Une évaluation de l’accès à la prophylaxie préexposition au VIH en Nouvelle-Écosse

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Numéro : RMTC : Volume 52-10, octobre 2026 : ITSS chez les populations clés
Date de publication : octobre 2026
ISSN : 1719-3109
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Volume 52-10, octobre 2026 : ITSS chez les populations clés
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Une évaluation de l'accès à la prophylaxie préexposition au VIH en Nouvelle-Écosse
Tamer Wahba1, Jesse Kancir2, Maria N Wilson3, Alysia Robinson3, Diana Gibson3, Kristen O'Brien3
Affiliations
1 Centre des mesures d'urgence, Direction générale de la réglementation, des opérations et de la gestion des urgences, Agence de la santé publique du Canada, Ottawa, ON
2 Ministère de la Santé et du Mieux-être, Gouvernement de la Nouvelle-Écosse, Halifax, NS
3 Planification et évaluation de la science et du rendement du système, Santé Nouvelle-Écosse, Halifax, NS
Correspondance
Citation proposée
Wahba T, Kancir J, Wilson MN, Robinson A, Gibson D, O'Brien K. Une évaluation de l'accès à la prophylaxie préexposition au VIH en Nouvelle-Écosse. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2026;52(10):465–75. https://doi.org/10.14745/ccdr.v52i10a05f
Mots-clés : prophylaxie préexposition au VIH, accès aux services de PPrE, recours à la PPrE, schémas de prescription, distribution de la PPrE, Nouvelle-Écosse
Résumé
Contexte : La prophylaxie préexposition (PPrE) contre le VIH est une stratégie efficace de prévention du VIH, mais son accessibilité en Nouvelle-Écosse n'a pas été bien cernée. Cette étude a évalué l'accès à la PPrE en Nouvelle-Écosse en examinant les pratiques de prescription et de distribution, le taux d'adoption ainsi que les caractéristiques démographiques des personnes qui utilisent la PPrE.
Méthodes : Une analyse descriptive a été réalisée afin de suivre les personnes ayant eu recours à la PPrE entre 2019 et 2023. Le nombre et la localisation géographique des prescripteurs et des pharmacies distribuant les médicaments ont été déterminés à partir de leurs numéros de permis respectifs. La distance linéaire entre les patients et les prestataires a été calculée afin de déterminer la distance parcourue pour accéder aux services de PPrE.
Résultats : Le nombre de personnes ayant reçu une PPrE en Nouvelle-Écosse a doublé entre 2019 et 2023, et le rapport hommes-femmes est passé de 7 : 1 en 2019 à 15 : 1 en 2023. La plupart ont été distribuées aux personnes âgées de 30 à 34 ans et à celles résidant dans la Zone Centrale. Le nombre d'ordonnances a augmenté de 139,9 %. Le nombre de professionnels de la santé prescrivant la PPrE a augmenté de 116 %. En 2023, 38,5 % des cliniciens ont prescrit la PPrE une seule fois. Entre 2019 et 2023, le nombre de pharmacies ayant distribué la PPrE s'élevait à 236. La plupart des personnes ont parcouru une distance inférieure à 20 kilomètres pour accéder au service.
Conclusion : Ces résultats permettront de mettre en place des mesures ciblées visant à améliorer l'accès à la PPrE en Nouvelle-Écosse. Il reste encore du travail à faire pour remédier au fait que les femmes n'adoptent pas davantage cette mesure et pour élargir l'accès à la PPrE au-delà de la municipalité régionale d'Halifax. Veiller à ce qu'un plus grand nombre de personnes à haut risque aient accès à cette méthode de prévention efficace pourrait contribuer à freiner la propagation du VIH dans la province.
Introduction
Selon les estimations nationales, à la fin de 2022, 65 270 Canadiens vivaient avec le VIH, ce qui correspond à un taux de prévalence de 170 cas pour 100 000 habitants Footnote 1. L'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) indique que le taux national de nouveaux cas de VIH diagnostiqués en 2023 s'élevait à 6,1 cas pour 100 000 habitants et que ce taux était plus élevé chez les hommes (taux : 8,1) que chez les femmes (taux : 3,9) Footnote 2. De 2014 à 2023, le nombre de nouveaux cas diagnostiqués au Canada est resté relativement stable jusqu'en 2020, a diminué au début de la pandémie de COVID-19, puis a augmenté entre 2021 et 2023 Footnote 2. En 2023, au niveau provincial, la Nouvelle-Écosse a signalé 33 cas de VIH, soit un taux de 3,1 cas pour 100 000 habitants. Le taux chez les hommes était nettement plus élevé, soit 5,0 cas pour 100 000 habitants, contre 1,3 cas pour 100 000 habitantes chez les femmes. Le taux spécifique à l'âge le plus élevé a été observé chez les personnes âgées de 25 à 39 ans, avec 7,0 cas pour 100 000 habitants Footnote 3.
L'infection par le VIH peut rester asymptomatique pendant une période pouvant aller jusqu'à dix ans Footnote 4. Selon les estimations nationales, à la fin de 2022, environ 11 % des personnes vivant avec le VIH n'avaient toujours pas reçu de diagnostic Footnote 1. Cela souligne l'importance des mesures préventives, en particulier pour les populations à haut risque. En plus des stratégies de prévention traditionnelles, l'ASPC souligne l'efficacité de la prophylaxie préexposition (PPrE) pour réduire la transmission du VIH Footnote 5.
La PPrE consiste en l'utilisation de médicaments antirétroviraux sur ordonnance par des personnes séronégatives afin de prévenir l'infection. Elle est prise avant une exposition potentielle afin d'empêcher le virus de se répliquer et d'infecter Footnote 5. On la recommande aux hommes et aux femmes transgenres qui ont des relations anales non protégées avec des hommes, aux personnes séronégatives dont le partenaire est séropositif et qui ont des relations vaginales ou anales non protégées, ainsi qu'aux personnes qui partagent des aiguilles Footnote 6. La PPrE est offerte sous forme de comprimés oraux et de médicament injectable, tous deux prescrits par des professionnels de la santé Footnote 5. En Nouvelle-Écosse, la PPrE par voie orale est couverte par le programme provincial d'assurance-médicaments (sur autorisation spéciale) et par certains régimes d'assurance privés Footnote 7.
Il existe plusieurs obstacles à la prise de la PPrE, dont bon nombre peuvent être exacerbés lorsque l'on vit dans des régions plus rurales, notamment la crainte de la stigmatisation, le manque d'accès à un fournisseur de soins de santé primaires disposé à prescrire la PPrE et la grande distance à parcourir pour accéder aux services de santé. Des études ont démontré que plus les personnes vivent loin des services de santé, plus leur accès aux soins risque d'être restreint. Ce phénomène de la fréquentation en fonction de la distance désigne la réduction de l'accès aux soins de santé à mesure que la distance ou le temps de déplacement augmente Footnote 8. Il est donc important d'examiner l'incidence de la distance sur l'accessibilité à la PPrE contre le VIH. Cette évaluation constitue la première analyse provinciale de l'accessibilité des services de PPrE contre le VIH à l'aide de la distance linéaire entre les codes postaux de client, de prescripteur et de distributeur comme indicateur de la distance à parcourir. Elle vise aussi à décrire les caractéristiques démographiques et la répartition géographique des personnes qui ont actuellement accès à la PPrE en Nouvelle-Écosse, afin de cerner les lacunes potentielles dans la couverture des services.
Objectifs
Pour la période d'analyse 2019–2023, les objectifs étaient les suivants : 1) décrire les personnes qui ont reçu une PPrE contre le VIH; 2) définir qui sont les prescripteurs de la PPrE contre le VIH et les pharmacies qui la distribuent; 3) comprendre les habitudes de prescription de la PPrE contre le VIH; et 4) évaluer l'accessibilité des services de PPrE contre le VIH.
Méthodes
L'analyse secondaire des données a été réalisée à partir d'un ensemble de données fourni par le ministère de la Santé et du Mieux-être de la Nouvelle-Écosse.
Sources des données
Les sources de données comprenaient les données sur la distribution de la PPrE provenant du Système d'information sur les médicaments de la Nouvelle-Écosse entre 2019 et 2023, les estimations démographiques tirées du recensement de 2021 de Statistique Canada, ainsi que les données du registre des médecins du College of Physicians & Surgeons of Nova Scotia (CPSNS) pour 2024.
Analyse
Le Système d'information sur les médicaments a fourni toutes les données nécessaires à cette analyse. L'ensemble de données comprenait les caractéristiques démographiques de la clientèle (p. ex., l'âge, le sexe et le code postal), ainsi que des renseignements sur les prescripteurs, tels que le titre professionnel, le numéro de permis et le lieu d'exercice. Il contenait également les identifiants des pharmacies qui ont distribué la PPrE ainsi que leur emplacement géographique, et les dossiers relatifs à chaque ordonnance comprenaient le nom du médicament et le motif de la distribution. Les spécialités des médecins ont été déterminées à l'aide du registre accessible au public du CPSNS Footnote 9. Les données démographiques concernant la Nouvelle-Écosse proviennent d'ensembles de données accessibles au public fournis par Statistique Canada.
Le ministère de la Santé et du Mieux-être de la Nouvelle-Écosse a attribué un identifiant personnel unique à chaque client figurant dans les données du Système d'information sur les médicaments. Les clients ont été caractérisés à l'aide de variables telles que l'âge, le sexe, l'année de réception de la PPrE et la région de résidence. Le nombre de clients par année a été calculé en ne dénombrant que la première occurrence de chaque identifiant unique de personne au cours de chaque année civile. Les taux annuels ont été calculés en utilisant le nombre total de clients comme numérateur et la population recensée en Nouvelle-Écosse en 2021 comme dénominateur. Une analyse descriptive des clients a été réalisée par zone et par groupe de collectivités. Afin de déterminer le nombre total de clients distincts sur l'ensemble de la période d'étude, les identifiants de personnes en double ont été éliminés, permettant d'analyser la clientèle selon le sexe et le groupe d'âge.
Les prescripteurs ont été identifiés à l'aide de leur numéro de permis. La spécialité des médecins a été déterminée à l'aide du registre du CPSNS. La première prescription ou la première délivrance de PPrE associée à chaque numéro de permis a été utilisée pour compter le nombre de prestataires distincts, tant sur une base annuelle que globalement. L'ensemble de données comportait des renseignements sur leurs zones et leurs codes postaux.
Le Système d'information sur les médicaments comprenait également des données sur le nombre de renouvellements d'ordonnances, qui ont été classés selon les catégories suivantes : 1, 2, 3, 4, 5, 6 à 10, ou 11 renouvellements ou plus. Cette classification a permis d'évaluer la fréquence à laquelle les prescripteurs et les clients renouvellent leurs ordonnances de PPrE, ainsi que les habitudes typiques de prescription. Afin d'évaluer la durée de la protection, les clients ont été regroupés en fonction du nombre total d'ordonnances distribuées chaque année : ceux recevant 27 jours ou moins de traitement, ceux ayant terminé une période d'essai d'un mois, et ceux recevant un, deux ou trois cycles complets de PPrE. La période de 28 à 30 jours correspond à la phase d'essai normale au début de la PPrE. On a supposé que les participants de ce groupe avaient terminé l'essai, mais avaient choisi de ne pas poursuivre la PPrE, peut-être en raison d'une intolérance, de changements de comportement ou de contraintes financières. Les catégories suivantes correspondent à des périodes de couverture prolongées : de 31 à 90 jours pour un cycle complet, de 91 à 180 jours pour deux cycles, de 181 à 270 jours pour trois cycles, et 271 jours ou plus, ce qui indique une couverture allant au-delà de trois cycles.
Les données géographiques relatives aux domiciles des clients, aux prescripteurs et aux pharmacies ont été déterminées à l'aide du fichier de conversion des codes postaux, ce qui a permis de classer les emplacements par zone de santé et par groupe de collectivités. La distance linéaire entre le centre géographique des codes postaux a été utilisée pour calculer la distance entre le domicile des clients et les établissements des prescripteurs ou des pharmacies, ainsi qu'entre les cliniques des prestataires de soins et les pharmacies de distribution. Le centre géographique, défini comme le point géométrique central d'une limite spatiale, a été calculé pour chaque code postal à partir des coordonnées de latitude et de longitude de sa limite. La distance linéaire (par grand cercle) entre les centre géographiques des codes postaux a ensuite été calculée en utilisant la loi des cosinus sphériques, appliquée sous forme de feuille de calcul comme suit : distance = ACOS(COS(RADIANS(90 – latitude1)) * COS(RADIANS(90 – latitude2)) + SIN(RADIANS(90 – latitude1)) * SIN(RADIANS(90 – latitude2)) * COS(RADIANS(longitude 1 – longitude 2))) * 6 378, où la latitude et la longitude sont exprimées en degrés décimaux convertis en radians, et où 6 378 kilomètres (km) correspond au rayon équatorial de la Terre Footnote 10Footnote 11.
Afin de mieux cerner le profil des clients et les distances qu'ils ont parcourues pour accéder aux services de PPrE en fonction de la durée du traitement, l'âge moyen des clients ainsi que la distance moyenne les séparant tant des prescripteurs que des pharmacies de distribution ont été calculés. De plus, la répartition des types de prescripteurs selon la durée du traitement a été examinée. Microsoft Excel Footnote 12, RStudio Team Footnote 13, STATA 18 Footnote 14, Tableau Desktop Footnote 15 ont été utilisés pour réaliser l'analyse.
Résultats
Clients qui ont reçu une prophylaxie préexposition au VIH
Entre janvier 2019 et décembre 2023, 955 clients distincts résidant en Nouvelle-Écosse ont reçu une PPrE. La majorité se trouvait dans la zone Centrale (441 clients, 46,2 %), suivie des zones de l'Est (274 clients, 28,7 %), de l'Ouest (131 clients, 13,7 %) et du Nord (109 clients, 11,4 %). À l'échelle provinciale, le taux de clients qui ont bénéficié de la PPrE a doublé, passant de 30,0 pour 100 000 habitants en 2019 à 65,4 pour 100 000 habitants en 2023, une tendance observée de manière constante dans toutes les zones de santé (figure 1). Au niveau des groupes de collectivité, Halifax Needham a enregistré le taux le plus élevé, soit 188,8 pour 100 000 habitants, suivi de Halifax Citadel avec 156,6 pour 100 000 habitants (figure 2).
Figure 1 - Équivalent textuel
Le graphe montre une augmentation considérable du recours à la prophylaxie préexposition au VIH en Nouvelle-Écosse, qui est passé de 30,0 pour 100 000 habitants en 2019 à 65,4 pour 100 000 habitants en 2023. Cette tendance à la hausse a été observée de façon uniforme dans toutes les zones de santé.
Figure 2 - Équivalent textuel
La carte illustre les variations des taux de distribution de la PPrE selon les groupes de collectivité en Nouvelle-Écosse. Le taux le plus élevé a été observé à Halifax Needham, avec 188,8 clients par 100 000 habitants, suivi de Halifax Citadel, avec 156,6 par 100 000 habitants. Dans l’ensemble, la figure illustre les variations géographiques observées dans le recours à la PPrE au sein des différents groupes de collectivité de la province.
Entre 2019 et 2023, 95,7 % des clients qui ont reçu une PPrE en Nouvelle-Écosse étaient des hommes. Ce sont les personnes entre 30 et 34 ans qui ont enregistré le plus grand nombre d'ordonnances de PPrE, suivis des personnes entre 35 à 39 ans et des personnes entre 25 à 29 ans (figure 3). Plus la durée du traitement était longue, plus l'âge moyen des clients augmentait (tableau 1).
Figure 3 - Équivalent textuel
Le graphique montre que, entre 2019 et 2023, 95,7 % des clients de la prophylaxie préexposition au VIH en Nouvelle-Écosse étaient des hommes, et que le plus grand nombre d’ordonnances concernait les personnes âgées de 30 à 34 ans, suivies de celles âgées de 35 à 39 ans et de 25 à 29 ans.
| Jours | Âge moyen (années) |
Distance moyenne parcourue pour consulter un prescripteur (km) | Distance moyenne parcourue pour se rendre à une pharmacie qui distribue le médicament (km) |
|---|---|---|---|
| 0–27 | 38 | 29 | 11,3 |
| 28–30 | 39 | 30,2 | 16,6 |
| 31–90 | 44 | 29,8 | 14 |
| 91–180Footnote a | 48 | 10,4 | 3,4 |
Prescripteurs de prophylaxie préexposition au VIH
Trois types de professionnels de la santé ont prescrit la PPrE en Nouvelle-Écosse : des médecins, des pharmaciens et des infirmiers praticiens autorisés (tableau 2). Le nombre total de prescripteurs distincts de PPrE s'élevait à 540 (dont 520 pour lesquels le code postal était en Nouvelle-Écosse). Le nombre de prescripteurs a plus que doublé au cours de la période d'étude de cinq ans, passant de 173 en 2019 à 374 en 2023. En 2023, les médecins représentaient la plus grande proportion des prescripteurs (n = 278, 74,3 %), suivis des pharmaciens et des infirmiers praticiens autorisés (n = 48 chacun) (figure 4). Parmi les prescripteurs, les médecins de famille constituaient le groupe le plus important (n = 407, 75,4 %). Au niveau des zones, c'est la zone Centrale qui comptait le plus grand nombre de prescripteurs distincts de PPrE (n = 349), suivie de la zone de l'Ouest (n = 66), Est (n = 64) et Nord (n = 41) (figure 5). En 2019, un peu plus de la moitié des prescripteurs (54,9 %) ont prescrit la PPrE une seule fois, tandis qu'en 2023, cette proportion était tombée à 38,5 %. En 2023, 41,4 % ont prescrit le médicament entre deux et cinq fois, et 12,0 % entre six et dix fois (tableau 3).
| Jours | Médecins | Pharmaciens | Infirmiers praticiens autorisés |
|---|---|---|---|
| 0–27 | 150 | 2 | 1 |
| 28–30 | 256 | 7 | 0 |
| 31–90 | 273 | 8 | 1 |
| 91–180 | 9 | 0 | 0 |
Figure 4 - Équivalent textuel
Le graphique montre une augmentation considérable du nombre de prescripteurs de prophylaxie préexposition au VIH, qui est passé de 173 en 2019 à 374 en 2023. La majorité des prescripteurs était des médecins. En 2023, les médecins représentaient 74,3 % des prescripteurs (n = 278), suivis des pharmaciens et des infirmiers praticiens autorisés (n = 48 chacun).
Figure 5 - Équivalent textuel
Le graphe présente le nombre de médecins ayant prescrit une prophylaxie préexposition au VIH, par zone de santé et par année. Le nombre le plus élevé a été enregistré dans la zone centrale (n = 349), suivie des zones de l’Ouest (n = 66), de l’Est (n = 64) et du Nord (n = 41).
| Nombre de prescriptions de PPrE au VIH | Nombre de prescripteurs | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | |
| 1 | 95 (54,9 %) | 74 (40,9 %) | 95 (43%) | 110 (39,1 %) | 144 (38,5 %) |
| 2–5 | 61 (35,3 %) | 70 (38,7 %) | 92 (41,6 %) | 115 (40,9 %) | 155 (41,4 %) |
| 6–10 | 8 (4,6 %) | 23 (12,7 %) | 20 (9,0 %) | 32 (11,4 %) | 45 (12,0 %) |
| 11–25 | 5 (2,9 %) | 6 (3,3 %) | 6 (2,7 %) | 17 (6,0 %) | 17 (4,5 %) |
| 26–50 | 3 (1,7 %) | 6 (3,3 %) | 7 (3,2 %) | 4 (1,4 %) | 8 (2,1 %) |
| 51–75 | 1 (0,6 %) | 2 (1,1 %) | 1 (0,5 %) | 2 (0,7 %) | 3 (0,8 %) |
| 76–100 | 0 | 0 | 0 | 1 (0,4 %) | 1 (0,3 %) |
| 101 et plus | 0 | 0 | 0 | 0 | 1 (0,3 %) |
| Total | 173 | 181 | 221 | 281 | 374 |
Dispenseurs de prophylaxie préexposition au VIH
Le nombre de pharmacies distribuant la PPrE a connu une hausse constante, passant de 113 en 2019 à 165 en 2023. Entre 2019 et 2023, 236 pharmacies au total en Nouvelle-Écosse ont dispensé la PPrE, ce qui représente 75,2 % de l'ensemble des pharmacies de la province (314 au total) Footnote 16. La plupart de ces pharmacies (47,5 %) se trouvaient dans la zone Centrale. Parmi les groupes de collectivité, Sydney et ses environs comptaient le plus grand nombre de pharmacies délivrant la PPrE (n = 15) (figure 6).
Figure 6 - Équivalent textuel
La carte montre qu’entre 2019 et 2023, un total de 236 pharmacies en Nouvelle-Écosse ont distribué une prophylaxie préexposition au VIH, ce qui représente 75,2 % de l’ensemble des pharmacies de la province (n = 314). Près de la moitié de ces pharmacies (47,5 %) étaient situées dans la zone centrale.
Tendances en matière de prescription de la prophylaxie préexposition au VIH
Le nombre d'ordonnances distinctes de PPrE est passé de 561 en 2019 à 1 346 en 2023 (figure 7). Au cours de la même période, le nombre total d'ordonnances distribuées a augmenté de 101,5 %. Sur un total de 935 ordonnances en 2019, 264 (28,2 %) ont été distribués une seule fois, une proportion qui est passée à 42,6 % (802) en 2023 (tableau 4). De plus, la durée de la couverture par ordonnance distribuée était variée, l'étendue la plus courante se situant entre 31 et 90 jours (tableau 5).
Figure 7 - Équivalent textuel
Le graphe montre une hausse marquée du nombre d’ordonnances distinctes de prophylaxie préexposition au VIH distribuées en Nouvelle-Écosse, qui est passé de 561 en 2019 à 1 346 en 2023. Cela représente plus du double au cours de la période étudiée, ce qui témoigne d’une croissance importante de l’utilisation de la PPrE dans toute la province.
| Nombre de distributions | Nombre d'ordonnances distribuées | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | |
| 1 | 264 (28,2 %) | 209 (22,3 %) | 329 (34,7 %) | 453 (35,9 %) | 802 (42,6 %) |
| 2 | 101 (10,8 %) | 126 (13,4 %) | 120 (12,6 %) | 187 (14,8 %) | 284 (15,1 %) |
| 3 | 103 (11,0 %) | 140 (14,9 %) | 98 (10,3 %) | 197 (15,6 %) | 242 (12,8 %) |
| 4 | 256 (27,4 %) | 245 (26,1 %) | 220 (23,2 %) | 256 (20,3 %) | 324 (17,2 %) |
| 5 | 8 (0,9 %) | 32 (3,4 %) | 3 (0,3 %) | 7 (0,6 %) | 36 (1,9 %) |
| 6–10 | 110 (11,8 %) | 87 (9,3 %) | 51 (5,4 %) | 66 (5,2 %) | 86 (4,6 %) |
| 11 et plus | 93 (9,9 %) | 98 (10,5 %) | 128 (13,5 %) | 97 (7,7 %) | 110 (5,8 %) |
| Total | 935 | 937 | 949 | 1 263 | 1 884 |
| Jours | Nombre d'ordonnances distribuées | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | |
| 27 et moins | 38 | 36 | 86 | 77 | 83 |
| 28–30 | 380 | 439 | 360 | 483 | 729 |
| 31–90 | 497 | 449 | 483 | 680 | 1 038 |
| 91–180Footnote a | 20 | 13 | 20 | 23 | 34 |
| Total | 935 | 937 | 949 | 1 263 | 1 884 |
Accessibilité à la prophylaxie préexposition au VIH
La distance linéaire entre les clients, leurs prescripteurs de PPrE et les points de distribution était de 20 km ou moins pour la plupart des clients. Cependant, 18,9 % des clients habitaient à plus de 40,01 km de leur prescripteur, et 7,3 % habitaient à plus de 40,01 km de leur point de distribution. Pour 15,6 % des clients, la distance linéaire entre le prescripteur de la PPrE et le point de distribution était supérieure à 40,01 km (figure 8). La distance médiane était de 7,8 km entre le domicile du client et le prescripteur, et de 2,7 km entre le domicile du client et la pharmacie où le médicament était distribué. La distance maximale entre le domicile d'un client et son fournisseur de soins de santé et sa pharmacie était respectivement de 370 km et de 407 km.
Figure 8 - Équivalent textuel
La figure montre que, pour la plupart des clients, la distance linéaire entre ceux-ci, les prescripteurs de leur prophylaxie préexposition (PPrE) au VIH et les pharmacies qui distribuaient les médicaments était de 20 km ou moins. Cependant, 18,9 % des clients habitaient à plus de 40,01 km de leur prescripteur, et 7,3 % habitaient à plus de 40,01 km de leur point de distribution. Pour 15,6 % des clients, la distance entre le médecin prescripteur de la PPrE au VIH et le point de distribution dépassait 40,01 km.
Au niveau des zones, la plupart des clients ont parcouru moins de 20 km pour accéder aux services de PPrE. Toutefois, 36,1 % des clients de la zone Ouest et 35,5 % de ceux de la zone Nord ont parcouru une distance comprise entre 40,01 km et 100 km pour accéder au service (tableau 6). La distance à parcourir pour se rendre chez un prescripteur ou dans une pharmacie délivrant les médicaments variait selon les groupes d'âge (figure 9 et figure 10). La distance parcourue variait également en fonction de la durée du traitement et de la direction du déplacement. Dans l'ensemble, les clients ont parcouru de plus longues distances pour se rendre chez les prescripteurs que pour se rendre en pharmacie (tableau 1).
| Distance en kilomètres | Entre le client et le fournisseur | Entre le client et la pharmacie | Entre le fournisseur et la pharmacie | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Ouest | Nord | Est | Centrale | Ouest | Nord | Est | Centrale | Ouest | Nord | Est | Centrale | |
| 0,0–20,0 | 25,7 % | 30,3 % | 42,7 % | 83,7 % | 47,4 % | 55,4 % | 56,1 % | 96,9 % | 38,6 % | 39,9 % | 71,5 % | 83,8 % |
| 20,01–40,0 | 16,3 % | 12,7 % | 28,3 % | 6,9 % | 27,3 % | 11,3 % | 22,2 % | 1,9 % | 18,0 % | 13,8 % | 10,5 % | 7,2 % |
| 40,01–100,0 | 36,1 % | 35,5 % | 3,9 % | 5,1 % | 16,9 % | 20,7 % | 4,4 % | 0,7 % | 28,8 % | 19,8 % | 6,8 % | 5,2 % |
| 100,01–200,0 | 16,9 % | 20,7 % | 9,3 % | 3,2 % | 5,0 % | 12,7 % | 8,3 % | 0,1 % | 10,4 % | 25,6 % | 2,4 % | 2,8 % |
| 200,01–300,0 | 5,0 % | 0,8 % | 7,1 % | 0,5 % | 1,7 % | 0,0 % | 3,9 % | 0,2 % | 4,2 % | 0,8 % | 3,2 % | 0,5 % |
| Plus de 300,01 | 0,0 % | 0,0 % | 8,8 % | 0,6 % | 1,7 % | 0,0 % | 5,1 % | 0,3 % | 0,0 % | 0,0 % | 5,6 % | 0,5 % |
Figure 9 - Équivalent textuel
La figure illustre le lien entre la tranche d’âge et la distance parcourue pour consulter un prescripteur de prophylaxie préexposition au VIH. Les personnes âgées de 50 à 54 ans et plus ont parcouru de plus longues distances pour consulter un prescripteur de PPrE que les groupes d’âge plus jeunes.
Figure 10 - Équivalent textuel
La figure illustre les différences observées entre les groupes d’âge à propos de la distance parcourue pour se rendre dans les pharmacies qui distribuent la prophylaxie préexposition au VIH. Dans l’ensemble, les personnes plus âgées parcouraient de plus longues distances pour se rendre dans les pharmacies qui distribuent la PPrE, et la distance augmentait en fonction de l’âge.
Discussion
Dans cette analyse, le recours à la PPrE en Nouvelle-Écosse a considérablement augmenté au fil du temps, avec une hausse marquée du nombre de clients, d'ordonnances et de prescripteurs. L'adoption de cette pratique s'est concentrée chez les personnes d'âge moyen s'identifiant comme hommes et dans la zone Centrale. Malgré une participation accrue des fournisseurs de soins et des pharmacies, des disparités fondées sur le sexe et la région ont subsisté, et certaines personnes ont dû parcourir des distances considérables pour accéder aux services, ce qui témoigne de l'existence d'inégalités persistantes en matière d'accès.
À l'échelle nationale, le nombre de nouveaux cas de VIH a considérablement augmenté en 2023, avec une hausse de 35,2 % par rapport à 2022 Footnote 17. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), cette hausse est en partie attribuable à l'intensification des efforts de dépistage, aux nouvelles politiques en matière de dépistage et à une reprise du dépistage du VIH et de la détection des cas après la pandémie de COVID-19 Footnote 18.
Bien que les traitements antiviraux se soient révélés très efficaces Footnote 19, le VIH demeure un problème de santé publique, car l'infection peut rester asymptomatique pendant des années, ce qui augmente le risque de transmission non détectée à un partenaire. Cela met en évidence l'importance de se faire dépister régulièrement et de recourir à la PPrE.
Entre 2019 et 2023, le taux d'utilisation de la PPrE a doublé en Nouvelle-Écosse, ce qui reflète probablement un meilleur accès et une plus grande abordabilité grâce aux programmes provinciaux d'assurance-médicaments Footnote 20. Cette tendance concorde avec les données nationales, selon lesquelles la prévalence de l'utilisation de la PPrE est passée de 61 pour 100 000 habitants en 2019 à 89 pour 100 000 habitants en 2022 Footnote 21. Il convient de noter que la Colombie-Britannique a enregistré la prévalence la plus élevée d'utilisation de la PPrE, soit 132 pour 100 000 habitants en 2022 Footnote 21. Toutefois, pour obtenir la PPrE, les personnes doivent s'inscrire au programme d'assurance médicament pour les familles (Pharmacare) pour les familles de la Nouvelle-Écosse et obtenir une autorisation spéciale d'un professionnel de la santé Footnote 7. Récemment, le droit de prescrire a été étendu aux pharmaciens, ce qui a amélioré l'accessibilité de la PPrE Footnote 22.
Les caractéristiques démographiques des clients en Nouvelle-Écosse correspondent aux tendances nationales : la plupart des utilisateurs de la PPrE sont des hommes Footnote 21, ce qui reflète le risque plus élevé d'infection par le VIH chez les hommes, en particulier chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes Footnote 3. Parmi toutes les tranches d'âge, ce sont les personnes âgées de 25 à 39 ans qui recourent le plus à la PPrE, ce qui pourrait s'expliquer par une activité sexuelle plus importante et un plus grand nombre de partenaires à vie au sein de cette cohorte, ce qui contribue à accroître le risque d'exposition. Au Canada, les jeunes adultes sont plus susceptibles que les adultes plus âgés de déclarer avoir eu au moins deux partenaires sexuels au cours de la dernière année : 25,1 % des personnes âgées de 20 à 29 ans et 9,3 % de celles âgées de 30 à 39 ans ont déclaré avoir eu plusieurs partenaires Footnote 23. De plus, la PPrE fait l'objet d'une promotion plus active et est plus accessible au sein de ce groupe d'âge, ce qui favorise une adoption accrue.
Sur le plan géographique, c'est la zone Centrale qui comptait le plus grand nombre de clients de la PPrE, ce qui correspond au statut de la région métropolitaine de recensement d'Halifax en tant que région la plus peuplée de la province Footnote 24. Il convient de noter que 22,4 % de la population d'Halifax appartient à la tranche d'âge des 25 à 39 ans Footnote 25, ce qui explique en partie le recours plus fréquent à la PPrE dans cette région. En raison de la croissance démographique, de la hausse de la demande en matière de soins de santé et de la disponibilité de services médicaux de pointe, la zone Centrale compte également la plus forte concentration de prestataires de soins de santé.
Les médecins de première ligne représentent la majorité des prescripteurs de la PPrE, probablement en raison d'un accès plus facile par l'entremise des services de consultations sans rendez-vous ou des relations établies avec le médecin de famille, contrairement aux spécialistes qui exigent une recommandation, ce qui implique souvent de longs délais d'attente. Cependant, seuls 45,4 % des médecins de famille inscrits en Nouvelle-Écosse (y compris ceux ayant une double spécialité) ont déjà prescrit la PPrE, ce qui souligne la nécessité d'intensifier la formation et la promotion de la prescription de la PPrE auprès des médecins de famille. Selon les politiques de la Nouvelle-Écosse, les pharmaciens et les infirmiers praticiens peuvent prescrire la PPrE, mais il faut redoubler d'efforts pour élargir leur rôle en matière de prescription, en particulier dans les régions mal desservies sur le plan médical.
Entre 2019 et 2023, la durée moyenne des ordonnances de PPrE a doublé. En effet, la plupart des patients ont reçu un approvisionnement de 31 à 90 jours, ce qui les obligeait à consulter leur médecin au moins tous les trois mois. Ces visites régulières permettent aux professionnels de la santé de procéder à des dépistages du VIH, conformément aux lignes directrices qui recommandent un dépistage au moins annuel pour les populations à haut risque Footnote 26. Le nombre croissant de renouvellements d'ordonnances témoigne d'une acceptation grandissante de la PPrE en tant qu'outil de prévention, tant par les clients que par les prestataires de soins.
Cette étude a également mis en lumière les difficultés géographiques d'accessibilité aux services de PPrE. La plupart des clients ont parcouru 20 km ou moins pour se faire prescrire ou recevoir la PPrE, mais certains ont parcouru plus de 40 km, ce qui pourrait créer des obstacles à l'accès aux soins et avoir des conséquences sur les résultats en matière de santé. Par exemple, la zone Est affichait le pourcentage le plus élevé de clients devant parcourir plus de 300 km pour avoir accès à la PPrE. Bien qu'il n'existe pas de seuil universel pour la fréquentation des soins de santé en fonction de la distance, Siegler et al. ont observé que le recours à la PPrE diminue à mesure que la distance à parcourir augmente : la plupart des personnes résident à environ 25 km d'un prestataire, le recours est moyen entre 25 et 50 km, et il chute considérablement au-delà de 50 km Footnote 27. Il convient notamment de noter que les difficultés croissantes pour se procurer la PPrE, notamment les contraintes financières et les contraintes de temps, ont tendance à s'accentuer à mesure que la distance à parcourir augmente. De plus, la répartition des distances parcourues varie considérablement d'un groupe d'âge à l'autre, ce qui suggère un lien possible avec l'âge, mais d'autres facteurs peuvent également influencer la distance que les personnes doivent parcourir pour obtenir des soins de santé. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si ces distances de déplacement sont influencées par le recours aux soins virtuels, par des difficultés d'accès aux services locaux de PPrE, par les préférences des usagers (telles que les préoccupations liées à la confidentialité ou au choix du prestataire de soins) ou si la disponibilité d'une PPrE injectable à action prolongée pourrait améliorer l'accès à ces services.
La principale force de cette analyse réside dans la prise en compte exhaustive des données démographiques des clients, des caractéristiques des prescripteurs, des schémas de prescription, des pharmacies qui distribuent la PPrE et de la distance linéaire pour accéder aux services. Cette approche à plusieurs volets permet de mieux comprendre les obstacles à l'accessibilité à la PPrE et de dégager des données concrètes pouvant servir à orienter des interventions ciblées en santé publique. Cette analyse présente toutefois quelques limites. Tout d'abord, les codes postaux des clients peuvent ne pas correspondre à leurs adresses actuelles, car il arrive que les personnes déménagent sans mettre à jour leurs renseignements, ce qui limite la précision des données de localisation. De plus, les distances ont été calculées entre les centres géographiques des codes postaux, ce qui peut entraîner des erreurs, notamment dans les régions rurales où les codes postaux peuvent couvrir de vastes zones géographiques. La distance linéaire est également une approximation qui ne tient pas compte des itinéraires réels et qui peut sous-estimer la difficulté des déplacements, en particulier dans les régions où la géographie est complexe ou où les options de transport sont limitées. Toutefois, cela demeure un indicateur pratique et cohérent de l'accessibilité. De plus, l'ordre de déplacement d'un client, l'utilisation des services de soins de santé virtuels et l'état de livraison des ordonnances étaient inconnus. Pour les lecteurs, ces résultats mettent en lumière les domaines dans lesquels des interventions pourraient améliorer l'adoption de la PPrE, éclairer l'affectation des ressources et orienter les recherches futures afin de combler les lacunes qui subsistent en matière d'accessibilité.
Limites
Les faibles taux de distribution de la PPrE chez les femmes justifient la poursuite des recherches afin de déterminer si certaines populations, telles que les personnes qui partagent du matériel d'injection ou qui exercent le travail du sexe, se heurtent à des obstacles à l'accès à ce traitement. Il est essentiel d'élargir la capacité de divers fournisseurs de soins de santé à prescrire la PPrE afin d'en améliorer l'accessibilité dans toute la Nouvelle-Écosse. En particulier, accroître la participation des pharmaciens et des infirmiers praticiens, surtout dans les régions rurales et éloignées, pourrait apporter des avantages considérables aux collectivités mal desservies. L'exploration de plateformes en ligne et virtuelles pour l'accès à la PPrE pourrait également permettre d'élargir la portée de ce service à l'échelle de la province.
De plus, l'estimation de la taille de la population la plus à risque d'infection par le VIH en Nouvelle-Écosse permettrait de calculer les taux de couverture de la PPrE et aiderait à cerner les lacunes en matière d'accès. Pour freiner plus efficacement la propagation du VIH, il est essentiel de cerner les régions où l'accès à la PPrE doit être élargi. Pour ce faire, il est possible d'analyser les données relatives au dépistage du VIH et aux taux de positivité au niveau communautaire afin de déterminer les régions à haut risque et d'élaborer des stratégies de prévention ciblées. Il est nécessaire d'assurer un suivi continu des schémas de prescription et de distribution afin de suivre les progrès réalisés et de repérer les nouvelles tendances.
Les recherches futures devraient se pencher sur les obstacles potentiels à l'accès à la PPrE, tels que les lacunes dans la couverture d'assurance, le manque d'accès aux fournisseurs de soins de première ligne, la non-observance du traitement ou le renouvellement peu fréquent des ordonnances, ou encore le recours à des stratégies de prise ponctuelle pour limiter les coûts.
Conclusion
Cette analyse a décrit les tendances en matière d'utilisation de la PPrE, les pratiques de prescription et l'accessibilité des services en Nouvelle-Écosse. Le nombre de clients bénéficiant d'une PPrE dans la province a doublé entre 2019 et 2023 et la plus forte augmentation a été observée chez les personnes s'identifiant comme hommes âgés entre 30 et 34 ans. Au cours de cette période, le nombre total de professionnels de la santé prescrivant la PPrE a augmenté de 116 %. Parmi l'ensemble des prescripteurs, 70 % exerçaient dans la zone Centrale, et la majorité d'entre eux étaient des médecins de famille. De plus, 75,6 % des pharmacies de la Nouvelle-Écosse ont distribué une PPrE entre 2019 et 2023. Le nombre total d'ordonnances de PPrE distribuées a augmenté de 101,5 % au cours de cette période. La plupart des clients ont parcouru 20 km ou moins pour accéder aux services de PPrE. Toutefois, 18,9 % et 7,3 % d'entre eux ont parcouru plus de 40,01 km pour se rendre respectivement chez les prescripteurs et les distributeurs. Cette analyse définit les priorités stratégiques visant à améliorer l'accessibilité à la PPrE, jetant ainsi les bases d'une intervention de santé publique fondée sur des données probantes afin d'élargir l'accès équitable à la prévention du VIH et d'accélérer les progrès vers la réduction de la transmission du VIH en Nouvelle-Écosse.
Déclaration des auteurs
T. W. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction−version originale, rédaction−révision et édition
J. K. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction−révision et édition
M. N.-W. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction−révision et édition
A. R. — Méthodologie, rédaction−révision et édition
D. G. — Rédaction−révision et édition
K. O. — Rédaction−révision et édition
Intérêts concurrents
Aucun.
Identifiants ORCID
Tamer Wahba — 0009-0009-4874-263X
Jesse Kancir — 0009-0008-7009-4731
Maria N Wilson — 0000-0003-0187-0713
Alysia Robinson — 0000-0003-4915-8944
Diana Gibson — 0009-0000-6960-7482
Remerciements
Nous tenons à remercier James Broesch (directeur de la science et du rendement du système, Nova Scotia Health), Mary-Anne Finlayson (gestionnaire, Sciences fondamentales et rendement du système, Nova Scotia Health) et Jocelyne Galloway (gestionnaire, Service de la santé publique du Canada, Agence de la santé publique du Canada), pour leur précieux soutien et leurs encouragements tout au long de la réalisation de cette étude. Nous tenons également à remercier Brittany Peterson (analyste en aide à la décision, Nova Scotia Health) pour son aide à la collecte des données. Leur aide et leur soutien ont grandement contribué au succès de cette évaluation.
Financement
Ce travail a bénéficié du soutien de l'Agence de la santé publique du Canada dans le cadre du poste rémunéré occupé par l'auteur correspondant (T. W.). Cette évaluation n'a reçu aucune subvention externe distincte.

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