Caractéristiques des patients recevant le nirmatrelvir/ritonavir en soins ambulatoires au cours de l’année 2022/2023 en Alberta

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Numéro : RMTC : Volume 52-6, juin 2026 : Calendrier optimal des programmes de vaccination saisonnière
Date de publication : juin 2026
ISSN : 1719-3109
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Volume 52-6, juin 2026 : Calendrier optimal des programmes de vaccination saisonnière
Étude épidémiologique
Caractéristiques des patients recevant le nirmatrelvir/ritonavir en soins ambulatoires au cours de l’année 2022/2023 en Alberta, au Canada : une étude observationnelle rétrospective basée sur la population
Khanh Vu1, Jason Randall1, Karen Martins1, Sylvia Aponte-Hao2,3, Lynora Saxinger4,5, Jenine Leal6,7,8,9, Elissa Rennert-May7,8,9,10, Ellen Rafferty4,11, Phuong Uyen Nguyen3, Tyler Williamson3,7,9,12,13, Scott Klarenbach1,4
Affiliations
1 Real World Evidence Unit, Faculté de médecine et de dentisterie, Université de l’Alberta, Edmonton, AB
2 Research Services, Alberta Strategy for Patient Oriented Research SUPPORT Unit (AbSPORU), Calgary, AB
3 Centre for Health Informatics, École de médecine Cumming, Université de Calgary, Calgary, AB
4 Département de médecine, Université de l’Alberta, Edmonton, AB
5 Département de microbiologie et d’immunologie, Université de l’Alberta, Edmonton, AB
6 Prévention et contrôle des infections, Alberta Health Services, AB
7 Département des sciences de la santé communautaire, École de médecine Cumming, Université de Calgary, Calgary, AB
8 Département de microbiologie, d’immunologie et des maladies infectieuses, École de médecine Cumming, Université de Calgary, Calgary, AB
9 O’Brien Institute for Public Health, Université de Calgary, Calgary, AB
10 Département de médecine, Université de Calgary, Calgary, AB
11 Institute of Health Economics, Edmonton, AB
12 Libin Cardiovascular Institute, Université de Calgary, Calgary, AB
13 Alberta Children’s Hospital Research Institute, Université de Calgary, Calgary, AB
Correspondance
Citation proposée
Vu K, Randall JR, Martins KJB, Aponte-Hao S, Saxinger L, Leal J, Rennert-May E, Rafferty E, Nguyen PU, Williamson T, Klarenbach SW. Caractéristiques des patients recevant le nirmatrelvir/ritonavir en soins ambulatoires au cours de l’année 2022/2023 en Alberta, au Canada : une étude observationnelle rétrospective basée sur la population. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2026;52(6):291–300. https://doi.org/10.14745/ccdr.v52i06a06f
Mots-clés : Paxlovid, COVID-19, thérapie antivirale orale, pour les patients externes, monde réel, données administratives, observationnelles, basées sur la population
Résumé
Contexte : Une compréhension de l’utilisation du nirmatrelvir/ritonavir (NMV-r; Paxlovid™) dans le monde réel au Canada est nécessaire afin d’éclairer les stratégies d’accès et d’utilisation de la thérapie.
Objectif : Décrire les caractéristiques des adultes traités avec le NMV-r en Alberta, au Canada.
Méthodes : Des données administratives à l’échelle de la population ont été utilisées pour décrire les adultes (âgés de 18 ans et plus) qui ont reçu une dispensation externe du NMV-r entre janvier 2022 et mars 2023 en Alberta. Les variants Omicron prédominaient au cours de cette période.
Résultats : L’âge moyen de la cohorte (n = 11 793) était de 65 ans (écart-type = 18), 60,4 % étaient des femmes et 83,9 % avaient un ou plusieurs problèmes de santé associés à un risque de développer des complications graves liés à la COVID-19. Par rapport à la population générale de l’Alberta, une plus grande proportion des personnes qui ont reçu le NMV-r résidaient dans des régions urbaines (Alberta : 82,3 %; NMV-r : 89,8 %) et étaient plus aisés sur le plan socioéconomique (quintile de l’indice de défavorisation matérielle 1-Alberta : 20,0 %; NMV-r : 25,8 %). Au total, 81,6 % ont reçu au moins trois doses du vaccin contre la COVID-19 et 7,0 % n’ont reçu qu’une seule dose ou aucune. La majorité des ordonnances de NMV-r délivrées provenaient de médecins (83,6 %), 13,5 % de pharmaciens et 2,9 % d’autres fournisseurs de soins de santé.
Conclusion : En Alberta, les adultes traités avec le NMV-r en soins ambulatoires présentaient des caractéristiques associées au risque de développer des complications graves liées à la COVID-19 (liés à l’âge et aux problèmes de santé) et un comportement de recherche de soins de santé (âge plus avancé, sexe féminin, présence de problèmes de santé, statut socioéconomique plus élevé et forte vaccination). Les dispositions prises en fonction de la situation urbaine ou rurale et du statut socioéconomique ont été notées. Les résultats peuvent être utilisés pour éclairer des stratégies visant à surmonter les obstacles et à assurer un accès équitable au traitement contre la COVID-19 pour tous ceux qui sont le plus susceptibles d’en bénéficier.
Introduction
La pandémie de COVID-19, causée par le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS-CoV-2), a été la crise de santé publique la plus perturbatrice du XXIe siècle. Bien que la vaccination généralisée (qui a commencé en décembre 2020 au Canada), l’immunité conférée par des infections antérieures et la prévalence de nouveaux variants associés à une maladie moins grave aient contribué à réduire le risque de développer une infection à la COVID-19 grave Footnote 1Footnote 2, certaines personnes courent encore un risque élevé, en particulier les personnes âgées et les personnes qui vivent avec un fardeau des comorbidités plus élevé et certains problèmes de santé Footnote 3. Pour certaines de ces personnes, les thérapies antivirales pour le traitement de la COVID-19 et la prévention de conséquences graves comme l’hospitalisation et le décès sont des outils précieux.
Le nirmatrelvir/ritonavir (NMV-r; Paxlovid™), qui est devenu disponible au Canada le 18 janvier 2022, est un médicament antiviral administré par voie orale pour traiter la COVID-19 chez les adultes. Il peut être pris dans les cinq jours suivant l’apparition de symptômes légers à modérés par les personnes qui ont obtenu un résultat positif au test de dépistage du SRAS-CoV-2 et qui présentent un risque élevé de développer des complications graves de la COVID-19 Footnote 4. En raison de contraintes d’approvisionnement initiales, l’admissibilité initiale au Canada était limitée aux personnes qui en bénéficieraient le plus, avec des critères provinciaux variés. À mesure que les connaissances et la disponibilité du traitement augmentaient, l’accès au NMV-r s’est élargi avec des critères d’admissibilité plus larges et avec l’inclusion des pharmaciens prescripteurs et des infirmières praticiennes afin d’offrir un meilleur accès à un traitement rapide de la COVID-19 et d’alléger la pression sur le système de santé (appendice, matériel supplémentaire, tableau S1) Footnote 5Footnote 6Footnote 7Footnote 8Footnote 9Footnote 10Footnote 11.
Bien qu’il ait été démontré que le traitement des patients externes avec le NMV-r réduit considérablement le risque de conséquences graves de la COVID-19 chez les personnes présentant un risque élevé Footnote 12Footnote 13Footnote 14Footnote 15, des rapports antérieurs provenant des États-Unis ont montré que le NMV-r est sous-utilisé dans la population admissible Footnote 16Footnote 17Footnote 18. La compréhension de la prescription et de l’utilisation réelles du NMV-r au niveau de la population en milieu ambulatoire éclairerait les stratégies visant à améliorer l’accès aux traitements et leur utilisation, ce qui pourrait réduire les complications graves liées à la COVID-19 et la pression qui en résulte sur le système de santé. Peu d’informations sont disponibles au Canada. Sicard et al. (2023) ont décrit les caractéristiques des personnes traitées avec le NMV-r dans huit administrations au Canada au cours des premiers mois de sa disponibilité Footnote 19. Il serait utile de disposer de renseignements à jour et supplémentaires décrivant les caractéristiques démographiques et cliniques de cette population d’intérêt au Canada, ainsi que le type de prescripteur de soins de santé. L’objectif de cette étude était de décrire les caractéristiques des adultes ayant bénéficié d’une dispensation du NMV-r en soins ambulatoires en Alberta, au Canada, entre janvier 2022 et mars 2023.
Méthodes
L’Université de l’Alberta a donné une approbation déontologique (Pro00132799) et le consentement éclairé a été levé. Le ministère de la Santé de l’Alberta et Alberta Health Services ont approuvé l’utilisation des données administratives sur la santé. Une étude rétrospective, observationnelle et axée sur la population a été réalisée à l’aide de données administratives sur la santé provenant de plusieurs bases de données en Alberta (appendice, matériel supplémentaire, tableau S2).
Les critères d’admissibilité comprenaient les personnes qui 1) avaient au moins 18 ans à la date indice de la dispensation du NMV-r (date de la première dispensation du NMV-r pendant la période d’inclusion entre le 18 janvier 2022 et le 31 mars 2023; les variants Omicron BA1.1, BA.2, BA.2.12.1, BA.4, BA.5, BQ.1, BQ.1.1 et XBB.1.5 ont prédominé au cours de cette période) et qui 2) avaient une couverture provinciale des soins de santé pendant deux ans ou plus avant la date indice de la dispensation du NMV-r. Les provinces canadiennes ont des systèmes de santé à payeur unique et fournissent des soins médicalement nécessaires financés par l’État à tous les résidents. Bien que la majorité des médicaments sur ordonnance ne soient pas financés par le secteur public, l’Agence de la santé publique du Canada a acheté, attribué et payé le NMV-r pendant la période d’inclusion visée par cette étude.
Les caractéristiques démographiques consignées à la date indice de la dispensation du NMV-r comprenaient l’âge, le sexe, la résidence urbaine ou rurale, les personnes résidant dans un établissement de soins de longue durée ou un logement avec services de soutien et la situation socioéconomique Footnote 20. Les caractéristiques cliniques comprenaient le score de l’indice de comorbidité de Charlson (appendice, matériel supplémentaire, tableau S3) Footnote 21Footnote 22 et les conditions de santé qui étaient admissibles pour le traitement avec le NMV-r en Alberta pendant la période d’inclusion (appendice, matériel supplémentaire, tableau S4) Footnote 7Footnote 9Footnote 21Footnote 23Footnote 24Footnote 25Footnote 26Footnote 27Footnote 28Footnote 29Footnote 30Footnote 31Footnote 32Footnote 33Footnote 34Footnote 35Footnote 36Footnote 37Footnote 38Footnote 39. La proportion de personnes ayant déjà été infectées par le SRAS-CoV-2 et le nombre antérieur de doses de vaccin contre la COVID-19 reçues ont été indiqués. Les statistiques descriptives comprenaient les chiffres et les pourcentages pour les variables catégoriques et les moyennes, ainsi que les écarts-types (ET) pour les variables continues. Conformément aux normes de protection des renseignements personnels des gardiens de données, les résultats pour une à neuf personnes ont été déclarés comme étant « moins de 10 » Footnote 40; le cas échéant, les autres résultats ont été censurés. L’analyse a été réalisée à l’aide de SAS (version 9.4; SAS Institute, Cary, Caroline du Nord).
Résultats
La sélection de la cohorte est présentée à la figure 1 (appendice, matériel supplémentaire, figure S1) comprend le couplage des données). L’âge moyen de la cohorte (n = 11 793) était de 65 ans (ET = 18), 60,4 % étaient des femmes, la majorité vivait dans des zones urbaines (cohorte : 89,8 %; population générale de l’Alberta résidant dans une zone urbaine : 82,3 % Footnote 41) et 7,8 % vivaient dans un établissement de soins de longue durée ou logement avec services de soutien (tableau 1). La situation socioéconomique a été présentée en fonction des quintiles qui représentent la population générale de l’Alberta (cinq groupes ayant chacun 20 %); comparativement, la cohorte était plus susceptible d’être bien nantie sur le plan matériel (indice de défavorisation matérielle [IDM] 1 : 25,8 %) et moins susceptible d’être matériellement défavorisée (IDM 5 : 15,1 %) (tableau 1). Les problèmes de santé les plus fréquemment identifiés (> 10 %) dans la cohorte étaient un état d’immunodépression (60,0 %), l’obésité (22,0 %), une maladie rénale chronique (21,0 %), le diabète et la prise de médicaments pour cette maladie (17,9 %), et une bronchopneumopathie chronique obstructive (13,7 %); 83,9 % avaient ≥ 1 problème de santé (tableau 2). La plupart des personnes ont reçu ≥ 3 doses d’un vaccin contre la COVID-19 à la date indice de la dispensation du NMV-r ou avant (81,6 %), 11,4 % ont reçu 2 doses et 7,0 % ont reçu ≤ 1 dose (aucune dose : 5,9 %; 1 dose : 1,1 %) (tableau 2).
Figure 1 - Équivalent textuel
Le diagramme illustre les étapes séquentielles utilisées pour sélectionner la cohorte de l’étude dans les registres de dispensation du nirmatrelvir/ritonavir en Alberta, au Canada, entre le 18 janvier 2022 et le 31 mars 2023. Le bassin de départ de 12 568 dispensations a été réduit à 12 174 personnes uniques ayant reçu au moins une dispensation pendant la période d’étude. Deux critères d’exclusion ont ensuite été appliqués : 86 personnes ont été exclues parce qu’elles étaient âgées de moins de 18 ans à la date indice (date de la première dispensation), et 295 personnes ont été exclues parce qu’elles n’étaient pas couvertes par le régime d’assurance-maladie de l’Alberta (AHCIP). La cohorte finale comprenait 11 793 personnes.
| Caractéristiques démographiques | n (%) (N = 11 793) |
|---|---|
| Âge, années | |
| Moyenne (ET) | 65 (18,0) |
| Catégorie | |
| 18 à 49 ans | 2 460 (20,9 %) |
| 50 à 59 ans | 1 636 (13,9 %) |
| 60 à 69 ans | 2 428 (20,6 %) |
| 70 ans ou plus | 5 269 (44,7 %) |
| Sexe | |
| Féminin | 7 127 (60,4 %) |
| Masculin | 4 666 (39,6 %) |
| Lieu de résidence | |
| Milieu urbain | 10 589 (89,8 %) |
| Milieu rural | 1 204 (10,2 %) |
| Établissement de soins de longue durée/logement avec services de soutien | 916 (7,8 %) |
| Situation socioéconomique | |
| Indice de défavorisation matérielle | |
| 1 (les plus favorisés) | 2 824 (25,8 %) |
| 2 | 2 423 (22,1 %) |
| 3 | 2 027 (18,5 %) |
| 4 | 2 033 (18,5 %) |
| 5 (les plus défavorisés) | 1 657 (15,1 %) |
| Absent | 829 |
| Indice de défavorisation sociale | |
| 1 (les plus favorisés) | 2 366 (21,6 %) |
| 2 | 1 915 (17,5 %) |
| 3 | 2 044 (18,6 %) |
| 4 | 2 255 (20,6 %) |
| 5 (les plus défavorisés) | 2 384 (21,7 %) |
| Absent | 829 |
Abréviation : ET, écart-type |
|
| Caractéristiques cliniques | n (%) (N = 11 793) |
|---|---|
| Indice de comorbidité de Charlson | |
| Score global, moyenne (ET) | 2,0 (2,2) |
| Catégorie | |
| 0; aucune comorbidité | 3 066 (26,0 %) |
| 1–2; comorbidité légère | 5 317 (45,1 %) |
| 3–4; comorbidité modérée | 2 118 (18,0 %) |
| 5 ou plus; comorbidité sévère | 1 292 (11,0 %) |
| Problèmes de santé | |
| Type d’affection | |
| Personnes immunodéprimées | 7 073 (60,0 %) |
| Obésité | 2 600 (22,0 %) |
| Néphropathie chronique | 2 478 (21,0 %) |
| Diabète, prise de médicaments | 2 106 (17,9 %) |
| MPOC | 1 613 (13,7 %) |
| Asthme | 1 000 (8,5 %) |
| Insuffisance cardiaque congestive | 832 (7,1 %) |
| Enceinte | 97 (0,8 %) |
| Nombre d’affections ci-dessus | |
| 0 | 1 907 (16,2 %) |
| 1 | 4 798 (40,7 %) |
| 2 | 3 073 (26,1 %) |
| 3 ou plus | 2 015 (17,1 %) |
| Caractéristiques liées à la COVID-19 | |
| Infection antérieure au SRAS-CoV-2 | 603 (5,1 %) |
| Doses de vaccin contre la COVID-19 reçues | |
| 0 | 697 (5,9 %) |
| 1 | 131 (1,1 %) |
| 2 | 1 344 (11,4 %) |
| 3 ou plus | 9 621 (81,6 %) |
Abréviations : ET, écart-type; MPOC, maladie pulmonaire obstructive chronique; SRAS-CoV-2, coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère |
|
Parmi ceux qui avaient un type de prescripteur identifié (n = 10 072; 85,4 % de la cohorte), 83,6 % (n = 8 418) avaient un NMV-r prescrit par un médecin; les types les plus courants étaient des fournisseurs de soins de santé primaires (78,8 %; n = 6 630) et des spécialistes en médecine d’urgence (14,2 %; n = 1 197) (tableau 3). Les autres fournisseurs comprenaient des pharmaciens (13,5 %; n = 1 360) et d’autres types de fournisseurs de soins de santé (2,9 %; n = 294), dont la majorité était des infirmières praticiennes (54,1 %; n = 159) et des laboratoires de fonction pulmonaire (41,5 %; n = 122) (tableau 3).
| Type de fournisseur de soins de santé | Type de prescripteur identifié, n (%) (N = 10 072) |
|---|---|
| Médecin | 8 418 (83,6 %) |
| Fournisseur de soins de santé primaire | 6 630 (78,8 %) |
| Médecine d’urgence | 1 197 (14,2 %) |
| Obstétrique et gynécologie | 208 (2,5 %) |
| Maladies infectieuses | 90 (1,1 %) |
| Cardiologie | 78 (0,9 %) |
| Médecine interne | 57 (0,7 %) |
| Hématologie | 34 (0,4 %) |
| Santé mentale | 33 (0,4 %) |
| Pédiatrie | 17 (0,2 %) |
| Autre | Mois de 10 de chaque type |
| Pharmacien | 1 360 (13,5 %) |
| Autres types | 294 (2,9 %) |
| Infirmières praticiennes | 159 (54,1 %) |
| Laboratoire de fonction pulmonaire | 122 (41,5 %) |
| Autre | Mois de 10 de chaque type |
Discussion
Cette étude rétrospective, observationnelle et basée sur une population a caractérisé les adultes traités avec le NMV-r en milieu ambulatoire en Alberta, au Canada, entre janvier 2022 et mars 2023. Ils étaient généralement plus âgés et souffraient de problèmes de santé associés à un risque élevé de développer des complications graves liés à la COVID-19. Il s’agit d’un résultat important, car il a été démontré que les personnes à faible risque ne bénéficient pas de l’utilisation du NMV-r Footnote 42Footnote 43. Les personnes étaient également très vaccinées, 81,6 % d’entre elles avaient reçu au moins trois doses de vaccin contre la COVID-19. Il y avait des preuves d’une utilisation plus élevée chez les personnes qui résidaient dans des régions urbaines et dans des régions à statut socioéconomique plus élevé, ce qui indiquait des inégalités urbaines/rurales et socioéconomiques potentielles. La majorité des ordonnances de NMV-r délivrées provenaient de médecins (83,6 %), 13,5 % de pharmaciens et 2,9 % d’autres types de fournisseurs de soins de santé. Les résultats montrent que, bien que des adultes à risque élevé de progression vers des complications graves liés à la COVID-19 aient été traités avec le NMV-r, des stratégies sont nécessaires pour éliminer les obstacles et assurer un accès équitable au traitement contre la COVID-19 pour tous ceux qui sont les plus susceptibles d’en bénéficier.
Sicard et al. (2023) ont enquêté sur les caractéristiques des personnes traitées avec le NMV-r au Canada au cours des premiers mois de sa disponibilité Footnote 19. Les auteurs ont constaté que 61 % des personnes étaient âgés de 70 ans et plus, 56 % étaient des femmes, 67 % souffraient d’un ou de plusieurs problèmes de santé et 84 % avaient reçu trois doses ou plus du vaccin contre la COVID-19, dont 5 % n’avaient pas été vaccinées Footnote 19. Des résultats semblables ont été observés dans cette étude concernant la proportion de femmes et le statut vaccinal contre la COVID-19; des différences ont été observées au niveau de l’âge et des problèmes de santé. Dans cette étude, une plus faible proportion de personnes traitées avec le NMV-r étaient âgées de 70 ans et plus (44,7 %) et une plus forte proportion souffrait d’un ou de plusieurs problèmes de santé (83,9 %). La plus longue période au cours de laquelle la présente période d’inclusion dans l’étude a eu lieu comprenait l’élargissement de l’admissibilité à un plus jeune âge (appendice, matériel supplémentaire, tableau S1). Le nombre et le type de problèmes de santé inclus, ainsi que la méthodologie utilisée pour définir et déterminer ces problèmes différaient d’une étude à l’autre, ce qui a probablement contribué à la proportion variable de personnes atteintes de troubles de santé d’intérêt qui ont été traités avec le NMV-r.
D’importantes études rétrospectives et observationnelles menées aux États-Unis ont montré que chez les personnes qui ont obtenu un résultat positif au test de dépistage du SRAS-CoV-2 et admissibles au NMV-r, la probabilité d’être traité avec le NMV-r augmentait avec un statut socioéconomique plus élevé (par rapport à un statut plus faible), le fait d’être une femme et de recevoir des doses de vaccin contre la COVID-19 (en particulier trois ou plus contre aucune) Footnote 18Footnote 44. Les résultats de la présente étude viennent compléter ces rapports antérieurs en indiquant que les résidents urbains pourraient également être plus susceptibles d’être traités avec le NMV-r. Un certain nombre des caractéristiques associées à une utilisation plus élevée du NMV-r correspondent au comportement de recherche de soins de santé, qui s’est révélé plus fréquent chez les personnes ayant un statut socioéconomique plus élevé, le sexe ou le genre féminin, l’âge plus avancé, la présence d’affections chroniques, la connaissance de la prévention des maladies et du maintien de la santé, et la confiance dans les fournisseurs de soins de santé Footnote 45. Bien que cette étude n’ait pas fait l’objet d’une enquête en raison des limites des données, des rapports antérieurs ont également montré des disparités raciales et ethniques dans l’utilisation du NMV-r en milieu ambulatoire Footnote 17Footnote 46. Les politiques et les programmes qui s’attaquent aux obstacles à l’accès équitable aux soins de santé ainsi qu’à l’acceptation et à la vaccination contre la COVID-19 peuvent fournir des renseignements sur les initiatives visant à réduire les disparités thérapeutiques liées à la COVID-19 chez les patients externes Footnote 47. Cela est particulièrement important maintenant que le gouvernement du Canada ne fournit plus de tests antigéniques rapides de dépistage de la COVID-19 et de NMV-r gratuits, et que la couverture de ces coûts varie d’une province et d’un territoire à l’autre Footnote 48.
Bien que la prescription du NMV-r ait été étendue aux pharmaciens et au personnel infirmier praticien afin d’accroître l’accès en Alberta, 83,6 % des ordonnances de NMV-r dispensées provenaient toujours de médecins. Gold et al. (2022) ont constaté que, malgré une augmentation importante du nombre de sites de dispensation d’antiviraux oraux contre la COVID-19 aux États-Unis, les taux de délivrance ajustés en fonction de la population dans les régions où le statut socioéconomique est faible (par rapport à un niveau plus élevé) étaient considérablement plus faibles, même si ces régions comptaient le plus grand nombre de sites de distribution Footnote 49; par conséquent, pour s’attaquer aux disparités thérapeutiques de la COVID-19 chez les patients externes parmi les personnes qui présentent un risque élevé, il faudra prendre des initiatives qui vont au-delà des ordonnances des pharmaciens et de la proximité des pharmacies.
Bien que le profil clinique des personnes présentant un risque élevé de complications graves de la COVID-19 ait évolué depuis la période d’inclusion de cette étude, les données appuient la NMV-r comme un traitement de première intention continu Footnote 14Footnote 15. Par conséquent, la lutte contre les disparités dans l’accès aux traitements en consultation externe au sein de cette population demeure un besoin pertinent. Les lignes directrices actuelles suggèrent un traitement avec le NMV-r en milieu ambulatoire pour les patients plus âgés, immunodéprimés ou atteints de comorbidités multiples, quel que soit leur statut vaccinal; en particulier les adultes de 75 ans et plus, les adultes de tout âge vivant avec une maladie immunocompromettante, et les adultes immunocompétents qui vivent avec de multiples facteurs de progression vers une infection à la COVID-19 grave (p. ex., 65 ans et plus, complexité médicale, certains problèmes de santé) Footnote 3.
Limites
Cette étude présente plusieurs points forts, notamment sa grande taille et sa conception axée sur la population; toutefois, elle est également assujettie à des limites qui doivent être prises en compte dans l’interprétation des résultats. Les études rétrospectives fondées sur des demandes utilisent des données administratives qui pourraient entraîner un mauvais classement des cohortes ou des mesures de l’étude; des définitions de cas validées ont été utilisées, lorsqu’elles étaient disponibles, pour remédier à cette limitation. Le statut socioéconomique a été déterminé au niveau de l’aire de diffusion du quartier (une petite région géographique), par opposition à la personne vivant dans le quartier; par conséquent, il y a un risque d’erreur de classification de certains participants dans les quintiles. La race et l’origine ethnique ne sont pas incluses dans les données administratives sur la santé. Par conséquent, on n’a pas pu les évaluer. La base de données du Pharmaceutical Information Network ne fournit que des renseignements sur les médicaments sur ordonnance. Par conséquent, elle n’inclut pas les médicaments prescrits, mais non délivrés ni reçus par les personnes.
Conclusion
Les résultats de cette étude en situation réelle ont montré que les adultes traités avec le NMV-r en milieu ambulatoire en Alberta présentaient des caractéristiques compatibles avec un risque élevé de progression vers des complications graves liés à la COVID-19 (liés à l’âge et aux problèmes de santé) et un comportement de recherche de soins de santé (âge plus avancé, sexe féminin, présence de problèmes de santé, statut socioéconomique plus élevé et forte vaccination). Les résultats ont également suggéré des différences urbaines/rurales et socioéconomiques possibles.
Pour optimiser l’utilisation du NMV-r, il faudra peaufiner itérativement les critères des personnes présentant un risque élevé afin de tenir compte de l’évolution de l’épidémie et des données probantes sur les avantages, en veillant à ce que les groupes présentant un risque élevé puissent avoir accès aux tests diagnostiques, tout en s’attaquant aux obstacles comme le coût des médicaments, les lacunes dans les connaissances et les iniquités. La mise en œuvre des initiatives devrait être jumelée à l’évaluation pour confirmer leur efficacité. Si le déploiement du NMV-r fondé sur les risques réussit et que les obstacles sont surmontés, les complications graves liés à la COVID-19 et les pressions sur le système de santé qui en découlent pourraient être réduits.
Déclaration des auteurs
K. V. — Conceptualisation, méthodologie, analyse formelle, rédaction–version originale, visualisation
J. R. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction–révision et édition, et administration du projet
K. M. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction–version originale, administration du projet
S. A.–H. — Conceptualisation, méthodologie, conservation des données, rédaction–révision et édition
L. S. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction–révision et édition
J. L. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction–révision et édition
E. R.–M. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction–révision et édition
E. R. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction–révision et édition
P. U. N. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction–révision et édition, visualisation
T. W. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction–révision et édition
S. K. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction–révision et édition, supervision, acquisition des fonds
Les données qui étayent les résultats de cette étude sont disponibles auprès de l’Alberta Health Services et du ministère de la Santé de l’Alberta, mais des restrictions s’appliquent à la disponibilité de ces données, qui ont été utilisées en vertu d’une licence pour l’étude actuelle et qui ne sont donc pas accessibles au public.
Le contenu de cet article et les opinions qui y sont exprimées n’engagent que les auteurs et ne reflètent pas nécessairement ceux du gouvernement du Canada.
Intérêts concurrents
Les auteurs ont déclaré les conflits d’intérêts potentiels suivants en ce qui concerne la recherche et la rédaction du présent rapport : K. V., S. A.-H., J. R., K. M., P. U. N., T. W. et S. K. sont membres de l’Alberta Real World Evidence Consortium (ARWEC) et de l’Alberta Drug and Therapeutic Evaluation Consortium (ADTEC); ces entités (composé de personnes provenant de l’Université de l’Alberta, de l’Université de Calgary et des Institutes of Health Economics) mènent des recherches, y compris des études universitaires financées par l’industrie (ARWEC) et des études financées par le gouvernement (ADTEC). Pfizer est le fabricant du nirmatrelvir/ritonavir et a contribué au financement de la recherche dans le cadre de la subvention accordée à l’Université de l’Alberta, avec S. K. comme chercheur principal. Au cours des trois dernières années, l’Université de l’Alberta, dont S. K. est le chercheur principal, a reçu des fonds de recherche de Moderna (un fabricant de vaccins contre la COVID-19) et du Programme d’évaluation postcommercialisation des médicaments (financé par l’Agence des médicaments du Canada) relativement aux recherches sur la COVID-19; J. L. a reçu des fonds de recherche des Instituts de recherche en santé du Canada, de la Society for Healthcare Epidemiology of America, de la Fondation MSI, du Département de médecine de l’Université de Calgary et de l’Institut de santé publique O’Brien, du soutien à la participation aux réunions des Instituts de recherche en santé du Canada, de la Society for Healthcare Epidemiology of America et de Recherche Canada, ainsi qu’une bourse de recherche sur la collaboration dans le cadre du programme PANDEMIC EVIDENCE du Kellogg College de l’Université d’Oxford. Aucun autre conflit d’intérêts n’a été déclaré. Tous les auteurs de cette étude ont eu une totale autonomie sur la conception et l’exécution de l’étude, ainsi que sur le contenu de ce manuscrit.
Identifiants ORCID
Khanh Vu — 0000-0002-4319-1922
Jason Randall — 0000-0002-0288-3551
Karen Martins — 0000-0002-3400-7214
Sylvia Aponte-Hao — 0000-0002-8940-4516
Lynora Saxinger — 0000-0003-4133-9337
Jenine Leal — 0000-0002-0308-4890
Elissa Rennert-May — 0000-0001-9884-6423
Ellen Rafferty — 0000-0001-9974-8016
Phuong Uyen Nguyen — 0009-0001-3948-5362
Tyler Williamson — 0000-0001-5029-2345
Scott Klarenbach — 0000-0002-8611-1056
Remerciements
Nous remercions les participants à cette étude. Cette étude est fondée en partie sur des données du ministère de la Santé de l’Alberta et d’AHS, qui ont été fournies par l’unité de soutien de la Stratégie de recherche axée sur le patient (SRAP) de l’Alberta Unit hébergée au sein d’AHS. L’interprétation et les conclusions contenues dans le présent document sont celles des chercheurs et ne représentent pas nécessairement les points de vue ou les opinions du gouvernement de l’Alberta ou d’AHS. Scott Klarenbach a été appuyé par la chaire de recherche sur la santé du rein et la Division de néphrologie de l’Université de l’Alberta.
Financement
Cette étude de recherche a été financée par une subvention (232402922) de la Pfizer-Alberta Collaboration in Health et des contributions financières de Pfizer Canada et du gouvernement de l’Alberta qui ont été évaluées et accordées par Alberta Innovates à l’Université de l’Alberta, avec S. K. comme chercheur principal. Les bailleurs de fonds n’ont joué aucun rôle dans la conception, l’analyse, l’interprétation des données ou la rédaction du manuscrit de l’étude. Les bailleurs de fonds ont eu l’occasion de commenter le protocole et le manuscrit; toutes les décisions finales sont demeurées entre les mains de S. K. et des autres auteurs.
Appendice
Du matériel supplémentaire est disponible sur demande auprès de l’auteur : swk@ualberta.ca
Tableau S1 : Critères d’admissibilité au nirmatrelvir/ritonavir en Alberta pendant la période d’inclusion visée par l’étude
Tableau S2 : Bases de données administratives utilisées dans l’étude
Tableau S3 : Problèmes de santé et leurs codes et poids associés inclus dans l’indice de comorbidité de Charlson
Tableau S4 : Définitions de cas utilisées pour l’identification des problèmes de santé
Figure S1 : Sélection de la cohorte de l’étude avec couplage des données indiqué

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