Traite de personnes
La traite de personnes, aussi appelée trafic de personnes, est un crime et une forme de violence fondée sur le sexe (VFS). Elle consiste à contrôler ou à exploiter des personnes, généralement à des fins d’exploitation sexuelle ou de travail forcé.
La traite de personnes n’implique pas nécessairement un déplacement transfrontalier. Elle peut avoir lieu à l’échelle internationale, entre le Canada et un autre pays, ou sur le territoire canadien.
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À propos de la traite de personnes
La traite de personnes est un crime complexe qui touche en grande partie les femmes et les filles. Elle est considérée comme une forme d’esclavage moderne.
Les deux formes les plus courantes de traite de personnes au Canada sont la traite à des fins d’exploitation sexuelle et d’exploitation par le travail. La traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle consiste à recruter, à transporter, à héberger ou à dissimuler une personne dans le but de l’exploiter sexuellement. La traite de main-d’œuvre consiste à recruter, transporter ou retenir une personne en vue de la soumettre au travail forcé.
En général, les personnes responsables de traite manipulent les personnes qu’elles exploitent en leur promettant une vie meilleure ou une relation affective, tout en tirant parti de leurs vulnérabilités, notamment les suivantes :
- pauvreté
- isolement social
- situation d’itinérance ou logement précaire
- maltraitance ou négligence envers les enfants
- dépendances
- problèmes de santé mentale
- manque d’éducation et d’occasions d’emploi
La traite de personnes est souvent confondue avec la migration clandestine. Différences entre la migration clandestine et la traite de personnes :
Migration clandestine
- Un crime international.
- Repose généralement sur un accord entre la personne responsable du passage clandestin et la personne faisant l’objet du passage clandestin.
- Les personnes faisant l’objet de passage clandestin sont généralement libres de faire ce qu’elles veulent une fois arrivées à destinationFootnote 1.
Traite de personnes
- Peut se produire à l’échelle internationale ou à l’intérieur des frontières d’un pays.
- Les victimes et les personnes survivantes de la traite de personnes sont exploitées sans leur consentement.
- Les personnes victimes de traite sont soumises de manière continue au travail forcé ou à la prestation forcée de services.
Découvrez ces termes et plus encore dans le glossaire sur la violence fondée sur le sexe.
La traite de personnes peut se produire :
- dans le cadre d’une relation intime actuelle ou passée;
- entre membres d’une même famille;
- entre proches ou connaissances;
- entre personnes inconnues;
- en personne ou en ligne.
Personne n’est à l’abri de la traite de personnes au Canada, mais certaines personnes y sont plus vulnérables :
- les femmes et les filles;
- les femmes et les filles autochtones;
- les personnes migrantes ou nouvellement arrivées;
- les personnes 2ELGBTQI+;
- les enfants et les jeunes dans le système d’aide sociale;
- les personnes socialement ou économiquement défavorisées.
Répercussions de la traite de personnes
La traite de personnes peut avoir des effets graves et durables qui peuvent perdurer même une fois que l’exploitation a pris fin.
Ses conséquences physiques sont notamment les suivantes :
- blessure mineure à grave;
- problèmes de santé à court et à long terme;
- problèmes de santé liés au stress (problèmes cardiaques, troubles digestifs, affaiblissement du système immunitaire);
- toxicomanie et dépendance;
- décès.
Ses conséquences sur la santé mentale ou émotionnelle sont notamment les suivantes :
- la dépression, l’anxiété, le trouble de stress post-traumatique (TSPT);
- des sentiments de honte, de stress et de peur.
Les victimes et les personnes survivantes de la traite de personnes travaillent et vivent souvent dans des conditions effroyables et subissent de graves atteintes à leurs droits fondamentaux, ainsi que des traumatismes, notamment des violences physiques, sexuelles, économiques et psychologiquesNote de bas de page 2 . Les victimes et les personnes survivantes sont souvent isolées et n’ont pas le contrôle de leur propre argent, de leurs documents d’identité (passeport, permis de conduire, carte santé, etc.), de leur lieu de travail, de leur logement et de leurs relations personnelles.
Comment réagir en cas de traite de personnes
Si vous êtes victime ou témoin de traite de personnes, il existe des façons sécuritaires de réagir.
Si vous êtes victime de traite de personnes :
- parlez à une personne en qui vous avez confiance;
- obtenez de l’aide auprès d’un service local d’aide aux victimes;
- joignez la Ligne d’urgence canadienne contre la traite des personnes;
- signalez la situation aux autorités.
Si vous êtes témoin de traite de personnes :
- proposez du soutien et fournissez de l’information sur les ressources disponibles;
- parlez à une personne en qui vous avez confiance;
- signalez la situation aux autorités.
Pour en savoir plus, consultez la section ressources ci-dessous.
Faits et statistiques sur la traite de personnes
L’ampleur de la traite de personnes au Canada est difficile à déterminer en raison de la nature cachée de ce crime, de la réticence des victimes, des personnes survivantes et des témoins à se manifesterNote de bas de page 3, ainsi que des difficultés à identifier les victimes et les personnes survivantes.
Dans l’ensemble, les taux de traite de personnes ont varié au cours de la dernière décennie, certaines années affichant des taux plus élevés que d’autres.
- En ce qui concerne les tendances annuelles, le nombre d’incidents de traite de personnes signalés par la police a augmenté régulièrement depuis 2014. En 2023, 605 incidents de traite de personnes ont été signalés à la police, et 608 incidents ont été signalés à l’échelle du Canada en 2024Note de bas de page 4.
- Entre 2014 et 2024, plus de 5 070 incidents de traite de personnes ont été signalés à la police. En moyenne, cela représente environ 1,2 incident pour 100 000 personnes chaque année. La plus forte hausse des signalements a eu lieu entre 2018 et 2019 (de 355 incidents à 546)Note de bas de page 5.
- Le nombre de victimes de traite de personnes est resté relativement stable en 2020 (553 victimes) et en 2021 (555 victimes), avec une augmentation de 5 % en 2022 (596)Note de bas de page 6.
La traite de personnes peut toucher n’importe qui, mais certains groupes connaissent des taux plus élevés que d’autres.
- De 2014 à 2024, la grande majorité des victimes de traite de personnes identifiées étaient des femmes et des filles. En 2024 en particulier, les femmes et les filles représentaient 93 % des victimes, tandis qu’une petite proportion (7 %) était des hommes et des garçonsNote de bas de page 7.
- En plus des femmes et des filles, les populations les plus vulnérables sont notamment les femmes, les filles et les enfants autochtones, les personnes 2ELGBTQI+, les personnes migrantes ou nouvellement arrivées, ainsi que les enfants et les jeunes dans le système d’aide socialeNote de bas de page 8.
- Parmi les femmes et filles victimes de traite entre 2014 et 2024, 63 % avaient moins de 25 ans, dont 22 % étaient mineures (moins de 18 ans). En revanche, la plupart des victimes de genre masculin (88 %) étaient des adultes, le plus grand groupe étant âgé de 25 à 34 ansNote de bas de page 9.
- Bien qu’il n’y ait pas assez de données nationales sur les victimes autochtones, des recherches menées par des d’organismes autochtones indiquent que les femmes et les filles autochtones subissent des taux d’exploitation sexuelle beaucoup plus élevésNote de bas de page 10.
Le plus souvent, les personnes responsables de la traite de personnes sont des hommes et des garçons, bien que ce ne soit pas toujours le cas.
- Entre 2014 et 2024, 2 838 personnes ont été accusées dans le cadre d’incidents de traite de personnes signalés par la police. La grande majorité des personnes accusées (82 %) étaient des hommes et des garçons, tandis que 18 % étaient des femmes et des filles. Le ratio n’a pas beaucoup évolué avec le tempsNote de bas de page 11.
- Les recherches indiquent que les rôles des femmes et des filles dans la traite de personnes sont souvent complexes. Certaines peuvent avoir déjà été victimes de traite, être toujours sous contrôle des responsables de traite ou jouer un rôle limité, comme le recrutement d’autres victimesNote de bas de page 12.
- L’âge médian des femmes et des filles accusées de traite de personnes entre 2014 et 2024 était de 23 ans, contre 27 ans pour les hommes et les garçons. Parmi les 105 jeunes personnes accusées entre 2013 et 2024, la répartition entre filles et garçons était relativement équilibrée (58 % de garçons; 42 % de fillesNote de bas de page 13).
Le plus souvent, les personnes responsables de traite ne sont pas des inconnues, bien que les victimes et les personnes survivantes ne « connaissent » pas ces personnes au sens véritable du terme. Ces relations reposent sur le mensonge et la manipulation, les responsables de traite de personnes se faisant passer pour des partenaires romantiques, des proches ou des personnes protectrices pour bâtir une fausse confiance, isoler les victimes et les personnes survivantes, et maintenir leur emprise.
- Conformément aux tendances observées précédemment, les incidents de traite de personnes signalés par la police entre 2014 et 2024 concernaient le plus souvent des victimes et des personnes accusées qui étaient des partenaires intimes (34 %), des connaissances (22 %) ou qui entretenaient des relations de nature criminelle (12 %) ou professionnelle (12 %)Note de bas de page 14.
- Certaines personnes responsables de traite font semblant d’entretenir une relation amoureuse afin de recruter des victimes et d’asseoir leur emprise sur elles avant de les exploiterNote de bas de page 15.
La traite de personnes peut être difficile à détecter pour de nombreuses raisons, et il est souvent encore plus difficile de traduire les personnes responsables en justice.
- Les poursuites dans les affaires de traite de personnes présentent des défis particuliers, notamment la nécessité de prouver l’emprise, la contrainte ou l’exploitation de la victime ou de la personne survivante. La preuve repose souvent largement sur le témoignage des victimes, témoignage qui peut être influencé par le traumatisme, la peur de représailles ou la méfiance à l’égard des autorités. L’équipe juridique de la défense peut également chercher à discréditer les victimes en évoquant leur statut migratoire, leurs antécédents judiciaires ou leurs relations personnelles avec la personne accuséeNote de bas de page 16.
- Depuis 2013, plus de la moitié (58 %) des incidents de traite signalés par la police n’ont pas été résolus, souvent parce que l’enquête est toujours en cours, qu’il n’y a pas assez de preuves ou que les personnes présumées responsables n’ont pas été identifiéesNote de bas de page 17.
- Dans l’ensemble, davantage de cas de traite ont été portés devant les tribunaux ces dernières années. De 2013-2014 à 2023-2024, les tribunaux criminels canadiens pour adultes ont traité 1 281 dossiers portant sur environ 4 500 accusations de traite de personnes. Seulement environ 10 % ont donné lieu à un verdict de culpabilité. Cela montre à quel point il est difficile d’obtenir des condamnations pour ces crimesNote de bas de page 18.
Ressources pour les victimes et les personnes survivantes de la traite de personnes
- La page Obtenez de l’aide maintenant de Femmes et Égalité des genres Canada (FEGC) présente des ressources de soutien immédiat.
- La Ligne d’urgence canadienne contre la traite des personnes offre un soutien confidentiel 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 aux victimes, personnes survivantes et témoins.
- Visitez le site Web de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour signaler tout incident de traite de personnes.
- Sécurité publique Canada propose un large éventail de services et de mesures de soutien aux victimes et aux personnes survivantes.
En savoir plus sur la VFS et la traite de personnes
- En savoir plus sur la violence fondée sur le sexe
- Visitez le site Web de Sécurité publique Canada pour en savoir plus sur la traite de personnes
- Découvrez quelles sont les deux formes les plus courantes de traite de personnes au Canada :
