risque élevé les plus courants étaient le fait de fumer le cannabis, la consommation de produits à teneur élevée, la consommation quotidienne de cannabis et la conduite avec facultés affaibliesNote de bas de page 18Note de bas de page 19. Bien que le respect des recommandations de 2017 ait été analysé dans d’autres études, à notre connaissance, aucune étude n’a porté sur le respect de ces recommandations chez les étudiants universitaires. En raison de leur jeune âge, ces derniers sont particulièrement vulnérables aux effets néfastes du cannabis et constituent un sous-groupe de population où le comportement à risque élevé de consommation de substances est habituellement concentréNote de bas de page 20Note de bas de page 21. Par conséquent, les efforts de santé publique portant sur la consommation de cannabis chez les étudiants universitaires offrent une occasion d’intervention précoce et de prévention des comportements à risque élevé.

Cette étude porte sur le respect de sept des dix recommandations pour l’usage du cannabis à moindre risque de 2017 chez les étudiants de quatre universités canadiennes et identifie les caractéristiques sociodémographiques des consommateurs à haut risque afin d’éclairer les futurs efforts de transfert des connaissances.

Méthodologie

Plan d’étude

L’initiative World Mental Health-International College Student (WMH-ICS) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) utilise des instruments de dépistage validés pour générer des estimations sur une série de troubles mentaux et de consommations de substancesNote de bas de page 22. Cette étude a analysé les données recueillies au moyen du déploiement transversal répété de l’enquête WMH-ICS dans quatre universités canadiennes : l’Université de la Colombie-Britannique, l’Université Simon Fraser, l’Université McMaster et l’Université de Toronto. L’enquête est basée sur le World Mental Health-Composite International Diagnostic Interview de l’OMS (WHO WMH-CIDI)Note de bas de page 23.

L’enquête est auto-administrée en ligne à l’aide de la plateforme d’enquête QualtricsNote de bas de page 24. Elle a été envoyée par courriel chaque semaine à un nouveau groupe de 350 étudiants dans chaque établissement. Les groupes ont été générés par échantillonnage aléatoire stratifié (selon le sexe, l’âge, le niveau universitaire et l’année ainsi que le statut d’étudiant) et une stratégie de suivi rigoureuse a été utilisée pour réduire au minimum le biais des non-répondants, conformément à un protocole précis décrit dans un article précédentNote de bas de page 25. Cette étude porte sur 138 semaines de données, du 9 février 2020 au 18 septembre 2022. En raison du lancement échelonné des sites d’enquête, les périodes de collecte des données ont varié d’un site à l’autre. Le taux de réponse rajusté de l’enquête était de 43,5 % selon le calcul du taux de réponse pondéré 1 (RR1w) de l’American Association for Public Opinion Research pour les plans d’échantillonnage à deux phasesNote de bas de page 26.

Mesures des résultats

Outre la recommandation de « s’abstenir de consommer », sept recommandations individuelles ont été mises en œuvre : 1) avoir retardé la consommation de cannabis au moins jusqu’à l’âge de 16 ans; 2) choisir des produits du cannabis à moindre risque comme ceux qui contiennent moins de tétrahydrocannabinol (THC) ou un ratio plus élevé de cannabidiol (CBD) par rapport au THC; 3) ne pas consommer de produits du cannabis synthétique; 4) ne pas fumer le cannabis; 5) ne pas inhaler profondément ni retenir son souffle en fumant du cannabis; 6) en cas de consommation de cannabis, limiter la consommation de cannabis à une fois par semaine ou aux fins de semaine et 7) ne pas conduire de voiture et ne pas faire fonctionner d’autres machines sous l’influence de la drogue (cette évaluation a utilisé l’expression « consommation d’alcool ou d’autres drogues », ce qui fait qu’elle n’était pas propre au cannabis). Par conséquent, nos mesures des résultats ont été la consommation de cannabis à vie (ce qui correspond à la recommandation « s’abstenir de consommer ») et le nombre d’autres RUCMR canadiennes non respectées. Il convient de noter que nous avons supposé que les répondants qui ne connaissaient pas la différence entre le THC et le CBD n’avaient pas choisi des produits à plus faible concentration, étant donné que la plupart des produits sur le marché contiennent beaucoup de THC. D’après les RUCMR de 2017, le vapotage n’a pas été catégorisé comme le fait de fumer du cannabis. La recommandation finale visant à éviter de combiner les comportements à risque élevé n’a pas été opérationnalisée en tant que recommandation distincte, puisqu’elle était implicite dans la déclaration du nombre d’autres recommandations non respectées. Les autres recommandations n’ont pas été mises en œuvre. Les questions de l’enquête sur le cannabis sont disponibles sur demande auprès des auteurs.

Approbation éthique

Toutes les procédures qui contribuent à ce travail sont conformes aux normes éthiques des comités nationaux et institutionnels compétents sur l’expérimentation humaine ainsi qu’à la Déclaration d’Helsinki de 1975 dans sa version révisée de 2008. Toutes les interventions impliquant des sujets humains ont été approuvées par le Behavioural Research Ethics Board de l’Université de la Colombie-Britannique (numéro d’approbation H19-02538). Tous les participants ont fourni leur consentement éclairé par écrit avant de répondre à l’enquête WMH-ICS.

Analyses statistiques

Des statistiques descriptives ont été utilisées pour caractériser l’échantillon et le respect des recommandations individuelles. Des modèles de Poisson à inflation nulle ont ensuite été utilisés pour analyser les corrélations sociodémographiques entre 1) toute consommation à vie de cannabis à des fins récréatives et 2) le nombre de RUCMR actuellement non respectées, en fonction de la consommation à vie de cannabis à des fins récréatives. Les modèles consistaient en 1) une régression logistique prédisant la probabilité d’une consommation de cannabis à vie et 2) une régression de Poisson prédisant le nombre de recommandations non respectées. Les coefficients de régression logistiques ont été explorés pour obtenir des rapports de cotes et les coefficients de régression de Poisson ont été explorés pour obtenir des rapports de taux d’incidence pour le nombre de recommandations non respectées par les consommateurs à vie de cannabis à des fins non médicales. Les rapports des taux d’incidence correspondent à l’incidence relative du non-respect des RUCMR. Des modèles à une variable distincts pour chaque prédicteur sociodémographique ont été exécutés, ainsi qu’un modèle multivarié incluant tous les prédicteurs. Pour traiter les problèmes potentiels d’homoscédasticité, l’option vce(robust) a été utilisée pour obtenir des erreurs standard robustes. Les analyses ont été effectuées à l’aide de la commande zip de StataNote de bas de page 27.

Ensuite, des modèles multivariés de régression logistique binaire distincts ont été utilisés pour étudier les corrélations sociodémographiques du respect de chacune des sept variables des RUCMR évaluées. Comme pour les modèles de Poisson à inflation nulle, l’option vce(robuste) a été utilisée et des régressions logistiques à une variable distinctes ont été exécutées avant la régression logistique à plusieurs variables. La variable de genre a été divisée en trois catégories (homme cisgenre, femme cisgenre, autre) pour ces analyses afin d’éviter une séparation complète en raison de la petite taille des échantillons dans les autres catégories de genre. La correction de Bonferroni a été utilisée pour ajuster les comparaisons multiples.

Les prédicteurs sociodémographiques inclus dans chacun des modèles étaient le genre, l’orientation sexuelle, la race ou l’origine ethnique, le type de logement, le statut d’étudiant et l’âge.

Étant donné que des mesures de la consommation de cannabis à vie ont été utilisées, les effets liés à l’âge ne pouvaient pas être interprétés de façon significative : les taux plus élevés de consommation de cannabis chez les élèves plus âgés pourraient être attribuables à leur consommation au cours des années précédentes. Par conséquent, bien que l’âge ait été inclus comme covariable pour tenir compte des facteurs de confusion possibles, les tendances relatives à l’âge n’ont pas été mentionnées.

Toutes les analyses ont été effectuées à l’aide de la version 16.1 de Stata pour Mac, avec un niveau de signification de 5 % (p < 0,05) Note de bas de page 27. Les répondants dont les données étaient incomplètes ont été inclus dans les analyses s’ils avaient des données complètes pour chacune des variables de résultats et les valeurs manquantes ont été classées comme « manquantes » pour chaque covariable.

Résultats

L’échantillon de l’étude comprenait 27 236 répondants. La majorité des répondants étaient des femmes cisgenres (62,6 %), et l’âge moyen était de 21,9 ans (tranche : 18 à 25 ans). L’échantillon était relativement diversifié sur le plan ethnique (35,1 % de Blancs, 24,6 % d’Asiatiques de l’Est, 14,3 % d’Asiatiques du Sud, 0,7 % de membres des Premières nations, d’Inuits ou de Métis et 25,3 % d’autres minorités visibles).

Les caractéristiques de l’échantillon de l’étude sont présentées dans le tableau 1, en fonction de la consommation à vie de cannabis à des fins non médicales. Dans l’ensemble, 33,8 % des étudiants ont indiqué avoir consommé du cannabis au cours de leur vie. Des différences significatives ont été observées pour toutes les caractéristiques évaluées (genre, orientation sexuelle, race et origine ethnique, type d’étudiant, type de logement et statut d’étudiant).

Tableau 1. Caractéristiques de l’échantillon en fonction de la consommation à vie de cannabis à des fins non médicales, enquête WMH-ICS (N = 27 236)
Caractéristiques Pas de consommation à vie de cannabis à des fins non médicales
N (% de la ligne)
Consommation à vie de cannabis à des fins non médicales
N (% de la ligne)
Total 18 036 (66,22 %) 9 200 (33,78 %)
Genre Note de bas de page * Note de bas de page *
Homme cisgenre 6 263 (66,83 %) 3 108 (33,17 %)
Femme cisgenre 11 371 (66,76 %) 5 661 (33,24 %)
Homme transgenre 39 (53,42 %) 34 (46,58 %)
Femme transgenre 28 (60,87 %) 18 (39,13 %)
Non binaire 223 (44,78 %) 275 (55,22 %)
Bispirituel(le) 7 (38,89 %) 11 (61,11 %)
Autre 87 (49,71 %) 88 (50,29 %)
Orientation sexuelle Note de bas de page * Note de bas de page *
Hétérosexuel(le) 14 096 (70,02 %) 6 036 (29,98 %)
Homosexuel(le) 498 (53,09 %) 440 (46,91 %)
Bisexuel(le) 1 205 (42,46 %) 1 633 (57,54 %)
Asexué(e) 307 (77,72 %) 88 (22,28 %)
En questionnement 893 (66,39 %) 452 (33,61 %)
Autre 332 (51,00 %) 319 (49,00 %)
Race et ethnicité Note de bas de page * Note de bas de page *
Blanc 4 588 (48,98 %) 4 779 (51,02 %)
Premières Nations, Inuit et Métis 101 (52,33 %) 92 (47,67 %)
Hispanique ou Latino 298 (60,20 %) 197 (39,80 %)
Noir 371 (73,47 %) 134 (26,53 %)
Arabe 364 (74,90 %) 122 (25,10 %)
Asiatique de l’Est (Chinois, Coréen, Japonais, etc.) 5 573 (84,98 %) 985 (15,02 %)
Asiatique du Sud-Est (Philippin, Vietnamien, Cambodgien, Laotien, Thaïlandais, etc.) 570 (76,10 %) 179 (23,90 %)
Asiatique du Sud (Indien, Pakistanais, Sri Lankais, etc.) 2 942 (77,12 %) 873 (22,88 %)
Asiatique de l’Ouest (Afghan, Iranien, etc.) 642 (76,34 %) 199 (23,66 %)
Autre 497 (70,90 %) 204 (29,10 %)
Multiples groupes ethniques 1 688 (57,08 %) 1 269 (42,92 %)
Type d’étudiant Note de bas de page * Note de bas de page *
Étudiant de premier cycle 12 653 (68,70 %) 5 765 (31,30 %)
Étudiant gradué 4 095 (61,64 %) 2 548 (38,36 %)
Autre 1 273 (58,99 %) 885 (41,01 %)
Type de logement Note de bas de page * Note de bas de page *
Avec les parents ou d’autres membres de la famille 8 773 (72,58 %) 3 315 (27,42 %)
Dans sa propre maison ou son appartement 4 493 (60,58 %) 2 924 (39,42 %)
Dans une résidence ou une fraternité appartenant à l’université ou exploitée par elle     1 760 (68,80 %) 798 (31,20 %)
Dans une maison ou un appartement en colocation 2 754 (57,41 %) 2 043 (42,59 %)
Autre 245 (67,49 %) 118 (32,51 %)
Statut d’étudiant Note de bas de page * Note de bas de page *
Étudiant canadien 14 549 (63,93 %) 8 207 (36,07 %)
Étudiant international 3 487 (77,83 %) 993 (22,17 %)

Adhésion aux recommandations pour l’usage du cannabis à moindre risque

Le taux d’adhésion à chacune des sept RUCMR est présenté dans le tableau 2. La prévalence de la consommation à vie de cannabis à des fins récréatives était de 33,8 %. Parmi les répondants ayant déjà consommé du cannabis (N = 9 200), « choisir des produits de cannabis moins puissants » affichait le taux d’observance le plus bas (29,0 %), suivi par « ne pas fumer le cannabis » (36,7 %). « Ne pas consommer de cannabis synthétique » affichait le taux d’observance le plus élevé (96,1 %), suivi de « retarder la consommation de cannabis jusqu’à l’âge de 16 ans » (91,2 %) et « ne pas conduire une voiture ou utiliser d’autres machines après avoir consommé de l’alcool ou d’autres drogues » (88,9 %). Parmi les étudiants qui consommaient ou avaient consommé du cannabis à des fins non médicales, le nombre moyen de recommandations respectées était de 3,8 sur les 7 évaluées.

Tableau 2. Taux de respect à vie de chacune des recommandations pour l’usage du cannabis à moindre risque évaluées, parmi les étudiants ayant déclaré une consommation à vie de cannabis à des fins non médicales, enquête WMH-ICS (N = 9200)
Recommandation Taux de respect des consommateurs de cannabis à des fins non médicales
Choisir des produits de cannabis moins puissants 29,0 %
Ne pas fumer le cannabis 36,7 %
Ne jamais inhaler profondément ou retenir sa respiration en fumant du cannabis 64,2 %
Limiter autant que possible la consommation de cannabis 78,2 %
Ne pas conduire une voiture ou d’autres machines après avoir consommé de l’alcool ou d’autres drogues 88,9 %
Avoir retardé la consommation du cannabis jusqu’à l’âge de 16 ans 91,2 %
Ne pas consommer du cannabis synthétique 96,1 %

Corrélats sociodémographiques du respect des recommandations pour l’usage du cannabis à moindre risque

Les résultats des modèles de Poisson à inflation nulle évaluant les corrélats de la consommation de cannabis à vie et le nombre de RUCMR non respectées par les consommateurs à vie sont présentés dans le tableau 3. Les résultats des modèles de régression logistique évaluant les corrélats de chaque RUCMR sont présentés dans le tableau 4.

Tableau 3. Rapports de cotes ajustés à plusieurs variables pour la consommation à vie de cannabis à des fins non médicales et rapports d’incidence ajustés à plusieurs variables pour le nombre de recommandations non respectées pour l’usage du cannabis à moindre risque, enquête WMH-ICS
Caractéristiques Partie 1 : RC ajustés à plusieurs variables de la consommation à vie de cannabis
N = 25 709
Partie 2 : RTI ajustés à plusieurs variables pour le nombre de recommandations à moindre risque non respectées
N = 8 934
Genre
Homme cisgenre Référence Référence
Femme cisgenre 0,82 (0,77 à 0,87)Note de bas de page * 0,86 (0,84 à 0,88)Note de bas de page *
Homme transgenre 0,65 (0,36 à 1,17) 0,92 (0,77 à 1,10)
Femme transgenre 0,75 (0,31 à 1,83) 0,65 (0,49 à 0,87)Note de bas de page *
Non binaire 1,10 (0,88 à 1,38) 0,95 (0,90 à 1,01)
Bispirituel(le) 1,46 (0,46 à 4,59) 0,86 (0,61 à 1,21)
Autre 0,93 (0,65 à 1,32) 0,93 (0,83 à 1,05)
Orientation sexuelle
Hétérosexuel(le) Référence Référence
Homosexuel(le) 1,74 (1,49 à 2,02)Note de bas de page * 1,01 (0,96 à 1,06)
Bisexuel(le) 3,02 (2,74 à 3,34)Note de bas de page * 1,08 (1,05 à 1,12)Note de bas de page *
Asexué(e) 0,67 (0,51 à 0,88)Note de bas de page * 0,90 (0,80 à 1,01)
En questionnement 1,30 (1,14 à 1,48)Note de bas de page * 1,03 (0,98 à 1,09)
Autre 1,86 (1,53 à 2,25)Note de bas de page * 1,05 (0,98 à 1,11)
Race et ethnicité
Blanc Référence Référence
Premières Nations, Inuit et Métis 0,78 (0,57 à 1,06) 1,14 (1,01 à 1,29)Note de bas de page *
Hispanique ou Latino 0,78 (0,63 à 0,96)Note de bas de page * 1,00 (0,93 à 1,08)
Noir 0,41 (0,33 à 0,51)Note de bas de page * 1,09 (1,01 à 1,17)Note de bas de page *
Arabe 0,40 (0,32 à 0,50)Note de bas de page * 1,11 (1,02 à 1,20)Note de bas de page *
Asiatique de l’Est (Chinois, Coréen, Japonais, etc.) 0,19 (0,18 à 0,21)Note de bas de page * 0,97 (0,93 à 1,00)Note de bas de page *
Asiatique du Sud-Est (Philippin, Vietnamien, Cambodgien, Laotien, Thaïlandais, etc.)     0,38 (0,31 à 0,45)Note de bas de page * 1,05 (0,98 à 1,13)
Asiatique du Sud (Indien, Pakistanais, Sri Lankais, etc.) 0,36 (0,33 à 0,40)Note de bas de page * 1,06 (1,02 à 1,10)Note de bas de page *
Asiatique de l’Ouest (Afghan, Iranien, etc.) 0,36 (0,30 à 0,43)Note de bas de page * 1,10 (1,03 à 1,17)Note de bas de page *
Autre 0,44 (0,37 à 0,53)Note de bas de page * 0,95 (0,88 à 1,03)
Multiples groupes ethniques 0,76 (0,69 à 0,84)Note de bas de page * 1,06 (1,03 à 1,10)Note de bas de page *
Type de logement
Avec les parents ou d’autres membres de la famille Référence Référence
Dans sa propre maison ou son appartement 1,39 (1,28 à 1,51)Note de bas de page * 1,02 (0,99 à 1,05)
Dans une résidence ou une fraternité appartenant à l’université ou exploitée par elle 1,44 (1,29 à 1,61)Note de bas de page * 1,00 (0,96 à 1,04)
Dans une maison ou un appartement en colocation 1,82 (1,67 à 1,98)Note de bas de page * 1,06 (1,03 à 1,09)Note de bas de page *
Autre 1,05 (0,81 à 1,36) 1,08 (0,98 à 1,20)
Statut d’étudiant
Étudiant canadien Référence Référence
Étudiant international 0,54 (0,49 à 0,59)Note de bas de page * 0,96 (0,93 à 1,00)Note de bas de page *
Tableau 4. Rapports de cotes ajustés à plusieurs variables pour non-respect de chacune des sept recommandations relatives à la consommation de cannabis à faible risque ayant été évaluées, enquête WMH-ICS
Caractéristiques

RCa à plusieurs variables
« Retarder la consommation de cannabis jusqu’à l’âge de 16 ans »

RCa à plusieurs variables
« Choisir des produits de cannabis moins puissants »
RCa à plusieurs variables
« Choisir des produits de cannabis synthétique »
RCa à plusieurs variables
« Fumer le cannabis »
RCa à plusieurs variables
« Inhaler profondément ou retenir son souffle en fumant du cannabis »
RCa à plusieurs variables
« Ne pas limiter la consommation de cannabis à une fois par semaine ou aux fins de semaine »
RCa à plusieurs variables
« Conduire une voiture ou utiliser d’autres machines sous l’influence du cannabis »
Genre
Homme cisgenre Référence Référence Référence Référence Référence Référence Référence
Femme cisgenre 0,63
(0,54 à 0,74)Note de bas de page *
0,69
(0,65 à 0,74)Note de bas de page *
0,66
(0,53 à 0,83)Note de bas de page *
0,74
(0,69 à 0,79)Note de bas de page *
0,71
(0,65 à 0,77)Note de bas de page *
0,53
(0,47 à 0,58)Note de bas de page *
0,50
(0,44 à 0,58)Note de bas de page *
Autres (y compris transgenre, non binaire et bispirituel[le])

0,95
(0,69 à 1,30)
0,74
(0,62 à 0,88)Note de bas de page *
0,70
(0,40 à 1,22)
0,92
(0,77 à 1,11)
0,95
(0,77 à 1,16)
0,90
(0,71 à 1,14)
0,67
(0,46 à 0,96)
Orientation sexuelle
Hétérosexuel(le) Référence Référence Référence Référence Référence Référence Référence
Homosexuel(le) 1,25
(0,87 à 1,79)
1,53
(1,31 à 1,78)Note de bas de page *
1,90
(1,20 à 3,02)Note de bas de page *
1,45
(1,24 à 1,69)Note de bas de page *
1,63
(1,36 à 1,95)Note de bas de page *
1,37
(1,09 à 1,73)
0,97
(0,69 à 1,36)
Bisexuel(le) 3,01
(2,51 à 3,61)Note de bas de page *
2,04
(1,87 à 2,24)Note de bas de page *
2,33
(1,74 à 3,12)Note de bas de page *
2,32
(2,11 à 2,54)Note de bas de page *
2,44
(2,19 à 2,72)Note de bas de page *
2,60
(2,28 à 2,96)Note de bas de page *
1,72
(1,41 à 2,09)Note de bas de page *
Asexué(e) 1,16
(0,62 à 2,17)
0,61
(0,45 à 0,82)Note de bas de page *
1,53
(0,67 à 3,5)
0,56
(0,41 à 0,76)Note de bas de page *
0,72
(0,50 à 1,05)
0,45
(0,25 à 0,83)
0,80
(0,41 à 1,57)
En questionnement 1,88
(1,4 à 2,52)Note de bas de page *
1,20
(1,05 à 1,38)
1,30
(0,79 à 2,15)
1,11
(0,96 à 1,28)
1,28
(1,08 à 1,53)Note de bas de page *
1,52
(1,22 à 1,89)Note de bas de page *
1,43
(1,05 à 1,93)
Autre 2,04
(1,41 à 2,95)Note de bas de page *
1,52
(1,26 à 1,83)Note de bas de page *
1,78
(0,98 à 3,21)
1,40
(1,15 à 1,70)Note de bas de page *
1,63
(1,31 à 2,04)Note de bas de page *
2,11
(1,63 à 2,74)Note de bas de page *
1,55
(1,06 à 2,25)
Race et ethnicité
Blanc Référence Référence Référence Référence Référence Référence Référence
Premières Nations, Inuit et Métis 2,59
(1,65 à 4,07)Note de bas de page *
0,79
(0,57 à 1,10)
1,07
(0,39 à 2,95)
1,00
(0,73 à 1,39)
1,11
(0,75 à 1,65)
1,47
(0,98 à 2,22)
0,98
(0,54 à 1,78)
Hispanique ou Latino 0,65
(0,38 à 1,14)
0,97
(0,79 à 1,20)
0,74
(0,32 à 1,72)
0,94
(0,76 à 1,16)
0,91
(0,69 à 1,21)
0,74
(0,52 à 1,05)
0,66
(0,39 à 1,11)
Noir 0,24
(0,10 à 0,57)Note de bas de page *
0,66
(0,53 à 0,82)Note de bas de page *
0,40
(0,13 à 1,28)
0,58
(0,46 à 0,74)Note de bas de page *
0,88
(0,66 à 1,16)
0,67
(0,46 à 0,96)
0,53
(0,29 à 0,95)
Arabe 0,53
(0,28 à 1,01)
0,6
(0,48 à 0,76)Note de bas de page *
0,71
(0,29 à 1,77)
0,57
(0,45 à 0,73)Note de bas de page *
0,70
(0,51 à 0,95)
0,96
(0,69 à 1,34)
0,39
(0,19 à 0,79)
Asiatique de l’Est (Chinois, Coréen, Japonais, etc.) 0,25
(0,20 à 0,33)Note de bas de page *
0,29
(0,26 à 0,32)Note de bas de page *
0,50
(0,36 à 0,70)Note de bas de page *
0,22
(0,20 à 0,25)Note de bas de page *
0,29
(0,26 à 0,34)Note de bas de page *
0,18
(0,15 à 0,22)Note de bas de page *
0,52
(0,42 à 0,63)Note de bas de page *
Asiatique du Sud-Est (Philippin, Vietnamien, Cambodgien, Laotien, Thaïlandais, etc.) 0,37
(0,20 à 0,67)Note de bas de page *
0,57
(0,47 à 0,69)Note de bas de page *
0,92
(0,48 à 1,76)
0,48
(0,39 à 0,59)Note de bas de page *
0,61
(0,47 à 0,79)Note de bas de page *
0,53
(0,38 à 0,75)Note de bas de page *
0,61
(0,38 à 1,00)
Asiatique du Sud (Indien, Pakistanais, Sri Lankais, etc.)  0,36
(0,27 à 0,48)Note de bas de page *
0,51
(0,46 à 0,56)Note de bas de page *
0,53
(0,35 à 0,81)Note de bas de page *
0,53
(0,48 à 0,59)Note de bas de page *
0,66
(0,58 à 0,75)Note de bas de page *
0,51
(0,43 à 0,61)Note de bas de page *
0,51
(0,40 à 0,66)Note de bas de page *
Asiatique de l’Ouest (Afghan, Iranien, etc.)
0,32
(0,17 à 0,60)Note de bas de page *
0,53
(0,44 à 0,64)Note de bas de page *
0,80
(0,41 à 1,56)
0,59
(0,49 à 0,71)Note de bas de page *
0,82
(0,65 à 1,04)
0,43
(0,3 à 0,61)Note de bas de page *
0,53
(0,34 à 0,83)Note de bas de page *
Autre 0,48
(0,28 à 0,80)Note de bas de page *
0,53
(0,44 à 0,65)Note de bas de page *
0,44
(0,18 à 1,08)
0,54
(0,44 à 0,66)Note de bas de page *
0,51
(0,39 à 0,68)Note de bas de page *
0,65
(0,48 à 0,89)Note de bas de page *
0,73
(0,48 à 1,10)
Multiples groupes ethniques 0,86
(0,7 à 1,07)
0,89
(0,81 à 0,98)
1,12
(0,81 à 1,53)
0,95
(0,86 à 1,04)
1,06
(0,94 à 1,19)
0,87
(0,75 à 1,01)
1,02
(0,83 à 1,25)
Type de logement
Avec les parents ou d’autres membres de la famille     Référence Référence Référence Référence Référence Référence Référence
Dans sa propre maison ou son appartement     1,35
(1,09 à 1,66)Note de bas de page *
1,27
(1,17 à 1,39)Note de bas de page *
1,37
(1,00 à 1,89)
1,34
(1,23 à 1,47)Note de bas de page *
1,22
(1,09 à 1,37)Note de bas de page *
1,65
(1,43 à 1,90)Note de bas de page *
1,11
(0,93 à 1,34)
Dans une résidence ou une fraternité appartenant à l’université ou exploitée par elle        1,15
(0,87 à 1,51)
1,38
(1,23 à 1,54)Note de bas de page *
1,05
(0,69 à 1,61)
1,50
(1,34 à 1,69)Note de bas de page *
1,34
(1,17 à 1,55)Note de bas de page *
1,22
(1,00 à 1,48)
0,83
(0,61 à 1,13)
Dans une maison ou un appartement en colocation     1,62
(1,32 à 1,99)Note de bas de page *
1,63
(1,49 à 1,78)Note de bas de page *
1,38
(1,01 à 1,89)
1,85
(1,69 à 2,03)Note de bas de page *
1,66
(1,49 à 1,85)Note de bas de page *
1,69
(1,46 à 1,94)Note de bas de page *
1,20
(0,99 à 1,46)
Autre 1,47
(0,82 à 2,62)
1,16
(0,90 à 1,51)
1,01
(0,37 à 2,72)
1,04
(0,78 à 1,39)
1,10
(0,78 à 1,55)
1,53
(1,03 à 2,28)
1,12
(0,65 à 1,93)
Statut d’étudiant
Étudiant canadien Référence Référence Référence Référence Référence Référence Référence
Étudiant international 0,64
(0,5 à 0,84)Note de bas de page *
0,64
(0,58 à 0,70)Note de bas de page *
0,76
(0,53 à 1,09)
0,63
(0,57 à 0,69)Note de bas de page *
0,51
(0,44 à 0,58)Note de bas de page *
0,62
(0,53 à 0,74)Note de bas de page *
0,56
(0,44 à 0,71)Note de bas de page *

Genre

Comparativement aux hommes cisgenres, les femmes cisgenres avaient une probabilité beaucoup plus faible d’avoir consommé ou de consommer du cannabis à des fins non médicales (RCa = 0,82, IC à 95 % : 0,77 à 0,87) et, chez les consommateurs de cannabis, il y avait une incidence moins élevée du non-respect des RUCMR (RTIa = 0,86, IC à 95 % : 0,84 à 0,88). Les plus grandes disparités concernaient les cotes « conduire une voiture ou faire fonctionner de la machinerie après avoir consommé du cannabis » (RCa = 0,5, IC à 95 % : 0,44 à 0,58) et « ne pas limiter la consommation de cannabis » (RCa = 0,53, IC à 95 % : 0,47 à 0,58).

Orientation sexuelle

À l’exception des étudiants asexués, les étudiants non hétérosexuels avaient une probabilité beaucoup plus élevée d’avoir consommé ou de consommer du cannabis à des fins non médicales et les étudiants bisexuels avaient la probabilité la plus élevée (RCa = 3,02, IC à 95 % : 2,74 à 3,34). À l’inverse, les étudiants asexués avaient une probabilité beaucoup plus faible d’avoir consommé ou de consommer du cannabis à des fins non médicales (RCa = 0,67, IC à 95 % : 0,51 à 0,88). Parmi les consommateurs de cannabis à vie, les étudiants bisexuels (RTIa = 1,08, IC à 95 % : 1,05 à 1,12) ont signalé une incidence plus élevée du non-respect des RUCMR que les étudiants hétérosexuels, bien que l’effet soit faible. Le degré de non-respect des RUCMR individuelles était hétérogène parmi les groupes d’étudiants non hétérosexuels, bien qu’il soit plus élevé chez les étudiants bisexuels. En particulier, les étudiants bisexuels ont déclaré être 3,01 fois plus susceptibles d’avoir commencé à consommer du cannabis avant l’âge de 16 ans (RCa = 3,01, IC à 95 % : 2,51 à 3,61).

Race et ethnicité

Les étudiants issus de minorités raciales et ethniques avaient une plus faible probabilité d’avoir consommé ou de consommer du cannabis à des fins non médicales que les étudiants blancs; les étudiants d’Asie de l’Est ayant la plus faible probabilité (RCa = 0,19, IC à 95 % : 0,18 à 0,21), suivi de ceux d’Asie occidentale (RCa = 0,36, IC à 95 % : 0,30 à 0,43), d’Asie du Sud (RCa =0,36, IC à 95 % : 0,33 à 0,40) et d’Asie du Sud-Est (RCa = 0,38, IC à 95 % : 0,31 à 0,45). À l’inverse, chez les consommateurs de cannabis à vie, la plupart des groupes raciaux et ethniques minoritaires avaient une incidence plus élevée de cas de non-respect des RUCMR; les élèves inuits, métis et des Premières Nations avaient la fréquence la plus élevée de cas de non-conformité aux RUCMR (RTIa = 1,14; IC à 95 % : 1,01 à 1,29), suivi des étudiants arabes (RTI = 1,11, 1,02 à 1,20) et asiatiques occidentaux (RTI = 1,10, IC à 95 % : 1,03 à 1,17). Les étudiants d’Asie de l’Est ont signalé une incidence plus faible du non-respect des RUCMR chez les consommateurs de cannabis, bien que l’effet ait été faible (RTIa = 0,97, IC à 95 % : 0,93 à 1,00). Comparativement aux étudiants blancs, les étudiants des Premières Nations, inuits ou métis avaient plus du double de probabilité d’avoir commencé à consommer du cannabis avant l’âge de 16 ans (RCa = 2,59, IC à 95 % : 1,65 à 4,07).

Logement

Les élèves vivant seuls étaient plus susceptibles de consommer du cannabis à des fins non médicales que ceux qui vivaient avec leurs parents ou d’autres membres de la famille, et les élèves vivant dans une maison ou un appartement en colocation (RCa = 1,82, IC à 95 % : 1,67 à 1,98) avaient la probabilité la plus élevée. En particulier, ces derniers étaient 1,85 fois plus susceptibles de fumer du cannabis (RCa = 1,85, IC à 95 % : 1,69 à 2,03) que les étudiants vivant avec leur famille. De plus, tous les groupes d’étudiants vivant séparément de leurs parents ou d’autres membres de la famille étaient plus susceptibles de ne pas respecter la recommandation de « limiter la consommation de cannabis à une fois par semaine ou les fins de semaine », et les étudiants vivant dans une maison ou un appartement en colocation avaient les plus fortes probabilités de non-respect des recommandations (1,69, IC à 95 % : 1,46 à 1,94).

Statut d’étudiant international

Les étudiants internationaux avaient des probabilités significativement plus faibles que les étudiants canadiens (RCa = 0,54, IC à 95 % : 0,49 à 0,59) et une incidence légèrement plus faible du non-respect des RUCMR chez les consommateurs (RTIa = 0,96, IC à 95 % : 0,93 à 1,00). Les étudiants internationaux avaient les probabilités les plus élevées de suivre chacune des recommandations individuelles, ainsi que les probabilités comparatives les plus faibles d’inhaler profondément ou de retenir leur souffle lorsqu’ils fument du cannabis (RCa = 0,51, IC à 95 % : 0,44 à 0,58) et de conduire ou d’utiliser d’autres machines avec facultés affaiblies (RCa = 0,56, IC à 95 % : 0,44 à 0,71).

Les résultats des analyses à une variable non ajustées correspondantes sont disponibles sur demande auprès des auteurs.

Analyse

Résultats clés

Cette étude a permis d’évaluer la prévalence de la consommation de cannabis et le respect des RUCMR chez les étudiants universitaires ainsi que les différences sociodémographiques dans le respect des RUCMR. De façon optimiste, la plupart des étudiants (66,2 %) ne consommaient pas de cannabis, et parmi les consommateurs de cannabis, il y avait des taux élevés d’évitement du cannabis synthétique (96,1 %), un report de la consommation de cannabis jusqu’à l’âge de 16 ans (91,2 %), un refus de conduire une voiture ou de conduite d’autres machines après avoir consommé de l’alcool ou d’autres drogues (88,9 %) et de limite de la consommation de cannabis autant que possible (78,2 %). Toutefois, les taux de non-fumeurs (36,7 %) et de consommateurs qui choisissent des produits de cannabis moins puissants (29,0 %) sont faibles. L’Enquête canadienne sur la consommation d’alcool et de drogues dans les établissements d’enseignement postsecondaire (ECCADEEP) et l’Enquête canadienne sur le cannabis (ECS) ont fait état de taux plus élevés de consommation de cannabis parmi les étudiants : l’ECCADEEP a fait état d’une prévalence de 39,5 % sur 12 mois et l’ECS d’une prévalence de 39,2 % sur 12 moisNote de bas de page 28Note de bas de page 29. Ces différences peuvent être le reflet de la pondération de l’ECCADEEP et de l’ECS en fonction du sexe et de l’âge, ainsi que de la rigueur académique des universités canadiennes interrogées dans le cadre de cette étude : des recherches ont montré qu’une consommation fréquente de cannabis réduit la probabilité de s’inscrire dans un établissement d’enseignement postsecondaire et d’obtenir un diplômeNote de bas de page 28Note de bas de page 29. Les tendances en matière de respect des recommandations chez les consommateurs de cannabis correspondent globalement à celles de la population générale : l’étude internationale sur les politiques relatives au cannabis de 2018 a également révélé que « fumer du cannabis » et « consommer du cannabis à teneur élevée » étaient les recommandations les plus souvent non respectées par les Canadiens et les Américains de 16 à 65 ansNote de bas de page 18.

Les faibles taux de « choisir des produits de cannabis moins puissants » peuvent être en partie attribuables au manque de connaissances. Parmi les consommateurs de cannabis de l’échantillon étudié, 18,2 % connaissaient l’existence du THC et du CBD mais ignoraient leurs différentes propriétés et 2,7 % ne connaissaient pas du tout leur existence. Les utilisateurs ayant moins de connaissances sur le THC/CBD étaient significativement moins enclins à suivre la recommandation « choisir des produits de cannabis moins puissants ». Des résultats similaires ont été enregistrés chez les adultes canadiens et américains : de faibles proportions de consommateurs de cannabis sur 12 mois utilisaient des produits à teneur égale ou supérieure en CBD et une proportion importante ont déclaré ne pas connaître les teneurs relatives dans les produits qu’ils consomment habituellementNote de bas de page 31. Il est important de noter la faible disponibilité de produits de cannabis moins puissants : une analyse de 2022 des offres des commerce de cannabis de l’Ontario a révélé que la grande majorité des produits d’inhalation (94 % à 100 %) avaient une forte concentration de THCNote de bas de page 32. Ces résultats s’ajoutent aux preuves de plus en plus nombreuses qui soulignent la nécessité d’une sensibilisation sur les nuances de la consommation de cannabis à moindre risque, ainsi que sur la disponibilité de produits de cannabis à moindre risque. Il convient de noter que Wood et ses collaborateurs ont récemment proposé un système simplifié d’étiquetage des produits basé sur les « unités canadiennes de THC », qui pourrait être intégré aux futures RUCMR et sur les étiquettes des produits du cannabis, afin de permettre aux consommateurs de cannabis d’évaluer plus facilement et plus précisément leurs niveaux de dosage de THC pour différents types de produits et modes d’administrationNote de bas de page 33.

Les hommes, les étudiants non hétérosexuels, les élèves vivant en colocation et les étudiants canadiens étaient plus susceptibles de consommer du cannabis et, parmi les consommateurs, ce sont ceux qui ont fait état d’une consommation plus risquée. Si les étudiants blancs étaient les plus susceptibles de consommer du cannabis, parmi les consommateurs, les groupes d’étudiants non blancs (à l’exception des étudiants d’Asie de l’Est et des « autres » étudiants) sont ceux qui ont fait état d’une consommation plus risquée. Ces résultats sont généralement conformes à la littérature. Par exemple, l’utilisation plus fréquente, plus intensive et plus risquée chez les hommes a été bien documentée et peut être influencée par les normes relatives au genreNote de bas de page 34. En outre, l’ECS a également signalé une prévalence élevée de consommation de cannabis chez les personnes appartenant à une minorité sexuelle et de genre, ce qui pourrait découler de son rôle dans l’adaptation aux facteurs de stress sociétaux et de l’ouverture de ces communautésNote de bas de page 29Note de bas de page 35. L’ECCADEEP a également fait état des taux les plus élevés de consommation de cannabis chez les étudiants de niveau postsecondaire autochtones, multiraciaux et blancsNote de bas de page 28. Il est intéressant de noter que les jeunes Américains, les Noirs, les Autochtones, les Hispaniques et les Américains d’origine asiatique ont fait état d’une probabilité plus élevée de troubles liés à la consommation de cannabis que leurs homologues blancs au cours de la dernière année, ce qui confirme la tendance observée dans nos données et souligne l’importance de cibler le sous-groupe de population des consommateurs appartenant à une minorité raciale ou ethniqueNote de bas de page 36.

Points forts et limites

Cette étude comporte plusieurs points forts et limites clés. Il semble s’agir de la première étude sur le respect des RUCMR chez les étudiants universitaires au Canada. La compréhension des taux de respect des RUCMR et des corrélations sociodémographiques connexes au sein de cette population fournit des renseignements importants pour éclairer les initiatives d’intervention et de prévention ciblées dans une population où la consommation de cannabis et la consommation risquée de cannabis sont courantesNote de bas de page 30. L’un des principaux atouts méthodologiques de l’enquête transversale répétée a été l’utilisation d’un échantillonnage aléatoire stratifié hebdomadaire (selon le genre, l’âge, le niveau d’études et l’année ainsi que le statut d’étudiant) pour recruter un vaste échantillon d’étudiants. En outre, des efforts ont été déployés pour réduire le biais des non-répondants en utilisant une stratégie de recrutement en plusieurs étapesNote de bas de page 25. Plusieurs limites doivent également être prises en compte. Premièrement, si notre stratégie d’échantillonnage aléatoire stratifié a permis d’obtenir un échantillon représentatif des personnes invitées à participer à l’enquête, notre échantillon n’a pas été pondéré pour améliorer la représentativité des répondants. En outre, l’évaluation de la consommation de cannabis s’est limitée à une consommation à vie, ce qui a empêché l’évaluation de la fréquence et de la récurrence de la consommation. Pour certains, la « consommation à vie » peut simplement correspondre à une consommation unique. En outre, notre étude a porté sur le respect des RUCMR de 2017 par opposition à la version 2022 la plus récente, puisque nos données ont été recueillies entre 2020 et 2022. Bien que les RUCMR de 2017 demeurent citées par Santé Canada et qu’elles chevauchent en grande partie les RUCMR de 2022, une recommandation clé que nous n’avons pas évaluée est l’évitement du vapotageNote de bas de page 17. Les RUCMR de 2022 tiennent compte du fait que le vapotage présente un niveau d’exposition aux toxines plus faible que le tabagisme, mais soulignent qu’il comporte toujours les risques associés à l’inhalation du cannabis et à l’exposition potentielle à d’autres contaminants, ce qui en fait un comportement significatif pour une étude futureNote de bas de page 8. Enfin, la généralisation des résultats de cette étude est limitée par les quatre universités auprès desquelles des étudiants ont été recrutés : l’échantillon ne comprend pas les données des nombreux collèges et des petites universités du Canada qui ont présentent des taux de consommation de cannabis plus élevés que ceux de cette étude.

Conclusion

À notre connaissance, c’est la première étude à porter sur le respect des RUCMR chez les étudiants universitaires canadiens, une population à part, qui offre la possibilité d’entreprendre des initiatives ciblées en santé publique. Bien que nos résultats révèlent plusieurs tendances encourageantes en matière de réduction des méfaits, ils mettent également en évidence des lacunes importantes dans le respect des RUCMR, particulièrement en ce qui a trait aux méthodes de consommation et à la puissance des produits du cannabis. Bien que certains de ces comportements puissent refléter des préférences personnelles, notre étude indique qu’il subsiste d’importantes lacunes en matière de connaissances. Les interventions futures devraient viser à combler directement ces lacunes. Dans le milieu universitaire, il peut s’agir d’événements d’orientation, d’affiches sur le campus et de messages diffusés par les services de santé et de bien-être des étudiants. Les résidences universitaires, avec leur structure centralisée et leurs réseaux de communication intégrés, offrent également un environnement idéal pour la diffusion des connaissances. L’adoption d’une unité standard de THC sur les étiquettes de cannabis et la disponibilité accrue de produits de cannabis moins puissants sont également nécessaires pour faciliter la consommation à moindre risque.

Remerciements

Santé Canada a financé la recherche (subvention 1920-HQ-000069).

Conflit d’intérêts

Aucun à déclarer.

Contributions des auteurs et avis

JP, LJ, CR, RM et DV ont conçu l’étude. JP, CR et RM étaient responsables de la gestion des données et de l’analyse formelle. LJ, KH, AW et LM ont assuré l’administration du projet. JP, LJ et CR ont rédigé la première version du manuscrit. Tous les auteurs ont relu et corrigé le manuscrit. Tous les auteurs ont approuvé la version finale du manuscrit.

Le contenu de l’article et les points de vue qui y sont exprimés n’engagent que les auteurs; ils ne correspondent pas nécessairement aux positions du gouvernement du Canada.

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2026-06-17

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