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Analyse de son incidence sur la surveillance de la maladie de Lyme en Nouvelle-Écosse

RMTC

Volume 52-1/2, janvier/février 2026 : La surveillance des tiques et des moustiques au Canada

Étude épidémiologique

Modification de la définition de cas : analyse de son incidence sur la surveillance de la maladie de Lyme en Nouvelle-Écosse

Kelachi Nsitem1, Jennifer Cram1, Aini Khan1, Colleen Ryan1, Todd Hatchette1,2,3, Shelley Deeks1,4, Linda Passerini1, Molly Trecker1, Kathryn McIsaac1,4

Affiliations

1 Ministère de la Santé et du Mieux-être, Gouvernement de la Nouvelle-Écosse, Halifax, NS

2 Département de pathologie et de médecine de laboratoire, Santé Nouvelle-Écosse, Halifax, NS

3 Département de pathologie, Université Dalhousie, Halifax, NS

4 Département de santé communautaire et d’épidémiologie, Université Dalhousie, Halifax, NS

Correspondance

surveillancedhw@novascotia.ca

Citation proposée

Nsitem K, Cram J, Khan A, Ryan C, Hatchette TF, Deeks S, Passerini L, Trecker M, McIsaac K. Modification de la définition de cas : analyse de son incidence sur la surveillance de la maladie de Lyme en Nouvelle-Écosse. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2026;52(1/2):49–58. https://doi.org/10.14745/ccdr.v52i0102a06f

Mots-clés : maladie de Lyme, maladie transmise par les tiques, surveillance, Nouvelle-Écosse

Résumé

Contexte : La Nouvelle-Écosse connaît un nombre croissant de cas de maladie de Lyme (ML) depuis 2002. De 2009 à 2022, la Nouvelle-Écosse a adopté une définition des cas de ML qui correspondait à celle de l’Agence de la santé publique du Canada. Le 1er janvier 2023, la Nouvelle-Écosse est passée à une définition de ML qui repose uniquement sur des données de laboratoire.

Objectifs : Décrire et comparer les tendances historiques du nombre de cas confirmés de ML et de l’incidence selon les anciennes définitions et les définitions actuelles des cas de ML entre 2018 et 2023, et évaluer l’incidence du changement de la définition de cas sur la surveillance de la ML.

Méthodes : Les cas confirmés de ML ont été extraits du Système électronique d’information sur la santé publique de la Nouvelle-Écosse, le logiciel Panorama, selon l’ancienne définition de cas pour les années 2018 à 2022 et la définition de cas actuelle pour les années 2019 à 2023. Comme les données de laboratoire de 2018 dans Panorama étaient incomplètes, des données brutes pour 2018 ont été obtenues du réseau provincial des laboratoires de santé publique de la Nouvelle-Écosse. Le nombre de cas confirmés et les taux d’incidence pour 100 000 habitants ont été calculés selon l’année, le sexe, le groupe d’âge et la zone géographique, selon les deux définitions de cas. La saisonnalité a été déterminée par la date de déclaration des cas.

Résultats : De 2018 à 2022, la définition de cas actuelle a permis d’identifier 4 238 cas, soit une augmentation importante de 2 493 cas par rapport aux 1 745 cas déclarés selon l’ancienne définition de cas, et 2 058 cas supplémentaires en 2023 selon la définition de cas actuelle. Il en résulte une nette tendance à la hausse des taux d’incidence confirmés selon la définition de cas actuelle, contrairement au modèle variable observé avec l’ancienne définition de cas. Les hommes et les personnes de 5 à 14 ans, de 40 à 59 ans et de 60 ans et plus affichaient constamment des taux plus élevés selon le sexe et l’âge selon les deux définitions de cas. C’est dans la zone Ouest que les taux d’incidence sont les plus élevés. Sur une base saisonnière, les deux définitions de cas ont montré des pics de déclaration de juin à septembre, le pic se produisant deux semaines plus tard avec la définition de cas actuelle.

Conclusion : Lorsque la définition de cas de ML actuelle a été appliquée aux données de surveillance historiques, les taux antérieurs de ML confirmée ont augmenté, ce qui laisse croire que la présentation clinique de la ML à la santé publique dans les administrations à forte incidence était sous-déclarée.

Introduction

La maladie de Lyme (ML), la maladie transmise par les tiques la plus fréquemment signalée en Amérique du Nord, est transmise aux humains par la piqûre d’une tique infectée par Borrelia burgdorferi Footnote 1Footnote 2Footnote 3Footnote 4. En Nouvelle-Écosse, la tique à pattes noires, Ixodes scapularis, est porteuse de cette bactérie Footnote 5. La maladie se manifeste généralement par l’érythème migrant (EM), chez environ 80 % des patients infectés, souvent accompagnés d’autres symptômes précoces de la maladie comme la fatigue ou la fièvre Footnote 6Footnote 7Footnote 8. Si elle n’est pas traitée, la propagation de la maladie peut entraîner de multiples lésions électromagnétiques ainsi que des troubles cardiovasculaires (blocs auriculo-ventriculaires temporaires), musculosquelettiques (enflure articulaire ou arthrite) et des manifestations neurologiques (paralysie faciale, neuropathie ou encéphalopathie) Footnote 3Footnote 7Footnote 8.

La Nouvelle-Écosse a connu un nombre croissant de cas de ML depuis 2002; le ministère de la Santé et du Mieux-être a déclaré que toute la province de la Nouvelle-Écosse était une « région à risque » en 2017, définie comme un emplacement avec des preuves de la reproduction de populations de vecteurs connus de tiques et de la transmission probable de B. burgdorferi Footnote 9. En 2022, l’incidence déclarée (confirmée et probable) de la ML en Nouvelle-Écosse était presque cinq fois supérieure à l’incidence nationale Footnote 4. En outre, l’incidence de la ML devrait augmenter parce que les changements climatiques sont susceptibles d’accroître l’abondance et la répartition des populations de tiques Footnote 10.

La maladie de Lyme est devenue une maladie à déclaration obligatoire à l’échelle nationale en 2009 Footnote 4. De 2009 à 2022, la Nouvelle-Écosse a adopté une définition de cas de ML qui correspondait à celle de l’Agence de la santé publique du Canada Footnote 11. Cette définition de cas exigeait des renseignements cliniques et des preuves de laboratoire pour un cas de confirmation, et le module d’EM a été saisi dans la définition de cas probable Footnote 11. En 2023, la Nouvelle-Écosse est passée à une nouvelle définition de cas, s’appuyant uniquement sur des données de laboratoire pour les cas confirmés Footnote 12. Cette approche s’aligne sur la définition de cas à incidence élevée révisée de 2022 des Centres pour le contrôle la prévention des maladies (CDC) aux États-Unis Footnote 13. Ce changement signifie que les cas confirmés reposent uniquement sur des données de laboratoire. Les tests de laboratoire ne sont pas recommandés au début de la ML (c.-à-d. EM localisé) en raison de sa faible sensibilité Footnote 8Footnote 14. Par conséquent, la santé publique ne sera pas avisée de l’EM avec la définition de cas actuelle et ces cas ne seront pas inclus dans le nombre de cas confirmés ou probables de ML en Nouvelle-Écosse.

En plus de l’augmentation du nombre de cas de ML, les données probantes suggèrent que le fardeau lié à la soumission de renseignements cliniques pour les cas probables et confirmés peut entraîner une sous-déclaration de la ML Footnote 15. De plus, pendant la pandémie de COVID-19, les priorités concurrentes en matière de santé publique ont entraîné une réduction de la capacité d’enquête sur la ML par la santé publique dans la province Footnote 2Footnote 13Footnote 16.

L’objectif de ce rapport de surveillance est de décrire et de comparer les tendances historiques du nombre confirmé de cas de ML et leur incidence au cours de la période de 2018 à 2023, ainsi que d’évaluer l’impact du changement de la définition de cas sur les tendances de la ML.

Méthodes

Milieu et population

Ce rapport comprend tous les cas confirmés de ML signalés à la santé publique en Nouvelle-Écosse du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2023. La maladie de Lyme est une maladie à déclaration obligatoire en Nouvelle-Écosse, et tous les cas qui se sont révélés confirmés ou probables doivent être déclarés et consignés dans le système d’information sur la santé publique de la province, Panorama. L’année 2018 a été choisie pour correspondre à l’année de mise en œuvre de Panorama.

Définitions de cas et détection

Entre le 1er janvier 2018 et le 31 décembre 2022, la confirmation d’un cas de ML nécessitait des données cliniques et une confirmation en laboratoire Footnote 11. Les cas probables nécessitaient une éruption cutanée d’EM (déterminée par la présentation clinique sans tests de laboratoire) ou des données cliniques de la maladie avec des signes d’infection en laboratoire, sans antécédents de résidence dans un secteur à risque de ML ou de visite dans un tel secteur (définition nationale de cas) Footnote 11. À compter du 1er janvier 2023, un cas confirmé de ML doit avoir des preuves de confirmation en laboratoire; toutefois, les données cliniques ne sont plus nécessaires Footnote 17. Les personnes qui présentent un EM localisé ne recevront pas de tests de laboratoire étant donné la forte probabilité d’un test sérologique faussement négatif au stade précoce de la ML Footnote 8Footnote 14.

Les cas probables sont ceux qui ne contiennent que des preuves présumées de laboratoire (c.-à-d. immunotransfert d’IgG positif); les EM (c.-à-d. les critères cliniques) ne sont plus saisis dans la définition de cas probable (définition de cas en Nouvelle-Écosse). Les définitions de cas complètes se trouvent dans l’appendice en tant que matériel supplémentaire (tableau S1).

Le 1er avril 2021, la sérologie à deux volets modifiée (SDVM) pour les tests sérologiques de la ML a été introduite en Nouvelle-Écosse, remplaçant la sérologie à deux volets standard (SDVS). La SDVM a une sensibilité d’environ 25 % supérieure dans la détection de la ML précoce Footnote 11Footnote 12Footnote 14Footnote 18. La SDVS et la SDVM sont toutes deux considérées comme des résultats de laboratoire confirmant une infection dans la définition de cas.

Sources des données

Les cas de ML signalés ont été obtenus auprès de Panorama. Tous les cas signalés qui correspondaient à la définition de cas ML en Nouvelle-Écosse entre 2018 et 2022 ont été obtenus au moyen d’enquêtes dans Panorama. Les enquêtes sont menées par des infirmières de la santé publique et comprennent des données cliniques provenant de médecins ainsi que des données démographiques, des facteurs de risque et des données géographiques supplémentaires. Pour appliquer rétrospectivement la définition de cas actuelle, nous avons évalué les résultats de laboratoire autonomes (c.-à-d. ceux qui ne sont pas accompagnés d’un numéro d’identification de l’enquête). Ils ont été extraits directement de Panorama (2019 à 2023) et des données brutes du Réseau provincial des laboratoires de santé publique de la Nouvelle-Écosse pour 2018. La définition de cas actuelle a été appliquée aux données pour déterminer le nombre de cas correspondant à la nouvelle définition de cas. Les caractéristiques de la population ont été extraites des estimations démographiques annuelles (1er juillet) de Statistique Canada pour chaque année (2018 à 2023). L’estimation annuelle de la population de Statistique Canada correspond à l’année où le cas s’est produit.

Analyse

Le nombre de cas confirmés et les taux d’incidence pour 100 000 habitants ont été calculés selon l’année, le sexe et le groupe d’âge dans l’ancienne et l’actuelle définition de cas de la Nouvelle-Écosse à l’aide des cas confirmés comme numérateur et des estimations démographiques du recensement tirées des données de Statistique Canada pour 2018–2023 comme dénominateur Footnote 19. La définition de cas actuelle de ML confirmée a été appliquée pour analyser les tendances géographiques à l’aide de l’adresse active du client au moment du prélèvement des spécimens. Quatre zones géographiques ont été utilisées pour correspondre aux zones sanitaires administratives de la Nouvelle-Écosse (Nord, Est, Centre et Ouest). Pour 2018, les données brutes comprenaient l’âge au moment de l’extraction des données et la date du prélèvement des échantillons, mais n’incluaient pas l’âge au moment du diagnostic, la date de naissance ou la géographie. L’âge au moment du diagnostic a été déterminé en extrayant et en examinant manuellement les dossiers dans Panorama ou le réseau provincial des laboratoires de santé publique. Si l’âge au moment du diagnostic n’était toujours pas disponible, il a été estimé en appliquant la différence d’âge moyenne entre l’âge au moment de l’extraction des données et la date de prélèvement des échantillons. Les groupes d’âge ont été sélectionnés pour correspondre aux rapports provinciaux sur les maladies à déclaration obligatoire de la Nouvelle-Écosse et ont été regroupés conformément aux tendances en matière d’incidence à l’échelle provinciale et nationale. La saisonnalité a été déterminée à la date de déclaration du cas, qui, selon l’ancienne définition de cas, pourrait être le premier diagnostic clinique, l’apparition des symptômes ou la date de collecte en laboratoire; dans la définition de cas actuelle, il s’agit de la date de collecte en laboratoire.

Nous avons effectué une analyse de sensibilité pour tenir compte du nombre accru de cas prévus avec la nouvelle méthodologie de SDVM par rapport à la SDVS. Cette analyse a supposé que la SDVM n’avait pas été mise en place et qu’elle impliquait l’application d’une diminution de 25 % de la sensibilité aux cas d’incidents après 2020.

Résultats

Tendances de la maladie de Lyme au fil du temps selon l’ancienne et l’actuelle définition de cas confirmés en Nouvelle-Écosse

La figure 1 montre le nombre de cas confirmés et le taux d’incidence de la ML au fil du temps en utilisant l’ancienne et l’actuelle définition de cas. La Nouvelle-Écosse a déclaré 1 745 cas confirmés de ML entre 2018 et 2022 en utilisant l’ancienne définition de cas. Après l’application rétrospective de la définition de cas actuelle, un total de 4 238 cas auraient satisfait aux critères de la définition de cas entre 2018 et 2022 (plus de 2 493). En outre, 2 058 cas confirmés ont été signalés en 2023 selon la définition de cas actuelle. Le nombre de cas confirmés était plus élevé chaque année lorsque la définition de cas actuelle a été appliquée rétrospectivement. De plus, les taux d’incidence confirmés au fil du temps affichaient une nette tendance à la hausse avec la définition de cas actuelle, tandis que les taux de cas confirmés montraient une variabilité d’une année à l’autre et aucune tendance directionnelle claire avec l’ancienne définition de cas. En 2018, la différence en pourcentage des cas confirmés de ML entre les définition de cas était de 33 %, passant à 18 % en 2019, mais en forte hausse, passant de 62 % en 2020 à 129 % en 2022.

Figure 1 : Nombre de cas confirmés de maladie de Lyme déclarés et taux d’incidenceFootnote a, avec l’ancienne définition et la définition actuelle, 2018–2023Footnote b
Figure 1. La version textuelle suit
Figure 1 : Équivalent textuel

La figure 1 présente le nombre annuel et le taux (pour 100 000 habitants) de cas confirmés de maladie de Lyme en Nouvelle-Écosse de 2018 à 2023, selon la définition de cas ancienne et actuelle. Le nombre de cas est affiché sous forme de graphiques à barres, et les taux d’incidence correspondants sont présentés sous forme de graphiques linéaires.

Pour toutes les années, le nombre et le taux de cas confirmés étaient toujours plus élevés lorsque la définition actuelle des cas était appliquée comparativement à l’ancienne définition. À l’aide de la définition actuelle, l’incidence de la maladie de Lyme confirmée a démontré une tendance générale à la hausse entre 2018 et 2023. En revanche, les données fondées sur l’ancienne définition de cas ont montré une variabilité d’une année à l’autre sans tendance nette à la hausse entre 2018 et 2022.

Caractéristiques démographiques des cas confirmés

Des données démographiques complètes étaient disponibles pour tous les cas déclarés de ML obtenus à partir des enquêtes (ancienne définition de cas) et 54 % des données sur l’âge provenant des dossiers de laboratoire de 2018 devaient être estimées (définition de cas actuelle). La figure 2 présente les taux par sexe. Les hommes affichaient des taux d’incidence plus élevés de ML confirmée selon le sexe que les femmes. Les tendances selon le sexe étaient semblables à celles de l’ensemble de la population. Les figure 3 et figure 4 montrent les taux d’incidence selon l’âge au fil du temps dans l’ancienne et l’actuelle définition de cas, respectivement. L’âge des cas allait de la naissance à 97 ans. Les personnes âgées de 5 à 14 ans, de 40 à 59 ans et de 60 ans et plus affichaient constamment des taux plus élevés de ML confirmée selon l’âge pour toutes les années en vertu des deux définitions de cas.

Figure 2 : Taux d’incidence confirméFootnote a des cas déclarés de maladie de Lyme selon le sexe, avec l’ancienne et l’actuelle définition de cas, 2018–2023
Figure 2. La version textuelle suit
Figure 2 : Équivalent textuel

La figure 2 présente le taux d’incidence annuel (pour 100 000 habitants) des cas confirmés de maladie de Lyme en Nouvelle-Écosse de 2018 à 2023, stratifié par sexe et illustré à l’aide des définitions de cas anciennes (lignes pointillées) et actuelles (lignes continues). Les taux d’incidence pour les hommes sont représentés en noir et ceux pour les femmes en or.

Pour toutes les années, les hommes affichaient systématiquement des taux d’incidence plus élevés que les femmes selon les deux définitions de cas. Les taux calculés à l’aide de la définition actuelle des cas étaient plus élevés que ceux calculés à l’aide de l’ancienne définition pour les deux sexes tout au long de la période d’étude. Selon la définition actuelle, l’incidence chez les hommes et les femmes a augmenté considérablement à partir de 2021, et d’autres hausses ont été observées jusqu’en 2023. En revanche, les taux fondés sur l’ancienne définition de cas montraient des fluctuations annuelles plus faibles et aucune tendance à la hausse soutenue au fil du temps.

 

Figure 3 : Taux d’incidence confirméFootnote a des cas déclarés de maladie de Lyme par groupe d’âge, avec l’ancienne définition, 2018–2022
Figure 3. La version textuelle suit
Figure 3 : Équivalent textuel

La figure 3 présente le taux d’incidence annuel (pour 100 000 habitants) des cas confirmés de maladie de Lyme en Nouvelle-Écosse de 2018 à 2022, selon l’ancienne définition de cas, stratifiée par groupe d’âge. Les taux d’incidence ont varié selon l’âge au cours de la période quinquennale. Les taux les plus élevés ont généralement été observés chez les enfants de 5 à 14 ans et les adultes de 60 ans et plus. En revanche, les taux les plus faibles ont été observés chez les enfants de 0 à 4 ans et les jeunes adultes de 15 à 24 ans. Les groupes d’âge intermédiaire (25 à 39 ans et 40 à 59 ans) ont affiché des taux d’incidence modérés qui fluctuaient légèrement d’une année à l’autre. Dans l’ensemble, les tendances par âge sont demeurées constantes tout au long de la période examinée.

 

Figure 4 : Taux d’incidence confirméFootnote a des cas déclarés de maladie de Lyme selon le groupe d’âge, avec l’actuelle définition, 2018–2023
Figure 4. La version textuelle suit
Figure 4 : Équivalent textuel

La figure 4 présente le taux d’incidence annuel (pour 100 000 habitants) des cas confirmés de maladie de Lyme en Nouvelle-Écosse de 2018 à 2023, selon la définition de cas actuelle, stratifiée par groupe d’âge. Les taux d’incidence varient selon les groupes d’âge. Les adultes âgés de 60 ans et plus ont constamment affiché les taux les plus élevés tout au long de la période d’étude. En revanche, on a observé les taux les plus faibles chez les enfants de 0 à 4 ans et les jeunes adultes de 15 à 24 ans. D’autres groupes d’âge ont affiché des taux d’incidence intermédiaires, les taux ayant généralement augmenté après 2020. Dans l’ensemble, les tendances par âge étaient stables, mais les taux ont augmenté de façon plus marquée chez les groupes d’âge plus âgés selon la définition actuelle du cas.

Répartition géographique des cas confirmés

Les renseignements sur le lieu étaient disponibles pour 5 886 cas (98,8 %) en vertu de la définition de cas actuelle, à partir de 2019 et ils n’étaient pas disponibles pour les données de laboratoire de 2018. La figure 5 présente le taux d’incidence de la ML par zone à l’aide de la définition de cas actuelle. Le taux d’incidence était systématiquement le plus élevé dans la zone Ouest. Dans l’ancienne définition de cas, la plupart des cas confirmés en Nouvelle-Écosse se trouvaient dans la zone Ouest entre 2018 et 2020. En 2021 et 2022, la zone Ouest représentait 15 % ou moins de tous les cas en Nouvelle-Écosse. En appliquant la définition de cas actuelle, la majorité des cas se situaient dans la zone Ouest pour toutes les années (figure S1).

Figure 5 : Taux d’incidence confirméFootnote a des cas déclarés de maladie de Lyme par zone, avec l’actuelle définition de cas, 2019–2023
Figure 5. La version textuelle suit
Figure 5 : Équivalent textuel

La figure 5 présente les taux d’incidence annuels (pour 100 000 habitants) des cas confirmés de maladie de Lyme en Nouvelle-Écosse de 2019 à 2023, selon la définition de cas actuelle, stratifiée par zone sanitaire administrative. Les taux d’incidence étaient toujours les plus élevés dans la zone Ouest pour toutes les années. Toutes les zones ont montré des tendances à la hausse au cours de la période d’étude, les augmentations les plus prononcées ayant été observées dans la zone Ouest.

Répartition saisonnière

La figure 6 montre la saisonnalité des cas confirmés de ML. Les dates de déclaration ont culminé entre juin et septembre pour les deux définition de cas ML. Le mois de juillet a été le mois de pointe sous l’ancienne définition de cas ML, tandis que le mois d’août a été le mois de pointe sous l’actuelle définition de cas ML. En moyenne, la date de déclaration de la pointe avec l’actuelle définition de cas de la ML s’est produite deux semaines plus tard qu’avec l’ancienne définition de cas.

Figure 6 : Nombre moyen de cas confirmés de maladie de Lyme par mois, selon la date de déclarationFootnote a, avec les définitions de cas anciennes et actuelles, 2018–2022
Figure 6. La version textuelle suit
Figure 6 : Équivalent textuel

La figure 6 montre le nombre mensuel moyen de cas confirmés de maladie de Lyme en Nouvelle-Écosse (2018–2022), selon l’ancienne définition de cas et la définition de cas actuelle. Les chiffres ont été calculés en moyenne sur la période de cinq ans pour chaque mois. Les barres dorées représentent le nombre moyen de cas en utilisant l’ancienne définition de cas. Les barres noires représentent le nombre moyen de cas en utilisant la définition de cas actuelle. Le nombre moyen de cas était systématiquement plus élevé pour chaque mois en utilisant la définition de cas actuelle. Le nombre moyen de cas a atteint son maximum en juillet selon l’ancienne définition de cas et en août selon la définition de cas actuelle.

Impact des tests sérologiques sur les tendances de la maladie de Lyme

Une augmentation du volume de tests sérologiques pour la ML au fil du temps a été observée à l’aide des mesures brutes du volume de tests de laboratoire sur la ML provenant du réseau provincial des laboratoires de santé publique. La tendance du volume de tests correspondait à la tendance du nombre de cas déclarés avec la définition de cas actuelle de la ML (figure S2).

Après avoir appliqué une analyse de sensibilité pour tenir compte de l’introduction de la SDVM en 2021, une tendance semblable d’augmentation des cas confirmés au fil du temps est demeurée avec des taux annuels plus faibles (figure S3 et figure S4).

Discussion

Comparaison des tendances avec les anciennes et actuelles définitions de cas de la maladie de Lyme

Pour optimiser les ressources en santé publique et renforcer la surveillance, les systèmes de surveillance devraient être évalués périodiquement, en mettant l’accent sur des attributs comme la qualité des données, l’acceptabilité et la valeur prédictive positive Footnote 20.

L’application rétrospective de la définition de cas actuelle de la ML en Nouvelle-Écosse aux cas déclarés de ML de 2018 à 2022 a fait passer le nombre de cas confirmés signalés de 1 745 à 4 238. La principale distinction dans la définition de cas actuelle est l’élimination de l’exigence d’une preuve clinique pour confirmer un cas. Les données cliniques peuvent avoir constitué un obstacle à la présentation des données sur les cas de ML, ce qui a entraîné une sous-déclaration. Cela pourrait être particulièrement vrai lorsque le nombre de cas est élevé, comme on pourrait s’y attendre dans une administration à forte incidence.

Il y a eu un débat sur la sous-déclaration possible des cas de ML dans le cadre de la surveillance humaine, mis en évidence dans les publications du Canada et des États-Unis Footnote 15Footnote 21. Bien que d’autres recherches soient nécessaires pour comprendre les raisons possibles de la sous-déclaration, il se peut que les cliniciens ne signalent pas les symptômes cliniques en raison du temps supplémentaire que cela représente ou ils ne voient pas la valeur des rapports, car les données cliniques ne fournissent pas de renseignements qui pourraient être utilisés pour prévenir les cas de ML Footnote 6Footnote 13. Cela peut s’expliquer par la faible acceptabilité de l’ancienne définition de cas.

Il est également possible qu’une absence réelle de symptômes correspondant à la définition de cas, plutôt que la sous-déclaration des symptômes, explique en partie la différence entre le nombre de cas dans l’ancienne et l’actuelle définition de cas. Si les symptômes n’étaient pas présents, il y a une plus grande probabilité d’inclure de faux positifs avec la définition de cas actuelle. Néanmoins, bien que les informations cliniques améliorent la probabilité de dépistage avant la ML et influe sur la valeur prédictive positive, dans une administration à forte incidence, la proportion de personnes qui obtiennent un résultat positif au test de dépistage et qui sont vraiment positives est plus élevée qu’une administration à faible incidence. Cela est confirmé par deux études sur la ML qui montrent que les taux de séropositivité de la ML en Nouvelle-Écosse sont passés de 1 % à 1,6 % entre 2012 et 2023 Footnote 22Footnote 23.

Les anciennes et actuelles définitions de cas ont montré des tendances similaires pour les taux de ML propres au sexe et à l’âge. Les hommes affichaient des taux plus élevés de ML confirmée et ceux âgés de 5 à 14 ans, de 40 à 59 ans et de 60 ans et plus affichaient les taux les plus élevés de ML selon l’âge. Ces tendances démographiques reflètent les tendances historiques de la répartition de la ML en Nouvelle-Écosse. La zone Ouest a enregistré les taux les plus élevés de cas confirmés de ML, suivie de la zone Nord. Cela suit également les tendances environnementales et historiques dans les zones à risque de ML, où le Sud-Ouest de la Nouvelle-Écosse était la première zone endémique de ML Footnote 5. Avant la modification de la définition de cas de la ML, les exigences variables en matière de charge de travail et le comportement déclaré par les cliniciens peuvent avoir entraîné des méthodes de déclaration incohérentes entre les zones. Par conséquent, les tendances géographiques fondées sur l’ancienne définition de cas peuvent ne pas refléter avec exactitude le fardeau de la maladie dans les zones et ont donc été omises de l’analyse géographique principale.

En ce qui concerne les deux définitions de cas de la ML, le nombre de cas a culminé entre la fin du printemps et la fin de l’été, le plus grand nombre de cas tombe au cours des mois de juin, juillet et août. L’ancienne définition de cas exigeait la collecte de renseignements cliniques, ce qui a donné lieu à des dates de rapport comprenant la date d’apparition des symptômes ou le diagnostic clinique. Le délai dans la date de déclaration, au moment de l’application de la définition de cas actuelle, reflète probablement le délai prévu entre l’apparition des symptômes et la présentation aux fins d’évaluation et d’essai, ce qui contribue aux dates de déclaration ultérieures Footnote 13.

Autres facteurs influençant les tendances des cas de maladie de Lyme

Les autres facteurs qui peuvent avoir contribué aux tendances de ML observées comprennent 1) la pandémie de COVID-19, 2) les changements climatiques, et 3) une sensibilisation et des tests accrus.

La pandémie de COVID-19 a entraîné une perturbation du suivi en santé publique des tests de laboratoire positifs, ce qui s’est traduit par une diminution globale du nombre de cas de ML signalés en 2020. En outre, une réduction plus importante et soutenue du nombre de cas signalés en 2021 et 2022 par rapport aux cas confirmés en laboratoire dans le cadre de la définition de cas actuelle pourrait refléter une capacité réduite de santé publique au cours de ces années. Après la pandémie, le suivi des cas de ML de la santé publique n’a jamais entièrement retrouvé son niveau d’avant la pandémie. Les changements de comportement, comme le temps passé à l’extérieur, peuvent avoir été influencés par la pandémie, ce qui pourrait avoir une incidence sur les cas de ML. De plus, l’incapacité d’accéder aux soins primaires ou le retard dans la prestation des soins primaires peuvent avoir réduit le nombre de cas de ML diagnostiqués et signalés Footnote 24Footnote 25. L’ampleur et la direction exactes de ces effets ne sont pas claires.

Les conséquences des changements climatiques, y compris l’augmentation des températures, peuvent contribuer à l’expansion de l’habitat et des populations hôtes pour les tiques infectées ainsi qu’à l’accroissement de l’activité humaine extérieure, ce qui accroît l’abondance des tiques et le potentiel de transmission de la ML Footnote 4Footnote 10Footnote 26. En Nouvelle-Écosse, comparativement à la période de 30 ans où le climat était stable de 1961 à 1990, les 30 années subséquentes de 1990 à 2020 ont connu une augmentation statistiquement significative de la température moyenne globale pour tous les mois de l’année Footnote 27. En outre, le nombre de jours de gel a diminué au printemps et en automne, le gel se terminant plus tôt au printemps et commençant plus tard en automne, ce qui a entraîné une augmentation du nombre de jours pendant lesquels les tiques peuvent être actives Footnote 27.

À mesure que le nombre de cas de ML a augmenté, la sensibilisation clinique et publique s’est intensifiée, ce qui pourrait contribuer à l’augmentation des comportements de recherche de santé et des soupçons cliniques de ML Footnote 4. Une augmentation du volume de tests sérologiques pour la ML au fil du temps a été observée à l’aide des mesures brutes du volume de tests de laboratoire sur la ML provenant du réseau provincial des laboratoires de santé publique. L’augmentation du nombre de tests permet de détecter et de signaler plus fréquemment les cas de ML.

Introduite le 1er avril 2021, la SDVM s’est révélée être environ 25 % plus sensible pour la détection précoce de la ML avec une spécificité équivalente à celle de la SDVS Footnote 14Footnote 18; cependant, la sensibilité aux stades précoces de la ML est estimée encore relativement faible, à environ 70 % Footnote 18. Il est probable que l’augmentation du nombre de cas observée après le 1er avril 2021 pourrait être attribuée en partie à la sensibilité accrue au dépistage précoce des cas de ML, ce qui permettrait de capturer les cas chez les personnes atteintes d’une infection précoce. Bien que l’on encourage les travailleurs de la santé à traiter les cas d’EM sans test de dépistage de la ML, ce ne sont pas tous les patients atteints d’une infection précoce qui présentent une éruption cutanée, ce qui mène à des tests pour déceler des manifestations atypiques.

Tout comme la SDVS, la SDVM est incapable de faire la distinction entre les infections actives et passées de ML, car la réponse des anticorps à la bactérie peut persister pendant des années après l’infection initiale; par conséquent, un résultat positif en laboratoire peut refléter une infection antérieure plutôt qu’actuelle. L’incidence de cette situation peut augmenter au fil du temps, à mesure que la prévalence des cas de ML augmente Footnote 14.

Limites

Les données brutes de laboratoire de 2018 ont été utilisées, en appliquant rétrospectivement la définition de cas actuelle de la ML. Ainsi, un essai immunoenzymatique positif et des résultats positifs ultérieurs d’IgG ou d’IgM ont été considérés comme confirmatoires, sans égard aux résultats négatifs d’IgM ou d’IgG, conformément à la définition de cas actuelle de la ML en Nouvelle-Écosse. Les données sur l’âge pour 54 % des personnes en 2018 étaient approximatives; toutefois, compte tenu des grandes catégories d’âge, cela a probablement eu une incidence minime sur les tendances observées. De plus, les estimations démographiques publiées pour 2022 ont été appliquées à l’analyse des zones géographiques de 2018–2022 et 2023; au moment de l’analyse, les estimations de la population par zone de 2023 de Statistique Canada n’étaient pas disponibles. Étant donné que les changements démographiques de 2022 à 2023 étaient minimes, l’incidence sur les taux calculés dans cette analyse est probablement mineure.

Conclusion

Après l’application rétrospective de la définition de cas actuelle de la Nouvelle-Écosse aux données de surveillance historiques, il y a eu une augmentation claire du nombre de cas de ML identifiés et une tendance à la hausse de la ML. Bien que la tendance générale à la hausse observée avec la définition de cas actuelle de la ML s’aligne sur les tendances historiques d’expansion de la ML en Nouvelle-Écosse (2009 à 2018), le changement de la définition de cas limite intrinsèquement les comparaisons numériques directes avec les données recueillies selon l’ancienne définition ou avec d’autres administrations en utilisant des critères différents.

Le recours à la définition de cas en laboratoire renforce la capacité du système de surveillance d’atteindre les objectifs du système et de surveiller le fardeau de la ML et les tendances de la ML dans la province. De plus, l’utilisation de données de laboratoire seulement pour surveiller la ML réduit le fardeau des enquêtes sur le personnel de santé publique de première ligne, libérant ainsi des ressources qui peuvent être redirigées vers des campagnes de sensibilisation à la ML afin de prévenir les piqûres de tiques et de promouvoir une gestion appropriée de la ML.

La Nouvelle-Écosse a collaboré avec des partenaires provinciaux et fédéraux dans le cadre d’efforts d’application des connaissances. Des stratégies de communication efficaces, y compris des notes sur les données dans les rapports de surveillance et la mobilisation des fournisseurs de soins de santé, sont essentielles pour expliquer les raisons de l’augmentation observée du nombre de cas signalés et empêcher une mauvaise interprétation des tendances de la ML.

La sous-déclaration constitue une limite importante dans les administrations où l’incidence est élevée, comme la Nouvelle-Écosse, et l’approche en laboratoire améliore l’exactitude, la rapidité, la souplesse et l’acceptabilité de la surveillance de la ML.

Déclaration des auteurs

  • K. N. — Conceptualisation, méthodologie, analyse formelle, rédaction de la version originale, rédaction−révision et édition, visualisation
    J. C. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction−révision et édition, visualisation, gestion
    C. R. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction−révision et édition, visualisation, gestion
    K. M. — Conceptualisation, méthodologie, rédaction−révision et édition, visualisation, gestion
    A. K. — Méthodologie, validation, rédaction−révision et édition
    T. F. H. — Méthodologie, rédaction−révision et édition
    S. L. D. — Conceptualisation, rédaction−révision et édition
    L. P. — Rédaction−révision et édition
    M. T. — Méthodologie, rédaction−révision et édition

Le contenu de cet article et les opinions qui y sont exprimées n’engagent que les auteurs et ne reflètent pas nécessairement ceux du gouvernement du Canada.

Intérêts concurrents

Aucun.

Identifiants ORCID

Kelachi Nsitem — 0009-0003-8747-5753
Todd Hatchette — 0000-0002-5377-2528
Kathryn McIsaac — 0009-0006-0368-3507

Remerciements

Les auteurs remercient toutes les personnes qui ont participé au dépistage et à la déclaration de la maladie de Lyme, les travailleurs provinciaux et régionaux de la santé publique qui recueillent des données et en font rapport par l’entremise de Panorama et le réseau provincial des laboratoires de santé publique, Janice Pettipas, pour son expertise en matière de données, et Dr Robert Strang pour sa contribution au rapport.

Financement

Aucun.

Appendice

Du matériel supplémentaire est disponible sur demande auprès de l’auteur : surveillancedhw@novascotia.ca

Tableau S1 : Définitions des cas de maladie de Lyme

Figure S1 : Taux d’incidence confirmé des cas déclarés de maladie de Lyme par zone, avec l’ancienne définition de cas, 2018–2022

Figure S2 : Volume et taux de tests sérologiques sur la maladie de Lyme en Nouvelle-Écosse, 2018–2023

Figure S3 : Analyse de sensibilité des comptes de cas confirmés de maladie de Lyme et du taux d’incidence, avec l’ancienne définition, 2018–2022

Figure S4 : Analyse de sensibilité des comptes de cas confirmés de maladie de Lyme et du taux d’incidence, avec la définition actuelle, de 2018–2023

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Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 4.0 International

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2026-02-19

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