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Avis : Mis à jour des lignes directrices en prévention et control des infections du virus Andes hantavirus dans les établissements de soins de santé (juin 2026)

Sur cette page

Préambule

Une éclosion par le virus Andes (ANDV) a été signalé parmi les passagers du navire de croisière MV Hondius. Des voyageurs canadiens ont été repérés parmi les passagers du navire de croisière et des vols transportant une personne infectée par le virus ANDV. L'ANDV n'est pas endémique au Canada et se distingue sur le plan épidémiologique de la souche de hantavirus endémique au Canada (le virus Sin Nombre). Note de bas de page 1 Les directives actuelles de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) en matière de prévention et de contrôle des infections (PCI) dans les établissements de santé ne traitent pas du virus ANDV. Compte tenu de l'évolution du paysage épidémiologique, les recommandations pour le virus ANDV dans les Pratiques de base et précautions additionnelles (PBPA) visant à prévenir la transmission des infections dans les milieux de soins ont été mises à jour.

Contexte

Pour l'instant, le virus ANDV n'est pas réputé être un agent pathogène susceptible de provoquer une pandémie.Note de bas de page 2 Si des cas de transmission interhumaine de l'ANDV ont été signalés par le passé, celle-ci a jusqu'à présent été principalement associée à des contacts étroits et prolongés et n'a pas démontré de capacité à se propager de manière généralisée et durable.Note de bas de page 3 Compte tenu du manque de données sur l'ANDV à l'échelle mondiale, une certaine incertitude subsiste quant à ses mécanismes de transmission. De plus, des études de passage in vivo démontrent que l'ANDV présente une grande stabilité génomique et ne mute pas facilement.Note de bas de page 4 La période d'incubation du ANDV est de 1 à 8 semaines, la plupart des personnes devenant symptomatiques entre 2 et 4 semaines après l'exposition.Note de bas de page 3 Il est possible que des personnes actuellement asymptomatiques deviennent infectieuses et développent des symptômes durant la période visée par l'évaluation des risques.

Le présent document a pour objectif de fournir des conseils actualisés portant sur les PCI dans les établissements de santé dans le cas où une personne présentant un cas suspecté, probable ou confirmé d'infection au virus ANDV serait repérée au sein d'un établissement de soins de santé du Canada. Ces conseils prennent également en compte les PCI dans les milieux de soins de santé si un contact à haut risque d'une personne infectée par le virus ANDV probable ou confirmée nécessite des soins dans un établissement de soins de santé canadien.

Les publics cibles de ce document sont les professionnels de la PCI, les professionnels de la santé et de la sécurité au travail, ainsi que les organisations de soins de santé.

Ces recommandations ont été élaborées avec l'expertise technique du Comité consultatif national sur la prévention et le contrôle des infections (CCN-PCI) et en adoptant une approche préventive.Note de bas de page 5Note de bas de page 6 Ces recommandations s'appuient également sur une analyse du contexte des directives internationales et provinciales relatives à l'ANDV et ces conseils seront mis à jour au fur et à mesure que de nouvelles informations seront disponibles.

Aux fins des présents conseils, le terme « patient » inclut les personnes qui reçoivent des soins de santé et que l'on désigne traditionnellement et généralement par les termes patient, client ou résident.

Les recommandations concernant les environnements hors des milieux de soins de santé, ne sont pas comprises dans le cadre du présent document. Pour d'autres espèces de hantavirus, l'application des pratiques courantes sont suffisante pour la gestion de la PCI du patient, y compris l'utilisation d'équipements de protection individuelle (EPI) basés sur une évaluation du risque au point de service. Veuillez vous reporter aux Pratiques de base et précautions additionnelles visant à prévenir la transmission des infections dans les milieux de soins pour en savoir davantage.

Recommandations provisoires des lignes directrices en prévention et le contrôle des infections du virus Andes hantavirus dans les établissements de santé.

Précautions additionnelles

En adoptant le principe de précaution, en plus des pratiques courantes, les patients présentant un cas suspecté, probable ou confirmé d'infection au virus ANDV devraient faire l'objet de précautions contre les maladies transmises par l'air, les gouttelettes et les contacts. Les contacts à haut risque, même asymptomatiques, nécessitent des précautions contre les maladies transmises par l'air, les gouttelettes et les contacts. Pour les définitions de cas et de contacts, veuillez vous reporter à Recommandations provisoires : Gestion sanitaire des contacts des cas d'infection par le virus des Andes liés au navire de croisière MV Hondius.

Seuls les travailleurs essentiels aux soins directs du patient et de son environnement, avec des EPI appropriés, peuvent entrer dans la chambre du patient afin de limiter l'exposition potentielle. Les établissements de santé doivent être prêts à soigner les patients présentant un cas suspecté, probable ou confirmé d'infection au virus ANDV, avec des PCI appropriées en place.

Si un cas d'ANDV est suspecté, informez immédiatement les autorités locales de santé publique.

Équipement de protection individuelle

L'EPI recommandé pour les cas suspectés, probables ou confirmés d'ANDV inclut, au minimum :

  • des gants;
  • une blouse résistante aux liquides ou imperméable;
  • une protection des yeux (lunettes ou écran facial);
  • un masque respiratoire N95 (ou une protection équivalente ou supérieure) ajusté

Cet EPI doit aussi être porté lors des soins pour des contacts à haut risque de cas probables ou confirmés d'ANDV.

Cet EPI doit être porté par toutes les autres personnes en contact avec des cas suspects, probables ou confirmés d'ANDV, ainsi que par les contacts à haut risque (des cas probables et confirmés). Cela peut inclure les travailleurs du transport, les travailleurs des services environnementaux, les intervenants d'urgence, etc.

Placement des patients

Les patients présentant un cas suspecté, probable ou confirmé d'infection au virus ANDV et des contacts à haut risque (de cas probables et confirmés) doivent être placés dans une chambre d'isolement pour infections à transmission aérienne (CIITE) avec la porte fermée et des toilettes dédiées ainsi que des installations d'hygiène des mains désignées pour leur usage.

Si une chambre d'isolement pour infections à transmission aérienne n'est pas disponible :

  • le patient peut être placé dans une chambre individuelle fermée avec des toilettes et des installations d'hygiène des mains réservées à son usage;
  • la porte doit rester fermée;
  • l'utilisation de filtres HEPA portables peut être envisagée pour la PCI et le personnel des installations pour compléter les stratégies de ventilation existantes, en particulier dans les zones où la ventilation ne répond pas aux normes de l'Association canadienne de normalisation (CSA).

Il n'est pas recommandé de constituer des cohortes de patients qui ont été exposés au virus de l'ANDV. Si elle est nécessaire, elle ne doit être envisagée qu'en consultation avec les équipes locales de PCI et de santé publique. Seuls les cas confirmés d'infection au virus ANDV avec la même souche devraient être estimés pour la constitution de cohortes, le cas échéant.

Transport des patients

Le patient doit porter un masque médical (s'il le tolère) lorsqu'il sort de sa chambre ou de la zone de soins et doit prendre des dispositions pour une hygiène des mains avant de porter le masque et après avoir touché ou retiré le masque.

Matériel dédié

Le matériel de soins non critiques, comme les bassinets et les brassards de tensiomètre, doit être jetable lorsque possible et jeté dans un récipient désigné pour les déchets de matières biologiques dangereuses sans contact après utilisation.

Le matériel de soins réutilisable non essentiel (par exemple, un siège d'assistance) doit être réservé à l'usage d'un seul patient et doit être nettoyé et désinfecté conformément aux directives du fabricant ou de l'établissement, et ce, avant de servir à un autre patient.

Déchets, buanderie et services nutritionnels

Gestion de la buanderie/des déchets

Les déchets provenant de cas suspects, probables ou confirmés d'ANDV et de contacts à haut risque (de cas probables ou confirmés) sont estimés comme des déchets de catégorie A.Note de bas de page 7 Les déchets, y compris les déchets médicaux, et le linge souillé doivent être gérés selon les règlements, politiques et procédures régionaux et locaux. Ces conseils ne couvrent pas la gestion des déchets en laboratoire.

Manipulation de la vaisselle et des ustensiles

Utilisez de la vaisselle ou des ustensiles jetables et jetez-les dans un récipient désigné pour déchets contenant des matières biologiques dangereuses au point d'utilisation.

Nettoyage et désinfection de l'environnement

L'environnement de soins doit être nettoyé et désinfecté à l'aide de désinfectants hospitaliers ou de soins de santé approuvés par Santé Canada.Note de bas de page 8 Les surfaces susceptibles d'être touchées ou utilisées fréquemment devraient être nettoyées et désinfectées à un rythme plus régulier. Cela comprend les surfaces à proximité du patient (p. ex. les côtés de lit, tables-ponts, tables de chevet et sonnettes d'appel) et les surfaces fréquemment touchées dans l'environnement de soins du patient, comme les boutons de porte, les surfaces qui se trouvent dans la salle de bains du patient. Le personnel des services environnementaux devrait utiliser des stratégies pour limiter l'aérosolisation autant que possible.

Lorsque les mesures de précaution prennent fin, que le patient est transféré ou qu'il a son congé de l'établissement, tous les objets présents dans la chambre qui ne peuvent être nettoyés et désinfectés doivent être jetés dans un conteneur sans contact prévu à cet effet pour les déchets contenant des matières biologiques dangereuses.

Durée des précautions

Compte tenu du fait que la période d'incubation du virus ANDV se situe entre 1 et 8 semaines, la durée et la levée des mesures de précaution supplémentaires doivent être déterminées en concertation avec la PCI et conformément aux directives locales, provinciales ou territoriales en matière de santé publique ainsi qu'aux politiques de l'organisation.

Manipulation des cadavres

Les examens post-mortem (si nécessaire) et la manipulation des restes humains doivent être effectués conformément aux règlements fédéraux, provinciaux ou territoriaux respectifs. La manipulation des dépouilles nécessite des précautions contre les maladies transmises par l'air, les gouttelettes et les contacts. Cela inclut l'utilisation d'EPI conforme à l'ANDV, y compris un appareil de protection respiratoire N95 ajusté et vérifié (ou équivalent, ou protection plus élevée), une blouse résistante aux liquides ou imperméable, des gants et une protection des yeux. La morgue doit être informée des précautions requises avant le transport.

Visiteurs

Évitez l'entrée des visiteurs dans la chambre du patient. Des exceptions peuvent être prises en compte au cas par cas pour ceux qui sont essentiels au bien-être du patient (par exemple, aidants naturels d'enfants) ou dans des circonstances de fin de vie ou de compassion. Les visites virtuelles devraient être envisagées. Si des visites sont nécessaires, elles doivent être planifiées et surveillées pour permettre :

  • Le dépistage du visiteur pour l'ANDV (par exemple, symptômes et facteurs de risque) avant l'entrée ou à l'arrivée à l'hôpital. Les visiteurs ayant été exposés à l'ANDV ne devraient pas être autorisés à effectuer une visite.
  • Évaluer les visiteurs quant à leur capacité à respecter les précautions.
  • Fournir des instructions avant l'entrée dans la zone de soins aux patients portant sur l'hygiène des mains, la limitation des surfaces touchées et l'utilisation de l'EPI conformément à la politique actuelle de l'établissement dans la chambre du patient.

Les aidants naturels et les visiteurs doivent également porter une blouse résistante aux liquides ou imperméable, des gants, une protection des yeux et un appareil de protection respiratoire (ou une protection équivalente ou supérieure). Les visiteurs doivent être informés du risque d'auto-contamination lorsqu'ils utilisent leur EPI, et les déplacements à l'intérieur de l'établissement doivent être limités uniquement à la chambre du patient.

Considérations pour la collecte et la manipulation des échantillons

Les demandes de tests de dépistage de l'ANDV nécessitent une planification préalable, une notification et une coordination entre toutes les parties prenantes concernées afin de garantir la sécurité des patients, du personnel de laboratoire et des autres personnes impliquées.Note de bas de page 9 Conformément à la pratique habituelle, l'ensemble du personnel participant au prélèvement et à la manipulation des échantillons doit avoir suivi une formation et posséder les compétences requises en matière de biosûreté et de gestion des incidents ou des expositions. Les échantillons doivent être transportés de manière à éviter tout bris ou tout déversement accidentel. Évitez d'utiliser des systèmes de transport par tubes pneumatiques ou des systèmes semblables. Pour les considérations particulières au laboratoire, veuillez respecter les politiques et procédures de l'établissement ainsi que celles de la province ou du territoire.

Remerciements

Comité consultatif national sur la prévention et le contrôle des infections (CCN-PCI)

La présente ligne directrice a été élaborée en collaboration avec le Comité consultatif national sur la prévention et le contrôle des infections (CCN-PCI). Le CCN-PCI est un organisme consultatif externe qui fournit une expertise en la matière et des conseils à l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) sur la prévention et le contrôle des maladies infectieuses dans les milieux de soins de santé canadiens.

Les personnes suivantes siégeaient au sein du CCN-CPI au moment de l'élaboration du présent document. Veuillez noter que la participation au CCN-CPI ne constitue pas une approbation par l'organisation affiliée d'un membre.

  • Dre Jennie Johnstone (présidente)
  • Dr Titus Wong (vice-président)
  • Dre Marina Afanasyeva
  • Dre Irene Armstrong
  • Dr Zain Chagla
  • Dr Mark Downing
  • Dr Issa Epthimios
  • Dr Jeffrey Eruvwetaghware
  • Jennifer Happe, M. Sc.
  • Dr Issa Epthimios
  • Dr Allen Kraut
  • Marianita Lampitoc, M.G.S.S.
  • Donna Moore, inf. aut., M.Sc.
  • Dr Matthew Muller
  • Dre Leighanne Parkes
  • Dr Brian Sagar
  • Dre Stephanie Smith
  • Dre Nisha Thampi
  • Julie Weir, M. Nurs.

ASPC, Direction générale des programmes sur les maladies infectieuses et de la vaccination

Division de la prévention et de la surveillance des infections (DPSI) : Dre Maureen Carew (directrice), Natalie Bruce (directrice associée)

Section de la prévention et contrôle des infections associées aux soins de la santé (SPCISS), Division de la prévention et de la surveillance des infections (DPSI) : Nisrine Haddad (gestionnaire); coresponsables : Maureen McGrath et Amanda Graham.

Références

Note de bas de page 1

Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses. Hantavirus. Le 11 août 2021. Consulté le 11 mai 2026. https://ccnmi.ca/debrief/hantavirus/

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Note de bas de page 2

Agence de la santé publique du Canada. Évaluation rapide du risque : Éclosion d'hantavirus (virus des Andes) à bord d'un paquebot de croisière international. Le 8 mai 2026. Consulté le 11 mai 2026. https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/mesures-interventions-urgence/evaluations-rapides-risques-professionnels-sante-publique/eclosion-hantavirus-virus-andes-bord-paquebot-croisiere-international.html

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Note de bas de page 3

Martínez, V. P., Di Paola, N., Alonso, D. O. et al. « "Super-Spreaders" and Person-to-Person Transmission of Andes Virus in Argentina ». New England Journal of Medicine. 2020; 383(23) :2230-2241. doi : 10.1056/NEJMoa2009040

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Note de bas de page 4

Warner, B. M., Prévost, J., Tailor, N. et al. « High genomic stability of Andes virus following successive passage in vivo in Syrian hamsters ». Schwemmle, M., dir. Journal of Virology. 2025; 99(8) :e00512-25. doi : 10.1128/jvi.00512-25

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Note de bas de page 5

Pinto-Bazurco, J. F. Le principe de précaution. [En ligne]. Service de recherche du Parlement européen; 2020 [consulté le 13 mai 2026]. Disponible à https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/IDAN/2015/573876/EPRS_IDA(2015)573876_FR.pdf.

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Note de bas de page 6

Bourguignon, D. Le principe de précaution : définitions, applications et gouvernance. [En ligne]. Institut international du développement durable; 2015 [consulté le 13 mai 2026]. Disponible à https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/IDAN/2015/573876/EPRS_IDA(2015)573876_FR.pdf

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Note de bas de page 7

Agence de la santé publique du Canada. Déchets pouvant contenir des matières de catégorie A. [En ligne]. Ottawa (Ont.) : Gouvernement du Canada; octobre 2024 [consulté le 13 mai 2026]. Disponible à https://training-formation.phac-aspc.gc.ca/mod/page/view.php?id=16040&lang=fr

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Note de bas de page 8

Nilsson-Payant, B. E., Dafi, R. F., Krüger, S., Rosenthal, M., Todt, D., Addo, M. M., Steinmann, E. et Meister, T. L. « Stability of Andes virus and its inactivation by WHO-recommended hand-rub formulations and surface disinfectants ». Journal of Hospital Infection. 2025; 166:5-11. https://doi.org/10.1016/j.jhin.2025.08.010.

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Note de bas de page 9

Agence ontarienne de protection et de promotion de la santé (Santé publique Ontario). Laboratory testing for Andes virus. [En ligne]. Toronto (Ont.) : Imprimeur du Roi pour l'Ontario; 2026 [consulté le 20 mai 2026].

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2026-06-17

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