Vaccin contre le virus Ebola : Guide canadien d’immunisation
Pour les professionnels de la santé
Dernière mise à jour partielle du contenu: juillet 2026
Ce chapitre a été mis à jour sur la base de la déclaration suivante du Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV) :
- Juillet 2026 : Recommandations en matière de prévention, de suivi et de surveillance des maladies Ebola
Ces informations sont reprises dans le tableau des mises à jour.
Sur cette page
- Épidémiologie
- Préparations dont l’utilisation est autorisée au Canada
- Immunogénicité, efficacité potentielle et efficacité réelle
- Indications
- Vaccination de populations particulières
- Tests sérologiques
- Méthodes d’administration
- Exigences en matière d’entreposage
- Innocuité et évènements indésirables
- Autres considérations
- Processus de révision des chapitres
- Remerciements
- Références choisies
Veuillez prendre note : L'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) reconnaît que toutes les personnes qui accouchent ou qui allaitent ne s'identifient pas comme des femmes ou des mères. La rédaction de ce chapitre utilise une approche additive du genre où le terme « femme » est utilisé à côté d'un langage neutre du point de vue du genre. Il s'agit de démontrer la volonté de remédier à l'exclusion historique des personnes transgenres et non binaires, tout en évitant le risque de marginaliser ou d'effacer l'expérience des femmes dans l'environnement des soins de santé. Toutefois, conformément aux meilleures pratiques, il est admis que lors de discussions ou de soins individuels, le langage et la documentation doivent refléter l'identité de genre de la personne.
Épidémiologie
Description de la maladie
Agent infectieux
La maladie Ebola (EBOD) est une maladie virale aiguë, rare et sévère, causée par des virus à acide ribonucléique du genre Orthoebolavirus(anciennement connu sous le nom Ebolavirus), qui appartient à la famille des Filoviridae. Six espèces d’Orthoebolavirus ont été établies, dont quatre contiennent des virus connus pour provoquer des maladies humaines : virus Ebola (Orthoebolavirus zairense), virus Soudan (Orthoebolavirus sudanense), virus Taï Forest (Orthoebolavirus taiense) et virus Bundibugyo (Orthoebolavirus bundibugyoense).
La maladie à virus Ebola (MVE) est causée par le virus Ebola (EBOV) (Orthoebolavirus zairense anciennement connu sous le nom Ebolavirus Zaïre). Elle est considérée comme le plus virulent de tous les orthoebolavirus, ayant le taux de létalité le plus élevé et étant responsable de la majorité des éclosions à ce jour.
Pour de plus amples renseignements sur l’EBOV, voir la Fiche technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes.
Réservoir
Le réservoir naturel des orthoebolavirus n’est pas entièrement connu, mais on pense que les chauves-souris roussettes sont l’hôte naturel d’EBOV.
Transmission
L’EBOV se transmet à l’homme par la manipulation, la préparation ou l’ingestion d’animaux infectés (p. ex., chauves-souris, gibier), ou d’une personne à l’autre par contact avec le sang et les fluides corporels (p. ex., vomissements, urine, selles, sueur, sécrétions du lait maternel, salive, sperme), ou à partir des tissus d’une personne infectée, directement ou indirectement, par contact avec des objets contaminés. L’infectiosité commence dès l’apparition des symptômes et le risque de transmission est le plus élevé lorsque la charge virale est la plus importante.
Facteurs de risque et définition de l’exposition
Au Canada, le risque d’exposition à l’EBOV est très faible. Certains groupes professionnels, comme les travailleurs de laboratoire et de la santé, courent un risque plus élevé d’exposition en raison de leur travail, en particulier en cas de manquement aux mesures recommandées de prévention et de contrôle des infections ou d’exposition non protégée à du sang ou à des fluides corporels.
À l’échelle mondiale, les activités associées à un risque plus élevé d’exposition au virus comprennent les suivantes :
- Prestation de soins aux malades atteints de la MVE, sans utilisation correcte et constante de l’équipement de protection individuelle approprié ou en cas d’exposition au sang ou aux fluides corporels (comme les blessures de piqûre d’aiguille)
- Contact sexuel non protégé avec une personne atteinte de MVE qui est gravement malade ou pendant sa convalescence
- Grossesse (de la mère à l’enfant)
- Allaitement
- Participation à des pratiques d’inhumations dangereuses, y compris la préparation du défunt en vue de son enterrement
- Manipulation et/ou la consommation d’animaux sauvages chassés ou cueillis pour l’alimentation (gibier sauvage) dans les zones touchées
Spectre de la maladie clinique
La MVE a une période d’incubation de 2 à 21 jours, les symptômes apparaissant dans la plupart des cas environ 4 à 10 jours après l’exposition. La maladie débute généralement par l’apparition soudaine de symptômes pseudo-grippaux, tels que fièvre, myalgie, maux de tête sévères et malaises, typiquement suivis d’une aggravation des symptômes gastro-intestinaux et d’une perte de fluide. La diarrhée et les vomissements peuvent être abondants aux stades ultérieurs de la maladie. La maladie peut évoluer vers une déplétion volémique sévère, des anomalies électrolytiques, une émaciation et un état de choc. L’hémorragie est une manifestation tardive et, dans les éclosions récentes, elle survient dans moins de la moitié des cas, généralement au niveau du tube digestif ou d’autres muqueuses. La létalité chez l’humain varie de 25 à 90 %.
Après le rétablissement clinique d’un patient, l’EBOV peut rester dans des sites corporels immunologiquement privilégiés où il est protégé du système immunitaire de la personne. Les sites immunologiquement privilégiés comprennent les testicules, les yeux, le placenta et le système nerveux central. Le suivi d’une cohorte de survivants de la MVE au Libéria a démontré la persistance du virus dans le sperme jusqu’à 40 mois, avec une fourchette de 233 à 1 178 jours et une médiane de 551 jours. Une rechute de la virémie peut également se produire.
Le rétablissement complet s’étale sur une longue période et peut être associée à des séquelles à long terme telles que la myélite, l’hépatite récurrente, la psychose et l’uvéite.
Répartition de la maladie
Incidence et prévalence
À l’échelle mondiale
Les chaînes de transmission durables des virus responsables de la MVE sont généralement limitées aux régions de l’Afrique subsaharienne, la maladie épidémique se manifestant dans certaines parties de l’Afrique équatoriale, de l’Afrique occidentale et de l’Afrique orientale. Bien que possible, le risque de transmission de la MVE par des voyageurs à l’extérieur d’une zone d’éclosion est très faible. L’épidémiologie des éclosions plus récentes a été considérablement modifiée par l’utilisation de vaccins contre la MVE pour les travailleurs de la santé et les contacts étroits avec les patients infectés par l’EBOV. La MVE est une maladie à déclaration obligatoire au niveau national et international.
L’Organisation mondiale de la santé fournit des renseignements sur les pays présentant un risque de transmission d’EBOV et sur les pays où la vaccination contre l’EBOV est obligatoire. Les éclosions sont signalées dans les Bulletins d’information sur les flambées épidémiques de l’OMS.
Préparations dont l’utilisation est autorisée au Canada
Vaccin contre l’Ebola-Zaïre
- ERVEBOMD : vaccin à virus vivant atténué contre l’Ebola-Zaïre, Merck Canada Inc. (EZV)
Le vaccin EZV est un vaccin vivant atténué à base de virus recombinant de la stomatite vésiculaire (rVSV) contre l’EBOV. Le vaccin contient un gène pour la glycoprotéine d’EBOV qui remplace le gène de la glycoprotéine natif du rVSV. Ce vaccin n’est pas indiqué contre les autres orthoebolavirus, tels que le virus Soudan ou le virus Bundibugyo, ou les filovirus apparentés, tels que le virus de Marburg.
ErveboMD est autorisé à être utilisé au Canada, mais il n'est pas commercialisé au pays. Advenant un cas de maladie à virus Ebola au Canada, le vaccin peut être estimé utile à des fins de lutte contre l'éclosion. Dans ces circonstances, l'accès à ce produit sera facilité par l'Agence de la santé publique du Canada ainsi que les provinces et territoires concernés.
Pour les renseignements thérapeutiques complets, voir le dépliant du produit ou la monographie de produit autorisée par Santé Canada, disponible dans la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Voir le Tableau 1 du chapitre Contenu des agents immunisants dont l’utilisation est autorisée au Canada dans la Partie 1 pour la liste de tous les vaccins dont l’utilisation est autorisée au Canada et leur contenu.
Immunogénicité, efficacité potentielle et efficacité réelle
Immunogénicité
Il est important de noter qu’aucun corrélat immunologique de la protection n’a été établi pour la MVE, de sorte qu’il est difficile d’interpréter les résultats de l’immunogénicité dans le contexte de la prévention de la maladie. Des études évaluant les réponses en anticorps au vaccin EZV ont montré que les sujets vaccinés avaient développé des immunoglobulines G (IgG) spécifiques à la glycoprotéine d’EBOV et des anticorps neutralisants qui culminent à un mois et peuvent persister pendant un à 2 ans après la vaccination. Toutefois, les données sur la persistance des anticorps sont limitées et leur interprétation est mitigée.
Efficacité potentielle et efficacité réelle
La protection vaccinale n’a été évaluée que dans le contexte des éclosions (vaccination en anneau) et de la prophylaxie post-exposition des travailleurs de laboratoire et de la santé, toutes ces mesures ayant montré une efficacité réelle de près de 100 %. Des incertitudes subsistent quant au niveau, à la durée et au type de protection, compte tenu des limites des données probantes disponibles.
Indications
Enfants et adolescents
Une dose unique d’EZV peut être envisagée chez les nourrissons, les enfants et les adolescents qui ont été exposés à EBOV au Canada.
Voir la Section Vaccination post-exposition pour de plus amples renseignements.
Adultes
Une dose unique d’EZV est recommandée pour les personnes non enceintes et qui sont immunocompétentes après une exposition à l’EBOV au Canada.L’utilisation d’EZV peut également être envisagée chez les personnes qui sont immunodéprimées, les femmes enceintes ou les personnes enceintes à la suite d’une exposition professionnelle en laboratoire ou dans des établissements de santé au Canada. EZV peut également être utilisé pour la vaccination préexposition dans certaines circonstances.
Vaccination préexposition
Une prophylaxie préexposition contre la MVE peut être envisagée pour les adultes non enceintes et qui sont immunocompétents dans des situations exceptionnelles, lorsqu’il est prévu qu’une équipe spécialisée de travailleurs de la santé s’occupe directement d’une personne atteinte d’une MVE confirmée et symptomatique.
Vaccination post-exposition
Le vaccin EZV devrait être administré le plus rapidement possible, en visant les 72 heures suivant l’exposition pour les personnes exposées sensibles et asymptomatiques, mais il peut être envisagé jusqu’à 10 jours après l’exposition, car la période d’incubation peut varier de 2 à 21 jours et la vaccination dans les 10 jours suivant l’exposition peut conférer une protection. Pour les sujets déjà vaccinés, EZV peut être envisagé si le vaccin a été reçu plus de 18 mois avant l’exposition actuelle.
Doses de rappel et revaccination
Des études sont en cours pour déterminer la nécessité de proposer une dose de rappel et l’intervalle approprié pour cette dose. Il convient de demander l’avis d’un expert clinique avant de décider de revacciner une personne qui a déjà reçu un autre vaccin contre l’EBOV.
Lutte contre les éclosions
Advenant un cas de maladie à virus Ebola au Canada, le vaccin peut être estimé utile à des fins de lutte contre l'éclosion. Dans ces circonstances, l'accès à ce produit sera facilité par l'Agence de la santé publique du Canada ainsi que les provinces et territoires concernés.
Dans les régions touchées par la maladie à virus Ebola, le vaccin peut être notamment offert pour :
- les populations à risque dans le cadre d'une stratégie de gestion des éclosions;
- les travailleurs de la santé et les travailleurs humanitaires de première ligne déployés dans la région.
En raison des limites des données disponibles, des incertitudes subsistent quant au niveau, à la durée et au type de protection conférée par les vaccinations. Il est important de souligner que l'évaluation du risque individuel des contacts ne doit pas être modifiée en fonction du statut de vaccination.
Vaccination de populations particulières
Grossesse et allaitement
Les données sur l’innocuité de l’utilisation d’EZV chez les femmes enceintes ou qui allaitent, les personnes enceintes ou qui allaitent, ou les femmes et les personnes qui sont devenues enceintes après avoir reçu le vaccin, sont limitées. L’innocuité d’EZV n’a pas été établie chez les femmes enceintes ou qui allaitent, ni chez les personnes enceintes ou qui allaitent. Néanmoins, compte tenu de la gravité de la MVE, le vaccin peut être envisagé chez les femmes enceintes et les personnes enceintes qui ont été exposées à EBOV, dans le cadre de leur travail ou autrement, au Canada.
La grossesse devrait être évitée pendant les 2 mois suivant la vaccination. Les femmes en âge de procréer et les personnes en âge de procréer devraient utiliser une méthode de contraception efficace.
Voir la Section Excrétion virale du vaccin pour obtenir des renseignements sur les précautions liées à l’allaitement après la vaccination par EZV. Voir la Section Immunisation durant la grossesse et l’allaitement dans la Partie 3 pour de plus amples renseignements généraux.
Personnes qui sont immunodéprimées
Il existe peu de données sur l’innocuité et l’efficacité potentielle d’EZV chez les personnes qui sont immunodéprimées. Toutefois, EZV peut être considéré comme une prophylaxie post-exposition à la suite d’une exposition, professionnelle ou autre, à EBOV au Canada. Dans d’autres circonstances, par mesure de précaution, l’utilisation d’EZV devrait être évitée chez les personnes présentant une immunodépression connue ou recevant un traitement immunosuppresseur.
Voir la Section Immunisation des sujets immunodéprimés dans la Partie 3 pour de plus amples renseignements.
Voyageurs
Le risque d'exposition à la maladie Ebola est généralement très faible pour les voyageurs. Les voies de transmission potentielles sont les mêmes que pour les personnes résidant vivant dans les zones à risque. Certains groupes, tels que les travailleurs de la santé fournissant des soins directs aux patients, en particulier s'ils exercent dans une région touchée par une éclosion, ou les voyageurs rendant visite à des amis ou à de la famille, présentent un risque d'exposition nettement accru.
Pour les autres voyageurs, même dans les régions endémiques d’EBOV, le risque est négligeable. Le risque est plus élevé pour les voyageurs qui répondent à la définition de l’exposition. À l’heure actuelle, EZV n’est ni disponible ni recommandé aux Canadiens dans le cadre de la vaccination systématique ou avant un voyage.
La vaccination contre le virus Ebola des travailleurs humanitaires canadiens qui se rendent dans les régions touchées par la maladie Ebola pour soigner les cas confirmés d'infection par le virus Ebola ou leurs contacts, ou pour procéder à des enterrements en toute sécurité, relève de la responsabilité de l'organisation qui fournit ces services.
Les personnes vaccinées doivent faire l’objet des mêmes mesures de suivi et de surveillance que celles qui n’ont pas été vaccinées lorsqu’elles reviennent de régions touchées.
Pour de plus amples renseignements sur EBOV et les voyageurs, voir les Recommandations en matière de prévention, de suivi et de surveillance des maladies Ebola du CCMTMV. Pour obtenir de l'information destinée aux travailleurs humanitaires, consultez la page Maladie Ebola : Pour les professionnels de la santé et les travailleurs humanitaires – Canada.ca.
Voir la Section Vaccination des voyageurs dans la Partie 3 pour des renseignements généraux supplémentaires.
Travailleurs
Le vaccin EZV peut être considéré comme une prophylaxie préexposition contre l’EBOV pour les adultes non enceintes et qui sont immunocompétents dans des situations exceptionnelles, lorsqu’il est prévu qu’une équipe spécialisée de travailleurs de la santé s’occupe directement d’une personne atteinte d’une MVE confirmée et symptomatique, si le vaccin est disponible.
Le vaccin EZV devrait être proposé comme prophylaxie post-exposition contre l’EBOV aux adultes non enceintes et qui sont immunocompétents à la suite d’une exposition professionnelle en laboratoire ou dans des établissements de santé au Canada; EZV peut également être considéré comme une prophylaxie post-exposition pour les femmes enceintes et les personnes enceintes, ou les personnes immunodéprimées ayant subi une exposition professionnelle à l’EBOV en laboratoire ou dans des établissements de santé au Canada.
Pour de plus amples renseignements, voir les Sections Facteurs de risque et définition de l’exposition, Doses de rappel et revaccination et Immunisation des travailleurs dans la Partie 3.
Tests sérologiques
Aucun test sérologique n’est recommandé avant ou après l’administration d’EZV.
Méthodes d’administration
Dose et voie d’administration
Chaque dose est de 1 mL. Le vaccin EZV devrait être administré par voie intramusculaire.
Voir la Section Méthodes d’administration des vaccins dans la Partie 1 pour de plus amples renseignements.
Administration concomitante d’autres vaccins
Il n’existe pas de données sur l’administration concomitante d’EZV et d’autres vaccins. Le vaccin ne devrait pas être administré en même temps que d’autres vaccins vivants ou inactivés en raison du risque d’interférence immunitaire et de la nécessité de pouvoir surveiller les symptômes potentiels de la MVE et les ÉI d’EZV sans risque de confusion avec d’autres ÉI du vaccin.
Conseils après la vaccination
La vaccination par EZV n’élimine pas la nécessité pour les travailleurs de la santé de respecter des précautions strictes en ce qui concerne l’utilisation d’équipements de protection individuelle lorsqu’ils s’occupent de patients dont l’infection par l’EBOV est suspectée ou confirmée.
Exigences en matière d’entreposage
Le vaccin EZV est conservé à l’état congelé à -80 °C jusqu’à -60 °C. Il devrait être retiré du congélateur et décongelé en moins de 4 heures jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de glace visible. Pour obtenir des renseignements complets sur l’entreposage, la manipulation et l’élimination, voir la monographie de produit autorisée par Santé Canada, disponible dans la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Voir la Section Manipulation et entreposage des agents immunisants dans la Partie 1 pour des renseignements généraux supplémentaires.
Innocuité et événements indésirables
Événements indésirables fréquents et très fréquents
Les ÉI les plus fréquemment rapportés étaient la douleur au site d’injection (69,6 %), la fièvre (23,2 %), les maux de tête (22,3 %), les malaises et la myalgie. Ces événements étaient généralement transitoires et d’intensité légère à modérée. L’apparition des symptômes systémiques s’est typiquement produite dans les 3 jours suivant la vaccination.
Plusieurs études ont rapporté une arthralgie et une arthrite d’intensité légère à modérée, bien que peu fréquentes, et qui disparaissaient généralement dans les 6 jours suivant leur apparition. Des éruptions cutanées non vésiculaires et des vascularites, d’intensité légère à modérée et de courte durée, ont également été signalées. Une faible proportion de personnes vaccinées peut développer une éruption vésiculaire. Ces vésicules devraient être couvertes jusqu’à leur guérison afin de minimiser le risque de transmission du virus vaccinal à d’autres personnes ou animaux.
Événements indésirables peu fréquents, rares et très rares
Les ÉI graves ont été peu fréquents et comprenaient la fièvre et l’anaphylaxie. La probabilité de détection des ÉI très rares dans le cadre d’essais cliniques et d’études de suivi précoce est faible compte tenu de la taille des échantillons; par conséquent, une pharmacovigilance continue est essentielle.
Autres enjeux d’innocuité
Leucocytémie
Des diminutions transitoires et asymptomatiques des leucocytes ont été observées chez certains sujets vaccinés dans les 2 jours suivant la vaccination.
Conseils pour la déclaration des effets secondaires suivant l’immunisation
Pour assurer l’innocuité continue des vaccins au Canada, il est essentiel que les vaccinateurs et d’autres cliniciens déclarent les effets secondaires suivant l’immunisation (ESSI) et, dans certaines administrations, la déclaration est obligatoire en vertu de la loi.
Les vaccinateurs sont invités à signaler les ESSI par l’entremise des responsables locaux de la santé publique et à vérifier les exigences particulières en matière de déclaration des ESSI dans leur province ou territoire. En général, tout ÉI grave ou inattendu jugé comme étant associé dans le temps à la vaccination devrait être signalé.
Voir les Sections Sécurité des vaccins et pharmacovigilance et Effets secondaires suivant l’immunisation (ESSI) dans la Partie 2 pour de plus amples renseignements sur la l’innocuité des vaccins et pour les définitions des ESSI et la déclaration de ces derniers à la santé publique.
Contrindications et précautions
Le vaccin EZV est contrindiqué chez les patients qui présentent une hypersensibilité à ce vaccin ou à tout ingrédient de la formulation, y compris tout ingrédient non médicinal, protéine de riz ou composant du contenant.
La vaccination devrait être reportée chez les sujets présentant une maladie fébrile modérée ou sévère. La présence d’une infection mineure ne devrait pas entraîner le report de la vaccination. Les personnes vaccinées devraient éviter de donner du sang pendant les 6 semaines qui suivent la vaccination.
Excrétion virale du vaccin
La transmission du rVSV n’a pas été signalée à ce jour, mais des études ont montré que certains sujets vaccinés présentaient une excrétion mesurable du rVSV dans l’urine et la salive. La virémie transitoire de faible intensité du rVSV observée chez certains sujets vaccinés n’a pas été détectée plus de 14 jours après la vaccination.
Bien que le risque de transmission du virus d’EZV d’une personne à l’autre semble extrêmement faible, les personnes vaccinées devraient être informées qu’EZV est composé d’un virus recombinant vivant atténué, le rVSV, qui peut théoriquement être transmis aux contacts de la personne vaccinée.
Par mesure de précaution, les personnes vaccinées par EZV devraient éviter tout contact étroit, y compris l’exposition au sang et aux fluides corporels, avec les personnes qui sont immunodéprimées, les femmes enceintes et qui allaitent, les personnes enceintes et qui allaitent, et les nourrissons, pendant au moins 6 semaines après la vaccination, sauf si ces personnes ont également une indication pour EZV.
On ne sait pas si le virus du vaccin est sécrété dans le lait maternel humain et il n’y a pas de données disponibles concernant les effets de la vaccination sur les nourrissons des femmes qui allaitent et des personnes qui allaitent. Par mesure de précaution, les femmes qui allaitent et les personnes qui allaitent devraient éviter d’allaiter et leurs nourrissons ne devraient pas être en contact avec le sang et les fluides corporels maternels, dans la mesure du possible, pendant au moins 6 semaines après la vaccination, à moins que la vaccination par EZV ne soit également indiquée pour le nourrisson.
La transmission du virus vaccinal au bétail par contact étroit est une possibilité théorique. Les personnes vaccinées devraient essayer d’éviter d’exposer le bétail à leur sang ou à leurs fluides corporels pendant les 6 semaines suivant la vaccination.
Les personnes vaccinées qui développent une éruption vésiculaire devraient couvrir les vésicules jusqu’à ce qu’elles soient guéries afin de minimiser le risque de transmission du virus vaccinal à d’autres personnes ou animaux. Les bandages contaminés devraient être éliminés de manière appropriée.
Pour de plus amples renseignements généraux, voir le chapitre Contre-indications et précautions dans la Partie 2.
Autres considérations
Interactions médicamenteuses
Aucune étude d’interactions médicamenteuses n’a été réalisée.
Produits sanguins, immunoglobulines humaines et moment de l’immunisation
Comme EZV est un vaccin vivant atténué, les immunoglobulines (IG), les transfusions de sang ou de plasma ne devraient pas être administrées en même temps qu’EZV. L’administration d’immunoglobulines, de transfusions de sang ou de plasma 3 mois avant ou jusqu’à un mois après l’administration d’EZV peut interférer avec la réponse immunitaire attendue. Voir la Section Produits sanguins, immunoglobulines humaines et moment de l’immunisation dans la Partie 1 pour de plus amples renseignements.
Les anticorps monoclonaux conçus pour traiter la MVE ont une forte affinité pour la glycoprotéine d’EBOV, qui est exprimée à la fois par l’EBOV et par le vecteur vaccinal, et ils inhibent l’infection par l’EBOV en inactivant la glycoprotéine du virus. On ne sait pas si les traitements par anticorps monoclonaux qui ciblent la glycoprotéine d’EBOV peuvent interférer avec EZV, mais l’administration de traitements par anticorps monoclonaux en même temps que l’administration d’EZV peut théoriquement entraîner une diminution de l’efficacité réelle d’EZV et/ou du traitement par anticorps monoclonaux parce que ces derniers peuvent inactiver le virus vaccinal avant que l’organisme n’ait eu le temps de déclencher une réponse immunitaire protectrice. Dans le contexte post-exposition, il convient de demander l’avis d’un expert clinique pour décider si le traitement par anticorps monoclonal, EZV ou une combinaison des deux est la réponse la plus appropriée, en tenant compte des spécificités de l’événement d’exposition.
Processus de révision des chapitres
Ce chapitre a été révisé sur la base des mises à jour apportées aux Recommandations en matière de prévention, de suivi et de surveillance des maladies Ebola du Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV).
Remerciements
Le présent chapitre a été révisé par C. Jensen et examiné par A. Killikelly, E. Abrams et M. Tunis.
L’ASPC tient à souligner la contribution du Groupe de travail sur la maladie à virus Ebola du CCMTMV ainsi que celle de C. Tremblay.Références choisies
Biedenkopf, N., Bukreyev, A., Chandran, K. et al. Renaming of genera Ebolavirus and Marburgvirus to Orthoebolavirus and Orthomarburgvirus, respectively, and introduction of binomial species names within family Filoviridae. Arch Virol 168, 220 (2023). https://doi.org/10.1007/s00705-023-05834-2
Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages. Recommandations en matière de prévention, de suivi et de surveillance des maladies Ebola. Ottawa : Agence de la santé publique du Canada; 17 mars 2023. https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/ccmtmv/infection-virus-ebola-recommandations-canadiennes-concernant-mesures-preventives-suivi-surveillance-voyageurs.html
Comité consultatif national de l’immunisation. Déclaration provisoire sur l’utilisation du vaccin rVSVΔG-ZEBOV-GP pour la prévention de la maladie à virus Ebola. Février 2020. https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/vaccins-immunisation/declaration-provisoire-vaccin-prevention-maladie-virus-ebola.html
Ebolavirus : Fiche technique : Agents pathogènes infectieux. Ottawa : Agence de la santé publique du Canada; 2 mars 2023. https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/biosecurite-biosurete-laboratoire/fiches-techniques-sante-securite-agents-pathogenes-evaluation-risques/virus-ebola.html
Merck Canada Inc. Monographie de produit – ERVEBOMD. 9 novembre 2022. https://pdf.hres.ca/dpd_pm/00068254.PDF
