Guide d’introduction à la carboneutralité pour les entreprises de fabrication textiles
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Section 1 - Audience visée par ce guide
Ce guide est conçu pour aider les entreprises et les organisations du secteur de la fabrication textile à atteindre la carboneutralité d'ici 2050. Il peut être utilisé par celles qui commencent tout juste leur démarche vers la carboneutralité. Il peut être aussi utilisé par les entreprises et les organisations qui sont déjà bien avancées dans le processus et qui recherchent des conseils plus concrets sur les étapes à suivre.
Ce guide se concentre principalement sur les usines de textiles et les usines de produits textiles (SCIAN 313–314). Cependant, certains éléments de son contenu peuvent également concerner des entreprises issues d'industries connexes, dans lesquelles la production textile est un élément clé de la fabrication de biens « d'utilisation finale », notamment :
- la fabrication de vêtements (SCIAN 315);
- la fabrication de produits en cuir et de produits analogues (SCIAN 316);
- la fabrication de meubles rembourrés pour l'ameublement (SCIAN 337121).
1.1 Aperçu du sous-secteur
Les entreprises du sous-secteur de la fabrication textile produisent divers produits textiles, allant des vêtements et articles pour la maison à des biens spécialisés tels que les textiles médicaux, les équipements de protection et les matériaux de construction.
La liste complète des codes pertinents du Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN) pour ce sous-secteur est fournie à l’Annexe 1.
Au Canada, ce sous-secteur compte environ 850 entreprises, dont la plupart sont des petites et moyennes entreprises (PME) employant de quelques personnes à plusieurs centaines d'employés.
- Le sous-secteur employait plus de 13 800 personnes en 2024. Plus d’information peuvent être trouvées à :
- Usines de textiles - 313 - Entreprises - Statistiques relatives à l'industrie canadienne - Innovation, Sciences et Développement économique Canada
- Usines de produits textiles - 314 - Entreprises - Statistiques relatives à l'industrie canadienne - Innovation, Sciences et Développement économique Canada
- Le secteur a apporté une contribution totale de 1,02 milliard de dollars au produit intérieur brut (PIB) du Canada en 2024 (environ 0,05 % du PIB total du Canada).
- Les émissions totales de gaz à effet de serre (GES) de ce sous-secteur sont estimées à environ 200 000 tonnes d'équivalent dioxyde de carbone (éq. CO2) par an (~0,24 % des émissions totales du Canada).
Dans la plupart des cas, les entreprises de fabrication textile ne sont pas des émetteurs importants à titre individuel et n'auront pas à apporter de changements significatifs à leur modèle d'affaires à mesure que l'économie passera à la carboneutralité. Cependant, les émissions totales du sous-secteur restent importantes et doivent être réduites si le Canada veut atteindre son objectif de carboneutralité.
Section 2 - La transition vers la carboneutralité
Cette section a pour objectif de fournir de l’information générale et contextuelle pertinente sur la transition vers la carboneutralité, afin d'aider les entreprises de textiles à comprendre leur rôle dans cette transition et à se préparer à élaborer leur stratégie et leur plan de carboneutralité.
Elle décrit à quoi ressemblera la transition vers la carboneutralité pour les entreprises et les organisations du sous-secteur de la fabrication textile au Canada. Elle présente également comment mesurer les émissions à l'aide des méthodes de comptabilisation des GES reconnues à l’échelle internationale.
2.1 L'importance de la planification vers la carboneutralité d'ici 2050
Pour le sous-secteur de la fabrication textile, il est important d'atteindre la carboneutralité, car ses émissions globales sont importantes, même si celles des entreprises, prises individuellement, sont généralement faiblesNote de bas de page 1. Le sous-secteur dans son ensemble a un rôle à jouer dans la transition mondiale vers la carboneutralité.
Pour chacune des entreprises du sous-secteur, il est important de planifier la transition vers la carboneutralité, car cela leur permet de se préparer pour l'avenir. Les entreprises peuvent :
- accroître leur résilience face aux risques climatiques;
- identifier des opportunités d’affaires;
- assurer un avantage concurrentiel dans un marché en transition vers la décarbonation;
- renforcer leur réputation auprès de leurs clients et investisseurs.
Cela peut également être utile pour se conformer aux normes réglementaires en évolution et participer à des programmes volontaires de réduction des émissions (tel que le Défi carboneutre du gouvernement canadien).
2.2 La transition vers la carboneutralité pour le sous-secteur de la fabrication textile au Canada
Cette section décrit à quoi ressemblera la transition vers le carboneutralité pour l'ensemble du sous-secteur de la fabrication textile au Canada (ce à quoi cela pourrait ressembler pour votre entreprise en particulier est abordé dans la Section 3).
2.2.1 D'où proviennent les émissions du sous-secteur de la fabrication textile
Les activités des entreprises de ce sous-secteur impliquent la transformation de matières premières en produits finis à travers des procédés énergivores tels que :
- le filage;
- la teinture;
- le finissage;
- le séchage;
- le collage.
Les émissions associées à ces opérations proviennent à la fois de la combustion directe de combustibles sur site et d’émissions indirectes tout au long de la chaîne de valeur, incluant :
- l’utilisation d’électricité;
- l’approvisionnement en matières premières;
- le transport;
- les déchets.
Vous trouverez ci-dessous des informations détaillées sur l'origine habituelle de ces émissions.
Catégorie : Procédés de fabrication thermiques
Description : Utilisation de chaleur pour la production (teinture, séchage, fixation thermique, collage).
Explication : Émissions directes provenant de l'utilisation d'énergie, notamment le gaz naturel, le pétrole ou l'électricité pour chauffer les machines textiles et produire de la vapeur.
Importance relative des émissions : Élevée
Degré de contrôle de l’entreprise : Moyen à élevé
Catégorie : Chauffage et climatisation des installations
Description : Chauffage des locaux et de l'eau pour les bâtiments et les bureaux.
Explication : Émissions directes provenant de l’utilisation de combustibles fossiles (gaz naturel, pétrole) ; émissions indirectes liées à l'électricité utilisée pour les systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC) et de chauffage de l'eau.
Importance relative des émissions : Moyenne
Degré de contrôle de l’entreprise : Moyen
Catégorie : Machines et équipements électriques (hors CVC)
Description : Alimentation des moteurs, des métiers à tisser, de l'éclairage et des systèmes de contrôle.
Explication : Émissions indirectes liées à la consommation d'électricité, y compris le fonctionnement des machines, l'éclairage et les systèmes de contrôle au sein de l'installation.
Importance relative des émissions : Faible à moyenne
Degré de contrôle de l’entreprise : Faible à moyen
Catégorie : Transport et expédition
Description : Transport des matières premières et des produits finis (entrants et sortants).
Explication : Émissions provenant du transport de marchandises (camions, navires, trains) pour l'approvisionnement en matières premières et la distribution des produits textiles finis.
Importance relative des émissions : Moyenne à élevée
Degré de contrôle de l’entreprise : Faible à moyen
Catégorie : Déplacements et trajets domicile-travail des employés
Description : Déplacements domicile-travail des employés, livraisons, voyages d'affaires.
Explication : Émissions provenant des déplacements des employés en voiture pour se rendre aux installations de fabrication, ainsi que des voyages liés à l’entreprise pour des réunions ou des besoins logistiques.
Importance relative des émissions : Faible à moyenne
Degré de contrôle de l’entreprise : Moyen
Catégorie : Cycle de vie des fibres
Description : Émissions liées à la production de fils et de fibres et à leur gestion en fin de vie.
Explication : Émissions indirectes liées à la production de fibres synthétiques vierges (polyester, nylon). Émissions plus faibles provenant des matériaux recyclés ou d'origine biologique.
Importance relative des émissions : Moyenne à élevée
Degré de contrôle de l’entreprise : Faible à moyen
2.2.2 Comment réduire les émissions dans le sous-secteur de la fabrication textile
Plusieurs mesures peuvent être prises pour réduire les émissions. Certaines relèvent du contrôle de l'entreprise, tandis que d'autres doivent être mises en œuvre à l'échelle de l'économie dans son ensemble. Les principales mesures d'atténuation qui doivent être mises en œuvre pour que le sous-secteur de la fabrication textile atteigne la carboneutralité sont énumérées ci-dessous.
Catégorie : Procédés de fabrication thermiques
Mesures que les entreprises pourraient prendre :
- électrifier la chaleur industrielle grâce à des technologies électriques telles que les chaudières et les thermopompes;
- optimiser les processus et la récupération de chaleur.
Mesures à l’échelle de l’économie :
- développer et commercialiser des technologies de chauffage industriel électrique à haute température (par exemple, thermopompes industrielles, stockage d'énergie thermique);
- décarboner les réseaux électriques provinciaux;
- mettre en place des politiques ou incitatifs pour la modernisation des installations industrielles et le soutien aux projets pilotes.
Catégorie : Chauffage et climatisation des installations
Mesures que les entreprises pourraient prendre :
- remplacer les équipements de chauffage et de production d'eau chaude à combustibles fossiles par des alternatives à faibles émissions, telles que les thermopompes électriques;
- réduire la demande énergétique des bâtiments grâce à des mesures d'efficacité énergétique (par exemple, isolation et contrôle des bâtiments).
Mesures à l’échelle de l’économie :
- déployer largement des thermopompes électriques, y compris des modèles industriels et adaptés aux climats froids;
- éliminer progressivement les équipements CVC alimentés par des combustibles fossiles;
- moderniser les codes du bâtiment et les incitatifs à la rénovation pour soutenir l'électrification et l’amélioration de l’enveloppe des bâtiments.
Catégorie : Machines et équipements électriques (hors CVC)
Mesures que les entreprises pourraient prendre :
- moderniser les moteurs, compresseurs et l'éclairage;
- utiliser des systèmes de contrôle intelligents ou des systèmes de gestion de l'énergie (SGE);
- surveiller la consommation pour identifier les économies potentielles.
Mesures à l’échelle de l’économie :
- décarboner le réseau et étendre la production d'énergie propre;
- investir dans la capacité du réseau local afin de soutenir l'augmentation de la demande liée à l'électrification;
- poursuivre l'innovation dans les équipements industriels à haut efficacité énergétique.
Catégorie : Transport et expédition
Mesures que les entreprises pourraient prendre :
- électrifier les véhicules appropriés;
- optimiser les itinéraires et les charges;
- privilégier les modes de transport à faible émission;
- passer à des emballages à faibles émissions.
Mesures à l’échelle de l’économie :
- assurer la disponibilité et l’accessibilité financière des véhicules de transport de marchandises à zéro émission (véhicules moyens et lourds à zéro émission);
- étendre l’infrastructure de recharge et de ravitaillement (par exemple en hydrogène) pour les véhicules zéro émission (VZE) destinés aux flottes commerciales;
- améliorer les services de transport ferroviaire et intermodaux pour le transport de marchandises.
Catégorie : Déplacements et trajets domicile-travail des employés
Mesures que les entreprises pourraient prendre :
- passer des moteurs à combustion interne aux VZE pour le transport routier;
- installer des chargeurs pour véhicules électriques (VE) sur site;
- adopter des modes de transport actifs (vélo, marche, etc.) pour les trajets domicile-travail;
- choisir le train plutôt que l'avion pour les trajets courts;
- éviter les déplacements dans la mesure du possible et encourager le télétravail lorsque possible.
Mesures à l’échelle de l’économie :
- développer les systèmes de transport collectif urbain et électrifier ou passer à des carburants à faible teneur en carbone;
- étendre l’infrastructure de recharge pour les véhicules électriques et accroître la disponibilité des VZE;
- étendre et moderniser les réseaux de transport ferroviaires de passagers, et passer à des locomotives électriques ou à pile à hydrogène;
- remplacer le carburéacteur par du carburant d'aviation durable (SAF), de l'hydrogène, des carburants synthétiques ou la propulsion électrique.
Catégorie : Cycle de vie des fibres
Mesures que les entreprises pourraient prendre :
- utiliser des fibres recyclées ou d'origine biologique (en anglais seulement);
- collaborer avec les fournisseurs sur la transparence et la circularité des matériaux;
- mettre en œuvre l'éco-conception à la phase de conception afin de réduire l'impact sur les produits dès le début;
- améliorer les systèmes de contrôle de la qualité afin de réduire la surproduction due aux défauts.
Mesures à l’échelle de l’économie :
- étendre les chaînes d'approvisionnement en fibres recyclées (par exemple, rPET, textiles recyclés mécaniquement ou chimiquement);
- développer des textiles biosourcés et à faibles émissions de carbone;
- accroître l’accès aux rapports GES des fournisseurs et aux données sur les émissions.
Les mesures d’atténuation des émissions énumérées ci-dessus couvrent des sources d'émissions quantifiables dans le sous-secteur de la fabrication textile, qui peuvent être calculées conformément à des normes de comptabilisation reconnues à l’échelle mondiale telles que le Protocole des GES et les normes ISO 14064. Les entreprises de fabrication textile peuvent également contribuer en :
- assurant le partage des connaissances : veiller à ce que le personnel reçoive une formation continue sur l'atténuation des changements climatiques propre aux procédés de fabrication textile. Il peut agir comme leader d'opinion dans l’industrie et partager publiquement ses connaissances et réussites en matière de production textile durable.
- renforçant leur image de marque : se positionner comme chef de file en production durable. Il peut mettre de l’avant l'adoption de procédés à faible émission de carbone et de matériaux écologiques dans leur identité de marque. Cela peut contribuer à normaliser les pratiques durables dans l'ensemble de l'industrie textile et inciter les pairs et les consommateurs à soutenir une fabrication écologique.
2.3 Mesure des émissions de GES
Déterminer avec précision le profil d'émissions d'une entreprise ou d'une organisation est essentiel pour identifier où orienter les mesures d’atténuation. Il existe plusieurs ressources internationales largement reconnues qui peuvent être utilisées pour calculer les émissions de GES d'une entreprise. Les deux principales ressources sont le Protocole des GES et les normes ISO 14064.
2.3.1 Le Protocole des GES
Le GHG Protocol (le « Protocole des GES ») est le cadre le plus largement utilisé pour la comptabilisation des GES. Il définit, explique et présente différentes options pour appliquer les pratiques exemplaires en matière d'inventaire des émissions de GES. Il est largement utilisé dans de nombreuses initiatives volontaires en matière de GES, notamment le Défi carboneutre du gouvernement du Canada et l'initiative Science Based Targets (SBTi).
Le Protocole des GES utilise des catégories de comptabilisation normalisées que les entreprises peuvent utiliser pour communiquer efficacement leurs données d'émissions aux parties prenantes, aux investisseurs et aux autorités réglementaires.
La catégorisation du Protocole offre une vision globale de l’ensemble de la chaîne de valeur d'une entreprise ou d'une organisation, permettant ainsi une compréhension approfondie des sources d'émissions et des domaines potentiels de réduction des coûts et des émissions de carbone. Ces catégories d'émissions seront mentionnées tout au long de ce guide, et sont les suivantes :
- émissions de portée 1 : émissions directes provenant de sources détenues ou contrôlées, telles que les installations et les véhicules appartenant à l'entreprise;
- émissions de portée 2 : émissions indirectes provenant de l'électricité, de la vapeur, du chauffage et du refroidissement achetés;
- émissions de portée 3 : toutes les autres émissions indirectes qui se produisent tout au long de la chaîne d'approvisionnement, depuis l'extraction des matières premières jusqu'au transport, à l'utilisation des produits, à leur distribution et à leur élimination.
Émissions de portée 3
Le Protocole distingue quinze catégories d'émissions de portée 3 :
- Catégorie 1 : Biens et services achetés
- Catégorie 2 : Biens d'équipement
- Catégorie 3 : Activités liées aux combustibles et à l'énergie
- Catégorie 4 : Transport et distribution en amont
- Catégorie 5 : Déchets générés par les activités
- Catégorie 6 : Voyages d’affaires
- Catégorie 7 : Déplacements domicile-travail des employés
- Catégorie 8 : Actifs loués en amont
- Catégorie 9 : Transport et distribution en aval
- Catégorie 10 : Traitement des produits vendus
- Catégorie 11 : Utilisation des produits vendus
- Catégorie 12 : Traitement en fin de vie des produits vendus
- Catégorie 13 : Actifs loués en aval
- Catégorie 14 : Franchises
- Catégorie 15 : Investissements
2.3.2 Organisation internationale de normalisation
Les normes14064 de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) peuvent être utilisées pour quantifier, surveiller, déclarer et vérifier les émissions de GES. Les normes pertinentes sont :
- ISO 14064-1 (émissions et suppressions de GES pour les organisations – niveau corporatif);
- ISO 14064-3 (validation et vérification des déclarations relatives aux GES).
La série ISO 14064 est complémentaire au Protocole des GES et les entreprises peuvent tirer avantage de l'utilisation des deux ensembles de références.
Plus précisément, si une entreprise souhaite faire vérifier son inventaire des émissions de GES par un tiers accrédité, il est recommandé d’utiliser la norme ISO 14064-1. Cela garantit que l’inventaire des émissions de GES est élaboré de manière à pouvoir être facilement vérifié et comparé aux inventaires d'autres organisations.
Section 3 - Stratégie et planification vers la carboneutralité pour les entreprises de la fabrication textile
L'objectif de cette section est d'aider les entreprises de fabrication textile à élaborer une stratégie et un plan pour atteindre la carboneutralité d'ici 2050 ou avant. Elle vise également à renforcer leur position concurrentielle dans un monde carboneutre. Cette section s'adresse aux entreprises qui comprennent le contexte et les informations fournis dans la Section 2 et qui sont prêtes à passer à l'action.
Veuillez noter que ce guide est basé sur les activités types d'une entreprise du sous-secteur de la fabrication textile. Bien qu'il fournisse des indications pour simplifier le processus de planification de la carboneutralité, votre entreprise ou organisation doit l'adapter à sa propre situation pour définir la voie à suivre.
3.1 Stratégie d'entreprise dans un monde carboneutre
Avant d'élaborer un plan de carboneutralité détaillé, votre entreprise doit définir une stratégie d'entreprise qui détermine de manière générale comment elle souhaite se positionner dans un monde carboneutre. Votre entreprise doit étudier et évaluer à la fois le paysage concurrentiel externe et ses forces et faiblesses internes afin de déterminer la meilleure voie à suivre.
Voici quelques questions que vous pourriez vous poser :
- à quoi pourrait ressembler le sous-secteur de la fabrication textile au Canada en 2050, et quelle serait la place de notre entrepris dans cet avenir;
- quels aspects de nos activités sont les plus exposés au changement et aux risques, et où pourrions-nous trouver des avantages stratégiques dans la transition vers la carboneutralité;
- quels sont les principaux risques que nous devons atténuer pour assurer le succès de notre entreprise alors que nous éliminons nos émissions au cours des prochaines années;
- existe-t-il de nouvelles opportunités commerciales que notre entreprise pourrait exploiter dans le cadre de la transition vers la carboneutralité;
- notre entreprise présente-t-elle des faiblesses qui l'exposent à des risques liés aux effets du changements climatiques et à l'évolution de l'économie.
3.1.1 Modèle d’affaires carboneutre
Ensuite, vous devriez réfléchir à la nécessité pour votre entreprise d’apporter des changements à son modèle d’affaires.
Pour de nombreuses entreprises du sous-secteur de la fabrication textile, atteindre la carboneutralité ne modifiera peut-être pas radicalement les opérations quotidiennes, puisque les activités de fabrication principales resteront centrales.
Cependant, les matériaux utilisés, les sources d'énergie alimentant les équipements et les attentes des clients ainsi que des partenaires de la chaîne d'approvisionnement évoluent. Cette transition représente une occasion non seulement de décarboner, mais aussi de repositionner stratégiquement l'entreprise pour assurer son succès à long terme. Les entreprises qui :
- adoptent des fibres recyclées ou d'origine biologique;
- investissent dans des technologies de production propres;
- améliorent la transparence de leur chaîne d'approvisionnement;
seront mieux placées pour prospérer dans une économie à faible émission de carbone.
3.1.2 L'avantage concurrentiel de la carboneutralité
Passer à la carboneutralité ne consiste pas seulement à gérer les risques, cela offre également de réelles opportunités de croissance et de différenciation.
Au Canada, les industries en pleine croissance telles que la construction écologique, le transport propre et le développement de bioproduits devraient accroître la demande pour des textiles durables et performants. Les entreprises peuvent envisager de fournir des textiles spécialisés à faible empreinte carbone destinés à être utilisés dans :
- les matériaux de construction;
- l'isolation;
- les uniformes;
- les intérieurs de véhicules électriques.
Par ailleurs, les acheteurs nationaux et internationaux recherchent des fournisseurs capables de les aider à atteindre leurs propres objectifs climatiques.
Les fabricants canadiens qui font preuve de leadership en matière de réduction des émissions et d'innovation dans le domaine des matériaux auront un avantage concurrentiel pour obtenir des contrats à long terme et des partenariats de marque.
C'est également l'occasion de repenser la façon dont votre entreprise se positionne sur le marché: présenter votre entreprise comme un fournisseur de textiles écologique – avec des certifications tierces, des objectifs climatiques clairs et une transparence dans l’approvisionnement – peut attirer des acheteurs soucieux de l'environnement. Il pourrait aussi constituer un signal fort de crédibilité, d'innovation et de leadership tourné vers l’avenir.
3.2 Planification vers la carboneutralité pour les entreprises de la fabrication textile
Une fois que vous aurez une idée de ce que pourrait être la transition vers la carboneutralité à l'échelle mondiale et dans votre secteur, et que vous aurez réfléchi à la stratégie de votre entreprise dans un monde carboneutre, vous serez prêts à élaborer un plan de carboneutralité qui définira les mesures concrètes possibles.
Cette section passe en revue les étapes que votre entreprise devra suivre pour élaborer un plan de carboneutralité crédible et réalisable, notamment :
Étape 1 : Créer un inventaire des GES pour l'année de référence
Étape 2 : Identifier les mesures d'atténuation des GES
Étape 3 : Évaluer et hiérarchiser les mesures d'atténuation des GES
Étape 4 : Fixer des objectifs et établir un calendrier de mise en œuvre
Étape 5 : Surveiller la mise en œuvre et réviser périodiquement le plan
Vous trouverez ci-après des précisions sur la manière de réaliser chacune de ces étapes.
Pour certaines entreprises de fabrication textile, il est possible d’élaborer un plan simple de carboneutralité à l’interne.
Cependant, certaines entreprises peuvent avoir des situations plus complexes ou manquer de ressources internes nécessaires pour créer un plan de carboneutralité crédible. Dans ces cas, elles peuvent faire appel à une expertise externe en technologies propres, en transition énergétique, en politique énergétique et climatique, ainsi qu’en finance.
Pour les grandes entreprises, l'élaboration et la mise en œuvre d'un plan de carboneutralité robuste nécessitent généralement la mobilisation de plusieurs services. La planification est grandement facilitée par un engagement solide et une orientation claire de la part de la haute direction, afin d’assurer une collaboration interfonctionnelle et un alignement sur les objectifs de durabilité.
3.2.1 Étape 1 : Créer un inventaire des GES pour l'année de référence
La première étape de l'élaboration d'un plan de carboneutralité consiste à dresser un inventaire de vos émissions de GES pour une période d'un an, ce qui constituera votre année de référence. Pour créer l'inventaire de l'année de référence, vous devrez :
- définir les limites de l'inventaire pour votre organisation;
- identifier vos sources d'émissions;
- quantifier vos émissions sur 12 mois consécutifs.
Définir les limites de l'inventaire pour votre organisation
Définir les limites de l'inventaire vous permet de déterminer quelles sont les sources d'émissions résultant de vos activités et, par conséquent, quelles émissions devront être réduites pour atteindre la carboneutralité.
En général, les limites de l'inventaire peuvent être définies selon trois critères : l’action participative, le contrôle financier, et le contrôle opérationnel. Veuillez consulter les ressources suivantes pour plus de détails sur la manière de définir les limites de l’inventaire pour votre organisation :
- Guide technique 2.0 du Défi carboneutre d'Environnement et Changement climatique Canada (ECCC);
- Norme pour entreprises du Protocole des GES (en anglais seulement).
Identifier les sources d'émissions
La liste ci-dessous répertorie les sources d'émissions courantes des entreprises de fabrication textile. Identifiez celles qui s'appliquent à votre organisation.
Sources courantes d'émissions liées aux procédés de fabrication thermiques :
- chaudières à vapeur pour les processus thermiques tels que le thermofixage, la teinture, le décapage, le collage et le finissage;
- séchoirs à gaz et rames de séchage;
- eau de traitement chauffée et bains chimiques.
Sources courantes d'émissions liées au chauffage et la climatisation des installations :
- chauffage des locaux (chaudières, radiateurs, plinthes chauffantes, etc.);
- climatisation et ventilation mécanique;
- réfrigérants libérés par les climatiseurs et les thermopompes.
Sources courantes d'émissions liées aux machines et aux équipements électriques (hors CVC) :
- fonctionnement électrique des métiers à tisser, des machines à tricoter, à coudre et à filer;
- systèmes auxiliaires tels que compresseurs, pompes à vide et moteurs;
- éclairage, panneaux de commande, systèmes informatiques et appareils électroniques.
Sources courantes d'émissions liées au transport et l’expédition :
- camions diesel ou au gaz naturel utilisés pour le transport des matières premières et des produits finis;
- transport ferroviaire ou maritime pour les mouvements de la chaîne d'approvisionnement sur de longues distances;
- transport aérien pour les expéditions urgentes ou à l'étranger;
- émissions liées à l'emballage.
Sources courantes d’émissions liées aux déplacements et trajets domicile-travail des employés :
- déplacements quotidiens des employés dans des véhicules à essence ou à diesel;
- déplacements professionnels en voiture ou en avion pour les réunions avec les fournisseurs, les salons professionnels, etc.
Sources courantes d'émissions liées au cycle de vie des fibres :
- émissions provenant de la culture des fibres (machines diesel, utilisation d'engrais, irrigation);
- émissions de méthane provenant des animaux utilisés dans la production de laine;
- consommation de combustibles fossiles et émissions liées à la fabrication de fibres synthétiques (par exemple, le polyester);
- émissions de méthane provenant des décharges.
Une fois que vous avez identifié les sources d'émissions, vous devez déterminer à quelle catégorie appartient chaque source (c'est-à-dire de portée 1, 2 ou 3), comme le décrit le Protocole des GES.
La liste ci-dessus identifie les sources d'émissions les plus courantes pour les entreprises de fabrication textile. Il convient de consulter la liste complète des émissions de portée 3 afin de déterminer s'il existe d'autres sources susceptibles d'être pertinentes pour votre entreprise.
Quantifier vos émissions
Une fois les sources d'émissions identifiées, vous devez quantifier vos émissions. Pour ce faire, vous devez collecter des données d'activité et des facteurs d'émission qui quantifient les émissions de GES associées à chaque type d'activité.
Les données d'activité sont des mesures quantitatives des activités qui entraînent des émissions de GES. En voici quelques exemples :
- mètres cubes de gaz naturel utilisés pour chauffer un bâtiment;
- litres d'essence utilisés par les véhicules;
- kilowattheures d'électricité consommés;
- kilomètres parcourus en avion;
- montant en dollars des fournitures de bureau achetées.
Les facteurs d'émission sont des ratios calculés qui précisent la quantité de GES émise par unité d'activité. En multipliant les données d'activité par le facteur d'émission approprié, on obtient une estimation des émissions totales associées à cette activité.
Plusieurs organismes réputés fournissent des facteurs d'émission accessibles au public. ECCC met à disposition les ressources suivantes pour trouver des facteurs d'émission :
- pour l'électricité : Rapport d'inventaire national, Partie 3, Annexe 13;
- pour les autres activités : Rapport d'inventaire national, Partie 2, Annexes 3 et 6.
Voici d'autres ressources utiles pour créer votre inventaire des GES :
- Guide technique 2.0 du Défi carboneutre d’ECCC
- Calculateur d'émissions du Défi carboneutre d’ECCCNote de bas de page 2
- Norme pour les entreprises du Protocole des GES (en anglais seulement)
3.2.2 Étape 2 : Identifier les mesures d'atténuation des GES
Une fois l'inventaire des GES de l'année de référence terminé, la deuxième étape consiste à identifier les mesures que votre entreprise pourrait prendre pour réduire ces émissions. Les mesures d'atténuation possibles pour chaque catégorie d'émissions sont présentées dans les sections ci-dessous.
Si aucune de ces mesures d’atténuation n'est réalisable pour votre entreprise, vous pouvez envisager l’achat de crédits de compensation carbone.
Procédés de fabrication thermiques
Les principales mesures d'atténuation des émissions de GES provenant des procédés de fabrication thermiques sont énumérées ci-dessous, selon les informations disponibles pour le secteur et les études existantes. Plus d’information peuvent être trouvées à :
- Low-Carbon Thermal Energy Technologies for the Textile Industry (en anglais seulement)
- Electrification of Heating in the Textile Industry (en anglais seulement)
Atteindre la carboneutralité dans les processus de fabrication thermiques dépendra principalement de l'électrification des systèmes qui reposent actuellement sur les combustibles fossiles. L'électrification offre le plus grand potentiel de réduction des émissions. Sur la durée de vie des équipements, l’électrification peut également permettre de réaliser des économies opérationnelles. Plus d’information peuvent être trouvées à :
- Low-Carbon Thermal Energy Technologies for the Textile Industry (en anglais seulement)
- Energy-Efficiency Improvement Opportunities for the Textile Industry (en anglais seulement)
Les mesures d'efficacité énergétique, en particulier dans les processus déjà électrifiés, sont également essentielles, car elles contribuent à maximiser les réductions d'émissions et à réduire encore davantage les coûts énergétiques. Cependant, l'efficacité énergétique et la récupération de chaleur ne peuvent à elles seules permettre d'atteindre la carboneutralité.
Mesures d’atténuation possibles pour les chaudières à vapeur pour la teinture, décapage et le finissage :
- électrifier la production de vapeur à l'aide de chaudières à vapeur électriques;
- réduire les pertes de chaleur grâce à l'isolation des tuyaux et des réservoirs, à la récupération des condensats et à l'utilisation d'échangeurs de chaleur pour les eaux usées.
Mesures d’atténuation possibles pour les séchoirs à gaz et rames de séchage :
- passer à des chaudières électriques à huile thermique ou à des thermopompes industrielles pour la chaleur de processus, ce qui est particulièrement avantageux lors des cycles de renouvellement des équipements;
- mettre en œuvre un chauffage électrique infrarouge (IR), radiofréquence (RF), micro-ondes ou par induction en fonction des besoins spécifiques de séchage ou de durcissement et des exigences de précision du processus;
- réduire les temps de séchage et optimiser les cycles grâce à l'amélioration des contrôles de processus et à l'automatisation;
- mettre en œuvre la récupération de chaleur ou le préchauffage de l'air dans les séchoirs en recyclant l'air dans un échangeur de chaleur.
Mesures d’atténuation possibles pour l’eau de traitement chauffée et bains chimiques :
- utiliser des thermopompes industrielles pour chauffer efficacement l'eau de traitement en récupérant la chaleur perdue ou en utilisant la chaleur ambiante;
- intégrer des systèmes de stockage d'énergie thermique tels que des réservoirs d'eau isolés ou des lits de sel fondu, en utilisant les tarifs d'électricité hors pointe et en équilibrant les charges du réseau;
- Optimiser la consommation d'eau et réduire au minimum les besoins en chauffage grâce à des équipements de teinture à faible rapport liquide et à l'optimisation des cycles.
Chauffage et refroidissement des installations
Les principales mesures d'atténuation des émissions de GES provenant du chauffage et du refroidissement des installations sont énumérées ci-dessous. Ces mesures d'atténuation possibles sont présentées approximativement par ordre d'importance, de la plus à la moins efficace et pratique.
Mesures d’atténuation possibles pour le chauffage au gaz naturel (chaudières, chaudières à mazout) :
- remplacer les systèmes de chauffage au gaz naturel par des alternatives électriques telles que des thermopompes à air ou géothermiques, ou se raccorder à des réseaux énergétiques urbains à faible émission de carbone;
- pour les bureaux de l'entreprise, si vous êtes locataire, engagez le dialogue de manière proactive avec les propriétaires afin de discuter des projets d'électrification et du potentiel de remplacer des équipements.
Mesures d’atténuation possibles pour chauffage de l'eau pour l'assainissement et les processus (chaudières, systèmes de réservoirs) :
- passer du chauffage de l'eau au gaz à des chauffe-eau électriques ou à des solutions de chauffage de l'eau à thermopompe.
Mesures d’atténuation possibles pour la climatisation et la ventilation mécanique :
- passer à des thermopompes qui assurent efficacement le chauffage et le refroidissement, réduisant ainsi le besoin d'infrastructures séparées;
- remplacer les anciens climatiseurs par des modèles plus efficaces à la fin de leur durée de vie.
Mesures d’atténuation possibles pour la consommation d'électricité pour les systèmes CVC et l'éclairage :
- améliorer l'isolation, l'étanchéité à l'air et les systèmes de contrôle des bâtiments afin de réduire les charges de chauffage et de refroidissement, ce qui permettra de réduire indirectement la consommation d'électricité des systèmes CVC;
- mettre en place des systèmes d'éclairage et de CVC à haut rendement énergétique.
Mesures d’atténuation possibles pour les réfrigérants libérés par les climatiseurs et les thermopompes :
- veiller à l'élimination appropriée des anciens équipements afin d'éviter les fuites de réfrigérant;
- donner la priorité au remplacement des équipements CVC utilisant des réfrigérants à faible PRP (tels que le R-32, le CO₂ et l'ammoniac) afin de minimiser les émissions dues aux fuites.
Machines et équipements électriques (hors CVC)
Les principales mesures d'atténuation des émissions de GES liées aux machines et équipements électriques non CVC sont énumérées ci-dessous.
Mesures d’atténuation possibles pour le fonctionnement électrique des métiers à tisser, des machines à tricoter, à coudre et à filer :
- remplacer les moteurs des machines vieillissantes par des modèles à haut rendement;
- intégrer des variateurs de vitesse et des capteurs pour faire fonctionner les machines à leur capacité optimale uniquement lorsque cela est nécessaire;
- moderniser les métiers à filer ou les métiers à tisser avec des commandes automatisées afin de réduire l'activité des équipements pendant les périodes de faible production.
Mesures d’atténuation possibles pour les systèmes auxiliaires tels que compresseurs, pompes à vide et moteurs :
- remplacer les systèmes d'air comprimé inefficaces par des compresseurs à haut rendement;
- installer des commandes intelligentes telles que des minuteries, des logiques automatisées et des capteurs pour faire fonctionner les systèmes auxiliaires uniquement lorsque cela est nécessaire;
- envisager un système de gestion de l’énergie (SGE) pour optimiser le fonctionnement et le calendrier de production des équipements auxiliaires.
Mesures d’atténuation possibles pour l’éclairage, les panneaux de commande, les systèmes informatiques et les appareils électroniques :
- déployer des systèmes intelligents de gestion de l'énergie pour les équipements informatiques et électroniques afin de réduire la consommation d'énergie en veille;
- installer des commandes d'éclairage automatisées qui réagissent aux capteurs de présence et de lumière du jour;
Transport et expédition
Les principales mesures d'atténuation des émissions de GES liées au transport et à l’expédition sont énumérées ci-dessous.
Mesures d’atténuation possibles pour les camions diesel utilisés pour le transport de matières premières et de produits finis :
- remplacer les fourgonnettes et les camions légers appartenant à l'entreprise par des modèles électriques, particulièrement adaptés aux trajets urbains courts et moyens;
- utiliser des véhicules hybrides ou à haut rendement énergétique lorsque l'électrification n'est pas encore possible;
- optimiser les itinéraires et les chargements afin de réduire la consommation inutile de carburant, minimiser les trajets à vide et regrouper les livraisons.
Mesures d’atténuation possibles pour le transport ferroviaire ou maritime pour les mouvements de la chaîne d'approvisionnement sur de longues distances :
- augmenter l'utilisation du transport ferroviaire pour le transport longue distance;
- encourager le transport intermodal combinant le camion et le transport ferroviaire afin d'optimiser la réduction des émissions et la flexibilité opérationnelle;
- faire appel à des prestataires logistiques tiers (3PL) qui proposent des options de transport à faibles émissions vérifiées.
Mesures d’atténuation possibles pour le transport aérien pour les expéditions urgentes ou à l'étranger :
- réduire au minimum le recours au transport aérien en améliorant la gestion des stocks, la précision des prévisions et la planification de la chaîne d'approvisionnement;
- privilégier le transport maritime ou ferroviaire, complété par le transport routier lorsque cela est possible;
- regrouper les expéditions lorsque le transport aérien est inévitable afin de réduire la fréquence et d'optimiser l'efficacité de la charge utile.
Mesures d’atténuation possibles pour les émissions liées à l'emballage :
- réduire au minimum la quantité d'emballage par produit;
- choisir des emballages contenant peu de matières premières et beaucoup de matériaux recyclés.
Déplacements et trajets domicile-travail des employés
Les principales mesures d'atténuation des émissions de GES liées aux déplacements et aux trajets domicile-travail des employés sont énumérées ci-dessous.
Mesures d’atténuation possibles pour les déplacements quotidiens des employés en véhicules à essence ou diesel :
- promouvoir les déplacements en transports en commun lorsque possible, notamment en subventionnant les passes de transport en commun ou en offrant des incitatifs;
- encourager les modes de transport actifs tels que le vélo et la marche, appuyés par des installations sur place;
- faciliter et encourager l'adoption de véhicules électriques (VE), notamment en installant des bornes de recharge et/ou en offrant une aide financière pour l'achat de VE;
- permettre le télétravail ou le travail hybride lorsque possible, afin de réduire considérablement les émissions liées aux déplacements.
Mesures d’atténuation possibles pour les déplacements professionnels en voiture ou en avion pour les réunions avec les fournisseurs, les salons professionnels, etc. :
- éliminer les déplacements inutiles en optimisant l'utilisation des réunions virtuelles et en regroupant les déplacements lorsque ceux-ci sont indispensables;
- privilégier le train ou d'autres modes de transport à faibles émissions plutôt que l'avion pour les trajets de courte et moyenne distance;
- privilégier les vols directs lorsque les déplacements en avion sont inévitables;
- établir des politiques claires en matière de déplacements professionnels, précisant que les VE doivent être utilisés pour les locations de voitures, sauf si un véhicule conventionnel est explicitement nécessaire.
Cycle de vie des fibres
Les principales mesures d'atténuation des émissions de GES liées au cycle de vie des fibres sont énumérées ci-dessous.
Mesures d’atténuation possibles pour les émissions provenant de la culture du coton (machines diesel, utilisation d'engrais, irrigation) :
- passer à des fibres de coton recyclées mécaniquement, ce qui réduit considérablement les impacts de la culture du coton (par exemple, la consommation d'eau, les machines diesel, l’utilisation d'engrais);
- choisir des fournisseurs proposant du coton certifié durable ou biologique, ce qui permet de réduire les émissions et l'utilisation de produits chimiques liés à la culture conventionnelle du coton.
Mesures d’atténuation possibles pour les émissions de méthane provenant des animaux utilisés dans la production de laine :
- remplacer la laine par des fibres recyclées ou d’autres alternatives renouvelables (par exemple, des fibres de cellulose d'origine végétale), ce qui réduit les émissions de méthane provenant du bétail.
Mesures d’atténuation possibles pour la consommation de combustibles fossiles et émissions liées à la fabrication de fibres synthétiques (par exemple, le polyester) :
- remplacer le polyester vierge par des fibres de polyester recyclées (rPET);
- passer à des fibres d'origine biologique telles que l'acide polylactique (PLA) ou les biopolyesters;
- promouvoir et exiger la transparence des fournisseurs et les certifications par des tiers (Global Recycled Standard, OEKO-TEX) afin de vérifier l'approvisionnement en fibres synthétiques à faible teneur en carbone.
Crédits compensatoires de carbone
L'achat de crédits de compensation carbone est une mesure d'atténuation qui peut être prise lorsqu'aucune autre option n'est envisageable.
Les crédits compensatoires représentent les réductions ou les suppressions d'émissions de GES générées par des activités supplémentaires à ce qui se serait produit en l'absence du projet de compensation. Ces crédits proviennent d’activités allant au-delà des exigences légales et des normes habituelles. Chaque crédit généré par un projet de compensation représente une tonne d’éq. CO2 réduite ou retirée de l'atmosphère.
Aujourd'hui, la plupart des projets de compensation sont des projets de réduction des émissions. Cependant, à mesure que l'économie se rapproche de la carboneutralité, les possibilités de compensation par la réduction des émissions diminueront, car les émissions baisseront dans tous les secteurs de l'économie. Les entreprises qui ont recours à la compensation devraient donc, au fil du temps, augmenter la part de leurs compensations provenant de l'élimination du carbone.
3.2.3 Étape 3 : Évaluer et hiérarchiser les mesures d'atténuation des GES
Maintenant que plusieurs mesures d'atténuation possibles ont été identifiées, les entreprises devront les évaluer et les hiérarchiser.
Chaque entreprise aura un cadre d'évaluation différent en fonction de divers facteurs, notamment son niveau d'ambition, sa situation financière, ses ressources et le soutien de sa direction. Les entreprises devraient également envisager de soutenir les entreprises canadiennes lorsqu'elles choisissent des stratégies d'atténuation.
Les facteurs communs que les entreprises doivent prendre en compte lors de l'évaluation et de la hiérarchisation des mesures d'atténuation des émissions sont énumérés ci-dessous.
Impact sur les émissions
Avantages possibles :
- La mesure d'atténuation aura un impact significatif sur la réduction des émissions de l'entreprise.
Inconvénients possibles :
- La mesure d'atténuation aura un faible impact sur les émissions de l'entreprise.
Maturité technologique
Avantages possibles :
- La mesure d'atténuation a été utilisée avec succès dans des conditions réelles;
- La mesure d'atténuation est une solution non technique (par exemple, se rendre au travail à pied).
Inconvénients possibles :
- La mesure d'atténuation n'a pas encore été déployée à l'échelle commerciale.
Coût d’investissement
Avantages possibles :
- Le coût d'investissement est similaire ou inférieur à celui de l'option à forte émission;
- Il existe des financements, subventions ou incitatifs disponibles pour aider à réduire le coût d'investissement.
Inconvénients possibles :
- Le coût d'investissement est beaucoup plus élevé que celui de l'option existante;
- Les options de financement disponibles sont limitées.
Coûts de fonctionnement et d’entretien
Avantages possibles :
- Les coûts de fonctionnement et d’entretien sont inférieurs à ceux de l'option existante (par exemple, les équipements à haut rendement énergétique auront des coûts énergétiques moins élevés);
- La politique gouvernementale peut réduire les coûts de fonctionnement et d’entretien courants (par exemple, une taxe sur le carbone peut rendre l'électrification plus rentable).
Inconvénients possibles :
- Les coûts de fonctionnement et d’entretien sont plus élevés que ceux de l'option existante (par exemple, le passage à l'électricité peut être plus coûteux que le gaz naturel).
Disponibilité
Avantages possibles :
- La mesure d'atténuation est facilement disponible;
- L'infrastructure nécessaire est disponible (par exemple, stations de recharge pour les VE).
Inconvénients possibles :
- Il existe des contraintes liées à la chaîne d'approvisionnement, ce qui rend la solution moins facilement disponible;
- L'infrastructure nécessaire n'est pas encore en place.
Calendrier
Avantages possibles :
- Le moment choisi pour mettre en œuvre la mesure d'atténuation est logique (par exemple, l'équipement arrive en fin de vie et devra de toute façon être remplacé).
Inconvénients possibles :
- Le moment choisi pour mettre en œuvre la mesure d'atténuation n'est pas idéal (par exemple, l'équipement a été récemment remplacé et il ne serait pas logique de le remplacer à nouveau à court terme).
Considérations liées au mode de vie
Avantages possibles :
- La mesure d'atténuation améliore la qualité de vie et est plus pratique (par exemple, plus besoin de faire le plein d'essence si vous possédez un VE).
Inconvénients possibles :
- La mesure d’atténuation réduit la qualité de vie et est plus contraignante (par exemple, un trajet domicile-travail plus long).
Une fois cette analyse des mesures d'atténuation terminée et les ressources disponibles et les priorités stratégiques de votre entreprise identifiées, vous serez en mesure d’identifier les mesures d'atténuation principales à entreprendre.
Vous effectuerez cet exercice en vous basant sur la situation actuelle, mais tous ces facteurs évoluent constamment. Il sera donc nécessaire de répéter régulièrement cet exercice au fur et à mesure que le contexte changera.
3.2.4 Étape 4 : Fixer des objectifs et établir un calendrier de mise en œuvre
Maintenant que vous avez identifié vos principales sources d'émissions ainsi que les mesures potentielles pour décarboner vos activités, il est temps d'évaluer ce qui est réalisable dans des délais spécifiques, et de fixer vos objectifs.
Tâche 1 : Envisager des objectifs intermédiaires pour atteindre la carboneutralité d'ici 2050
Les objectifs constituent une base essentielle pour les efforts de décarbonation. Ils communiquent l'ambition d'une entreprise, permettent à l'organisation de coordonner sa réponse et fournissent un point de référence pour mesurer les progrès accomplis.
De nombreuses initiatives volontaires, dont le Défi carboneutre du gouvernement du Canada, exigent que les entreprises participantes planifient leur trajectoire vers la carboneutralité d'ici 2050 ou avant. Cela est conforme aux engagements législatifs du Canada en matière de carboneutralité et aux recommandations de l'initiative Science Based Targets.
Les objectifs intermédiaires sont essentiels pour concentrer l'attention sur ce qui est possible de réaliser à court terme et pour garantir des progrès. Certaines entreprises ont adopté des objectifs à court terme afin d’affirmer leur ambition d’être des chefs de file dans leur secteur ou de s'harmoniser avec l'objectif national du Canada visant une réduction des émissions de 40 à 45 % d'ici 2030.
Les objectifs intermédiaires ont plus de chances d'être atteints lorsqu'ils sont alignés sur vos objectifs stratégiques et fondés sur une analyse solide des coûts, du calendrier et de l'efficacité des mesures d'atténuation proposées.
Tâche 2 : Préparer un calendrier de mise en œuvre
Les mesures d'atténuation devraient être inscrites dans un calendrier afin d'établir ou de confirmer les objectifs intermédiaires et de servir de base à un plan de décarbonation progressif.
À l'étape 3, vous avez évalué plusieurs mesures d'atténuation possibles, ce qui peut vous aider à déterminer un calendrier de mise en œuvre réaliste.
Les facteurs qui influencent le calendrier incluent :
- la disponibilité des équipements et des infrastructures nécessaires (par exemple, réseau à faibles émissions de carbone, infrastructure de recharge pour véhicules électriques);
- le cycle de vie des technologies (par exemple, la fin de vie des équipements de CVC, la durée de vie moyenne des véhicules);
- le coût initial et les options de financement.
Tâche 3 : Additionner vos réductions d'émissions au fil du temps
Chacune des mesures que vous avez décidé de prendre peut être intégrée à votre plan, accompagnée des réductions prévues au fil du temps. En additionnant les réductions projetées à des dates intermédiaires clés (par exemple, 2030, 2035, etc.), vous pourrez ensuite valider (ou établir) des objectifs intermédiaires appropriés.
Il est important de se rappeler que la carboneutralité ne peut être atteinte que si les autres organisations de votre chaîne de valeur décarbonent également leurs activités en même temps. Par conséquent, la trajectoire vers une décarbonation complète demeure incertaine.
Au fil du temps, à mesure que la fabrication, le transport et la production d'énergie se décarboneront, l'intensité carbone des biens et services dont votre entreprise a besoin diminuera. La carboneutralité deviendra alors plus accessible.
Favoriser la collaboration et maintenir une communication ouverte avec les partenaires de votre chaîne de valeur seront essentiels pour accélérer la transition et accroître la clarté entourant votre propre plan de carboneutralité.
3.2.5 Étape 5 : Surveiller la mise en œuvre et réviser périodiquement le plan
La décarbonation complète de l'économie prendra du temps. Il est difficile d'anticiper les avancées qui prendront place au cours des cinq prochaines années, et encore moins d’ici 30 ans. La planification vers la carboneutralité sera nécessairement un processus itératif. Les plans devront être ajustés périodiquement pour refléter l'évolution des circonstances – qu’elles soient technologiques, économiques, sociales ou géopolitiques – et à mesure que l’ensemble de l’économie progressera vers la carboneutralité.
Vous devriez mettre en place un processus régulier pour assurer le suivi de la mise en œuvre de votre plan, par exemple :
- au moins une fois par an, procéder à l’examen officiel des progrès, évaluer si les hypothèses ayant servi de base au plan ont évolué, si les mesures prévues ont été mises en œuvre et dans quelle mesure elles permettent d'atteindre les objectifs visés;
- tous les cinq ans, élaborer un nouveau plan fondé sur les leçons tirés, pour tracer la suite du parcours vers la carboneutralité.
Prochaines étapes
Si vous êtes prêt à passer à l'étape suivante, apprenez-en davantage sur la façon d’adhérer au Défi carboneutre du gouvernement du Canada.
Glossaire
- Année de référence :
- année historique par rapport à laquelle les émissions d'une entreprise sont suivies dans le temps afin de les comparer aux émissions futures. Il doit s'agir d'une période consécutive de douze mois, correspondant soit à une année civile complète, soit à une période chevauchant deux années civiles.
- Carboneutralité :
- atteindre la carboneutralité signifie que les émissions anthropiques de gaz à effet de serre dans l'atmosphère sont compensées par les éliminations anthropiques de gaz à effet de serre dans l'atmosphère sur une période donnée; pour les organisations, la carboneutralité est généralement considérée comme la condition dans laquelle les émissions ont été réduites de telle sorte qu'il ne reste que des émissions résiduelles et que la compensation est limitée aux crédits d'élimination uniquement (ISO 14068).
- Chaîne de valeur :
- ensemble des processus ou activités d’une entreprise menant à la production d'un bien ou d'un service destiné au marché, de la conception à l'utilisation finale et au-delà. Une chaîne de valeur simplifiée comprendrait les services d'entreprise (par exemple, le marketing et la logistique), la recherche et le développement, les intrants, l'assemblage, la distribution, les ventes et le service après-vente.
- Coefficient d'émission :
- valeur qui quantifie la quantité moyenne d'émissions associées à une activité. Pour plus de détails sur les coefficients d'émission propres au Canada, consultez le dernier Rapport d'inventaire national du Canada.
- Crédits compensatoires :
- représentent les réductions ou les éliminations d'émissions de GES générées par des activités qui s'ajoutent à ce qui se serait produit en l'absence du projet de compensation (c'est-à-dire, générées par des activités qui vont au-delà des exigences légales et d'une norme habituelle). Chaque crédit compensatoire généré par un projet de compensation représente une tonne d'équivalent dioxyde de carbone (éq. CO2) réduite ou éliminée de l'atmosphère.
- Décarbonation :
- processus de réduction des émissions de dioxyde de carbone d'un produit, d'un processus, d'une installation ou d'un secteur.
- Défi carboneutre :
- programme volontaire du gouvernement du Canada qui encourage les entreprises à élaborer et à mettre en œuvre des plans crédibles et efficaces pour faire passer leurs installations et leurs activités à la carboneutralité d'ici 2050.
- Efficacité énergétique :
- mesure de l'efficacité avec laquelle l'énergie est utilisée à des fins données. Il s'agit d'un rapport ou d'une autre relation quantitative entre un extrant de rendement, de service, de biens, de marchandises ou d'énergie, et un intrant d'énergie.
- Émissions :
- rejet de gaz à effet de serre (ou d'autres substances) dans l'atmosphère.
- Émissions de la chaîne de valeur :
- émissions indirectes qui peuvent exister en amont ou en aval des activités d'une entreprise. Les émissions de la chaîne de valeur sont également appelées émissions de portée 3.
- Émissions de portée 1 :
- émissions directes d'une entreprise, principalement la production d'électricité, de chaleur ou de vapeur, le traitement physique ou chimique, le transport et les émissions fugitives (Protocole des GES 2004 : 101).
- Émissions de portée 2 :
- émissions indirectes d'une entreprise liées à l'achat d'électricité, de chauffage/refroidissement et de vapeur pour sa propre consommation (Protocole des GES 2004 : 101).
- Émissions de portée 3 :
- émissions indirectes d'une entreprise, à l'exclusion de celles couvertes par les émissions de portée 2. Également appelées émissions de la chaîne de valeur (Protocole des GES : 101).
- Émissions directes :
- émissions provenant de sources détenues ou contrôlées par une entreprise ou une organisation (Protocole des GES 2004 : 97).
- Émissions en amont :
- émissions provenant des activités en amont liées aux activités d'une entreprise, y compris les biens et services achetés, les biens d'équipement, les activités liées au carburant et à l'énergie, le transport et la distribution en amont, les déchets générés par les activités, les voyages d'affaires et les déplacements des employés.
- Émissions en aval :
- émissions provenant d'activités en aval associées aux activités d'une entreprise, y compris le traitement des produits vendus, l'utilisation des produits vendus, les investissements, les franchises, le transport et la distribution en aval, le traitement en fin de vie des produits vendus et les actifs loués en aval.
- Émissions indirectes :
- émissions qui résultent des activités d'une entreprise, mais qui proviennent de sources détenues ou contrôlées par une autre entreprise (Protocole des GES 2004 : 99).
- Équivalent dioxyde de carbone (éq. CO2) :
- unité de mesure permettant de comparer les gaz à effet de serre (GES) ayant des potentiels de réchauffement planétaire (PRP) différents. Cette unité de mesure permet d'exprimer d’autres GES en fonctions du PRP d'une unité de CO2. Pour exprimer les émissions de GES en unités d’éq. CO2, la quantité d'un GES donné est multipliée par son PRP.
- Gaz à effet de serre (GES) :
- gaz qui absorbe et réémet le rayonnement, provoquant l'effet de serre, qui contribue au réchauffement climatique. Aux fins du présent guide et du Défi carboneutre, les GES comprennent tous ceux qui sont soumis à déclaration dans le cadre du Programme de déclaration des gaz à effet de serre. Cela comprend le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), l'oxyde nitreux (N2O), l'hexafluorure de soufre (SF6), 13 hydrofluorocarbures (HFC) différents et 7 perfluorocarbures (PFC) différents.
- Inventaire des émissions :
- liste quantifiée des émissions et des sources d'émissions d'une entreprise, d'une organisation, d'une municipalité, d'une région, d'une province/territoire ou d'un pays.
- Limites de l'inventaire :
- permettent à un participant de déterminer quelles sources d'émissions résultent de ses activités et, par conséquent, quelles émissions devront être traitées afin d'atteindre la carboneutralité d'ici 2050. En général, les limites de l'inventaire comprennent les limites géographiques et les limites organisationnelles.
- Limites organisationnelles :
- limites qui déterminent les activités détenues ou contrôlées par une entreprise, en fonction de l'approche de consolidation adoptée (action participative, contrôle opérationnel ou contrôle financier).
- Plan de carboneutralité :
- un plan de carboneutralité comprend un inventaire des émissions et une année de référence, des objectifs intermédiaires, une description des scénarios envisagés, des trajectoires et des stratégies d'atténuation, ainsi qu'une description générale de la manière dont la planification vers la carboneutralité sera intégrée dans la gouvernance et les divulgations de l'entreprise.
- Portée :
- définit les limites opérationnelles par rapport aux émissions directes et indirectes (Protocole des GES : 101).
- Potentiel de réchauffement planétaire (PRP) :
- permet de comparer l’impact de différents gaz ou de différentes particules (tels que le carbone noir) sur le réchauffement climatique. Il s'agit d'une mesure de la quantité d'énergie que les émissions d'une tonne d'un gaz ou d'une particule absorberont sur une période donnée, par rapport aux émissions d'une tonne de dioxyde de carbone. Aux fins de la planification vers la carboneutralité, il est recommandé d'utiliser le PRP sur 100 ans.
- Stratégie d'atténuation :
- pratique, processus ou technologie qui contribue à l'atténuation, par exemple, l'amélioration de l'efficacité énergétique et l'adoption de sources d'énergie renouvelables.
Annexe 1 : Système de classification des industries de l'Amérique du Nord
Selon le Système de classification des industries de l'Amérique du Nord (SCIAN), les entreprises et organisations du secteur de la fabrication textile comprennent :
3131 – Usines de fibres, de filés et de fils
31311 – Usines de fibres, de filés et de fils
31321 – Usines de tissus larges
31322 – Usines de tissus étroits et de broderie schiffli
3133 – Finissage de textiles et de tissus et revêtement de tissus
31331 – Finissage de textiles et de tissus
314 – Usines de produits textiles
3141 – Usines de textiles domestiques
31411 – Usines de tapis et de carpettes
31412 – Usines de rideaux et de linge de maison
3149 – Usines d'autres produits textiles
Annexe 2 : Alternatives électriques pour les procédés de fabrication thermiques
Cette section présente un aperçu des alternatives électrifiées aux procédés de fabrication thermiques dans le secteur de la fabrication textile. Elle vise uniquement à offrir des indications générales.
La pertinence et les performances de chaque technologie varieront selon le contexte opérationnel, la configuration des équipements et les besoins propres à chaque installation. Il est recommandé aux entreprises d’évaluer la pertinence et la faisabilité de chaque option en fonction de leurs exigences techniques, financières et opérationnelles avant de prendre des décisions d'investissement.
Technologie : Chaudières à vapeur électriques
Description : Utilisent l'électricité (par résistance ou électrode) pour produire de la vapeur destinée au chauffage des procédés.
Idéale pour : Tout procédé utilisant actuellement des chaudières à vapeur, notamment pour la teinture, le lavage et la finition.
Considérations : Haute efficacité, propre et fiable, intégration simple dans les systèmes à vapeur.
Technologie : Chaudières électriques à huile thermique
Description : Systèmes électrifiés qui chauffent les huiles thermiques utilisées dans des applications à haute température (par exemple, le thermofixage).
Idéal pour : Les procédés nécessitant des températures élevées et stables, notamment le thermofixage, le collage et le revêtement.
Considérations : Évite les problèmes de pression liés à la vapeur; permet un chauffage à haute température (jusqu'à 400 °C).
Technologie : Thermopompes industrielles
Description : Utilisent des cycles frigorifiques pour extraire la chaleur des flux de déchets ou de sources ambiantes, puis en augmenter la température.
Idéal pour : Les procédés à basse et à moyenne température, tels que le préchauffage, le lavage, la teinture et le séchage.
Considérations : Très efficaces et peuvent réduire considérablement les coûts énergétiques.
Technologie : Chauffage par induction
Description : Utilise des champs électromagnétiques pour chauffer les matériaux conducteurs directement et avec précision.
Idéal pour : Le collage de couches, activation d'adhésifs, chauffage de moules.
Considérations : Excellent pour le chauffage localisé; haute précision; idéal pour les tâches sur de petites surfaces ou à haute vitesse.
Technologie : Chauffage par radiofréquence (RF)
Description : Utilise des champs électriques alternatifs pour générer un chauffage interne uniforme dans les matériaux diélectriques.
Idéal pour : Le séchage de non-tissés, de tissus épais, d'adhésifs.
Considérations : Efficace pour les matériaux à faible conductivité ; équipements spécialisés ; coût d'investissement moyen.
Technologie : Chauffage électrique infrarouge (IR)
Description : Convertit l'électricité en chaleur rayonnante pour un chauffage en surface.
Idéal pour : Le séchage de tissus, la finition de surface, la polymérisation de revêtements.
Considérations : Faible entretien; réponse rapide; peut être ajouté en modernisation ou en modules; coût relativement faible.
Technologie : Chauffage ultraviolet (polymérisation UV)
Description : Utilise la lumière UV pour polymériser instantanément les adhésifs, les encres et les revêtements.
Idéal pour : La polymérisation de revêtements et d’adhésifs sur les textiles techniques.
Considérations : Nécessite des matériaux réactifs aux UV; aucune énergie thermique requise.
Technologie : Chauffage par micro-ondes
Description : Utilise le chauffage diélectrique pour chauffer les matériaux de manière volumique de l'intérieur.
Idéal pour : Le séchage de tissus volumineux ou épais qui retiennent l'humidité.
Considérations : Séchage très uniforme; adapté aux produits sensibles à la chaleur; coût d'investissement plus élevé, mais un rendement plus rapide.
Technologie : Stockage d'énergie thermique
Description : Stocke la chaleur électrique excédentaire ou produite hors pointe (par exemple, dans des réservoirs d'eau ou des lits de sel) pour une utilisation ultérieure.
Idéal pour : Complémentaire à tout système thermique électrique ; gestion des charges de pointe.
Considérations : Utile pour la gestion de la charge du réseau; complément aux chaudières et thermopompes; coût modéré ; dépend de la tarification du réseau électrique.
