Groupe des cétones - fiche d'information
Publications résumées :
- Évaluation finale du Groupe des cétones (publiée le 16 mai 2026). Les commentaires du public sur l'ébauche d'évaluation préalable et le cadre de gestion des risques ont été pris en compte, et un résumé des commentaires accompagné des réponses du gouvernement a été publié.
- Approche de gestion des risques associés aux cétones, plus particulièrement : MEK et MIBK (publiée le 16 mai 2026 pour période de commentaires du public de 60 jours se terminant le 15 juillet 2026)
- Avis connexe : Gazette du Canada, Partie I, vol. 160, N° ;20 – le 16 mai 2026
Sur cette page
- Aperçu
- À propos de ces substances
- Exposition des humains et de l'environnement
- Effets principaux (dangers) pour la santé et l'environnement
- Prise en compte des sous-populations qui peuvent avoir une susceptibilité accrue ou une exposition accrue
- Résultats de l'évaluation des risques
- Mesures préventives et réduction des risques
- Ressources connexes
Aperçu
- Le gouvernement du Canada réalise des évaluations des risques des substances chimiques en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) (LCPE) afin de déterminer si elles posent ou peuvent poser des risques pour la santé humaine ou l'environnement.
- Les risques posés par une substance sont déterminés en considérant à la fois ses propriétés dangereuses (la capacité de causer les effets nocifs sur la santé humaine ou l'environnement) et du niveau ou de l'étendue à laquelle les personnes ou l'environnement sont exposé.
- Quand cela est nécessaire, le gouvernement met en œuvre des mesures de gestion des risques en vertu de la LCPE et d'autres lois fédérales afin de prévenir ou réduire les danger potentiel.
- Les potentiels d'exposition et de danger écologiques de ces quatre substances ont été classés au moyen de l'Approche de classification des risques écologique des substances organiques (CRE).
- Le gouvernement a conclu que la MEK et la MIBK sont nocives pour la santé humaine en raison de l'exposition par inhalation découlant de l'utilisation de certains produits de consommation. Ces substances sont associées à divers effets sur le développement.
- Afin de réduire l'exposition humaine à la MEK et à la MIBK, le gouvernement propose des mesures de réglementation.
- Bien que le 2,4-PD ait été considéré comme présentant un risque pour la santé humaine à la suite de l'ébauche d'évaluation préalable, une étude plus approfondie a confirmé qu'actuellement, le 2,4-PD n'est pas présent dans les produits offerts aux consommateurs et il a donc été déterminé qu'il ne posait aucun risque pour la santé humaine. On propose d'ajouter cette substance à la Liste de surveillance.
- Certaines autres substances du groupe des cétones peuvent être associées à des effets préoccupants sur la santé, mais le risque pour la santé humaine est jugé faible aux concentrations d'exposition examinées dans l'évaluation. Aucune des 10 substances de ce groupe n'a été jugée nocive pour l'environnement aux concentrations d'exposition actuelles.
À propos de ces substances
- L'évaluation porte sur 10 substances, désignées collectivement « Groupe des cétones » dans le cadre du Plan de gestion des produits chimiques (CMP).
- Le résumé des publications sur le groupe des cétones comprend des détails sur le nom des substances et les numéros de registre CAS.
- Les substances visées sont :
- Sous-groupe 1 : butanone (méthyléthylcétone; MEK) et méthylpropylcétone (MPK)
- Sous-groupe 2 : 4-méthylpentan-2-one (méthylisobutylcétone; MIBK), méthylisoamylcétone (MIAK) et 4-hydroxy-4-méthylpentan-2-one (DAA)
- Sous-groupe 3 : diacétyle, pentane-2,3-dione (2,3-PD) et acétoïne
- Substances individuelles : pentane-2,4-dione (2,4-PD) et oxyde de mésityle (MO)
- Les 10 substances du Groupe des cétones sont produites commercialement et sont aussi naturellement présentes dans l'environnement dans diverses plantes ou denrées alimentaires ou, encore, sont produites par des microorganismes ou d'autres organismes. La MEK, le diacétyle et l'acétoïne sont aussi produits naturellement par l'humain.
- Selon l'information recueillie par le gouvernement, les cétones sont principalement utilisées comme solvants dans divers produits, dont des produits offerts aux consommateurs tels que des peintures, des revêtements et des adhésifs. Elles peuvent également être utilisées comme agents aromatisants alimentaires, dans les cosmétiques, dans les produits de santé naturels et comme produits de formulation (ingrédients non actifs) dans les produits antiparasitaires. Ces substances peuvent servir dans de nombreuses applications industrielles.
Exposition des humains et de l'environnement
- L'évaluation indique que les personnes au Canada peuvent être exposées aux substances du Groupe des cétones de la façon suivante :
- Sous-groupe 1 (MEK et MPK) : par l'air et les aliments (de leur source naturelle et de leur utilisation possible comme agents aromatisants dans les aliments), ainsi que par les produits offerts aux consommateurs, dont les cosmétiques, les produits de santé naturels, les peintures et les produits de bricolage. Des rejets de MEK dans l'air ont également été signalés à la suite d'activités industrielles.
- Sous-groupe 2 (MIBK, MIAK et DAA) : par l'environnement et les aliments (de leur source naturelle et, pour la MIBK, de son utilisation possible comme agent aromatisant dans les aliments), ainsi que par les produits de consommation, dont des cosmétiques, des produits de santé naturels, des peintures, des marqueurs et des produits de bricolage. Des rejets de MIBK dans l'air ont également été signalés à la suite d'activités industrielles.
- Sous-groupe 3 (diacétyle, 2,3-PD et acétoïne) : par les aliments (en raison de leur présence naturelle et de leur utilisation possible comme agent aromatisant) et, pour le diacétyle et la 2,3-PD, de l'utilisation de produits de consommation, dont les cosmétiques et les assainisseurs d'air, respectivement.
- Les personnes au Canada peuvent être exposées à la 2,4-PD en raison de sa présence naturelle dans les aliments, et à l'OM en raison de sa présence dans l'air et dans les aliments (par sa présence naturelle et son utilisation possible comme agent aromatisant dans les aliments).
- Selon les données examinées à l'aide de l'Approche de CRE, il s'est avéré que huit substances étaient associées à un faible potentiel d'exposition dans l'environnement. Toutefois, la MEK et la DAA ont été classées comme présentant un potentiel d'exposition élevé dans l'environnement en raison des quantités élevées d'utilisation déclarées combinées à une longue demi-vie (le temps nécessaire pour réduire de moitié la concentration) dans l'air.
Effets principaux (dangers) pour la santé et l'environnement
- Plusieurs substances de ce groupe ont été examinées à l'échelle internationale par diverses organisations, notamment l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Programme international sur la sécurité des produits chimiques, l'Environmental Protection Agency des États-Unis, l'Agency for Toxic Substances and Disease Registry et le United States National Toxicology Program. Ces examens et évaluations ont servi à caractériser les effets sur la santé de l'évaluation.
- Les données sur les effets sur la santé disponibles pour certaines substances de ce groupe étaient limitées. Une approche comparative utilisant des produits chimiques similaires, appelée lecture croisée, a donc servi à évaluer les effets potentiels sur la santé associés à ces substances pour lesquelles on dispose de peu de données.
- Les effets critiques sur la santé du sous-groupe 1 comprenaient des effets sur le développement pour la MEK et une diminution du gain pondéral dans les études en laboratoire pour la MEK et la MPK.
- Pour le sous-groupe 2, le Centre international de recherche sur le cancer a classé la MIBK comme « possiblement cancérogène pour l'humain ». Les effets sur le foie (pour la MIBK et la MIAK) et les reins (pour le MIBK et la DAA), ainsi que les effets sur le développement (pour la MIBK et la DAA), ont également été considérés comme les effets critiques dans l'évaluation des risques.
- Les effets critiques relevés dans l'évaluation du sous-groupe 3 étaient la capacité de causer le cancer (pour le diacétyle), les effets sur les voies respiratoires (pour le diacétyle et le 2,3-PD) et les effets généraux (pour l'acétoïne), d'après les études en laboratoire.
- Selon les données existantes sur les effets sur la santé, les effets critiques de l'évaluation du 2,4-PD et de l'OM étaient des effets généraux, ainsi que des effets sur le développement pour le 2,4-PD.
- D'après les renseignements pris en compte dans l'Approche de CRE, il a été déterminé que les 10 substances du groupe présentaient un faible potentiel de danger pour l'environnement.
Prise en compte des sous-populations qui peuvent avoir une susceptibilité accrue ou une exposition accrue
- Certains groupes de personnes au sein de la population canadienne pourraient, en raison d'une susceptibilité ou d'une exposition accrue, être plus à risques que la population générale de subir des effets nocifs pour la santé dus à l'exposition à des substances.
- Certains sous-populations, comme les nourrissons, les enfants et les personnes en âge de procréer, sont régulièrement étudiées tout au long de l'évaluation. Par exemple, les expositions spécifiques à l'âge sont systématiquement estimées et les études de toxicité pour le développement et la reproduction sont évaluées en ce qui concerne les possibles effets nocifs sur la santé. Ces sous-populations ont été prises en compte dans les résultats de l'évaluation des risques associés au Groupe des cétones.
- De plus, les personnes vivant à proximité de rejets industriels ont été prises en compte.
Résultats de l'évaluation des risques
- Les évaluations se concentrent sur les informations essentielles à la détermination de la nocivité des substances pour la santé humaine ou l'environnement au sens de la LCPE. Pour ce faire, il convient de tenir compte les informations scientifiques, y compris des informations, si elles sont disponibles, sur les sous-populations qui peuvent avoir une susceptibilité accrue ou une exposition accrue, les environnements vulnérables et les effets cumulatifs, et en utilisant une approche fondée sur le poids des preuves et sur le principe de précaution.
- D'après une comparaison des concentrations auxquelles les personnes au Canada peuvent être exposés à la MEK en raison de l'utilisation de certains produits de consommation, notamment les décapants pour peinture ou pour revêtement (par exemple, les décapants pour laque), les dissolvants d'adhésifs, les dégraissants, les diluants pour peinture ou pour revêtement, les peintures liquides et divers produits en aérosol, y compris les peintures en aérosol, et les concentrations associées à des effets critiques sur la santé, il a été déterminé que la MEK pouvait présenter un risque pour la santé humaine.
- De même, une comparaison des concentrations d'exposition à la MIBK auxquelles les personnes au Canada pourraient être exposées découlant de l'utilisation de laque pour bois, de peintures liquides et divers produits en aérosol dont les peintures en aérosol, avec les concentrations associées à des effets critiques sur la santé, il a été déterminé que ces substances peuvent poser un risque pour la santé humaine.
- D'après des comparaisons de l'exposition à la MPK, à la MIAK, à la DAA, au diacétyle, à la 2,3-PD, à l'acétoïne, à la 2,4-PD et à l'OM, avec les concentrations associées à des effets critiques sur la santé, il a été déterminé que ces huit substances ne posent aucun risque pour la santé humaine.
- D'après les résultats de l'Approche de CRE, il est peu probable que les 10 substances du Groupe des cétones causent des effets nocifs sur l'environnement aux concentrations d'exposition actuelles.
Conclusions de l'évaluation
- Le gouvernement a conclu que la MEK et la MIBK sont nocives pour la santé humaine aux concentrations d'exposition prises en compte lors de l'évaluation.
- Il a aussi conclu que la MPK, la MIAK, la DAA, le diacétyle, la 2,3-PD, l'acétoïne, la 2,4-PD et l'OM ne sont pas nocifs pour la santé humaine aux concentrations d'exposition actuelles. De plus, le gouvernement a conclu qu'aucune des 10 substances du Groupe des cétones ne pénètre dans l'environnement à des concentrations qui sont nocives pour ce dernier.
Mesures préventives et réduction des risques
- Le gouvernement entend proposer l'ajout du MEK et du MIBK à la partie 2 de l'annexe 1 de la LCPE. L'inscription d'une substance à l'annexe 1 n'en restreint pas l'usage, la production, ni l'importation. Au contraire, cela permet au gouvernement de prendre des mesures exécutoires de gestion des risques en vertu de la LCPE.
- Les substances toxiques qui présentent le risque le plus élevé (c'est-à-dire qui répondent à certains critères) sont ajoutées à la partie 1 de l'annexe 1. Elles sont classées par ordre de priorité en vue de l'application de mesures qui peuvent inclure une interdiction totale, partielle ou conditionnelle.
- D'autres substances toxiques sont inscrites à la partie 2 de l'annexe 1 et sont jugées prioritaires pour l'application de mesures visant à prévenir la pollution, ce qui peut comprendre leur interdiction.
- La publication de l'approche de gestion des risques vise à informer les intervenants quant aux mesures de gestion des risques proposées et à poursuivre la discussion sur leur élaboration. Le gouvernement envisage ce qui suit :
- Élaboration de contrôles réglementaires pour contribuer à réduire l'exposition par inhalation à la MEK et à la MIBK de certains produits de consommation, dont les décapants à peinture ou à revêtement (par exemple, décapants à vernis-laque), les dissolvants pour adhésifs, les dégraissants, les diluants à peinture ou à revêtement, les peintures liquides, les produits en aérosol (par exemple, les peintures en aérosol) et les laques à bois.
- Le gouvernement cherche à obtenir d'autres données pour étayer la prise de décisions en matière de gestion des risques. Plus de détails se trouvent dans l'approche de gestion des risques, y compris les coordonnées pour transmettre les commentaires formulés lors de la période de commentaires du public se terminant le 15 juillet 2026.
- Les mesures de gestion des risques peuvent évoluer, par suite de l'examen des évaluations et des mesures de gestion des risques publiées pour d'autres substances. Le but est d'assurer une prise de décisions efficace, coordonnée et cohérente en matière de gestion des risques.
Autres considérations
- La 2,4-PD n'est pas considérée comme nocive pour la santé humaine ou l'environnement aux concentrations d'exposition actuelles, mais cette substance est associée à des effets préoccupants. L'exposition à cette substance pourrait donc être préoccupante si elle devait augmenter. Par conséquent, cette substance pourrait faire l'objet d'initiatives futures visant à surveiller son statut commercial ou à relever de nouvelles utilisations ou expositions. On propose d'ajouter cette substance à la Liste de surveillance.
Où trouver des mise à jour sur les mesures de gestion des risques
- Les mises à jour sur les mesures figurent dans l'échéancier pour le Groupe des cétones.
- Les renseignements et les mises à jour sur la réglementation en application de la LCPE et les consultations sont publiés dès qu'ils sont élaborés ou révisés ou dans leur version définitive.
- Des mises à jour sur les initiatives de collecte de renseignements et des renseignements supplémentaires sur la gestion des risques des substances ainsi qu'un tableau des mesures de gestion des risques pour les substances visées par le PGPC sont accessibles.
- Des renseignements supplémentaires sur la Liste de surveillance sont disponibles.
- Utilisez l'outil de recherche de substances pour trouver les substances mentionnées dans certains textes législatifs ou réglementaires ou sur les sites Web du gouvernement du Canada.
Ressources connexes
- Les substances du Groupe des cétones sont présentes dans certains produits de consommation. Les personnes au Canada doivent suivre les mises en garde et les instructions indiquées sur les produits et éliminer les produits de façon responsable, conformément aux directives municipales ou locales.
- Veuillez visiter Maison saine pour obtenir de l'information sur la sécurité chimiques à l'intérieur et autour de la maison, incluant de l'information sur les cétones (pour les consommateurs).
- Le diacétyle, la 2,3-PD et l'acétoïne ont été recensés comme des ingrédients possibles dans les produits de vapotage (comme les cigarettes électroniques et les dispositifs de vapotage contenant du cannabis), ce qui peut représenter une autre source d'exposition à ces substances. Les produits de vapotage qui ne contiennent pas de cannabis sont gérés au moyen de la Loi sur le tabac et les produits de vapotage. Les produits de cannabis pouvant comprendre ces substances (comme les produits topiques ou de vapotage) sont gérés au moyen du cadre législatif du cannabis.
- Les évaluations réalisées en vertu de la LCPE se centrent sur les risques d'exposition de la population générale, incluant les populations qui pourraient être touchées de façon disproportionnée. Les dangers associés aux produits chimiques utilisés au travail sont définis dans le Système d'information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT). Le gouvernement du Canada reconnaît que la coordination de la législation pour l'utilisation sécuritaire des produits chimiques au travail est la responsabilité des organisations de santé et de sécurité fédérales, provinciales et territoriales. Nous travaillons à appuyer ce rôle en intégrant les informations, les outils et l'expertise technique du PGPC et du Programme des produits dangereux utilisés au travail de Santé Canada.
