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Accès aux services en inuktut — Rapport sur ce que nous avons entendu

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Rapport sur ce que nous avons entendu dans le cadre de la mobilisation fédérale

Accès aux services en inuktut — Rapport sur ce que nous avons entendu [Version PDF - 8.1 Mo]

Contexte

Les langues autochtones sont au cœur de l’identité des Premières Nations, des Inuit et des Métis au Canada. Elles jouent un rôle essentiel dans la définition, l’expression et la préservation de la culture et du patrimoine. Toutes les langues autochtones parlées au Canada sont considérées comme étant à risque et sont classées dans les catégories de langue allant de « vulnérable » à « sérieusement en danger ».

La Loi sur les langues autochtones

En juin 2019, la Loi sur les langues autochtones (la Loi) a reçu la sanction royale; son objectif général consiste à soutenir les efforts des peuples autochtones en vue de se réapproprier, de revitaliser, de maintenir et de renforcer leurs langues.

Bien que la Loi ne contienne aucune exigence concernant la prestation de services fédéraux en langues autochtones, elle établit un processus par lequel des services en langues autochtones peuvent être offerts au moyen d’ententes officielles.

En effet, des services peuvent être fournis dans une langue autochtone si une institution fédérale « a la capacité de le faire et si la demande visant l’accès à ces services dans cette langue est suffisante ». La Loi permet également d’offrir des services par l’entremise d’accords avec d’autres ordres de gouvernement, des gouvernements autochtones ou des organisations autochtones, notamment dans des domaines prioritaires comme l’éducation, la santé et l’administration de la justice.

La Loi autorise la création de règlements régissant l’accès aux services fédéraux qui pourraient être personnalisés de la façon suivante :

Réglementation adaptée – version texte

Tableau bleu foncé décrivant les règlements adaptés. Il y a cinq catégories, chacune représentée par une icône avec une description en dessous. Les catégories sont les suivantes : une langue autochtone particulière, l'usage et la vitalité de cette langue, la région où la langue est utilisée, les circonstances et les besoins uniques d'un groupe, d'une collectivité ou d'un peuple autochtone, et l'institution fédérale qui peut fournir l'accès à des services dans cette langue.

Points de vue des Inuit sur l’accès aux services fédéraux en inuktut

Il y a une demande croissante pour des services fédéraux en langues autochtones, en particulier dans l’Inuit Nunangat (c.-à-d. les régions inuites du Canada, notamment l’Inuvialuit, le Nunatsiavut, le Nunavik et le Nunavut).

Le Plan d’action de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones fait état de l’engagement de Patrimoine canadien (PCH) à poursuivre l’élaboration conjointe de règlements avec les organisations inuites établies en vertu d’un traité qui prévoient la prestation de services fédéraux en inuktut dans l’Inuit Nunangat, en commençant par le Nunavut.

La Politique sur l’Inuit Nunangat (PIN) énonce également que l’accès aux services fédéraux en inuktut est une priorité et définit les règlements, accords et ententes élaborés conjointement comme étant des mécanismes pouvant appuyer cet objectif.

Près de 60 % des Inuit (habitant dans l’Inuit Nunangat et ailleurs) affirment pouvoir parler un dialecte inuktut. Le terme « inuktut » englobe tous les dialectes de la famille des langues inuites, y compris l’inuktitut, l’inuinnaqtun et l’inuvialuktun.

L’inuktitut est la langue la plus couramment parlée avec 39 620 locuteurs. Viennent ensuite l’inuinnaqtun (735 locuteurs) et de l’inuvialuktun (330 locuteurs).

Progrès à ce jour

Comité directeur des sous-ministres adjoints sur l’accès aux services en langues autochtones

Pour faire progresser l’accès aux services fédéraux en inuktut, PCH a mis sur pied en 2022 le Comité directeur interministériel des sous-ministres adjoints sur l’accès aux services en langues autochtones (le Comité). Vingt et un ministères et organismes fédéraux ayant un mandat de prestation de services en font partie.

Depuis la mise sur pied du Comité, PCH rencontre régulièrement des représentants de Nunavut Tunngavik Incorporated (NTI) afin d’amorcer la planification d’une approche par étapes en vue d’améliorer l’accès aux services fédéraux en inuktut. Les premières discussions avaient trait à la conception d’un inventaire visant à recenser les services fédéraux offerts en inuktut au Nunavut et à la portée des projets pilotes potentiels pour accroître les services en inuktitut.

Progrès réalisés à ce jour – version texte

Graphique décrivant les progrès réalisés à ce jour concernant l'accès aux services fédéraux en inuktut. Chaque période est représentée par une flèche incurvée dans les tons de bleu. Les dates représentées sont les suivantes :

  • janvier 2022 – Lancement du Comité directeur des SMA
  • septembre 2022 – Lancement du répertoire de services en inuktut
  • 2023 – Appel à des propositions pour des projets pilotes
  • 2024 – Lancement de la stratégie d’engagement.

Inventaire des services fédéraux en inuktut

L’inventaire des services fédéraux a été lancé en septembre 2022 et transmis à 14 ministères fédéraux, dont la majorité ont une présence physique au Nunavut. Les résultats ont fait état d’un niveau de service variant considérablement d’un ministère à l’autre. La prestation de services pouvait se limiter à de l’interprétation lors d’assemblées publiques, à la traduction de l’information contenue dans un site Web ou à la prestation de services en personne lorsque des employés parlant l’inuktut étaient présents.

Une fois l’inventaire terminé, PCH a mené des analyses approfondies auprès de certains ministères offrant des services en inuktut afin de mieux comprendre les pratiques actuelles.

Projets pilotes

Le Ministère a ensuite consulté de nombreux ministères fédéraux, ainsi que Nunavut Tunngavik Incorporated, pour établir des projets pilotes qui pourraient orienter l’élaboration d’accords ou de règlements. À la suite de cette consultation, plusieurs projets pilotes sur l’accès aux services en inuktut pourraient être lancés en 2025-2026, bien que des contraintes financières ont nui à l’obtention de progrès pour certains ministères.

Mobilisation fédérale de 2024-2025 sur l’accès aux services en inuktut au Nunavut

En 2024-2025, PCH a mis en œuvre une stratégie de mobilisation globale afin de poursuivre les efforts visant à mieux comprendre la capacité du gouvernement fédéral à offrir des services en inuktut au Nunavut. Le but de cet exercice est de guider l’élaboration éventuelle d’accords et de règlements à l’appui de la Loi.

Comité opérationnel sur l’accès aux services en langues autochtones

À l’automne 2024, en consultation avec le Comité directeur des sous-ministres adjoints, PCH a mis sur pied un comité opérationnel composé de 19 ministères et organismes (Tableau 1 – Membres du Comité) dont l’objectif était de mieux comprendre les activités menées par les ministères et organismes fédéraux pour fournir des services en inuktut au Nunavut.

Tableau 1 : Membres du Comité opérationnel
Tableau 1 : Membres du comité de travail – version texte

Tableau décrivant les membres du Comité de travail. Les membres sont les suivants : Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), Garde côtière canadienne (GCC), Agence du revenu du Canada (ARC), Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC), Emploi et Développement social Canada (EDSC), Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), Pêches et Océans (MPO), Santé Canada/Agence de la santé publique du Canada (SC / ASPC), Services aux Autochtones (SAC), Infrastructure Canada (IC), Innovation, Sciences et Développement économique (ISDE), Justice Canada (JUS), Ressources naturelles Canada (RNCan), Parcs Canada (PC), Service des poursuites pénales du Canada (SPPC), Sécurité publique Canada (SPC), la Gendarmerie royale du Canada (GRC), le Bureau de la traduction (BT) et le Secrétariat du Conseil du Trésor (SCT).

De septembre 2024 à août 2025, PCH a présidé deux réunions du comité opérationnel et a tenu 19 séances de mobilisation avec des ministères et organismes afin de déterminer la capacité de fournir des services fédéraux en inuktut au Nunavut et les possibilités d’accroître l’offre en la matière (Tableau 1 – Activités de mobilisation de 2024-2025).

Les séances de mobilisation ont porté sur les sujets suivants :

  • la capacité des ressources humaines en vue de fournir des services en inuktut (p. ex., recrutement et maintien en poste);
  • le besoin d’une expertise particulière (p. ex., interprétation, informatique);
  • le bassin de locuteurs disponibles dans des régions particulières;
  • les exigences financières.
Tableau 1 – Activités de mobilisation de 2024-2025
Date Activité Ministère(s)
10 sept. 2024 Première réunion du Comité opérationnel Secrétariat du Conseil du Trésor (SCT), Ressources naturelles Canada (RNCan), Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC), Bureau de la traduction (BT), Emploi et Développement social Canada (EDSC), Agence du revenu du Canada (ARC), Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), Justice Canada (JUS), Sécurité publique Canada (SPC), Santé Canada (SC), Garde côtière canadienne (GCC), Innovation, Sciences et Développement économique (ISDE), Services aux Autochtones Canada (SAC), Service des poursuites pénales du Canada (SPPC), Parcs Canada (PC)
1er octobre 2024 Séance de mobilisation Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada
2 octobre 2024 Séance de mobilisation Bureau de la traduction
16 octobre 2024 Séance de suivi Bureau de la traduction
16 octobre 2024 Séance de mobilisation Gendarmerie royale du Canada (GRC)
16 octobre 2024 Séance de mobilisation Agence du revenu du Canada
17 octobre 2024 Séance de mobilisation Santé Canada
18 octobre 2024 Séance de mobilisation Garde côtière canadienne
30 octobre 2024 Séance de mobilisation Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada
7 novembre 2024 Séance de mobilisation Environnement et Changement climatique Canada
13 novembre 2024 Séance de mobilisation Service Canada (régions)
14 novembre 2024 Séance de mobilisation Service Canada (national)
30 janvier 2025 Séance de mobilisation Parcs Canada
30 janvier 2025 Séance de mobilisation Service des poursuites pénales du Canada
4 février 2025 Séance de mobilisation Pêches et Océans Canada
24 février 2025 Deuxième réunion du Comité opérationnel Gendarmerie royale du Canada, Ressources naturelles Canada, Relations Couronne-Autochtones Canada, Services aux Autochtones Canada, Emploi et Développement social Canada, Environnement et Changement climatique Canada, Justice Canada, Sécurité publique Canada, Infrastructure Canada, Service des poursuites pénales du Canada
9 avr. 2025 Séance de mobilisation Ressources naturelles Canada
7 mai 2025 Séance de mobilisation Agence du revenu du Canada
9 juillet 2025 Séance de mobilisation Infrastructure Canada
5 août 2025 Séance de mobilisation ISDE
6 août 2025 Séance de mobilisation Parcs Canada – Bureau local du Nunavut

Dans le cadre des séances de mobilisation individuelles, PCH a cherché à en savoir plus sur les services que les ministères et organismes fédéraux offraient en langues autochtones, en particulier en inuktut au Nunavut. Il s’agissait notamment de mieux comprendre :

  • les activités menées par les ministères en vue d’offrir des services en langues autochtones, notamment des initiatives à petite échelle et des projets pilotes;
  • les activités futures prévues (le cas échéant);
  • la capacité actuelle des ministères de donner des services en langues autochtones et les lacunes liées à la capacité ministérielle et à la demande de services;
  • les considérations liées aux obstacles, aux défis et aux leçons apprises.

Un questionnaire comportant des questions précises a été élaboré pour orienter les discussions pendant les séances de mobilisation. Voir l’Annexe A : Questionnaire de mobilisation individuelle du PCH.

Ce que nous avons entendu

Ministères et organismes ayant une présence physique au Nunavut

Le nombre de ministères et d’organismes fédéraux ayant un bureau physique au Nunavut varie et dépend de la nature du travail à accomplir. Ce sont les ministères dont le mandat a trait à la prestation de services qui ont le plus grand nombre de bureaux au Nunavut. Ci-dessous se trouve une liste de certains ministères et organismes fédéraux ayant des bureaux physiques au Nunavut. Une carte détaillée des emplacements se trouve en annexe. Voir l’Annexe B : Ministères et agences fédéraux au Nunavut.

Présence au Nunavut – version texte

Image de la ville d'Iqaluit représentant de nombreuses maisons colorées. Les ministères et organismes ayant une présence physique sont les suivants : Bureau régional de RCAANC, ARC, MPO, ECCC, RNCan, Parcs Canada, SPPC, GRC et Service Canada.

Image de la ville de Cambridge Bay représentant des maisons colorées se reflétant dans un lac limpide. Les ministères et organismes ayant une présence physique sont : Parcs Canada, Savoir polaire Canada, Recherche et sauvetage de la GRC et Service Canada.

Image de la ville de Rankin Inlet représentant un inukshuk avec des enfants jouant au premier plan et des maisons colorées en arrière-plan. Les ministères et organismes ayant une présence physique sont : la GCC, RCAANC, le MPO, Parcs Canada, le service de recherche et sauvetage de la GRC et Service Canada.

Le rôle du Bureau de la traduction

Le Bureau de la traduction aide les ministères et organismes fédéraux en offrant des services de traduction et d’interprétation dans quelque 59 langues autochtones. Actuellement, seuls les documents non classifiés peuvent faire l’objet d’une demande de traduction dans une langue autochtone (les services de traduction ne sont pas offerts pour les documents Secret ou Protégé B).

Des contrats ont été conclus avec environ 44 personnes capables de fournir des services de traduction en inuktut. Le Bureau de la traduction a la capacité de traduire les langues inuktut suivantes :

  • Inuinnaqtun (11 pigistes);
  • Inuktitut (19 pigistes);
  • Inuvialuktun (7 pigistes);
  • Baffin du Nord (3 pigistes);
  • Nunavik (4 pigistes);
  • Baffin du Sud (2 pigistes).

Le Bureau de la traduction travaille directement avec les partenaires afin de favoriser les relations et d’officialiser les contrats de traduction avec les pigistes parlant l’inuktut.

De plus, le Bureau de la traduction a tenu plusieurs séances d’interprétation dans le but de soutenir les activités d’interprétation en inuktut.

En 2023 et 2024, le Bureau de la traduction a traduit plus de 880 000 mots de l’anglais vers l’inuktut et plus de 3 500 mots du français vers l’inuktut.

Types de services offerts en langues autochtones

Tout au long des séances de mobilisation, les ministères et les organismes ont transmis de l’information sur la nature des services actuellement offerts en inuktut. La plupart de ces services peuvent être classés en deux catégories : la traduction de documents écrits ou la prestation de services en personne.

Traduction de documents vers l’inuktut

Les ministères et organismes ont fourni plusieurs exemples faisant état de leur approche pour la traduction de documents écrits vers l’inuktut. Parmi les documents écrits les plus couramment traduits, il y a notamment la signalisation, des affiches ou du contenu des sites Web des ministères. Ces derniers fournissent des traductions qui sont soit durables ou ponctuelles. Parfois, en fonction de la demande, les deux approches sont combinées.

Traductions durables

Selon un répondant de l’ARC, le ministère adopte une approche par étapes pour ses traductions et traduit en langues autochtones des documents en lien avec les impôts et les prestations. Il peut s’agir de sites Web, mais aussi de documents conçus pour expliquer les avantages fiscaux aux communautés autochtones. L’ARC intègre l’approvisionnement autochtone à ses efforts de traduction en langues autochtones en faisant appel à des services de traduction externes autochtones.

C’est l’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK) qui a demandé la traduction de pages Web et de documents vers l’inuktitut pour soutenir les Inuit lors de la période des impôts. Après avoir consulté l’ITK et le gouvernement du Nunavut, l’ARC a choisi le dialecte Baffin du Nord pour les traductions vers l’inuktut et prévoit d’accroître le nombre de documents traduits sur le Web.

L’ARC a traduit la « Fiche descriptive : Les personnes autochtones », située sur le site Canada.ca, en plus de 17 langues autochtones, incluant l’inuktitut. Voir l’annexe C : Fiche descriptive : Les personnes autochtones. Étant donné le pourcentage élevé d’Inuit parlant l’inuktitut au Canada, l’Agence a également traduit le guide « Laissez-nous vous aider à obtenir vos prestations! » vers l’inuktitut (Baffin du Nord). On peut se procurer le guide auprès de l’ARC, de Service Canada, de Services aux Autochtones Canada et du centre de services du Nord de l’ARC à Iqaluit.

Des agents de l’ARC travaillent en étroite collaboration avec les communautés autochtones et fournissent du soutien pour les demandes de renseignements d’ordre fiscal. Selon les commentaires transmis par les communautés autochtones au sujet de leurs besoins linguistiques en matière de déclaration de revenus et de demandes de renseignements sur les prestations, ce soutien s’est avéré précieux.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a traduit vers des langues autochtones de plus en plus d’affiches destinées au public et de documents écrits au sein de ses détachements desservant des communautés autochtones au Canada. Dans certaines régions, cela implique de fournir des directives pour remplir une vérification du casier judiciaire ou pour contacter un avocat lors d’une détention. La GRC a aussi rédigé des documents pour ses propres employés afin d’encourager l’emploi de formules de politesse ou de phrases courantes en langues autochtones lors d’interactions avec les communautés desservies.

Les agents de Service Canada traduisent régulièrement des documents en lien avec les services et prestations offerts aux Canadiens, comme le Régime de pensions du Canada et la Sécurité de la vieillesse. Afin de rejoindre chaque public cible, Service Canada traduit souvent en langues autochtones le matériel de sensibilisation et de promotion, y compris le contenu publié sur le média social Facebook.

Il existe un groupe de travail interne pour les stratégies de promotion dans les territoires du Nord chargé de fournir des renseignements aux Canadiens qui y habitent par l’intermédiaire des médias sociaux (ex. : Facebook). Cette stratégie s’est avérée efficace pour rejoindre les résidents du Nunavut, puisque nombre d’entre eux sont actifs sur les médias sociaux.

Les représentants du ministère Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC) et de Parcs Canada ont indiqué que les bureaux situés au Nunavut pour lesquels des affiches ont été traduites en inuktut. Pour des exemples de RCAANC, voir l’annexe D.

RCAANC veille également à faire traduire l’annonce des nominations aux conseils d’administration dans les langues autochtones suivantes (inuinnaqtun, inuktitut et cri) lorsque les conseils sont situés dans la région du Nunavut et dans les environs.

Certains employés de Santé Canada produisent des documents de sensibilisation en matière de santé destinés aux groupes autochtones, qui sont souvent traduits. Il s’agit notamment de fiches d’information sur la vaccination des enfants, le cannabis et la santé mentale. Le Guide alimentaire en bref et une fiche d’information sur les empoisonnements au cannabis chez les enfants ont tous deux été traduits en plusieurs langues autochtones, dont l’inuktitut. Voir les annexes E et F.

D’autres documents destinés aux groupes vulnérables selon leur emplacement géographique sont également produits et traduits dans des langues autochtones. Par exemple, lorsque des tiques ont été trouvées dans une certaine zone géographique, Santé Canada a créé du matériel promotionnel dans la langue autochtone pertinente pour la région. De plus, Santé Canada a mis sur pied une application de traçage des cas de Covid-19 offrant aux communautés une méthode de recherche des contacts pour les personnes ayant eu un test positif pour la Covid-19. Une vidéo portant sur cette application a été créée puis traduite en langues autochtones pour soutenir les communautés touchées. Indigenous Link est un service intermédiaire utilisé par Santé Canada pour distribuer l’information dans les communautés visées.

Des représentants de Santé Canada ont mentionné que le Ministère collabore souvent avec Services aux Autochtones Canada afin de déterminer dans quelles langues les documents devraient être traduits. Un fournisseur est d’abord sélectionné pour effectuer la traduction, puis le Ministère vérifiera le ton du texte dans le cadre de l’examen des documents en collaboration avec des intervenants. De petites sommes sont parfois offertes en guise de compensation du temps et des efforts des intervenants pendant ce processus.

Santé Canada intègre également des voix hors champ en langues autochtones dans les productions vidéo, ce qui entraîne des coûts supplémentaires. Des agences de création aident alors à l’élaboration du matériel vidéo. Les coûts sont établis selon le matériel à traduire et la composition.

Les responsables du MPO ont indiqué que les communications externes sont souvent traduites dans diverses langues autochtones. Par exemple, les avis concernant les services de déglaçage seront traduits en inuktut pour les régions du Nunavut où se déroulent des opérations de la Garde côtière canadienne.

Les employés de Parcs Canada veillent à ce que les vidéos qui ont trait au Nunavut ou aux Inuit soient toujours traduits en trois langues afin d’inclure une version en inuktitut. La vidéo « Surveillance des glaciers – Équipe climat » publiée en 2023 en est un exemple.

Traductions ponctuelles

Pendant les séances de mobilisation, il a été noté que, bien que les ministères offrent régulièrement certaines traductions, d’autres le sont de façon ponctuelle.

Selon un répondant du RCAANC, le ministère traduit de nombreux documents de façon ponctuelle, selon les besoins. Par exemple, le Ministère traduit en inuktitut les documents à l’appui de l’assemblée générale annuelle de NTI. Il peut s’agir notamment de présentations ou d’autres documents. Les traductions sont fournies par le Bureau de la traduction ou une entreprise locale de services de traduction comme Innirvik. De telles entreprises peuvent fournir des services de traduction adaptés à un groupe régional en particulier.

Les employés d’ECCC offrent également des traductions en inuktitut pour une gamme de documents, y compris des articles de presse, des annonces et des documents visant à appuyer les activités de ressources humaines. Ces traductions peuvent également avoir trait à du contenu lié aux programmes, aux politiques et aux services qui soutiennent les personnes et les communautés de l’Inuit Nunangat.

Au Service des poursuites pénales du Canada, la traduction de documents est moins souvent demandée que la traduction pour les interactions et l’interprétation. Parmi les exemples de demandes de traduction liées à des documents écrits, il y a notamment les lettres d’assignation à comparaître qui informent les victimes et les témoins de la procédure et du protocole liés aux dépositions. Le bureau du procureur de la Couronne enregistre les déclarations des témoins et pourrait en traduire des parties en inuktitut. Ces traductions sont parfois effectuées par des membres du personnel de la GRC. Cependant, dans la plupart des cas, elles sont réalisées par des entrepreneurs externes afin d’éviter les conflits d’intérêts potentiels.

Les responsables du MPO fournissent des descriptions de travail en langues autochtones à la demande du public. La plupart des documents demandés sont traduits en inuktitut, en inuvialuktun, en inuinnaqtun et dans le dialecte Baffin du Nord.

Les employés du RNCan contactés pour ce rapport, traduisent principalement du matériel et des documents écrits. Les traductions sont effectuées par le Bureau de la traduction ou par des entrepreneurs tiers.

Prestation de services interactifs

La plupart des ministères et organismes fédéraux ont indiqué que des services en personne limités sont offerts en inuktut. Toutefois, dans certains cas, les ministères offrent des services en personne en inuktut de manière délibérée et planifiée.

Les représentants de Service Canada offrent des services en personne à trois endroits au Nunavut (Iqaluit, Rankin Inlet et Cambridge Bay), en plus de 14 bureaux de services mobiles réguliers et de 22 emplacements par l’intermédiaire d’agents de liaison avec les communautés. Au cours des séances de consultation, les responsables ont indiqué que plusieurs employés du bureau régional parlent couramment l'inuktitut etl’inuinnaqtun. Ces employés se trouvent à divers endroits dans le secteur de gestion des services du Nunavut. Des autres employés ont une connaissance pratique de ces deux langues et ont acquis des compétences leur permettant de traduire l’information gouvernementale, de créer des mots et d’expliquer des concepts qui n’existent pas autrement en inuktut.

Service Canada offre également des services d’interprétation téléphonique de première ligne dans tous ses points de services. Les employés appellent le service d’interprétation en présence du client ou lors d’un appel de ce dernier. L’interprète se joint à la conversation et en traduit simultanément le contenu. Ce service est offert par le fournisseur CanTalk pour plus de 20 langues autochtones (selon la disponibilité des interprètes), y compris l’inuktitut et l’inuinnaqtun. Les employés des points de services sont formés pour aider les clients des régions rurales et éloignées.

Les employés de RCAANC au Nunavut offrent des services au public en inuktut ainsi que des services d’interprétation sur une base ponctuelle lorsque cela est possible. Un employé de RCAANC a donné plusieurs exemples de la façon dont les employés du bureau régional d’Iqaluit offrent des services d’interprétation en personne aux personnes unilingues qui fréquentent le bureau. De plus, les employés communiquent avec le public d’une manière adaptée à la culture. Par exemple, les employés utilisent souvent le nom historique de RCAANC en inuktitut lorsqu’ils interagissent avec les Aînés de la communauté. Étant donné que le Ministère a eu de nombreux noms différents dans le passé, les employés choisiront d’utiliser celui qui est le plus significatif et le plus respectueux pour les membres de la communauté.

Par ailleurs, RCAANC organise des ateliers dans le cadre desquels les personnes parlant l’inuktut peuvent recevoir des instructions sur la façon de remplir les formulaires requis, par exemple pour le Régime de pensions du Canada, l’assurance-emploi, les habilitations de sécurité, l’impôt sur le revenu, etc., en anglais. Des services d’interprétation peuvent également être offerts dans le cadre d’entrevues, par exemple, pour s’assurer que les barrières culturelles sont réduites au minimum au cours du processus d’embauche. Par exemple, dans la culture inuite, décrire ses forces peut parfois être perçu négativement et associé à une forme de vantardise. Les employés de RCAANC agiront alors à titre de soutien pour les personnes passant une entrevue d’embauche afin de les inciter à répondre aux questions sans pour autant bonifier leur réponse de quelque façon que ce soit.

Les répondants de la GRC tirent parti de la capacité interne lorsque les employés sont prêts à offrir des services d’interprétation pour appuyer les interactions entre collègues et avec le public. Les employés s’acquittent de ce travail dans le cadre de leurs rôles d’agents des télécommunications qui reçoivent des appels 911, à la réception des détachements et à titre d’agents de police qui répondent aux appels de service.

Les employés de la GCC offrent des services d’interprétation de façon ponctuelle, principalement lors de rencontres avec les communautés autochtones. Bien que les employés de la GCC n’aientt pas la capacité de fournir ces services à l’interne, des personnes de la communauté sont souvent embauchées pour aider lors de ces rencontres. Dans certains cas, des Aînés de la communauté seront présents lors des réunions et des interprètes seront embauchés pour traduire ce qui est dit.

Le SPPC a des interactions directes avec le public sur une base quotidienne, car les procureurs travaillent directement dans toutes les communautés du Nunavut pour interagir avec les témoins, les victimes et d’autres intervenants du système de justice dans le cadre du processus judiciaire.

Depuis 2008, un programme de coordonnateurs des témoins de la Couronne (soit des PM-03 pour le niveau d’entrée, des PM-04 pour le niveau de travail et des PM-05 pour la supervision) a été mis sur pied afin d’accroître le soutien et les services offerts aux victimes d’actes criminels dans les trois territoires. Au Nunavut, les titulaires des postes de procureur sont souvent des personnes qui viennent de l’extérieur du Nunavut et qui ne parlent pas l’inuktut. En juillet 2025, il y avait plusieurs coordonnateurs des témoins de la Couronne (CTC) à Iqaluit, et tous parlaient l’inuktut comme langue maternelle et l’utilisaient quotidiennement dans leurs communications avec les victimes et les témoins d’actes criminels. Les CTC aident les procureurs à établir des liens avec les victimes et les témoins et offrent des services d’interprétation d’une manière adaptée à la culture. Les qualifications requises sont notamment une expérience de travail dans un bureau et la capacité à communiquer efficacement en anglais et en inuktitut. La plupart des CTC sont des employés du gouvernement fédéral nommés pour une période indéterminée.

À la Cour de justice du Nunavut, des interprètes sont disponibles pour toutes les audiences afin de permettre aux personnes d’entendre les procédures dans la langue de leur choix. Sur demande, le Service des documents juridiques de la Cour de justice du Nunavut fournit des enregistrements audio.

Dans le cadre du programme GEM-GéoNord de RNCan, des services de soutien logistique et d’interprétation sont offerts au public et aux chercheurs universitaires des secteurs public et privé. Des services d’interprétation sont fournis pour faciliter les discussions avec les Aînés et les gardiens de la communauté sur le territoire afin d’appuyer des personnes dans le cadre de leur travail. D’autres initiatives ponctuelles sont mises de l’avant pour soutenir les programmes axés sur les Autochtones lorsque le personnel s’attend à ce qu’il y ait de plus en plus de participants autochtones.

Capacité fédérale : obstacles et difficultés

Pendant les discussions tenues lors des séances de mobilisation, des thèmes communs ont émergé en ce qui a trait aux obstacles et aux difficultés ayant une incidence sur la capacité des ministères et organismes à fournir des services en langues autochtones.

Obstacles et défis – version texte

Graphique décrivant les obstacles et les défis liés à la traduction. Il y a six hexagones représentant les différentes catégories. Le premier hexagone est violet et représente le financement et les contraintes budgétaires. Le deuxième hexagone est bleu marin foncé et représente la compréhension de la demande de services. Le troisième hexagone est rose et représente les processus de traduction et les échéanciers. Le quatrième hexagone est orange et représente le recrutement et le maintien en poste. Le cinquième hexagone est violet et représente les problèmes techniques et informatiques. Le sixième hexagone est bleu marin foncé et représente l'exactitude des traductions.

Contraintes financières et budgétaires

La plupart des ministères et organismes ont indiqué lors des discussions que le financement était le plus grand obstacle à la prestation de services supplémentaires en langues autochtones. Cela comprend le financement requis pour les contrats de services de traduction et l’embauche d’employés qui parlent l’inuktut.

La traduction de documents en langues autochtones est également plus coûteuse que la traduction vers l’anglais ou le français. Par conséquent, les ministères font face à des pressions financières supplémentaires lorsqu’ils tentent d’améliorer les services offerts en langues autochtones. Un exemple récent à PCH illustre cette difficulté : la traduction d’un document de 13 pages a coûté environ 40 % plus cher pour l’inuktitut que pour le français.

Les résultats d’un sondage mené par l’ARC en 2022, axé sur les Autochtones, indiquaient que de 20 à 30 % des répondants autochtones aimeraient recevoir des services dans des langues autochtones. Cependant, le manque de financement limite les possibilités de faire progresser les efforts en la matière.

En outre, les interlocuteurs d’ECCC aimeraient faire traduire davantage de documents dans des langues autochtones afin d’améliorer l’accessibilité et l’inclusion, mais le financement est un obstacle en raison des ressources limitées prévues dans les budgets de fonctionnement et d’entretien pour soutenir ce travail. La traduction en langues autochtones n’est pas toujours une priorité lors de la planification relative aux programmes, car les exercices d’établissement des budgets sont souvent axés sur l’anglais et le français.

Les répondants de Service Canada ont réitéré que les problèmes de financement constituaient un obstacle à la prestation de services supplémentaires dans des langues autochtones. Les employés de Santé Canada ont également indiqué que les campagnes de promotion pour des enjeux de santé prévoyaient parfois du financement pour la traduction des produits de communication. De plus, il a été noté que le BCP réservait parfois des fonds pour des activités particulières liées à la santé (comme la publication d’annonces sur des sites Web pertinents pour les populations autochtones).

Les interlocuteurs de Parcs Canada et ECCC ont également relevé des difficultés liées au financement des traductions en langues autochtones.

Compréhension de la demande de services

Les ministères ont recensé d’importantes difficultés en lien avec la détermination de la demande de services gouvernementaux en langues autochtones.

Les représentants d’ECCC indiquent que des travaux sont réalisés en ce sens, car la demande de services en langues autochtones n’est pas nécessairement connue. En réponse au Bureau du commissaire aux langues autochtones, les interlocuteurs d’ECCC ont indiqué que le Ministère s’efforce de déterminer la demande de services en langues autochtones en relevant les secteurs au sein du Ministère qui se sont engagés à inclure et à promouvoir les langues autochtones au moyen de diverses initiatives et activités visant à appuyer la mise en œuvre de la Loi sur les langues autochtones.

Les répondants de Santé Canada ont noté que la demande de services de traduction est souvent difficile à suivre au sein du Ministère. Les employés du Santé Canada fournissent des ressources aux communautés autochtones, comme des documents d’information, mais indique qu’il est souvent difficile de savoir si les produits atteignent efficacement les communautés cibles et répondent à leurs besoins.

Plusieurs ministères ont indiqué qu’ils avaient de la difficulté à déterminer le bon dialecte à utiliser pour les traductions en langues autochtones.

Recrutement et maintien en poste

Plusieurs ministères ont également relevé des difficultés associées à l’embauche de personnes parlant l’inuktut. Des efforts sont entrepris en ce sens afin de mieux atteindre les groupes cibles lors des activités d’embauche.

ECCC s’est doté d’un plan d’embauchage des Inuit (PEI) pour mettre en œuvre les obligations énoncées à l’article 23 de l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut selon lesquelles 85 % des employés du Nunavut doivent être inuits. Le PEI comprend des mesures visant à accroître la représentation. Il s’agit notamment d’exigences particulières liées au recrutement, notamment l’organisation de salons de l’emploi, afin qu’ECCC puisse embaucher et maintenir en poste des employés inuits.

Les répondants de la GCC ont également mentionné les difficultés rencontrées lorsqu’elle tente d’embaucher des personnes pour effectuer des travaux de traduction. Bien que les fonds disponibles soient suffisants, les politiques internes du gouvernement fédéral ont empêché la GCC de mener à bien cette mesure de dotation.

Les employés du Service Canada ont indiqué que des efforts sont déployés pour atteindre les objectifs énoncés à l’article 23 de l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut. Des objectifs à court et à moyen terme ont été établis pour respecter les obligations prévues dans l’Accord, y compris en matière de recrutement et de perfectionnement pour soutenir les employés inuits. Des séances de mobilisation des Aînés ont eu lieu pour appuyer le recrutement d’employés inuits.

Le programme de recrutement, de maintien en poste et de perfectionnement des Autochtones propose des approches pour appuyer les employés inuits. Des activités sont prévues en lien avec l’élaboration et la traduction de documents, y compris des présentations PowerPoint. À l’heure actuelle, Service Canada a environ 384 diapositives PowerPoint comportant des renseignements sur les programmes qui pourraient être traduites dans des langues autochtones afin de mieux soutenir les communautés. Ce matériel sera mis à jour fréquemment.

L’une des difficultés relevées concerne la pertinence des documents. Comme l’information et les guides sont souvent modifiés, il serait difficile de tenir à jour les documents dans diverses langues autochtones.

L’un des problèmes relevés par plusieurs ministères relativement au recrutement et au maintien en poste est l’absence de mécanisme de compensation pour les employés qui offrent des services en langues autochtones.

Les représentants de Parcs Canada ont indiqué que l’absence d’incitatif ou de prime au bilinguisme a une incidence sur la capacité du Ministère à embaucher des personnes qui parlent des langues autochtones. Bien que Parcs Canada ait réalisé des progrès importants en ce qui concerne le recrutement d’Inuit pour des postes au Nunavut, l’ajout de mesures de compensation pour les employés parlant l’inuktut pourrait soutenir davantage ces efforts. Parcs Canada est le deuxième plus grand employeur d’Inuit au Nunavut par le gouvernement fédéral, après la GRC.

Les représentants du SPPC indiquent que le recrutement et le maintien en poste des CTC posent certaines difficultés qui sont en partie attribuables au travail particulier du SPPC dans le cadre duquel des sujets délicats et souvent pénibles entraînent des niveaux élevés de traumatismes vécus par procuration et de roulement du personnel. Bien que des mesures de soutien en santé mentale soient mises à la disposition des employés, des difficultés subsistent pour ce qui est du maintien en poste et du recrutement.

De plus, un CTC peut être en déplacement de 20 à 22 semaines par année pour le tribunal seulement. La pression et la charge de travail sont élevées et s’ajoutent aux déplacements fréquents qui créent un stress sur la vie et les situations personnelles.

Un logement appartenant à l’État est fourni ainsi qu’une indemnité de poste isolé et une aide au titre des déplacements pour congé annuel. Le SPPC a également souligné que l’absence d’une prime au bilinguisme ou d’une reconnaissance financière nuit aux efforts de recrutement, tout comme les limites du processus de classification du gouvernement fédéral par rapport aux postes dans d’autres entités telles que le gouvernement du Nunavut.

La GRC a élaboré des présentations sur les carrières à l’intention des Autochtones qui, par l’entremise d’images et de textes, représentent les Premières Nations, les Inuit et les Métis. Ces présentations sont traduites dans la langue et le dialecte de la communauté qui organise l’événement et contiennent de l’information et du soutien pertinents pour les employés autochtones.

Processus et échéanciers de traduction

Au cours des séances de mobilisation, des problèmes liés aux capacités du gouvernement fédéral en ce qui a trait aux processus et échéanciers de traduction ont été soulevés par les ministères et organismes désireux de faire traduire plus de documents en langues autochtones.

De nombreux ministères fédéraux ont mentionné que le délai nécessaire pour l’obtention de documents traduits en langues autochtones était souvent nettement plus élevé que celui des traductions vers l’anglais ou le français. Des considérations liées aux échéanciers ainsi que d’éventuels retards causés par de longs délais de traitement pourraient nuire à l’atteinte des échéances prescrites pour des documents et produits de communication.

Les représentants du MPO ont souligné que les exigences en matière de traduction de documents exercent parfois davantage de pression sur les employés parlant des langues autochtones qui peuvent participer au processus de traduction. Il arrive que certaines traductions doivent être fournies rapidement, de sorte que le Bureau de la traduction ou les fournisseurs externes ne peuvent répondre aux délais prescrits. On demande donc à ces employés de fournir des services de traduction afin d’assurer une meilleure communication et prestation de services, ce qui va bien au-delà de leurs responsabilités professionnelles.

Les divers dialectes inuits représentent parfois un obstacle, notamment dans le cas de demandes devant faire l’objet de nombreux processus d’analyse et d’approbation. Puisque le Bureau de la traduction n’est pas en mesure de fournir des traductions adaptées aux dialectes, les employés du RNCan peuvent faire appel à des entrepreneurs tiers.

Exactitude des traductions

L’exactitude des traductions en langues autochtones a également été soulevée pendant les séances de mobilisation comme étant une source de préoccupation.

Les employés de Santé Canada ont mentionné qu’il était difficile de déterminer si les traductions étaient exactes et si elles allaient répondre aux attentes des communautés autochtones. La détermination de la meilleure façon d’effectuer un contrôle de la qualité de ces documents a également été mentionnée comme étant une source de préoccupation.

Les répondants de la GCC ont relevé des difficultés associées à la traduction de documents techniques et à la vérification de l’exactitude du contenu traduit. Dans certains cas, les langues inuites peuvent nécessiter une traduction des concepts d’une manière qui pourrait être propre à la communauté où la langue est parlée. L’exemple suivant a été donné :

« La traduction traditionnelle de « Garde côtière canadienne » en inuktitut est « Navires qui brisent la glace ». C’est ainsi que les communautés inuites des Territoires du Nord parlent des navires de la Garde côtière qui mènent des activités de déglaçage tout au long de l’année. À l’extérieur de ces communautés, la traduction de « Garde côtière canadienne » a souvent le sens de « Gardiens de plage ». C’est un terme qui n’a aucun sens pour les communautés autochtones et qui ne tient pas compte des concepts associés aux mots traduits. Les sigles posent également des problèmes de traduction (p. ex., le sigle du Plan de protection des océans du MPO est le même que celui de la Police provinciale de l’Ontario). »

Les employés de Parcs Canada ont mentionné un problème similaire en ce qui concerne la traduction de la terminologie de l’anglais à l’inuktitut, car il n’y a parfois pas de traduction directe. Dans le but d’atténuer ces obstacles, les employés de Parcs Canada a demandé aux membres de la communauté autochtone de traduire le langage courant et les références fréquemment utilisées par le Ministère afin de les inclure dans un guide à l’intention des interprètes ou traducteurs qui seront embauchés à l’avenir.

Pourtant, les employés de Parcs Canada ont également noté que des documents traduits en inuktitut par le Bureau de la traduction peuvent parfois être inexacts. Par conséquent, des employés du Ministère examinent souvent les documents traduits.

Les répondants du MPO ont également soulevé des préoccupations concernant les inexactitudes contenues dans certaines traductions. Parfois, les traducteurs ne comprennent pas le contexte particulier des documents ou le public cible. Cela entraîne une mauvaise interprétation. L’exemple suivant a été donné :

« Le MPO a fait traduire de l’anglais à l’inuktitut un document comportant une photo sur laquelle se trouvaient des personnes. Le traducteur du document a décidé d’utiliser le dialecte Baffin du Sud pour la traduction en se basant sur son hypothèse de l’endroit où la photo avait été prise. La traduction produite ne répondait pas aux besoins de la communauté inuite concernée, qui parlait en fait le dialecte Baffin du Nord. »

Les interlocuteurs de RNCan ont relevé des difficultés associées à la traduction de la terminologie scientifique. Comme il n’y a pas toujours de traductions exactes pour les termes scientifiques, il faut se demander si un nouveau mot ou terme doit être créé par un Aîné pour garantir l’exactitude dans le dialecte concerné.

Problèmes techniques et informatiques

Plusieurs ministères ont souligné que des problèmes techniques font en sorte qu’il est difficile d’augmenter le volume de traductions, en particulier pour le contenu en ligne. Les ministères ont mentionné que certains systèmes de gestion de contenu Web utilisés pour la conception de sites Web ne prennent en charge que l’anglais et le français.

Les employés de l’ARC ont relevé qu’il existe des limites techniques à la traduction dans des langues fondées sur des caractères, puisqu’elles présentent des défis uniques.

Pour atténuer les difficultés en la matière, lorsque l’ARC demande des mises à jour ou des modifications aux traductions, elle divise le contenu des pages Web sur la fiscalité traduites en langues autochtones en paragraphes selon les sujets. Ainsi, il n’est plus nécessaire de traduire l’intégralité d’un document pour y intégrer des mises à jour, tout en limitant les risques associés à la traduction de phrases seules. Cela est particulièrement pertinent pour l’ARC, étant donné que les règles et les directives concernant les avantages fiscaux changent souvent et que les documents doivent être mis à jour en conséquence.

Réflexions et meilleures pratiques

Au cours des séances de mobilisation, les ministères ont fait part de leurs réflexions et de leurs pratiques exemplaires concernant le travail qu’ils accomplissent pour fournir des services aux Canadiens dans des langues autochtones.

Réseaux d’employés

La GRC a établi des liens avec des fournisseurs de services de formation en langues autochtones afin d’offrir de la formation linguistique aux employés exerçant des rôles importants liés à la prestation de services. La formation vise à favoriser des interactions positives avec les communautés autochtones et à permettre aux employés des Premières Nations, inuits et métis de se réapproprier, de maintenir ou de renforcer leur langue traditionnelle. À l’heure actuelle, la GRC offre des possibilités de formation linguistique virtuelle dans huit langues autochtones, dont l’inuktitut. La GRC travaille également à la mise en place d’un programme de mentorat qui offrira aux employés une occasion d’immersion en vue d’améliorer leurs compétences linguistiques et leur compréhension de la culture.

Documents d’orientation

Les répondants de l’ARC ont indiqué que l’agence élabore actuellement un document interne d’orientation pour appuyer les programmes et les régions dans leurs efforts de traduction de documents en langues autochtones. Le guide comprend une liste de contrôle pour les traductions à effectuer, ainsi que des renseignements sur l’utilisation des langues autochtones au Canada et les politiques qui soutiennent leur utilisation.

PCH a conçu un document interne d’orientation avec l’appui de partenaires autochtones, lequel décrit une approche provisoire quant aux langues qui pourraient être utilisées dans le cadre d’initiatives de communication avec des groupes autochtones. Le document comprend un certain nombre d’éléments à prendre en compte, y compris les points de vue des partenaires autochtones, les approches à utiliser pour faciliter le choix du dialecte pour la communication, ainsi que les facteurs régionaux pertinents.

Les interlocuteurs de la GCC ont indiqué que l’agence prépare des procédures opérationnelles normalisées pour les avis aux communautés. Ces procédures comportent des conseils sur les langues et les dialectes associés aux diverses communautés et régions de l’Arctique qui peuvent être utilisés pour les traductions. De plus, la GCC a rédigé un document qui fait état des phrases courantes à l’intention du Bureau de la traduction. Ce document doit être transmis aux fournisseurs afin de garantir une terminologie uniforme lorsque des documents sont traduits en inuktitut

Appui des politiques en place pour soutenir le travail de traduction

Les employés de la GCC s’appuient sur la Politique sur l’Inuit Nunangat, la Loi sur les langues officielles du Nunavut et la Loi sur la protection de la langue inuite pour justifier l’exigence de traduire des documents en langues autochtones. De plus, la GCC s’appuie sur le concept selon lequel les personnes ont le droit d’avoir accès à de l’information sur la sécurité dans une langue qu’elles peuvent comprendre pour justifier la traduction des documents.

Les répondants de SPPC veillent à ce que les services aux victimes d’actes criminels au Nunavut soient offerts conformément à la Charte canadienne des droits des victimes. Les procureurs sont également liés par le Code type de déontologie du Barreau du Nunavut et doivent s’assurer que les services au public sont fournis dans la langue officielle choisie par le client, y compris en inuktut au Nunavut.

Technologie de l’IA

Les répondants de l’ARC contactés pour partager des meilleures pratiques pour ce rapport, ont indiqué qu’ils ont utilisé l’outil de traduction en inuktitut de Microsoft, élaboré conjointement avec le gouvernement du Nunavut, à titre d’essai pour examiner la traduction de sa page Web sur la fiscalité en langue autochtone. L’ARC continue de surveiller l’efficacité des outils de traduction utilisant l’IA tout en s’appuyant sur l’expertise des traducteurs.

Prochaines étapes

À partir de l’information recueillie lors des séances de mobilisation, PCH formulera des recommandations en vue d’améliorer l’accès aux services fédéraux en langues autochtones, et plus particulièrement, dans un premier temps, sur l’utilisation de l’inuktut au Nunavut.

En collaboration avec le Comité directeur des SMA, le Comité opérationnel, les partenaires autochtones et le gouvernement du Nunavut, PCH pourrait explorer la pertinence de mettre en place des initiatives informelles, telles que l’élaboration de guides de pratiques exemplaires, des activités d’échange de renseignements, des projets d’utilisation d’outils de traduction fondés sur l’IA, des possibilités de formation.

PCH explorera également la pertinence de mettre en place des initiatives officielles concernant l’élaboration d’accords, d’ententes ou de règlements.

Annexe A : Questionnaire de mobilisation individuelle du PCH

Nom du ministère : (veuillez indiquer le nom du ministère)

Nom de la personne-ressource : (veuillez indiquer le nom de la personne-ressource)

Adresse courriel de la personne-ressource : (veuillez indiquer l’adresse courriel de la personne-ressource)

Introduction

Comme mentionné lors de la première réunion du Comité de travail, notre équipe entreprend des séances de mobilisation individuelles avec divers ministères qui ont fait preuve d’efforts proactifs pour augmenter leur offre de services dans des langues autochtones. Ce travail nous aidera à déterminer la capacité des institutions fédérales à fournir des services dans des langues autochtones.

L’objectif est d’examiner les besoins en matière de capacité des principaux ministères et organismes pour fournir un accès aux services en inuktut au Nunavut. Cela comprend divers éléments :

  • la capacité en matière de ressources humaines (p. ex. recrutement et maintien en poste);
  • le besoin d’une expertise particulière (p. ex. interprétation, TI);
  • le bassin de locuteurs disponibles dans des régions particulières;
  • les exigences financières.

Grâce à des séances de mobilisation individuelles, nous espérons apprendre :

  • Quelles sont les activités actuellement entreprises par les ministères pour fournir des services dans des langues autochtones. Il peut s’agir d’initiatives à petite échelle et de projets pilotes.
  • Quelles sont les activités futures (le cas échéant) prévues.
  • Quelle est la capacité actuelle de fournir des services dans des langues autochtones au sein du ministère et quelles sont les lacunes liées à la capacité du ministère et à la demande de services.
  • Quelles sont les considérations relatives aux obstacles, aux défis et aux leçons retenues.

Services fournis dans les langues autochtones - Un continuum

Un continuum de services fournis en inuktut au Nunavut est apparu au cours des travaux réalisés en 2022-2023 en collaboration avec Nunavut Tuungavik Incorporated et des partenaires fédéraux.

Continuum d’accès aux services

Consultations et réunions publiques, y compris la traduction des documents et l’interprétation.

Communications telles que la traduction d’informations (Web et imprimées) sur les programmes, les activités et les offres d’emploi.

Service ponctuel réactif, y compris les informations mises à disposition sur demande ou lorsque des employés maîtrisant l’inuktitut sont disponibles.

Accès direct délibéré et planifié au service tel que l’EDSC fournissant des services en personne en inuktut dans ses centres de services et dans le cadre de ses services de sensibilisation. Ailleurs, des services d’interprétation par téléphone sont proposés en inuktitut et dans d’autres langues autochtones au moyen d’un fournisseur de services tiers.

En vous inspirant des exemples susmentionnés, veuillez répondre aux questions suivantes.

Capacité de fournir des services en langues autochtones

  • Quels sont les services (le cas échéant) que votre ministère/organisme offre actuellement dans des langues autochtones? Par exemple, la traduction de documents, la signalisation en langues autochtones, les communications en langues autochtones, la fourniture de services d’interprétation, etc.
  • Dans quelle mesure votre ministère assure-t-il le suivi de la capacité interne à fournir des services dans les langues autochtones? Par exemple, les fonds consacrés à la traduction de documents, les ETP affectés au travail lié à la fourniture de services dans des langues autochtones, etc.

Demande pour des services en langues autochtones

  • Comment votre service assure-t-il un suivi (officiellement ou non) des demandes de vos partenaires autochtones d’offrir vos services dans des langues autochtones?
  • Quelles sont les lacunes en ce qui concerne les services actuellement fournis dans des langues autochtones et ceux que les partenaires souhaiteraient que votre ministère offre?
  • Pour les ministères qui offrent déjà certains services dans des langues autochtones, quelle a été la principale motivation pour offrir ces services dans des langues autochtones?

Obstacles, difficultés et leçons retenues

  • Quels sont les principaux obstacles rencontrés par votre ministère lorsqu’il tente d’offrir des services dans des langues autochtones? Par exemple, les pressions financières, le manque d’expertise spécialisée, les limitations technologiques.
  • Pour les ministères qui proposent déjà des services dans des langues autochtones - Quelles sont les leçons que vous avez retenues de l’élaboration et de la mise en œuvre de nouveaux processus/produits/services?

Questions ministérielles particulières

  • Votre institution dispose-t-elle d’au moins un emplacement physique au Nunavut?
  • Votre ministère/organisme interagit-il directement avec des personnes au Nunavut? Si oui, comment?

Commentaires/Questions - n’hésitez pas à fournir des informations complémentaires, à poser des questions ou à formuler des commentaires ci-dessous.

Annexe B : Ministères et agences fédéraux au Nunavut

Carte de la présence des ministères et organismes fédéraux au Nunavut – version texte

Carte du Nunavut représentant la présence des ministères et organismes fédéraux au Nunavut. Dans le coin supérieur droit, il y a une légende qui décrit les acronymes des ministères et organismes présents au Nunavut. Il s'agit de : Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), Parcs Canada (PC), Pêches et Océans Canada (MPO), Garde côtière canadienne (GCC), Ressources naturelles Canada (RNCan), Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC), Service des poursuites pénales du Canada (SPPC), Agence du revenu du Canada (ARC), Agence canadienne de développement économique du Nord (CanNor), Gendarmerie royale du Canada (GRC), emplacement du détachement de la GRC, Service Canada (SC), Service Canada site de services mobiles réguliers.

À Eureka, au Nunavut, les bureaux suivants peuvent être situés : le Laboratoire auxiliaire PEARL à Zero Altitude (ECCC), la station météorologique d'Eureka (ECCC), le Laboratoire des flux, de l'irradiance et de l'extension des rayonnements de surface et atmosphérique (SAFIRE) (ECCC), et le Laboratoire Ridge du Laboratoire de recherche atmosphérique sur l'environnement polaire (ECCC).

C'est à Resolute Bay, au Nunavut, que se trouve le bureau du parc national Qausuittuq (PC).

À Pond Inlet, au Nunavut, se trouve le bureau du parc national Sirmilik (PC).

À Qikiqtarjuaq, au Nunavut, se trouve le bureau du parc national Auyuittuq (PC).

À Pangnirtung, au Nunavut, se trouve le bureau du parc national Aaittuuti.

À Iqaluit, au Nunavut, les bureaux suivants peuvent être situés : bureau de secteur (MPO), bureau d'Iqaluit (ECCC), centre de service (ARC), bureau local du Nunavut (PC), bureau régional du Nunavut (RCAANC), bureau régional du Nunavut (SPPC), Centre Service Canada (SC) d'Iqaluit, Direction de l'arpenteur général (RNCan), Centre des SCTM d'Iqaluit / NORDREG (GCC), Organisation de la Commission géoscientifique mixte Canada-Nunavut (GN, RNCan et RCAANC), Pilimmaksaivik (Centre d'excellence fédéral pour l'emploi des Inuits au Nunavut) (CanNor), et le Quartier général de la Cinquième Division, Détachement d'Iqaluit (GRC).

À Naujaat, au Nunavut, se trouve le bureau du parc national Ukkusiksalik (PC).

À Rankin Inlet, au Nunavut, se trouvent les bureaux suivants : Stations maritimes et d'intervention de l'Arctique (SGCA), Centre de Ranking Inlet (SC) et Administration régionale (MPO).

Annexe C : Fiche d'information : Les Peuples autochtones

Fiche d'information de l'ARC décrivant les prestations pour les Autochtones. Il y a trois personnes souriantes et elle est présentée en inuktitut

Annexe D : Panneautage de bâtiment du RCNAAC en Inuktitut

Images représentant la signalétique des bureaux du gouvernement du Canada traduite en inuktitut

Annexe E : Aperçu en inuktitut du Guide alimentaire du Santé Canada

Image du Guide alimentaire canadien : Instantané traduit en inuktitut

Annexe F : Fiche d'information du Santé Canada sur l'empoisonnement chez les enfants

Image de la fiche d'information de Santé Canada sur l'empoisonnement pédiatrique traduite en inuktut.

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2026-06-19

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