Recommandations provisoires : Gestion sanitaire des contacts des cas d'infection par le virus des Andes liés au navire de croisière MV Hondius (26 mai 2026)
Sur cette page
- Introduction
- Définitions
- Classification des contacts en fonction du risque
- Gestion et suivi des contacts
- Mesures relatives aux voyages
- Tests de diagnostic en laboratoire
- Prise en charge des cas
- Mises à jour
- Annexe : Stratégie de test pour les contacts à risque élevé du virus Andes (ANDV) : Arbre décisionnel pour la réponse de la santé publique
- Ressources
Introduction
Les autorités et organismes de santé publique fédéraux, provinciaux et territoriaux du Canada appliquent une approche fondée sur le risque pour l'identification, l'enquête, la surveillance et la gestion des contacts des cas probables ou confirmés de virus des Andes (ANDV) liés au navire de croisière MV Hondius (voyage entre le 1er avril et le 10 mai 2026). Des cas de transmission interhumaine de l'ANDV ont été signalés (les données sont limitées) et sont généralement liés à un contact étroit et prolongé avec une personne infectée alors qu'elle présentait des symptômes.
Le présent guide vise à favoriser une approche cohérente et commune de la gestion des contacts des cas par les autorités de santé publique au Canada dans le but de réduire au minimum les risques de transmission interhumaine. Dans le contexte de la grappe de cas d'ANDV liée au navire de croisière MV Hondius, l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a évalué le risque pour le grand public comme étant faible; cette évaluation pourrait être mise à jour en fonction de l'évolution de la situation épidémiologique au Canada et dans d'autres pays.
Les recommandations contenues dans ces lignes directrices suivent une approche de précaution compte tenu de l'incertitude entourant le risque associé à la santé publique et de la nature évolutive de l'épidémie d'ANDV. Ces lignes directrices s'inspirent des lignes directrices provisoires de l'OMS (publiées le 8 mai et mises à jour le 15 mai 2026) (disponible seulement en anglais). Adaptées au contexte canadien, ces lignes directrices sont susceptibles d'être modifiées à mesure que de nouvelles informations deviennent disponibles (par exemple, sur la période d'incubation, la période de contagiosité, le risque de transmission, l'épidémiologie à bord du navire, la source d'exposition initiale, etc.) et que la situation évolue dans d'autres pays et au Canada. Ces lignes directrices doivent être interprétées et appliquées conjointement avec les lois et politiques provinciales/territoriales et municipales pertinentes, et tenir compte de facteurs tels que le contexte local, l'épidémiologie et d'autres considérations propres à chaque juridiction.
Définitions
- Cas suspect
- Toute personne ayant partagé ou fréquenté un moyen de transport où un cas confirmé ou probable d'ANDV a été signalé OU ayant été en contact avec un cas probable ou confirmé d'ANDV ET présentant des symptômes aigus (ou des antécédents de symptômes) compatibles avec une infection par l'ANDV, notamment de la fièvre (38 °C ou plus), des myalgies, des frissons, des symptômes gastro-intestinaux aigus (par exemple, nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales) ou respiratoires aigus (par exemple, toux, essoufflement, douleurs thoraciques, difficultés respiratoires).
- Cas probable Note de bas de page 1
- Toute personne présentant les signes et symptômes d'un cas suspect qui a été évaluée par un professionnel de santé ET qui a un lien épidémiologique connu avec un cas confirmé ou probable d'ANDV ET pour laquelle les résultats de laboratoire ne sont pas disponibles.
- Cas confirmé
- Toute personne ayant reçue une confirmation en laboratoire d'ANDV au moyen d'un test RT-PCR effectué sur un échantillon sanguin et/ou d'une sérologie hantavirus sur des sérums appariés.
- Non-cas Note de bas de page 2
- L'infection ne peut être exclue pendant la période d'incubation tant qu'un contact demeure asymptomatique. Un cas suspect ou probable symptomatique dont le test RT-PCR pour l'ANDV est négatif peut être considéré comme un non-cas, en particulier si cela est supporté par un autre diagnostic. La sérologie peut être utile pour le suivi, surtout s'il existe une valeur de référence négative et si l'échantillon est prélevé à un moment approprié après l'apparition des symptômes.
- Contact
- Toute personne qui a été exposée à un cas confirmé ou probable d'ANDV alors que celui-ci était contagieux, par le biais d'interactions impliquant une exposition à des sécrétions respiratoires, à de la salive, à du sang ou à d'autres liquides biologiques incluant:
- Contact physique direct, y compris l'exposition à la salive ou à d'autres liquides organiques (par exemple, soins prodigués, contact intime, partage d'un lit, etc.)
- Exposition en proximité immédiate, définie comme le fait de se trouver à moins de 2 mètres pendant une durée cumulative de plus de 15 minutes (par exemple, interactions face-à-face, repas partagés ou autres rassemblements sociaux).
- Exposition dans des espaces clos ou partagés (par exemple, plusieurs jours passés sur le même navire, proximité des sièges dans un avion ou un autre moyen de transport, etc.)
- Exposition non protégée en milieu de soins, en particulier lors des soins aux patients, ainsi que l'exposition en laboratoire. Se reporter à l'Avis : Mis à jour des lignes directrices en prévention et control des infections du virus Andes hantavirus dans les établissements de soins de santé (juin 2026) pour des informations détaillées sur l'exposition non protégée.
- Période contagieuse
- La période de contagiosité ou de transmissibilité n'est pas définie avec précision, mais s'étend généralement de l'apparition des symptômes jusqu'à la guérison ou le décès du cas. Une transmission présymptomatique (jusqu'à 2 jours avant l'apparition de la fièvre) de l'ANDV a été suggérée sur la base de la détection par RT-PCR et ne peut donc être exclue. Note de bas de page 3 La période de contagiosité la plus élevée s'étend de l'apparition des premiers symptômes (à partir de manifestations fébriles non spécifiques) et tout au long des phases prodromique et symptomatique (estimée à environ 1 semaine) d'après les données disponibles sur l'épidémie. La durée précise de la contagiosité au-delà de la phase aiguë n'est pas entièrement caractérisée. Compte tenu de cela, par mesure de précaution, il est recommandé d'identifier les contacts 2 jours avant l'apparition des symptômes signalés et jusqu'à 5 jours après l'apparition des symptômes d'un cas confirmé ou probable.
- Date de la dernière exposition
- Date du dernier contact avec un cas confirmé ou probable. Pour les passagers et les membres d'équipage du MV Hondius qui ont débarqué aux îles Canaries, il s'agit de la date de débarquement, le 10 mai 2026. Pour les passagers qui ont débarqué plus tôt ou qui se trouvaient uniquement sur des vols avec un cas confirmé, il s'agit de la date de débarquement du navire ou de l'avion.
Classification des contacts en fonction du risque
Une approche prudente est adoptée pour l'identification, le recensement, le suivi et le suivi des contacts. Les autorités de santé publique évaluent les contacts des cas d'ANDV, les classant et les gérant en catégories à risque élevé ou faible/minime en fonction de l'intensité et de la durée de l'exposition, de la proximité avec le cas, du type d'interaction (par exemple, contact direct par opposition à des espaces clos ou partagés) et de l'utilisation d'équipements de protection individuelle.
Contacts à haut risque (définition adaptée de l'OMS)
Personnes ayant été exposées à un cas probable ou confirmé d'ANDV dans l'une ou plusieurs des situations suivantes :
- Tous les passagers et membres d'équipage du MV Hondius après le 1er avril 2026 et avant le débarquement complet et la désinfection du navire qui ne portaient pas de manière systématique et appropriée un équipement de protection individuelle (EPI).
- Les personnes partageant le même foyer, la même cabine ou la même chambre.
- Les partenaires intimes ou les personnes ayant eu un contact physique direct.
- Les personnes partageant une salle de bain ou un lieu pour dormir.
- Les personnes se trouvant à moins de 2 mètres environ pendant des périodes prolongées (plus de 15 minutes au total) sans équipement de protection individuelle approprié.
- Les personnes participant à des repas en commun, à des interactions sociales prolongées ou à des activités de soins.
- Personnel de santé exposé sans porter d'EPI approprié.
- Passagers d'un avion assis dans la même rangée et/ou à moins de 2 rangées dans toutes les directions d'un cas confirmé.
- Personnes manipulant, sans équipement de protection individuelle approprié, les draps, vêtements ou autres effets personnels du cas, ainsi que les déchets médicaux ou les liquides biologiques.
Tous les contacts à haut risque seront pris en charge de la même manière, quelle que soit la source d'exposition potentielle (par exemple, croisière ou vol).
Contacts à faible risque (définition adaptée de l'OMS)
Personnes ayant assisté à un événement ou ayant voyagé dans un moyen de transport avec un cas probable ou confirmé de ANDV, mais n'ayant pas eu d'interaction directe ou prolongée connue avec ce cas, notamment :
- Les passagers d'un avion situés en dehors de la zone de proximité définie sur un vol où un cas confirmé était contagieux.
- Les personnes ayant eu un contact bref (moins de 15 minutes au total) à l'intérieur sans exposition documentée à des liquides organiques.
Remarque : À la suite de l'entrevue et de l'évaluation du risque effectuées par les autorités sanitaires provinciales/territoriales ou locales, la classification des contacts ainsi que la mise en œuvre des mesures associées peuvent être ajustées au fil du temps par la santé publique locale. Les personnes ne répondant pas aux définitions de contact à risque élevé ou faible décrites ci-dessus ne sont pas considérées comme des contacts aux fins de l'évaluation des risques en santé publique et du suivi.
Gestion et suivi des contactsNote de bas de page 4
Contacts à haut risque : surveillance active et quarantaine (« auto-isolement »)
Durée de la quarantaine : 42 jours minimum à compter du jour de la dernière exposition à un cas probable ou confirmé d'ANDV pendant la période de contagiosité du cas
Auto-quarantaine/auto-isolement :
- Doit s'auto-isoler pendant au moins 42 jours à compter de la dernière exposition au cas.
- Éviter tout contact avec les autres membres du foyer; dans la mesure du possible, rester dans une pièce ou un espace séparé et bien aéré; ne pas partager les serviettes, les draps, les couverts, etc. Lorsque la séparation au sein du foyer n'est pas possible, les autorités de santé publique doivent évaluer la pertinence d'un autre lieu d'auto-isolement.
- Laver la literie et les vêtements avec une lessive dans de l'eau chaude.
- Nettoyer et désinfecter l'environnement et les objets/surfaces à l'aide de désinfectants ménagers courants.
- Les déchets doivent être gérés comme d'habitude.
- S'abstenir de retourner au travail pendant la période désignée (y compris pour les professionnels de santé), sauf en cas de possibilité de télétravail.
Suivi : les autorités de santé publique doivent effectuer un suivi actif quotidien et consigner les symptômes pendant au moins 42 jours après la dernière exposition connue telle que définie ci-dessus; pendant cette période, il convient de conseiller à la personne contact de rester dans un lieu désigné ou à domicile afin d'éviter tout contact avec d'autres personnes. Le suivi peut s'effectuer par téléphone, par messagerie, par télésanté ou en personne (voir annexe 1 [en anglais seulement]).
Mesures de protection : Si les interactions sociales sont inévitables, y compris avec d'autres membres du foyer et/ou des visiteurs, les contacts à haut risque doivent porter un masque respiratoire (par exemple, un masque FFP2 ou N95), respecter la distanciation physique et se laver régulièrement les mains.
Signalement des symptômes : Tout symptôme parmi ceux-ci doit être signalé dès que possible aux autorités sanitaires locales compétentes : température, fièvre, fatigue ou malaise, douleurs musculaires, maux de tête, symptômes gastro-intestinaux, symptômes respiratoires.
Information : Les personnes en contact doivent recevoir de la part des autorités de santé publique :
- Des informations écrites sur les signes et symptômes à surveiller.
- Des instructions leur enjoignant de contacter immédiatement les services de santé publique dès l'apparition de tout symptôme et d'appeler avant de se rendre dans un établissement de santé.
- Les numéros d'urgence.
- Des instructions concernant la recherche de soins et le dépistage.
Contacts à faible risque : autosurveillance passive
Durée de l'autosurveillance : S'autosurveiller quotidiennement, pendant au moins 42 jours à compter de la dernière exposition, pour détecter la fièvre (à l'aide d'un thermomètre, en notant la température quotidienne), les malaises, les douleurs musculaires, les maux de tête, les symptômes gastro-intestinaux et les symptômes respiratoires, à l'aide d'un formulaire de suivi des contacts (voir annexe 2 [en anglais seulement]). Les services de santé publique locaux peuvent effectuer un suivi périodique des contacts à faible risque en fonction de l'évaluation des risques et des capacités locales.
Activités quotidiennes : En général, aucune restriction des activités professionnelles ou de loisirs quotidiennes du contact n'est justifiée. Les autorités sanitaires locales peuvent déterminer si des restrictions éventuelles sont nécessaires en fonction des conditions de risque et du contexte locaux.
Signalement des symptômes : Toute augmentation de la température, fièvre, fatigue ou malaise, douleurs musculaires, maux de tête, symptômes gastro-intestinaux ou respiratoires doit être signalée sans délai aux autorités sanitaires locales. Appelez avant de vous rendre chez un professionnel de santé ou dans un établissement de soins.
Informations :
- Informations écrites sur les symptômes à surveiller
- Numéros d'urgence
- Instructions concernant la recherche de soins et le dépistage
Mesures relatives aux voyages
Contacts à haut risque : Évitez tout déplacement pendant 42 jours.
- Une exception peut être faite pour les ressortissants étrangers dont le pays organise le rapatriement et qui doivent poursuivre la quarantaine ou de l'auto-isolement dans leur pays d'origine; les dispositions doivent être prises en coordination avec le gouvernement du Canada, en veillant à ce que les mesures de santé publique soient en place.
- Le déplacement de la personne contact hors de la juridiction des autorités de santé publique chargées de son suivi peut être autorisé pour des raisons humanitaires ou lorsque la vie est en danger, à condition qu'il soit approuvé par les autorités de santé publique locales en concertation avec l'ASPC et que des dispositions soient prises avec les autorités de santé publique de la juridiction de destination, y compris au niveau international par l'intermédiaire du point focal national du RSI (ASPC).
Contacts à faible risque : Tous les déplacements non essentiels doivent être fortement déconseillés pendant la période d'autosurveillance de 42 jours et doivent être reportés jusqu'à la fin de cette période.
- Il existe des incertitudes importantes quant à la manière dont les mesures de santé publique liées à l'épidémie d'hantavirus des Andes sont mises en œuvre dans d'autres pays, notamment le fait que des personnes puissent se voir refuser l'embarquement dans un avion ou l'entrée dans un pays, ou être soumises à des exigences de quarantaine à leur arrivée.
- Tout déplacement indispensable de la personne concernée hors du territoire relevant de la compétence des autorités de santé publique chargées de son suivi doit être coordonné avec les autorités de santé publique du territoire de destination, y compris au niveau international par l'intermédiaire du point focal national du RSI (ASPC).
Le gouvernement du Canada et la province adopteront une approche fondée sur les risques et au cas par cas, en s'appuyant sur une évaluation locale des risques pour la santé publique afin de déterminer l'inclusion ou la prolongation de l'inscription d'une personne sur la liste d'interdiction d'embarquement pour les vols intérieurs ou internationaux au départ du Canada.
Le gouvernement du Canada n'autorise pas l'entrée au Canada des ressortissants étrangers qui se trouvaient à bord du navire de croisière MV Hondius entre le 1er avril et le 10 mai 2026 afin d'empêcher toute nouvelle importation du virus des Andes au Canada. Cette mesure sera levée à l'issue de la période de 42 jours suivant le dernier jour de la croisière (10 mai 2026).
Tests de diagnostic en laboratoire
- Les personnes ayant eu un contact à haut ou faible risque, présentant des symptômes compatibles avec l'ANDV et des facteurs de risque épidémiologiques pertinents (par exemple, une exposition liée à la grappe de cas du navire de croisière MV Hondius) doivent être rapidement isolées, prises en charge conformément aux pratiques recommandées de prévention et de contrôle des infections Note de bas de page 5, évaluées cliniquement et soumises à un test de dépistage de l'ANDV dès que possible après l'apparition des symptômes, parallèlement à d'autres examens guidés par le tableau clinique et le diagnostic différentiel.
- Le moment optimal pour le dépistage est dès que possible après l'apparition des symptômes.
- Si les résultats sont négatifs peu après l'apparition des symptômes, un nouveau test peut être effectué après 72 heures.
- Le dépistage des personnes asymptomatiques, y compris les contacts à faible risque, est laissé à la discrétion des provinces et des territoires.
- Le dépistage de l'infection par détection virale doit être effectué par RT-PCR sur un échantillon sanguin ou du sérum/plasma.
- Le dépistage chez les patients symptomatiques et asymptomatiques doit être effectué conformément aux directives locales ou régionales de santé publique et à leurs procédures de notification aux laboratoires respectives.
- Avant d'expédier des échantillons provenant de cas suspects ou confirmés d'infection par le virus des Andes, les laboratoires doivent informer les autorités de santé publique et le laboratoire provincial de santé publique afin de garantir des indications de dépistage, une préparation, un transport et une réponse appropriés.
- La détection moléculaire de l'ARN du virus Andes par RT-PCR peut être effectuée par les laboratoires de santé publique provinciaux ou par le Laboratoire national de microbiologie (LNM) si une juridiction ne dispose pas de capacités de RT-PCR pour les hantavirus.
- Les échantillons ayant fait l'objet d'un test moléculaire dans les laboratoires de santé publique provinciaux doivent également être envoyés au LNM pour un test de confirmation parallèle afin de satisfaire à l'obligation de déclaration prévue par le Règlement sanitaire international (RSI).
- Si des tests sérologiques sont proposés, les échantillons doivent être soumis au LNM parallèlement aux tests moléculaires pour la détection des anticorps IgM/IgG. Des échantillons aigus et de convalescence sont nécessaires pour les contacts symptomatiques afin de détecter les anticorps IgM et IgG indiquant une infection récente ou passée.
- Pour plus de détails sur les tests de laboratoire et la biosécurité, veuillez consulter le document Recommandations du NMLB concernant les tests de laboratoire pour le virus des Andes (ANDV) (PDF) et Détection moléculaire du virus des Andes.
Prise en charge des cas
Le champ d'application de ces lignes directrices n'inclut pas de conseils sur la gestion de santé publique ou clinique des cas confirmés d'ANDV au Canada. En s'inspirant du document de l'Organisation panaméricaine de la santé intitulé « Prévention et contrôle de l'infection à hantavirus, y compris la maladie à virus des Andes (Lignes directrices régionales provisoires pour les cas suspects ou confirmés) (en anglais seulement) », les autorités compétentes pourraient souhaiter prendre en considération les points suivants :
- La prise en charge initiale doit débuter dès la première suspicion clinique et doit donner la priorité à une surveillance précoce, ainsi qu'à une évaluation clinique et une orientation rapides, conformément aux protocoles de prise en charge clinique. Tout patient chez qui l'infection par le hantavirus est fortement suspectée doit être pris en charge comme un cas potentiellement grave, même s'il est initialement stable. La fenêtre d'intervention efficace est précoce.
- Le transport pouvant être retardé dans les zones rurales ou isolées, une orientation précoce dès la suspicion initiale est recommandée afin de garantir un accès rapide à des soins spécialisés. Ne retardez pas l'orientation en attendant les résultats de confirmation. Ne retardez pas le transfert dans le seul but d'achever la stabilisation si cela expose le patient à une détérioration évitable. Un transfert précoce vers un niveau de soins supérieur doit être envisagé dès la suspicion initiale, en particulier dans les contextes où une détérioration clinique pourrait limiter la faisabilité ou la sécurité d'un transfert ultérieur.
Mises à jour
Ces recommandations sont susceptibles d'être modifiées en fonction de l'évolution de la situation épidémiologique et des risques à l'échelle mondiale ou nationale, des caractéristiques du virus ANDV (par exemple, transmissibilité, gravité) et des avancées scientifiques en matière de dépistage et de prise en charge de l'ANDV, en consultation avec les autorités sanitaires fédérales, provinciales et territoriales.
Annexe : Stratégie de test pour les contacts à risque élevé du virus Andes (ANDV) : Arbre décisionnel pour la réponse de la santé publique
Le jour 0 fait référence à la date de la dernière exposition possible connue à l'ANDV. Pour d'autres, la date de la dernière exposition possible connue (jour 0) peut varier d'une personne à l'autre en fonction de ses antécédents d'exposition particuliers.
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Étape 1 : Identifier le contact
Poser la question : La personne est-elle un contact à risque élevé pour un cas confirmé ou probable d'ANDV?
Si la réponse est non, la personne est un contact à risque faible ou minimal.
Initialisez autosurveillance passive : surveiller l'état de santé quotidiennement, et ce, pendant 42 à 45 jours à compter de la dernière exposition, afin de détecter toute fièvre (à l'aide d'un thermomètre, en notant la température chaque jour), tout malaise, toute douleur musculaire, tout mal de tête ou tout symptôme gastro-intestinal ou respiratoire. Si des symptômes se manifestent, il faut les signaler aux autorités de santé publique.
Si la réponse est oui, passer à l'étape 2.
Étape 2 : Commencer la surveillance
Les autorités de santé publique doivent effectuer une surveillance active quotidienne et noter les symptômes pendant 42 à 45 jours après la dernière exposition connue, période pendant laquelle il faut conseiller au contact d'éviter tout contact avec d'autres personnes en restant dans un endroit désigné ou à la maison.
Signalement des symptômes : Tous ces symptômes doivent être communiqués dès que possible aux autorités de santé publique locales, nationales et internationales responsables: température, fièvre, fatigue ou malaise, douleurs musculaires, maux de tête, symptômes gastrointestinaux, symptômes respiratoires.
Renseignements : Les contacts doivent recevoir de la santé publique :
- des renseignements écrits sur les symptômes à surveiller;
- des numéros à composer en cas d'urgence;
- des consignes relatives à la consultation médicale et au dépistage.
Étape 3 : Évaluer les symptômes
Poser la question : Le contact a-t-il développé des symptômes compatibles avec une infection par l'ANDV?
Si la réponse est oui, passer à l'étape 4.
Si la réponse est non, passer à l'étape 5.
Continuer à surveiller activement les symptômes à la maison pendant la période d'isolement volontaire, soit pendant 42 à 45 jours à compter de la dernière exposition ou du jour 0.
Si des symptômes apparaissent à tout moment, passer à l'étape 4.
Étape 4 : Dépistage déclenché par les symptômes
Mesure : Réaliser une analyse PCR immédiatement; sang total (EDTA de préférence) ou sérum/plasma (EDTA) et écouvillonnage nasopharyngé. Le LNM a décentralisé un test mis au point en laboratoire pour les laboratoires provinciaux qui en font la demande.Note de bas de page 6
Les échantillons peuvent également être soumis directement au LNM. Les échantillons qui sont analysés dans des laboratoires provinciaux de santé publique doivent également être envoyés au LNM pour des tests parallèles afin de satisfaire aux exigences de déclaration du Règlement sanitaire international (RSI).
*L'analyse d'échantillons de liquides biologiques autres que le sang présente généralement une valeur diagnostique moindre Note de bas de page 7; le sang sera donc examiné en priorité. Si d'autres types d'échantillons sont soumis en parallèle (par exemple, des prélèvements par écouvillonnage), ceux-ci ne seront analysés que si l'analyse sanguine s'avère positive.
Si les échantillons s'avèrent positifs, un séquençage du génome complet peut être envisagé afin d'étayer l'interprétation épidémiologique de l'éclosion. Il n'est pas nécessaire pour la gestion des cas.
Des tests sérologiques (IgM et IgG) seront effectués parallèlement aux analyses PCR; des échantillons appariés (prélevés en phase aiguë et en phase de convalescence) sont requis.
L'interprétation des résultats obtenus à partir d'échantillons prélevés chez les patients immédiatement après l'apparition des symptômes permettra de déterminer si des anticorps IgM dirigés contre le virus des Andes sont présents. Ces résultats nécessiteront une interprétation minutieuse et il est recommandé de les confirmer par un prélèvement de suivi afin de vérifier l'augmentation diagnostique (au moins quadruplée) des titres d'anticorps.
- Envisager de répéter l'analyse sérologique (p. ex., une fois par semaine) pour évaluer l'augmentation des titres d'anticorps.
Interprétation
Analyse PCR ou sérologique positive → gérer comme un cas confirmé.
Analyse PCR/sérologique négative et symptômes persistants :
- Assurer la gestion clinique au besoin.
- Selon le principe de précaution, envisager de procéder à de nouvelles analyses PCR 2 à 3 fois par semaine.
- Poursuivre l'analyse PCR jusqu'à la disparition des symptômes.
- Effectuer immédiatement des analyses PCR en cas de détérioration clinique.
- L'analyse PCR doit être effectuée après la disparition des symptômes.
- Une fois les symptômes disparus, reprendre la quarantaine volontaire jusqu'à la fin de la période de quarantaine.
- Effectuer une analyse sérologique et PCR après la quarantaine.
- Si l'une des analyses PCR est positive → classifier et gérer comme un cas confirmé.
Étape 5 : Contact asymptomatique à risque élevé
Les contacts à haut risque placés en quarantaine peuvent faire l'objet d'un prélèvement de référence destiné à une analyse PCR et à une analyse sérologique, sous réserve de l'approbation des autorités de santé publique locales.
Après l'étape 5, passer à l'étape 6.
Étape 6 : Dépistage de contact asymptomatique à risque élevé
Effectuer une analyse PCR; sang total (EDTA de préférence) ou sérum/plasma (EDTA). L'analyse d'échantillons de liquides biologiques autres que le sang présente généralement une valeur diagnostique moindre.Note de bas de page 6
Des analyses sérologiques (IgM et IgG) seront effectuées parallèlement aux analyses PCR; des échantillons appariés (un échantillon de référence et un échantillon prélevé à la fin de l'isolement) sont requis.
Interprétation
Analyse PCR positive
- Indique une infection par ANDV → isoler la personne dans un établissement de santé, surveiller l'apparition de symptômes et se préparer à la prendre en charge comme un cas.
- Si l'analyse PCR est positive; un séquençage du génome complet peut être envisagé afin d'étayer l'interprétation épidémiologique de l'éclosion (non requis pour la gestion du cas).
Analyse PCR négative
- N'écarte pas l'infection.
- Poursuivre la surveillance clinique active pendant la quarantaine jusqu'à la fin de la période de quarantaine.
Sérologie
- Analyse IgM positive : peut indiquer une infection récente par l'ANDV à gérer comme un cas potentiel, surveiller les symptômes et effectuer des analyses PCR 2 à 3 fois par semaine pour confirmer l'infection par l'ANDV. Effectuer des analyses sérologiques de contrôle sur des paires de sérums (2 semaines plus tard) afin de mettre en évidence une augmentation du titre d'anticorps IgG.
- Analyse IgG positive et analyse IgM négative : cela peut indiquer une exposition antérieure. Poursuivre la surveillance clinique active pendant la période de quarantaine. Effectuer des analyses sérologiques de contrôle sur des paires de sérums (2 semaines plus tard) afin de mettre en évidence une augmentation du titre d'anticorps IgG.
- Analyse IgM/IgG négative : poursuivre la surveillance clinique active pendant la quarantaine volontaire jusqu'à la fin de la période de quarantaine.
- On sait que les hantavirus présentent un degré élevé de réactivité sérologique croisée, en particulier à l'égard de la protéine de la nucléocapside (PN), qui est immunodominante. C'est pourquoi les analyses sérologiques, comme les tests ELISA utilisant des lysats cellulaires entiers infectés ou des PN recombinées provenant de hantavirus du Nouveau Monde apparentés (par exemple, les virus Black Creek Canal ou Sin Nombre), sont adaptées à la détection des anticorps IgM et IgG produits lors d'une infection par le virus des Andes. L'interprétation des résultats dans les échantillons prélevés sur des patients asymptomatiques ou immédiatement après l'apparition des symptômes nécessite une interprétation minutieuse et est mieux étayée par un échantillon de suivi pour surveiller une augmentation diagnostique (4 fois ou plus) des titres d'anticorps.
Continuer à surveiller activement les symptômes à la maison pendant la période d'isolement volontaire, soit pendant 42 à 45 jours à compter de la dernière exposition ou du jour 0.
Si des symptômes apparaissent à tout moment, passer à l'étape 4.
Ressources
- Avis : Mis à jour des lignes directrices en prévention et control des infections du virus Andes hantavirus dans les établissements de soins de santé (juin 2026)
- Boîte à outils de l'OMS sur les hantavirus, comprenant :
- Note technique de l'OMS concernant le débarquement et la prise en charge ultérieure des passagers et des membres d'équipage dans le cadre d'un foyer lié au virus Andes à bord du navire de croisière MV Hondius (8 mai 2026, en anglais seulement)
- La gestion par l'OMS des contacts des cas de virus des Andes (ANDV) à bord du navire de croisière MV Hondius (15 mai 2026, en anglais seulement) comprend :
- Annexe 1 Liste de contrôle pour l'évaluation initiale du risque d'exposition
- Annexe 2. Formulaire de suivi des contacts de l'OMS
- Organisation panaméricaine de la santé : Prévention et contrôle de l'infection à hantavirus, y compris la maladie à virus des Andes (2026) (en anglais seulement)
- Réseau canadien de renseignements sur la santé publique : Détection moléculaire du virus des Andes
- Avis scientifique rapide sur la prise en charge des passagers - Dans le cadre de l'épidémie du virus des Andes sur le navire de croisière MV Hondius (ECDC, 9 mai 2026, en anglais seulement)
- Note de bas de page 1
-
Durant la période contagieuse du cas.
- Note de bas de page 2
-
Les non-cas qui développent des symptômes compatibles avec la définition de cas suspect après un test négatif et durant la période d'incubation maximale suivant la dernière exposition à un cas probable ou confirmé doivent faire l'objet d'un nouveau test et être reclassés en conséquence.
- Note de bas de page 3
-
Étant donné que la RT-PCR n'indique pas de manière fiable la présence d'un virus infectieux, ces données sont limitées et doivent être interprétées avec prudence.
- Note de bas de page 4
-
Les autorités de santé publique doivent examiner attentivement les mesures appropriées et leur durée dans l'intérêt de la santé publique, ainsi que les possibilités de soutenir les personnes pendant la période d'application des mesures de santé publique.
- Note de bas de page 5
-
Avis : Mis à jour des lignes directrices en prévention et control des infections du virus Andes hantavirus dans les établissements de soins de santé (juin 2026).
- Note de bas de page 6
-
Safronetz D, Hegde NR, Ebihara H, Denton M, Kobinger GP, St Jeor S, Feldmann H, Johnson DC. Adenovirus vectors expressing hantavirus proteins protect hamsters against lethal challenge with andes virus. J Virol. 2009 Jul;83(14):7285-95. doi: 10.1128/JVI.00373-09. Epub 2009 Apr 29. PMID: 19403663; PMCID: PMC2704762 (en anglais seulement).
- Note de bas de page 7
-
Ferrés M, Martínez-Valdebenito C, Henriquez C, Marco C, Angulo J, Barrera A, et al. Viral shedding and viraemia of Andes virus during acute hantavirus infection: a prospective study. The Lancet Infectious Diseases. 2024;24(7):775-82. Available at: https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1473309924001427 (en anglais seulement).
