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Taux de vaccination et hésitation chez les personnes noires

RMTC

Volume 52-3, mars 2026 : Sécurité des vaccins : adoption et hésitation

Examen de la portée

Taux de vaccination et hésitation chez les personnes noires : un examen de la portée

Folajinmi Oluwasina1,2, Salwa Musa1, Mary Olukotun1, Folakemi Ojo1, Omolara Sanni1, Lynda Djoutsa1, Modupe Tunde-Byass3, Andre Renzaho4, Upton Allen5,6, Bukola Salami1,7

Affiliations

1 Faculté des sciences infirmières, Université de l’Alberta, Edmonton, AB

2 Département des sciences, Red Deer Polytechnic, Red Deer, AB

3 Obstétrique et gynécologie, Hôpital général de North York, North York, ON

4 École de médecine, Université Western Sydney, Penrith, Australie

5 Département de médecine, Université de Toronto, Toronto, ON

6 Département de pédiatrie, The Hospital for Sick Children, Toronto, ON

7 École de médecine Cumming, Université de Calgary, Calgary, AB

Correspondance

folajinm@ualberta.ca

Citation proposée

Oluwasina F, Musa S, Olukotun M, Ojo F, Sanni O, Djoutsa L, Tunde-Byass M, Renzaho A, Allen U, Salami B. Taux de vaccination et hésitation chez les personnes noires : un examen de la portée. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2026;52(3):71–84. https://doi.org/10.14745/ccdr.v52i03a02f

Mots-clés : vaccin, taux, hésitation, personnes noires

Résumé

Contexte : La vaccination est l’un des moyens les plus efficients de prévenir les maladies, mais l’hésitation à l’égard de celle-ci reste une menace pour les progrès réalisés dans la lutte contre les maladies évitables par la vaccination. Historiquement, les communautés noires ont fait l’objet de recherches contraires à l’éthique, elles ont été victimes de préjugés implicites, ont été maltraitées par les professionnels de la santé et se sont vues refuser l’accès à l’assistance médicale. Cette étude a pour but d’examiner le taux de vaccination et l’hésitation à l’égard parmi les personnes noires.

Méthodes : Un examen de la portée a été réalisé dans 11 bases de données bibliographiques afin d’identifier les études évaluées par des pairs pertinentes. Les articles ont été examinés par deux évaluateurs, un troisième intervenant en cas de conflit. Les données ont été extraites des études admissibles et les résultats ont été résumés de manière narrative. Une liste de contrôle PRISMA a été adoptée, suivie de l’extraction des données. Les résultats ont ensuite été rassemblés, résumés et rapportés.

Résultats : Au total, 101 articles (77 quantitatifs, 16 qualitatifs, 3 essais cliniques randomisés et 5 études à méthodes mixtes) ont été inclus dans l’analyse. Parmi ceux-ci, 95,1 % et 4,9 % ont fait état de résultats obtenus en Amérique du Nord et en Europe, respectivement. Cette étude a révélé que la mésinformation affecte l’acceptabilité des programmes de vaccination. L’hésitation des communautés noires à l’égard des vaccins est souvent due à la crainte des effets secondaires potentiels et des conséquences à long terme. Le consentement des parents a été noté comme une question cruciale, et la conviction que les enfants ne devraient pas être vaccinés sans le consentement de leurs parents a été mentionnée comme un facteur influençant l’adoption de la vaccination.

Conclusion : L’hésitation à l’égard des vaccins continue d’avoir des répercussions importantes sur la santé mondiale. Les politiques gouvernementales qui encouragent l’utilisation des vaccins contribueraient à réduire l’hésitation et à maintenir une couverture élevée chez les personnes noires.

Introduction

La vaccination est l’un des moyens les plus efficients d’éviter les maladies Footnote 1, mais l’hésitation à l’égard de celle-ci est une menace pour les progrès réalisés dans la lutte contre les maladies évitables par la vaccination. L’hésitation à l’égard de la vaccination, telle que définie par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), est un retard dans l’acceptation d’un vaccin ou le refus de celui-ci malgré la disponibilité de services de vaccination Footnote 2. En 2019, l’OMS a classé l’hésitation à l’égard des vaccins parmi les dix principales menaces pour la santé mondiale et a déclaré que le degré d’hésitation peut varier en fonction de divers facteurs, notamment le type de vaccin et la population cible Footnote 2. Par exemple, aux États-Unis, l’Advisory Committee on Immunization Practices a recommandé la vaccination contre la grippe pour toutes les personnes âgées de plus de six mois, mais le taux de couverture vaccinale contre la grippe pour les adultes et les enfants est inférieur à l’objectif de 70 % fixé dans le cadre de l’initiative Healthy People 2020 Footnote 3.

L’hésitation à l’égard des vaccins augmente rapidement et est souvent influencée par des facteurs tels que l’accessibilité géographique des vaccins, leur coût, l’influence culturelle de la population, la confiance à l’égard des vaccins, l’innocuité des vaccins et le système qui les administre Footnote 4. Par exemple, l’expérience de la discrimination en matière de soins de santé peut contribuer à la méfiance envers le système de santé, qui est associée à une moindre probabilité de bénéficier de services de santé préventifs Footnote 5. Les communautés noires ont un lourd passé de maltraitance par les professionnels de la santé et de se voir refuser l’accès à l’assistance médicale Footnote 4. Dans une étude réalisée en 2019, Jamila et al. ont constaté que le système de santé américain est miné par des inégalités qui ont une incidence disproportionnée sur les personnes de couleur et d’autres groupes marginalisés. Ces inégalités contribuent à des lacunes dans la couverture de l’assurance maladie, à un accès inégal aux services et à de moins bons résultats en matière de santé pour certaines populations. Les adultes noirs sont nettement moins disposés à se faire vacciner que les adultes blancs ou d’autres races Footnote 6. La prise de décision concernant la vaccination implique un mélange complexe de facteurs culturels, psychosociaux, spirituels, politiques et cognitifs Footnote 7. Les raisons de l’hésitation à l’égard de la vaccination se répartissent généralement en trois catégories : le manque de confiance (envers l’efficacité, l’innocuité, le système ou les décideurs), la complaisance et le manque de commodité (en ce qui concerne la disponibilité, l’accessibilité et l’attrait des services de vaccination, y compris le temps, le lieu, la langue et les contextes culturels) Footnote 8.

Le statut socio-économique peut influer sur l’adoption de la vaccination. Aux États-Unis, comparées aux personnes d’autres races, les personnes noires sont plus susceptibles de vivre dans des quartiers pauvres ou à faibles revenus et il est moins probable qu’elles disposent d’une assurance maladie Footnote 9. Par exemple, les faibles revenus et l’absence d’assurance médicale sont associés à des taux plus faibles de vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) chez les jeunes femmes noires Footnote 10. L’accès réduit aux centres de vaccination au sein des communautés noires par rapport aux communautés blanches est également associé à un plus faible taux de vaccination Footnote 11.

Cet examen de la portée vise à synthétiser les connaissances disponibles dans la littérature sur les facteurs qui contribuent à l’hésitation à l’égard des vaccins et au taux de vaccination chez les personnes noires.

Méthodes

Le présent examen de la portée a été planifié et réalisé conformément à l’énoncé du Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses Extension for Scoping Reviews (PRISMA-ScR) en mettant l’accent sur l’équité en matière de santé Footnote 12. L’étude a adopté une stratégie de recherche exhaustive qui lui permet d’être reproductible, d’être fiable et qui offre une transparence sur l’état actuel de la littérature. L’examen s’est déroulé en cinq étapes, telles que décrites ci-dessous.

Étape 1 : Rédiger la question de recherche

La question de recherche était la suivante : « Que sait-on de l’adoption des vaccins et de l’hésitation à l’égard de ceux-ci par les personnes noires? »

Étape 2 : Identifier les études pertinentes

Des recherches systématiques dans plusieurs bases de données bibliographiques électroniques ont permis d’obtenir des articles originaux évalués par des pairs, depuis la création de la base de données jusqu’à juillet 2023 : MEDLINE (depuis 1946), Embase (depuis 1974), PsycInfo (depuis 1806), Global Health (depuis 1910) et HealthSTAR (depuis 1966) par le biais d’OVID; Cumulative Index to Nursing and Allied Health Literature (CINAHL) (depuis 1936) et Environment Complete (depuis 1950) par le biais d’EBSCOhost; Scopus (depuis 1976) par le biais d’Elsevier; Sociological Abstracts (depuis 1952) et Dissertations and Theses Global (depuis 1861) par le biais de ProQuest; et Cochrane Library (depuis 1993) par le biais de Wiley. Ces bases de données ont été examinées en utilisant un mélange de vocabulaire en langage naturel et de termes normalisés (vedettes-matières) lorsqu’ils étaient disponibles, les deux étant dérivés de trois concepts principaux : 1) le taux de vaccination, 2) l’hésitation à l’égard des vaccins et 3) la population noire. Afin d’accroître la sensibilité de la recherche, aucune restriction relative à la date de publication et au type d’étude n’a pas été appliquée. Au total, la recherche dans les bases de données a recensé 3 496 documents. Les doublons (n = 1 664) ont été automatiquement supprimés lors de l’importation dans Covidence, le logiciel de gestion des examens systématiques. La stratégie de recherche complète est jointe à la figure 1.

Figure 1 : Diagramme de sélection des études PRISMA
Figure 1. La version textuelle suit
Figure 1 : Équivalent textuel

La figure 1 présente l’organigramme PRISMA décrivant le processus d’identification et de sélection des études pour cet examen de la portée. Les documents ont été recensés par des recherches dans des bases de données et des sources supplémentaires. Après suppression des doublons, les titres et les résumés ont été examinés pour vérifier leur pertinence. L’admissibilité des articles en texte intégral a été évaluée à l’aide de critères d’inclusion et d’exclusion prédéfinis. Les articles ont été exclus pour des raisons telles que l’absence de focalisation sur les populations noires, l’absence de résultats sur le taux de vaccination ou sur l’hésitation à se faire vacciner, la conception non empirique de l’étude ou le non-respect des critères d’admissibilité. Le nombre final d’études incluses représente la quantité d’études qui répondent à tous les critères d’inclusion.

Étape 3 : Sélection d’articles

Six assistants de recherche ayant une formation en sciences de la santé ont examiné les articles en vue de leur sélection selon des critères d’admissibilité. La première sélection a consisté à examiner le titre et le résumé et la seconde à examiner le texte intégral. Tous les conflits générés par les étapes de sélection entre les évaluateurs ont été résolus par un troisième évaluateur. Chaque article admissible répondait aux critères d’inclusion suivants : 1) se concentrait sur le taux de vaccination et/ou 2) se concentrait sur l’hésitation à l’égard des vaccins, et 3) se concentrait sur la population noire.

Seules les études originales publiées dans des revues évaluées par des pairs ont été prises en compte. La littérature grise et les articles non évalués par des pairs ont été exclus. Aucune restriction de langue ou de publication n’a été appliquée. La première sélection a permis d’éliminer 1 628 doublons supplémentaires, ce qui a laissé 204 articles à examiner en texte intégral. L’examen du texte intégral a permis d’exclure 81 articles qui ne répondaient pas aux critères d’inclusion et 22 articles supplémentaires en double, ce qui a donné un total de 101 articles admissibles pour cet examen de la portée. Tous étaient rédigés en anglais. Nous avons également examiné les listes de référence des articles inclus, mais nous n’avons pas trouvé d’autres études répondant à nos critères d’inclusion. Ces informations sont résumées en détail dans le diagramme de flux PRISMA (figure 1).

Étape 4 : Création de graphiques et extraction des données

Les informations suivantes ont été extraites de chacun des 101 articles : nom des auteurs, année de publication, pays de l’étude, conception de l’étude, taille de l’échantillon, âge, type de vaccin, résultats et conclusion.

Étape 5 : Rassembler, résumer et présenter les résultats

Les caractéristiques et les résultats rapportés dans chaque article inclus sont décrits sommairement. On présente une vue d’ensemble des données existantes relatives à l’adoption des vaccins ou à l’hésitation à l’égard de ceux-ci chez les personnes noires.

Résultats

Caractéristiques des études incluses

Les caractéristiques des 101 articles inclus dans cette revue sont présentées dans le tableau S1 de l’appendice. La majorité des articles (76 %, n = 77) étaient des études transversales (rétrospectives et descriptives), tandis que 16 % (n = 16) étaient des études qualitatives, 2 % (n = 2) utilisaient des méthodes mixtes, 3 % (n = 3) étaient des essais cliniques randomisés, et 3 % (n = 3) ne précisaient pas la méthodologie de recherche (figure 2).

Figure 2 : Méthodologie utilisée par les études dans les articles inclus
Figure 2. La version textuelle suit
Figure 2 : Équivalent textuel

La figure 2 illustre la répartition des conceptions méthodologiques parmi les études incluses dans cet examen de la portée et portant sur l’adoption des vaccins et les réticences à leur égard parmi les populations noires. La majorité des études ont utilisé des modèles d’enquêtes transversales. Une proportion importante d’entre eux ont utilisé des analyses transversales rétrospectives de jeux de données existants. Les études qualitatives, y compris les entretiens semi-structurés et les groupes de discussion, ont également été fréquemment représentées. Peu d’études ont utilisé des méthodes mixtes, des essais contrôlés randomisés, des modèles cas-témoins ou des cadres expérimentaux. Dans l’ensemble, la littérature est dominée par la recherche observationnelle, avec peu d’études longitudinales ou basées sur l’intervention.

 

La taille de la population étudiée varie de 20 à 2,2 millions de participants. L’âge des participants à l’étude, lorsqu’il est indiqué, varie de 18 mois à plus de 75 ans. Les articles évaluaient différents types de vaccins, notamment ceux contre la COVID-19, le VPH, le pneumocoque, la grippe et la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO).

Les sentiments à l’égard de la vaccination varient au sein de la communauté noire. Dans l’ensemble, toutes les études ont mis en évidence des taux de vaccination plus faibles au sein des populations noires, quelle que soit la situation géographique. Cette étude a permis de dégager des thèmes distinctifs qui mettent en évidence les obstacles structurels et comportementaux et la dissonance cognitive qui contribuent l’hésitation à l’égard des vaccins au sein des populations noires. Les obstacles à l’adoption du vaccin étaient liés aux éléments suivants : 1) les interactions avec les prestataires de soins de santé, 2) le coût et la situation au point de vue de l’assurance, 3) la commodité de la vaccination et 4) les connaissances générales relatives aux maladies évitables par la vaccination. En outre, les thèmes macroéconomiques liés à l’hésitation à l’égard des vaccins incluent : 1) la méfiance à l’égard du processus de développement des vaccins, 2) l’innocuité et l’efficacité, 3) le risque perçu, 4) les considérations historiques, 5) la méfiance à l’égard du gouvernement et 6) les considérations culturelles, religieuses et familiales.

Obstacles à l’adoption des vaccins au sein des communautés noires

Interactions avec les prestataires de soins de santé

Treize études ont fait état des interactions avec les prestataires de soins de santé et de leur répercussion sur le taux de vaccination. Il a été démontré que les interactions avec les prestataires de soins de santé affectent le taux de vaccination au sein des populations noires. Les prestataires de soins de santé qui ont discuté de la vaccination et l’ont proposée comme pratique systématique ont contribué à un meilleur taux de vaccination Footnote 11Footnote 13Footnote 14Footnote 15Footnote 16Footnote 17Footnote 18. Le taux de vaccination a diminué lorsque les prestataires de soins n’ont pas entamé de discussions au cours des rendez-vous parce que les patients étaient réticents à entamer de telles conversations Footnote 19Footnote 20Footnote 21. En outre, les prestataires de soins masculins étaient moins enclins que les prestataires féminins à discuter de la vaccination contre le VPH avec les patientes noires Footnote 22. Le prestataire de soins de santé est considéré comme essentiel pour soutenir l’adoption des vaccins et comme le facteur externe le plus influent dans les décisions en matière de vaccination. En effet, il est la source d’informations et de recommandations la plus influente pour promouvoir l’adoption des vaccins dans le cadre du plan de soins et du processus de prise de décision du client Footnote 23. La confiance est une mesure de la valeur de la relation entre le prestataire de soins et ses patients, et le prestataire de soins est considéré comme la source d’information la plus fiable en ce qui concerne les vaccins Footnote 24. Une relation thérapeutique entre le patient et le prestataire de soins qui favorise les discussions sur les vaccinations est considérée comme essentielle pour promouvoir la vaccination et réduire l’incidence des maladies évitables par la vaccination au sein des communautés noires.

Coût et situation au point de vue de l’assurance

L’accessibilité, l’abordabilité et la volonté de payer sont des facteurs qui influencent le taux de vaccination. Onze études ont analysé l’incidence du coût de la vaccination et du nombre de doses sur le taux de vaccination. La situation au point de vue de l’assurance et le coût des services ont une incidence directe sur la vaccination, l’achèvement du schéma de vaccination et le taux de vaccination global Footnote 25Footnote 26Footnote 27Footnote 28Footnote 29Footnote 30Footnote 31. En outre, le statut socio-économique et le revenu ont également joué un rôle important. La perception d’un manque de capacité à payer peut influencer le processus de prise de décision et le taux de vaccination Footnote 32Footnote 33. Nan et al. (2016) ont rapporté une augmentation (32,7 %) de l’acceptation des vaccins au sein de la communauté noire lorsqu’ils étaient offerts gratuitement.

Commodité de la vaccination

De nombreux facteurs contribuent à la commodité de la vaccination, notamment la disponibilité des vaccins et l’accessibilité des cliniques de vaccination. Dans deux études Footnote 34Footnote 35, les files d’attente, les temps d’attente et les rendez-vous multiples ont été cités comme des inconvénients pour les personnes qui ne se sont pas fait vacciner. Les facteurs facilitant l’accessibilité ont été cités comme contribuant positivement au taux de vaccination, et comprenaient des considérations telles que la minimisation des rendez-vous multiples, la réduction du temps nécessaire, et des files d’attente courtes.

Connaissances générales relatives aux maladies évitables par la vaccination

Douze études ont examiné le lien entre les connaissances sur les vaccins et le taux de vaccination. Le manque de connaissances sur la vaccination et les maladies évitables par la vaccination a une incidence sur la perception du client du risque et de la nécessité de se faire vacciner. Le succès des programmes d’immunisation actuels a créé un effet paradoxal en réduisant la sensibilisation du public aux conséquences négatives des maladies évitables par la vaccination. Le manque de connaissances sur les maladies évitables par la vaccination et la disponibilité des vaccins a une incidence sur l’acceptation des vaccins Footnote 30Footnote 35Footnote 36Footnote 37Footnote 38Footnote 39Footnote 40Footnote 41Footnote 42. La mésinformation affecte également l’acceptabilité des programmes de vaccination. Comme l’ont montré Cooper et al. (2017), la sensibilisation au VPH et à la vaccination contre le VPH chez les hommes noirs est faible, ce qui contribue à un faible taux de vaccination. Parmi les hommes interrogés, 50 % n’avaient jamais entendu parler du VPH et 53 % ne connaissaient pas le vaccin. Parallèlement au manque de connaissances sur les maladies évitables par la vaccination, l’idée que la vaccination contre le VPH est nécessaire pour avoir une activité sexuelle a été émise. Cette association comportementale a découragé la vaccination des enfants et des adolescents en tant que mesure préventive en raison des discussions limitées au sein des dyades parentales sur le commencement du schéma de vaccination Footnote 26. Il existe une association positive entre la volonté de vacciner une fille ou un fils sur la base des connaissances nouvellement acquises lorsque les connaissances sont partagées avec les clients Footnote 43Footnote 44Footnote 45. La littératie des participants en matière de santé est un facteur essentiel qui a influencé leur compréhension. Un faible niveau de littératie a eu une incidence négative sur le taux de vaccination, car les clients étaient sceptiques et craignaient les programmes de vaccination proposés Footnote 46. La perception d’un risque faible et une connaissance limitée des maladies évitables par la vaccination étaient évidentes au sein des communautés noires géographiquement diverses Footnote 47Footnote 48. Les connaissances générales et la littératie en matière de santé sont des aspects importants de l’acceptabilité des vaccins qui ont une incidence sur la valeur perçue des vaccins et la nécessité de la vaccination au sein des communautés noires.

Thèmes liés à l’hésitation à l’égard des vaccins au sein des communautés noires

Méfiance à l’égard du processus de développement des vaccins

Douze études ont fait état d’une hésitation à l’égard des vaccins liée au processus de développement d’un vaccin. Les participants noirs ont indiqué qu’ils hésitaient à accepter les nouveaux vaccins. Cette hésitation était souvent liée à une connaissance limitée de l’incidence historique des maladies évitables par la vaccination et de l’histoire du développement des vaccins Footnote 21Footnote 24. La réticence à l’égard des nouveaux vaccins a conduit les individus à préférer attendre que la recherche se poursuive et que le public soit mieux informé avant de les adopter Footnote 21Footnote 24. Leurs craintes étaient souvent liées aux effets secondaires potentiels et aux répercussions à long terme Footnote 41Footnote 49Footnote 50Footnote 51. En outre, au sein des communautés noires, la méfiance à l’égard du développement et des essais accélérés de nouveaux vaccins a contribué à faire craindre que les nouveaux vaccins aient été mis au point à la hâte et qu’ils soient donc dangereux Footnote 41Footnote 49Footnote 52Footnote 53Footnote 54Footnote 55Footnote 56. Ces sentiments étaient également liés à l’essai des vaccins et à la volonté de se faire vacciner, en particulier à l’idée que l’essai du vaccin contre la COVID-19 avait été précipité par rapport aux calendriers historiques Footnote 2Footnote 57.

Innocuité et efficacité potentielle

Quinze études ont examiné les liens entre l’innocuité et l’efficacité potentielle des vaccins et le taux de vaccination. L’acceptabilité des vaccins est souvent attribuée aux aspects de l’innocuité, de la nécessité et de l’efficacité réelle des vaccins Footnote 58. Les participants noirs ont exprimé des inquiétudes concernant les effets à court et à long terme des vaccins Footnote 2Footnote 5Footnote 19Footnote 27Footnote 35Footnote 40Footnote 42Footnote 43Footnote 55Footnote 59Footnote 60Footnote 61. Les participants ont exprimé des inquiétudes quant à la vaccination de leurs filles contre le VPH, car ils estimaient qu’elles étaient trop jeunes et s’inquiétaient de l’approche universelle de la vaccination Footnote 25. La perception de l’innocuité des vaccins influe sur le rapport avantage-risque entre les vaccins et les maladies évitables par la vaccination. Stern et al. (2021) ont souligné que les participants noirs considéraient que le vaccin contre la COVID-19 n’était pas sûr et qu’il représentait un risque plus important que l’infection par la COVID-19. Weaver et al. (2013) ont constaté que l’efficacité avait la plus grande incidence sur l’acceptabilité des essais de vaccins contre le VIH avec des participants noirs et que l’acceptabilité d’un vaccin à haute efficacité (99 %) était significativement plus grande que celle d’un vaccin à 50 % d’efficacité Footnote 24. L’efficacité des vaccins est soutenue par l’éducation provenant de sources fiables, telles que les prestataires de soins de santé et les organismes gouvernementaux, tandis que la diminution de la confiance dans les informations en matière de santé provenant des organismes gouvernementaux est associée à une diminution du niveau d’efficacité perçu des vaccins Footnote 62. Il a été constaté que la complaisance était liée à la perception d’un risque faible associé à la maladie et que, lorsqu’elle était associée à des préoccupations liées à l’efficacité du vaccin, elle entraînait une diminution du taux de vaccination Footnote 52.

Risque perçu

Onze études ont examiné le risque perçu de conséquences négatives liées à la vaccination. Il a été démontré que la perception du risque de contracter des maladies évitables par la vaccination est directement liée au taux de vaccination. Une étude Footnote 63 a montré que la raison la plus fréquente de ne pas se faire vacciner était une faible perception du risque personnel de maladie évitable par la vaccination et la conviction que des comportements sains étaient suffisants pour atténuer le risque. En outre, la diminution du taux de vaccination était due à la perception des personnes qu’elles ne seraient pas gravement malades dans le cas où elles contractaient la maladie Footnote 64Footnote 65Footnote 66. Le risque perçu était lié à une connaissance limitée des maladies et des complications évitables par la vaccination Footnote 25Footnote 27Footnote 52Footnote 61Footnote 65Footnote 67.

Considérations historiques

Deux études ont exploré les pratiques historiques de la recherche en santé au sein de la communauté noire et leur incidence sur l’hésitation à l’égard des vaccins. Les participants ont exprimé une méfiance considérable et fondée à l’égard du corps médical, des communautés de recherche scientifique et des entreprises pharmaceutiques, en raison de leur connaissance des mauvais traitements historiques et du manque de représentation dans les études qui ont eu une incidence négative sur les patients et les participants noirs Footnote 68. Ils ont indiqué que leur méfiance générale à l’égard de ces entités les rendait moins enclins à envisager de se faire vacciner contre la COVID-19, quelle que soit l’innocuité prouvée de ce vaccin Footnote 2Footnote 69.

Méfiance à l’égard du gouvernement

Sept études ont examiné la relation entre la confiance envers le gouvernement et le taux de vaccination. Il a été démontré que la confiance envers les organismes gouvernementaux en matière de développement et de programmes de vaccination a une incidence sur l’acceptation des vaccins. Les participants noirs ont indiqué que leur hésitation à se faire vacciner était directement liée à leur méfiance à l’égard du gouvernement Footnote 2Footnote 9Footnote 52Footnote 58Footnote 70Footnote 71. L’intervention politique dans le processus de développement de vaccin (c’est-à-dire l’approbation des vaccins) a également suscité la méfiance au sein des communautés noires. En outre, l’environnement associé à l’injustice politique et raciale aux États-Unis a encore diminué la confiance à l’égard de la vaccination liée à COVID-19 Footnote 72. Mupandawana et al. (2016) ont constaté que les participants se méfiaient généralement des sociétés occidentales et des vaccins qui leur sont associés. Le manque de confiance dans les organismes gouvernementaux a renforcé la croyance dans les théories du complot, ce qui a conduit au recours à des méthodes et des produits naturels comme alternative à la vaccination Footnote 40.

Considérations culturelles, religieuses et familiales

Cinq études ont examiné les implications culturelles et religieuses du taux de vaccination. La culture a une incidence sur le processus de prise de décision en matière de vaccination. Pierre Joseph et al. (2014) ont constaté que les structures familiales noires se caractérisaient par une communication limitée entre les parents et les adolescents au sujet de l’activité sexuelle et, pour les hommes afro-américains et haïtiens en particulier, cela s’est traduit par un taux inférieur de vaccination. En outre, Galbraith-Gyan et al. (2019) ont constaté que le comportement et la prise de décision en matière de santé des participants africains avaient des racines culturelles profondes Footnote 52. Le consentement des parents est considéré comme essentiel pour l’acceptation des vaccins et la conviction que les enfants ne devraient pas se voir proposer des vaccinations sans le consentement des parents est considérée comme ayant une incidence sur celle-ci Footnote 35Footnote 69. En outre, le processus de décision en matière de vaccination dans les communautés noires peut inclure des membres extérieurs à la famille nucléaire traditionnelle, tels que les chefs culturels, les anciens et les grands-parents Footnote 10.

Les valeurs religieuses et les normes culturelles ont influencé la prise de décision concernant les vaccins dans les familles noires, les pères étant les décideurs ultimes Footnote 52. Le risque de jugement de la part des groupes culturels et religieux auxquels les personnes s’identifient a eu une incidence sur l’inscription aux essais de vaccins en raison de la stigmatisation potentielle liée à la situation sanitaire Footnote 40. En outre, le statut vaccinal, en particulier pour le VPH, a été associé à l’activité sexuelle, ce qui a conduit certains parents d’adolescents à craindre que la vaccination n’encourage la promiscuité Footnote 52Footnote 73.

Discussion

Cet examen de la portée indique que le taux de vaccination est influencé par des facteurs à plusieurs niveaux, notamment l’influence du prestataire de soins de santé, la commodité liée au coût, à la situation au point de vue de l’assurance ou au nombre de doses et de visites nécessaires, ainsi que les connaissances ou le manque de connaissances en matière de vaccination. En outre, les résultats montrent que l’hésitation à l’égard des vaccins est influencée par des facteurs tels que la perception que le processus de développement du vaccin a été précipité ou trop innovateur, les préoccupations concernant l’innocuité et l’efficacité du vaccin, la perception du risque, l’hésitation fondée sur des pratiques historiques contraires à l’éthique envers la communauté noire dans la recherche, la méfiance à l’égard du gouvernement, et la structure culturelle, religieuse ou familiale. Collectivement, ces thèmes identifiés soulignent que l’adoption des vaccins et l’hésitation à l’égard de ceux-ci au sein des communautés noires sont des préoccupations dynamiques ayant des implications importantes en ce qui concerne les résultats de santé à court et à long terme des personnes noires. Compte tenu de la menace permanente que représente la COVID-19, des taux élevés d’infection et de mortalité dans les communautés noires, ainsi que de la prévalence accrue de l’hésitation à l’égard du vaccin contre la COVID-19 parmi les groupes de minorités raciales et ethniques Footnote 74, cet article arrive à point nommé et apporte une contribution pertinente au discours actuel sur la santé publique.

Les facteurs identifiés comme des obstacles à l’adoption des vaccins reflètent les obstacles aux services de santé rencontrés par les communautés noires, en particulier ceux liés à l’accès aux soins primaires et à d’autres services de santé préventifs Footnote 75Footnote 76Footnote 77Footnote 78. Dans une étude qualitative sur l’accès aux soins en tant qu’obstacle à l’utilisation de la mammographie pour les femmes noires, le lieu et le transport, le manque d’assurance, les coûts des soins de santé, les informations inadéquates, les délais d’attente pour un rendez-vous et le fait que le prestataire de soins de santé ne divulgue pas d’informations sur la mammographie ou ne recommande pas la mammographie sont quelques-uns des obstacles notables partagés par les participantes Footnote 75. On documente des obstacles semblables pour le dépistage du cancer colorectal Footnote 77, le recours aux soins primaires chez les hommes afro-américains Footnote 78, et la vaccination contre le VPH chez les adolescents noirs Footnote 76.

Pour les populations noires, la prévalence des conversations sur les vaccins avec les prestataires de soins est disproportionnée par rapport aux niveaux de connaissance des vaccins. Même dans les cas où les personnes noires signalent des taux plus élevés de conversations sur les vaccins avec leurs prestataires de soins que leurs homologues blancs, ils signalent à l’inverse des taux plus faibles de connaissance des vaccins Footnote 77Footnote 79. ce qui soulève des inquiétudes quant à la qualité des conversations entre les patients et les prestataires de soins. Malheureusement, les cliniciens fournissent parfois des informations incomplètes sur les vaccins et, lorsqu’ils se heurtent à des réticences, omettent parfois d’assurer un suivi ou d’engager une discussion plus approfondie avec leurs patients Footnote 6. TLes prestataires indiquent également qu’ils reportent tout simplement les discussions sur les vaccins lorsqu’ils perçoivent une résistance Footnote 76Footnote 80. Ainsi, la communication patient-prestataire peut avoir une incidence sur l’exposition des patients aux informations sur les vaccins et sur leur niveau de compréhension.

Si l’on considère que les prestataires sont une source fiable d’informations sur les vaccins Footnote 81, une mauvaise communication entre le patient et le prestataire peut influencer l’adoption des vaccins au sein des populations noires Footnote 6Footnote 82. La fourniture d’informations et de recommandations appropriées sur les mesures de soins préventifs par les prestataires de soins de santé a une influence sur l’accessibilité des services Footnote 34Footnote 35. La combinaison d’informations insuffisantes de la part des prestataires de soins de santé, de mésinformation et d’un taux de littératie en matière de santé plus faible au sein des populations noires contribue à un manque de connaissances et à l’incapacité de prendre des décisions éclairées concernant la vaccination Footnote 6Footnote 29Footnote 75Footnote 76. En outre, la communication patient-médecin a été identifiée comme un facteur sous-jacent des disparités raciales en matière de soins de santé Footnote 83. Les patients noirs ont constamment une expérience plus négative en matière de communication, d’information, de participation du client et de prise de décision participative par rapport aux patients blancs Footnote 83Footnote 84. Par ailleurs, la concordance raciale entre le patient et le prestataire est associée à des améliorations dans ces domaines Footnote 83.

Les questions de commodité, telles que le lieu, les heures, le coût, le transport, les horaires, les temps d’attente et le nombre de visites, peuvent constituer des obstacles ou des facteurs facilitant l’utilisation des services de santé Footnote 65Footnote 75Footnote 76Footnote 77Footnote 78Footnote 81Footnote 85. Les personnes noires ont systématiquement des taux de chômage plus élevés, moins d’occasions, une rémunération et des avantages sociaux plus faibles, et une plus grande instabilité de l’emploi que leurs homologues blancs Footnote 86. Des positions inférieures au sein de leurs organisations et des avantages sociaux inférieurs Footnote 86Footnote 87 entraînent une utilisation moindre des congés payés et d’autres formes de congés qui offriraient davantage de flexibilité et de commodité en ce qui concerne l’accès aux services de soins Footnote 88Footnote 89. En outre, une assurance maladie complète, qui est généralement associée à l’emploi pour de nombreuses personnes, a une incidence directe sur les coûts des services de santé Footnote 75Footnote 81Footnote 90.

L’appréhension à l’égard des interventions de santé publique et du gouvernement n’est pas sans fondement, compte tenu des obstacles persistants aux services de santé dans les communautés noires et des relations historiques tumultueuses entre les personnes noires et la médecine Footnote 88. Des incidents significatifs de mauvais traitements des populations noires par la communauté médicale ont été documentés Footnote 91. La méfiance qui en résulte dissuade aujourd’hui de recourir aux services de santé, en particulier aux mesures préventives telles que les dépistages et la vaccination Footnote 88Footnote 90. En outre, la méfiance à l’égard de la médecine, combinée à des expériences courantes de racisme lors de l’accès aux services de santé, contribue à l’hésitation à demander des soins de santé Footnote 92Footnote 93. Il est raisonnable de penser que la méfiance et d’autres croyances concernant le système de santé contribuent au scepticisme à l’égard du développement des vaccins, aux préoccupations concernant l’innocuité et à la perception des risques Footnote 81Footnote 94.

Les communautés noires ont également des liens culturels, religieux et familiaux très forts qui influencent leurs perspectives et leur vision du monde sur diverses questions liées à la santé Footnote 95. Dans certains cas, la famille, les amis et les dirigeants de la communauté sont une source de sentiments antivaccins. Notamment, les croyances religieuses peuvent s’opposer aux vaccins ou restreindre l’utilisation des vaccins, et les conversations au sein de la communauté contribuent à la propagande antivaccin Footnote 81Footnote 96. Les dynamiques au sein des structures culturelles, religieuses et familiales ont également une incidence sur les personnes qui ont le pouvoir de prendre des décisions concernant l’adoption des vaccins Footnote 14Footnote 27Footnote 55. Les craintes de stigmatisation ou les suppositions de l’état de santé de la part de la communauté découragent également l’engagement en matière de vaccination Footnote 55Footnote 65.

Les disparités raciales dans les taux de vaccination des enfants et des adultes se sont accrues au fil du temps Footnote 81Footnote 97Footnote 98, en partie à cause de cette influence complexe et à plusieurs niveaux sur la manière dont les populations noires s’engagent dans la vaccination. Cette étude corrobore la littérature existante sur les questions affectant les taux de vaccination et la prévalence de l’hésitation à l’égard des vaccins au sein des populations noires. Ultimement, l’identification de ces facteurs d’influence au sein de la population noire fournit une base plus solide pour l’élaboration de politiques, de programmes et de stratégies visant à lutter contre l’hésitation à l’égard des vaccins, à augmenter le taux de vaccination et à réduire les disparités raciales en matière de santé.

Implications pour la recherche, la politique et la pratique

La méfiance des afro-américains à l’égard de la médecine découle d’expériences raciales historiques, discriminatoires et préjudiciables associées au système de santé et au gouvernement. Cela les a conduits à éviter les soins de santé comme stratégie d’autoprotection. Les communautés noires sont plus disposées à se faire vacciner lorsque la vaccination est recommandée par un prestataire de soins de santé de confiance Footnote 7Footnote 8Footnote 99. Bien qu’il soit prouvé que les populations noires hésitent davantage à se faire vacciner, aucune recherche n’a synthétisé de manière systématique les facteurs à l’origine de cette hésitation. Les études futures devraient explorer le lien entre l’hésitation à l’égard des vaccins, les tendances culturelles et comportementales, le soutien à long terme dont les personnes qui hésitent à se faire vacciner peuvent avoir besoin, et la meilleure façon d’apporter ce soutien. L’hésitation à l’égard des vaccins continue d’avoir des répercussions importantes sur la santé mondiale Footnote 100. Par exemple, le coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SARS-CoV-2), le virus responsable de la COVID-19, est apparu pour la première fois en 2019 à Wuhan, en Chine, et s’est ensuite propagé à presque tous les pays du monde en quelques mois seulement Footnote 101. Le taux élevé d’infectivité de la COVID-19 fait que le taux de mortalité estimé et l’incidence sur l’économie sont sans précédent. Il est important de noter que le taux de mortalité lié à la COVID-19 est 2,7 fois plus élevé chez les personnes noires que chez les personnes blanches Footnote 102. Les raisons de l’effet disproportionné sur les personnes noires découlent probablement du racisme et d’autres déterminants sociaux de la santé, tels que le faible revenu, l’incarcération massive, la mortalité infantile, l’accès limité aux soins de santé et les maladies liées à la santé, notamment les maladies cardiaques, le diabète, les accidents vasculaires cérébraux, les maladies rénales, les maladies respiratoires et le VIH Footnote 103.

Les effets dévastateurs de la COVID-19 sur la communauté noire soulignent l’importance pour les gouvernements d’établir des politiques et des recommandations en matière de vaccination qui encourageraient une plus grande couverture vaccinale au sein de la population noire. Cette mesure contribuera à réduire le taux de mortalité par maladie de la communauté noire, à maintenir des taux de couverture élevés et à freiner la propagation des maladies. Dans le cas de la COVID-19 en particulier, cela réduira le risque que le système de santé soit submergé par la charge de morbidité de ce virus et évitera de solliciter à l’excès des ressources limitées en matière de soins de santé. En outre, les prestataires de soins de santé devraient faire de la sécurité culturelle une priorité dans leur travail afin de gagner la confiance de la communauté noire et d’augmenter les taux de vaccination au sein de cette population. Les efforts visant à mettre en œuvre des interventions, telles que des programmes de vaccination à domicile et des initiatives visant à améliorer la littératie en matière de vaccin et de santé, devraient se concentrer en particulier sur les personnes au sein des communautés noires qui appréhendent la vaccination. Plus de personnes noires seraient vaccinées si l’on faisait appel à des vaccinateurs noirs Footnote 104.

Forces et faiblesses de cet examen

Cet examen de la portée utilise des méthodes rigoureuses, car il combine les résultats d’un grand nombre d’études réalisées à l’aide de techniques qualitatives et quantitatives. Les résultats de la recherche ont révélé de nombreux obstacles à la vaccination des personnes noires, qui ont été classés dans les catégories des problèmes structurels, cognitifs, comportementaux et socioculturels. Cet examen présente une analyse approfondie de la manière dont la confiance à l’égard des médecins, des organismes gouvernementaux et du processus de création des vaccins influence les décisions des personnes en matière de vaccination. En outre, il examine la question à la fois sur le plan personnel et sur le plan sociétal, ce qui permet d’avoir une compréhension globale de la question. L’utilisation de divers types de vaccins dans différentes régions renforce l’efficacité des vaccins pour la santé publique à l’échelle mondiale.

D’autre part, comme la plupart des études sont transversales, l’analyse ne permet pas d’identifier correctement les raisons de l’augmentation de l’hésitation à l’égard des vaccins ou de son évolution dans le temps. Malgré une évaluation approfondie de la qualité des études, les données disponibles sont prises au pied de la lettre. Bien que l’analyse thématique soit très détaillée, l’examen de la portée ne combine pas toujours les résultats des études pour tirer des conclusions générales ou identifier les obstacles les plus importants.

Déclaration des auteurs

F. Oluwasina — Édition de données, analyse formelle, méthodologie, validation, logiciels, ressources, rédaction de la version originale, révision et édition
S. M. — Édition de données, analyse formelle, validation, ressources, rédaction de la version originale, révision et édition
M. O. — Édition de données, analyse formelle, méthodologie, validation, rédaction de la version originale, révision et édition
F. Ojo — Édition de données, analyse formelle, méthodologie, validation, rédaction de la version originale, révision et édition
O. S. — Édition de données, analyse formelle, méthodologie, validation, rédaction de la version originale, révision et édition
L. D. — Rédaction de la version originale, révision et édition
M. T. B. — Méthodologie, validation, supervision, rédaction−révision et édition
A. R. — Méthodologie, validation, supervision, rédaction−révision et édition
U. A. — Méthodologie, supervision, rédaction−révision et édition
B. S. — Conceptualisation, acquisition de fonds, enquête, validation, administration du projet, méthodologie, supervision, rédaction−révision et édition

Le contenu de cet article et les opinions qui y sont exprimées n’engagent que les auteurs et ne reflètent pas nécessairement ceux du gouvernement du Canada.

Intérêts concurrents

Aucun.

Identifiants ORCID

Folajinmi Oluwasina — 0000-0002-5120-9782
Salwa Musa — 0009-0008-3346-3040
Mary Olukotun — 0000-0003-3193-372X
Folakemi Ojo — 0009-0000-4895-3052
Omolara Sanni — 0009-0002-0440-9797
Lynda Djoutsa — 0009-0009-7082-2302
Modupe Tunde-Byass — 0000-0002-5437-7124
Andre Renzaho — 0000-0002-6844-0833
Upton Allen — 0000-0002-2326-7731
Bukola Salami — 0000-0003-1030-0464

Remerciements

Nous tenons à remercier tous les chercheurs dont les travaux ont contribué à cet examen. Nous remercions également nos collègues qui nous ont fait part de leurs commentaires au cours de la rédaction de ce manuscrit. Nous remercions également les auteurs de l’étude originale dont le travail a permis la réalisation de cet examen.

Financement

Ce projet a été financé par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH).

Appendice

Du matériel supplémentaire est disponible sur demande auprès de l’auteur : folajinm@ualberta.ca

Tableau S1 : Caractéristiques des études incluses

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2026-03-26

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