Cahier de transition du sous-ministre 2026 - Études d'opinion publique sur l'immigration
Contexte
Au cours de 2023 et 2024, il y a eu un changement négatif important dans l’opinion publique à l’égard de l’immigration, suivi d’une légère reprise en 2025. L’opinion des Canadiens relativement aux niveaux d’immigration demeure plus négative qu’elle l’était au cours des 25 années précédant 2023.
Perception de l’immigration par le public
- En novembre 2025, près de la moitié des Canadiens (47 %) ont déclaré que trop d’immigrants venaient au Canada, une augmentation par rapport au taux de seulement 22 % en mars 2023, mais une diminution par rapport aux taux de 54 % en novembre 2024.Note de bas de page 1
- En novembre 2025, la moitié des Canadiens (50 %) ont déclaré que l’immigration avait des répercussions plutôt ou très positives sur les Canada, une diminution par rapport au taux de 71 % en mars 2023.Note de bas de page 2
- À la fin des années 1990 et au début des années 2000, il y a eu un changement positif dans l’appui à l’égard de l’immigration, suivi d’une période de relative stabilité jusqu’en 2023. La proportion de Canadiens qui ont déclaré que le nombre d’immigrants venant au Canada était trop élevé a chuté de 46 % en 1996 à 41 % en 1997, à 36 % en 2002, à 29 % en 2005, à 26 % en 2009 et à 22 % en 2020.Note de bas de page 3
De nombreux Canadiens continuent de comprendre les avantages de l’immigration, y compris son rôle dans la réponse aux besoins du marché du travail dans le contexte d’une population vieillissante. En même temps, de nombreux Canadiens sont préoccupés au sujet de la capacité du Canada à absorber les nouveaux arrivants, particulièrement en matière de logement et d’infrastructure, d’économie et d’emplois ainsi que de soins de santé, d’éducation et d’autres services sociaux. Bien que les inquiétudes qui se sont accrues en 2023 et 2024 aient commencé à s’atténuer en 2025, la confiance dans les avantages de l’immigration n’a pas rebondi.
- En août 2025, l’accord avec des énoncés clés au sujet des avantages économiques de l’immigration était plus faible qu’en mars 2023 : 46 % des Canadiens étaient d’accord pour dire que « l’immigration est nécessaire si le Canada souhaite soutenir sa croissance économique compte tenu du vieillissement de la population » (60 % en mars 2023), 45 % étaient d’accord pour dire que « la capacité concurrentielle du Canada dépend de notre habileté à recruter des immigrants qui répondent à nos besoins en évolution en matière de main-d’œuvre » (57 % en mars 2023) et 42 % étaient d’accord pour dire que « l’immigration est nécessaire pour aider la gestion des pénuries de compétences et de main-d’œuvre dans mon économie locale » (56 % en mars 2023).Note de bas de page 4
- Quand on leur a demandé d’expliquer pourquoi ils estimaient que trop d’immigrants viennent au Canada, les Canadiens ont exprimé le plus souvent des inquiétudes relativement à la disponibilité ou aux coûts du logement, à la disponibilité des emplois, à la capacité de l’économie et au fait que les immigrants font concurrence aux personnes qui se trouvent déjà au Canada pour les mesures sociales.Note de bas de page 5
- En août 2025, 56 % des Canadiens étaient d’accord pour dire que l’immigration exerce trop de pression sur le prix du logement dans leur ville—une augmentation par rapport aux 34 % en mars 2022 et aux 45 % en mars 2023, mais une diminution par rapport aux 61 % en juin 2024. En même temps, 65 % des Canadiens estimaient qu’au cours des prochaines années, les nouveaux immigrants arrivant au Canada auront une incidence négative sur le marché canadien du logement—une augmentation par rapport aux 50 % en mars 2023, mais une diminution par rapport aux 69 % en novembre 2024.Note de bas de page 6
- En août 2025, 63 % des Canadiens convenaient que « l’immigration a exercé trop de pressions sur les services publics au Canada »—une augmentation par rapport aux 51 % en mars 2023, mais une diminution par rapport aux 67 % en novembre 2024. En même temps, 59 % des Canadiens étaient d’accord pour dire que « le Canada devrait se concentrer à aider les Canadiens sans emploi plutôt que de rechercher des immigrants qualifiés pour pourvoir des postes »—une augmentation par rapport aux 54 % en mars 2023, mais une diminution par rapport aux 63 % en novembre 2024.Note de bas de page 7
Le soutien des Canadiens pour l’accueil de réfugiés a diminué de façon semblable depuis 2023, même s’ils sont moins préoccupés par le nombre de réfugiés qui viennent au Canada que par le nombre total d’immigrants qui viennent au Canada. Fait particulièrement préoccupant, moins de Canadiens croient maintenant que le Canada a la responsabilité d’accueillir des réfugiés.
- En août 2025, 41 % des Canadiens ont déclaré que le Canada accueille trop de réfugiés réinstallés—une augmentation par rapport aux 29 % en février 2020—et 46 % ont déclaré que le Canada accueille trop de demandeurs d’asile—une augmentation par rapport aux 41 % en février 2020. À titre comparatif, dans le même sondage réalisé en août 2025, 60 % des Canadiens ont déclaré qu’il y avait trop d’immigrants (en général) qui viennent au Canada.Note de bas de page 8
- En août 2025, 56 % des Canadiens convenaient que « l’accueil de réfugiés exerce trop de pressions sur les services publics au Canada »—une augmentation par rapport aux 48 % en mars 2023, mais une diminution par rapport aux 61 % en novembre 2024. En revanche, une proportion légèrement plus grande (63 %) des Canadiens étaient d’accord pour dire que « l’immigration exercice trop de pressions sur les services publics au Canada » dans le même sondage réalisé en août 2025.Note de bas de page 9
- En août 2025, 44 % des Canadiens étaient d’accord pour dire que « le Canada a le devoir de faire san part en acceptant des réfugiés ». Cela représente une importante diminution par rapport au sommet de 64 % atteint en mars 2022, immédiatement après l’invasion de l’Ukraine par la Russie et sept mois après la chute de Kaboul, et par rapport à la base de 53 % en février 2020. De la même façon, l’accord selon lequel « accepter des réfugiés s’inscrit dans la tradition humanitaire du Canada » a chuté à 51 % en août 2025—par rapport aux 69 % en mars 2022 et aux 59 % en février 2020.Note de bas de page 10
Cibles de niveaux d’immigration et gestion du système d’immigration
De nombreux Canadiens sont au courant de la publication des récents plans des niveaux d’immigration, et la moitié d’entre eux ont entendu dire que les niveaux d’immigration ont été réduits. Les Canadiens sont partagés entre le soutien et l’opposition à la cible de 380 000 résidents permanents pour 2026 et son légèrement plus favorables qu’opposés aux limites quant au nombre d’admissions de travailleurs étrangers temporaires et d’étudiants.
- La connaissance des récents plans des niveaux d’immigration était élevée : 68 % des Canadiens avaient entendu parler du Plan des niveaux d’immigration 2025–2027 en novembre 2024, et 52 % d’entre eux avaient entendu parler du Plan 2026–2028 en novembre 2025, qui a été annoncé en novembre 2025 dans le cadre du budget fédéral de cette année-là.Note de bas de page 11
- En novembre 2024, 52 % des Canadiens ont mentionné avoir entendu dire (réponse spontanée) que les niveaux d’immigration allaient diminuer.Note de bas de page 12
- En août 2025, 47 % des Canadiens ont déclaré que le gouvernement prévoyait de diminuer le taux d’immigration, et 12 % ont déclaré que le taux allait être augmenté.Note de bas de page 13
- En novembre 2025, 35 % des Canadiens ont exprimé leur appui à la cible de 380 000 nouveaux résidents permanents en 2026, et 37 % ont manifesté une opposition à cette cible.Note de bas de page 14
- En novembre 2025, 40 % des Canadiens ont exprimé leur appui à la réduction du nombre de travailleurs étrangers temporaires et d’étudiants étrangers que nous admettrons au cours des trois prochaines années, et 30 % se sont opposé à cette réduction.Note de bas de page 15
Les Canadiens sont plus susceptibles de penser que le gouvernement du Canada est sur la mauvaise voie plutôt que sur la bonne voie en matière d’immigration, même si l’immigration n’est pas le principal sujet de préoccupation pour la plupart des Canadiens. De nombreux Canadiens ne sont pas convaincus que le système d’immigration est bien géré, notamment en ce qui concerne sa capacité à sélectionner des immigrants qui apporteront une contribution, à fixer des cibles et à effectuer des contrôles de sécurité.
- En janvier 2026, 41 % des Canadiens ont dit que le gouvernement était sur la mauvaise voie dans sa gestion de l’immigration, et 26 % ont dit qu’il était sur la bonne voie. La croyance que le gouvernement était sur la mauvaise voie relativement à l’immigration a diminué depuis le sommet de 52 % atteint en décembre 2024, mais est restée plus élevée qu’au printemps 2023 (28 %).Note de bas de page 16
- En décembre 2025, 29 % des Canadiens ont déclaré que le gouvernement du Canada faisait des progrès relativement à l’atteinte de niveaux d’immigration durables; cette proportion n’a pas changé par rapport au mois d’octobre 2025.Note de bas de page 17
- En janvier 2026, 7 % des Canadiens ont déclaré que l’immigration était l’un des enjeux qui devrait recevoir la plus grande attention de la part du gouvernement. En revanche, 19 % ont déclaré que l’économie, les emplois et le chômage étaient les enjeux qui devraient recevoir la plus grande attention, suivis de coût de la vie, des logements abordables et de l’inflation (17 %), et des soins de santé (10 %).Note de bas de page 18
- En août 2025, seuls 22 % des Canadiens étaient d’accord pour dire que le système d’immigration du Canada était bien géré dans l’ensemble. Plus particulièrement, 22 % des Canadiens étaient d’accord pour dire que le gouvernement « fait du bon travail pour déterminer combien de personnes devraient être autorisées à immigrer au Canada chaque année », alors que 24 % des Canadiens étaient d’accord pour dire que « le système d’immigration du Canada est efficace pour sélectionner les personnes qui contribueront positivement au pays ». De plus, 29 % des Canadiens convenaient du fait que les immigrants « font l’objet d’un contrôle adéquat avant leur arrivée pour s’assurer qu’ils ne représentent pas un risque pour la sécurité » et 25 % ont dit la même chose au sujet des réfugiés.Note de bas de page 19
- Des participants à des groupes de discussion ont exprimé du scepticisme à l’égard de la gestion du système d’immigration au Canada. Bien qu’il y avait une reconnaissance générale de l’importance de l’immigration, de nombreux participants ont exprimé des préoccupations au sujet du grand nombre de nouveaux arrivants admis au cours des dernières années, mentionnant les pressions sur les infrastructures et les ressources. De nombreux participants s’interrogeaient également au sujet de la stratégie derrière les admissions, et estimaient qu’il serait profitable pour le Canada d’admettre des nouveaux arrivants qui pourraient combler immédiatement des pénuries de main-d’œuvre (et voir leurs titres de compétences étrangers reconnus), ainsi que d’inciter les nouveaux arrivants à déménager dans des régions moins peuplées du pays.Note de bas de page 20
