Recherche quantitative originale – Mesures de soutien à l’allaitement mises en œuvre dans le cadre du Programme canadien de nutrition prénatale : résultats d’une enquête nationale

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Publié par : L'Agence de la santé publique du Canada
Date de publication : octobre 2026
ISSN: 2368-7398
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Jo‑Anna B. Baxter, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 1; Alison Mildon, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 1; Jane Francis, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 2; Daniel W. Sellen, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 3; Deborah L. O’Connor, Ph. D.Note de rattachement des auteurs 1Note de rattachement des auteurs 4
https://doi.org/10.24095/hpcdp.46.10.01f
Cet article a fait l’objet d’une évaluation par les pairs.
Attribution suggérée
Article de recherche par Baxter JB et al. dans la Revue PSPMC mis à disposition selon les termes de la licence internationale Creative Commons Attribution 4.0
Rattachement des auteurs
Correspondance
Jo-Anna B. Baxter, Department of Nutritional Sciences, Medical Sciences Building, University of Toronto, 1 Kings College Circle, bureau 5363, Toronto (Ontario) M5S 1A8; tél. : 416-978-7494; courriel : joanna.baxter@mail.utoronto.ca, joanna.baxter.phd@gmail.com
Citation proposée
Baxter JB, Mildon A, Francis J, Sellen DW, O’Connor DL. Mesures de soutien à l’allaitement mises en œuvre dans le cadre du Programme canadien de nutrition prénatale : résultats d’une enquête nationale. 2026;46(10):381-391. https://doi.org/10.24095/hpcdp.46.10.01f
Résumé
Introduction. La promotion de l’allaitement fait partie intégrante du Programme canadien de nutrition prénatale (PCNP), mais les détails concernant la mise en œuvre du soutien à la lactation sont limités. Cette recherche visait à évaluer la prestation des services de soutien à l’allaitement offerts par les sites du PCNP dans l’ensemble du Canada, sauf le Québec, ainsi que l’incidence de la pandémie de COVID-19 sur ces services.
Méthodologie. Nous avons mené une enquête transversale de mai à juillet 2023, 207 sites ayant été invités à y participer. Nous avons analysé les types de soutien à la lactation offerts, les modalités de prestation et les personnes responsables de ces services, ainsi que le rôle des caractéristiques des sites (type de milieu, financement du Programme d’action communautaire pour les enfants, présence d’une clinique d’allaitement sur place, présence d’un établissement de soins de santé primaires sur place) et des sources de financement (PCNP seulement, PCNP et autres sources de financement, autres sources de financement seulement) dans la prestation du soutien à la lactation.
Résultats. Tous les répondants (n = 91 sites) ont indiqué offrir au moins un type de soutien à la lactation : 95 % offraient du matériel éducatif; 89 % proposaient des références vers des ressources communautaires; 77 % offraient un soutien personnalisé par un(e) intervenant(e) communautaire; 69 % dispensaient des séances de formation en direct; 68 % fournissaient des tire-laits; 51 % offraient des programmes de soutien entre pairs; 34 % proposaient un soutien personnalisé assuré par un(e) professionnel(le) certifié(e) en allaitement; 34 % fournissaient du matériel connexe. La plupart des sites ont continué à offrir des services de soutien à l’allaitement pendant la pandémie de COVID-19 mais ont rencontré de nombreux défis liés à la prestation des services. La disponibilité des services de soutien en allaitement nécessitant des ressources supplémentaires au-delà du financement de base du PCNP variait selon les caractéristiques des sites. Pour être capables d’offrir des services de soutien à l’allaitement, particulièrement du soutien personnalisé, la majorité des sites ont mentionné dépendre fortement de sources de financement autres que le PCNP (p. ex. dons, financement privé).
Conclusion. La prestation des services de soutien à la lactation variait considérablement d’un site du PCNP à l’autre, l’accès à ces services étant influencé par les caractéristiques des sites et la disponibilité de ressources externes. Un renforcement de l’orientation du programme ainsi que du soutien aux ressources de base en matière d’allaitement favoriserait une offre plus uniforme des services de soutien à la lactation et contribuerait à réduire les inégalités en santé et en nutrition périnatales.
Mots-clés : lactation, allaitement, allaitement au sein, alimentation du nourrisson, nutrition périnatale, population vulnérable, Programme canadien de nutrition prénatale, programmes communautaires
Points saillants
- Le soutien à l’allaitement est au cœur des objectifs du Programme canadien de nutrition prénatale (PCNP), mais les services de soutien à l’allaitement varient d’un site à l’autre.
- Cette étude est la première à documenter les services de soutien à la lactation offerts dans le cadre du modèle de programmation souple du PCNP, les modalités de leur mise en œuvre ainsi que les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur leur prestation.
- Alors que du matériel éducatif sur l’allaitement et/ou des références vers des ressources communautaires ont été offerts par les sites dans l’ensemble du Canada, la prestation d’autres services de soutien à la lactation nécessitant des ressources humaines ou matérielles supplémentaires était variable d’un site à l’autre, tout comme les modes de prestation.
- Pour offrir des services de soutien à l’allaitement, les sites doivent disposer de ressources externes dépassant le financement de base du PCNP, ce qui contribue à créer des inégalités entre les sites.
- Afin de mieux interpréter les résultats relatifs aux services de soutien à l’allaitement, de futures recherches devraient évaluer la fidélité de la mise en œuvre des services de soutien à l’allaitement du PCNP et analyser les résultats des participantes en matière d’allaitement au sein ainsi que leur expérience quant à la qualité, à la suffisance et à la pertinence des services reçus.
Introduction
L’allaitement procure des bienfaits pour la santé de la mère et de l’enfant, tant à court qu’à long terme, et contribue à réduire les coûts des soins de santéNote de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 3Note de bas de page 4. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les lignes directrices canadiennes recommandent un allaitement exclusif jusqu’à l’âge de six moisNote de bas de page 5Note de bas de page 6. Au Canada, 91 % des mères commencent à allaiter mais seulement 69 % poursuivent l’allaitement et 36 % allaitent exclusivement jusqu’à six moisNote de bas de page 7. Parmi celles qui cessent d’allaiter plus tôt, 71 % font état d’une cause évitable ou pouvant être traitée (p. ex. production insuffisante de lait, difficultés liées à l’allaitement)Note de bas de page 8. De plus, au Canada, les mères ayant un faible revenu ou un faible niveau de scolarité sont moins susceptibles d’allaiterNote de bas de page 9. Alors que l’OMS souligne l’importance d’un soutien qualifié en allaitement, des obstacles liés à l’accès aux services et à la situation socioéconomique persistentNote de bas de page 10.
Le Programme canadien de nutrition prénatale (PCNP) est un programme fédéral de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) qui finance des organismes communautaires afin de soutenir la santé des personnes enceintes, des nouveaux parents et de leurs nourrissons qui sont confrontés à des difficultés susceptibles de compromettre leur santéNote de bas de page 11. Si la promotion de l’allaitement et le soutien à l’allaitement constituent des objectifs explicites du PCNPNote de bas de page 12, les orientations du programme sont limitées et il n’existe pas de ressources spécifiquement consacrées au soutien à la lactation. Les programmes mis en œuvre dans les sites du PCNP, en particulier les services de soutien à l’allaitement, sont adaptables aux besoins des collectivités et façonnés par la disponibilité de partenariats locaux (par exemple avec les services de santé publique ou des organismes communautaires) ainsi que de ressources supplémentaires (par exemple dons ou financement privé)Note de bas de page 13.
Mieux comprendre la façon dont les sites du PCNP offrent des services de soutien à l’allaitement permettra d’améliorer les orientations relatives au programme. Il est également nécessaire de mieux comprendre les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur la prestation de ces services. Cette étude est la première enquête nationale visant à 1) évaluer les types de services de soutien à la lactation offerts aux personnes participant au PCNP et les répercussions de la pandémie sur leur prestation, 2) analyser le lien entre les caractéristiques des sites du PCNP et la disponibilité des services de soutien à l’allaitement et 3) déterminer les types de financement utilisés pour offrir ces services. Puisque l’enquête en français et les rapports rédigés par la suite emploient parfois « lactation » et parfois « allaitement », les deux termes ont été utilisés de manière interchangeable dans la version française de cet article. Nous sommes conscients que les personnes qui participent au PCNP constituent un groupe très diversifié et, dans cet article, le terme « allaitement » est utilisé dans un sens inclusif englobant toute alimentation dont l’origine est une production au sein (« lactation »).
Méthodologie
Plan d’étude, admissibilité et répondants
Nous avons mené, de mai à juillet 2023, une enquête transversale portant sur les caractéristiques des sites du PCNP, les services de soutien à la lactation, les services de soutien alimentaire et les stratégies d’adaptation mises en œuvre pendant la pandémie de COVID-19Note de bas de page 14. Tous les sites du PCNP au Canada étaient admissibles, à l’exception de ceux du Québec, où l’administration du PCNP diffère de celle des autres provinces et territoires.
Élaboration et diffusion du questionnaire
Le questionnaire d’enquête a été élaboré à la suite d’une étude de la documentation publique disponible sur le PCNPNote de bas de page 12Note de bas de page 15. Il comprend trois sections : les caractéristiques des sites, la prestation des services et les stratégies d’adaptation mises en œuvre pendant la pandémie de COVID-19. Ce questionnaire a d’abord été soumis aux commentaires de coordonnateurs locaux du PCNP à Toronto, puis il a été revu par un groupe consultatif composé de coordonnateurs du PCNP (N = 16) provenant des cinq régions de l’ASPC au Canada (C.-B. et Alb.; Sask. et Man.; les territoires [Yukon, T. N.-O. et Nt]; le centre [Ont. et Qc] et l’Atlantique [N.-B., T.-N.-L., N.-É. et Î.-P.-É.]), afin d’en assurer la pertinence, la clarté et la validité de présentation. Les membres du groupe consultatif se sont portés volontaires à la suite d’un appel ouvert transmis aux sites du PCNP par les responsables régionaux de l’ASPC au nom de l’équipe de rechercheNote de bas de page 14. Les coordonnateurs locaux du PCNP et les membres du groupe consultatif étaient représentatifs des personnes racisées ainsi que d’une diversité d’expériences vécues et professionnelles. Le groupe consultatif comprenait des coordonnateurs provenant de sites du PCNP gérés par des organismes communautaires, dirigés par des Autochtones ou intégrés à des organismes de santé publique. Après l’intégration des commentaires, les membres du groupe consultatif ont testé le questionnaire dans leur site du PCNP afin d’en confirmer la clarté et la fluidité. Les questions ont été jugées claires et la version définitive du questionnaire a été traduite en français par des professionnelsNote de bas de page 14. Après la collecte des données, les coordonnateurs locaux du PCNP et les membres du groupe consultatif ont de nouveau été sollicités afin de fournir leurs commentaires sur les résultats de l’étude et leur interprétation.
Les questions portant sur le soutien à la lactation figuraient dans la section du questionnaire consacrée à la prestation des services. En utilisant une période de référence de cinq ans (2018 à 2023), les répondants devaient indiquer quels types de services de soutien à la lactation étaient accessibles aux personnes participant au PCNP par l’intermédiaire de leur site, et ce, parmi sept catégories prédéfinies : matériel éducatif, séances de formation en direct, références vers des ressources communautaires en allaitement, soutien offert par un(e) professionnel(le) certifié(e) en allaitement, soutien offert par un(e) autre intervenant(e) communautaire en allaitement (p. ex. infirmière de santé publique, doula), programmes de soutien en allaitement entre pairs et prêt de tire-laits. Lorsque les répondants indiquaient qu’ils offraient l’une de ces catégories de service, des questions supplémentaires étaient posées sur sa mise en œuvre, notamment l’admissibilité des personnes participant au PCNP, la fréquence de l’offre, le lieu de prestation, les personnes offrant le service et les sources de financement. Ces questions étaient posées pour chacune des périodes de référence liées à la pandémie de COVID-19 : avant la pandémie (de 2018 à mars 2020), pendant la pandémie (de mars 2020 à la fin du printemps 2023) et à partir de l’exercice financier 2024 à venir (à compter d’avril 2024 [« après la pandémie » dans la suite du texte]). Lorsque les répondants n’étaient pas certains des modalités de mise en œuvre d’une catégorie de services de soutien à la lactation, ils pouvaient sélectionner la réponse « pas sûr ». Sur l’ensemble des questions, les réponses « ne sais pas » et les données manquantes ont été généralement peu fréquentes (< 10 %). Dans une question ouverte, les répondants pouvaient indiquer tout autre service de soutien à l’allaitement ou toute autre fourniture liée à l’allaitement accessible aux personnes participant au PCNP par l’intermédiaire de leur site mais aucune question supplémentaire sur les modalités de mise en œuvre n’était ensuite posée pour ces éléments. Dans une question facultative, les répondants pouvaient décrire les services de soutien à l’allaitement qu’ils souhaiteraient offrir dans leur site du PCNP si des ressources financières supplémentaires et stables étaient disponibles.
L’enquête a été menée en ligne à l’aide du logiciel Research Electronic Data Capture (REDCap; Université de Vanderbilt)Note de bas de page 16Note de bas de page 17. Les responsables régionaux du PCNP à l’ASPC, représentant l’ensemble des régions de l’Agence au Canada, ont favorisé la diffusion du questionnaire en transmettant un courriel d’invitation normalisé aux sites du PCNP de leur région.
Éthique
Après avoir rempli un formulaire de consentement en ligne, les répondants pouvaient accéder au questionnaire d’enquête en français ou en anglais. Les procédures de l’étude ont été approuvées par le Bureau de l’éthique de la recherche de l’Université de Toronto (protocole no 00044170). Une fois le questionnaire rempli, les répondants pouvaient choisir parmi une sélection de cartes-cadeaux électroniques d’une valeur de 25 $ en guise de remerciement pour leur participation. Les coordonnées nécessaires à l’envoi des cartes-cadeaux ont été recueillies séparément des réponses au questionnaire afin de préserver la confidentialité des données.
Analyse des données
Les données ont été exportées de REDCap vers Stata, version 15.0 (StataCorp LP, College Station, Texas, États-Unis)Note de bas de page 18. Nous présentons des calculs de proportions afin de fournir les caractéristiques des sites du PCNP et de la prestation des services. Les données provenant de tous les sites du PCNP ayant déclaré offrir un ou plusieurs services de soutien à la lactation ont été incluses, même lorsqu’aucun détail supplémentaire sur la mise en œuvre n’était fourni. Pour les différentes périodes, compte tenu du faible nombre de cellules, les proportions appariées ont été comparées à l’aide du test de McNemarNote de bas de page 19. Dans le cadre d’une analyse exploratoire, l’offre de soutien à l’allaitement a été étudiée plus en détail en comparant les proportions entre quatre sous-groupes considérés comme ayant une influence sur la disponibilité des ressources (« caractéristiques du site d’intérêt » dans la suite du texte) : le type de milieu (urbain/rural); le fait qu’un organisme bénéficie ou non d’un financement au titre du Programme d’action communautaire pour les enfants (PACE, un programme parallèle financé par l’ASPC destiné aux familles socialement ou économiquement vulnérables afin de promouvoir un développement sain de la naissance à l’âge de six ans)Note de bas de page 13; la présence d’une clinique d’allaitement sur place et enfin la présence d’un établissement de soins de santé primaires sur place. Comme il s’agit de la première étude portant sur les services de soutien à l’allaitement dans le cadre du PCNP et que ces données ne sont pas recueillies systématiquement par l’ASPC, la répartition de ces services entre les sites était inconnue avant le début de l’étude. L’étude n’ayant pas été conçue ni dotée d’une puissance statistique suffisante pour permettre des comparaisons formelles entre les sous-groupes, et plusieurs caractéristiques des sites étant susceptibles de produire de faibles effectifs dans certaines cellules, les analyses au niveau des sites avaient une visée exploratoire et descriptive. Par conséquent, aucune comparaison statistique formelle n’a été effectuée. Les données recueillies au moyen de la question ouverte sur les services de soutien à la lactation ont été revues par trois chercheurs, puis classées de façon collaborative selon le type de soutien souhaité. Des fréquences ont ensuite été calculées afin de cerner les priorités en matière de services de soutien à l’allaitement supplémentaires.
Résultats
Participation au questionnaire et caractéristiques des sites du PCNP
Participation au questionnaire
Parmi les 207 sites du PCNP invités à répondre au questionnaire, 98 ont fourni leur consentement et 91 sites (44 %) ont fourni des données. Toutes les provinces et tous les territoires canadiens invités étaient représentés (tableau supplémentaire 1 [en anglais seulement]). Vingt et un pour cent des sites étaient dirigés par des Autochtones. La plupart des sites du PCNP étaient gérés par un organisme responsable offrant plusieurs services à la collectivité (88 %) ou collaboraient avec des organismes partenaires au sein de la collectivité pour assurer la prestation des programmes du PCNP (73 %; tableau 1). La majorité des sites étaient situés en milieu urbain (75 %), et 45 % offraient également le PACE; 23 % offraient une clinique d’allaitement et 19 % disposaient d’un établissement de soins de santé primaires; 7 % offraient les deux services (tableau 2).
| Caractéristiques | n (%) |
|---|---|
| L’organisme offrait plusieurs services, en plus des programmes du PCNP, auxquels les personnes participant au PCNP pouvaient avoir accès | |
| Oui | 80 (88) |
| Non | 10 (11) |
| Pas de réponse | 1 (1) |
| Autres services de soutien offerts par les organismes responsables offrant plusieurs services (N = 80) | |
| Programme de développement de l’enfant | 45 (56) |
| Banque alimentaire ou programme de repas | 39 (49) |
| Services d’accompagnement psychologique | 37 (46) |
| Services en santé mentale | 35 (44) |
| Programmes culturels autochtones | 23 (29) |
| Clinique d’allaitement | 21 (26) |
| Établissements de soins primaires | 17 (21) |
| Autre | 39 (49) |
| L’Agence collabore avec des partenaires communautaires pour assurer la prestation des activités du PCNP | |
| Oui | 65 (71) |
| Non | 24 (26) |
| Pas de réponse | 2 (2) |
| Types d’organismes partenaires communautairesNote de bas de page a (N = 65) | |
| Secteur public (gouvernement, santé publique) | 55 (85) |
| Organisme à but non lucratif (association caritative, église, école) | 46 (71) |
| Secteur privé (donateur, entreprise) | 23 (35) |
| Caractéristiques | Tous les sites au cours des 5 dernières années (N = 91) n (%) |
Type de milieuNote de bas de page a n (%) |
Obtention d’un financement du PACE n (%) |
Clinique d’allaitement sur place n (%) |
Établissements de soins primaires sur place n (%) |
||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Milieu rural (N = 23) |
Milieu urbain (N = 68) |
Non (N = 50) |
Oui (N = 41) |
Non (N = 70) |
Oui (N = 21) |
Non (N = 74) |
Oui (N = 17) |
||
| Caractéristiques du site | |||||||||
| Milieu urbain | 68 (75) | s.o. | s.o. | 37 (74) | 31 (76) | 51 (73) | 17 (81) | 53 (72) | 15 (88) |
| Obtention d’un financement du PACE | 41 (45) | 10 (43) | 31 (46) | s.o. | s.o. | 33 (47) | 8 (38) | 35 (47) | 6 (35) |
| Clinique d’allaitement sur place | 21 (23) | 4 (17) | 17 (25) | 13 (26) | 8 (20) | s.o. | s.o. | 15 (20) | 6 (35) |
| Établissements de soins primaires sur place | 17 (19) | 2 (9) | 15 (22) | 11 (22) | 6 (15) | 11 (16) | 6 (29) | s.o. | s.o. |
| Caractéristiques du soutien à l’allaitement : types de soutien | |||||||||
| Matériel pédagogique | 86 (95) | 21 (91) | 65 (96) | 47 (94) | 39 (95) | 66 (94) | 20 (95) | 71 (96) | 15 (88) |
| Séances de formation en direct | 63 (69) | 13 (57) | 50 (74) | 36 (72) | 27 (66) | 46 (66) | 17 (81) | 50 (68) | 13 (76) |
| Orientation vers des services d’allaitement de proximité | 81 (89) | 16 (70) | 65 (96) | 47 (94) | 34 (83) | 61 (87) | 20 (95) | 66 (89) | 15 (88) |
| Consultant(e) en allaitement certifié(e) par le Comité International (IBCLC) | 31 (34) | 5 (22) | 26 (38) | 19 (38) | 12 (29) | 22 (31) | 9 (43) | 23 (31) | 8 (47) |
| Autres prestataires de soutien à l’allaitement au sein de la communauté | 70 (77) | 15 (65) | 55 (81) | 43 (86) | 27 (66) | 53 (76) | 17 (81) | 57 (77) | 13 (76) |
| Programme de soutien en allaitement entre pairs | 46 (51) | 11 (48) | 35 (51) | 23 (46) | 23 (56) | 35 (50) | 11 (52) | 39 (53) | 7 (41) |
| Tire-laits | 62 (68) | 18 (78) | 44 (65) | 36 (72) | 26 (63) | 46 (66) | 16 (76) | 52 (70) | 10 (59) |
Prestation générale des services du PCNP et effets de la pandémie de COVID-19
Les programmes du PCNP étaient le plus souvent offerts sur une base hebdomadaire (tableau 3). Parmi les répondants à l’enquête ayant fourni le nombre annuel de personnes participant au PCNP sur leur site (N = 77), la majorité (81 %) accueillait moins de 110 personnes participant au PCNP par année (tableau supplémentaire 2 [en anglais seulement]). Les sites du PCNP en milieu urbain avaient tendance à être de plus grande taille que ceux en milieu rural (moyenne de respectivement 95 et 41 personnes participant par année). Alors qu’un nombre comparable de sites ruraux et urbains offraient le PACE en plus des programmes du PCNP (43 % comparativement à 45 %), moins de sites ruraux que de sites urbains étaient intégrés à un organisme offrant un établissement de soins de santé primaires (9 % comparativement à 22 %; tableau 2).
Entre 2019 et 2021, environ le quart des sites du PCNP ont indiqué que leur programme avait atteint sa capacité maximale et qu’ils avaient dû limiter les inscriptions ou la prestation de services, cette proportion ayant augmenté au fil du temps (2019 : 24 %, 2020 : 26 %, 2021 : 29 %). En 2021, les sites du PCNP ont davantage indiqué avoir atteint leur capacité maximale lorsqu’ils offraient également le PACE (41 % comparativement à 20 %) ou lorsqu’ils n’offraient pas de clinique d’allaitement (32 % comparativement à 19 %).
Après le début de la pandémie de COVID-19, tous les sites du PCNP ont indiqué être demeurés ouverts pendant une certaine période en 2020 et en 2021. Toutefois, une augmentation de la prestation virtuelle des services dans le cadre des programmes du PCNP a été observée (tableau 3). Cette augmentation ne variait pas selon les caractéristiques des sites d’intérêt.
| Caractéristiques | Avant la pandémie (avant mars 2020) n (%) |
Pendant la pandémie (mars 2020 – moment de l’enquête) n (%) |
Après la pandémie (à partir de l’exercice financier 2024) n (%) |
|---|---|---|---|
| Fréquence de programmation | |||
| Ensemble (N) | 81 | 79 | 85 |
| Hebdomadaire | 71 (88) | 54 (68) | 70 (82) |
| Mensuelle | 3 (4) | 6 (8) | 5 (6) |
| Conception modulaire | 4 (5) | 7 (9) | 5 (6) |
| Occasionnelle | 1 (1) | 7 (9) | 0 (0) |
| Autre | 2 (2) | 5 (6) | 5 (6) |
| Services proposés sur le site du PCNPNote de bas de page a | |||
| Ensemble (N) | 91 | 91 | 91 |
| Séances de groupe en présentiel | 81 (89) | 21 (23) | 85 (93) |
| Séances de groupe virtuelles | 2 (2) | 74 (81) | 42 (46) |
| Séance individuelle en présentiel | 65 (71) | 29 (32) | 68 (75) |
| Séance individuelle virtuelle | 7 (8) | 61 (67) | 39 (43) |
| Services offerts dans un centre | 58 (64) | 28 (31) | 64 (70) |
| Services à domicile | 40 (44) | 15 (16) | 47 (52) |
| Téléphone/SMS | 63 (69) | 74 (81) | 70 (77) |
| Courriel | 53 (58) | 69 (76) | 59 (65) |
Services de soutien à l’allaitement offerts par les sites du PCNP et effets de la pandémie de COVID-19
Tous les répondants à l’enquête ont indiqué avoir offert au moins un type de service de soutien à la lactation au cours des cinq dernières années (tableau 2). L’offre de formation sur l’allaitement était la plus courante, 95 % des répondants ayant indiqué fournir du matériel éducatif et 69 % offrir des séances de formation en direct. Les renvois vers des services communautaires étaient également largement rapportés (89 %). En ce qui concerne le soutien personnalisé à l’allaitement, 34 % des répondants ont indiqué offrir un soutien assuré par un(e) professionnel(le) certifié(e) en allaitement (une consultant(e) en allaitement certifié(e) par l’International Board [IBCLC], « consultant(e) certifié(e) en allaitement » dans la suite du texte); 77 % offraient un soutien assuré par un autre intervenant communautaire et 51 % proposaient des programmes de soutien entre pairs. Soixante-huit pour cent des répondants ont indiqué offrir des tire-laits. La fourniture d’autres articles liés à l’allaitement (coussinets d’allaitement, onguent pour mamelons, coussins d’allaitement, accessoires pour tire-lait, tisanes et systèmes de supplémentation au sein, etc.) a également été mentionnée par 34 % des répondants à l’enquête.
Si aucune interruption de l’offre de matériel éducatif n’a été observée pendant la pandémie de COVID-19, on a en revanche constaté une diminution pour tous les autres services de soutien à la lactation, même si la reprise de leur prestation était largement prévue pour après la pandémie (tableau 4). Pendant la pandémie, les plus importantes diminutions de l’offre de services de soutien à l’allaitement ont été observées pour les séances de formation en direct (18 %), suivies des programmes de soutien entre pairs en allaitement (13 %) et des références vers des ressources communautaires (12 %; tableau 4).
| Type d’aide à l’allaitementNote de bas de page a | Tous les sites au cours des 5 dernières années n (%) |
Période n (%) |
Proportion de changement (%) | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Avant la pandémie (avant mars 2020) |
Pendant la pandémie (mars 2020 – moment de l’enquête) |
Après la pandémie (à partir de l’exercice financier 2024) |
D’avant la pandémie à pendant la pandémie | De pendant la pandémie à après la pandémie | D’avant la pandémie à après la pandémie | ||
| Matériel pédagogique | 86 (95) | 85 (93) | 85 (93) | 86 (95) | 0 % | +1 % | +1 % |
| Séances de formation en direct | 63 (69) | 59 (65) | 43 (47) | 63 (69) | −18 %Note de bas de page *** | +22 %Note de bas de page *** | +4 % |
| Orientation vers des services d’allaitement de proximité | 81 (89) | 78 (86) | 67 (74) | 81 (89) | −12 %Note de bas de page * | +15 %Note de bas de page *** | +3 % |
| Consultant(e) en allaitement certifié(e) par le Comité International (IBCLC) | 31 (34) | 30 (33) | 25 (27) | 29 (32) | −6 % | +5 % | −1 % |
| Autres prestataires de soutien à l’allaitement au sein de la collectivité | 70 (77) | 64 (70) | 58 (64) | 65 (71) | −6 % | +7 % | +1 % |
| Programme de soutien en allaitement entre pairs | 46 (51) | 46 (51) | 35 (38) | 45 (49) | −13 %Note de bas de page *** | +11 %Note de bas de page ** | −2 % |
| Tire-laits | 62 (68) | 58 (64) | 53 (58) | 59 (65) | −6 % | +7 % | +1 % |
Comprendre la mise en œuvre des services de soutien à l’allaitement en fonction des caractéristiques des sites, au cours des trois périodes de référence relatives à la pandémie de COVID-19
Formation en allaitement
Les deux types d’activités d’éducation sur l’allaitement étaient généralement accessibles à toutes les personnes participant au PCNP (tableau supplémentaire 3 [en anglais seulement]). Les répondants à l’enquête ont indiqué offrir presque universellement du matériel éducatif (dépliants, livres, affiches, vidéos YouTube et autres vidéos), distribuable lors de séances de groupe, de rencontres individuelles ou avec d’autres articles. Cette offre ne variait pas en fonction des caractéristiques des sites étudiés (tableau 2). En revanche, les séances de formation en direct (ateliers et webinaires) étaient plus souvent offertes dans les sites du PCNP situés en milieu urbain (74 % comparativement à 57 %) et lorsque l’organisme responsable offrait une clinique d’allaitement (81 % comparativement à 66 %). Les séances de formation en direct étaient généralement animées par le personnel du programme du PCNP, des partenaires de la santé publique, des infirmières, des consultant(e)s certifié(e)s en allaitement ou des diététistes (tableau supplémentaire 3 [en anglais seulement]).
Quelle que soit la période relative à la pandémie de COVID-19, le matériel éducatif a été offert aux personnes participant au PCNP (tableau 4). Pendant la pandémie, le nombre de sites offrant des séances de formation en direct a diminué de 18 %, mais un retour aux niveaux antérieurs était prévu pour après la pandémie (tableau 4). Avec la pandémie, les séances de formation en direct sont passées d’un mode de prestation principalement en personne (98 %) à un mode principalement virtuel (79 %), tandis que la proportion de séances offertes en personne est tombée à 30 % (tableau supplémentaire 3 [en anglais seulement]). Surtout, parmi les répondants offrant des séances de formation en direct pendant la pandémie, la participation des partenaires de la santé publique à la prestation de ces séances a diminué, alors que celle du personnel du programme du PCNP a augmenté. La participation des partenaires de la santé publique devait toutefois revenir aux niveaux antérieurs après la pandémie (tableau supplémentaire 3 [en anglais seulement]).
Renvois vers les services communautaires de soutien à la lactation
Les renvois vers des services communautaires de soutien à l’allaitement concernaient le plus souvent des cliniques de santé publique (84 %), des cliniques hospitalières (42 %) et des services de télésanté (42 %; tableau supplémentaire 4 [en anglais seulement]). Les renvois étaient plus fréquemment offerts par les sites du PCNP situés en milieu urbain (96 % comparativement à 70 %) et par les sites qui n’offraient pas le PACE (94 % comparativement à 83 %; tableau 2).
Parmi les sites du PCNP ayant déclaré offrir des références vers des services communautaires de soutien à l’allaitement, la proportion de sites offrant ces références a diminué pendant la pandémie de COVID-19 (de 86 % à 74 %), mais un retour aux niveaux observés avant la pandémie était anticipé (tableau 4). Cette diminution a été observée dans les sites urbains (de 93 % à 76 %) mais pas dans les sites ruraux (tableau supplémentaire 5 [en anglais seulement]). Elle s’explique principalement par une baisse marquée des références vers les cliniques de santé publique en milieu urbain pendant la pandémie (de 84 % à 50 %; tableau supplémentaire 6 [en anglais seulement]). Les renvois ont diminué tant dans les sites offrant le PACE que dans ceux ne l’offrant pas (tableau supplémentaire 7 [en anglais seulement]). Les renvois sont demeurés stables dans les sites disposant d’une clinique d’allaitement ou d’un établissement de soins de santé primaires alors qu’ils ont diminué (de respectivement 16 % et 15 %) dans les sites qui n’en disposaient pas (tableaux supplémentaires 8 et 9 [en anglais seulement]).
Offre de services personnalisés de soutien à l’allaitement
Parmi les sites offrant un soutien personnalisé à l’allaitement assuré par un(e) consultant(e) certifié(e) en allaitement, un(e) autre intervenant(e) communautaire (infirmière de santé publique, diététiste, sage-femme, doula ou aînée) ou des pairs, ces services étaient généralement accessibles à toutes les personnes participant au PCNP (selon plus de 70 % des répondants), bien que certains sites du PCNP aient indiqué les offrir sur demande (environ 20 %; tableau supplémentaire 10 [en anglais seulement]). Le soutien assuré par un(e) consultant(e) certifié(e) en allaitement était plus fréquemment offert dans les sites urbains (38 % contre 22 %) et plus courant dans les organismes responsables disposant d’une clinique d’allaitement (43 % contre 31 %) ou d’un établissement de soins de santé primaires (47 % contre 31 %; tableau 2). Parmi les sites ayant déclaré offrir un soutien à la lactation assuré par un autre intervenant communautaire, une plus forte proportion était située en milieu urbain (81 % contre 65 %; tableau 2). La plupart des répondants (75 %) ont indiqué que les intervenants communautaires offrant du soutien à l’allaitement avaient reçu une formation officielle (tableau supplémentaire 10 [en anglais seulement]). Les sites bénéficiant d’un financement du PACE étaient moins susceptibles d’offrir les services d’un(e) consultant(e) certifié(e) en allaitement (29 % comparativement à 38 %) ou le soutien d’un(e) autre intervenant(e) communautaire (66 % comparativement à 86 %), mais étaient plus susceptibles d’offrir un programme de soutien entre pairs (56 % comparativement à 46 %; tableau 2). Parmi les sites offrant un programme de soutien en allaitement entre pairs, celui-ci était généralement animé par un membre du personnel du PCNP (plus de 80 % des sites) et offert en groupe ou en individuel (tableau supplémentaire 10 [en anglais seulement]).
Pendant la pandémie de COVID-19, moins de répondants ont indiqué être en mesure d’offrir un soutien personnalisé à l’allaitement par rapport à avant la pandémie, même si la couverture devait revenir aux niveaux observés avant la pandémie (tableau 4). Parmi les sites du PCNP ayant continué à offrir un soutien personnalisé à l’allaitement, la prestation virtuelle de ces services a augmenté (tableau supplémentaire 10 [en anglais seulement]). Après la pandémie, une plus grande intégration des services virtuels était prévue par rapport à la période précédant la pandémie, bien que dans une moindre mesure que pendant la pandémie. En ce qui concerne le soutien en allaitement entre pairs, une diminution des séances de groupe a également été observée pendant la pandémie.
Parmi les sites du PCNP offrant un soutien personnalisé à la lactation, une diminution de la participation des infirmières de santé publique et des membres de la collectivité à la prestation de ces services a été rapportée pendant la pandémie (tableau supplémentaire 10 [en anglais seulement]). Le soutien assuré par un(e) consultant(e) certifié(e) en allaitement était le service de soutien à l’allaitement le moins fréquemment offert. Parmi les sites ayant déclaré offrir ce service, il a plus souvent été maintenu pendant la pandémie dans les sites bénéficiant d’un financement du PACE ou disposant d’une clinique d’allaitement (tableaux supplémentaires 6 et 8 [en anglais seulement]). Toutefois, parmi les sites ayant offert un soutien assuré par un(e) autre intervenant(e) communautaire pendant la pandémie, ce service était moins souvent offert dans les sites bénéficiant d’un financement du PACE ou disposant d’une clinique d’allaitement ou d’un établissement de soins de santé primaires qu’avant la pandémie (tableaux supplémentaires 7, 8 et 9 [en anglais seulement]). À l’inverse, parmi les sites offrant un programme de soutien en allaitement entre pairs, ceux bénéficiant d’un financement du PACE ou disposant d’une clinique d’allaitement ou d’un établissement de soins de santé primaires étaient plus susceptibles de maintenir ce programme pendant la pandémie (tableaux supplémentaires 7, 8 et 9 [en anglais seulement]).
Tire-laits
Parmi les sites du PCNP offrant des tire-laits, les modèles électriques comme manuels étaient très courants. Cinquante-trois pour cent des répondants ont indiqué que toutes les personnes participant au PCNP pouvaient y avoir accès et 48 % ont indiqué que les tire-laits étaient offerts sur demande (tableau supplémentaire 11 [en anglais seulement]). En général, les tire-laits étaient donnés (53 %) ou prêtés (43 %) aux personnes participant au PCNP, et la plupart des sites (81 %) fournissaient des conseils sur leur utilisation. Les tire-laits étaient plus souvent offerts dans les sites ruraux (78 % contre 65 % dans les sites urbains) et dans les organismes responsables disposant d’une clinique d’allaitement (76 % contre 66 % n’ayant pas de clinique d’allaitement). Ils étaient moins souvent offerts dans les sites bénéficiant d’un financement du PACE (63 % contre72 %) ou disposant d’un établissement de soins de santé primaires sur place (59 % contre 70 %; tableau 2).
Parmi les sites du PCNP offrant des tire-laits, l’accès à ce service a légèrement diminué pendant la pandémie de COVID-19 (avant la pandémie : 64 %; pendant la pandémie : 58 %; tableau 4). Cette diminution a été observée dans les sites urbains, les sites ne bénéficiant pas d’un financement du PACE et les sites disposant d’une clinique d’allaitement (tableaux supplémentaires 5, 7 et 8 [en anglais seulement]). Le recours à des conseils virtuels sur l’utilisation des tire-laits a augmenté, comme pour les autres modalités de soutien à la lactation (tableau supplémentaire 11 [en anglais seulement]).
Financement des services de soutien à l’allaitement
Pour offrir des services de soutien à la lactation, la plupart des répondants ont indiqué avoir besoin de ressources allant au-delà du financement de base du PCNP (tableau 5). Alors qu’un financement autre que celui du PCNP était plus souvent nécessaire pour offrir les services d’un(e) consultant(e) certifié(e) en allaitement, le soutien assuré par un(e) autre intervenant(e) communautaire ou des tire-laits, un plus grand nombre de sites du PCNP ont indiqué financer les programmes de soutien en allaitement entre pairs uniquement à l’aide des fonds du PCNP. Les sites urbains ont plus souvent mentionné utiliser des fonds autres que le financement de base du PCNP pour offrir tous les types de services, à l’exception de la formation sur l’allaitement (tableau supplémentaire 12 [en anglais seulement]). Comparativement aux sites bénéficiant d’un financement du PACE, les sites qui n’en bénéficiaient pas ont plus souvent déclaré utiliser uniquement des fonds autres que ceux du PCNP pour offrir des séances de formation en direct, les services d’un(e) consultant(e) certifié(e) en allaitement, le soutien assuré par un(e) autre intervenant(e) communautaire ou des tire-laits (tableau supplémentaire 12 [en anglais seulement]). Les sites disposant d’une clinique d’allaitement ont plus souvent déclaré recourir à des fonds autres que ceux du PCNP pour offrir ces quatre types de services de soutien à la lactation.
| Source de financement | Matériel pédagogique | Séances de formation en direct | Consultant(e) en allaitement certifié(e) par le Comité International (IBCLC) | Autre prestataire de services de soutien à l’allaitement | Programme de soutien en allaitement entre pairs | Tire-lait |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Fonds du PCNP uniquementFootnote b | 28 % | 28 % | 23 % | 17 % | 43 % | 37 % |
| Fonds du PCNP et autres sources de financementFootnote bFootnote c | 50 % | 46 % | 19 % | 32 % | 38 % | 24 % |
| Autres fondsFootnote c uniquement | 22 % | 26 % | 58 % | 51 % | 18 % | 39 % |
Services supplémentaires de soutien à l’allaitement souhaités
Quatre-vingt-trois sites du PCNP (91 %) ont répondu aux questions facultatives portant sur les services supplémentaires de soutien à la lactation souhaités. Si un financement stable était disponible, 81 % des répondants souhaiteraient offrir des services supplémentaires de soutien à l’allaitement, notamment un soutien spécialisé en allaitement (mentionné par 54 % des répondants; par exemple une formation spécialisée en allaitement ou une certification IBCLC pour le personnel, ou une meilleure accessibilité aux services existants) et du soutien à l’expression du lait maternel (mentionné par 42 %; par exemple des tire-laits et des trousses pour l’expression manuelle du lait). Les autres besoins mentionnés étaient de la formation en allaitement pour le personnel (14 %), d’autres articles liés à l’allaitement (12 %; par exemple coussinets d’allaitement, crème pour les mamelons et sacs de conservation du lait maternel), de la formation sur l’allaitement destinée aux personnes participant au PCNP (11 %; par exemple conférenciers invités, outils pédagogiques et aînés de la collectivité) ainsi que des programmes de soutien en allaitement entre pairs (8 %).
Analyse
La promotion de l’allaitement et le soutien à l’allaitement sont des objectifs officiels des programmes du PCNP. Offert dans les deux langues officielles, cette enquête est la première à documenter les types de services de soutien à la lactation mis en œuvre dans le cadre des programmes du PCNP ainsi que leurs modalités de prestation. Alors que le matériel éducatif sur l’allaitement et les références vers des ressources communautaires ont été offerts universellement, la prestation des services de soutien à l’allaitement nécessitant des ressources humaines supplémentaires ou du matériel additionnel était variable d’un site à l’autre. Au début de la pandémie de COVID-19, les sites ont continué à offrir des services de soutien à l’allaitement, mais ils ont dû composer avec plusieurs défis liés à l’adaptation de la prestation de ces services, notamment le passage à une offre virtuelle, la diminution du soutien personnalisé à l’allaitement et la réduction du soutien fourni par les partenaires de la santé publique. Pour offrir des services de soutien à l’allaitement aux personnes participant au PCNP, la plupart des sites dépendaient largement de ressources dépassant le financement de base du PCNP.
Les variations observées entre les sites du PCNP quant aux services de soutien à la lactation offerts et à leurs modalités de prestation reflètent la souplesse inhérente au modèle de prestation du PCNP. Cette souplesse permet d’adapter les programmes afin de refléter les préférences des collectivités et de mieux répondre aux besoins des personnes participant, contrairement aux programmes plus structurés fondés sur des droits acquis offerts dans d’autres pays, comme le programme Women, Infants, and Children (WIC) aux États-UnisNote de bas de page 13Note de bas de page 20. Dans le cadre du WIC, l’augmentation du nombre de services de soutien à la lactation disponibles a été associée à une probabilité accrue d’allaitementNote de bas de page 21. Or l’accès aux services de soutien à l’allaitement et au matériel connexe est susceptible de varier selon les caractéristiques des sites du PCNP : les sites urbains ont offert un plus grand nombre de types de services de soutien à l’allaitement que les sites ruraux et les sites intégrés à un organisme responsable disposant d’une clinique d’allaitement ou d’un établissement de soins de santé primaires sur place ont offert plus souvent un soutien assuré par un(e) consultant(e) en allaitement certifié(e) et les sites recevant à la fois un financement du PCNP et du PACE ont plus souvent maintenu plusieurs types de services de soutien à l’allaitement (séances de formation en direct, programmes de soutien en allaitement entre pairs, soutien spécialisé en allaitement et tire-laits) pendant la pandémie que les sites ne bénéficiant pas du PACE, sans doute parce que les fonds du PACE pouvaient être mobilisés pour offrir des mesures de soutien protectrices. Dans l’ensemble, ces résultats démontrent qu’en l’absence de ressources de base adéquates et spécifiques, la disponibilité des services de soutien à l’allaitement pour les personnes participant au PCNP demeure précaire. Cette situation contribue à des disparités entre les sites du PCNP.
Les sites du PCNP ont fait preuve de résilience pendant la pandémie de COVID-19. Les programmes du PCNP ont été touchés par la pandémie et par les restrictions en matière de santé publique qui en ont découlé, notamment par les changements dans les interactions sociales, les perturbations de la prestation des services et la réaffectation du personnel de santé publique. Malgré les restrictions et les interruptions touchant les services publics essentiels et les services de santé, les sites du PCNP se sont adaptés (par exemple par l’intégration de programmes virtuels) et ont continué à offrir des services périnataux. Une diminution des services de soutien à la lactation dirigés par la santé publique a été observée, touchant particulièrement les sites urbains du PCNP. Toutefois, la prestation des services de soutien à l’allaitement s’est poursuivie dans la plupart des sites, souvent grâce au personnel du PCNP, qui a assumé une charge de travail supplémentaire lorsque cela était possible. Les besoins et les défis auxquels ont fait face les personnes participant au PCNP étaient devenus de plus en plus complexes avant la pandémie, et celle-ci a amplifié ces difficultésNote de bas de page 13Note de bas de page 14. Par exemple, les mères canadiennes de jeunes enfants, particulièrement celles en situation de vulnérabilité sociale ou économique, ont accru leur recours aux services de santé mentale pendant la pandémie, ce qui témoigne d’une exposition accrue à des facteurs de stressNote de bas de page 22. L’augmentation de la charge de travail et la complexification des facteurs vécus par les personnes participant au PCNP ont exercé une pression supplémentaire sur le personnel chargé de mettre en œuvre un modèle du PCNP déjà limité sur le plan des ressourcesNote de bas de page 13Note de bas de page 23.
Indépendamment du type de services de soutien à la lactation considéré, la plupart des répondants ont indiqué que des ressources dépassant le financement de base du PCNP étaient nécessaires pour offrir ces services. De plus, l’accès à des services de soutien à l’allaitement plus personnalisés (comme la présence d’un(e) consultant(e) en allaitement certifié(e) ou un(e) autre intervenant(e) communautaire offrant du soutien à l’allaitement) était largement financé au moyen de sources de financement autres que le PCNP. Bien que le PCNP vise à s’appuyer sur des partenariats communautaires, l’absence d’augmentation du financement de base depuis les années 1990 constitue un défi important pour assurer la continuité des niveaux de services. Comparativement aux années 1990, des estimations ont montré que le pouvoir d’achat des sites du PCNP était inférieur de 33 % en 2019 après ajustement pour l’inflationNote de bas de page 13. La prestation des services s’est poursuivie sans soutien financier accru, ce qui laisse entendre que les coûts supplémentaires sont assumés par les organismes responsables qui mettent en œuvre les programmes du PCNP. Ces données laissent entrevoir le fardeau porté par le modèle actuel de prestation des services du PCNP. La prestation de services de soutien à l’allaitement dans le cadre du PCNP est considérée comme une force du programme, et les personnes participant au PCNP rapportent de manière générale une amélioration de leurs connaissances et de leurs compétences en matière d’allaitement grâce aux activités offertesNote de bas de page 13. Des données provenant de l’Ontario indiquent qu’une augmentation de l’allaitement exclusif entraînerait d’importants bénéfices à court et à long terme sur les plans de la santé et de l’économieNote de bas de page 24, ce qui milite en faveur de l’élargissement des interventions fondées sur des données probantes déjà en placeNote de bas de page 25. Nos travaux menés auprès d’un site du PCNP offrant un soutien renforcé à l’allaitement grâce à un financement externe ont fait état d’une forte valeur perçue et d’une utilisation élevée de ce service, ainsi que des taux élevés d’allaitementNote de bas de page 26Note de bas de page 27. Le renforcement du financement du PCNP pourrait accroître la capacité du programme à améliorer l’allaitement, contribuant ainsi à faire progresser la santé des mères et des enfants et à générer des bénéfices sur les plans des soins de santé et de l’économieNote de bas de page 4.
Avec un financement stable, l’élargissement de l’accès à des intervenant(e)s qualifié(e)s en allaitement a été identifié comme une stratégie souhaitée pour renforcer les services de soutien à l’allaitement du PCNP. Cela implique notamment le soutien au personnel du PCNP afin qu’il puisse recevoir une formation officielle en allaitement. Ces résultats soulignent l’importance du soutien à l’allaitement dans le cadre du PCNP et concordent avec les recommandations internationales visant un accès universel à un soutien personnalisé et qualifié en allaitementNote de bas de page 28. Toutefois, les services assurés par des consultant(e)s en allaitement certifié(e)s étaient les moins fréquemment offerts et, comme d’autres services fournis par des intervenant(e)s qualifié(e)s, ils dépendaient fortement de sources de financement autres que le PCNP et étaient moins accessibles dans les sites ruraux.
Points forts et limites
Cette étude a bénéficié de la participation de sites du PCNP provenant de toutes les provinces et de tous les territoires canadiens invités, ainsi que de la disponibilité du questionnaire d’enquête dans les deux langues officielles du Canada. Les conseils du groupe consultatif ont constitué une force de l’étude, bien que ce groupe ait été constitué à la suite d’un appel ouvert, ce qui fait que les sites disposant d’une plus grande capacité ou d’un soutien institutionnel accru pourraient avoir été surreprésentés. Les caractéristiques générales des sites participants correspondaient à celles des sites du PCNP à l’échelle du Canada (proportion de sites urbains et ruraux, financement du PACE, sites dirigés par des Autochtones, etc.). Toutefois, le taux de réponse peut limiter le caractère généralisable des résultats, et les analyses par sous-groupes étaient de nature exploratoire en raison de limites liées à la puissance statistiqueNote de bas de page 13. Aucune donnée n’a été recueillie auprès des personnes n’ayant pas répondu à l’enquête, notamment les raisons pour lesquelles le questionnaire n’a pas été rempli. Les sites disposant de moins de ressources (temps, capacité organisationnelle, accès à Internet ou autre) pourraient ne pas avoir participé. Bien que les questions de l’enquête aient été harmonisées avec la documentation de l’ASPC lorsque cela était possible, les résultats doivent être interprétés en tenant compte d’un possible biais de rappel et du fait que les données étaient autodéclarées.
Conclusion
Cette enquête nationale a révélé que la formation sur l’allaitement et les références vers des ressources communautaires ont été généralement offertes dans les sites du PCNP, mais que la disponibilité d’autres services de soutien à la lactation nécessitant davantage de ressources ou des fonds autres que ceux du PCNP était variable d’un site à l’autre. Cette situation a entraîné des inégalités entre les sites du PCNP. Ces résultats soulignent la nécessité pour l’ASPC de définir et de soutenir un ensemble de base de services de soutien à la lactation qui devraient être accessibles universellement dans tous les sites du PCNP, accompagné de mesures pertinentes de suivi et d’évaluation, tout en maintenant une flexibilité permettant l’adaptation aux contextes locaux. Un investissement accru et à long terme dans les services de soutien à l’allaitement de base du PCNP pourrait contribuer à réduire les inégalités d’accès à ces services à l’échelle du Canada. Afin de mieux contextualiser les résultats concernant les services de soutien à l’allaitement, les recherches futures devraient évaluer la fidélité de la mise en œuvre et les nuances des programmes de soutien à l’allaitement du PCNP, ainsi qu’explorer les résultats liés à l’allaitement chez les personnes participant et leurs expériences en matière de qualité, d’adéquation et de pertinence des services.
Remerciements
Le financement nécessaire à la réalisation de cette recherche a été fourni par la Fondation Sprott. JABB a reçu une bourse de recherche des Instituts de recherche en santé du Canada. DLO est titulaire d’une Chaire de recherche du Canada en lait humain et nutrition du nourrisson. Les auteurs remercient chaleureusement tous les sites du PCNP ayant participé à l’enquête, les membres du groupe consultatif composé de coordonnateurs du PCNP ainsi que le personnel national et régional de l’Agence de la santé publique du Canada ayant transmis le questionnaire aux sites du PCNP.
Conflits d’intérêts
Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts.
Contributions des auteurs et avis
- JABB : conception, méthodologie, gestion des données, analyse formelle, administration du projet, rédaction de la première version du manuscrit, relectures et corrections.
- AM : conception, méthodologie, analyse formelle, administration du projet, relectures et corrections.
- JF : conception, méthodologie, analyse formelle, administration du projet, relectures et corrections.
- DWS : conception, méthodologie, supervision, relectures et corrections.
- DLO : conception, méthodologie, supervision, relectures et corrections.
Le contenu et les points de vue exprimés dans cet article sont ceux des auteurs et ne reflètent pas nécessairement les points de vue du gouvernement du Canada.

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