Home About Us Services ↳ Canada PR Visa (Permanent Residency) ↳ Work Permit Canada ↳ LMIA — Labour Market Impact Assessment ↳ Spouse & Family Sponsorship Visa ↳ Student Visa Canada ↳ Visitor Visa ↳ Business Visa Provinces ↳ 🏙️ Ontario ↳ 🏔️ British Columbia ↳ 🌾 Alberta ↳ 🌻 Saskatchewan ↳ 🌊 Manitoba ↳ ⚓ Nova Scotia ↳ 🍁 New Brunswick ↳ 🦞 Prince Edward Island ↳ 🐟 Newfoundland & Labrador ↳ 🌊 Atlantic Immigration Program Healthcare Blog FAQ Careers Canadian Latest policies Contact

Aperçu – Comportement prosocial et bonheur chez les enfants de 6 à 11 ans au Canada

Revue PSPMC

Page précedente | Table des matières |

Colin A. Capaldi, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 1; Danielle Lemaire, M. Sc.Note de rattachement des auteurs 1; Katrina R. Abela, M.A.Note de rattachement des auteurs 1Note de rattachement des auteurs 2; Laura L. Ooi, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 1; Melanie Varin, M. Sc.Note de rattachement des auteurs 1

https://doi.org/10.24095/hpcdp.46.2.03f

Cet article a fait l’objet d’une évaluation par les pairs.

Creative Commons License

Attribution suggérée

Aperçu par Capaldi CA et al. dans la Revue PSPMC mis à disposition selon les termes de la licence internationale Creative Commons Attribution 4.0

Rattachement des auteurs
Correspondance

Colin A. Capaldi, Centre de surveillance et de recherche appliquée, Agence de la santé publique du Canada, 785 Carling Avenue, Ottawa (Ontario)  K1A 0K9; tél. : 343-992-9759; courriel : colin.capaldi@phac-aspc.gc.ca

Citation proposée

Capaldi CA, Lemaire D, Abela KR, Ooi LL, Varin M. Comportement prosocial et bonheur chez les enfants de 6 à 11 ans au Canada. Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada. 2026;46(2):75-80. https://doi.org/10.24095/hpcdp.46.2.03f

Résumé

L’une des lacunes dans la surveillance de la santé publique au Canada est la surveillance de la santé mentale positive des enfants. Nous avons utilisé les données disponibles des six premiers cycles de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) pour analyser l’évolution de deux indicateurs potentiels de santé mentale positive et leur distribution au sein de groupes d’enfants de 6 à 11 ans. La prévalence du comportement prosocial évalué comme normatif par les parents et celle du bonheur perçu se sont révélées élevées et relativement stables dans le temps. Les comportements prosociaux évalués comme normatifs par les parents étaient plus fréquents chez les filles (par rapport aux garçons) et chez les enfants de 8 et 9 ans (par rapport aux enfants de 6 et 7 ans), tandis que le bonheur perçu était plus élevé chez les enfants de 6 et 7 ans (par rapport aux enfants de 10 et 11 ans).

Mots-clés : altruisme, bonheur, enfant, facteurs sociodémographiques, tendances, surveillance de la santé publique

Points saillants

  • La grande majorité des enfants ont présenté un niveau de comportement prosocial évalué comme normatif par les parents (c.-à-d. un score de 8 ou plus sur la sous-échelle du comportement prosocial du Questionnaire sur les forces et les difficultés), soit 89,6 % en 2007-2009 et 90,2 % en 2014-2015.
  • Environ neuf enfants sur dix ont été décrits comme étant généralement « heureux et intéressés par la vie », soit 92,0 % en 2007-2009 et 91,1 % en 2018-2019.
  • La prévalence du comportement prosocial évalué comme normatif par les parents était plus élevée chez les filles (93,8 %) que chez les garçons (83,3 %) et chez les enfants de 8 et 9 ans (89,8 %) que chez les enfants de 6 et 7 ans (85,6 %).
  • La prévalence du bonheur perçu était plus élevée chez les enfants de 6 à 7 ans (94,3 %) que chez les enfants de 10 et 11 ans (88,9 %).

Introduction

L’Agence de la santé publique du Canada exerce une surveillance des résultats en matière de santé mentale positive et de leurs déterminants en s’appuyant sur le Cadre d’indicateurs de surveillance de la santé mentale positive (CISSPM)Note de bas de page 1. L’importance de prendre en compte les étapes du parcours de vie (c.-à-d. l’enfance [jusqu’à 11 ans], la jeunesse [12 à 17 ans], l’âge adulte [18 ans et plus]) a été établie lors de l’élaboration initiale du CISSPMNote de bas de page 2. Les versions pour adultes et jeunes du CISSPM ont été publiées et mises à jour à plusieurs reprisesNote de bas de page 1, alors que la version pour enfants est toujours en cours d’élaboration. Afin de commencer à combler cette lacune, une étude exploratoire a été menée pour comprendre comment la santé mentale positive est conçue dans l’enfance, avec comme composantes-clés de la santé mentale positive de l’enfant le bien-être hédonique/émotionnel, le bien-être psychologique, le bien-être social et l’apprentissage socio-émotionnel/le développement positifNote de bas de page 3.

L’étape suivante de la surveillance consiste à définir et à analyser les indicateurs potentiels de la santé mentale positive de l’enfant. L’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) a mesuré à plusieurs reprises deux résultats de santé mentale positive chez les enfants : le comportement prosocial et le bonheur. Les comportements prosociaux sont des actions posées en faveur d’autrui (notamment l’aide, le partage et le réconfortNote de bas de page 4) et on peut les considérer comme relevant de l’apprentissage des émotions sociales/du développement positif (conscience sociale, aptitudes relationnelles, compétence sociale, etc.)Note de bas de page 5Note de bas de page 6. Les définitions du bonheur ont varié selon les époques et les culturesNote de bas de page 7, mais les chercheurs le définissent généralement comme une composante essentielle du bien-être hédonique/émotionnel (avec le plaisir, la jouissance ou la satisfaction à l’égard de la vie)Note de bas de page 8.

Bien que ces résultats aient été inclus dans les premiers cycles de l’ECMSNote de bas de page 9Note de bas de page 10, la compréhension de leur épidémiologie chez les enfants canadiens est limitée. Afin de mieux comprendre ce que les indicateurs basés sur ces mesures pourraient nous apprendre sur la santé maternelle et infantile s’ils étaient utilisés à des fins de surveillance, nos objectifs étaient d’étudier si les niveaux de bonheur et de comportement prosocial chez les enfants canadiens 1) varient dans le temps, 2) diffèrent en fonction de groupes sociodémographiques et 3) sont associés les uns aux autres.

Méthodologie

Données

L’ECMS est une enquête transversale répétée de Statistique Canada qui recueille des données représentatives sur la santé des personnes au Canada au moyen de questionnaires et de mesures directes de la santé. Nous avons utilisé les données partagées des questionnaires sur les ménages des six premiers cyclesNote de bas de page 9Note de bas de page 10Note de bas de page 11Note de bas de page 12Note de bas de page 13Note de bas de page 14, qui ont été administrés lors d’un entretien personnel au domicile du répondant entre 2007 et 2019 (les dates des cycles sont indiquées dans le tableau 1). La population cible était âgée de 3 à 79 ans pour les cycles 2 à 6 et de 6 à 79 ans pour le cycle 1. Les membres à temps plein des Forces canadiennes et les personnes vivant en institution, dans des réserves ou d’autres établissements autochtones et dans des régions éloignées ne faisaient pas partie de la population cible, pas plus que les personnes vivant dans les territoires à partir du cycle 3. Une stratégie d’échantillonnage à plusieurs degrés est utilisée pour l’ECMS : les sites de collecte sont sélectionnés dans les régions, suivis d’un échantillon aléatoire de logements, puis d’un échantillonnage de personnes au sein des ménages. Nous avons limité nos analyses aux enfants de 6 à 11 ans (N = 1 081, 1 076, 1 024, 1 032, 1 040 et 1 011 pour les cycles 1 à 6 respectivement).

Tableau 1. Évolution du comportement prosocial évalué comme normatif par les parents et du bonheur perçu élevé, ensemble et selon le sexe, enfants de 6 à 11 ans, ECMS, 2007 à 2015-2019, Canada

Comportement prosocial évalué comme normatif par les parents
Catégorie

Cycle 1
mars 2007 à févr. 2009

Pourcentage pondéré (IC à 95 %)

Cycle 2
août 2009 à nov. 2011

Pourcentage pondéré (IC à 95 %)

Cycle 3
janv. 2012 à déc. 2013

Pourcentage pondéré (IC à 95 %)

Cycle 4
janv. 2014 à déc. 2015

Pourcentage pondéré (IC à 95 %)

Cycle 2 et cycle 1

RC (IC à 95 %)

Cycle 3 et cycle 1

RC (IC à 95 %)

Cycle 4 et cycle 1

RC (IC à 95 %)

Ensemble 89,6
(86,5 à 92,8)
86,0
(81,9 à 90,0)
88,1
(83,2 à 93,0)
90,2
(87,7 à 92,8)
0,71
(0,44 à 1,13)
0,86
(0,47 à 1,58)
1,07
(0,70 à 1,64)
Filles 93,7
(91,3 à 96,0)
94,6
(92,2 à 97,0)
93,4
(90,5 à 96,3)
93,6
(91,0 à 96,3)
1,18
(0,60 à 2,32)
0,96
(0,52 à 1,77)
0,99
(0,56 à 1,77)
Garçons 85,8
(79,3 à 92,2)
77,9
(70,4 à 85,3)
83,1
(74,7 à 91,5)
87,0
(81,8 à 92,2)
0,58
(0,29 à 1,17)
0,82
(0,35 à 1,89)
1,11
(0,55 à 2,25)
Bonheur perçu élevé
Catégorie

Cycle 1
mars 2007 à févr. 2009

Pourcentage pondéré (IC à 95 %)

Cycle 2
août 2009 à nov. 2011

Pourcentage pondéré (IC à 95 %)

Cycle 5
janv. 2016 à déc. 2017

Pourcentage pondéré (IC à 95 %)

Cycle 6
janv. 2018 à déc. 2019

Pourcentage pondéré (IC à 95 %)

Cycle 2 et cycle 1

RC (IC à 95 %)

Cycle 5 et cycle 1

RC (IC à 95 %)

Cycle 6 et cycle 1

RC (IC à 95 %)

Ensemble 92,0
(90,9 à 93,1)
92,2
(89,5 à 94,8)
91,3
(87,7 à 94,8)
91,1
(87,0 à 95,3)
1,02
(0,68 à 1,53)
0,91
(0,57 à 1,43)
0,89
(0,52 à 1,53)
Filles 92,7
(90,3 à 95,1)
94,9
(92,2 à 97,6)
89,4
(84,2 à 94,6)
93,7
(90,2 à 97,2)
1,46
(0,71 à 3,00)
0,66
(0,35 à 1,25)
1,17
(0,59 à 2,30)
Garçons 91,3
(89,5 à 93,2)
89,6
(85,8 à 93,3)
93,0
(90,0 à 96,1)
88,7
(81,2 à 96,1)
0,82
(0,51 à 1,30)
1,27
(0,74 à 2,17)
0,74
(0,32 à 1,75)

Mesures

Le comportement prosocial a été mesuré pour les cycles 1 à 4 (2007-2015) à l’aide de cinq éléments de la sous-échelle « comportement prosocial » du Questionnaire sur les points forts et les points faibles (QPFPF)Note de bas de page 15. Le QPFPF a été validé pour les enfants et les adolescents canadiens, et sa validité factorielle, sa cohérence interne et son invariance de mesure entre les sexes, les âges et les langues ont été prouvéesNote de bas de page 16. On a demandé aux parents/tuteurs (ci-après dénommés « parents ») si chaque énoncé (exemple : « offre son aide si quelqu’un est blessé, contrarié ou se sent malade ») était « pas vrai » (score 0), « plutôt vrai » (score 1) ou « tout à fait vrai » (score 2) en matière de comportement de leur enfant au cours des six derniers mois. Les réponses ont été additionnées, le score total allant de 0 à 10. Nous avons classé ces scores totaux sur la base de seuils spécifiques au CanadaNote de bas de page 17, les scores de 8 à 10 correspondant aux niveaux « normatifs » de comportement prosocial évalué par les parents (précédemment qualifiés de « normaux ») et les scores de 0 à 7 aux niveaux « non normatifs » (précédemment qualifiés de « limites » [7] et de « cliniques » [0 à 6]).

Le bonheur a été mesuré au cours des cycles 1, 2, 5 et 6 (2007-2011, 2016-2019) à l’aide de la mesure attribuée à l’émotion à un seul élément du Health Utilities Index Mark 3 (HUI3)Note de bas de page 18. Il a été demandé aux parents (avec l’aide de leur enfant si nécessaire) s’ils décriraient leur enfant comme étant généralement « heureux et intéressé par la vie », « plutôt heureux », « plutôt malheureux », « malheureux avec peu d’intérêt pour la vie » ou « tellement malheureux que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue ». Pour demeurer cohérents avec le codage utilisé pour la version auto-évaluée de cette mesure pour les jeunes et les adultes dans le PMHSIFNote de bas de page 1, nous avons catégorisé « heureux et intéressé par la vie » comme correspondant à un bonheur perçu élevé.

Analyses statistiques

Les analyses ont été réalisées à l’aide de la version 7.1 de SAS Enterprise Guide. Nous avons utilisé les poids d’échantillonnage et bootstrap de Statistique Canada pour tenir compte du plan d’échantillonnage. Nous avons combiné les cycles qui mesuraient le(s) résultat(s) de santé mentale positive d’intérêt et combiné les fichiers de poids conformément aux recommandations de Statistique CanadaNote de bas de page 19Note de bas de page 20. Nous nous sommes également alignés sur leurs recommandationsNote de bas de page 20 et nous avons spécifié les degrés de liberté dans nos analyses en fonction du nombre total de sites de collecte de données échantillonnés moins le nombre de régions pour chaque cycle. Pour analyser les différences potentielles au fil du temps, nous avons calculé des pourcentages pondérés globaux et stratifiés par sexe avec des intervalles de confiance (IC) de 95 % pour le comportement prosocial évalué comme normatif par les parents et le bonheur perçu élevé, et ce, à chaque cycle pertinent. Nous avons également effectué des analyses de régression logistique non ajustées pour déterminer s’il existait des différences significatives par rapport à la période 2007-2009 (soit le cycle 1). Pour étudier les différences sociodémographiques potentielles (les variables précises et les ventilations sont indiquées dans le tableau 2), nous avons obtenu des pourcentages pondérés avec IC à 95 % pour le comportement prosocial évalué comme normatif par les parents et le bonheur perçu élevé pour chaque groupe et nous avons effectué des analyses de régression logistique non ajustées.

Des analyses similaires ont été menées pour vérifier comment le comportement prosocial et le bonheur étaient associés. Nous avons utilisé la suppression par paire pour traiter les données manquantes (la taille des échantillons est précisée dans les remarques des tableaux 1 et 2).

Tableau 2. Comparaison du comportement prosocial évalué comme normatif par les parents et du bonheur perçu élevé en fonction de caractéristiques sociodémographiques et comparaison entre les deux indicateurs, enfants de 6 à 11 ans, ECMS, 2007 à 2015-2019, Canada
Variable sociodémographique / Résultat en matière de santé mentale positive Comportement prosocial évalué comme normatif par les parents Sentiment de bonheur perçu élevé
Pourcentage pondéré
(IC à 95 %)
RC
(IC à 95 %)
Pourcentage pondéré
(IC à 95 %)
RC
(IC à 95 %)
Sexe
Filles 93,8
(92,5 à 95,2)
Référence 92,6
(90,8 à 94,5)
Référence
Garçons 83,3
(79,8 à 86,7)
0,33
(0,23 à 0,46)Note de bas de page a
90,6
(88,4 à 92,9)
0,77
(0,54 à 1,10)
Âge
6 et 7 ans 85,6
(81,5 à 89,6)
Référence 94,3
(92,2 à 96,4)
Référence
8 et 9 ans 89,8
(87,6 à 92,1)
1,49
(1,05 à 2,12)Note de bas de page a
92,0
(89,2 à 94,8)
0,69
(0,39 à 1,24)
10 et 11 ans 89,6
(87,3 à 91,9)
1,45
(0,99 à 2,14)
88,9
(86,4 à 91,4)
0,48
(0,30 à 0,78)Note de bas de page a
Tertile de revenu du ménage
Faible 88,4
(84,8 à 91,9)
Référence 90,8
(87,9 à 93,6)
Référence
Moyen 88,4
(85,2 à 91,6)
1,01
(0,62 à 1,64)
92,7
(90,1 à 95,3)
1,29
(0,80 à 2,10)
Élevé 88,5
(85,9 à 91,0)
1,01
(0,67 à 1,53)
91,8
(87,5 à 96,2)
1,14
(0,52 à 2,51)
Niveau de scolarité du ménage
Diplôme d’études secondaires ou moins 89,2
(84,9 à 93,5)
Référence 89,6
(86,1 à 93,1)
Référence
Études postsecondaires 88,0
(86,1 à 90,0)
0,90
(0,57 à 1,40)
91,9
(90,1 à 93,7)
1,31
(0,81 à 2,14)
Composition du ménage
Parent seul 85,7
(77,3 à 94,2)
Référence 86,6
(79,1 à 94,0)
Référence
Famille biparentale 88,8
(86,5 à 91,1)
1,32
(0,60 à 2,91)
92,1
(90,6 à 93,6)
1,81
(0,92 à 3,57)
Comportement prosocial
Non normatif s.o.  s.o. 73,6
(65,2 à 82,0)
Référence
Normatif  s.o. s.o. 94,9
(93,7 à 96,1)
6,67
(4,20 à 10,60)Note de bas de page a
Bonheur
Peu élevé 58,0
(47,3 à 68,8)
Référence s.o. s.o.
Élevé 90,2
(87,6 à 92,8)
6,67
(4,20 à 10,60)Note de bas de page a
s.o. s.o.

Résultats

La grande majorité des enfants présentaient des niveaux normatifs de comportement prosocial évalué par les parents à chaque point dans le temps, allant de 86,0 % à 90,2 % dans l’ensemble, de 93,4 % à 94,6 % pour les filles et de 77,9 % à 87,0 % pour les garçons. De même, la plupart des enfants ont fait état d’un bonheur perçu élevé, allant de 91,1 % à 92,2 % dans l’ensemble, de 89,4 % à 94,9 % pour les filles et de 88,7 % à 93,0 % pour les garçons. La prévalence d’un comportement prosocial évalué comme normatif par les parents et d’un bonheur perçu élevé n’a pas différé significativement, dans les années ultérieures, de celle observée en 2007-2009 (tableau 1).

Les comparaisons sociodémographiques sont présentées dans le tableau 2. Les garçons avaient significativement moins de probabilité d’avoir un comportement prosocial évalué comme normatif par les parents que les filles (respectivement 83,3 % contre 93,8 %; RC = 0,33, IC à 95 % : 0,23 à 0,46). En outre, les enfants de 8 et 9 ans avaient une probabilité significativement plus élevée d’avoir un comportement prosocial évalué comme normatif par les parents que les enfants de 6 et 7 ans (respectivement 89,8 % contre 85,6 %; RC = 1,49, IC à 95 % : 1,05 à 2,12). En revanche, les enfants de 10 et 11 ans avaient une probabilité significativement plus faible que les enfants de 6 et 7 ans d’avoir une perception élevée de bonheur (88,9 % contre 94,3 %; RC = 0,48, IC à 95 % : 0,30 à 0,78). Aucune autre différence sociodémographique significative n’a été constatée.

Le comportement prosocial et le bonheur ont été positivement associés (RC = 6,67, IC à 95 % : 4,20 à 10,60; tableau 2). Les enfants ayant une perception élevée de bonheur avaient une probabilité significativement plus élevée (90,2 %) d’avoir un comportement prosocial évalué comme normatif par les parents que les enfants n’ayant pas de perception élevée du bonheur (58,0 %), et les enfants ayant un comportement prosocial évalué comme normatif par les parents avaient une probabilité significativement plus élevée (94,9 %) d’avoir une perception élevée du bonheur que les enfants ayant un comportement prosocial évalué comme non normatif par les parents (73,6 %).

Analyse

La plupart des enfants au Canada ont un comportement prosocial évalué comme normatif par les parents et un bonheur perçu élevé, sans différence notable depuis 2007-2009. La prévalence élevée n’est pas surprenante pour le comportement prosocial évalué comme normatif dans la mesure où son seuil a été choisi pour inclure environ 80 % des scores les plus élevés de la sous-échelle du comportement prosocial du QPFPF pour les enfants et les jeunes des cycles 3 et 4 de l’ECMS (2012-2015)Note de bas de page 17. On pourra vérifier si le comportement prosocial évalué comme normatif et le bonheur perçu élevé sont restés aussi répandus chez les enfants dans les dernières années quand/si les ensembles de données des cycles ultérieurs de l’ECMS contenant des données pertinentes vont être disponibles.

La comparaison avec d’autres données canadiennesNote de bas de page 1 révèle que les pourcentages de jeunes et d’adultes ayant déclaré être habituellement « heureux et intéressés par la vie » sont inférieurs aux estimations obtenues pour les enfants dans notre étude. Cependant, nous ne sommes pas en mesure de déterminer si cela est attribuable à des changements liés à l’âgeNote de bas de page 21, à des différences générationnelles ou à des différences méthodologiquesNote de bas de page 22. Par exemple, les perceptions parentales en matière de santé mentale peuvent être plus positives que les perceptions auto-évaluéesNote de bas de page 23. Des données longitudinales sont nécessaires pour obtenir des explications plus claires. Bien que les enfants aient été présents lors du questionnaire pour donner leur avis en cas de besoin, on ne sait pas dans quelle mesure ils ont réellement contribué aux réponses. Le degré de convergence/divergence entre les indicateurs de santé mentale positive évalués par les parents et ceux évalués par les enfants pourrait être exploré dans de futures études. L’importance d’intégrer le point de vue des enfants dans la mesure et le compte-rendu de leur santé mentale positive a été l’une des principales conclusions de l’étude exploratoire susmentionnéeNote de bas de page 3, et l’OCDE a indiqué qu’il s’agissait d’un domaine qui devrait faire l’objet de recherches futuresNote de bas de page 24.

Nous avons relevé des différences entre les sexes en ce qui concerne l’évaluation du comportement prosocial par les parents, des niveaux normatifs ayant été plus fréquemment attribués aux filles qu’aux garçons. Ces résultats concordent avec des recherches antérieures sur le comportement prosocial, bien que l’ampleur de cette différence puisse dépendre du type de comportement prosocial, de la méthode de mesure et de la cible du comportement, et qu’elle puisse être partiellement influencée par les stéréotypes liés au genreNote de bas de page 25. De manière cohérente également avec de précédents résultatsNote de bas de page 25, les groupes d’enfants les plus âgés ont eu tendance à recevoir une évaluation plus élevée de comportement prosocial par les parents que les plus jeunes (bien que la différence pour le groupe d’âge le plus élevé n’ait pas atteint la signification statistique de p = 0,06). Inversement, le bonheur perçu s’est révélé le plus élevé dans le groupe d’âge le plus jeune (par rapport au groupe d’âge le plus âgé). Ces constats divergents renforcent l’importance de surveiller plusieurs résultats de santé mentale positiveNote de bas de page 2Note de bas de page 3Note de bas de page 24.

En résumé, cette étude nous permet de mieux comprendre l’épidémiologie du comportement prosocial et du bonheur chez les enfants canadiens. Cependant, elle comporte certaines limites. La prévalence très élevée pour les deux indicateurs peut conduire à des effets de plafond, ce qui a pu empêcher la détection de différences dans le temps et entre les groupes. La présence de l’enfant et celle de l’enquêteur pourraient également avoir contribué à la forte prévalence de réponses socialement souhaitables de la part des parentsNote de bas de page 26. En outre, si l’association positive entre le comportement prosocial et le bonheur est conforme aux recherches antérieuresNote de bas de page 27 et prouve leur validité convergente, des biais méthodologiques communs peuvent également contribuer à une partie de leur variance de chevauchementNote de bas de page 28. La nature transversale des données limitant les inférences causales, il n’est pas possible d’établir si le comportement prosocial évalué conduit au bonheur perçu ou vice et versa. Les résultats ne sont pas généralisables aux personnes exclues de l’ECMS (dont celles qui vivent dans les réserves des Premières Nations). Une surveillance continue au-delà de 2019 et le suivi d’autres indicateurs (autodéclarés) de santé mentale positive sont nécessaires pour une compréhension globale de la santé mentale positive des enfants au Canada. Notre étude fournit néanmoins un premier aperçu de la santé mentale positive des enfants au Canada sur la base de deux indicateurs, qui pourraient être intégrés aux outils de surveillance tels que le CISSMP.

Conflits d’intérêts

Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts.

Contributions des auteurs et avis

  • CAC : conception, méthodologie, analyse formelle, rédaction – première version du manuscrit.
  • LD : rédaction – relectures et corrections.
  • KRA : rédaction – relectures et corrections.
  • LLO : rédaction – relectures et corrections.
  • MV : validation, rédaction – relectures et corrections.

Le contenu de cet article et les points de vue qui y sont exprimés n’engagent que les auteurs; ces points de vue ne correspondent pas nécessairement à ceux du gouvernement du Canada.

Page précedente | Table des matières |

Détails de la page

2026-02-11

Quick Enquiry

We usually reply within a few hours
By submitting you agree to be contacted about your enquiry.
Call us Chat on WhatsApp
M

Migova AI Assistant

Online now
Hi 👋 I'm the Migova AI assistant, powered by OpenAI. Ask me about PR, study visas, work permits, LMIA, family sponsorship, provinces, or healthcare immigration to Canada.
Canada PR
Study Visa
LMIA / Work Permit