Cinquante ans du Programme canadien d’épidémiologie de terrain (1975–2025)

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Numéro : RMTC : Volume 52-7/8, juillet/août 2026 : Programme canadien d'épidémiologie de terrain – 50 ans
Date de publication : juillet 2026
ISSN : 1719-3109
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Volume 52-7/8, juillet/août 2026 : Programme canadien d'épidémiologie de terrain – 50 ans
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Cinquante ans du Programme canadien d’épidémiologie de terrain (1975–2025) : tirer des leçons du passé pour façonner l’avenir
Louis Wong1, Anja Bilandzic1, Kathleen Laberge1
Affiliation
1 Direction Générale de la Réglementation, des Opérations et de la Gestion des Urgences, Agence de la santé publique du Canada, Toronto, ON et Saint-Hyacinthe, QC
Correspondance
Citation proposée
Wong L, Bilandzic A, Laberge K. Cinquante ans du Programme canadien d’épidémiologie de terrain (1975–2025) : tirer des leçons du passé pour façonner l’avenir. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2026;52(7/8):301–6. https://doi.org/10.14745/ccdr.v52i78a01f
Mots-clés : surveillance de la santé publique, éclosion de maladie, épidémiologie, ressources humaines dans le domaine de la santé
Résumé
Depuis 1975, le Programme canadien d’épidémiologie de terrain (PCET) renforce la capacité du Canada en matière de santé publique en formant des épidémiologistes de terrain selon un modèle de formation axé sur le service, d’une durée de deux ans, qui combine l’apprentissage théorique, les stages pratiques et le mentorat. Établi à la demande des provinces et des territoires et inspiré de l’Epidemic Intelligence Service des États-Unis, le PCET est devenu une capacité nationale d’intervention et d’analyse de premier plan, déployée à l’échelle du pays et intégrée à l’ensemble des administrations.
Depuis plus de cinq décennies, les stagiaires et les diplômés du programme ont contribué à la réponse aux éclosions et aux situations d’urgence, au renforcement des systèmes de surveillance et à la production de données probantes appliquées qui ont éclairé les mesures de contrôle et les politiques. Leurs travaux ont porté sur un large éventail d’enjeux, notamment les événements d’origine alimentaire et environnementale, le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), la grippe H1N1, la COVID-19 et les menaces émergentes liées à l’approche « Une seule santé ».
L’incidence du PCET se reflète également dans le développement délibéré de la main-d’œuvre grâce à un mentorat structuré, à l’apprentissage en cohorte et à des réseaux de diplômés qui étendent l’expertise au sein des administrations fédérales, provinciales et territoriales, ainsi que dans les milieux universitaires et internationaux.
Alors que les risques pour la santé publique se complexifient en raison des aléas climatiques, de l’évolution numérique rapide et des enjeux liés à la confiance, ce commentaire soutient que le PCET doit demeurer adaptable, renforcer les partenariats intersectoriels et intégrer l’équité, la réconciliation et la pensée systémique afin de soutenir la sécurité sanitaire du Canada au cours des 50 prochaines années.
Introduction
En 1975, le gouvernement du Canada a créé le Programme canadien d’épidémiologie de terrain (PCET) afin de renforcer les capacités en santé publique à l’échelle du pays. Conçu pour développer une expertise en matière d’enquêtes sur les éclosions et de surveillance, le PCET est depuis devenu un élément clé de l’infrastructure nationale de sécurité sanitaire.
Cette analyse thématique présente le travail des stagiaires actuels du PCET et illustre comment l’épidémiologie appliquée continue de façonner la réponse du Canada à des défis complexes en matière de santé. Qu’il s’agisse d’éclosions de maladies infectieuses ou de risques liés au climat, les stagiaires du PCET ont fourni l’expertise et la souplesse qui sous-tendent le système de santé publique. Alors que nous célébrons cinq décennies d’impact, nous nous interrogeons également : qu’exigeront de nous les 50 prochaines années?
Fondements historiques et évolution
Le PCET, d’abord connu sous le nom de Programme de formation en épidémiologie d’intervention, a été inspiré de l’Epidemic Intelligence Service des États-Unis et lancé au Laboratoire de lutte contre la maladie en 1975 Footnote 1 à la demande des provinces et des territoires. Il est conçu comme un programme de formation d’« apprentissage par l’action » sur deux ans, combinant une formation formelle et des stages sur le terrain au sein des autorités sanitaires provinciales, territoriales et locales Footnote 1Footnote 2. Cette approche d’apprentissage par l’action procure des avantages immédiats au système, les stagiaires contribuant aux priorités de santé publique pendant leur formation plutôt qu’après l’achèvement du programme Footnote 3.
Dès l’origine, l’identité du PCET a été symbolisée par trois éléments clés (figure 1) :
- La feuille d’érable, qui représente la portée nationale du programme
- Le bâton d’Asclépios enroulé d’un serpent, symbole universel de la santé et de la médecine
- Une pompe à eau, en hommage à l’acte historique de John Snow, qui retira en 1854 la poignée de la pompe de Broad Street afin de mettre fin à une éclosion de choléra
Figure 1 - Équivalent textuel
Cette image illustre l’évolution de l’icône du Programme canadien d’épidémiologie de terrain (PCET), depuis son concept original dessiné à la main jusqu’à sa conception actuelle, plus accessible. À gauche figure le croquis original de 1974 du Dr Paul Varughese, conseiller scientifique, médical et en santé publique chevronné, dont la carrière a notamment contribué de manière importante à l’épidémiologie des maladies transmissibles et à la surveillance de la santé publique au Canada. Il a conceptualisé l’icône qui allait devenir un élément central de l’identité du programme et de ses racines en épidémiologie de terrain. En se déplaçant de gauche à droite, l’icône devient progressivement plus raffinée, avec des lignes plus nettes, un meilleur équilibre visuel et une lisibilité accrue. La version la plus récente reflète des mises à jour visant à garantir une icône plus claire, plus accessible et mieux alignée sur les lignes directrices en matière d’accessibilité, notamment grâce à un contraste amélioré, à des éléments visuels simplifiés et à une meilleure lisibilité sur les supports numériques et imprimés. Dans son ensemble, cette évolution illustre à la fois la continuité et le renouveau.
Dans l’icône du PCET, la poignée de la pompe est réinstallée, ce qui symbolise le fait que l’épidémiologie de terrain moderne ne se limite pas à l’élimination des risques, mais vise également la restauration de la santé des populations. Cette identité visuelle reflète le mandat de longue date du programme :
« Renforcer la pratique de la santé publique au Canada en proposant une formation et des services qui favorisent l’excellence dans la pratique de l’épidémiologie appliquée. »
En 1997, le PCET est devenu membre fondateur du Réseau des programmes de formation aux interventions en épidémiologie et en santé publique, rejoignant ainsi un réseau mondial de 84 programmes de formation en épidémiologie de terrain Footnote 4Footnote 5Footnote 6. À la suite de l’éclosion du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003, le PCET a été transféré en 2004 à la nouvelle Agence de la santé publique du Canada (ASPC) Footnote 4, afin d’harmoniser sa capacité de soutien avec la coordination nationale des situations d’urgence. En 2016, le PCET a obtenu l’accréditation du Réseau des programmes de formation aux interventions en épidémiologie et en santé publique, confirmant ainsi la conformité de ses normes de formation fondées sur les compétences aux références internationales Footnote 4Footnote 5. En 2022, le PCET a été réaccrédité avec les mentions Distinction et Mérite en intervention d’urgence Footnote 5.
Contributions stratégiques en santé publique
Au cours des cinq dernières décennies, le PCET a apporté une valeur ajoutée à plusieurs dimensions du système de santé publique au Canada, comme décrit ci-dessous.
Réponse aux éclosions et interventions d’urgence
Les stagiaires du PCET ont constitué la colonne vertébrale de la capacité d’intervention rapide du Canada lors de crises de santé publique, en établissant une culture professionnelle fondée sur la pratique, le mentorat et le déploiement rapide. Depuis les éclosions d’origine alimentaire des années 1970 jusqu’au SRAS en 2003, à la grippe H1N1 en 2009 et à la COVID-19 en 2020, les stagiaires et diplômés du PCET ont apporté une capacité de pointe en matière de recherche des cas, de recherche des contacts, d’analyse épidémiologique et de mise en place de systèmes de surveillance (tableau 1). Leur travail a permis d’élaborer des mesures de contrôle fondées sur des données probantes, d’éclairer les décisions stratégiques et d’influencer les protocoles nationaux en situation d’urgence sanitaire. Malgré les défis successifs en santé publique, les stagiaires du PCET sont demeurés au cœur des efforts du Canada en matière de détection précoce et d’intervention face aux agents pathogènes et aux menaces émergentes.
| Année | Interventions auxquelles le PCET a participé |
|---|---|
| 1982 | Évaluation épidémiologique de décès inexpliqués dans un hôpital pédiatrique Footnote 7 |
| 1987 | Éclosion d’encéphalopathie toxique liée à la consommation de moules contaminées par l’acide domoïque Footnote 8 |
| 1997 | Une éclosion multinationale prolongée de Salmonella a été attribuée à un seul lot de graines de luzerne contaminées et largement distribué, mettant en évidence la manière dont les chaînes d’approvisionnement alimentaire modernes peuvent faciliter la propagation rapide des maladies au-delà des frontières, ainsi que la nécessité d’une surveillance coordonnée et de mesures renforcées en matière de sécurité sanitaire des aliments Footnote 9 |
| 1998 | Une importante éclosion survenue en 1997 dans le Nord-Ouest du Pacifique, liée à la consommation d’huîtres crues dans plusieurs régions, a montré comment le réchauffement des eaux côtières peut accroître le risque d’infections à vibrio, et a souligné l’importance d’une surveillance coordonnée et de mesures de contrôle rapides (avis/suppression des lits) pour prévenir la propagation de la maladie Footnote 10 |
| 2007 | Première éclosion nosocomiale de Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline associée à une souche communautaire au Canada, touchant des nouveau-nés en bonne santé et des mères en post-partum dans une unité mère-nouveau-né à Toronto, soulignant l’importance d’une détection rapide ainsi que des mesures de prévention et de contrôle des infections pour limiter la propagation de souches communautaires émergentes Footnote 11 |
| 2007 | Utilisation d’un forum Web et d’un questionnaire en ligne pour la détection et l’investigation d’une éclosion Footnote 12 |
| 2015 | La surveillance coordonnée multiprovinciale lors de l’éclosion de listériose au Canada en 2008 a permis de retracer la source de l’infection à des charcuteries prêtes à consommer contaminées ainsi qu’à une contamination persistante des installations de production. Cette enquête a mis en évidence la nécessité de renforcer la surveillance de la listériose, d’améliorer le contrôle de Listeria monocytogenes dans les installations alimentaires de produits prêts à consommer, et de développer des orientations ciblées de réduction des risques pour les établissements desservant des populations à haut risque Footnote 13 |
| 2021 | Identification d’une grappe inhabituelle d’anaplasmose granulocytaire humaine dans la région de l’Estrie, au Québec Footnote 14 |
| 2021 | Éclosion de COVID-19 dans une communauté éloignée des Premières Nations en Colombie-Britannique, liée à des rassemblements sociaux et à la transmission intradomiciliaire, maîtrisée efficacement grâce à une intervention rapide de santé publique menée par la communauté Footnote 15 |
Comme c’est le cas pour les programmes d’épidémiologie de terrain comparables à l’échelle internationale, les priorités initiales du PCET reflétaient les principales menaces en santé publique de l’époque, à savoir la détection des maladies infectieuses et la réponse aux éclosions Footnote 6Footnote 16Footnote 17. Aujourd’hui, le contexte opérationnel s’est élargi. Les stagiaires sont de plus en plus mobilisés pour répondre aux syndémies ainsi qu’aux impacts sanitaires en cascade associés aux changements climatiques. Ce changement souligne l’importance de maintenir des ressources humaines adaptables, capables de faire face à des menaces de santé publique complexes et multiples, tout en adoptant l’approche « Une seule santé », comme l’illustre la contribution d’un stagiaire lors de l’intervention liée au premier cas humain de grippe aviaire hautement pathogène au Canada.
Renforcement du système de surveillance de la santé publique
Les stagiaires du PCET évaluent, améliorent et mettent en œuvre des systèmes de surveillance à l’aide de cadres normalisés, afin de s’assurer que l’information sur la santé publique au Canada demeure solide et adaptée aux besoins. Récemment, les stagiaires ont travaillé sur les méfaits liés aux substances, les infections transmissibles sexuellement et par le sang, les maladies liées à la chaleur, la COVID-19, ainsi que sur de nombreux autres sujets reflétant l’étendue du travail de surveillance en santé publique au Canada.
Ces systèmes sont souvent évalués pour la première fois, ce qui donne lieu à des recommandations concrètes et contribue à l’amélioration de la qualité. Ces initiatives ont permis d’améliorer la déclaration des maladies transmissibles, l’intégration des données de laboratoire et l’adoption d’outils numériques Footnote 18.
Perfectionnement de la main-d’œuvre et réseaux
En juin 2026, le PCET avait formé 239 épidémiologistes de terrain au cours de ses 50 années d’existence. Les diplômés du PCET sont devenus une force motrice du leadership en santé publique au Canada, contribuant à la réponse aux éclosions, à l’élaboration des politiques nationales, à l’innovation en matière de surveillance et à la gestion stratégique des urgences. Au fil de l’histoire du programme, les diplômés du PCET ont occupé certains des postes les plus influents en santé publique au pays. Le Canada compte notamment un administrateur en chef de la santé publique et un sous-administrateur en chef de la santé publique, tous deux diplômés du PCET. Au-delà du leadership fédéral, les diplômés du PCET ont exercé des fonctions de médecins hygiénistes en chef provinciaux, d’épidémiologistes en chef provinciaux et territoriaux, de directeurs des services d’information et de surveillance en santé publique, ainsi que de hauts dirigeants au sein de ministères fédéraux et provinciaux de la Santé, d’unités locales de santé publique, d’organisations universitaires et d’organisations internationales. Leur expertise a éclairé l’élaboration des politiques nationales, renforcé les cadres de surveillance et contribué à la sécurité sanitaire mondiale.
Une grande partie de ce succès découle du mentorat intégré au programme. Les stagiaires reçoivent des orientations régulières de la part du personnel du PCET et de leurs superviseurs, ce qui les aide à développer leurs compétences techniques, à mener des enquêtes sur le terrain et à renforcer leur confiance dans leur jugement professionnel. Ce soutien a joué un rôle déterminant dans la formation des leaders issus du PCET.
Le PCET a également favorisé la collaboration entre les systèmes de santé et des collègues de confiance grâce à des réseaux informels. Grâce à des liens solides au sein des cohortes, de la communauté élargie des diplômés et des sites de placement partout au Canada, les stagiaires et les diplômés du PCET font partie d’un ensemble qui dépasse leur parcours de formation individuel. Ces réseaux informels font en sorte qu’en général, « quelqu’un connaît quelqu’un » lorsqu’une nouvelle situation de santé publique survient, facilitant ainsi le partage des connaissances et des expertises. Cette dynamique s’est révélée particulièrement utile pour répondre à des urgences de santé publique nécessitant une action coordonnée.
Le Programme canadien d’épidémiologie de terrain aujourd’hui : Répondre à un contexte en constante évolution
Le PCET demeure très pertinent dans le contexte complexe actuel de la santé publique. Chaque année, il recrute une cohorte multidisciplinaire de cinq à dix stagiaires ayant des parcours en épidémiologie, santé publique et médecine préventive, soins infirmiers, sciences vétérinaires et autres domaines connexes de la santé, et les place dans divers contextes pour une période de deux années d’apprentissage immersif axé sur le service. Le cadre de compétences du PCET met l’accent sur l’enquête sur les éclosions, l’analyse épidémiologique, l’évaluation des systèmes de surveillance et la communication, autant de compétences essentielles à la pratique de la santé publique Footnote 5. Ces compétences sont renforcées par les valeurs fondamentales du PCET, soit l’excellence, l’intégrité, la collégialité, le respect, l’adaptabilité et l’impact, qui façonnent non seulement ce que les stagiaires apprennent, mais aussi leur manière de collaborer avec leurs partenaires et les collectivités. Le PCET s’acquitte de son mandat au moyen d’un modèle de formation fondé sur les compétences (figure 2). Les stagiaires acquièrent les connaissances, les compétences et les attitudes professionnelles requises grâce à un programme d’études standard, à des déploiements supervisés en réponse à des événements de santé publique, ainsi qu’à un mentorat structuré offert par le programme et les sites de placement.
Figure 2 - Équivalent textuel
Le Programme canadien d’épidémiologie de terrain (PCET) s’acquitte de son mandat en développant les compétences des participants en épidémiologie appliquée et en préparation au travail sur le terrain, grâce à une combinaison de formation formelle et d’apprentissage expérientiel, comme l’illustre cette figure.
Le développement des épidémiologistes de terrain est guidé par un cadre de compétences et soutenu par des outils normalisés qui garantissent la cohérence, la rigueur et la responsabilité à l’échelle du programme. Le PCET repose sur une approche à trois volets pour soutenir le développement des compétences :
- Formation formelle : séances structurées visant à développer les connaissances et compétences fondamentales.
- Mobilisations : interventions en situation réelle permettant aux épidémiologistes de terrain d’appliquer leurs apprentissages dans des contextes dynamiques de santé publique.
- Mentorat : orientations continues de la part des superviseurs du PCET et des sites de placement, aidant les participants à réfléchir, à progresser et à relever les défis.
Ces compétences ne sont pas seulement théoriques : elles sont mises en pratique à travers des produits de travail structurants qui constituent l’épine dorsale du programme :
- Directives en matière d’expérience professionnelle (DEP) : produits normalisés réalisés tout au long du programme et alignés sur les principaux résultats d’apprentissage.
- Projet intégrateur de cohorte : activité culminante qui met en valeur la capacité de l’épidémiologiste de terrain à intégrer et à appliquer ses compétences dans un contexte concret et significatif (introduit en 2025).
Cette structure garantit que les épidémiologistes de terrain du PCET non seulement acquièrent des connaissances, mais démontrent également leur progression de manière tangible. Il s’agit d’un modèle rigoureux, soutenant et axé sur la pratique, qui prépare les épidémiologistes de terrain à diriger et à intervenir efficacement dans le paysage de la santé publique au Canada.
Une vision pour l’avenir
Une vision pour l’avenir commence par une compréhension claire des transformations en cours. Dans le contexte actuel de la santé publique, les événements liés au climat deviennent plus fréquents et plus perturbateurs; les agents pathogènes émergents (p. ex., la COVID-19 et la mpox) ainsi que ceux qui réémergent (p. ex., la rougeole) ont des impacts importants, tandis que les outils de surveillance et d’intervention évoluent rapidement grâce aux progrès de l’intelligence artificielle. L’équité et la réconciliation sont des valeurs essentielles qui sous-tendent une action efficace en santé publique, et l’expérience récente a montré que la confiance envers les institutions de santé publique ne peut être tenue pour acquise.
Un PCET tourné vers l’avenir devrait s’appuyer sur des bases solides tout en continuant de s’adapter aux réalités changeantes de la santé publique. Cela signifie diversifier les parcours de recrutement et de formation afin de refléter les communautés et les contextes que dessert la santé publique, ainsi que renforcer la collaboration interdisciplinaire et intersectorielle entre la santé publique, la santé animale, les soins cliniques, les laboratoires, la gestion des urgences, les services sociaux et les organisations communautaires. Cela implique également de consolider les partenariats mondiaux et de faire évoluer l’épidémiologie de terrain dans une perspective propre au contexte canadien, qui tient compte de notre géographie, de nos réalités fédérales, provinciales et territoriales, ainsi que de nos engagements en matière d’équité et de droits des peuples autochtones. Enfin, la planification future devrait mettre l’accent sur le leadership et la pensée systémique, afin de permettre aux diplômés de naviguer dans la complexité, de répondre à la mésinformation et à la méfiance, et de soutenir une action de santé publique rapide, culturellement sécuritaire et efficace.
Un pilier essentiel de la santé publique au Canada
Le PCET est plus qu’un programme de formation ; il constitue un moteur essentiel de la capacité en santé publique du Canada. Depuis 50 ans, il contribue à la détection, à l’investigation et à la réponse aux menaces pour la santé en formant des épidémiologistes de terrain qualifiés et en participant directement aux efforts de surveillance et d’intervention, y compris pendant la période de formation des stagiaires. Les stagiaires et les diplômés du PCET ont appuyé des opérations d’intervention, renforcé les systèmes de surveillance et éclairé les politiques qui protègent les collectivités partout au pays.
À l’avenir, le PCET devrait approfondir et formaliser l’engagement auprès de ses diplômés, en les considérant comme un atout fondamental pour le mentorat, le recrutement, les stages de formation, le renforcement de l’écosystème de formation et l’élargissement de la portée du programme. Cette initiative arrive à point nommé, puisqu’un réseau des diplômés du PCET est en cours de constitution, créant ainsi une plateforme naturelle pour soutenir des liens durables, le développement du leadership et des contributions continues à la capacité de santé publique du Canada.
À l’avenir, l’orientation est claire : rester réactif face à un paysage de risques en mutation et doter les épidémiologistes de terrain des moyens nécessaires pour agir précocement, exercer un leadership assuré et mener des interventions de santé publique efficaces dans des systèmes complexes. Ce constat rend hommage à l’héritage du PCET et met en lumière le travail des épidémiologistes de terrain actuels, réaffirmant l’engagement du programme à demeurer agile, inclusif et prêt à relever les défis futurs en matière de sécurité sanitaire.
Déclaration des auteurs
L. W. — Conceptualisation, rédaction–révision et édition
A. B. — Conceptualisation, rédaction–révision et édition
K. L. — Conceptualisation, rédaction–révision et édition
Intérêts concurrents
Aucun.
Identifiants ORCID
Aucun.
Remerciements
Les auteurs souhaitent remercier tous les épidémiologistes de terrain et les membres du personnel du programme qui ont contribué activement au PCET au cours de ses 50 années d’histoire. Le succès du programme n’aurait pas été possible sans l’engagement des superviseurs des sites de placement, des organismes d’accueil et des partenaires de l’Agence de la santé publique du Canada (p. ex., l’Unité de formation et de perfectionnement, l’Unité de soutien aux interventions et de conseils techniques et l’Unité des mobilisations).
Financement
Ce travail a été soutenu par l’Agence de la santé publique du Canada.

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