Guide sur les Syndromes associés aux ITS : Urétrite
Le présent guide fournit un aperçu de la prise en charge et du traitement empirique de l'urétrite associée aux infections transmissibles sexuellement (ITS). L'urétrite est l'inflammation de l'urètre.
Dernière mise à jour partielle du contenu : Juin 2026
Suppression des détails concernant les traitements empiriques spécifiques et ajout de liens vers le Guide sur la gonorrhée et le Guide sur la chlamydia et LGV.
Ces informations sont détaillées dans le tableau « Changement/Mises à jour des guides ».
Sur cette page :
- Importance en santé publique
- Étiologie courante associée aux ITS
- Tests diagnostiques
- Traitement empirique et prise en charge
- Suivi
- Déclaration et notification aux partenaires
- Références
Importance en santé publique
Il existe peu de données sur l'incidence et la prévalence de l'urétriteNote de bas de page 1. Cependant, il est bien documenté que les ITS sont une cause infectieuse importante de l'urétrite.
Étiologie courante associée aux ITS
Neisseria gonorrhoeae (NG) est la cause la plus fréquente de l'urétrite. Une étude a révélé la présence de NG chez 30 % des hommes souffrant d'une urétrite aiguëNote de bas de page 2.
Dans les cas d'urétrites non gonococciques, Chlamydia trachomatis (CT) a été identifié chez 15 à 40 % des personnes et M. genitalium chez 15 à 25 % des personnesNote de bas de page 3Note de bas de page 4Note de bas de page 5. Parmi les autres causes infectieuses possibles figurent T. vaginalisNote de bas de page 6, le virus Herpes simplex (VHS), les adénovirusNote de bas de page 7Note de bas de page 8 et Candida albicansNote de bas de page 9. Près de la moitié des cas d'urétrite non gonococcique n'ont pas d'étiologie précise.
Manifestations cliniques Les symptômes et les signes de l'urétrite comprennent :
- Écoulement urétral mucoïde, mucopurulent ou purulent;
- Dysurie;
- Irritation ou démangeaisons de l'urètre ou du méat;
- Érythème et œdème du méat.
Les symptômes de l'urétrite gonococcique apparaissent 2 à 6 jours après l'acquisition de l'infection.
Les symptômes de l'urétrite non gonococcique apparaissent généralement 1 à 5 semaines après l'acquisition de l'infection (généralement entre 2 et 3 semaines).
Chez les femmes, l'urétrite causée par CT ou NG peut survenir avec ou sans cervicite. La dysurie et la pollakiurie sont des symptômes d'urétrite qui peuvent s'apparenter à ceux d'une cystite. Cependant, l'écoulement n'est pas fréquent dans le cas de la cystite.
Envisager un diagnostic alternatif en présence de l'un des symptômes suivants : hématurie, nycturie, pollakiurie, miction impérieuse, difficulté à uriner, faiblesse du jet urinaire, fièvre, frissons, douleur périnéale, douleur lombaire, masses au scrotum ou lymphadénopathie.
Tests diagnostiques
- Obtenir un échantillon d'urine du premier jet ou effectuer un écouvillonnage urétral pour un test d'amplification des acides nucléiques (TAAN) pour détecter CT et NG, et un écouvillonnage en vue d'une mise en culture pour détecter NG (si disponible)Note de bas de page 10Note de bas de page 11Note de bas de page 12.
- La coloration de Gram, lorsque disponible au point de service, peut aider à différencier une urétrite gonococcique d'une urétrite non gonococcique, ce qui peut éclairer le choix du traitement empirique :
- La présence de ≥ 5 leucocytes polynucléaires (PN) sur un frottis dans 5 champs d'observation aléatoirement choisis et non adjacents à grossissement x 1 000 (immersion à l'huile) évoque une urétrite non gonococciqueNote de bas de page 13;
- La présence de diplocoques intracellulaires gram négatifs permet généralement de poser un diagnostic de NG;
- La présence de diplocoques extracellulaires gram négatifs est un résultat équivoque qui nécessite un test de confirmation pour NG.
- Considérer un test de détection de M. genitalium en cas d'urétrite persistante ou récurrente, après un traitement empirique d'une infection à chlamydia ou d'une infection gonococcique, lorsque le TAAN effectué avant ou après le traitement s'est révélé négatif pour CT et NG.
Traitement empirique et prise en charge
La décision de traiter de façon empirique ou d'attendre les résultats des tests doit être fondée sur :
- La gravité de l'état clinique;
- La probabilité qu'une infection soit présente;
- Les facteurs de risque d'ITSS décelés chez la personne;
- La disposition de la personne à s'abstenir de toute activité sexuelle et à revenir pour obtenir les résultats des tests ou faire l'objet d'un suivi.
Dans certaines circonstances, une approche basée sur l'attente des résultats d'analyses de laboratoire peut être préférable (versus un traitement empirique) puisque la plupart des cas d'urétrite sont d'étiologie inconnue et les taux de résistance aux antimicrobiens (RAM) augmentent.
Si la décision est prise de traiter empiriquement une personne atteinte de l'urétrite, il convient d'envisager un traitement à la fois contre la NG et la CT. Pour les recommandations actuelles concernant le traitement de l'infection à NG, consulter le Guide sur la Gonorrhée. Pour les recommandations actuelles concernant le traitement de l'infection à CT, consulter le Guide sur la Chlamydia et LGV.
Suivi
Le test de contrôle dépend de l'agent pathogène confirmé par les analyses de laboratoire. Consulter le guide propre à l'étiologie pour en savoir plus sur le suivi et le test de contrôle.
En cas d'urétrite persistante ou récurrente :
- Évaluer la possibilité :
- D'une mauvaise adhérence au traitement;
- L'utilisation d'un traitement autre que le traitement privilégié;
- D'une réexposition;
- RAM;
- D'une infection par d'autres agents pathogènes (p. ex. M.genitalium);
- D'autres causes (p. ex. infection urinaire, prostatite, phimosis, irritation chimique, rétrécissement de l'urètre, tumeurs).
- Considérer :
- Prélèvement de nouveaux échantillons (urine ou écouvillonnage urétral) en vue d'une coloration de Gram, d'une mise en culture pour détecter NG, et d'un TAAN pour détecter NG et CT;
- Écouvillonnage urétral ou prélèvement d'un échantillon d'urine du premier jet en vue d'un TAAN pour détecter T. vaginalisNote de bas de page 14Note de bas de page 15;
- Écouvillonnage urétral en vue d'un TAAN ou d'une mise en culture pour détecter le virus Herpes simplex (VHS), bien que l'infection au VHS soit généralement associée à des lésionsNote de bas de page 6Note de bas de page 16;
- Si cela n'a pas déjà été fait, envisager un TAAN pour détecter M. genitalium et déterminer la sensibilité aux antibiotiques (si disponible). Si le test de détection n'est pas disponible, envisager un traitement empirique de l'infection à M. genitalium. Consulter le guide sur l'infection à Mycoplasma genitalium;
- Envisager de consulter un collègue expérimenté ou orienter la personne vers un urologue.
Déclaration et notification aux partenaires
Lorsqu'un traitement pour une ITS est indiqué, il convient de notifier, d'évaluer, de dépister et de traiter (le cas échéant) les partenaires sexuels. Consulter les guides propres à l'étiologie pour connaître les recommandations sur la déclaration obligatoire et la notification aux partenaires.
Références
- Note de bas de page 1
-
George Mueller. Overview: What every practitioner needs to know. Are you sure your patinet has urethritis? What should you expect to find? Infectious Disease Advisor 2013.
- Note de bas de page 2
-
Ito S, Hanaoka N, Shimuta K, et al. Male non-gonococcal urethritis: From microbiological etiologies to demographic and clinical features. Int J Urol. 2016;23(4):325-331.
- Note de bas de page 3
-
Bachmann LH. Urethritis in adult men. UpToDate 2019.
- Note de bas de page 4
-
Workowski KA, Bolan GA, Centers for Disease Control and Prevention. Sexually transmitted diseases treatment guidelines, 2015. MMWR Recomm Rep 2015 Jun 5;64(RR-03):1-137.
- Note de bas de page 5
-
Alberta Health. Non-Gonococcal Urethritis. Public Health Notifiable Disease Management Guidelines 2013.
- Note de bas de page 6
-
Wendel KA, Erbelding EJ, Gaydos CA, Rompalo AM. Use of urine polymerase chain reaction to define the prevalence and clinical presentation of Trichomonas vaginalis in men attending an STD clinic. Sex Transm Infect 2003; 79(2):151-153.
- Note de bas de page 7
-
Bradshaw CS, Denham IM, Fairley CK. Characteristics of adenovirus associated urethritis. Sex Transm Infect 2002; 78(6):445-447.
- Note de bas de page 8
-
Azariah S, Reid M. Adenovirus and non-gonococcal urethritis. Int J STD AIDS 2000;11(8):548-550.
- Note de bas de page 9
-
Varela JA, Otero L, GarcÍa MJ, et al. Trends in the prevalence of pathogens causing urethritis in Asturias, Spain, 1989-2000. Sex Transm Dis 2003;30(4):280-283.
- Note de bas de page 10
-
Johnson RE, Newhall WJ, Papp JR, et al. Screening tests to detect Chlamydia trachomatis and Neisseria gonorrhoeae infections-2002. MMWR Recomm Rep 2002;51(RR-15):1-38.
- Note de bas de page 11
-
Burstein GR, Zenilman JM. Nongonococcal urethritis--a new paradigm. Clin Infect Dis. 1999;28 Suppl 1:S66-S73.
- Note de bas de page 12
-
Simmons PD. Evaluation of the early morning smear investigation. Br J Vener Dis 1978; 54(2):128-129.
- Note de bas de page 13
-
Swartz SL, Kraus SJ, Herrmann KL, Stargel MD, Brown WJ, Allen SD. Diagnosis and etiology of nongonococcal urethritis. J Infect Dis 1978;138(4):445-454.
- Note de bas de page 14
-
McKee Jr KT, McKee KT Jr, Jenkins PR, Garner R, et al. Features of urethritis in a cohort of male soldiers. Clin Infect Dis. 2000;30(4):736-741.
- Note de bas de page 15
-
Borchardt KA, Borchardt KA, al-Haraci S, Maida N. Prevalence of Trichomonas vaginalis in a male sexually transmitted disease clinic population by interview, wet mount microscopy, and the InPouch TV test. Genitourin Med. 1995;71(6):405-406.
- Note de bas de page 16
-
Lautenschlager S, Eichmann A. Urethritis: an underestimated clinical variant of genital herpes in men?. J Am Acad Dermatol. 2002;46(2):307-308.
