Synthèse des données probantes – Comprendre les effets des changements climatiques sur la santé mentale d’un point de vue canadien : un examen de la portée

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Publié par : L'Agence de la santé publique du Canada
Date de publication : juillet/août 2026
ISSN: 2368-7398
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Sarah V.C. Lawrason, Ph. D.; Salah U. Khan, Ph. D.; Amy Farrow, M. Sc.; Mathilde Lavigne‑Robichaud, Ph. D.; Cailey Ellis, M.S.P.; Nana Amankwah, M. Sc.; Rojiemiahd Edjoc, Ph. D.; Seana N. Semchishen, M. Sc.
https://doi.org/10.24095/hpcdp.46.7/8.01f
Cet article a fait l’objet d’une évaluation par les pairs.
Attribution suggérée
Synthèse des données probantes par Lawrason SVC et al. dans la Revue PSPMC mise à disposition selon les termes de la licence internationale Creative Commons Attribution 4.0
Rattachement des auteurs
Agence de la santé publique du Canada, Ottawa (Ontario), Canada
Correspondance
Sarah Lawrason, Agence de la santé publique du Canada, 785, av. Carling, Ottawa (Ontario) K1A 0K9; courriel : sarahlawrason@hotmail.com
Citation proposée
Lawrason SVC, Khan SU, Farrow A, Lavigne-Robichaud M, Ellis C, Amankwah N, Edjoc R, Semchishen SN. Comprendre les effets des changements climatiques sur la santé mentale d’un point de vue canadien : un examen de la portée. 2026;46(7/8):277-310. https://doi.org/10.24095/hpcdp.46.7/8.01f
Résumé
Introduction : Les changements climatiques, que ce soient les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes (incendies de forêt, inondations, chaleur extrême, etc.) ou les changements environnementaux graduels (modification des schémas saisonniers, dégradation des écosystèmes, etc.), constituent une menace croissante pour la santé au Canada. Si les effets sur la santé physique sont bien documentés, les conséquences sur la santé mentale n’ont que récemment suscité l’intérêt des chercheurs. Cet examen de la portée présente une synthèse des recherches portant sur les effets des événements météorologiques liés au climat sur la santé mentale au sein de diverses populations et régions du Canada.
Méthodologie : En suivant le cadre méthodologique à cinq étapes élaboré par Arksey et O’Malley pour les examens de la portée, nous avons analysé 72 études publiées entre 1990 et 2024. Les effets sur la santé mentale ont été classés par types d’événements météorologiques et climatiques, facteurs d’exposition, sous-groupes de population et résultats en fonction de la durée de l’impact.
Résultats : La dépression, l’anxiété et le trouble de stress post-traumatique (TSPT) ont été les problèmes de santé mentale les plus fréquemment signalés, en particulier à la suite d’incendies de forêt et d’inondations. Les expositions liées au climat, en particulier la perte de biens, le déplacement et la perturbation des moyens de subsistance, ont été désignées comme constituant des facteurs clés à l’origine de la détresse psychologique. Les populations vulnérables, notamment les Autochtones, les jeunes, les femmes, les groupes à faible revenu et les personnes déjà atteintes de maladies, ont été touchées de manière disproportionnée. De nouvelles préoccupations incluant l’éco-anxiété et le deuil environnemental ont été fréquemment signalées, en particulier dans le cadre d’études qualitatives. Les effets à long terme des changements climatiques sur la santé mentale ont été démontrés dans plus de la moitié des études incluses dans notre examen, ce qui souligne la nature durable de ces effets.
Conclusion : Malgré des données probantes de plus en plus nombreuses, des lacunes subsistent quant à la compréhension des expositions spécifiques à certaines régions, des facteurs de stress climatiques graduels et des interventions protectrices. Cette étude souligne la nécessité de mener des recherches ciblées, d’élaborer des politiques et de mettre en place des programmes de santé mentale afin de lutter contre les disparités liées au climat et d’améliorer la résilience des diverses populations du Canada.
Mots-clés : changements climatiques, santé mentale, Canada, examen de la portée
Points saillants
- Nous avons procédé à un examen de la portée afin de synthétiser la recherche effectuée sur les changements climatiques et la santé mentale au Canada.
- Les incendies de forêt, les inondations et les événements de chaleur extrême sont liés à une augmentation des cas de dépression, d’anxiété et de trouble de stress post-traumatique.
- Les groupes déjà confrontés à des enjeux, notamment les Autochtones, les jeunes, les femmes et les personnes à faible revenu, sont particulièrement exposés.
- L’éco-anxiété et le deuil environnemental attribuables aux pertes environnementales sont en augmentation, et les collectivités vulnérables ont besoin d’un soutien accru.
Introduction
Les changements climatiques au Canada engendrent à la fois des événements météorologiques et climatiques extrêmes et aigus (événements météorologiques ou risques spécifiques tels qu’inondations, tornades et incendies de forêt) et des changements environnementaux graduels (modifications à plus long terme des régimes climatiques, dont l’élévation du niveau de la mer et la hausse des températures). Les changements climatiques ont de vastes répercussions sur la société : ils nuisent aux écosystèmes, ils perturbent la stabilité des ressources alimentaires et hydriques et ils érodent les habitats et le patrimoine culturel. Plusieurs régions du Canada subissent des effets plus importants engendrés par les changements climatiques : une étude a montré que les coûts des sinistres assurés liés aux conditions météorologiques entre 2010 et 2019 étaient deux fois plus élevés que ceux signalés entre 1983 et 2009Note de bas de page 1.
Des recherches ont démontré les impacts des changements climatiques sur la santé physique et la sécurité (les températures plus élevées sont associées à un nombre plus élevé d’hospitalisations en raison de troubles cardiovasculaires)Note de bas de page 2. Des études récentes ont plutôt mis en évidence les effets négatifs des changements climatiques sur la santé mentale et le bien-êtreNote de bas de page 3Note de bas de page 4. Par exemple, un document d’orientation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publié en 2022 a souligné la façon dont les risques climatiques (p. ex., tempêtes), les risques environnementaux à long terme (p. ex., eau contaminée) et les vulnérabilités individuelles (p. ex., problèmes de santé préexistants) peuvent, en synergie, se répercuter sur la santé mentaleNote de bas de page 5. De plus, le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat met en lumière les risques croissants posés par les changements climatiques sur la santé mentale et le bien-être, et demande que des stratégies d’adaptation soient mises en place de façon urgente pour atténuer ces risquesNote de bas de page 6. Une atténuation adéquate des risques permettra d’éviter des conséquences telles que les déplacements, les perturbations culturelles et les inégalités sociales, ou d’en réduire la gravité.
Les changements climatiques peuvent avoir des conséquences sur la santé mentale par des voies directes, notamment en raison des effets psychologiques immédiats engendrés par des événements extrêmes en raison d’une exposition plus fréquente au danger physique, au stress chronique et à des taux élevés de violence et d’agressionNote de bas de page 7. Les voies indirectes concernent les effets graduels de l’exposition à long terme à la dégradation environnementale et sociale sur les collectivités, par exemple les dommages aux maisons et aux infrastructures, des impacts plus fréquents sur la santé physique et des répercussions négatives sur les moyens de subsistance et la socialisationNote de bas de page 7. Les recherches, dont une étude d’envergure mondiale, soulignent que des événements tels que les incendies de forêt et les inondations sont particulièrement préjudiciables à la santé mentale, en particulier parmi les groupes à risque tels que les enfants, les Autochtones, les femmes, les personnes à revenu faible ou moyen et les personnes souffrant de maladies préexistantesNote de bas de page 8Note de bas de page 9.
On prévoit que les changements climatiques entraîneront des changements systémiques de l’économie et des écosystèmes du Canada, et la santé mentale de la population pourrait se détériorer en raison d’une augmentation des préoccupations, des traumatismes, des cas de dépression et des comportements suicidairesNote de bas de page 10Note de bas de page 11. Santé Canada a récemment publié un rapport sur les changements climatiques comportant un chapitre complet consacré à la santé mentale et résumant le fardeau croissant de la maladie mentale au Canada en raison des changements climatiquesNote de bas de page 10. Toutefois, il faut aller plus loin afin de mieux comprendre les mécanismes particuliers qui contribuent aux répercussions des changements climatiques sur la santé mentale au Canada, afin que les interventions en matière de politiques et de programmes puissent être élaborées de manière appropriée. Par exemple, le Canada connaît des événements environnementaux extrêmes et graduels sans équivalent dans diverses régions, en particulier des sécheresses, des inondations, des incendies de forêt et des épisodes de chaleur extrême. Il est nécessaire d’évaluer dans quelle mesure les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes et les changements graduels qui affectent le climat en contexte canadien peuvent influencer la santé mentale.
L’objectif de cet examen de la portée est de comprendre l’incidence des différents événements et changements météorologiques et climatiques sur les résultats en matière de santé mentale de la population. Nous avons cherché à déterminer les risques auxquels était confrontée la population canadienne ainsi que les effets disproportionnés que peuvent avoir ces risques sur les populations méritant l’équité. Pour atteindre cet objectif, nous avons : 1) synthétisé la littérature disponible sur les événements météorologiques et climatiques et leurs effets sur la santé mentale, 2) évalué les facteurs d’exposition qui entraînent une détérioration de la santé mentale et 3) rendu compte de la durée des effets sur la santé mentale. Cet examen n’avait pas pour but de refaire la démonstration du lien – dans une certaine mesure intuitif - entre santé mentale et changements climatiques, mais plutôt de préciser les effets des événements climatiques sur la santé mentale au sein de différentes populations et à différents moments en contexte canadien. En opposant événements extrêmes et événements graduels ou perçus comme tels, nous mettons en évidence leur impact sur un ensemble différentiel de résultats en matière de santé mentale. Ce faisant, les répercussions engendrées par le climat sur la santé mentale ne sont plus considérées comme un résultat isolé, mais comme un ensemble de processus dépendant du contexte et tenant compte de l’équité.
Méthodologie
Nous avons procédé à un examen de la portée dans le but de synthétiser les informations sur les résultats négatifs en matière de santé mentale engendrés par les événements météorologiques attribuables aux changements climatiques au Canada. Le cadre en cinq étapes pour les examens de la portée élaboré par Arksey et O’MalleyNote de bas de page 12 (définition de la question de recherche, recensement des études pertinentes, sélection des études, organisation des données et regroupement des résultats) a orienté la stratégie et l’approche utilisées dans le cadre de notre examen. En raison de l’ampleur de la question des changements climatiques, de l’hétérogénéité manifeste entre les études et du manque de données descriptives et quantitatives, nous n’avons pas effectué de méta-analyse. Le projet de recherche a été approuvé par le Comité d’examen des projets scientifiques de l’Agence de santé publique du Canada, et le protocole utilisé n’est pas accessible au public. Le protocole et la méthode d’extraction d’articles ont été élaborés a priori.
Étape 1 : définition de la question de recherche
À l’issue de consultations auprès de chercheurs et d’analystes des politiques de l’Agence de la santé publique du Canada, la question de recherche principale a été définie sous la forme suivante : « Que nous apprend la littérature sur la relation entre les changements climatiques et la santé mentale des Canadiens? » Nous nous sommes intéressés aux changements climatiques de catégories extrêmes et graduelles (à la fois l’exposition directe aux événements extrêmes et l’inquiétude générale concernant le changement climatique), aux états mentaux pathologiques et non pathologiques (respectivement diagnostic de dépression et éco-anxiété) et à toutes les populations.
Étape 2 : recensement des études pertinentes
La stratégie de recherche a été élaborée par les auteurs de l’étude, en collaboration avec une bibliothécaire de l’Agence de santé publique du Canada. La recherche s’est appuyée sur des analyses antérieures portant sur les changements climatiques et la santé mentaleNote de bas de page 8Note de bas de page 9. Les termes de recherche relevaient des catégories suivantes : changements climatiques (et événements météorologiques, par exemple, incendies de forêt, gaz à effet de serre) ET effets négatifs sur la santé mentale (p. ex. troubles de l’humeur, éco-anxiété, dépression). La stratégie complète est disponible à l’annexe A.
La bibliothécaire a recherché les articles publiés entre 1990 et 2022 dans les bases de données Medline, Embase et PsycINFO et a effectué une recherche d’articles par pays, publiés de 1990 à la date de la recherche (18 janvier 2023). Une recherche actualisée a été réalisée le 19 décembre 2024 afin de prendre en compte les articles publiés entre 2022 et 2024. Une élimination des doublons a été effectuée dans Covidence, et une recherche manuelle des listes de référence des études incluses a été effectuée pour obtenir d’autres articles pertinents.
Une recherche dans la littérature grise a également été effectuée. La bibliothécaire a suggéré certaines bases de données et une stratégie de recherche. Les bases de données suivantes ont été consultées en utilisant les termes clés mentionnés précédemment : Agence des médicaments du Canada – Matière grise, Thèses Canada, Web of Science Core Collection (limité au Conference Proceedings Citation Index), BIOSIS Citation Index, Scopus et ADAPTATIONSanté. Les résultats obtenus ont fait l’objet d’un filtrage manuel afin d’éliminer les doublons.
Étape 3 : sélection des études
Cet examen a porté à la fois sur le titre et le résumé et sur le texte intégral. Avant l’examen, trois évaluateurs indépendants ont testé la fiabilité de l’outil de sélection des articles à l’aide d’un échantillon de résumés. Les articles ont fait l’objet d’une sélection indépendante par titre/résumé en fonction des critères d’inclusion, puis les articles retenus ont subi une nouvelle étape de sélection en fonction du texte intégral. Les évaluateurs ont consulté d’autres co-auteurs de cet article lorsque des questions à régler apparaissaient. Les évaluateurs se sont régulièrement réunis pour harmoniser les éléments extraits et discuter des divergences éventuelles. Tous ont eu accès aux titres des études et aux noms des auteurs ou des institutions.
Les articles ont été inclus dans l’examen de la portée s’ils concernaient des Canadiens (de tout âge), s’ils mentionnaient la présence d’un ou de plusieurs événements météorologiques liés aux changements climatiques, s’ils faisaient état d’un résultat en matière de santé mentale et s’il s’agissait d’études de recherche primaires. Nous avons prévu des critères d’inclusion larges afin de pouvoir cartographier la littérature de manière appropriée et recenser les lacunes de la littérature empirique en contexte canadien. L’examen a été limité aux recherches primaires afin d’assurer une cohérence quant à la conception des études et à la présentation des résultats. Les articles qui ne répondaient pas à tous les critères d’inclusion ou qui n’étaient pas publiés en anglais ou en français (langues officielles du Canada) ont été exclus. Les articles portant sur des populations combinant le Canada et d’autres pays ont également été exclus. La figure 1 présente l’organigramme PRISMA (Moher et al., 2009) décrivant les étapes de notre stratégie de recherche.
Figure 1 : Texte descriptif
Cette figure illustre l’organigramme PRISMA du processus de recensement et de sélection des études. Les articles ont été recensés au moyen de recherches dans des bases de données et des registres.
Dans la phase de recensement, des publications ont été identifiées par une recherche effectuée en 2023 (n = 1351), par une recherche effectuée en 2024 (n = 506) et dans la littérature grise (n = 65). Avant la sélection, n = 106 doublons ont été éliminés.
Dans la phase de sélection, n = 1816 publications ont été sélectionnées sur la base du titre et du résumé, et n = 1651 publications ont été ainsi exclues. Les n = 165 publications restantes ont été sélectionnées en fonction du texte intégral, dont n = 95 ont été exclues. Deux (2) études ont été recensées dans le cadre d’une recherche manuelle à cette étape, pour un total de n = 72 études incluses dans l’examen.
Source : Page MJ, McKenzie JE, Bossuyt PM, et al. The PRISMA 2020 statement: an updated guideline for reporting systematic reviews. BMJ. 2021;372:n71. https://doi.org/10.1136/bmj.n71
Étape 4 : organisation des données
Deux évaluateurs indépendants ont procédé à l’extraction des données. Les auteurs ont discuté de l’outil avant d’extraire les données afin d’en garantir la clarté et la cohérence. Les informations suivantes ont été extraites de chaque article : auteur(s), année de publication, titre, conception de l’étude, taille de l’échantillon, population et sous-groupes, lieu, type de données recueillies, événement climatique, résultats en matière de santé mentale, informations sur l’équité en matière de santé et principales conclusions. Les inconsistances soulevées par les auteurs ont été résolues par discussion. Les auteurs n’ont pas participé en aveugle à l’extraction des données et à l’établissement des tableaux.
Étape 5 : réunir, synthétiser et communiquer les résultats
Les résultats ont été synthétisés en fonction du type d’événement, des conséquences sur la santé mentale, de la durée de l’impact et des facteurs potentiels influençant le lien entre l’exposition et les conséquences. Les événements climatiques ont été classés en fonction du type d’événement, extrême ou graduel (p. ex., événements extrêmes, en particulier inondations et incendies de forêt, et événements graduels tels que le changement climatique général perçu). Les résultats en matière de santé mentale ont été classés en fonction des résultats mentionnés dans les articles (p. ex., anxiété, dépression, trouble de stress post-traumatique [TSPT]). La présence de symptômes ou de diagnostics liés à des problèmes de santé mentale ou de comportement a été utilisée pour déterminer la présence d’effets sur la santé mentaleNote de bas de page 7. La durée des effets sur la santé mentale a été catégorisée du début de l’exposition à la mesure du résultat selon le cadre proposé par Berry et al.Note de bas de page 7 : durée courte (≤ 2 mois), durée moyenne (> 2 et ≤ 11 mois) et longue durée (≥ 1 an). Les estimations de prévalence des variables de santé mentale ont été définies en fonction d’un diagnostic posé par un professionnel de la santé, de l’autodéclaration d’un diagnostic préexistant ou de l’utilisation d’une échelle validée dans le cadre d’un questionnaire. Les études qualitatives qui mentionnaient la présence de problèmes de santé mentale dans les entretiens ne fournissaient pas d’évaluation ou de diagnostic de la santé mentale, mais nous avons extrait des thèmes relatifs à la santé mentale de ces études pour alimenter l’analyse des facteurs d’exposition. Les termes relatifs aux expositions et aux effets sur la santé mentale qui apparaissaient le plus souvent de façon combinée ont été utilisés pour déterminer les facteurs d’impact du changement climatique et de la santé mentale à partir des éléments narratifs. Il est important de préciser qu’il ne s’agissait en aucun cas de définir des voies de causalité, mais plutôt des hypothèses ou un cadre potentiel. Nous avons effectué une analyse descriptive et une synthèse narrative des estimations ponctuelles des résultats en matière de santé mentale, de la distribution géographique, du climat et des types d’événements climatiques et météorologiques extrêmes.
Résultats
Articles recensés
Les recherches effectuées en 2023 ont permis de recenser 1 351 articles, les recherches effectuées en 2024 ont permis de recenser 506 articles supplémentaires et les recherches dans la littérature grise ont généré 65 résultats, pour un total de 1 816 articles, après élimination des doublons (voir figure 1). Après sélection sur la base des titres et résumés puis du texte intégral, 72 articles répondaient aux critères d’inclusion (voir l’annexe B pour la liste des articles inclus). Un article a été trouvé dans la littérature grise (par le biais d’ADAPTATIONSanté). Parmi ces articles, 49 étaient quantitatifs, 21 étaient qualitatifs et 2 avaient recours à des méthodes mixtes. Les caractéristiques des articles figurent dans le tableau 1 et les données extraites de chaque article sont présentées dans le tableau 2.
| Auteur | Titre | Province et secteur | Événement climatique | Évaluation de la santé mentale |
|---|---|---|---|---|
| Adu, 2022 | Five years after the Fort McMurray wildfire: prevalence and correlates of low resilience | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : incendie de forêt | Questionnaires : PHQ-9, GAD-7, PCL-C, BRS |
| Adu, 2024 | Exploring the prevalence and predictors of low resilience and likely PTSD in residents of two provinces in Canada during the 2023 wildfires | Alberta et Nouvelle-Écosse | Événement précis : incendie de forêt | Questionnaire : PCL-C |
| B. Agyapong, 2022a | Mental health impacts of wildfire, flooding and COVID-19 on Fort McMurray school board staff and other employees: a comparative study | Fort McMurray (Alb.) | Événements précis : incendie de forêt, inondation | Questionnaires : Autoévaluation ponctuelle, GAD-7, PHQ-9, PCL-C, BRS |
| B. Agyapong, 2022b | Cumulative trauma from multiple natural disasters increases mental health burden on residents of Fort McMurray | Fort McMurray (Alb.) | Événements précis : incendie de forêt, inondation | Questionnaires : Autoévaluation ponctuelle, GAD-7, PHQ-9, PCL-C, BRS |
| B. Agyapong, 2022c | Self-reported alcohol abuse and the desire to receive mental health counselling predict suicidal thoughts/thoughts of self-harm among female residents of Fort McMurray | Fort McMurray (Alb.) | Événements précis : incendie de forêt, inondation | Questionnaires : Autoévaluation ponctuelle, PHQ-9, GAD-7, PCL-C, BRS |
| V. Agyapong, 2018 | Prevalence rates and predictors of generalized anxiety disorder symptoms in residents of Fort McMurray six months after a wildfire | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : incendie de forêt | Questionnaires : GAD-7, AUDIT, DUDIT |
| V. Agyapong, 2020 | Long-term mental health effects of a devastating wildfire are amplified by socio-demographic and clinical antecedents in elementary and high school staff | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : incendie de forêt | Questionnaires : Autoévaluation ponctuelle, PHQ-9, GAD-7, PCL-5, AUDIT, DUDIT |
| V. Agyapong, 2021 | Prevalence rates and correlates of likely post-traumatic stress disorder in residents of Fort McMurray 6 months after a wildfire | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : incendie de forêt | Questionnaires : PCL-5, AUDIT, DUDIT |
| Auger, 2000 | L’état de stress post-traumatique : l’après-déluge au Saguenay | Chicoutimi (Québec) | Événement précis : inondation | Questionnaires : PTSD Reaction Index, questionnaire d’autorégulation |
| Beaumier, 2010 | Food insecurity among Inuit women exacerbated by socio-economic stresses and climate change | Igloolik (Nunavut) | Changement climatique perçu : changement des conditions environnementales (libération de la glace plus tardive et plus longue, glace plus fine, augmentation des températures, changement des conditions météorologiques) | Évaluation qualitative : entrevues semi-structurées et groupes de discussion avec des femmes inuites, et entrevues avec des professionnels de la santé |
| Bélanger, 2014 | Perceived adverse health effects of heat and their determinants in deprived neighbourhoods: a cross-sectional survey of nine cities in Canada | Québec (neuf villes non spécifiées) | Événement précis : chaleur extrême | Évaluation qualitative : entrevues Questionnaire : Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) |
| Belleville, 2019 | Post-traumatic stress among evacuees from the 2016 Fort McMurray wildfires: exploration of psychological and sleep symptoms three months after the evacuation | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : incendie de forêt | Questionnaires : PCL-5, PHQ-9, ISI, PTCI, WCQ, PSQI, PSQI-A Entrevues diagnostiques : CAPS, MINI |
| Belleville, 2021 | Psychological symptoms among evacuees from the 2016 Fort McMurray wildfires: a population-based survey one year later | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : incendie de forêt | Questionnaires : PCL-5, ISI, PHQ-9, GAD-7, CAGE |
| Brown, 2019a | Significant PTSD and other mental health effects present 18 months after the Fort McMurray wildfire: findings from 3070 grade 7–12 students | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : incendie de forêt | Questionnaires : CPSS, HADS, PHQ-A, CRAFFT, questionnaire sur le tabagisme, échelle d’estime de soi de Rosenberg, questionnaire KIDSCREEN, CYRM |
| Brown, 2019b | After the Fort McMurray wildfire there are significant increases in mental health symptoms in grade 7–12 students compared to controls | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : incendie de forêt | Questionnaires : HADS, PHQ-A, CRAFFT, questionnaire sur le tabagisme, échelle d’estime de soi de Rosenberg, questionnaire KIDSCREEN |
| Brown, 2021 | Mental health symptoms unexpectedly increased in students aged 11–19 years during the 3.5 years after the 2016 Fort McMurray wildfire: findings from 9376 survey responses | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : incendie de forêt | Questionnaires : CPSS-19, PHQ-A-11, HADS-9, CRAFFT, questionnaire sur le tabagisme, échelle d’estime de soi de Rosenberg, questionnaire KIDSCREEN, CYRM |
| Bunce, 2016 | Vulnerability and adaptive capacity of Inuit women to climate change: a case study from Iqaluit, Nunavut | Iqaluit (Nunavut) | Changements climatiques perçus : augmentation des températures, modifications de la couverture de neige et de glace (p. ex. glace plus fine), événements plus fréquents de chute de pluie sur de la neige | Évaluation qualitative : entrevues, groupes de discussion |
| Chapola, 2024 | Climate change and its impact on the mental health well-being of Indigenous women in Western cities, Canada | Ouest du Canada | Changements climatiques perçus : inquiétude générale |
Évaluation qualitative : discussions narratives |
| Cherry, 2017 | Effects of the Fort McMurray wildfires on the health of evacuated workers: follow-up of 2 cohorts | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : incendie de forêt | Questionnaire : HADS |
| Cunsolo, 2020 | “You can never replace the caribou”: Inuit experiences of ecological grief from caribou declines | Nunatsiavut et NunatuKavut (T.‑N.-L.) | Changements climatiques perçus : changement rapide de l’environnement climatique (p. ex. réchauffement) | Évaluation qualitative : entrevues |
| Cunsolo Willox, 2012 | “From this place and of this place:” climate change, sense of place, and health in Nunatsiavut, Canada | Rigolet, Nunatsiavut (T.-N.-L.) | Changements climatiques perçus : changements touchant les précipitations, températures et schémas météorologiques locaux | Évaluation qualitative : entrevues Questionnaire : Sondage sur la détresse environnementale de Higginbotham et collab. (2007) |
| Cunsolo Willox, 2013a | The land enriches the soul: on climatic and environmental change, affect, and emotional health and well-being in Rigolet, Nunatsiavut, Canada | Rigolet, Nunatsiavut (T.-N.-L.) | Changements climatiques perçus : modifications des conditions météorologiques, de la neige, de la glace, de la faune et de la flore, et fluctuations des températures saisonnières | Évaluation qualitative : entrevues |
| Cunsolo Willox, 2013b | Climate change and mental health: an exploratory case study from Rigolet, Nunatsiavut, Canada | Rigolet, Nunatsiavut (T.-N.-L.) | Changements climatiques perçus : modification de la glace de mer, de la neige et des températures saisonnières et des schémas de migration de la faune en raison du réchauffement des températures | Évaluation qualitative : entrevues |
| Dodd, 2018 | Lived experience of a record wildfire season in the Northwest Territories, Canada | Yellowknife, communautés N’Dilo, Detah et Kakisa (T. N.-O.) | Événement précis : incendies de forêt | Évaluation qualitative : entrevues |
| Fuentes, 2020 | Impacts of environmental changes on well-being in Indigenous communities in Eastern Canada | Québec et Ontario (Ouje-Bougoumou, Opitciwan, Pikogan, Wahgoshig) | Changements climatiques perçus : changements à évolution lente liés aux changements climatiques | Questionnaires : Échelle de détresse environnementale, CD-RISC 10 |
| Galway, 2022 | Exploring climate emotions in Canada’s Provincial North | Prince George (C.‑B.) et Thunder Bay (Ont.) | Changements climatiques perçus : augmentation de la prévalence des événements extrêmes liés au climat (inondations et incendies de forêt) | Questionnaire : Enquête ponctuelle sur la santé mentale |
| Galway, 2023 | Climate emotions and anxiety among young people in Canada: a national survey and call to action | Canada | Changements climatiques perçus : inquiétude générale | Questionnaire : Enquête ponctuelle sur les émotions liées au climat |
| Gignac, 2003 | Living with a chronic disabling illness and then some: data from the 1998 ice storm | Kingston (Ont.) | Événement précis : tempête de verglas | Questionnaire : CES-D |
| Harper, 2015 | Climate-sensitive health priorities in Nunatsiavut, Canada | Nunatsiavut (T.-N.-L.) | Changements climatiques perçus : changements touchant la température, la neige, la glace, la pluie ou les conditions météorologiques constatés au cours de la vie | Évaluation qualitative : entrevues |
| Hayes, 2020 | Psychosocial adaptation to climate change in High River, Alberta: implications for policy and practice | High River (Alb.) | Événement précis : inondation | Évaluation qualitative : entrevues |
| Hetherington, 2018 | Risk and protective factors for mental health and community cohesion after the 2013 Calgary flood | Calgary (Alb.) | Événement précis : inondations | Questionnaires : CES-D, SSAI, IES-R |
| Iskandar, 1999 | Réactions de crise dans une communauté exposée à un désastre naturel. Répercussions psychosociales de la tempête de verglas à Montréal | Montréal (Québec) | Événement précis : tempête de verglas | Dossiers de santé |
| Khalafzai, 2021 | Spring flooding and recurring evacuations of Kashechewan First Nation, northern Ontario, Canada | Rivière Albany, Première Nation de Kashechewan (Ontario) | Événement précis : inondations (nombreuses inondations survenues en 1966, 1972, 1976, 1985 et 2006) | Évaluation qualitative : entrevues |
| Lavigne, 2023 | The effect modification of extreme temperatures on mental and behaviour disorders by environmental factors and individual-level characteristics in Canada | Alberta et Ontario (5 régions sanitaires de la province de l’Alberta et 35 régions sanitaires de la province de l’Ontario) | Événement précis : variations des températures extérieures extrêmes (exposition à la chaleur ou au froid, variant de −34,85 °C à 31,61 °C) | Dossiers de santé : CIM-10 |
| Lede, 2021 | The role of multiple stressors in adaptation to climate change in the Canadian Arctic | Paulatuk (T. N.-O.) | Changements climatiques perçus : événements météorologiques moins prévisibles, plus violents et plus courts (p. ex. érosion, effondrements, glissements de terrain, gel de la glace de mer plus tardif et débâcle plus précoce, périodes de fonte inattendues), changements touchant la santé et la disponibilité de la faune | Évaluation qualitative : entrevues, observation |
| Lee, 2023 | Chronic diseases associated with mortality in British Columbia, Canada during the 2021 western North America extreme heat event | Colombie-Britannique |
Événement précis : chaleur extrême |
Dossiers de santé : Dossiers de l’état civil de la Colombie-Britannique (codes CIM-10) |
| Léger-Goodes, 2023 | How children make sense of climate change: a descriptive qualitative study of eco-anxiety in parent-child dyads | Montréal et Sherbrooke (Québec) |
Changements climatiques perçus : inquiétude générale |
Méthodes mixtes : entrevues qualitatives avec les enfants et les parents, questionnaire destiné aux parents |
| Lukacs, 2023 | The concerned steward effect: exploring the relationship between climate anxiety, psychological distress, and self-reported climate related behavioural engagement | Colombie-Britannique |
Changements climatiques perçus : inquiétude générale |
Questionnaires : scores autodéclarés d’engagement comportemental lié au climat, scores à l’échelle d’anxiété liée au changement climatique et scores à l’échelle de détresse psychologique de Kessler |
| Lutz, 2023 | Eco-anxiety in daily life: relationships with well-being and pro-environmental behavior |
Ottawa (Ontario) | Changements climatiques perçus : inquiétude générale | Évaluation qualitative : étude de journal personnel |
| Maltais, 2000 | L’état de santé psychologique et physique des sinistrés des inondations de juillet 1996 : étude comparative entre sinistrés et non sinistrés | Saguenay (Québec) | Événement précis : inondation | Questionnaires : ABS, IES, BDI, GHQ-12 |
| Maltais, 2009a | Inondation au Québec : étude longitudinale des effets à long terme de la santé psychologique | Saguenay (Québec) | Événement précis : inondation | Questionnaires : ABS, BDI, GHQ-12 |
| Maltais, 2009b | Conséquences de la tempête de verglas en Montérégie : santé psychosociale et performance au travail des intervenants | Montérégie (Québec) | Événement précis : tempête de verglas | Évaluation qualitative : entrevues |
| Man, 2024 | Eco-depression and eco-anxiety among youth: a sex and gender analysis | Ontario | Changements climatiques perçus : inquiétude générale | Questionnaires : Enquête de 2021 sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l’Ontario, échelle de détresse psychologique de Kessler |
| Mao, 2022 | Posttraumatic stress disorder, major depressive disorder, and wildfires: a fifth-year postdisaster evaluation among residents of Fort McMurray | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : incendie de forêt | Questionnaires : PHQ-9, PCL-C |
| McDonald-Harker, 2021 | Social-ecological factors associated with higher levels of resilience in children and youth after disaster: the importance of caregiver and peer support | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : incendie de forêt | Méthodes mixtes : questionnaire (CYRM-28) et entrevues |
| Middleton, 2020 | “We're people of the snow”: weather, climate change, and Inuit mental wellness | Nunatsiavut (T.‑N.‑L.) | Changements climatiques perçus : événements météorologiques moins prévisibles, plus violents et de plus courte durée, changements touchant la santé et la disponibilité de la faune | Évaluation qualitative : entrevues |
| Middleton, 2021 | Temperature and place associations with Inuit mental health in the context of climate change | Nunatsiavut (T.‑N.‑L.) | Événement précis : exposition à des températures élevées | Dossiers de santé : CIM-9 ou CIM-10 |
| Moosavi, 2019 | Mental health effects in primary care patients 18 months after a major wildfire in Fort McMurray: risk increased by social demographic issues, clinical antecedents, and degree of fire exposure | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : incendie de forêt | Questionnaires : PCL-5, PHQ-9, GAD-7, AUDIT, DUDIT |
| Norberg, 2022 | How do non-catastrophic natural disasters impact middle-aged-to-older persons? Using baseline Canadian Longitudinal Study on Aging data to explore psychological outcomes associated with the 2013 Calgary flood | Calgary (Alb.) | Événement précis : inondation | Questionnaire et diagnostic : PC‑PTSD (Primary Care Posttraumatic Stress Disorder), CES-D, anxiété diagnostiquée par un médecin |
| Obuobi-Donkor, 2022 | Evaluating community resilience and associated factors one year after the catastrophic Fort McMurray flood | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : inondation | Questionnaire : BRS |
| Obuobi-Donkor, 2024a | 2023 wildfires in Canada: living in wildfire regions in Alberta and Nova Scotia doubled the odds for residents to experience likely generalized anxiety disorder symptoms | Alberta et Nouvelle-Écosse | Événement précis : incendie de forêt | Questionnaires : GAD-7, autres questionnaires ponctuels non décrits |
| Obuobi-Donkor, 2024b | Mitigating psychological problems associated with the 2023 wildfires in Alberta and Nova Scotia: six-week outcomes from the Text4Hope program | Alberta et Nouvelle-Écosse | Événement précis : incendie de forêt | Questionnaires : PHQ-9, GAD-7, PCL-C, BRS, OMS-5, PHQ-9 |
| Oluwasina, 2023 | Evaluating the prevalence and correlates of major depressive disorder among residents of Fort McMurray, Canada, one year after a devastating flood | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : inondation | Questionnaire : PHQ-9 |
| Owusu, 2022 | Prevalence and determinants of generalized anxiety disorder symptoms in residents of Fort McMurray 12 months following the 2020 flooding | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : inondation | Questionnaire : GAD-7 |
| Pazderka, 2021a | Model of posttraumatic growth in newly traumatized vs. retraumatized adolescents | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : incendie de forêt | Questionnaires : PHQ-A, HADS, CPSS, CRAFFT, CYRM-11 |
| Pazderka, 2021b | Collective trauma and mental health in adolescents: a retrospective cohort study of the effects of retraumatization | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : incendie de forêt | Questionnaires : PHQ-A, HADS, CPSS |
| Petrasek MacDonald, 2015 | Protective factors for mental health and well-being in a changing climate: perspectives from Inuit youth in Nunatsiavut, Labrador | Nunatsiavut (T.‑N.‑L.) | Changements climatiques perçus : modification de la glace de mer et des conditions météorologiques | Évaluation qualitative : entrevues |
| Philippe, 2020 | Cognitive integration of personal or public events affects mental health: examining memory networks in a case of natural flooding disaster | Région métropolitaine de Montréal (Québec) | Événement précis : inondation | Questionnaires : PHQ-9, Inventaire d’anxiété de Beck |
| Stone, 2024 | “It’s not something we like to think about because it’s so devastating”: understanding Eastern Canadian young women’s mental health in our changing climate | Nouvelle-Écosse | Changements climatiques perçus : changements généraux | Évaluation qualitative : entrevues |
| Tilstra, 2022 | Exploring socio-environmental effects on community health in Edmonton, Canada to understand older adult and immigrant risk in a changing climate | Edmonton (Alb.) | Événement précis : pollution atmosphérique, température | Dossiers de santé : CIM-10 |
| Tupinier Martin, 2024 | The relationship between hot temperatures and hospital admissions for psychosis in adults diagnosed with schizophrenia: a case-crossover study in Quebec, Canada | Québec | Événement précis : température | Dossiers de santé : CIM-10 |
| Turcotte-Tremblay, 2024 | Adolescents' impairment due to climate anxiety is associated with self-efficacy and behavioral engagement: a cross-sectional analysis in Quebec (Canada) | Québec | Changements climatiques perçus : inquiétude générale | Questionnaires : échelle d’anxiété climatique de Clayton et coll. (2020), GAD-7, National Longitudinal Study of Adolescent Health, School Connectedness Scale |
| Turmel, 2023 | Vagues de chaleur en contexte de changements climatiques – Annexe 2 Projet CASSSIOPÉE : capacité d’adaptation des systèmes de santé et services sociaux à protéger la santé mentale et le bien-être psychosocial des populations exposées à des événements météorologiques extrêmes | Québec | Événement précis : température extrême (élevée) | Évaluation qualitative : entrevues |
| Valois, 2020 | Monitoring the evolution of individuals' flood-related adaptive behaviors over time: two cross-sectional surveys conducted in the Province of Quebec, Canada | Québec | Événement précis : inondation | Questionnaire : question ponctuelle sur la santé mentale |
| Vamvalis, 2023 | “We’re fighting for our lives”: centering affective, collective and systemic approaches to climate justice education as a youth mental health imperative | Ontario et Colombie-Britannique | Changements climatiques perçus : inquiétude générale | Évaluation qualitative : entrevues et groupes de discussion |
| Vergunst, 2024 | Association of youth climate change worry with present and past mental health symptoms: a longitudinal population-based study | Québec | Changements climatiques perçus : inquiétude générale | Questionnaires : Mesure ponctuelle des inquiétudes liées aux changements climatiques, GAD-7, CES-D, évaluation de la santé mentale et de l’inadaptation sociale des adolescents |
| Verstraeten, 2021 | Maternal mental health after a wildfire: effects of social support in the Fort McMurray Wood Buffalo study | Fort McMurray (Alb.) | Événement précis : incendie de forêt | Questionnaires : IES-R, PDI, PDEQ, CD-RISC |
| Vida, 2012 | Relationship between ambient temperature and humidity and visits to mental health emergency departments in Québec | Québec (16 régions administratives de santé du Québec, à l’exception du Nord du Québec) | Événement précis : températures extrêmes (élevées et basses) | Dossiers de santé : visites aux urgences pour des problèmes mentaux et psychosociaux |
| Villeneuve, 2023 | Daily changes in ambient air pollution concentrations and temperature and suicide mortality in Canada: findings from a national time-stratified case-crossover study | Canada | Événements précis : pollution atmosphérique, température | Dossiers de santé : Base canadienne de données de l’état civil – Décès, codes de la CIM-10 pour l’automutilation intentionnelle à l’origine du décès |
| Wang, 2014 | Acute impacts of extreme temperature exposure on emergency room admissions related to mental and behaviour disorders in Toronto, Canada | Toronto (Ontario) | Événement précis : températures extrêmes (élevées et basses) | Dossiers de santé : Codes de la CIM‑10 relatifs aux troubles de santé mentale et du comportement, à la schizophrénie, aux troubles névrotiques et aux troubles de santé mentale et du comportement dus à l’utilisation de substances psychoactives |
| Woodhall-Melnik, 2019 | Perceptions of mental health and wellbeing following residential displacement and damage from the 2018 St. John River flood | Sud du Nouveau-Brunswick | Événement précis : inondation | Évaluation qualitative : entrevues avec des informateurs clés et groupes de discussion |
| Yoon, 2024 | Responding to the heat and planning for the future: an interview-based inquiry of people with schizophrenia who experienced the 2021 heat dome in Canada | Colombie-Britannique | Événement précis : chaleur extrême | Évaluation qualitative : entrevues |
| Auteur | Durée de l’impact | Population | Principales conclusions |
|---|---|---|---|
| Adu, 2022 | Long terme | 186 résidents de Fort McMurray en 2021 (cinq ans après l’incendie) : 86 % des personnes visées par l’étude étaient des femmes, 82 % étaient âgées de plus de 40 ans, 94 % avaient un emploi, 71 % étaient en couple et 44 % n’avaient pas subi de pertes importantes en raison de l’incendie | Le fait d’être jeune et de souffrir de TSPT était fortement associé à une faible résilience. Le trouble d’anxiété et le trouble de dépression n’ont pas été corrélés à la résilience. |
| Adu, 2024 | Moyen terme | 298 participants de l’Alberta et de la Nouvelle-Écosse âgés de 18 ans et plus ont répondu au sondage | Le chômage et les antécédents de diagnostic de troubles de santé mentale prédisaient un probable TSPT, tandis que le chômage était associé à une faible résilience lors de l’incendie de forêt. |
| B. Agyapong, 2022a | Long terme | 186 résidents de Fort McMurray en 2021 (cinq ans après l’incendie) : 86 % des personnes visées par l’étude étaient des femmes, 53 % étaient âgées de plus de 40 ans, 71 % étaient en couple et 90 % avaient vécu à Fort McMurray pendant l’incendie | Prévalence accrue de TSPT, mais non de trouble dépressif majeur ou de trouble d’anxiété généralisée, chez les employés d’autres organisations par rapport au personnel des commissions scolaires. Le type d’employeur n’a pas permis de prédire de manière importante l’état de stress post-traumatique. Aucune différence importante n’a été constatée entre les employés des établissements scolaires et les autres employés en ce qui concerne les personnes ayant reçu des services de counseling, les personnes étant disposées à recevoir de tels services et les personnes consommant des antidépresseurs. Aucune différence constatée entre les groupes d’employés concernant les niveaux de résilience. |
| B. Agyapong, 2022b | Long terme | 186 résidents de Fort McMurray en 2021 (cinq ans après l’incendie) | Les personnes qui étaient présentes à Fort McMurray lors de l’incendie de forêt et/ou des inondations et de la pandémie de COVID-19 étaient plus susceptibles de souffrir de trouble d’anxiété généralisée, de trouble de dépression majeure et de TSPT, et d’afficher une faible résilience. |
| B. Agyapong, 2022c | Long terme | 186 résidents de Fort McMurray en 2021 (cinq ans après l’incendie) : 86 % des personnes visées par l’étude étaient des femmes, 50 % étaient âgées de moins de 40 ans, 95 % avaient un emploi et 72 % étaient en couple | Parmi les personnes interrogées, 33 % prenaient des antidépresseurs et 11 % prenaient des somnifères, 40 % avaient reçu des conseils en matière de santé mentale au cours de la dernière année, 27 % avaient consommé de l’alcool et 11 % de la marijuana, et 46 % souffraient de dépression, 44 % d’anxiété, 41 % d’un probable trouble de stress post-traumatique, 40 % d’un manque de résilience et 18 % de pensées autodestructrices. Facteurs de prédiction significatifs des idées suicidaires et des pensées d’automutilation : désir de recevoir des services de counseling pour traiter des problèmes de santé mentale et d’alcoolisme. |
| V. Agyapong, 2018 | Moyen terme | 484 résidents de Fort McMurray pendant l’incendie : 75 % des personnes visées par l’étude étaient âgées de plus de 26 ans, 67 % étaient des femmes, 87 % avaient un emploi ou étaient aux études, 64 % étaient en couple et 48 % n’avaient pas subi de pertes importantes en raison de l’incendie | Environ 20 % présentaient des symptômes d’anxiété généralisée, et les facteurs de prédiction significatifs étaient les suivants : être une jeune femme, être locataire, avoir été déplacé vers un autre logement, avoir été exposé à la couverture médiatique de l’incendie, souffrir de problèmes de santé mentale préexistants et avoir reçu un soutien inadéquat. |
| V. Agyapong, 2020 | Long terme | 197 membres du personnel de deux districts scolaires de Fort McMurray, un an et demi après l’incendie de forêt : 85 % des personnes visées par l’étude étaient des femmes, 47 % étaient âgées de plus de 40 ans, 86 % étaient en couple, 42 % étaient des enseignants et 19 % avaient perdu leur logement à la suite de l’incendie | Le taux probable de troubles de dépression majeure parmi le personnel scolaire se situait à 18 %; 16 % des membres du personnel de l’école avaient un diagnostic probable de trouble d’anxiété généralisée 18 mois après l’incendie et 10 % des membres du personnel ont souffert d’un TSPT après l’incendie. Une association importante a été établie entre, d’une part, le trouble dépressif majeur probable, le trouble d’anxiété généralisée et le trouble de stress post-traumatique, et d’autre part, la consommation problématique de drogues; toutefois, aucune association n’a été établie avec la consommation d’alcool à haut risque. |
| V. Agyapong, 2021 | Moyen terme | 486 résidents de Fort McMurray pendant l’incendie : 66,3 % des personnes visées par l’étude étaient des femmes, 75 % étaient âgées de plus de 26 ans, 87 % avaient un emploi ou étaient aux études, 64 % étaient en couple et 48 % n’avaient pas subi de pertes importantes en raison de l’incendie | Le taux de prévalence sur un mois d’un probable TSPT six mois après la catastrophe était de 12,8 % (RC de 1,57 de plus chez les femmes par rapport aux hommes). D’importantes différences ont été constatées parmi les personnes ayant souffert d’un syndrome de stress post-traumatique, selon qu’elles aient dû déménager à la suite de l’incendie, aient des antécédents de troubles d’anxiété, aient reçu un soutien inadéquat ou bénéficié de services de counseling. Facteurs de prédiction non significatifs : perte totale du logement, perte de biens en général, être plus jeune, être une femme. Les personnes interrogées qui souffraient probablement d’un TSPT étaient plus susceptibles de déclarer une augmentation de leur consommation de drogues, mais pas de leur consommation d’alcool. |
| Auger, 2000 | Moyen terme | Faible revenu familial annuel < 25 000 $ (environ 60 %), population majoritairement féminine | Quatre mois après les inondations, près de 20 % des victimes répondaient aux critères diagnostiques du TSPT, contre environ 4 % des membres d’un groupe témoin. |
| Beaumier, 2010 | Long terme | Entrevues semi-structurées auprès de 36 femmes inuites, 5 groupes de discussion avec 19 femmes inuites et entretiens avec 13 informateurs clés : 72 % des femmes étaient sans emploi et 48 % chassaient à temps plein ou à temps partiel | L’évolution des conditions climatiques exacerbe les conséquences sur la sécurité alimentaire, ce qui entraîne une diminution du nombre de chasseurs à temps plein et une baisse du nombre de jeunes qui chassent à temps plein. L’adaptation aux conditions changeantes en ce qui a trait à l’accessibilité et à la sécurité de la chasse nécessite une connaissance approfondie de l’état des glaces, des conditions météorologiques et des déplacements des animaux, que seuls les chasseurs expérimentés à plein temps possèdent. Par conséquent, les changements climatiques accentuent la tendance à la baisse de la participation des jeunes à la chasse, ce qui a des répercussions sur la disponibilité des aliments prélevés dans la nature. La baisse de disponibilité des aliments prélevés dans la nature a des effets négatifs sur les réseaux de partage et ce sont souvent les femmes qui souffrent le plus de la réduction de la consommation alimentaire, en particulier dans les ménages qui n’ont pas les moyens financiers d’acheter des aliments du commerce. |
| Bélanger, 2014 | Court et long terme | 3 485 répondants vivant dans des aires de diffusion très défavorisées des neuf villes les plus peuplées du Québec | La prévalence des effets néfastes sur la santé mentale signalés par les participants lors de conditions estivales très chaudes et humides était de l’ordre de 17,8 %. |
| Belleville, 2019 | Court terme | 379 personnes vivant à Fort McMurray qui avaient répondu à un questionnaire de juillet à septembre 2016 : 77 % étaient des femmes, l’âge moyen était de 40,10 ans (écart‑type = 12,2), 72 % étaient en couple et 61 % des personnes avaient des enfants. Au total, 56 personnes ont participé à l’entrevue (51 % étaient des femmes) : âge moyen de 43,1 ans (écart-type = 14,7), 49 % étaient en couple et 62 % avaient des enfants. | 60 % des personnes interrogées ont fait état de symptômes importants de TSPT, tandis que 33 % des participants souffraient de trouble de dépression majeure, 27 % de troubles à symptomatologie somatique et apparentés, 27 % d’autres troubles d’anxiété et 17 % d’alcoolisme. |
| Belleville, 2021 | Moyen et long terme | Résidents actuels ou anciens résidents de Fort McMurray qui ont été évacués à la suite des incendies de 2016. Données recueillies de mai à juillet 2017. Âge moyen des participants : 44,1 ans (écart-type = 12,7), 55,5 % étaient des femmes, 73,9 % étaient Blancs, 73,2 % étaient en couple et 76,8 % avaient un emploi. | L’insomnie était le diagnostic probable le plus fréquent un an après l’incendie (28,5 %). Le TSPT (15,4 %), le trouble dépressif majeur (15,0 %), le trouble d’anxiété généralisée (14,2 %) et le trouble lié à l’usage de substances (7,9 %) ont également été signalés un an après l’incendie. Environ 37,7 % des répondants avaient au moins un diagnostic probable. Le fait de souffrir de deux maladies préexistantes était un facteur de prédiction significatif des cinq types de psychopathologies. Des activités professionnelles et sociales réduites, un état de santé actuel moins favorable, une augmentation de la consommation de drogues et d’alcool et la présence d’un niveau de stress étaient associés à des symptômes plus sévères. |
| Brown, 2019a | Long terme | 3 070 enfants et jeunes de la 7e à la 12e année fréquentant l’école à Fort McMurray : 48 % étaient de sexe féminin et l’âge moyen était de 14,3 ans (écart-type = 1,8) | Les résultats font état de TSPT probable (37 %), de dépression probable (31 %), d’anxiété probable (27 %) et de troubles liés à la consommation d’alcool ou de drogues probables (15 %). Les résultats indiquent que les étudiants directement touchés par l’incendie ont obtenu des scores nettement plus élevés sur les échelles mesurant les symptômes liés au TSPT, à la dépression, à l’anxiété et à l’abus de substances. Ces élèves affichaient également des scores nettement inférieurs en ce qui a trait à l’estime de soi, à la qualité de vie et à la résilience. |
| Brown, 2019b | Long terme | 3 070 enfants et jeunes de la 7e à la 12e année fréquentant l’école à Fort McMurray : 48 % étaient de sexe féminin et l’âge moyen était de 14,3 ans (écart-type = 1,8). Groupe de comparaison : 2 796 enfants et adolescents de Red Deer, dont 48 % étaient de sexe féminin et dont l’âge moyen était de 14,8 ans (écart-type = 1,7). | Les scores de dépression étaient nettement plus élevés à Fort McMurray, de même que les taux de dépression, de pensées suicidaires et de tabagisme probables. Les scores d’estime de soi et de qualité de vie étaient nettement inférieurs à Fort McMurray, tandis que les scores d’anxiété y étaient nettement plus élevés. Les scores relatifs à l’abus d’alcool ou de substances n’étaient pas considérablement différents. |
| Brown, 2021 | Long terme | Sondage réalisé en novembre 2017, 2018 et 2019 auprès de 9 376 élèves de la 7e à la 12e année de Fort McMurray (47,3 % étaient de sexe féminin, 48,6 % étaient de sexe masculin, 1,7 % ont déclaré une autre identité sexuelle et/ou de genre, 2,4 % ont préféré ne pas répondre). L’âge moyen des participants était de 14,3 ans (écart-type = 1,8 an). | Les résultats indiquent une tendance lente, mais statistiquement significative, de dégradation de la santé mentale de 2017 à 2019, en particulier une augmentation des scores indiquant des symptômes et des taux probables de TSPT, de dépression, d’anxiété, de consommation de drogues et d’alcool. Les scores de qualité de vie et d’estime de soi ont également diminué de 2017 à 2019. Le tabagisme et les scores de résilience n’ont pas fait l’objet de modifications importantes. |
| Bunce, 2016 | Long terme | Étude réalisée en juin 2015 auprès de 42 femmes inuites vivant à Iqaluit (âge médian de 39 ans; 61 % des répondantes avaient un emploi) | Trois activités traditionnelles clés ont été recensées comme étant exposées et sensibles aux conditions changeantes, soit la cueillette des baies, la couture et le temps passé sur le territoire. Plusieurs mécanismes d’adaptation ont été décrits pour aider les femmes à gérer ces sensibilités à l’exposition, notamment la modification du calendrier et du lieu de la cueillette des baies et l’importation de peaux de phoque pour la couture. La capacité d’adaptation permettant de recourir à ces mécanismes différait d’une participante à l’autre; toutefois, la santé mentale, la santé physique, l’éducation traditionnelle/occidentale, l’accès à la nourriture traditionnelle et aux aliments du commerce, l’accès aux ressources financières, les réseaux sociaux et le lien avec l’identité inuite sont apparus comme constituant des éléments clés de la capacité d’adaptation des femmes inuites. |
| Chapola, 2024 | Court et long terme | 15 femmes autochtones habitant dans des villes de l’ouest du Canada |
Les effets des catastrophes climatiques et l’exposition inégale à divers événements désastreux ont des répercussions sur la pensée consciente et inconsciente, et suscitent la peur et l’anxiété chez les femmes autochtones. En réfléchissant aux effets négatifs sur la santé mentale et aux changements de leur sentiment d’appartenance, de nombreuses femmes autochtones (co‑chercheuses) ont souligné les taux plus élevés de stress psychologique, de sautes d’humeur, de troubles émotionnels, etc., subis par les femmes autochtones et les membres des communautés qui sont déjà confrontés à des changements importants en raison de la perte des activités liées à la terre, de leurs territoires ancestraux et de leurs systèmes de savoirs. De nombreux co-chercheurs ont affirmé que cette situation avait été aggravée par le manque de compréhension quant à la complexité des problèmes de santé des Autochtones et des réseaux institutionnalisés de soutien à la santé mentale sur le territoire. |
| Cherry, 2017 | Moyen terme | 130 participants (62 % étaient des hommes, 31,5 % étaient âgés de plus de 46 ans et 42 % étaient mariés) dont 59 % vivaient à Fort McMurray | Trente-sept (33,9 %) des participants qui se trouvaient à Fort McMurray le 3 mai ont signalé un problème de santé, dont des symptômes respiratoires (n = 17) et une mauvaise santé mentale (n = 17), immédiatement après l’incendie. Lors du suivi, 102 jours en moyenne après l’incendie, 11 participants (10,1 %) ont fait état d’un problème de santé lié à l’incendie, notamment une mauvaise santé mentale (n = 8). Il n’y avait pas de différence avant et après l’incendie en ce qui a trait à la consommation d’alcool, de cigarettes, de drogues récréatives ou de médicaments. Sur les 90 participants évacués, 15 (16,7 %) présentaient des scores indiquant une anxiété ou une dépression modérée ou sévère. Les personnes évacuées affichaient des scores moyens d’anxiété (p = 0,01) et de dépression (p = 0,04) nettement plus élevés que celles qui n’avaient pas été évacuées. Les modèles de régression ont montré que les scores d’anxiété étaient plus élevés chez les femmes lorsque le temps écoulé depuis l’incendie était plus important et lorsque les personnes évacuées étaient hébergées dans un motel. Les scores de dépression étaient plus élevés chez les femmes, notamment celles qui subissaient des pertes financières liées à un manque de travail. |
| Cunsolo, 2020 | Long terme | 105 entrevues avec des participants inuits | Le caribou joue un rôle central en ce qui a trait à la culture et à la continuité culturelle, aux moyens de subsistance, au partage des connaissances entre générations, aux pratiques spirituelles, à la cohésion sociale, à la santé physique et au bien-être mental et émotionnel. Alors que les Inuits des régions Nunatsiavut et NunatuKavut du Labrador ont activement mené des recherches, effectué des contrôles et formulé des recommandations en matière de gestion du caribou, le déclin rapide de cette espèce, l’interdiction actuelle de la récolte et la perte d’accès au caribou qui en résulte ont suscité des réactions émotionnelles fortes telles que la tristesse, la colère, la frustration, le choc, la dépression et le chagrin. |
| Cunsolo Willox, 2012 | Long terme | 72 entrevues auprès de participants inuits (60 % de femmes), dont des enfants, des adolescents et des adultes | Les résultats ont montré que les changements climatiques ont des répercussions négatives sur les sentiments d’attachement au lieu, car ils perturbent la chasse, la recherche de nourriture, le piégeage et les déplacements, et modifient les paysages locaux. Ces changements ont par la suite des effets sur la santé et le bien-être physiques, mentaux et émotionnels. Les résultats de cette étude soulignent également la nécessité d’élaborer des programmes de planification et d’adaptation intégrant le climat et la santé, ainsi que la nécessité de reconnaître l’attachement à un lieu en tant qu’indicateur vital de la santé et du bien-être et à considérer les changements climatiques comme constituant un déterminant important de la santé. |
| Cunsolo Willox, 2013a | Long terme | 57 participants inuits (42 % de sexe masculin) | Les données recueillies dans le cadre d’un projet communautaire pluriannuel réalisé à Rigolet, une communauté du Nunatsiavut, au Labrador (Canada), montrent que les changements climatiques ont d’importantes répercussions émotionnelles sur les habitants du Nord. Les participants ont indiqué que les changements qui touchent la terre, la neige, la glace et la température suscitent des sentiments d’anxiété, de tristesse, de dépression, de peur et de colère, et ont des répercussions sur la culture, le sentiment d’estime de soi et la santé. Cet article analyse les dimensions affectives du changement climatique et affirme que les modifications touchant le territoire et le climat ont des effets directs sur la santé émotionnelle et le bien-être. Il présente des récits d’expériences vécues par les Inuits, consignées lors d’entrevues, présente le concept d’affect écologique et aborde les conséquences pour la recherche et les programmes dans le domaine de la santé et du climat. |
| Cunsolo Willox, 2013b | Long terme | 67 membres de la population inuite (60 % de sexe féminin), de janvier 2010 à octobre 2010 | Les participants ont indiqué que les changements météorologiques et les changements ayant une incidence sur la stabilité et l’étendue de la neige et de la glace ainsi que sur les schémas de la faune et de la flore attribuables aux changements climatiques avaient des effets négatifs sur la santé mentale et le bien-être en raison de la perturbation des activités rattachées aux ressources naturelles et de la perte du réconfort et de l’identité culturelle liés au lieu. Les participants ont indiqué que les changements touchant le climat et l’environnement augmentaient le stress familial et la probabilité de consommation accrue de drogues et d’alcool, amplifiaient les traumatismes antérieurs et les facteurs de stress liés à la santé mentale, et étaient associés à l’augmentation du potentiel d’idées suicidaires. Ces résultats exploratoires indiquent que les changements climatiques deviennent un facteur de stress supplémentaire pour la santé mentale des collectivités qui dépendent des ressources, et fournissent une base de référence pour mener des recherches plus approfondies. |
| Dodd, 2018 | Court et long terme | 30 entrevues auprès de membres d’une collectivité autochtone des Territoires du Nord-Ouest | Les personnes interrogées ont indiqué que leur expérience de l’évacuation et de l’isolement ainsi que les sentiments de peur, de stress et d’incertitude ont eu des effets négatifs aigus et à long terme sur leur bien-être mental et émotionnel. Les épisodes prolongés de fumée sont liés à une prolongation du temps passé à l’intérieur ainsi qu’à des problèmes respiratoires. Certaines personnes interrogées ont signalé que leurs moyens de subsistance et activités liées au territoire avaient été perturbés, ce qui a eu des conséquences négatives sur leur bien-être mental, émotionnel et physique. Des récits individuels et communautaires d’adaptation et de résilience avant et pendant l’été, y compris l’ouverture d’espaces récréatifs intérieurs, ont été partagés. Toutefois, les participants s’entendaient pour dire qu’une amélioration de la communication et de la coordination des risques à l’échelle communautaire et territoriale était nécessaire pour faire face à des événements similaires à l’avenir. |
| Fuentes, 2020 | Long terme | 251 participants (dont 69 % étaient âgés de plus de 35 ans) : 29 % étaient issus de la Nation crie d’Oujé-Bougoumou, 15 % de la bande de Wahgoshig, 26 % de la Première Nation Abitibiwinni de Pikogan et 29 % de la collectivité d’Opitciwan, dans l’est du Canada | Les effets ressentis des changements environnementaux augmentent avec l’âge, mais sont moins importants chez les participants qui jouissent d’une meilleure qualité de vie. L’effet de la résilience était contraire aux attentes, puisque les participants les plus résilients étaient ceux qui avaient le plus ressenti les effets des changements environnementaux. Cela pourrait s’expliquer par le fait que les personnes les moins résilientes ont cessé de se rendre sur le territoire lorsque les changements environnementaux ont dépassé un certain seuil, faisant en sorte que seuls les participants les plus résilients ont pu témoigner des effets engendrés par les changements aigus. |
| Galway, 2022 | Long terme | 627 participants (âge moyen = 57 ans; 41 % étaient des hommes et 90 % étaient Blancs) provenant de Thunder Bay (Ontario) et de Prince George (Colombie-Britannique) | Les résultats font globalement état de niveaux élevés de réaction émotionnelle aux changements climatiques, l’inquiétude et la frustration étant les émotions signalées par le pourcentage le plus élevé de participants. Une différence importante entre les hommes et les femmes a également été constatée en ce qui concerne les émotions liées au climat. La sous-représentation des populations autochtones constitue une limite notable des données de cette étude. |
| Galway, 2023 | Court et long terme | 1 000 jeunes (âgés de 16 à 25 ans) de divers endroits au Canada | 78 % ont déclaré que les changements climatiques avaient des répercussions sur leur santé mentale globale et 37 % ont déclaré que leurs sentiments à l’égard des changements climatiques avaient des effets négatifs sur leur fonctionnement quotidien. Les jeunes déclaraient le plus souvent ressentir de la peur (66 %), de la tristesse (65 %), de l’anxiété (63 %), du désarroi (58 %) et de l’impuissance (56 %). Les sentiments les moins fréquemment signalés étaient le deuil (34 %), l’optimisme (21 %) et l’indifférence (20 %). |
| Gignac, 2003 | Moyen et long terme | 59 aînés de Kingston souffrant d’arthrose ou d’ostéoporose et ayant vécu la tempête de verglas, et groupe‑témoin composé de 55 aînés | Les aînés qui se sont déclarés plus impuissants et qui ont perdu leur indépendance avant la tempête ont fait état de taux de stress et de rumination considérablement plus importants lors de la tempête de verglas et étaient plus susceptibles de déclarer que la tempête avait eu des répercussions sur leur état de santé. Les participants exposés à la tempête de verglas ont également signalé d’importants changements concernant leur handicap et la douleur ressentie près d’un an et demi plus tard, par rapport à des témoins appariés. Ces résultats suggèrent que les aînés souffrant d’une maladie physique chronique peuvent être particulièrement vulnérables lorsqu’ils sont confrontés à des événements stressants additionnels. |
| Harper, 2015 | Long terme | 11 entrevues réalisées auprès de représentants régionaux de la santé du Nunatsiavut (dont 82 % étaient des adultes et 82 % étaient des femmes), 11 ateliers menés avec des membres de la communauté de Rigolet (dont 64 % étaient des adultes et 45 % étaient des femmes) et 187 sondages réalisés auprès des membres de Rigolet (dont 57 % à 62 % étaient des adultes et 41 % à 54 % étaient des femmes) | Cette étude décrit les facteurs de santé sensibles au climat et les interrelations entre les déterminants environnementaux et sociaux de la santé des Inuits. Les priorités sanitaires sensibles au climat pour la région sont la sécurité alimentaire, la sécurité de l’eau, la santé mentale et le bien-être, les nouveaux risques et les préoccupations en matière de sécurité, ainsi que les services de santé et la prestation de soins. |
| Hayes, 2020 | Long terme | 14 entrevues réalisées auprès de dirigeants locaux, groupes de discussion organisés avec 14 travailleurs de première ligne et 18 entrevues réalisées auprès de membres de la collectivité qui se sont décrits comme étant marginalisés (personnes à faibles revenus, femmes, jeunes, aînés, personnes ayant des problèmes de santé préexistants, personnes racisées) et qui se trouvaient à High River lors de l’inondation de 2013 | Les résultats de cette étude suggèrent que : 1) les effets psychosociaux à long terme engendrés par les conditions météorologiques extrêmes et les changements climatiques nécessitent des interventions de rétablissement durables ancrées dans les connaissances locales et l’action interdisciplinaire; 2) les interventions psychosociales ont des conséquences imprévues qui peuvent susciter des émotions complexes et avoir des répercussions sur le rétablissement psychosocial et 3) les perceptions des soins de santé mentale, parmi les personnes exposées à des traumatismes liés au climat, peuvent guider les mesures d’intervention et de rétablissement dans le domaine des changements climatiques et de la santé mentale. |
| Hetherington, 2018 | Moyen terme | 923 femmes (âge moyen = 34 ans, environ 80 % avaient au moins fait des études postsecondaires, avaient un revenu élevé [> 80 000 $], étaient Blanches et étaient nées au Canada). Environ 27 % avaient déjà été exposées à une catastrophe naturelle. | La plupart des répondants de l’échantillon ne ressentaient pas une grande détresse psychologique cinq mois après l’inondation. Une anxiété élevée avant l’inondation était associée à une probabilité accrue (2,49) de subir des niveaux élevés de stress post-traumatique, indépendamment du fait que les personnes interrogées vivent ou non dans une collectivité à risque d’inondation. Un niveau plus élevé d’exposition aux inondations (fait de vivre dans une collectivité exposée au risque d’inondation ou de subir des pertes ou des dommages liés aux biens ou aux services) n’était pas le seul facteur associé à des niveaux élevés de stress post-traumatique ou à d’autres effets sur la santé mentale après l’inondation. Les femmes souffrant de troubles mentaux sous-jacents peuvent être plus vulnérables aux conséquences psychologiques d’une catastrophe naturelle, quel que soit leur niveau d’exposition. |
| Iskandar, 1999 | Court terme | Extraction des dossiers médicaux de patients traités en psychiatrie avant la catastrophe (123), pendant la catastrophe (du 6 au 26 janvier 1998 : 165) et après la catastrophe (145) et de 51 patients traités pour des problèmes médicaux | 165 patients ont été gardés en observation dans le service des urgences pendant une durée moyenne de 105,7 heures. Au sein du groupe de 51 patients hospitalisés à l’Hôpital Douglas, 40 % présentaient une combinaison de troubles de l’humeur, de problèmes somatiques et d’un manque de soutien social. Environ 16 % présentaient une combinaison de troubles psychotiques, de problèmes somatiques et d’un manque de soutien social. Seuls 8 % des patients souffrant de troubles de l’humeur et 8 % des patients souffrant de psychose ont été hospitalisés; ces types de patients étaient bien soutenus socialement et ne souffraient d’aucun problème somatique. |
| Khalafzai, 2021 | Long terme | Entrevues avec 41 participants de la bande de Kashechewan, dans le nord de l’Ontario (68 % étaient des hommes et 90 % étaient des membres de la bande) | Les résultats montrent que le risque d’inondation printanière a considérablement augmenté la vulnérabilité physique et sociocognitive de la collectivité. Les inondations ont souvent un impact sur les infrastructures communautaires, les activités traditionnelles de chasse et de récolte au printemps, ainsi que sur l’économie locale. Chaque année, à l’approche du printemps, les risques d’inondation ont pour effet d’accroître considérablement le stress et l’anxiété des résidents. La gestion du risque régulier d’inondation et des situations d’urgence récurrentes a amélioré la préparation aux catastrophes et la capacité d’adaptation de la collectivité, mais les expériences d’évacuation des résidents ont des effets négatifs sur leur bien-être pendant et après les évacuations. Les mesures à court terme visant à remédier à la vulnérabilité physique des personnes vivant avec des risques d’aléas accrus améliorent souvent leur capacité à faire preuve de résilience et à faire face efficacement à la situation dans un avenir immédiat. |
| Lavigne, 2023 | Court terme | Extraction des données relatives aux admissions aux urgences en Ontario et en Alberta : 60,9 % des visites aux urgences effectuées par des adultes de plus de 30 ans, dont 53,2 % étaient des femmes et 18,3 % étaient des personnes défavorisées sur le plan matériel et social | L’exposition cumulée à une chaleur extrême sur une période jusqu’à 5 jours (RC = 1,145) a été associée à des visites aux urgences pour des troubles de santé mentale et du comportement. Cependant, l’exposition cumulée au froid extrême était associée à un risque plus faible de visites aux urgences pour des troubles de santé mentale et du comportement (RC = 0,981). On a également constaté que la chaleur était associée à des visites aux urgences pour des troubles précis tels que les troubles liés à la consommation de substances, la démence, les troubles névrotiques, la schizophrénie et les troubles du comportement et de la personnalité. Les personnes souffrant de troubles de santé mentale préexistants ainsi que celles exposées à des concentrations quotidiennes plus élevées de NO2 et de O3 et celles résidant dans des quartiers plus défavorisés sur le plan matériel et social étaient plus susceptibles de se rendre aux urgences pour des troubles de santé mentale et du comportement liés à la chaleur. L’augmentation de la couverture offerte par le feuillage des arbres semblait atténuer les risques liés à l’effet de la chaleur sur les visites aux urgences pour des troubles de santé mentale et du comportement. |
| Lede, 2021 | Long terme | 28 entrevues avec des habitants du hameau de Paulatuk, dans les Territoires du Nord-Ouest, au Canada (53,6 % étaient des hommes et 42,9 % étaient des personnes de plus de 50 ans) | Dans le contexte de la récolte de subsistance, les facteurs de stress climatiques ont eu des répercussions sur l’accès à certains poissons et animaux sauvages et la disponibilité de ceux-ci, en plus de rendre les conditions de transport plus imprévisibles et dangereuses. Ces facteurs de stress s’ajoutent à des facteurs de stress sociétaux tels que les obstacles financiers et sociaux entravant la participation aux activités de subsistance, les difficultés liées à la scolarisation au niveau local, les changements de mode de vie, la pénurie de logements et la surpopulation, ainsi que la toxicomanie. Bon nombre des stratégies d’adaptation utilisées par les habitants de Paulatuk pour faire face aux facteurs de stress nécessitent des compromis, comme le fait de quitter la collectivité pour fréquenter un établissement scolaire, de quitter l’école pour participer aux activités de subsistance ou d’opter pour la récolte d’espèces différentes en réponse au déclin de certaines espèces, ce qui a miné la résilience à l’égard d’autres facteurs de stress. |
| Lee, 2023 | Court terme | Comparaison de 1 614 décès survenus entre le 25 juin et le 2 juillet 2021 avec 6 524 décès survenus aux mêmes dates, de 2012 à 2020, afin d’examiner les différents taux de prévalence de 26 maladies chroniques entre les deux groupes | Une augmentation marquée des risques de décès chez les personnes atteintes de schizophrénie a été constatée. Cette augmentation a été observée parmi tous les décès survenus et les trois sous-groupes de décès lors d’événements de chaleur extrême, soit les décès liés à la chaleur, les décès dont la cause est inconnue et les décès non liés à la chaleur. La dépression était associée à un risque accru de mortalité attribuable à un épisode de chaleur extrême parmi les personnes dont le décès était lié à la chaleur, et les troubles liés à l’utilisation de substances étaient associés à un risque accru parmi les personnes dont la cause du décès n’était pas connue. |
| Léger-Goodes, 2023 | Court et long terme | 12 familles, avec 12 parents (n = 9 femmes, n = 2 hommes, n = 1 personne non binaire) et 15 enfants (n = 9 filles, n = 6 garçons) de 8 à 12 ans |
Si les enfants semblent éprouver des émotions telles que la tristesse, la colère et l’appréhension, qui caractérisent l’éco-anxiété, ils ont également fait état de stratégies pour gérer ces émotions difficiles, en particulier lorsque leurs parents sont conscients de leurs préoccupations. Les enfants ont exprimé des sentiments de stress liés aux changements climatiques, et ont dit être submergés par leurs émotions et craindre pour leur avenir. Les résultats suggèrent également que l’expression de l’éco-anxiété chez les enfants ressemble à celle des adultes. |
| Lukacs, 2023 | Court terme | 1 553 participants (33,6 % étaient âgés de plus de 45 ans, 49,6 % étaient des hommes, 79 % étaient Blancs et 73,8 % étaient en couple) |
Des scores plus élevés à l’échelle d’anxiété liée au changement climatique et des scores plus élevés d’engagement comportemental étaient tous deux associés à une plus grande détresse psychologique. Les résultats suggèrent qu’il existe une corrélation entre l’engagement comportemental autodéclaré et l’anxiété liée au climat, un phénomène appelé « l’effet de l’intendant soucieux ». Toutefois, cette association s’atténue chez les personnes présentant des niveaux élevés de détresse, possiblement en raison d’un engagement comportemental moindre ou de difficultés d’engagement comportemental chez les personnes présentant un niveau élevé de détresse. |
| Lutz, 2023 | Court terme | 132 étudiants de premier cycle de l’Université Carleton (72,6 % des participants étaient des femmes et 41,9 % étaient Blancs; âge moyen = 21,2 ans, écart-type moyen = 4,97 ans) |
L’étude des rapports sur les traits et l’étude de journaux personnels soumis pendant deux semaines (n = 1 439) sur l’éco-anxiété, les affects positifs et négatifs, le sens de la vie et le comportement pro-environnemental ont révélé qu’en ce qui concerne les traits, les scores moyens d’éco-anxiété étaient bas; cependant, des scores plus élevés étaient associés à un affect positif moindre et à une augmentation de l’affect négatif et des comportements pro-environnementaux. Les scores moyens d’éco-anxiété étaient encore plus bas en ce qui a trait à l’état des personnes, mais présentaient néanmoins des variations individuelles. Les jours où les personnes ressentaient une plus grande éco-anxiété, elles faisaient également état d’un plus grand nombre d’affects négatifs et de comportements pro‑environnementaux. Des analyses décalées d’un jour à l’autre ont montré que l’éco-anxiété augmente l’affect négatif futur. Aucune relation notable entre l’éco-anxiété et le sens de la vie n’a été observée à l’un ou l’autre des deux niveaux d’analyse. |
| Maltais, 2000 | Long terme | Résidents du Saguenay–Lac-Saint-Jean : 177 personnes sinistrées lors des inondations de juillet 1996 et 168 personnes non sinistrées (âge moyen : 18 ans et plus au moment des inondations, 50 à 60 % détenaient un diplôme d’études secondaires et 40 à 50 % avaient fait des études postsecondaires) | Après une catastrophe naturelle entraînant d’importants dégâts matériels, la santé psychologique des sinistrés est nettement plus précaire que celle des personnes non sinistrées. Dans ce cas-ci, indépendamment du sexe des répondants, les différences sont importantes. Les sinistrés ont déclaré une augmentation notable de leur consommation de médicaments prescrits et non prescrits. Plus de deux ans après la catastrophe, les sinistrés sont plus nombreux que les non-sinistrés à présenter des symptômes somatiques, d’anxiété, de dépression et d’état de stress post-traumatique ainsi qu’un niveau de bien-être psychologique inférieur. |
| Maltais, 2009a | Long terme | Les habitants du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont fait l’objet d’un suivi huit ans après l’inondation de juillet 1996 (130 sinistrés, 88 non-sinistrés). Tendances démographiques similaires à celles de l’étude réalisée par Maltais en 2000. | En milieu urbain, les résultats démontrent une diminution des manifestations de stress post-traumatiques et de dépression parmi les sinistrés. Toutefois, des différences notables existent entre sinistrés et non-sinistrés pour ce qui est des manifestations de stress post-traumatique et de dépression, de dysfonctionnement social, de symptômes somatiques, d’anxiété et d’insomnie. Au cours des années, les sinistrés ont amélioré leur score au GHQ-28 et à l’échelle ABS, bien que l’on observe le maintien d’une différence notable entre sinistrés et non-sinistrés au GHQ-28. En milieu rural, les scores au GHQ-28 ainsi qu’aux échelles mesurant la présence de symptômes somatiques, d’anxiété, d’insomnie et de dépression sévère se sont améliorés. Aucune différence importante n’a été constatée en ce qui a trait au bien-être psychologique, à la présence de manifestations dépressives, de stress post-traumatique et de dysfonctionnement social. |
| Maltais, 2009b | Long terme | Enquête menée à l’automne 1999 auprès des premiers intervenants et du personnel de soutien au sujet de leurs expériences pendant et après la crise du verglas en Montérégie (Québec), 57 répondants (30 professionnels, 27 bénévoles) | Un an après la tempête de verglas, les premiers intervenants et le personnel de soutien étaient davantage touchés par les conséquences de la crise que par la tempête. La persistance de la fatigue physique et psychologique a entraîné une perte d’énergie et d’intérêt pour les activités professionnelles et personnelles. Ils ne semblent pas être touchés par des traumatismes psychologiques susceptibles de les rendre incapables de travailler. |
| Man, 2024 | Court terme | Analyse fondée sur le sexe (n = 1 029) et analyse comparative entre les sexes (n = 623); personnes visées par l’étude : jeunes de l’Ontario; outil : Sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l’Ontario de 2021 | Les jeunes de diverses identités de genre et les jeunes désignées comme filles à la naissance peuvent être particulièrement susceptibles de souffrir d’écodépression et d’éco-anxiété. |
| Mao, 2022 | Long terme | 186 participants de Fort McMurray de 2014 à 2021 (85,5 % des participants étaient des femmes; 52,7 % étaient âgés de plus de 40 ans; 94,1 % avaient un emploi et 71 % étaient en couple) | La prévalence globale des symptômes de trouble de dépression majeure au sein de l’échantillon de l’étude était de 45,0 %. Quatre variables prédisaient de façon indépendante les symptômes du trouble dépressif majeur dans le modèle de régression logistique multivariée, à savoir : être sans emploi (RC = 12,39), avoir reçu un diagnostic de trouble dépressif majeur (RC = 4,50), prendre des sédatifs-hypnotiques (RC = 5,27) et être disposé à recevoir des services de counselling en santé mentale (RC = 4,90). La prévalence du TSPT probable parmi les répondants était de 39,6 %. |
| McDonald-Harker, 2021 | Long terme | 100 enfants et jeunes de 5 à 18 ans qui ont vécu l’incendie de forêt de Fort McMurray en 2016 (l’âge moyen des participants était de 11 ans, et 55 % d’entre eux étaient des filles) | Les résultats quantitatifs révèlent des niveaux de résilience plus élevés que la moyenne chez les participants par rapport aux scores normatifs. Les résultats qualitatifs suggèrent que les niveaux élevés de résilience sont associés à la fois à des facteurs liés aux soignants (en particulier les soins physiques) et à des facteurs individuels (principalement le soutien des pairs). |
| Middleton, 2020 | Long terme | Des entrevues ont été menées en 2012-2013 auprès de 116 participants des cinq collectivités du Nunatsiavut (96 membres de la collectivité, 20 professionnels de la santé) | Les résultats ont montré que le climat avait un effet sur le bien‑être mental par le biais de trois facteurs clés : 1) façonnement des expériences vécues au quotidien, dont le lien avec le lieu et d’autres déterminants du bien-être; 2) modification de l’humeur et des émotions de manière transitoire et 3) influence saisonnière sur la santé et le bien-être des personnes et de la collectivité. |
| Middleton, 2021 | Court terme | Toutes les visites liées à la santé mentale dans cinq cliniques communautaires du Nunatsiavut du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2018 | À l’échelle régionale, le taux d’incidence des consultations en clinique communautaire liées à la santé mentale était plus élevé après deux semaines de températures moyennes chaudes (supérieures à −5 °C) qu’après des températures inférieures à −5 °C (RTI −5 ≤ 5 °C = 1,47; RTI 6 ≤ 15 °C = 2,24; RTI > 15 °C = 1,73), et le taux d’incidence des consultations cliniques liées à la santé mentale était plus faible lorsque le nombre de jours consécutifs de températures comprises entre −5 °C et 5 °C (considérées comme étant critiques pour l’utilisation du territoire) augmentait (RTI = 0,96), après correction pour tenir compte des effets saisonniers et communautaires. Les modèles propres aux collectivités ont toutefois révélé qu’aucune collectivité ne présentait la même association entre les conditions météorologiques et le taux d’incidence des consultations quotidiennes liées à la santé mentale. |
| Moosavi, 2019 | Long terme | 290 patients de Fort McMurray 18 mois après l’incendie de forêt (79,6 % avaient un emploi, 44,8 % étaient âgés de plus de 40 ans, 45,1 % étaient des hommes, 72,1 % étaient en couple) | Les taux de prévalence sur un mois de « TSPT probable », de « trouble de dépression majeure probable » et de « trouble d’anxiété généralisée probable » étaient respectivement de 13,6 %, de 24,8 % et de 18,0 %. Par rapport aux taux de prévalence déclarés avant l’incendie (0 %, 15,2 % et 14,5 % respectivement), les taux ont augmenté pour tous les diagnostics. TSPS : les antécédents de troubles d’anxiété et le fait d’avoir reçu des services de counseling psychologique présentaient des rapports de cotes (RC) de 5,80 et 7,14, respectivement. Trouble de dépression majeure : l’âge, le fait d’avoir été témoin de l’incendie d’une maison, les antécédents de troubles de dépression et le fait de recevoir un faible soutien de la part des amis et de la famille présentaient des RC de 2,08, 2,29, 4,63 et 2,5, respectivement. Trouble d’anxiété généralisée : le fait de craindre pour sa vie ou celle de ses amis ou de membres de sa famille, les antécédents de troubles de dépression et les antécédents de troubles d’anxiété présentaient des RC de 3,52, 3,04 et 2,68, respectivement. Des associations ont également été observées entre les personnes ayant reçu un diagnostic de trouble psychiatrique probable et celles qui présentaient également des problèmes de consommation d’alcool ou de drogues ou de dépendance à l’alcool ou aux drogues. |
| Norberg, 2022 | Moyen terme | 826 personnes qui ont répondu au questionnaire de l’ÉLCV (59,3 % étaient âgées de 45 à 64 ans, 61,5 % étaient des femmes, 65,3 % étaient en couple et 93,3 % étaient Blanches) à Calgary lors de l’inondation | Les données de base de l’ÉLCV recueillies auprès des participants de Calgary au cours des six mois précédant l’inondation ont été comparées à celles recueillies six mois après l’inondation. Il n’y a pas eu de différences statistiquement significatives dans les proportions relatives de participants à l’ÉLCV avant et après l’inondation présentant trois symptômes de TSPT ou plus (5,0 % avant l’inondation contre 4,6 % après l’inondation), une santé mentale autoévaluée passable ou mauvaise (5,5 % contre 5,8 %), une santé générale autoévaluée passable ou mauvaise (11,2 % contre 8,9 %), une insatisfaction à l’égard du sommeil (27,9 % contre 30,2 %), un niveau inférieur de satisfaction à l’égard de la vie (10,6 % contre 14,9 %), des symptômes de dépression importants (14,4 % contre 15,6 %), un trouble d’anxiété diagnostiqué (5,7 % contre 5,2 %) et des niveaux inférieurs de soutien fonctionnel (45,9 % contre 49,9 %). Après correction pour tenir compte des covariables sociodémographiques (âge, sexe, revenu total du ménage, fait de vivre seul), les personnes vivant dans des zones évacuées avant l’inondation étaient fortement moins susceptibles de déclarer un diagnostic de trouble d’anxiété (RC = 0,28, p = 0,03) (tableau 3). Après les inondations, cette différence statistiquement significative a disparu (RC = 0,83, p = 0,72). Cela s’explique par une augmentation de la prévalence des troubles d’anxiété chez les personnes interrogées dans les collectivités évacuées (celle-ci étant passée de 2,4 % avant l’inondation à 4,7 % après l’inondation) et une diminution de ces troubles parmi les personnes interrogées dans les collectivités non évacuées (de 8,1 % avant l’inondation à 5,5 % après l’inondation). |
| Obuobi-Donkor, 2022 | Long terme | Données recueillies en 2021 auprès des habitants de Fort McMurray (un an après l’inondation) : 186 répondants, dont 93 % avaient plus de 26 ans, 67 % étaient des femmes, 91 % avaient un emploi et 71 % étaient en couple | La prévalence d’une faible résilience était de 37,4 %. Les personnes interrogées de moins de 25 ans étaient près de 26 fois plus susceptibles de faire preuve d’une faible résilience (RC = 0,04) que les personnes interrogées de 40 ans et plus. Les répondants qui avaient des antécédents de dépression (RC = 0,25) et d’anxiété (RC = 0,21) étaient presque quatre à cinq fois plus susceptibles de faire preuve d’une faible résilience que ceux qui n’avaient pas de tels antécédents. Les participants qui habitaient dans la même maison avant l’inondation étaient presque 11 fois plus susceptibles de faire preuve d’une faible résilience (RC = 0,1) que ceux qui avaient déménagé. |
| Obuobi-Donkor, 2024a | Court terme | 298 participants (85 % étaient des femmes; âge moyen = 48,4 ans, écart-type = 14; 28,3 % étaient âgés de moins de 40 ans; 83,5 % étaient Blancs; 56,4 % étaient en couple et 63,5 % avaient un emploi) | La recherche a mis en évidence un lien important entre l’exposition aux zones touchées par les incendies de forêt et l’augmentation des niveaux d’anxiété au sein de la population concernée. L’étude a révélé que le taux de prévalence de l’anxiété modérée à sévère pendant l’incendie de forêt était de 41,9 %. |
| Obuobi-Donkor, 2024b | Court terme | 306 abonnés au programme Text4Hope (130 abonnés ont partiellement ou entièrement répondu à l’enquête de référence et à l’enquête après six semaines) : 84 % étaient Blancs, 53,9 % étaient en couple et 63 % avaient un emploi | À six semaines, les résultats de l’étude longitudinale montrent, comparativement aux scores de base correspondants, une amélioration statistiquement significative des scores moyens de l’indice de bien-être OMS-5, du PHQ-9, du GAD-7 et du PCL-C, ainsi que des réponses à la neuvième question du PHQ-9, qui mesure l’intensité des idées suicidaires. Toutefois, les scores au BRS n’affichent pas une telle amélioration. |
| Oluwasina, 2023 | Long terme | 186 personnes interrogées à Fort McMurray un an après l’inondation (85,5 % étaient des femmes et 52,7 % étaient âgées de plus de 40 ans) | La prévalence de dépression légère à grave parmi les répondants était de 53,7 %. Les personnes interrogées qui ont déclaré être au chômage étaient 12 fois plus susceptibles de souffrir d’une dépression modérée à grave (RC = 12,16). |
| Owusu, 2022 | Long terme | 186 personnes interrogées à Fort McMurray un an après l’inondation (85,5 % étaient des femmes, 81,6 % étaient âgées de plus de 40 ans, 71 % étaient en couple et 94,1 % avaient un emploi) | La prévalence du trouble d’anxiété généralisée probable était de 42,5 % parmi les participants à l’étude. Une situation de l’emploi positive (RC = 30,70) figurait parmi les facteurs de prédiction d’un probable trouble d’anxiété généralisée parmi les répondants. |
| Pazderka, 2021a | Long terme | Adolescents ayant vécu des traumatismes antérieurs (n = 295) et adolescents ayant uniquement subi des traumatismes liés aux incendies de forêt (n = 740) à Fort McMurray après l’incendie de 2016 | Ensemble, les relations entre l’âge et l’autoefficacité, et entre l’autoefficacité et le désespoir suggèrent que, parmi les personnes qui vivent un traumatisme pour la première fois, on constate un renforcement, lié à l’âge, de la confiance en la capacité de gérer différentes situations. Une relation négative a été constatée entre ce renforcement de la confiance et le désespoir. Au sein du groupe de participants dont les traumatismes étaient liés aux incendies de forêt, les adolescents les plus âgés ont montré des niveaux moyens de confiance plus élevés, tandis qu’au sein du groupe de participants ayant subi des traumatismes antérieurs, ces améliorations liées à l’âge n’existaient pas. |
| Pazderka, 2021b | Long terme | Collecte de données auprès d’enfants et d’adolescents de Fort McMurray en 2019 (n = 295 personnes ayant vécu des traumatismes antérieurs, n = 740 personnes ayant uniquement vécu des traumatismes liés aux incendies de forêt) | Les personnes qui avaient subi des traumatismes antérieurs présentaient des taux nettement plus élevés de dépression et de TSPT, ce qui n’était pas le cas pour l’anxiété ou le risque de suicide. |
| Petrasek MacDonald, 2015 | Long terme | Entrevues menées avec des jeunes de 15 à 25 ans issus des cinq collectivités de la région du Nunatsiavut | Cinq facteurs de protection clé ont été désignés comme améliorant la santé mentale et le bien-être des participants, à savoir : réaliser des activités sur le territoire, entretenir des liens avec la culture inuite, avoir des collectivités fortes, entretenir des relations avec la famille et les amis, et demeurer occupé. Les changements touchant la glace de mer et les conditions météorologiques ont été largement signalés comme compromettant ces facteurs de protection puisqu’ils limitent l’accès au territoire et augmentent les dangers associés aux activités sur le territoire. |
| Philippe, 2020 | Court terme | 224 participants au sein de la population générale (âge moyen = 36,6 ans, 74 % étaient des femmes) directement ou indirectement touchés par une catastrophe naturelle, en l’occurrence une inondation | Les résultats ont montré que les personnes touchées par les inondations faisaient état d’une moins bonne santé mentale que les personnes non touchées par ces phénomènes. Cependant, les personnes touchées et non touchées qui avaient encodé dans leur mémoire un événement actuel lié aux inondations comme satisfaisant un besoin ou qui avaient intégré un tel événement dans des réseaux de mémoire comme satisfaisant un besoin ont bénéficié d’une meilleure santé mentale au fil du temps. Ces résultats se sont maintenus après avoir contrôlé l’effet de diverses données sociodémographiques et des styles dispositionnels de régulation des émotions. |
| Stone, 2024 | Long terme | Neuf jeunes femmes ayant entre 16 et 28 ans | Premièrement, l’étude a conclu que les participantes ont adopté un discours de désespoir et de pessimisme qui entoure les changements climatiques et notre avenir, l’enjeu semblant trop incertain, grave et anxiogène pour qu’elles y pensent. Deuxièmement, les participantes estimaient que le statut des sujets, notamment le sexe, le statut socio-économique et la race, avait un effet sur la façon dont les gens vivent les changements climatiques. |
| Tilstra, 2022 | Court terme | Adultes d’Edmonton ayant été confrontés à des problèmes de santé entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2018 | Les mesures de l’exposition à la chaleur et de l’augmentation de la température présentaient des associations positives avec la santé mentale, mais les résultats n’étaient pas cohérents. La pluie est la seule variable liée au climat qui soit systématiquement significative dans les modèles de vulnérabilité à l’échelle communautaire, une augmentation de 5,202 mm de l’EIQ de la pluie étant associée à une diminution d’environ 21 % du taux d’événements liés à la santé mentale. L’augmentation des émissions industrielles constituait uniquement un facteur de risque significatif pour des pourcentages plus élevés d’immigrants. Lorsque la fraction d’immigrants totaux était de 5 %, une augmentation de 3,8 t/km2 (EIQ) des émissions industrielles était associée à un rapport de taux de prévalence de 0,972 pour les événements liés à la santé mentale, contre un rapport de taux de prévalence de 1,186 lorsque la fraction d’immigrants totaux passait à 45 %. L’effet protecteur d’une proportion plus élevée d’immigrants diminue lorsque les niveaux d’émissions industrielles sont plus élevés. Comme pour les autres résultats, des concentrations croissantes de O3 ont démontré des effets protecteurs dans les modèles d’effets principaux. |
| Tupinier Martin, 2024 | Court terme | 30 649 adultes ayant reçu un diagnostic de schizophrénie (59,7 % étaient des hommes et 20,8 % étaient âgés de plus de 50 ans) | Globalement, l’analyse de la relation cumulative entre les températures moyennes et les admissions à l’hôpital pour psychose sur une période de six jours indique une augmentation des admissions à l’hôpital, bien que les résultats ne soient pas statistiquement significatifs. Une augmentation statistiquement significative a été observée trois jours après des températures moyennes élevées, ce qui confirme l’effet décalé de l’exposition à des températures chaudes observé dans d’autres études. |
| Turcotte-Tremblay, 2024 | Long terme | 45 362 personnes interrogées dans 113 écoles (47 % étaient des garçons et 11 % des participants étaient âgés de moins de 12 ans) | Cette étude a révélé que 9 % des adolescents interrogés avaient des troubles du sommeil liés à l’anxiété climatique et que ces troubles nuisaient au moins parfois au travail de 6 % d’entre eux. Cette étude montre que, par rapport aux adolescents de sexe masculin, les adolescents qui ne s’identifient pas comme étant de sexe masculin ou féminin étaient nettement plus susceptibles de souffrir d’incapacités, d’estimer qu’ils pouvaient apporter une contribution et d’essayer de changer leur comportement. Les chercheurs ont constaté que l’incapacité due à l’anxiété climatique était plus élevée chez les adolescents issus de familles moins aisées. |
| Turmel, 2023 | Court terme | 40 participants du Québec, dont des professionnels de la santé ayant vécu des vagues de chaleur, des membres d’organisations de santé mentale et de bien-être, des membres d’organisations de gestion des risques et des citoyens vivant dans des zones à risque, dont des aînés et des personnes souffrant de problèmes de santé mentale | Cette recherche a montré que les vagues de chaleur ont des répercussions psychosociales importantes, notamment une augmentation de l’anxiété et du stress, un isolement social, une détresse émotionnelle, ainsi que de la fatigue et de l’épuisement. Les populations les plus exposées sont les aînés, les personnes souffrant de troubles mentaux, les personnes socialement isolées et les personnes à faible revenu ou à mobilité réduite. |
| Valois, 2020 | Court terme | Adultes vivant en zone inondable au Québec, interrogés en 2015 (1 951 répondants; âge moyen = 57,3 ans, 44,5 % étaient des hommes) et en 2019 (974 répondants; âge moyen = 60,7 ans, 40,7 % étaient des hommes) | En 2015, 25,5 % des personnes interrogées ont fait état de problèmes de santé mentale contre 35,4 % en 2019, ce qui ne constitue pas une différence statistiquement significative. |
| Vamvalis, 2023 | Long terme | Entrevues avec trois jeunes militants, tenue de trois groupes de discussion réunissant des jeunes et des éducateurs, et entrevues avec six éducateurs | Interrogés sur les effets de la crise climatique sur le bien-être des participants et de leurs pairs, les jeunes militants qui ont participé à cette étude ont affirmé de façon unanime que l’anxiété climatique, la peur liée au climat et le deuil climatique avaient des effets profondément délétères sur la santé mentale des jeunes. Bien que les participants aient dû faire face à des sentiments accablants et complexes, ils ont reconnu que le fait de travailler en collaboration avec d’autres personnes autour d’une vision commune visant à instaurer un changement transformateur a eu un effet positif sur leur santé mentale. La collaboration en vue d’instaurer un changement radical a servi de contrepoint et atténué leur anxiété et leur désespoir. |
| Vergunst, 2024 | Long terme | Étude portant sur les préoccupations climatiques à l’âge de 23 ans : 1 325 personnes nées en 1997-1998 au Québec (collectivités autochtones et régions très éloignées exclues); 80,1 % des participants étaient Blancs | La plupart des participants étaient préoccupés par les changements climatiques, et plus de quatre sur cinq se sont déclarés au moins « quelque peu préoccupés ». Dans la première analyse, les participants préoccupés par les changements climatiques présentaient des symptômes concomitants d’anxiété, de dépression et d’automutilation considérablement plus élevés (y compris des niveaux de dépression et d’automutilation importants sur le plan clinique). Ces associations ont été partiellement expliquées par les symptômes de santé mentale signalés six ans plus tôt. Des analyses complémentaires ont montré que les adolescents qui présentaient des symptômes d’anxiété plus élevés à l’âge de 15 et de 17 ans étaient nettement plus susceptibles d’être préoccupés par les changements climatiques à l’âge de 23 ans, tandis que les adolescents qui présentaient des symptômes d’agression ou d’opposition plus élevés étaient nettement moins susceptibles d’avoir ce type de préoccupations, même après correction pour tenir compte des symptômes d’anxiété simultanés. Les symptômes d’inattention-hyperactivité et de dépression chez les adolescents n’ont pas été associés de manière importante à des préoccupations ultérieures liées aux changements climatiques. Les résultats soulignent la nécessité de faire preuve de prudence lors de l’interprétation des associations transversales entre les préoccupations liées au climat et la détresse psychologique sans tenir compte des symptômes de santé mentale antérieurs. |
| Verstraeten, 2021 | Moyen terme | 200 femmes (27 % étaient enceintes, 73 % étaient en période de post-partum). Âge moyen à l’accouchement = 30,9 ans (écart‑type = 3,8), 96 % étaient en couple et environ 85 % avaient un statut socio-économique élevé (revenu familial annuel de plus de 100 000 dollars). | Les niveaux élevés de satisfaction à l’égard du soutien social et d’insatisfaction quant au nombre de personnes susceptibles d’offrir un tel soutien ont eu un effet modérateur important sur la relation entre le stress péritraumatique et les symptômes de type TSPT. La résilience n’a pas eu d’effet modérateur. |
| Vida, 2012 | Court terme | Personnes âgées de 15 ans et plus au Québec qui se sont rendues aux urgences entre 1995 et 2007 | Des associations statistiquement significatives et principalement monotones ont été constatées entre les températures et taux d’humidité plus élevés et les visites aux urgences pour des problèmes de santé mentale et des problèmes psychosociaux dans trois régions météorologiquement homogènes du Québec. En ce qui concerne la température, des augmentations importantes des visites aux urgences ont été observées à la fois pour les personnes de moins de 65 ans et pour celles de 65 ans et plus dans deux zones géographiques, tandis que dans l’autre zone, des augmentations ont uniquement été observées chez les personnes de moins de 65 ans. En ce qui concerne l’humidité, des augmentations importantes des visites aux urgences ont été observées chez les personnes âgées de moins de 65 ans dans les trois zones géographiques, à l’un ou aux deux niveaux d’humidité les plus élevés. |
| Villeneuve, 2023 | Court terme | 50 800 décès par suicide recensés au Canada entre le 1er janvier 2002 et le 31 décembre 2015 | Cette étude a trouvé des associations positives entre les augmentations quotidiennes de O3, de NO2, de particules fines (PM2,5) et de température et le décès par suicide. Bien que des associations positives aient été observées à différents délais d’exposition, l’estimation la plus forte a été observée avec une moyenne mobile de trois jours pour tous les polluants. En revanche, pour ce qui est de la température, l’association la plus forte a été trouvée avec la moyenne du même jour. Les associations entre les augmentations de NO2, de PM2,5 et de température et les décès par suicide étaient plus élevées chez les femmes. En outre, les associations entre chaque polluant et la température étaient plus fortes pendant la saison chaude. |
| Wang, 2014 | Court terme | Résidents de Toronto, du 1er avril 2002 au 31 mars 2010 | L’exposition à une température ambiante moyenne élevée était associée de manière importante à une augmentation des visites aux urgences chez les personnes souffrant de troubles de santé mentale et du comportement et habitant à Toronto. L’effet ou le risque le plus important d’admissions aux urgences est limité entre 0 et 4 jours de décalage pour les températures chaudes. L’analyse stratifiée par groupe d’âge a révélé que l’effet des températures élevées sur les visites aux urgences liées aux troubles de santé mentale et du comportement était plus important chez les personnes âgées de plus de 60 ans et chez les personnes âgées de 0 à 14 ans. Aucune différence importante n’a été constatée entre les genres et aucune association notable avec le froid n’a été observée. En ce qui concerne les maladies mentales, des augmentations importantes d’admissions aux urgences lors de températures élevées ont été constatées chez les personnes souffrant de schizophrénie et de troubles schizotypiques, de troubles de l’humeur, de troubles de santé mentale et du comportement liés à la consommation de substances ainsi que de troubles névrotiques. |
| Woodhall-Melnik, 2019 | Long terme | Entrevues avec des informateurs clés (dirigeants des communautaires locaux et personnes ayant une connaissance approfondie des opérations de secours en cas de catastrophe) et groupes de discussion avec 20 adultes résidant dans le sud du Nouveau-Brunswick environ un an après l’inondation | L’épuisement, le stress, l’anxiété, l’inquiétude et l’incertitude font partie des effets négatifs sur la santé mentale à la suite de l’inondation. |
| Yoon, 2024 | Long terme | 35 adultes atteints de schizophrénie qui vivaient en Colombie-Britannique lors de la canicule de 2021 (66 % étaient des hommes, l’âge moyen était de 41 ans [écart-type = 17 ans] et 74 % étaient célibataires) | Sur le plan psychologique, la chaleur a entraîné une hausse de l’anxiété et de l’irritabilité ainsi qu’une perturbation des habitudes de sommeil, ce qui a eu des effets négatifs sur la stabilité mentale et le fonctionnement quotidien. Ces réactions émotionnelles, associées à la fatigue cognitive, mettent en évidence le fardeau psychologique imposé par les facteurs de stress environnementaux. Nombre des participants ont également indiqué qu’ils consommaient régulièrement de l’alcool ou d’autres drogues au moment de la vague de chaleur de 2021 et ont mentionné avoir été sous l’influence de drogues ou d’alcool au moment où ils ont subi un stress dû à la chaleur. L’établissement de liens entre la psychose, la toxicomanie et les symptômes de stress thermique représente un défi complexe. |
Caractéristiques des études
Une seule étude a été publiée avant 2000Note de bas de page 13, six études ont été publiées entre 2000 et 2010, 13 études ont été publiées entre 2011 et 2018 et 41 études ont été publiées entre 2019 et 2024. La plupart des études ont été menées en Alberta (n = 30; 42 %) et 21 % (n = 15) au Québec (voir figure 2). Les événements climatiques et météorologiques et les expositions étaient les incendies de forêt, les inondations, les perceptions globales de changements climatiques, les températures extrêmes et la pollution de l’air. Les études portant sur des jeunes de moins de 18 ans formaient 24 % des articles. La plupart des articles inclus dans cet examen de la portée ont eu recours à des questionnaires quantitatifs (57 %), 25 % portaient sur des recherches qualitatives, 4 % ont eu recours à des méthodes mixtes et 13 % ont utilisé des dossiers médicaux pour obtenir des résultats quantitatifs. Des informations qualitatives ont été utilisées pour déterminer les facteurs associés à des résultats en matière de santé mentale (figure 3).
Figure 2 : Texte descriptif
| Province/territoire | Nombre d’articles | Événements climatiques |
|---|---|---|
| Yukon | 0 | s.o. |
| Territoires du Nord-Ouest | 2 à 5 | Changements climatiques généraux, incendie de forêt |
| Nunavut | 2 à 5 | Changements climatiques généraux |
| Colombie-Britannique | 6 à 10 | Changements climatiques généraux, température extrême |
| Alberta | 11 ou plus | Incendie de forêt, inondation, température extrême, pollution atmosphérique |
| Saskatchewan | 0 | s.o. |
| Manitoba | 0 | s.o. |
| Ontario | 6 à 10 | Inondation, changements climatiques généraux, température extrême, tempête de verglas |
| Québec | 11 ou plus | Inondation, température extreme, changements climatiques généraux, tempête de verglas |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 6 à 10 | Changements climatiques généraux, température extrême |
| Nouveau-Brunswick | 1 | Inondation |
| Île-du-Prince-Édouard | 0 | s.o. |
| Nouvelle-Écosse | 2 à 5 | Changements climatiques généraux, incendie de forêt |
Abréviations : AB, Alberta; BC, Colombie-Britannique; MB, Manitoba; NB, Nouveau-Brunswick; NL, Terre-Neuve-et-Labrador; NS, Nouvelle-Écosse; NT, Territoires du Nord-Ouest; NU, Nunavut; ON, Ontario; PE, Île-du-Prince-Édouard; QC, Québec; SK, Saskatchewan; YT, Yukon.
Remarque : Deux articles ne sont pas inclus, car ils concernaient l’ensemble du Canada. Ces articles portaient sur les changements climatiques en général, les températures extrêmes et la pollution de l’air.
Figure 3 : Texte descriptif
| Événement climatique | Facteurs susceptibles d’influencer l’impact | Résultats en santé mentale |
|---|---|---|
| Incendies de forêt | Évacuation ou réinstallation Soutien inadéquat Chômage Être témoin de l’incendie de maisons Exposition à la couverture médiatique |
Anxiété Dépression TSPT Consommation de substances Faible resilience Pensées suicidaires |
| Inondations | Traumatismes supplémentaires Anxiété élevée Perte ou détérioration de biens Chômage |
Problèmes généraux de santé mentale Anxiété Dépression TSPT |
| Températures extremes | Émissions Consommation de drogues Capacité cognitive |
Visites à l’hôpital liées à la santé mentale Consommation de substances Suicide Anxiété et irritabilité |
| Changements climatiques graduels | Sécurité alimentaire Systèmes de connaissances locaux Changements touchant les paysages Sécurité des déplacements et des activités culturelles (p. ex. chasse, temps passé sur le territoire) |
Problèmes généraux de santé mentale Éco-anxiété Dépression |
Abréviation : TSPT, trouble de stress post-traumatique.
Contextes et événements climatiques
Ces études ont été menées dans des collectivités, des hôpitaux, des cliniques et des établissements d’enseignement et elles portaient sur des phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes (incendies de forêt, chaleur extrême), des changements climatiques graduels (élévation du niveau de la mer) et la perception générale du changement climatique. Les événements climatiques et météorologiques extrêmes, tels que les incendies de forêt et les inondations, ont fréquemment engendré des effets tels que la dépression (n = 22 études), l’anxiété (n = 23 études) et le TSPT (n = 18 études). Les changements climatiques généralement perçus étaient les régimes météorologiques et les schémas saisonniers, ainsi que les changements perçus dans la distribution spatio-temporelle de la végétation et de la faune. Ces études, qui étaient essentiellement de nature qualitative, portaient sur des thèmes tels que la mauvaise santé mentale en général (n = 14 études), l’éco-anxiété (n = 8 études) et la dépression ou le deuil (n = 7 études).
Fardeau déclaré des effets sur la santé mentale associés au changement climatique
Les taux de dépression signalés après une exposition à des événements extrêmes ou à un changement climatique général variaient entre 5,2 %Note de bas de page 14 et 53,7 % (dépression légère à grave)Note de bas de page 15. Ces taux incluaient toute mention de dépression, de symptômes dépressifs, de dépression légère, modérée ou grave et de trouble de dépression majeure probable ou diagnostiqué. La prévalence de l’anxiété variait entre 12,5 % (symptômes d’anxiété)Note de bas de page 14 et 63 % (anxiété climatique)Note de bas de page 16 et incluait des définitions telles que l’anxiété, l’anxiété probable, l’anxiété élevée, les autres troubles d’anxiété, l’anxiété modérée à grave et un diagnostic probable ou confirmé de trouble d’anxiété généralisée (TAG). La prévalence du TSPT variait entre 10,2 % (TSPT probable)Note de bas de page 17 et 60 % (symptômes importants de TSPT)Note de bas de page 18. Les mentions de TSPT incluaient le TSPT probable, le TSPT élevé, le diagnostic provisoire de TSPT et la présence de TSPT. La prévalence de la consommation de substances (alcool ou drogues) variait entre 7,9 % (trouble lié à l’usage d’une substance)Note de bas de page 19 et 17 % (« abus de substances » en 2018)Note de bas de page 20. Les définitions dans les articles inclus étaient la présence de consommation d’alcool, l’augmentation autodéclarée de la consommation d’alcool ou de drogues, la consommation à haut risque et nocive, le trouble probable lié à la consommation d’alcool ou de substances, le trouble de la consommation d’alcool et les problèmes liés à la drogue. Les autres résultats en matière de santé mentale recensés dans le cadre de cet examen étaient la détresse, la faible résilience, l’insomnie, les troubles à symptomatologie somatique et apparentés, la boulimie, l’hyperphagie boulimique, le trouble panique, les pensées suicidaires et l’automutilation ainsi que les troubles psychotiques et autres troubles de l’humeur (tableau 1). Vingt-trois études ont fait état d’effets à court terme sur la santé mentale, 10 études ont fait état d’effets à moyen terme et 46 études ont fait état d’effets à long terme sur la santé mentale. Les résultats à court terme, à moyen terme et à long terme les plus fréquemment signalés étaient respectivement l’anxiété (n = 10 études), le TSPT (n = 7 études) et l’anxiété (n = 25 études) (voir figure 4).
Figure 4 : Texte descriptif
| Temps écoulé | Résultat | n |
|---|---|---|
| Court terme | Anxiété | 10 |
| Troubles mentaux ou du comportement | 7 | |
| Effets négatifs sur la santé mentale | 4 | |
| Dépression | 4 | |
| Utilisation problématique de substances | 2 | |
| TSPT | 2 | |
| Troubles à symptomatologie somatique et apparentés | 1 | |
| Troubles de l’humeur | 1 | |
| Troubles psychotiques | 1 | |
| Schizophrénie | 1 | |
| Pensées suicidaires | 1 | |
| Moyen terme | TSPT | 7 |
| Anxiété | 5 | |
| Dépression | 3 | |
| Utilisation problématique de substances | 2 | |
| Insomnie | 2 | |
| Effets négatifs sur la santé mentale | 1 | |
| Douleur | 1 | |
| Résilience | 1 | |
| Long terme | Anxiété | 25 |
| Effets négatifs sur la santé mentale | 22 | |
| Dépression | 19 | |
| TSPT | 13 | |
| Résilience | 7 | |
| Utilisation problématique de substances | 6 | |
| Insomnie | 4 | |
| Douleur | 1 |
Abréviation : TSPT, trouble de stress post-traumatique.
Facteurs d’exposition associés aux événements climatiques
Les facteurs qui influencent l’effet du climat et des événements météorologiques sur les résultats en matière de santé mentale ont été déterminés en évaluant les thèmes communs dans les articles sélectionnés. Les expositions les plus signalées après un événement météorologique ou climatique étaient l’évacuation, la destruction de maisons, les problèmes sociaux et de bien-être, les répercussions sur les moyens de subsistance et les activités culturelles ainsi que la retraumatisation. Ces facteurs ont été jugés les plus pertinents pour les événements liés aux changements climatiques au Canada et sont susceptibles de contribuer aux problèmes de santé mentale ou d’exacerber ceux-ci. Les effets les plus fréquents sur la santé mentale à la suite de ces expositions étaient l’anxiété, le TSPT, la dépression, la consommation de substances et une faible résilience (figure 3). Les facteurs propres à certains événements météorologiques et climatiques sont également présentés sur la figure 3. Les facteurs d’exposition concernant des événements météorologiques et climatiques particuliers et les changements environnementaux graduels sont présentés ci-dessous.
Incendies de forêt
Les incendies de forêt constituaient l’exposition à des conditions météorologiques ou climatiques extrêmes la plus fréquemment étudiée, la plupart de ces études ayant porté sur la région de Fort McMurray (Alberta). Ces résultats ont permis de recenser plusieurs sous-groupes de populations à risque, notamment les personnes souffrant d’une maladie mentale diagnostiquéeNote de bas de page 21Note de bas de page 22Note de bas de page 23Note de bas de page 24Note de bas de page 25, les jeunes d’âge scolaireNote de bas de page 20Note de bas de page 24Note de bas de page 25Note de bas de page 26Note de bas de page 27Note de bas de page 28 les femmesNote de bas de page 29Note de bas de page 30Note de bas de page 31Note de bas de page 32Note de bas de page 33, les femmes enceintes et les femmes en période de post-partumNote de bas de page 31. Les facteurs d’exposition à la suite d’un incendie de forêt incluaient le fait d’être témoin d’incendies de forêt brûlant des structuresNote de bas de page 22, l’exposition à la couverture médiatiqueNote de bas de page 32, le chômageNote de bas de page 21Note de bas de page 34, l’évacuation ou la réinstallationNote de bas de page 32 et le fait de recevoir un soutien inadéquat du gouvernement, de la famille ou des amisNote de bas de page 22Note de bas de page 32Note de bas de page 33. L’anxiété (n = 15 études), la dépression (n = 15 études), le TSPT (n = 12 études), l’« abus de substances » (n = 7 études), la résilience (n = 4 études) et les pensées suicidaires (n = 4 études) figuraient parmi les effets sur la santé mentale les plus fréquemment signalés (figure 3).
Inondations
Les groupes à risque étaient les femmes et les personnes souffrant de maladies mentalesNote de bas de page 14. Les facteurs potentiels influençant les résultats en matière de santé mentale sont l’expérience de traumatismes supplémentaires tels que ceux engendrés par la COVID-19Note de bas de page 35, la présence de problèmes d’anxiété élevée préexistanteNote de bas de page 14, le fait d’avoir subi des pertes ou des dommages matérielsNote de bas de page 14 et le chômageNote de bas de page 15. Les résultats en matière de santé mentale étaient similaires à ceux mentionnés dans les études portant sur les incendies de forêt, à savoir une mauvaise santé mentale générale (n = 7 études), l’anxiété (n = 6 études), la dépression (n = 6 études) et le TSPT (n = 6 études) (figure 3).
Chaleur extrême
Les personnes présentant un risque particulièrement élevé de mauvais résultats en matière de santé mentale en raison de températures extrêmes étaient les femmesNote de bas de page 36, les aînésNote de bas de page 37, les jeunesNote de bas de page 37, les personnes souffrant de démenceNote de bas de page 38, de schizophrénieNote de bas de page 37Note de bas de page 38Note de bas de page 39Note de bas de page 40 et de troubles de l’humeurNote de bas de page 37Note de bas de page 38Note de bas de page 40Note de bas de page 41, les immigrantsNote de bas de page 42, les personnes plus démunies sur le plan social ou matérielNote de bas de page 38, les personnes souffrant de troubles liés à l’utilisation de substancesNote de bas de page 37Note de bas de page 38Note de bas de page 40 et les personnes souffrant de problèmes de santé préexistantsNote de bas de page 38. Les facteurs susceptibles d’influencer les résultats en matière de santé mentale comprennent la capacité cognitiveNote de bas de page 41, les émissionsNote de bas de page 36Note de bas de page 42 et la consommation de droguesNote de bas de page 43 (figure 3). Les résultats en matière de santé mentale sont les visites à l’hôpital liées à la santé mentale (n = 5 études), l’« abus de substances » (n = 2 études), le suicide (n = 1 étude) et l’anxiété (n = 1 étude) (voir figure 3).
Changements graduels des régimes météorologiques et climatiques
Les groupes à risque étaient les populations autochtonesNote de bas de page 44Note de bas de page 45Note de bas de page 46, les personnes souffrant d’anxiétéNote de bas de page 47, les femmes et les personnes de diverses identités de genreNote de bas de page 48Note de bas de page 49Note de bas de page 50, les personnes ayant un accès limité à l’éducationNote de bas de page 44 et aux services de santéNote de bas de page 51 et les personnes manquant de sécurité financièreNote de bas de page 44Note de bas de page 48. Plusieurs études ont porté sur les signalements subjectifs de changements graduels des régimes météorologiques et climatiques. Les personnes qui ont participé à ces études ont subi des effets importants, notamment en raison d’expositions à des changements ayant des répercussions sur la sécurité alimentaireNote de bas de page 49Note de bas de page 52, les systèmes de connaissances localesNote de bas de page 49, les paysagesNote de bas de page 53Note de bas de page 54 et la sécurité des déplacements et des activités culturellesNote de bas de page 44Note de bas de page 45Note de bas de page 49Note de bas de page 53Note de bas de page 55Note de bas de page 56. Ces facteurs ont donné lieu à des résultats en matière de santé mentale fréquemment mentionnés, notamment une mauvaise santé mentale générale (n = 14 études), l’éco-anxiété (n = 8 études) et la dépression (n = 7 études) (figure 3).
Équité en matière de santé
Les articles ont mis en évidence un certain nombre de populations à risque, notamment les collectivités autochtones (n = 16 études)Note de bas de page 44Note de bas de page 49Note de bas de page 56, les adolescents et les jeunes (n = 17 études)Note de bas de page 20Note de bas de page 57Note de bas de page 58, les femmes et les personnes de diverses identités de genre (n = 12 études)Note de bas de page 33Note de bas de page 36Note de bas de page 59 et les personnes souffrant de problèmes de santé mentale préexistants (n = 14 études)Note de bas de page 21Note de bas de page 34Note de bas de page 37.
Autochtones
Si les études portant sur les populations autochtones ont fourni de riches informations qualitatives, elles ne présentent pas suffisamment d’informations quantitatives sur les effets du changement climatique sur la santé mentale. Les données qualitatives extraites de ces études ont fait état de préoccupations concernant les incidences sur les activités nécessaires à la subsistance, qui étaient également liées à l’identité culturelle et aux moyens de subsistance des collectivités autochtones (par exemple, la chasse au caribou et la cueillette des baies). Les populations autochtones qui vivent des ressources de leurs territoires sont particulièrement menacées par les changements climatiques à venir, car l’insécurité alimentaire – qui constitue une crise permanente – risque de s’aggraver.
Jeunes
Des études qualitatives montrent que les jeunes étaient susceptibles de ressentir de l’anxiété et du désespoir face au climatNote de bas de page 47Note de bas de page 48Note de bas de page 60. À la suite d’incendies de forêt, les jeunes peuvent souffrir de TSPT et de dépression, faire des « abus de substances » et avoir des idées suicidairesNote de bas de page 24Note de bas de page 25.
Femmes et personnes de diverses identités de genre
Les femmes étaient plus vulnérables et risquent davantage de subir des effets psychologiques à la suite d’événements climatiquesNote de bas de page 14Note de bas de page 30 ou en raison de la crise climatique continueNote de bas de page 59Note de bas de page 61. Deux études ont montré que les personnes de diverses identités de genre sont plus susceptibles de ressentir de l’éco-anxiétéNote de bas de page 48.
Personnes souffrant de problèmes de santé mentale préexistants
Enfin, les symptômes psychologiques tels que la dépression, l’anxiété et le trouble de stress post-traumatique risquent d’être exacerbés à la suite de divers événements climatiques chez les personnes qui souffrent de problèmes de santé mentale préexistantsNote de bas de page 32Note de bas de page 34Note de bas de page 41. Le risque d’admission à l’hôpital et de suicide en cas de chaleur extrême est particulièrement élevé chez les personnes atteintes de schizophrénieNote de bas de page 37.
Analyse
Cet examen de la portée met en évidence le nombre croissant de recherches évaluées par des pairs qui portent sur les effets engendrés par des événements liés aux changements climatiques sur la santé mentale au Canada. Une augmentation notable du nombre de ces publications a été constatée au cours des cinq dernières années. Nous avons recensé 72 études qui répondaient aux critères d’inclusion, celles-ci ayant recours à diverses méthodes quantitatives, qualitatives et mixtes. Les données font état d’un large éventail d’effets sur la santé mentale associés à des expositions climatiques extrêmes (incendies de forêt, inondations, chaleur extrême) et graduelles (modification des conditions météorologiques, dégradation de l’environnement). Les résultats les plus fréquemment signalés sont l’anxiété, la dépression et l’état de stress post-traumatique, les estimations de prévalence variant selon les populations, les régions et les événements. Les études ont également recensé certains facteurs clés, notamment le déplacement, la perte des moyens de subsistance et la perturbation culturelle, comme étant de potentiels médiateurs essentiels de ces effets sur la santé mentale. Il est important de préciser que les résultats font état du fardeau disproportionné de la détresse psychologique liée au climat au sein de certaines populations, notamment les collectivités autochtones, les jeunes, les femmes, les personnes de diverses identités de genre et les personnes souffrant de problèmes de santé mentale préexistants.
La littérature actuelle, en raison de l’accent disproportionné mis sur l’Alberta (42 % [n = 30] des études incluses ayant été menées dans cette province et nombre d’entre elles se concentrant sur l’incendie de forêt survenu à Fort McMurray) comporte une limitation géographique notableNote de bas de page 22Note de bas de page 31Note de bas de page 32. La surreprésentation des études portant sur Fort McMurray semble provenir du chevauchement des échantillons en ce qui concerne les cohortes de jeunes et les populations cliniques, ce qui soulève des inquiétudes quant à la généralisation de certains résultats. Seules trois des 30 études réalisées en Alberta étaient basées sur la population, tandis que les autres avaient ciblé un sous-ensemble précis de population ou des suivis. Bien que cet accent reflète la gravité et la visibilité des incendies de forêt en Alberta, il met en évidence une lacune dans la base des données pour d’autres régions du Canada, en particulier les provinces de la Saskatchewan et du Manitoba (qui font partie des Prairies) ainsi que les provinces de l’Atlantique. Aucune étude ne s’est intéressée aux effets sur la santé mentale dans les Prairies, malgré les menaces accrues d’inondations, de chaleur extrême et de changements au sein des écosystèmes, combinés à la situation rurale spécifique de cette régionNote de bas de page 10. Au Canada atlantique, les vulnérabilités climatiques spécifiques telles que les inondations, l’élévation du niveau de la mer et l’érosion côtière peuvent avoir des effets sur la santé mentale et justifient une enquête. Ce manque de diversité géographique limite la généralisation des résultats et souligne la nécessité de mener des recherches spécifiques à chaque région afin d’éclairer l’élaboration de politiques équitables en matière de climat et de santé mentale à l’échelle du pays.
Les quatre principales expositions associées aux événements climatiques recensées dans cette étude – incendies de forêt, inondations, chaleur extrême et changements environnementaux graduels – correspondent aux données mondiales établissant un lien entre les événements liés au climat et les effets néfastes sur la santé mentale. Dans le cadre de cet examen, nous avons déterminé que les incendies de forêt ont engendré des taux élevés d’anxiété, de dépression, de TSPT et de consommation de substances, particulièrement à la suite d’événements de grande ampleur tels que ceux qui ont touché Fort McMurrayNote de bas de page 24Note de bas de page 31Note de bas de page 32. Cela coïncide avec les conclusions d’études internationales menées en Australie et aux États-Unis, où des traumatismes liés à des incendies ont engendré des effets psychologiques prolongésNote de bas de page 62Note de bas de page 63. Cet examen de la portée a révélé que les inondations étaient associées à des taux plus élevés de dépression, d’anxiété et de TSPT, ce qui est comparable aux résultats d’études menées au Royaume-Uni et faisant état d’effets plus importants chez les femmes que chez les hommesNote de bas de page 64. Les conséquences sur la santé mentale engendrées par la chaleur extrême, dont l’augmentation des admissions dans des unités de psychiatrie, de la consommation de substances et du nombre de suicides, ont aussi été largement signalées en Amérique du Nord et en EuropeNote de bas de page 37Note de bas de page 38Note de bas de page 40Note de bas de page 65, les populations vulnérables sur le plan social et médical étant exposées à des risques plus élevés. Enfin, les changements climatiques graduels, en particulier la perturbation des cycles saisonniers et la dégradation de l’environnement, touchent de manière disproportionnée les collectivités autochtones, dont le bien-être culturel et physique est étroitement lié au territoire. Ces résultats sont cohérents avec ceux à l’échelle mondiale soulignant le fardeau des conséquences sur la santé mentale engendrées par le deuil et les pertes écologiques, en particulier dans les régions arctiques et ruralesNote de bas de page 44Note de bas de page 45Note de bas de page 66. Ils soulignent également l’importance d’élaborer des réponses stratégiques tenant compte à la fois des risques à court et à long terme que posent les changements climatiques sur la santé mentale dans divers contextes géographiques et culturels.
Les prévalences de la dépression (7,5 % de la population de référence contre 5,2 % à 53,7 %), du TSPT (8,5 % contre 10,2 % à 60 %), de l’anxiété (5,2 % contre 12,5 % à 63 %) et des troubles liés à la consommation d’alcool (2,2 % contre 7,9 % à 17 %) étaient généralement plus élevée chez les personnes exposées à des phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes ou à des changements environnementaux graduels que les estimations associées à la population nationale non exposéeNote de bas de page 67Note de bas de page 68. Ces résultats soulignent les conséquences psychologiques des expositions liées au climat, même dans un contexte de revenu élevé et de ressources abondantes tel que celui du Canada. Cela dit, ces résultats doivent être interprétés avec prudence, compte tenu du fait que peu d’études étaient basées sur la population. Malgré qu’il soit bien établi que le TSPT et d’autres troubles de santé mentale soient fréquemment constatés au sein des populations des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire à la suite de désastres, notamment dans certaines parties de l’Amérique du Sud et de l’Afrique subsaharienneNote de bas de page 69Note de bas de page 70, les conclusions de cet examen viennent s’ajouter au volume croissant de données qui montrent que les changements climatiques posent également d’importants risques liés à la santé mentale dans les pays riches. Des études menées aux États-Unis et en Europe ont en effet également documenté des tendances similaires, où des événements tels que les ouragans, les inondations et les vagues de chaleur ont contribué à des augmentations importantes de détresse psychologique et de maladie psychiatriqueNote de bas de page 71Note de bas de page 72.
Le large éventail de prévalences signalées reflète probablement les différences entre les populations étudiées, l’intensité de l’exposition et le temps écoulé depuis l’événement climatique. Cet examen met en évidence le manque de recherches visant à déterminer les relations de cause à effet entre les événements climatiques et les résultats en matière de santé mentale et porte plutôt sur les estimations de prévalence. Les études incluses étaient transversales, ce qui a limité la possibilité d’attribuer les effets sur la santé mentale à des expositions en particulier. Des modèles longitudinaux ou quasi expérimentaux sont nécessaires pour mieux isoler les effets du climat. En outre, la plupart des études ont été publiées après 2019, ce qui témoigne d’un intérêt accru pour ce sujet en raison des effets plus visibles engendrés par les changements climatiques. Les études publiées avant 2019 mesuraient la santé mentale différemment des études publiées ultérieurement, qui évaluaient davantage des indicateurs d’état mental non pathologique tels que l’anxiété climatique et le deuil climatiqueNote de bas de page 50Note de bas de page 58. Cela suggère une évolution du discours sur les changements climatiques et la santé mentale, et démontre qu’il pourrait être nécessaire d’avoir recours à une terminologie et à des mesures cohérentes à l’avenir.
Les dimensions relatives à l’équité n’ont malheureusement été mentionnées que de manière descriptive ou sans consistance entre les études. Le sexe et le genre ont été les facteurs les plus fréquemment signalés, ce qui suggère des répercussions différentes sur la santé mentale après l’exposition, en particulier chez les femmesNote de bas de page 30Note de bas de page 36Note de bas de page 44Note de bas de page 49Note de bas de page 52Note de bas de page 59Note de bas de page 61. D’autres déterminants sociaux tels que la race/ethnicité ont été moins fréquemment signalés par rapport à l’expérience autochtone et au statut socio-économique. Les données probantes recueillis dans les études sélectionnées ont illustré le rôle des pratiques liées au territoire, de la continuité culturelle et du contexte colonial relativement aux effets sur la santé mentale, tandis que le statut socio-économique a souvent été évoqué en relation avec l’instabilité du logement, la précarité de l’emploi et l’accès aux ressources à la suite d’un événement lié au climatNote de bas de page 44Note de bas de page 46Note de bas de page 53Note de bas de page 54Note de bas de page 55. Cette lacune met en évidence le peu de données sur les dimensions liées à l’équité en ce qui concerne les effets du climat sur la santé mentale. Il s’agit d’une limite de cet examen et, de façon générale, de la littérature canadienne. Par conséquent, cette dimension devra faire l’objet d’études plus approfondies.
Cet examen souligne également la nécessité de mener des recherches sur les interventions précoces et le soutien à la santé mentale dans les collectivités touchées par une catastrophe. Le TSPT semble être une conséquence de plus en plus fréquente des catastrophes environnementalesNote de bas de page 17. Dans un contexte où les changements climatiques s’accélèrent, les interventions en matière de santé mentale doivent évoluer pour prioriser les premiers secours psychologiques et les stratégies de résilience à long terme, dont des soins communautaires tenant compte des traumatismes, des services de counseling accessibles et des espaces et soutiens culturellement sûrs. Des investissements proactifs dans les infrastructures de santé mentale et la préparation aux catastrophes seront essentiels pour atténuer le fardeau cumulé sur la santé mentale imposé par de futurs événements liés au climat. De plus, il est nécessaire de fournir un soutien ciblé aux groupes méritant l’équité, notamment des ressources adaptées aux personnes atteintes de schizophrénie lors des vagues de chaleur, aux femmes lors d’évacuations ou de réinstallations et aux groupes offrant des services de soutien aux jeunes en cas de crise climatique.
Points forts et limites
Cet examen de la portée présente à la fois des points forts et des points faibles. Tout d’abord, nous avons suivi une approche systématique pour la recherche d’articles, l’examen des résumés et des textes complets ainsi que pour l’élimination des doublons. Cependant, la diversité de la conception des études, des populations, des cadres, des mesures d’exposition, des résultats et des lieux visés par les études a rendu difficile la réalisation d’une méta-analyse. En outre, nous avons limité la stratégie de recherche à la recherche empirique primaire, ce qui peut avoir limité l’inclusion d’évaluations à l’échelle de la population et de signalements ultérieurs aux événements qui auraient pu être publiés dans la littérature grise. Une autre limite est liée au fait que l’analyse du contenu des facteurs susceptibles d’avoir des répercussions sur les résultats en matière de santé mentale a été réalisée par une seule personne (SVCL), qui a comptabilisé le nombre de fois qu’une certaine exposition ou un certain résultat en matière de santé mentale était mentionné dans la fiche de données et a inclus les cinq variables qui apparaissaient le plus souvent. Certaines de ces évaluations étaient subjectives, car les mentions de certaines informations, notamment les impacts socio-économiques, étaient peu nombreuses dans la fiche de données. Cela pourrait avoir donc une incidence sur les résultats en raison de la nature subjective de cette méthode d’interprétation. De même, la plupart des articles étaient de nature transversale, ce qui limite la capacité à comprendre les relations de cause à effet et a d’importantes répercussions sur la possibilité d’appliquer les résultats aux politiques et aux pratiques. Il est important de souligner que cet examen n’avait pas pour but de présenter une analyse causale, mais plutôt de fournir un cadre ou des hypothèses permettant de comprendre comment les événements climatiques peuvent avoir des effets sur la santé mentale par le biais de divers facteurs. Une troisième limite est que les informations présentées dans cette revue narrative étaient fortement concentrées sur Fort McMurray, car cette région a connu deux catastrophes climatiques en l’espace de cinq ans. Cette limite pourrait avoir un impact sur la généralisation des résultats. Par ailleurs, nombre de ces études ont utilisé les mêmes ensembles de données plutôt que de recueillir des données auprès de différentes populations de Fort McMurray. Cette lacune souligne la nécessité de mener des recherches dans d’autres provinces.
Recherches futures
Plusieurs pistes de recherche peuvent être envisagées pour l’avenir. Il serait intéressant d’étudier d’autres sous-groupes tels que les immigrants et les réfugiés, les minorités visibles et les personnes souffrant de maladies chroniques ou de handicaps, car leurs besoins et les risques qu’ils courent peuvent différer de ceux d’autres populations et ils n’ont pas été pris en compte dans le cadre de cette étude. La compréhension des facteurs liés à la vulnérabilité sociale représente un domaine d’investigation important, car les émissions d’origine humaine continueront à provoquer de nouveaux changements extrêmes qui auront des répercussions sur le climat et les schémas météorologiques. On constate également un manque d’informations sur d’autres phénomènes météorologiques liés aux changements climatiques, dont l’élévation du niveau de la mer et les ouragans, qui devraient toucher le Canada à l’avenirNote de bas de page 10, ainsi que sur les Prairies et le Canada atlantique, où des recherches plus approfondies devront être menées. Ces constats soulignent une lacune dans les connaissances actuelles en raison du nombre restreint d’études portant sur certains événements météorologiques liés au climat et sur les résultats en matière de santé mentale à l’échelle du pays dans le cadre de la recherche primaire. Cet examen de la portée n’ayant pas analysé les rapports organisationnels et institutionnels sur les changements climatiques et la santé mentale, ceux-ci pourraient être inclus dans le cadre de futurs travaux.
Conclusion
En conclusion, cet examen de la portée fournit une synthèse de la recherche primaire sur les effets des changements climatiques sur la santé mentale au Canada, révélant une base de données probantes en augmentation mais hétérogène. Les résultats démontrent de façon claire que les expositions au climat, qu’elles soient extrêmes ou graduelles, sont associées à une augmentation importante de la détresse psychologique, en particulier de la dépression, de l’anxiété, du TPSP et de la consommation de substances. Cet examen de la portée situe le Canada dans un contexte mondial plus large et conclut que même dans les pays à revenu élevé dotés de systèmes de santé solides, les changements climatiques peuvent avoir des conséquences profondes sur la santé mentale. La littérature demeure toutefois géographiquement asymétrique et limitée sur le plan méthodologique, se concentrant fortement sur l’Alberta et ne fournissant pas suffisamment de données probantes permettant d’établir des relations causales. Il sera nécessaire de procéder à une évaluation systématique des effets engendrés par les changements climatiques sur la santé mentale au Canada, de prendre en compte la diversité de la population et de cerner les populations, les expositions et les régions à risque ainsi que les interventions adaptées à la culture afin de répondre aux besoins de santé des groupes en quête d’équité.
Contributions des auteurs et avis
SS, SK et RE ont conçu la recherche et élaboré une proposition scientifique. SS, SK et SVCL ont dirigé l’examen et organisé des activités telles que l’exécution des recherches dans les bases de données, la sélection des résumés et des textes complets, la gestion de la feuille d’extraction des données, l’extraction des données et la synthèse des données narratives, avec l’aide d’AF, de NA, de MLR, de CF, de RE et de SK. Tous les coauteurs ont procédé à une révision critique de la première version du manuscrit, ont formulé des commentaires et ont approuvé la version finale de l’article pour publication.
Le contenu et les points de vue exprimés dans cet article sont ceux des auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position officielle du gouvernement du Canada.
Partage des données
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Financement
Aucun financement n’a été reçu pour cet examen de la portée.
Remerciements
Nous tenons à remercier la Bibliothèque de l’Agence de la santé publique du Canada, qui a contribué à l’élaboration et à la mise en œuvre de la stratégie de recherche de cet examen.
Conflits d’intérêts
Les auteurs ont déclaré n’avoir aucun conflit d’intérêts.

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