Évaluation des risques : maladie Ebola causée par le virus Bundibugyo en République démocratique du Congo et en Ouganda (en vigueur du 2026-07-07 au 2026-08-28)
Évaluation finalisée le 7 juillet 2026 (sur la base des informations disponibles au 2 juillet 2026)
Sur cette page
- Motif de l'évaluation
- Questions sur le risque
- Énoncé sur les risques
- Résumé de l'évaluation des risques
- Résumé de l'événement (situation au 2 juillet 2026)
- Considérations relatives aux agents pathogènes présentant un potentiel pandémique
- Détails de l'évaluation des risques
- Limites, lacunes dans les connaissances et incertitudes
- Mesures proposées
- Réévaluation
- Méthodes
- Notes de bas de page
- Références
Motif de l'évaluation
En réponse à l'éclosion actuelle de maladie à virus Bundibugyo (MVB) en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a réalisé une évaluation rapide des risques le 21 mai 2026. Compte tenu de l'évolution de la situation, il est nécessaire d'évaluer plus en détail le risque d'importation du virus Bundibugyo au Canada par l'intermédiaire de groupes de la population déterminés, ainsi que le risque global pour la population canadienne.
Questions sur le risque
- Quelle est la probabilité et quel est l'impact de l'importation du virus de Bundibugyo au Canada au cours des 7 prochaines semaines (jusqu'au 28 août 2026) par l'intermédiaire de travailleurs de la santé et de travailleurs humanitairesNote de bas de page a susceptibles d'être directement exposés au virus dans les zones touchées par l'éclosionNote de bas de page b de la RDC ?
- Quelle est la probabilité et quel est l'impact d'une importation du virus Bundibugyo au Canada au cours des 7 prochaines semaines (jusqu'au 28 août 2026) par d'autres personnesNote de bas de page c se trouvant dans les zones touchées par l'éclosionNote de bas de page b de la RDC ?
- Quelle est la probabilité et quel est l'impact d'une importation du virus Bundibugyo au Canada au cours des 7 prochaines semaines (jusqu'au 28 août 2026) en provenance de régions voisines où aucune transmission active n'est connue (y compris d'autres zones de la RDC, de l'Ouganda et du Soudan du Sud) ?
Énoncé sur les risques
Le risque global pour le Canada lié à l'importation du virus Bundibugyo au cours des 7 prochaines semaines (jusqu'au 28 août 2026) est faible. Si un cas était importé au Canada, la transmission ultérieure devrait être très limitée.
Le risque d'importation du virus Bundibugyo au Canada au cours des 7 prochaines semaines par l'intermédiaire de travailleurs de la santé et de travailleurs humanitaires susceptibles d'être directement exposés au virus dans les zones touchées par l'éclosionNote de bas de page b en RDC est faible (incertitude modérée), compte tenu du faible nombre de membres de ce personnel qui devraient se trouver dans ces zones. Les professionnels de la santé et autres membres du personnel courent un risque accru d'exposition au virus Bundibugyo par rapport à la population générale, mais le risque d'infection peut être efficacement réduit grâce à l'utilisation appropriée d'équipements de protection individuelle (EPI). Les données issues des précédentes éclosions d'Ebola indiquent que les cas d'importation vers des pays hors d'Afrique par le biais de travailleurs de la santé et de travailleurs humanitaires sont rares, et que la majorité d'entre eux concernaient des évacuations médicales de personnes atteintes ou suspectées d'être atteintes de la maladie Ebola et présentant un risque d'exposition professionnelle; aucun cas d'importation de la maladie Ebola n'a été signalé auparavant au Canada.
La probabilité d'importation par d'autres personnes provenant des zones touchées par l'éclosion en RDC est très faible (incertitude modérée). Le volume des déplacements entre les zones touchées par l'éclosion en RDC et le Canada devrait être très limité. Les contrôles sanitaires avant le départ et d'autres mesures, y compris une éventuelle quarantaine en RDC, pourraient réduire davantage la probabilité que des personnes potentiellement infectées se rendent au Canada, bien qu'il existe une incertitude quant à la mise en œuvre et à l'efficacité de ces mesures.
La probabilité d'importation par des voyageurs en provenance de zones actuellement non touchées est jugée négligeable (incertitude modérée). Les personnes se trouvant en Ouganda (aucune preuve de transmission communautaire), au Soudan du Sud (aucun cas documenté et un très faible volume de voyages vers le Canada) et dans les zones non touchées de la RDC présentent un risque très faible de contracter la MVB, si elles ne se sont pas rendues dans les zones de la RDC touchées par l'éclosion au cours des 21 derniers jours.
Ces estimations de la probabilité d'importation pourraient évoluer si l'éclosion s'étendait davantage sur le plan géographique, notamment au sein des pays actuellement touchés et vers des pays ayant des liens touristiques plus étroits avec le Canada.
L'impact sur une personne atteinte est estimé comme étant grave (faible incertitude), compte tenu des manifestations cliniques graves de la MVB, du taux de létalité élevé et de l'absence de vaccins ou d'antiviraux approuvés. Toutefois, un traitement précoce associé à de bons soins de soutien peut améliorer les chances de survie. Si une importation au Canada se produisait, l'impact de la MVB sur la population générale canadienne serait mineur (faible incertitude), ce qui s'explique par le nombre limité de cas secondaires attendus parmi les contacts étroits, en raison à la fois des caractéristiques de la transmission du virus et des mesures de santé publique mises en place. La transmission du virus Bundibugyo n'a lieu que pendant la phase symptomatique de l'infection et survient très probablement après l'apparition de symptômes « humides », notamment la diarrhée, les vomissements et/ou des saignements. De plus, le Canada dispose de solides capacités en matière de diagnostic et de système de santé, ainsi que de protocoles existants pour la réponse aux éclosions, la prise en charge des cas et des contacts, et la prévention et le contrôle des infections.
Résumé de l'évaluation des risques
| Composante du risque | Travailleurs de la santé et travailleurs humanitairesNote de bas de page a susceptibles d'être directement exposés au virus dans les zones touchées par l'éclosionNote de bas de page b de la RDC | Autres personnesNote de bas de page c se trouvant dans les zones touchées par l'éclosionNote de bas de page b de la RDC | Voyageurs en provenance de zones actuellement non touchées de la RDC, de l'Ouganda et du Soudan du Sud, n'ayant pas voyagé dans les zones touchées par l'éclosion |
|---|---|---|---|
| Probabilité [incertitude] | Faible |
Très faible |
Négligeable |
| Impact individuelNote de bas de page d [incertitude] | Grave |
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| Impact sur la populationNote de bas de page d [incertitude] | Mineur |
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| Risque global [incertitude] | Faible |
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Notes de bas de page :
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Résumé de l'événement (situation au 2 juillet 2026)
Au 2 juillet 2026, 1 502 cas confirmés, dont 473 décès et 229 guérisons, ont été signalés dans le nord-est de la RDC, dans les provinces de l'Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où la transmission communautaire se poursuitNote de bas de page 1. Par ailleurs, trois cas confirmés liés à l'éclosion en Ituri ont été signalés après leur détection dans les provinces voisines du Haut-Uélé (n = 2) et du Tshopo (n = 1)Note de bas de page 2. Deux cas ont été exportés à l'étranger parmi les travailleurs de la santé exposés en RDC : un médecin en mission humanitaire qui a été évacué pour raisons médicales vers l'Allemagne le 17 mai 2026Note de bas de page 3, et un médecin participant aux mesures d'intervention contre l'Ebola qui a obtenu des résultats positifs à son arrivée en France, comme signalé le 24 juin 2026Note de bas de page 4.
En Ouganda, 20 cas confirmés, dont 2 décès et 16 guérisons, ont été signalés au 2 juillet 2026Note de bas de page 2. Le dernier cas confirmé a été signalé le 21 juin 2026Note de bas de page 2. Tous les cas étaient des cas importés de la RDC ou des cas secondaires parmi les contacts étroits de ces cas importés. À ce jour, rien n'indique une transmission soutenue au sein de l'Ouganda. Au 2 juillet 2026, aucun cas n'avait été signalé au Soudan du Sud.
En réponse à l'éclosion en cours, le Canada a mis en place des mesures frontalières temporaires pour les voyages en provenance de la RDC, de l'Ouganda et du Soudan du Sud (jusqu'au 28 août 2026)Note de bas de page 5. La RDC et l'Ouganda ont mis en place des contrôles à la sortie dans les aéroports internationaux de Kinshasa et de Kampala, respectivement. En RDC, l'aéroport de Bunia, dans la province de l'Ituri, reste fermé aux vols commerciaux (les vols humanitaires étant autorisés) et une obligation de quarantaine de 21 jours a été annoncée le 24 juin 2026 pour les personnes quittant les zones touchées par l'éclosion avant tout voyage national ou internationalNote de bas de page 6.
Considérations relatives aux agents pathogènes présentant un potentiel pandémique
Le virus Bundibugyo n'est pas considéré comme un agent pathogène présentant un potentiel pandémique. La transmission interhumaine du virus Bundibugyo nécessite un contact direct avec les tissus ou les liquides biologiques de personnes infectées ou avec des surfaces contaminées. Le risque de transmission peut être considérablement réduit lorsque l'infection est détectée et que des mesures appropriées de prévention et de contrôle de l'infection sont mises en œuvre.
Détails de l'évaluation des risques
Une précédente évaluation rapide des risques finalisée par l'ASPC le 21 mai 2026 avait évalué l'impact sur les personnes infectées par le virus Bundibugyo (impact grave, faible incertitude) et sur la population générale au Canada en cas d'importation du virus (impact mineur, faible incertitude)Note de bas de page 7. Ces évaluations d'impact restent inchangées et ne devraient pas être influencées par la probabilité d'importation associée aux différents groupes de la population examinés ci-dessous. Le risque global pour la population canadienne reste donc faible à l'heure actuelle.
Ce qui suit porte sur la probabilité d'importation du virus Bundibugyo au Canada par l'intermédiaire de trois groupes de la population différents, définis aux fins de la présente évaluation des risques en fonction de leur potentiel d'exposition et d'infection en RDC, en Ouganda et au Soudan du Sud, puis de leur voyage ultérieur vers le Canada. Ces groupes sont les suivants :
- Le personnel déployé dans les zones touchées par l'éclosion en RDCNote de bas de page b qui participe à des mesures d'intervention contre l'éclosion et qui est susceptible d'être exposé au virus Bundibugyo en milieu professionnel par contact avec des patients atteints de la MVB; des échantillons biologiques, des liquides biologiques des patients atteints de la MVB ou des corps des patients décédés; ou d'autres matériaux contaminés par le virus Bundibugyo, que des EPI aient été utilisés ou non. Cela inclut les travailleurs de la santé et les travailleurs humanitaires, le personnel de laboratoire et tout autre personnel susceptible de se rendre par la suite au Canada ou d'être évacué pour raisons médicales ou rapatrié s'il venait à être infecté (groupe 1).
- Les autres personnes (n'appartenant pas à la catégorie ci-dessus) se trouvant dans les zones touchées par l'éclosion en RDC, y compris celles qui auraient pu se rendre dans ces zones au cours des 21 jours précédant leur voyage au Canada (groupe 2).
- Les autres personnes se trouvant en Ouganda, au Soudan du Sud et dans les zones de la RDC non touchées par l'éclosion qui ne se sont pas rendues dans les zones touchées par l'éclosion au cours des 21 jours précédant leur voyage au Canada (groupe 3).
Il convient de noter que ces définitions peuvent différer des groupes à risque définis dans d'autres documents à des fins différentes, telles que les activités de prise en charge des cas.
Question 1 : Quelle est la probabilité et quel est l'impact de l'importation du virus Bundibugyo au Canada au cours des 7 prochaines semaines (jusqu'au 28 août 2026) par l'intermédiaire de travailleurs de la santé et de travailleurs humanitaires (groupe 1) susceptibles d'avoir été directement exposés au virus dans les zones touchées par l'éclosion en RDC ?
La probabilité d'importation du virus Bundibugyo au Canada par l'intermédiaire de travailleurs de la santé et de travailleurs humanitaires exposés au virus dans les zones de la RDC touchées par l'éclosion est estimée comme faible, avec une incertitude modérée.
Il est reconnu que les travailleurs de la santé et les autres membres du personnel susceptibles d'être exposés dans le cadre de leur activité présentent un risque accru de contracter la maladie Ebola par rapport à la population généraleNote de bas de page 8Note de bas de page 9. L'utilisation appropriée des EPI réduit le risque d'infection, mais l'infection par piqûre d'aiguille, l'autocontamination lors du retrait des EPI ou d'autres défaillances non détectées des EPI constituent des risques potentiels connusNote de bas de page 10Note de bas de page 11Note de bas de page 12Note de bas de page 13. Toutefois, les infections chez le personnel international participant aux mesures d'intervention contre les éclosions ont toujours été rares. Avant l'éclosion actuelle, 24 cas d'importation hors des pays africains avaient été recensés, dont la plupart concernaient des évacuations ou des rapatriements de personnes dont la maladie était connue, tous liés à l'éclosion de maladie à virus Ebola de 2014-2016 en Afrique de l'OuestNote de bas de page 14. Parmi ceux-ci, 21 concernaient des travailleurs de la santé et des techniciens de laboratoire, et tous sauf deux impliquaient une exposition nosocomiale. Une étude portant sur 268 membres du personnel (dont 216 médecins, infirmiers et techniciens de laboratoire) rentrant au Royaume-Uni après avoir été déployés dans le cadre de la réponse à l'éclosion de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest n'a révélé aucun signe sérologique concluant d'infection au sein de cette cohorte; 86 % du personnel travaillait en portant un EPI et un seul cas d'exposition à haut risque a été documentéNote de bas de page 15.
Le nombre de travailleurs de la santé et de travailleurs humanitaires canadiens présents dans les zones touchées par l'éclosion en RDC est inconnu, mais devrait être très faible. Entre le 31 mai et le 1er juillet 2026, moins de 20 voyageurs arrivant au Canada ont déclaré s'être récemment rendus en RDC à des fins de soins de santé ou d'aide humanitaire, parmi lesquels seule une minorité a indiqué avoir travaillé directement avec des patients atteints d'Ebola (ASPC, données non publiées). Bien que les travailleurs de la santé et les travailleurs humanitaires impliqués dans les activités d'intervention en réponse à l'éclosion puissent représenter la source d'importation la plus probable, historiquement, la plupart de ces cas (20 sur 24) concernaient des évacuations médicales liées à la maladie EbolaNote de bas de page 14, qui devraient présenter un risque moindre de transmission ultérieure si les protocoles et les mesures de prévention et de contrôle des infections sont correctement respectés pendant le transport et la prise en charge des cas. L'importation du virus pendant la période d'incubation (présymptomatique) a déjà été documentée dans quatre cas, dont un (ne concernant pas un travailleur de la santé ni un travailleur humanitaire) a entraîné une transmission secondaire à deux infirmières qui ont par la suite dispensé des soins intensifsNote de bas de page 14Note de bas de page 16. Lors de l'éclosion actuelle de MVB, un travailleur de la santé participant aux activités d'intervention a obtenu des résultats positifs à la MVB à son retour en France. Cette personne a développé des symptômes légers et non spécifiques trois jours avant d'embarquer dans l'avion et a été considérée comme non contagieuse pendant le vol. Bien qu'une transmission lors d'un voyage en avion par contact étroit avec un cas symptomatique puisse théoriquement se produire, les voyages aériens durant la phase « sèche » de la maladie sont généralement considérés comme présentant un faible risque de transmission des orthoebolavirusNote de bas de page 17Note de bas de page 18. La transmission ne se produit que pendant la phase symptomatique de l'infection et est plus probable après l'apparition de symptômes « humides », notamment la diarrhée, les vomissements et/ou des saignementsNote de bas de page 19. Aucun cas confirmé de maladie Ebola résultant d'une transmission lors d'un voyage en avion n'a été documenté.
Question 2 : Quelle est la probabilité et quel est l'impact de l'importation du virus Bundibugyo au Canada au cours des 7 prochaines semaines (jusqu'au 28 août 2026) par l'intermédiaire d'autres personnes (groupe 2) provenant des zones touchées par l'éclosion en RDC ?
La probabilité d'importation du virus Bundibugyo au Canada par l'intermédiaire d'autres personnes se trouvant dans les zones touchées par l'éclosion en RDC est très faible, avec une incertitude modérée.
On s'attend généralement à ce qu'environ 3 000 à 3 500 personnes se rendent au Canada en provenance de la RDC au cours des mois de juillet et août (Agence des services frontaliers du Canada, données non publiées). Les restrictions de voyage actuellement en vigueur devraient rapporter ce nombre à moins de 1 200 personnes. Les modèles de l'ASPC indiquent que la probabilité d'importation d'au moins un cas de MVB au cours de la période de deux semaines comprise entre le 5 et le 18 juillet est inférieure à 1 % dans le cadre des mesures frontalières actuelles (3,3 % en l'absence de mesures frontalières), en supposant le scénario le plus pessimiste dans lequel 10 % des cas recensés dans les zones touchées par l'éclosion sont signalés. Les considérations suivantes suggèrent que la probabilité d'importation est susceptible d'être considérablement plus faible. Plus de 95 % des voyages aériens entre la RDC et le Canada partent de Kinshasa (Association internationale du transport aérien, données non publiées), ville difficilement accessible depuis les zones actuellement touchées; le principal aéroport régional de Bunia est fermé aux vols commerciaux; et les données de mobilité disponibles issues des réseaux de téléphonie mobile indiquent que les déplacements entre les zones touchées par l'éclosion en RDC et Kinshasa sont limitésNote de bas de page 20. Parmi les voyageurs en provenance de la RDC entre le 31 mai et le 1er juillet 2026 qui n'étaient pas impliqués dans des activités de soins de santé ou d'aide humanitaire (moins de 450), aucun n'a été considéré comme ayant pu être exposé au virus Bundibugyo (ASPC, données non publiées). Des mesures de dépistage à la sortie, comprenant l'évaluation des symptômes et de l'exposition, sont en place pour les voyageurs partant de KinshasaNote de bas de page 21. Le 24 juin 2026, la RDC a en outre annoncé l'obligation d'une quarantaine de 21 jours pour les personnes quittant les zones touchées par l'éclosion avant de voyager à l'intérieur de la RDC ou à l'étrangerNote de bas de page 6, bien qu'il subsiste des incertitudes quant à la mise en œuvre et à l'efficacité de cette mesure. Il n'existe pas de liaisons aériennes directes entre la RDC et le Canada, et la longue durée du transit augmente les chances que des voyageurs présentant des symptômes soient identifiés en cours de route avant leur arrivée au Canada.
Question 3 : Quelle est la probabilité et quel est l'impact d'une importation du virus Bundibugyo au Canada au cours des 7 prochaines semaines (jusqu'au 28 août 2026) en provenance de régions voisines où aucune transmission active n'est connue (groupe 3) (y compris d'autres zones de la RDC, de l'Ouganda et du Soudan du Sud) ?
La probabilité d'importation du virus Bundibugyo par des voyageurs en provenance de zones actuellement non touchées et n'ayant pas voyagé dans des zones touchées par l'éclosion au cours des 21 jours précédant leur départ est jugée négligeable, avec un degré d'incertitude modéré.
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) évalue actuellement le risque pour les pays ayant des frontières terrestres avec des pays où la présence du virus Bundibugyo a été confirmée comme étant élevé, mais à ce jour, la transmission s'est concentrée en RDC, qui représente actuellement plus de 98 % des cas signalésNote de bas de page 22. Au 2 juillet 2026, l'Ouganda avait signalé 20 cas confirmés de MVBNote de bas de page 4. Il s'agit de cas ayant un lien de voyage avec la RDC (n = 15) et d'un nombre limité de cas secondaires (n = 5) parmi les contacts et les travailleurs de la santéNote de bas de page 23; à ce jour, il n'existe aucune preuve de transmission communautaire en Ouganda. Les mesures actuelles comprennent une fermeture totale de la frontière entre la RDC et l'Ouganda, mais l'efficacité de cette mesure pour réduire le potentiel d'importation du virus en Ouganda est incertaine. Le volume des déplacements entre l'Ouganda et le Canada au cours des mois de juillet et août devrait être faible (moins de 2 000 voyageurs estimés compte tenu des mesures frontalières actuellement en vigueur au Canada). Le potentiel d'exposition au virus de Bundibugyo chez les voyageurs en provenance d'Ouganda devrait être très faible.
Conformément à l'évaluation des risques de l'OMS, une analyse de modélisation publiée suggère une forte probabilité d'introduction du virus de Bundibugyo depuis la RDC au Soudan du SudNote de bas de page 24. Toutefois, au 2 juillet 2026, aucun cas de MVB n'avait été signalé au Soudan du Sud. De plus, les déplacements entre le Soudan du Sud et le Canada sont très limités, avec environ 50 voyageurs attendus en juillet et août compte tenu des mesures frontalières canadiennes en vigueur.
Limites, lacunes dans les connaissances et incertitudes
L'incertitude globale associée à cette évaluation est modérée. Historiquement, les éclosions de fièvres hémorragiques virales (FHV) similaires n'ont pas donné lieu à des cas importés au Canada et le risque d'exposition pour la population canadienne est actuellement faible. Toutefois, il existe une grande incertitude quant à l'ampleur actuelle de l'éclosion et à son évolution au cours des prochaines semaines.
Parmi les sources spécifiques d'incertitude et les lacunes dans les connaissances, on peut citer :
- Manque d'informations concernant le nombre exact de citoyens et de résidents canadiens présents dans les zones touchées par l'éclosion, notamment les travailleurs de la santé, les travailleurs humanitaires et les personnes travaillant dans des exploitations minières appartenant à des sociétés canadiennes. D'après les informations disponibles, et compte tenu du conflit en cours dans le pays ainsi que des avis déconseillant les voyages en RDC, ce nombre devrait être faible.
- Une incertitude subsiste quant au potentiel d'exposition parmi les travailleurs de la santé et les travailleurs humanitaires participant aux mesures d'intervention face à l'éclosion, notamment en raison de manquements non détectés d'utilisation des EPI et de l'accès à des EPI appropriés.
- Le Canada dispose d'une grande capacité de diagnostic des FHV ainsi que de protocoles existants pour la prise en charge des cas et des contacts et pour l'intervention de santé publique; toutefois, une certaine incertitude subsiste quant à la capacité à détecter rapidement un cas importé, car la maladie Ebola n'a jamais été importée au Canada auparavant et le tableau clinique au stade précoce de la maladie peut être non spécifique, tandis que les antécédents de voyage et d'exposition peuvent ne pas être fiables.
- Le profil clinique et les caractéristiques épidémiologiques de la MVB devraient être similaires à ceux des maladies causées par d'autres orthoebolavirus pathogènes pour l'homme, bien que les données sur cette souche spécifique soient plus limitées, car seules deux éclosions ont été documentées jusqu'à présent.
- Des essais cliniques portant sur des vaccins et des traitements candidats sont en cours de mise en œuvre dans le cadre de cette éclosion, mais leur impact sur les résultats cliniques et/ou le contrôle de la transmission reste à déterminer.
Mesures proposes
- Poursuivre une communication coordonnée et en temps opportun sur les risques afin d'informer la population canadienne de l'éclosion de la maladie Ebola causée par le virus Bundibugyo, du niveau de risque pour les voyageurs, des mesures prises par les autorités de santé publique, des mesures concrètes que les personnes peuvent prendre pour se protéger s'elles se rendent dans la zone touchée, et de ce qu'elles doivent faire s'elles se sentent malades ou présentent des symptômes de la maladie Ebola avant ou pendant leur vol, ainsi qu'à leur arrivée au Canada ou après celle-ci.
- Poursuivre la collaboration avec les organisations humanitaires et autres susceptibles de déployer du personnel depuis le Canada vers les zones touchées par l'éclosion.
- Poursuivre les communications ciblées à l'intention des travailleurs de la santé afin de les sensibiliser et de les préparer à favoriser la détection précoce, le diagnostic et le dépistage, la prise en charge, ainsi que la notification aux autorités de santé publique conformément à leurs protocoles.
- Poursuivre le partage régulier d'informations et les discussions avec les partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux en matière de santé publique afin de favoriser une préparation coordonnée en cas d'importation de la MVB au Canada.
- Procéder à une évaluation rapide des demandes d'assistance internationales afin d'identifier les options permettant au Canada de soutenir la réponse et de contribuer à limiter l'aggravation de la situation et la propagation internationale, conformément aux engagements du Canada en matière de santé mondiale.
- Poursuivre les activités scientifiques visant à étudier l'efficacité des nouveaux traitements par anticorps monoclonaux et d'autres contre-mesures expérimentales, notamment les antiviraux, les vaccins et les tests de diagnostic.
- Poursuivre l'évaluation des orientations et des recommandations et collaborer avec les partenaires afin d'harmoniser la réponse de santé publique du Canada sur des approches fondées sur des données probantes et tenant compte des risques.
Réévaluation
La situation évolue et l'ASPC continuera de surveiller l'éclosion. L'équipe d'évaluation des risques se réunira à nouveau pour examiner toute nouvelle donnée suggérant une augmentation possible du risque pour le Canada ou pour les résidents canadiens se trouvant en RDC, en Ouganda ou dans les pays voisins. Parmi les facteurs pouvant indiquer un risque accru, on peut citer, sans s'y limiter, l'extension géographique de l'éclosion au sein des pays actuellement touchés et vers des pays ayant des liens de voyage plus étroits avec le Canada.
Méthodes
Cette évaluation a été réalisée par l'Agence de la santé publique du Canada. La méthodologie s'appuie sur l'Outil d'évaluation rapide des risques destiné aux États membres de l'Organisation mondiale de la SantéNote de bas de page 25. La probabilité, l'impact et le risque global ont été estimés à l'aide des échelles et de la matrice de risque décrites précédemment (se référer à la page sur la méthode d'évaluation des risques), et la capacité de réponse a été estimée à l'aide de l'outil de l'OMSNote de bas de page 25.
L'échelle de probabilité a été modifiée afin d'y ajouter une catégorie « négligeable », définie comme « la probabilité de la situation décrite dans la question sur les risques est pratiquement nulle »Note de bas de page 26. Le niveau de risque global pour la population générale au Canada a été obtenu à partir de l'estimation de l'impact global sur la population, car celle-ci contient la composante déterminante du risque pour la population générale.
Tout au long du rapport, des références ont été incluses lorsque cela était approprié; lorsque ce n'est pas le cas, les données s'appuient sur des données internes, des avis d'experts ou des communications personnelles.
Les estimations du nombre de cas arrivant aux frontières canadiennes sont établies à l'aide d'un modèle d'importation de la maladie de l'ASPC, fondé sur les données historiques de l'Agence des services frontaliers du Canada et de l'Association internationale du transport aérien (IATA) concernant les volumes de voyageurs en provenance de la RDC pour les deux semaines à venir (du 5 au 18 juillet). Les prévisions concernant le nombre de cas liés à l'éclosion (et donc la prévalence de l'infection chez les voyageurs) sont obtenues à partir d'une prévision, fondée sur un modèle, de l'évolution de l'éclosion dans l'est de la RDC. Les analyses d'importation sont menées à l'échelle nationale et ne tiennent pas compte de groupes spécifiques tels que les travailleurs de la santé et les travailleurs humanitaires ni du lieu d'origine des voyageurs au sein du pays source.
Notes de bas de page
- Note de bas de page a
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Aux fins de la présente évaluation, les travailleurs de la santé et les travailleurs humanitaires comprennent le personnel déployé dans les zones touchées par l'éclosion en République démocratique du Congo qui participe aux mesures d'intervention face à l'éclosion et qui est susceptible d'être exposé, dans le cadre de son travail, au virus Bundibugyo, qu'il ait ou non utilisé un équipement de protection individuelle. Cela inclut les travailleurs de la santé et les travailleurs humanitaires, le personnel de laboratoire et tout autre personnel susceptible de se rendre par la suite au Canada, d'être évacué pour raisons médicales ou rapatrié s'il venait à être infecté.
- Note de bas de page b
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Au 2 juillet 2026, les zones touchées par l'éclosion comprennent les provinces de l'Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu en République démocratique du Congo.
- Note de bas de page c
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Les autres personnes (n'appartenant pas à la catégorie ci-dessus) se trouvant dans les zones touchées par l'éclosion en République démocratique du Congo, y compris celles qui auraient pu se rendre dans ces zones au cours des 21 jours précédant leur voyage au Canada.
Références
- Note de bas de page 1
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Institut National de Sante Publique. SitRep N°049/MVB_02/07/2026. Le 3 juillet 2026. Consulté le 7 juillet 2026. https://insp.cd/sitrep-n049-mvb_02-07-2026/
- Note de bas de page 2
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Organisation mondiale de la Santé. Ebola disease caused by Bundibugyo virus, Democratic Republic of the Congo & Uganda. Le 3 juillet 2026. Consulté le 3 juillet 2026. https://www.who.int/emergencies/disease-outbreak-news/item/2026-DON612
- Note de bas de page 3
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Organisation mondiale de la Santé. WHO Rapid Risk Assessment-Ebola disease caused by Bundibugyo virus, Democratic Republic of the Congo, Uganda and countries with land borders adjoining countries with documented BDBV detection v3. Consulté le 29 juin 2026. https://www.who.int/publications/m/item/who-rapid-risk-assessment-ebola-disease-caused-by-bundibugyo-virus--democratic-republic-of-the-congo--uganda-and-countries-with-land-borders-adjoining-countries-with-documented-bdbv-detection-v3
- Note de bas de page 4
-
Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Ebola disease outbreak in the Democratic Republic of the Congo and Uganda. Le 23 juin 2026. Consulté le 29 juin 2026. https://www.ecdc.europa.eu/en/ebola-outbreak-democratic-republic-congo-and-uganda
- Note de bas de page 5
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Agence de la santé publique du Canada. Maladie Ebola : Mesures frontalières pour les voyageurs entrant au Canada. Le 30 mai 2026. Consulté le 29 juin 2026. https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/maladies/maladie-virus-ebola/mesures-frontalieres.html
- Note de bas de page 6
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Ministère de la Communication et Médias/RDC [@Com_mediasRDC]. #COMMUNIQUE Dans le cadre du renforcement de la riposte contre la maladie à virus Ébola, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo annonce que toute personne en provenance des zones affectées devra observer une période de 21 jours avant tout déplacement sur le https://t.co/nTZZZqoEVR. Twitter. Le 24 juin 2026. Consulté le 2 juillet 2026. https://x.com/Com_mediasRDC/status/2069900411931160681
- Note de bas de page 7
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