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Évaluation du Fonds d’intégration pour les personnes handicapées, 2025

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Évaluation du Fonds d’intégration pour les personnes handicapées, 2025 [PDF – 1,9 Mo]

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Liste des figures

Liste des tableaux

Liste des abréviations

ARC
Agence du revenu du Canada
EDSC
Emploi et Développement social Canada
FIPH
Fonds d'intégration pour les personnes handicapées
PCU
Prestation canadienne d'urgence
pp
point de pourcentage

Introduction

Le Fonds d'intégration pour les personnes handicapées (ci‑après appelé « le programme » ou le FIPH) a été mis en place en 1997 pour faciliter l'intégration sur le marché du travail des personnes en situation de handicap, en fournissant du financement à des organismes tiers qui offrent de la formation professionnelle, des activités d'aide au travail autonome, des placements professionnels, ainsi qu'une gamme d'autres mesures de soutien global et d'aide à l'emploi, à des chercheurs d'emploi en situation de handicap et des employeurs.

Le programme comporte trois volets de financement :

  • Volet 1 – volet axé sur les participants : Ce volet comprend des activités d'expérience de travail (avec l'octroi possible de subventions salariales), des activités de développement de compétences pour l'emploi (y compris un soutien préalable à l'emploi et à l'employabilité), des activités d'aide au travail autonome, des services améliorés d'aide à l'emploi, et des activités de soutien accru aux employeurs.
  • Volet 2 – volet Employeur : Ce volet porte sur les activités de sensibilisation des employeurs et de soutien accru aux employeurs.
  • Volet 3 – volet Avancement professionnel : Ce volet, mis en place en 2022, vise à soutenir des activités d'expérience de travail menant à l'avancement professionnel, des activités de développement de compétences pour l'avancement, ainsi que des mesures de soutien aux employeurs pour l'avancement professionnel.

Les organismes financés travaillent auprès des personnes en situation de handicap afin d'aider ces dernières à se préparer pour le marché du travail, à obtenir et à conserver un emploi, ou à devenir travailleur autonome. De plus, certains organismes financés travaillent auprès des employeurs pour sensibiliser ces derniers aux avantages liés à l'embauche de personnes en situation de handicap, et les aider à embaucher et à intégrer des personnes en situation de handicap dans leur milieu de travail.

Il s'agit de la cinquième évaluation du programme, qui s'est concentrée sur les activités mises en œuvre de 2018 à 2022 dans le cadre de deux volets du programme :

  • Compétences et emploi, lequel comprend des activités actuellement offertes par l'entremise du volet 1 – volet axé sur les participants.
  • Travailler avec les employeurs, lequel comprend des activités actuellement mises en œuvre dans le cadre du volet 2 – volet EmployeurFootnote 1.

La présente évaluation s'est concentrée sur les activités menées et les résultats obtenus avant la transition du programme vers trois nouveaux volets de financement en 2023. Les projets financés dans le cadre d'appels de propositions lancés de 2023 à ce jour dépassaient la portée de la présente évaluation.

Sommaire éxécutif

Principales constatations

  • La conception du programme offre une certaine latitude aux organismes financés de sorte à leur permettre de fournir aux chercheurs d'emploi et à leurs employeurs des mesures de soutien et des services personnalisés et axés sur le handicap. Cependant, la promotion limitée du programme et de ses mesures de soutien ainsi que la complexité du processus de demande peuvent restreindre l'accès au programme pour certains organismes, chercheurs d'emploi et employeurs.
  • Les mesures de soutien et les services financés dans le cadre du programme aident les chercheurs d'emploi en situation de handicap à améliorer leur employabilité et à trouver ou conserver un emploi. Pour ce faire, le programme aide ces personnes à accroître leurs compétences, y compris en matière de recherche d'emploi et en termes de savoir-être, et à accéder à davantage d'opportunités sur le marché du travail.
  • Les impacts différentiels démontrent que le programme a mené à des améliorations dans les liens des participants avec le marché du travail. En moyenne, les participants aux activités du programme ont gagné 1 180 dollars de plus par an, et avaient une incidence d'emploi plus élevée de 3,7 points de pourcentage (pp), comparativement à des non‑participants ayant un profil similaire, dans une période de 5 ans suivant la participation.
  • Les activités d'expérience de travail subventionnée et de développement de compétences pour l'emploi sont celles qui ont eu les impacts positifs les plus grands sur les résultats en matière d'emploi des participants, par rapport aux non‑participants ayant un profil similaire. À l'instar de ce qui a été observé pour d'autres programmes de marché du travail, on peut observer des impacts positifs modestes chez les participants n'ayant bénéficié que de services améliorés d'aide à l'emploi.
  • Bien que des impacts nets positifs sur les résultats en matière d'emploi aient été observés pour tous les groupes sociodémographiques, certains groupes peuvent faire face à de plus grands obstacles à l'emploi. Les données recueillies ont permis de constater qu'il existe des obstacles uniques auxquels sont confrontés les nouveaux arrivants ou les personnes racisées, les personnes en situation de handicap physique, les personnes ayant un trouble du développement ou de santé mentale, et les personnes vivant dans des collectivités rurales ou isolées.
  • En tenant compte des coûts et des bénéfices pour les gouvernements et les participants, le capital investi dans le programme a produit un rendement social positif sur 10 ans, chaque dollar investi rapportant 1,31 dollar. D'un point de vue sociétal, les bénéfices dépassent les coûts dans un délai de quatre ans.
  • Les mesures de soutien du programme peuvent contribuer à améliorer la capacité des employeurs à embaucher des employés en situation de handicap et à soutenir ces derniers. Le programme a encouragé certains employeurs à embaucher des personnes en situation de handicap en réduisant les risques perçus et les coûts afférents. Il a également facilité ce processus pour certains employeurs qui souhaitaient déjà embaucher des travailleurs en situation de handicap, mais qui avaient besoin de conseils en matière de recrutement, d'accueil et d'intégration, ou de formation.
  • Les employeurs ont indiqué que des mesures de soutien supplémentaires ou complémentaires, en particulier celles offertes après l'embauche d'une personne en situation de handicap, pourraient mieux répondre à leurs besoins et accroître leur capacité à embaucher et à maintenir en poste des employés en situation de handicap.
  • La pandémie de COVID‑19 a créé des défis en matière de ressources financières et humaines pour certains employeurs, mais a également mené à des changements qui ont eu une incidence positive sur l'emploi de certaines personnes en situation de handicap. Par exemple, la transition accélérée vers le travail à distance ou hybride a permis à certains employés de continuer à travailler pendant la pandémie, et a été bénéfique pour les personnes à mobilité réduite ou faisant face à des obstacles en matière de transport.

Recommandations

Recommandation 1 : Continuer à explorer des stratégies visant à offrir davantage de soutien aux participants faisant face à des obstacles complexes ou ayant besoin de mesures de soutien plus intensives ou à plus long terme pour se joindre au marché du travail et y demeurer.

Bien que le programme ait aidé de nombreuses personnes à améliorer leur employabilité ou leur situation professionnelle, différents obstacles continuent d'empêcher certains participants d'accéder aux mesures de soutien du programme, d'intégrer le marché du travail, ou de conserver un emploi à moyen et à long terme. Les principaux obstacles relevés comprennent les obstacles culturels, les obstacles précis associés aux handicaps physiques, y compris les limites relatives à la mobilité, le cumul d'obstacles liés au fait de vivre dans une collectivité rurale ou isolée, ainsi que les obstacles particuliers auxquels sont confrontées les personnes ayant un handicap invisible, lesquels peuvent nécessiter des mesures de soutien et des services plus intensifs ou d'une gamme plus grande. Bon nombre de ces obstacles sont de nature structurelle ou systémique et ne relèvent pas directement du programme. Cependant, le programme pourrait explorer les mesures additionnelles ou les partenariats, telles que des mesures de soutien mieux adaptées sur le plan culturel, ce qui pourrait contribuer à surmonter ces obstacles tout en aidant les chercheurs d'emploi en situation de handicap à tirer pleinement parti des mesures de soutien et des ressources complémentaires qu'ils pourraient obtenir par l'entremise d'autres programmes ou services.

Recommandation 2 : Collaborer avec les partenaires et les intervenants du programme (par exemple, les bénéficiaires de financement) afin de mieux faire connaître le programme et d'en améliorer l'accès, en clarifiant les rôles et les responsabilités pour ce qui est de mieux promouvoir les services financés auprès des chercheurs d'emploi et des employeurs, ainsi qu'en simplifiant le processus de demande de financement.

Les constatations de l'évaluation actuelle et des évaluations précédentes ont révélé que les participants potentiels, qu'il s'agisse de chercheurs d'emploi ou d'employeurs, ne connaissent pas suffisamment le programme. Les organismes bénéficiaires de financement s'efforcent actuellement de diffuser de l'information sur les services et les mesures de soutien qu'ils offrent par l'entremise de leurs propres réseaux. Cependant, il y a un manque de clarté quant au rôle que pourraient jouer le Ministère et d'autres intervenants clés du programme pour communiquer de manière proactive avec les personnes en situation de handicap qui ne sont pas déjà en contact avec les organismes financés et pourraient avoir besoin de conseils pour trouver et accéder aux services et mesures de soutien dont elles ont besoin.

Considération

Considération 1: Poursuivre les efforts visant à combler les lacunes en matière de données sur le rendement tout en raffinant les indicateurs utilisés pour suivre les progrès réalisés par les participants au programme.

Selon les données de programme utilisées dans le cadre de l'évaluation (jusqu'en 2022), des lacunes continuent d'être observées en ce qui concerne les indicateurs et les données recueillies à des fins de mesure du rendement. Ces lacunes ont été relevées dans le cadre d'évaluations antérieures et comprennent la non‑disponibilité de données détaillées sur les activités de développement de compétences pour l'emploi, et le manque d'informations sur les employeurs participants, ce qui complique l'évaluation des progrès réalisés à l'égard de certains résultats du programme, dont les résultats qui concernent les employeurs. Bien que le programme ait récemment commencé à apporter des améliorations à ces éléments, notamment en ce qui a trait à la collecte de données auprès des employeurs participants, il serait utile de continuer d'explorer la possibilité d'apporter d'autres améliorations en vue d'orienter les activités d'analyse des politiques, de recherche et d'évaluation.

Réponse et plan d'action de la direction

Réponse générale de la direction

La Direction générale des compétences et de l'emploi et la Direction générale des opérations de programmes d'Emploi et Développement social Canada (EDSC) remercient la Direction de l'évaluation d'avoir réalisé cette évaluation du Fonds d'intégration pour les personnes handicapées (FIPH). Nous soulignons également la contribution des fournisseurs de services qui ont recueilli les données administratives ayant étayé cette évaluation.

Les projets financés par le FIPH fournissent un éventail de mesures de soutien visant à améliorer les résultats en matière d'emploi des personnes en situation de handicap. Ces mesures comprennent de la formation professionnelle et préalable à l'emploi, des placements professionnels, de l'aide au travail autonome et des services généraux. Le programme finance également des initiatives qui aident les employeurs à embaucher des personnes en situation de handicap et à les maintenir en poste, à améliorer l'accessibilité en milieu de travail et à adopter des pratiques inclusives. Grâce à ces efforts, le FIPH favorise l'inclusion des personnes en situation de handicap sur le marché du travail.

Le programme a eu une incidence positive et durable sur la participation au marché du travail et les résultats en matière d'emploi des participants. L'évaluation cerne également des points à améliorer afin de renforcer encore davantage ces résultats.

EDSC s'affaire déjà à donner suite à certaines des constatations contenues dans le présent rapport d'évaluation. Par exemple, en 2022, le programme a lancé un appel de propositions afin de réduire les obstacles auxquels se heurtent les nouveaux organismes et de financer un éventail plus inclusif de projets. Grâce à des activités de sensibilisation du Ministère menées auprès d'organismes à but non lucratif régionaux et nationaux, le FIPH a soutenu plus de 114 projets partout au pays. Ces projets comprennent des initiatives ciblées pour les Canadiens ayant un trouble d'apprentissage et les personnes noires en situation de handicap. Les efforts visant à garantir que les programmes répondent aux besoins de toutes les personnes en situation de handicap, y compris celles reconnues pour avoir eu un accès limité aux services dans le passé, se poursuivront dans les années à venir.

De plus, en 2023, le programme a élaboré et mis en œuvre un nouvel outil de production de rapports. Cet outil recueille des informations plus détaillées sur les caractéristiques démographiques des clients servis, ainsi que des données sur le rendement des activités axées sur les employeurs. Il aidera à améliorer l'évaluation future de la participation au marché du travail et des résultats en matière d'emploi des participants.

En juillet 2024, la Stratégie d'emploi pour les Canadiens en situation de handicap, mise en œuvre par l'entremise du FIPH, a été lancée pour combler l'écart en matière d'emploi entre les personnes en situation de handicap et celles ne vivant pas avec un handicap d'ici 2040. La Stratégie d'emploi décrit les initiatives menées à l'échelle d'EDSC et du gouvernement du Canada, ainsi que les efforts continus visant à intégrer le point de vue des personnes en situation de handicap dans la conception et la mise en œuvre des programmes, dont l'objectif est d'éliminer les obstacles persistants qui limitent la participation au marché du travail et l'avancement professionnel de ces personnes.

Recommandation 1

Continuer à explorer des stratégies visant à offrir davantage de soutien aux participants faisant face à des obstacles complexes ou ayant besoin de mesures de soutien plus intensives ou à plus long terme pour se joindre au marché du travail et y demeurer.

Réponse de la direction : EDSC accepte cette recommandation. Dans le cadre de l'engagement de la Direction générale des compétences et de l'emploi à servir les personnes en situation de handicap, y compris celles faisant partie de groupes sous‑représentés, le programme continuera d'explorer des stratégies visant à éliminer les divers obstacles qui continuent d'empêcher certains participants d'accéder aux mesures de soutien du programme, d'entrer sur le marché du travail, ou de conserver un emploi à moyen et à long terme. La Direction générale des compétences et de l'emploi continuera à collaborer avec les organismes œuvrant pour les personnes en situation de handicap afin de cerner les besoins et les pratiques exemplaires et d'aider ainsi les personnes qui font face à des obstacles complexes ou multiples à l'emploi (par exemple, les collectivités rurales, ou les communautés racisées ou de diverses identités de genre). Ces travaux seront effectués en collaboration avec la Direction générale des opérations de programmes, avec la contribution des fournisseurs de services afin de garantir une mise en œuvre efficace dans le cadre du prochain appel de propositions.

Tableau 1 : Plan d'action de la direction pour la recommandation 1
Plan d'action de la direction Date d'achèvement prévue État de la mesure de suiviFootnote 2 Responsable(s)
Continuer de consulter les organismes œuvrant pour les personnes en situation de handicap et les autres principaux intervenants au sujet des obstacles complexes auxquels se heurtent diverses collectivités à l'échelle du Canada. Décembre 2026 Pas encore commencée Directrice générale, Direction des politiques de développement de la main‑d'œuvre et des compétences, Direction générale des compétences et de l'emploi, en collaboration avec la Direction générale des opérations de programmes
Présenter de nouveaux projets pilotes visant à soutenir les personnes qui ont besoin d'une aide intensive ou à plus long terme. Avril 2028 Pas encore commencée Directrice générale, Direction des politiques de développement de la main‑d'œuvre et des compétences, Direction générale des compétences et de l'emploi, en collaboration avec la Direction générale des opérations de programmes

Recommandation 2

Collaborer avec les partenaires et les intervenants du programme (par exemple, les bénéficiaires de financement) afin de mieux faire connaître le programme et d'en améliorer l'accès, en clarifiant les rôles et les responsabilités pour ce qui est de mieux promouvoir les services financés auprès des chercheurs d'emploi et des employeurs, ainsi qu'en simplifiant le processus de demande de financement.

Réponse de la direction : Le Ministère a déjà mis en place de solides activités de sensibilisation du public et de promotion du FIPH à l'intention des chercheurs d'emploi et des employeurs, particulièrement dans le cadre de la campagne de publicité « Milieux de travail inclusifs » (de 2019 à 2025). Cette campagne a été diffusée en ligne et à la radio et encourageait l'embauche de personnes en situation de handicap par les petites et moyennes entreprises. Depuis 2019, la campagne en ligne a généré 225 millions d'impressions, 998 000 clics et 740 000 visites sur la page de la campagne. Au cours de l'exercice 2024 à 2025, la page de la campagne « Milieux de travail inclusifs » a enregistré environ 500 visites par semaine lorsqu'aucune campagne publicitaire n'était en cours, par rapport à environ 14 000 visites par semaine pendant la campagne (soit une augmentation de 2 600 %). En outre, EDSC fait la promotion publique de tous les appels de propositions et de toutes les annonces de financement du FIPH, et collabore avec les partenaires de la prestation de services à l'élaboration de leurs annonces de projets et à la production d'exemples de réussite d'employeurs ou d'employés qui sont publiés en ligne.

EDSC renforcera la collaboration du programme avec les principaux acteurs, y compris les régions et les partenaires de la prestation de services. Les efforts déployés seront axés sur la clarification des rôles et la simplification des processus afin d'améliorer l'accès aux services. Ces mesures permettront de garantir que le FIPH continuera à répondre aux besoins des Canadiens en situation de handicap. En plus de rendre la formation plus accessible aux employeurs, le programme conserve son rôle de rassembleur grâce à des initiatives comme les tables rondes nationales et la mobilisation continue d'organismes œuvrant pour les personnes en situation de handicap, ce qui favorise l'échange de pratiques exemplaires et la collaboration, et permet de renforcer les approches personnalisées. Par exemple, dans le cadre d'une table ronde financée par le FIPH en 2025, des organismes du FIPH, des experts et d'autres intervenants ont échangé des leçons apprises de l'utilisation de l'intelligence artificielle dans le contexte de l'emploi des personnes en situation de handicap.

Tableau 2 : Plan d'action de la direction pour la recommandation 2
Plan d'action de la direction Date d'achèvement prévue État de la mesure de suivi Responsable(s)
Collaborer avec la Direction générale des opérations de programmes pour simplifier le processus de demande de financement et réduire le fardeau administratif (par exemple, en mettant à jour les directives opérationnelles). Avril 2027 En cours Direction générale des opérations de programmes, en collaboration avec la directrice générale de la Direction des politiques de développement de la main‑d'œuvre et des compétences, Direction générale des compétences et de l'emploi
Travailler avec des partenaires (par exemple, le Guichet‑Emplois) pour mieux faire connaître le programme et les autres mesures de soutien pertinentes. Janvier 2027 Pas encore commencée Directrice générale, Direction des politiques de développement de la main‑d'œuvre et des compétences, Direction générale des compétences et de l'emploi, en collaboration avec la Direction générale des opérations de programmes
Améliorer le site Web du FIPH pour mieux promouvoir le programme et guider clairement les utilisateurs vers les ressources et les services offerts. Janvier 2027 En cours Direction des politiques de développement de la main‑d'œuvre et des compétences, Direction générale des compétences et de l'emploi, en collaboration avec la Direction générale des opérations de programmes

Contexte

Contexte du programme

Le Fonds d'intégration pour les personnes handicapées (ci‑après appelé « le programme » ou le FIPH) a été instauré en 1997 en réponse à un rapport du Groupe de travail fédéral concernant les personnes handicapées, lequel recommandait de créer un fonds d'aide à l'emploi pour combler une lacune dans les programmes relatifs au marché du travail destinés aux personnes en situation de handicap, dans le but d'accroître leur participation à la population active.

Le programme a été annoncé pour la première fois dans le budget de 1997. Il s'agissait d'une initiative de 3 ans dont l'objectif était de promouvoir l'élaboration de stratégies visant à réduire les obstacles à la participation au marché du travail des Canadiens en situation de handicap qui dépendaient de l'aide sociale, mais qui auraient préféré travailler et être autonomes sur le plan financier. Le programme a été conçu pour les personnes qui ne font pas partie de la population active, mais qui pourraient travailler à temps partiel ou à temps plein si elles recevaient une aide pour se préparer au marché du travail, trouver un emploi et le conserverFootnote 3.

Le programme est devenu permanent en 2000 et a subi plusieurs changements, y compris les changements récents découlant des annonces faites dans le budget de 2022 pour appuyer le Plan d'action pour l'inclusion des personnes en situation de handicap du Canada et la Stratégie d'emploi pour les Canadiens en situation de handicap.

Plan d'action pour l'inclusion des personnes en situation de handicap du Canada et Stratégie d'emploi pour les Canadiens en situation de handicap

En 2022, le Canada a lancé le Plan d'action pour l'inclusion des personnes en situation de handicap dans le but d'inclure les personnes en situation de handicap dans tous les aspects de la vie au Canada. Le Plan vise également à contribuer à la réalisation d'un Canada sans obstacle d'ici 2040 et s'articule autour de quatre piliers :

  • Sécurité financière;
  • Emploi;
  • Communautés accessibles et inclusives;
  • Une approche moderne à l'égard des personnes en situation de handicap.

Pour soutenir la mise en œuvre du Plan d'action, le gouvernement a proposé, dans le budget de 2022, de fournir un financement de 272,6 millions de dollars par l'entremise du FIPH sur une période de 5 ans.

En 2024, le gouvernement a lancé la Stratégie d'emploi pour les Canadiens en situation de handicap. Cette stratégie fournit un cadre pour orienter les mesures prises dans le cadre du deuxième pilier (Emploi) du Plan d'action pour l'inclusion des personnes en situation de handicap du Canada. Voici les principaux objectifs :

  • Objectif 1 – Aider les personnes à trouver et à conserver de bons emplois, à s'épanouir dans leur carrière ou à démarrer leur propre entreprise.
  • Objectif 2 – Aider les employeurs à diversifier leur main‑d'œuvre en créant des milieux de travail inclusifs et accessibles pour les employés en situation de handicap.
  • Objectif 3 – Accroître l'offre et renforcer la capacité des personnes et des organismes qui s'efforcent d'appuyer l'inclusion et l'accessibilité en matière d'emploi pour les personnes en situation de handicap, ainsi que la portée de leurs interventions, y compris en veillant à des transitions harmonieuses et au maintien en poste à long terme.

Description du programme

Administration et mise en œuvre du programme

Le programme finance des projets mis en œuvre par des organismes tiers de l'ensemble du Canada, connus sous le nom de coordonnateurs communautaires, de bénéficiaires de financement ou de fournisseurs de services.

Ces organismes fournissent une multitude de services et de mesures de soutien en matière d'emploi aux chercheurs d'emploi en situation de handicap ou aux employeurs, comme de l'aide à la recherche d'emploi, de la formation favorisant le développement de compétences, du financement pour la mise en place de mesures d'adaptation en milieu de travail, et des subventions salariales.

Le programme soutient également des organismes tiers qui organisent des activités de sensibilisation auprès d'employeurs dans le cadre de projets autonomes ou conjointement avec d'autres activités du programme.

Critères d'admissibilité

Pour être admissibles au programme, les chercheurs d'emploi doivent s'identifier comme des personnes ayant un handicap physique ou mental permanent qui restreint leur capacité à effectuer des activités quotidiennes. Les personnes ne sont pas tenues de fournir un certificat médical pour confirmer leur admissibilité.

Avant la pandémie de COVID‑19, les participants étaient également tenus de ne pas être admissibles aux prestations d'emploi et aux mesures de soutien financées en vertu de la partie II de la Loi sur l'assurance‑emploi, notamment celles fournies par les provinces et les territoires dans le cadre des ententes sur le développement du marché du travail.

Au cours de la pandémie, des mesures de souplesse ont été instaurées, notamment la suspension de cette exigence. Depuis, cette mesure de souplesse a été maintenue et est devenue permanente en 2022.

Services et mesures de soutien du programme

De 2018 à 2022, le programme a mené des activités dans le cadre de deux volets principaux :

  • Compétences et emploi, qui comprend les catégories d'activités suivantes :
    • Expérience de travail (subventionnée ou non subventionnée);
    • Développement de compétences pour l'emploi;
    • Aide au travail autonome;
    • Services améliorés d'aide à l'emploi;
    • Soutien accru aux employeurs.
  • Travailler avec les employeurs, qui comprend les catégories d'activités suivantes :
    • Sensibilisation auprès des employeurs;
    • Soutien accru aux employeurs;
    • Services de jumelage.

Depuis 2023, les activités du programme sont menées dans le cadre des trois volets suivants :

  • Volet 1 – volet axé sur les participants, qui comprend les mêmes activités que celles menées dans le cadre de l'ancien volet Compétences et emploi. Dans le cadre de ce nouveau cycle de financement :
    • les activités de développement de compétences pour l'emploi peuvent durer jusqu'à 18 mois si elles visent à aider les personnes qui font face à des obstacles complexes ou importants, au lieu d'un maximum de six mois pour tous les participants comme c'était le cas lors du dernier cycle de financement;
    • ces activités peuvent également être utilisées pour aider les participants à améliorer leur employabilité et leur lien avec le marché du travail grâce au développement de compétences sociales et émotionnelles ou à d'autres mesures de soutien préalable à l'emploi.
  • Volet 2 – volet Employeur, qui comprend les mêmes activités que celles menées dans le cadre de l'ancien volet Travailler avec les employeurs, à l'exception des services de jumelage, qui ne sont plus financés dans le cadre du programme.
  • Volet 3 – volet Avancement professionnel, qui comprend les catégories d'activités suivantes :
    • Expérience de travail menant à l'avancement professionnel;
    • Développement de compétences pour l'avancement;
    • Mesures de soutien aux employeurs nécessaires à l'avancement professionnel.

De plus, tous les projets financés, à l'exception des projets autonomes de sensibilisation des employeurs, doivent avoir une composante relative à l'expérience de travail. Ainsi, les activités de développement de compétences pour l'emploi et les services améliorés d'aide à l'emploi doivent être offerts uniquement lorsqu'ils sont combinés à des activités d'expérience de travail ou d'aide au travail autonome.

L'évaluation s'est concentrée sur les activités et les résultats antérieurs à la restructuration du programme. Les projets financés dans le cadre de ces nouveaux volets à la suite d'appels de propositions dépassaient la portée de l'évaluation.

L'annexe B contient des descriptions détaillées des activités du programme pour chaque catégorie et volet.

Résultats attendus du programme

Selon le modèle logiqueFootnote 4 du programme (annexe C), les activités axées sur les participants réalisées dans le cadre du volet 1 visent à aider les personnes en situation de handicap à :

  • améliorer leur employabilité (résultat immédiat);
  • trouver et conserver un emploi ou retourner aux études (résultat intermédiaire);
  • intégrer le marché du travail (résultat final).

Les principales constatations relatives à ces résultats attendus sont présentées dans la section 2 – Soutenir les chercheurs d'emploi en situation de handicap.

Parallèlement, les activités menées dans le cadre du volet Employeur visent à atteindre les résultats suivants :

  • les employeurs participants sont davantage en mesure d'embaucher des personnes en situation de handicap et de les soutenir dans leur milieu de travail (résultat immédiat);
  • les employeurs participants embauchent des personnes en situation de handicap et les maintiennent en poste (résultat intermédiaire);
  • les employeurs participants ont mis en place des pratiques d'embauche et d'emploi inclusives (résultat final).

Les principales constatations relatives à ces résultats attendus sont présentées dans la section 3 – Soutenir les employeurs.

Une liste complète de questions d'évaluation figure à l'annexe D. Les quatre sources de données développées pour répondre à ces questions (examens des documents et revue de la littérature, groupes de discussion, entrevues avec des informateurs clés et analyse quantitative réalisée à l'aide de données administratives liées), ainsi que les principales limites et considérations méthodologiques, sont présentées à l'annexe E.

Portée et dépenses du programme

Le tableau 3 ci‑dessous présente les dépenses annuelles du programme et le nombre de participants au programme (personnes en situation de handicap) servis de l'exercice 2017 à 2018 à l'exercice 2024 à 2025.

Tableau 3 : Dépenses totales du programme et nombre total de personnes en situation de handicap (chercheurs d'emploi) servies
Exercice financier Dépenses du programme Participants servis (chercheurs d'emploi)
2017 à 2018 43 749 107 $ 5 464
2018 à 2019 35 209 916 $ 4 452
2019 à 2020 40 570 864 $ 4 242
2020 à 2021 40 413 273 $1 3 735
2021 à 2022 69 800 844 $ 4 375
2022 à 2023 47 008 815 $ 4 047
2023 à 2024 86 520 375 $ S.O.2
2024 à 2025 88 343 119 $ 3 8243
  • Sources : Direction générale de la dirigeante principale des finances et tableaux de données sur les participants produits par les Services d'informations opérationnelles de Service Canada (anciennement les services de responsabilisation des programmes).

Remarques:

  1. Au cours de l'exercice 2020 à 2021, 12 543 311 dollars supplémentaires ont été dépensés dans le cadre du volet national pour l'accessibilité en milieu de travail, une mesure temporaire liée à la pandémie de COVID‑19. Cette initiative prise en vertu de la Loi sur les paiements relatifs aux événements de santé publique d'intérêt national a permis de servir 2 033 chercheurs d'emploi ou travailleurs en situation de handicap supplémentaires, ainsi que 5 495 employeurs.
  2. Les données sur le nombre de participants servis n'étaient pas encore disponibles pour l'exercice 2023 à 2024.
  3. Pour l'exercice 2024 à 2025, le nombre de participants servis n'incluait que les participants du volet 1.

De l'exercice 2018 à 2019 à l'exercice 2021 à 2022, soit la période visée par l'évaluation sommative actuelle, le programme a servi en moyenne 4 201 participants par année.

Selon le Rapport sur les résultats ministériels d'EDSC, le nombre relativement plus faible de participants servis dans le cadre du programme au cours de l'exercice 2020 à 2021 s'explique par un certain nombre de facteurs liés à la pandémie de COVID‑19, notamment l'interruption des services, la réduction généralisée de l'emploi, le retrait des offres de placement professionnel, et la fermeture des établissements d'enseignementFootnote 5 .

Principales constatations

1. Conception, mise en œuvre et portée du programme

Principale constatation 1.1

La conception du programme offre une certaine latitude aux organismes financés de sorte à leur permettre de fournir des mesures de soutien personnalisées et axées sur le handicap aux chercheurs d'emploi et à leurs employeurs. Le programme soutient également les objectifs de la Stratégie d'emploi pour les Canadiens en situation de handicap et du Plan d'action pour l'inclusion des personnes en situation de handicap du Canada.

Flexibilité dans la conception du programme

Le programme offre une certaine latitude aux bénéficiaires de financement de sorte à leur permettre de fournir une gamme de mesures de soutien et de services adaptés aux besoins des personnes en situation de handicap et aux employeurs. Ainsi, ces organismes peuvent aider les personnes en situation de handicap à progresser dans leur intégration au marché du travail et les employeurs à embaucher et à maintenir en poste des personnes en situation de handicap. En outre, des mesures de soutien peuvent être offertes à différents stades du parcours professionnel des personnes. Ces mesures de soutien ont notamment pour but d'améliorer l'employabilité et le niveau de préparation à l'emploi des personnes, d'aider ces dernières à trouver et à obtenir un emploi, ou encore de les aider à entrer sur le marché du travail et y demeurer.

  • Certaines personnes interviewées (12 sur 41 personnes interviewéesFootnote 6 , dont 4 représentants du programme et 8 chercheurs d'emploi) ont souligné que la conception flexible du programme favorise la préparation à l'emploi grâce à une formation personnalisée et à des services de soutien adaptés aux besoins particuliers des personnes en situation de handicap, portant à la fois sur les compétences générales et techniques. Des exemples de ces services de soutien adaptés incluent de la formation en littératie numérique, de l'aide à la gestion de la santé mentale, des certifications propres à certaines industries, ainsi que de l'observation à un poste de travail.
  • Quelques personnes interviewées (9 sur 41 personnes interviewées, dont 6 organismes financés et 3 employeurs participants) ont expliqué que le programme soutient l'intégration au marché du travail en facilitant les placements en emploi, en offrant de la formation en milieu de travail, et en préparant les employeurs à prendre des mesures d'adaptation pour soutenir les travailleurs en situation de handicap.

[Traduction]

« Les projets ont généralement des prospecteurs d'emploi et des formateurs en milieu de travail. Après les ateliers, les participants postulent à des emplois ou sont jumelés à des employeurs qui leur offrent des rôles précis. Le formateur en milieu de travail soutient à la fois le participant et l'employeur en résolvant les problèmes qui peuvent survenir des deux côtés. Le développement de compétences ne s'arrête pas à la fin de l'atelier, mais se poursuit pendant l'expérience de travail.

Personnel régional de Service Canada, personne interviewée no 2
  • Quelques personnes interviewées (3 sur 41 personnes interviewées, dont 2 organismes financés et 1 partenaire de projet) ont indiqué que le programme soutient la participation au marché du travail grâce à des services de suivi, à des mesures d'adaptation, et à de la formation continue.

En outre, quelques personnes interviewées (4) représentant des organismes financés ont précisé que le programme s'adapte aux conditions du marché du travail local en ciblant des employeurs provenant de secteurs et de zones géographiques spécifiques.

[Traduction]

« Nous prêtons une grande attention à l'endroit où nous plaçons les personnes. Nous tenons compte de leur lieu de résidence, de la situation du marché du travail et des employeurs qui embauchent. »

Organismes financés par le FIPH, personne interviewée no 10‑B

Concordance avec le Plan d'action pour l'inclusion des personnes en situation de handicap du Canada et la Stratégie d'emploi pour les Canadiens en situation de handicap

Le financement supplémentaire d'environ 270 millions de dollars accordé au programme pour 5 ans à compter de l'exercice 2022 à 2023 représente un engagement direct visant à aider les personnes en situation de handicap à obtenir et à conserver un emploi valorisant, conformément aux objectifs du Plan d'action pour l'inclusion des personnes en situation de handicap du CanadaFootnote 7, et de la Stratégie d'emploi pour les Canadiens en situation de handicap.

  • Le programme vise à accroître la participation économique et sociale des personnes en situation de handicap en éliminant les obstacles systémiques, comme l'inaccessibilité des milieux de travail, la discrimination et les possibilités de formation limitées, et ce, par l'entremise de mesures de soutien ciblées, ce qui contribue à faire progresser le Plan d'action pour l'inclusion des personnes en situation de handicap du CanadaFootnote 8.
  • Certaines personnes interviewées (4) représentants des organismes financés ont souligné que le programme concorde avec le pilier Emploi du Plan d'action pour l'inclusion des personnes en situation de handicap du Canada, car il comprend des activités de sensibilisation, de formation sur l'embauche inclusive et de réduction de la stigmatisation à l'intention des employeurs. Ces activités visent à aider les employeurs à comprendre comment ils peuvent fournir des mesures d'adaptation et du soutien en milieu de travail aux personnes en situation de handicap.

[Traduction]

« Notre objectif est de joindre 600 employeurs et de les réunir pour les former sur l'embauche inclusive. Nous collaborons et travaillons très étroitement avec eux pour les former sur différents sujets, et nous avons un système de gestion de l'apprentissage en ligne. »

Organismes financés par le FIPH, personne interviewée no 8
  • Quelques représentants d'organismes financés interviewés (2) ont également souligné la façon dont le programme soutient les principes d'équité sur lesquels la stratégie d'emploi met l'accent, en investissant dans des services d'emploi communautaires et dirigés par des Autochtones. Ces efforts privilégient la prestation de services adaptés sur le plan culturel et l'établissement de relations de long terme.
  • Quelques personnes interviewées (2) ont indiqué que le programme considère de plus en plus le travail autonome comme étant une option viable et valorisante pour les personnes en situation de handicap, conformément au Plan d'action pour l'inclusion des personnes en situation de handicap du Canada, qui met l'accent sur la flexibilité et la participation économique et sociale.
  • Certains responsables de programme des bureaux nationaux et régionaux interviewés (4) ont indiqué que le programme encourage la collaboration entre le gouvernement et les organismes communautaires, ce qui soutient également le Plan d'action pour l'inclusion des personnes en situation de handicap du Canada, en faisant en sorte que les activités du programme répondent aux besoins et aux aspirations des personnes en situation de handicap.

Principale constatation 1.2

La complexité du processus de demande de financement du programme crée des obstacles potentiels à la participation au programme pour certains organismes, en particulier les organismes ruraux ou plus petits dont les capacités administratives sont limitées, et restreint ainsi la portée ou la diversité du programme.

Plus de la moitié des représentants d'organismes financés interviewés (10 sur 17) ont estimé que le processus de demande avait été une expérience positive, et quelques‑uns (2) ont expressément noté que les responsables du programme leur avaient été utiles dans le cadre du processus, selon leur expérience.

Cependant, certains informateurs clés, y compris des représentants d'organismes financés et des responsables du programme, ont identifié divers aspects du processus de demande qui constituent des obstacles potentiels pouvant empêcher certains organismes de présenter une demande ou d'obtenir du financement, en particulier les organismes de plus petite taille ou ceux situés en milieu rural ou éloigné.

  • Certains représentants d'organismes financés (7 sur 17) ont parlé de la complexité du processus de demande de financement et de la façon dont ces problèmes pourraient nuire à l'accessibilité du programme pour certains organismes. Quelques‑uns d'entre eux (3 sur 7) ont expressément mentionné que la complexité du processus pouvait décourager certains organismes de présenter une demande. Les principaux problèmes évoqués sont la longueur du processus et le temps nécessaire pour remplir une demande, les documents justificatifs requis, et certains termes et nuances difficiles à comprendre.
  • La moitié des responsables du programme interviewés (5 sur 10, incluant des responsables nationaux et régionaux) ont également souligné que le processus de demande actuel est complexe et peut décourager la participation, en particulier celle des organismes de petite taille ou moins expérimentés. L'une de ces personnes a ajouté que les organismes ruraux ou éloignés sont plus difficiles à joindre et soumettent plus souvent des demandes qui sont rejetées en raison d'informations manquantes.
  • Quelques‑unes de ces personnes interviewées (2 responsables de programme d'EDSC) ont également indiqué que le volume d'informations requises, la longueur des formulaires et les retards administratifs peuvent décourager certains organismes de présenter une demande dans le cadre du programme.

Ces constatations sont appuyées par un projet de recherche interne qui visait à analyser des informations recueillies relativement à l'expérience d'organismes non financés ayant présenté une demande dans le cadre du programme. Cette recherche a révélé que le processus de demande du programme est complexe et que les critères d'admissibilité ne correspondent pas aux structures, aux mandats ou aux pratiques des organisations. Le rapport indique également qu'il est nécessaire de revoir et de modifier les critères d'admissibilité des demandes et de réévaluer les exigences en matière de documents justificatifsFootnote 9.

Ces résultats suggèrent que la simplification du processus de demande pourrait potentiellement rendre le financement dans le cadre du programme plus accessible aux petits organismes ayant moins de capacités organisationnelles. De plus, le fait de simplifier les exigences relatives aux demandes permettrait de soutenir les objectifs de la Stratégie d'emploi pour les Canadiens en situation de handicap qui consistent à aider les « facilitateurs » (soit « les personnes et les organismes qui cherchent à améliorer l'inclusion des individus en situation de handicap en milieux de travailFootnote 10 »). Cela ferait également progresser l'objectif de la stratégie d'emploi qui vise à accroître l'offre et à renforcer la capacité des personnes et des organismes qui s'efforcent d'appuyer l'inclusion et l'accessibilité en matière d'emploi des personnes en situation de handicap, ainsi que la portée de leurs interventionsFootnote 11.

Lacunes dans la promotion du programme

Principale constatation 1.3

La promotion du programme auprès des fournisseurs de services et des participants potentiels est limitée. Les intervenants et les participants s'entendent pour dire que des activités de sensibilisation et de promotion plus efficaces pourraient améliorer la mobilisation et l'accès des organismes tiers, des chercheurs d'emploi et des employeurs.

La promotion du programme se fait au moyen de divers moyens formels et informels.

Figure 1 : Moyen par lequel les chercheurs d'emploi, les organismes financés et les partenaires de projet ont entendu parler du programme
Figure 1 : Moyen par lequel les chercheurs d'emploi, les organismes financés et les partenaires de projet ont entendu parler du programme
  • Sources : Entrevues avec les informateurs clés et groupes de discussion.
Figure 1 : Description textuelle
Moyen, source ou réponse Organismes financés et partenaires de projet (nombre de répondants) Chercheurs d'emploi (nombre de répondants)
Organismes communautaires et agences 11 28
N'a jamais entendu parler du FIPH auparavant 5 22
Moteurs de recherche et médias sociaux 2 15
Professionnels de la santé 0 13
Bouche-à-oreille et contacts au sein de la communauté 9 5
Séances d'information structurées 2 5

Les chercheurs d'emploi, les organismes financés et les partenaires de projet ont le plus souvent entendu parler du programme pour la première fois par l'entremise d'organismes communautaires et d'agences. Certains organismes financés et partenaires ont découvert le programme au moyen de moteurs de recherche et de médias sociaux, ou lors de séances d'information structurées. Pour les chercheurs d'emploi, le bouche‑à‑oreille et les contacts au sein de la communauté, ainsi que les professionnels de la santé, sont d'autres sources d'information courantes.

Bien que certains organismes œuvrant auprès des personnes en situation de handicap, y compris des organismes financés, prennent l'initiative de promouvoir le programme par l'entremise d'événements communautaires et du bouche‑à‑oreille, ces efforts ne sont pas constants, standardisés ou suffisamment soutenus parmi les organismes.

  • La grande majorité des chercheurs d'emploi ayant participé aux groupes de discussion et qui ont discuté de la question de la sensibilisation au programme (46 sur 55) ont convenu qu'il est nécessaire de mener davantage d'activités de sensibilisation et de promotion du programme, et de fournir aux chercheurs d'emploi en situation de handicap de plus amples renseignements sur les différentes mesures de soutien disponibles, et ce, au moyen de divers canaux de communication et outils.
    • La plupart de ces participants à des groupes de discussion (42 sur 46) ont expliqué que de nombreux chercheurs d'emploi en situation de handicap ne connaissent pas le programme, ce qui peut constituer un obstacle à l'accès.
    • Environ la moitié d'entre eux (24 sur 46) ont ajouté que les informations sur le programme sont difficiles à trouver ou ne sont pas assez visibles, et que, pour en apprendre davantage sur le programme, il faut généralement être en relation avec des ressources ou des organismes précis, ou connaître d'autres personnes qui ont déjà participé au programme.
  • Quelques personnes interviewées provenant d'organismes financés (3) ont indiqué que, bien que certains fournisseurs de services connaissent le programme, la promotion de ce dernier n'est pas constante et dépend souvent des relations avec d'autres ressources et des recommandations d'organismes.
  • Certaines personnes interviewées (3), y compris des responsables de programme des bureaux nationaux et régionaux, ont souligné la nécessité de mener des activités de sensibilisation plus proactives et ciblées auprès des organismes situés dans des collectivités rurales, éloignées et ayant un accès limité aux services, qui ne connaissent souvent pas le programme et ne disposent peut‑être pas de l'infrastructure nécessaire pour saisir les occasions de financement fédéral. Quelques‑unes d'entre elles (2) ont ajouté que la connaissance générale du programme reste faible, en particulier parmi les nouveaux fournisseurs de services ou ceux de plus petite taille.
  • Les entrevues ont également révélé que la faible sensibilisation à ce type de programme en limite l'efficacité et que le programme aurait avantage à bénéficier d'une meilleure visibilité et d'une meilleure communication.

Sensibilisation limitée parmi les employeurs

Dans le cadre des groupes de discussion avec des employeurs, ces derniers ont indiqué que, pour en apprendre davantage sur le programme, ils doivent effectuer des recherches eux‑mêmes ou communiquer avec des personnes ou des organismes communautaires qui connaissent le programme.

Les employeurs (6) qui ont expliqué comment ils avaient appris l'existence du programme ont mentionné une ou plusieurs des sources suivantes :

  • un bulletin d'information ou un courriel reçu par l'entremise de la liste de distribution d'un organisme financé dans le cadre du programme (3 employeurs);
  • des recherches proactives effectuées par eux‑mêmes (3 employeurs);
  • des interactions avec un conseiller en emploi (1 employeur);
  • un salon de l'emploi où ils ont a été mis en relation avec un fournisseur de services (1 employeur).

Parmi ceux qui ont discuté davantage du sujet :

  • un employeur a indiqué que s’il souhaitait embaucher à nouveau dans le cadre du programme, il devrait effectuer des recherches pour trouver un organisme qui offre des services liés au programme;
  • quelques-uns (2 employeurs) ont souligné que le programme est méconnu et qu’il serait utile de diffuser davantage d’information à son sujet.

Quelques chercheurs d'emploi ayant participé aux groupes de discussion (6) et une personne interviewée (partenaire de projet) ont également parlé d'enjeux liés à la promotion du programme auprès des employeurs. Ils ont indiqué que certains employeurs pourraient ne pas avoir recours au programme parce qu'ils ne le connaissent pas et qu'ils n'ont pas le temps d'effectuer des recherches à son sujet.

[Traduction]

« D'après mon expérience, il s'agit simplement d'un manque de sensibilisation. Voilà pourquoi ils sont réticents. Au lieu de rechercher des candidats, lorsque plusieurs personnes ont postulé, ils ignorent souvent les personnes en situation de handicap parce qu'ils ne veulent pas prendre le temps d'effectuer des recherches. D'après mon expérience, si les employeurs connaissaient mieux le programme, les choses pourraient être différentes. »

Participant aux groupes de discussion no 14‑8

Renforcement de la mobilisation des employeurs

Quelques employeurs ayant participé aux groupes de discussion et quelques personnes interviewées représentant des organismes financés ont identifié des mesures qui pourraient contribuer à améliorer l'efficacité des efforts de mobilisation des employeurs qui sont déployés dans le cadre du programme.

  • Établir des relations et un climat de confiance à long terme grâce à une mobilisation soutenue dans le but de mieux comprendre les besoins des employeurs et d'adapter les services en conséquence (6 personnes interviewées).

[Traduction]

« Nous nous concentrons d'abord sur l'établissement de relations... Ce n'est que lorsque nous pensons qu'il y a une compatibilité avec notre client que nous commençons à promouvoir les programmes. »

Organismes financés par le FIPH, personne interviewée no 1
  • Veiller à ce que des communications proactives et cohérentes, ainsi que des conversations éclairées, aient lieu avec les employeurs (3 personnes interviewées).
  • Mener des activités de sensibilisation plus directes ou en personne auprès des employeurs (par exemple, par l'entremise d'associations ou de réseaux d'employeurs, ou dans le cadre de salons de l'emploi et d'événements communautaires, ce qui contribue à normaliser l'embauche de personnes en situation de handicap tout en augmentant la visibilité du programme, et ce, dans un contexte sans pression) (1 participant aux groupes de discussion et 2 personnes interviewées).

Groupes moins susceptibles d'accéder au programme

Principale constatation 1.4

Certains groupes précis de chercheurs d'emploi en situation de handicap, notamment les nouveaux arrivants, les personnes ayant un handicap invisible ou cognitif comme le trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité et l'autisme, les personnes à mobilité réduite, et les résidents des collectivités rurales, peuvent faire face à des obstacles additionnels quant à l'accès aux services et aux mesures de soutien du programme.

La majorité des chercheurs d'emploi ayant participé aux groupes de discussion (29 sur 49) ont déclaré qu'après avoir communiqué avec le bon organisme ou fournisseur de services, ils ont trouvé qu'il était facile d'accéder aux mesures de soutien dont ils avaient besoin dans le cadre du programme, ou n'ont pas rencontré de problèmes à cet égard. Certains de ces chercheurs d'emploi (11 sur 29) ont souligné qu'ils avaient eu des interactions positives avec les responsables de programme, en évoquant leur soutien, la rapidité de leurs réponses et leur capacité à s'adapter aux besoins de chaque personne.

[Traduction]

« Je n'avais jamais entendu parler de ce programme auparavant, mais ma rencontre avec eux à ce salon de l'emploi a été un vrai coup de chance. Une fois que j'ai su que ces personnes étaient là, elles m'ont ouvert beaucoup de portes. »

Participant aux groupes de discussion numéros 2‑4

En même temps, selon des participants aux entrevues et aux groupes de discussion, certains groupes précis de chercheurs d'emploi seraient moins susceptibles d'accéder au programme, car ils peuvent rencontrer divers obstacles liés à la sensibilisation ou à l'accès.

Nouveaux arrivants en situation de handicap

  • Quelques chercheurs d'emploi (6) ayant participé aux groupes de discussion ont déclaré que les nouveaux arrivants en situation de handicap peuvent avoir de la difficulté à accéder au programme, car ils sont moins susceptibles de connaître les programmes gouvernementaux offerts au Canada ou peuvent faire face à des obstacles linguistiquesFootnote 12.
  • De plus, quelques personnes interviewées (5) incluant des représentants d'organismes financés et des responsables du programme ont fait part d'une perception à l'effet que certains immigrants sont moins susceptibles d'accéder au programme à cause de la stigmatisation culturelle et de leur réticence à s'identifier comme des personnes en situation de handicap. Par exemple, un représentant d'un organisme financé a indiqué ce qui suit :

[Traduction]

« Les immigrants, en particulier ceux provenant de l'Afrique, sont beaucoup plus difficiles à joindre. Les problèmes de santé mentale sont un sujet tabou dans ces communautés. [...] Il est donc difficile de joindre cette clientèle, car elle ne veut même pas en parler. Ces choses ne peuvent être révélées que volontairement, donc, si la personne ne le divulgue pas d'elle-même, nous ne pouvons évidemment pas l'aider. »

Organismes financés par le FIPH, personne interviewée no 6

Personnes ayant un handicap physique

  • Certaines personnes interviewées (5 sur 18), dont des représentants d'organismes financés et des chercheurs d'emploi, ont noté que les personnes ayant un handicap physique sont moins susceptibles d'accéder au programme en raison d'obstacles supplémentaires, comme le manque d'accès aux transports ou leur capacité limitée à utiliser Internet.
  • Quelques chercheurs d'emploi (5) ayant participé aux groupes de discussion ont aussi fait remarquer que les personnes qui ne peuvent pas conduire ou qui ont d'autres limites en matière de mobilité (par exemple, ne pas pouvoir utiliser des transports en commun accessibles ou d'autres moyens de transport adaptés) peuvent également avoir plus de difficulté à accéder au programme, en raison d'obstacles liés au transport.

Personnes vivant dans des zones rurales ou éloignées

  • Quelques chercheurs d'emploi (6) ayant participé aux groupes de discussion et quelques responsables du programme interviewés (3) ont mentionné que les personnes vivant dans des zones rurales ou des régions où les mesures de soutien et les services spécialisés ne sont pas aussi disponibles ou accessibles qu'ailleurs, de manière générale, sont également moins susceptibles de connaître le programme et peuvent avoir plus de difficulté à y accéder.

Personnes ayant un handicap invisible

  • Les chercheurs d'emploi ayant un handicap invisible ou cognitif, comme le trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité ou l'autisme, peuvent avoir plus de difficulté à accéder au programme. Certains participants aux groupes de discussion (9) ont expliqué qu'ils peuvent avoir de la difficulté à démontrer qu'ils ont un handicap ou qu'ils ont réellement besoin de soutien pour obtenir un emploi.

Personnes ayant un faible niveau de littératie, étant moins fonctionnelles ou ayant davantage besoin d'aide pour s'y retrouver dans les ressources en ligne

  • Quelques chercheurs d'emploi (10) ayant participé aux groupes de discussion ont déclaré que le programme peut être plus difficile d'accès pour les personnes qui sont moins fonctionnelles ou indépendantes en général, ont un niveau de scolarité ou de littératie plus faible, ont besoin d'un accompagnement professionnel pour s'y retrouver dans les programmes gouvernementaux, ou ont besoin d'aide pour remplir les formulaires de demande.
  • Quelques‑uns de ces participants (5) ont ajouté que les chercheurs d'emploi en situation de handicap peuvent être moins susceptibles de connaître le programme s'ils ne maîtrisent pas la technologie, n'utilisent pas les médias sociaux, ou ne sont pas à l'aise avec l'utilisation d'un téléphone intelligent.

Enfin, quelques chercheurs d'emploi (7) ayant participé aux groupes de discussion ont noté que certaines personnes peuvent se sentir submergées par la grande quantité d'informations disponibles en ligne et par la complexité de celles-ci, et avoir de la difficulté à savoir à quel organisme s'adresser en premier, quels services sont les plus appropriés, ou lesquels seront les plus utiles.

2. Soutenir les chercheurs d'emploi en situation de handicap

Employabilité et intégration au marché du travail

Principale constatation 2.1

La plupart des personnes interviewées et des chercheurs d'emploi ayant participé aux groupes de discussion ont indiqué que le programme les avait aidés à se préparer à l'emploi en leur permettant de développer diverses compétences, y compris des compétences en matière de recherche d'emploi et de savoir-être, et à avoir accès à davantage d'opportunités sur le marché du travail. Certaines personnes ont également indiqué que leur participation avait eu des effets bénéfiques plus généraux, comme une meilleure estime ou connaissance de soi, une amélioration des liens sociaux et une plus grande résilience.

Préparation au marché du travail

La vaste majorité des informateurs clés (41 sur 53) ont indiqué que le programme contribue grandement à améliorer l'employabilité des participants et à soutenir leur intégration au marché du travail.

En outre, plus de la moitié des chercheurs d'emploi ayant participé aux groupes de discussion (51 sur 78) ont déclaré que le programme les avait aidés à développer des compétences, y compris des compétences en matière de recherche d'emploi et de savoir-être, à acquérir de l'expérience de travail, à obtenir un emploi, ou à devenir travailleur autonome. Parmi ces participants :

  • quelques‑uns (8 sur 51) étaient d'avis qu'ils n'auraient pas été en mesure d'acquérir de l'expérience de travail, d'obtenir un emploi, ou de devenir travailleur autonome sans le programme, par exemple, car :
    • le programme leur a permis d'acquérir la confiance en soi, l'attitude et les compétences en matière de recherche d'emploi dont ils avaient besoin pour obtenir un emploi (5 participants aux groupes de discussion);

[Traduction]

« Je n'avais tout simplement pas la confiance nécessaire et je ne croyais pas en moi suffisamment pour le faire. En y allant, j'ai gagné tout cela. Je m'y rendais deux fois par semaine pour apprendre à rédiger un CV, à accomplir certaines tâches, et à participer au marché du travail. Sans ces groupes [de soutien], je ne pense pas que j'aurais été capable de le faire. »

Participant aux groupes de discussion no 2‑3
  • la subvention salariale a motivé un employeur leur à donner la possibilité de travailler dans leur domaine après l'obtention de leur diplôme ou dans le cadre d'un stage coop (2 participants aux groupes de discussion).
  • certains (25 sur 78) ont trouvé un emploi ou acquis une expérience de travail grâce au programme et ont déclaré que leur participation leur avait été utile de différentes manières, notamment les suivantes :
    • le programme a facilité leur recherche d'emploi ou a rendu celle-ci plus efficace (par exemple, en renforçant leurs compétences en matière de recherche d'emploi ou en leur permettant d'établir plus facilement contact avec des employeurs potentiels) (13 participants aux groupes de discussion);
    • le programme les a aidés à développer des compétences précises qui sont utiles sur le marché du travail ou leur a permis d'apprendre les tâches inhérentes à leur nouveau travail plus facilement, tout en subissant moins de pression (9 participants aux groupes de discussion);
    • le programme les a aidés à accéder à davantage d'opportunités sur le marché du travail (par exemple, il leur a permis d'accéder au « marché du travail caché » ou de « mettre un pied dans la porte ») (7 participants aux groupes de discussion).

[Traduction]

« Il [le programme] aide sans aucun doute à combler une lacune. […] Il existe d'autres moyens de trouver un emploi. Je ne pense pas que ce soit la seule façon de procéder pour les personnes en situation de handicap, mais ça crée certainement plus d'opportunités et ça a marché plutôt bien. »

Participant aux groupes de discussion no 9‑7
  • quelques‑uns (5 sur 78) n'ont pas trouvé de travail ou acquis une expérience professionnelle dans le cadre du programme, mais ont pu le faire par eux‑mêmes et ont reconnu que leur participation au programme a contribué, dans une certaine mesure, à leur réussite.

Bienfaits supplémentaires

Près de la moitié des chercheurs d'emploi ayant participé aux groupes de discussion (37 sur 78) et presque tous les chercheurs d'emploi interviewés (13 sur 14) ont rapporté qu'en plus d'avoir contribué à améliorer leur employabilité et leurs résultats sur le marché du travail, la participation au programme leur a procuré d'autres bienfaits ou bénéfices plus personnels. Ceux-ci incluent :

  • le développement de la confiance en soi, de l'estime de soi ou de l'acceptation de soi (17 participants aux groupes de discussion et 13 chercheurs d'emploi);

[Traduction]

« Je voyais mon handicap sous un mauvais angle. Je le laissais me définir, au lieu de le considérer comme une partie de qui je suis. [...] Ils m'ont donné la confiance dont j'avais besoin pour dire : oui, j'ai un handicap, mais je suis plus que cela. »

Participant aux groupes de discussion no 3‑2
  • l'augmentation des interactions sociales et des opportunités de réseautage, ou le développement d'un sentiment d'appartenance à une communauté (10 participants aux groupes de discussion);
  • le renforcement de la résilience, de la motivation, ou de la persévérance (5 participants aux groupes de discussion);
  • l'amélioration de la connaissance de soi, ou de la compréhension de leurs forces et aptitudes personnelles (5 participants aux groupes de discussion);
  • l'amélioration de l'autonomie, des compétences organisationnelles et de gestion du temps, et de la capacité à gérer les activités de la vie quotidienne (4 participants aux groupes de discussion);

[Traduction]

« Ça m'a été d'une grande aide, probablement plus dans ma vie personnelle que pour me trouver un emploi, parce qu'une grande partie des compétences que j'ai acquises m'ont été utiles dans ma vie personnelle. »

Participant aux groupes de discussion no 4‑2
  • l'amélioration du bien‑être physique et mental ou de la capacité à gérer les facteurs de stress (4 participants aux groupes de discussion);
  • l'accroissement de la capacité à s'affirmer ou à révéler leur situation de handicap (3 participants aux groupes de discussion);

[Traduction]

« Vous essayez de cacher votre condition et vous ne la révélez à personne. Mais, quand vous êtes dans ces groupes avec des personnes qui vivent des choses semblables, vous apprenez comment vos collègues gèrent cela, et vous apprenez d'eux. »

Participant aux groupes de discussion no 14‑5
  • l'amélioration des aptitudes sociales ou interpersonnelles (3 participants aux groupes de discussion).

Principale constatation 2.2

Le programme sert un large éventail de bénéficiaires présentant divers types de handicap et différentes caractéristiques démographiques. Dans la cohorte de participants au programme ayant fait l'objet d'un examen, la vaste majorité d'entre eux ont bénéficié de services améliorés d'aide à l'emploi et ont acquis une expérience de travail subventionnée.

Profil des participants

Le tableau 4 présente le profil des participants dont la participation a débuté entre avril 2015 et mars 2017.

Tableau 4: Profil des participants au FIPH ayant débuté leur participation d'avril 2015 à mars 2017
Caractéristiques sociodémographiques  Cohorte de participants
Nombre de participants 7 893
Genre  
Homme   55 % 
Femme   39 % 
Autre Moins de 1 %
Réponse manquante ou refus de répondre 6 %
Âge  
Moins de 30 ans 53 %
30 à 54 ans 38 %
55 ans et plus 9 %
Type de handicap 
Trouble de santé mentale  33 % 
Trouble du développement ou déficience intellectuelle 18 % 
Trouble d'apprentissage   14 %  
Agilité réduite   8 % 
Trouble moteur  5 % 
Trouble auditif   3 % 
Trouble de la vision  2 % 
Trouble de la parole   1 %
Handicap physique   1 % 
Autre 12 %
Réponse manquante 2 %
État civil 
Marié ou conjoint de fait  13 % 
Séparé ou divorcé   8 % 
Célibataire   69 % 
Réponse manquante ou inconnue  10 % 
Autres caractéristiques sociodémographiques 
Autochtone   11 % 
Personne racisée  16 % 
Immigrant récent 2 % 
  • Source: Données administratives du FIPH, EDSC.

Les hommes représentaient plus de la moitié des participants (55 %). Dans l'ensemble, en ce qui concerne le type de handicap, les participants ayant un trouble de santé mentale constituaient le groupe le plus important (33 %), suivi par ceux ayant un trouble du développement (18 %). Un peu plus de la moitié des participants étaient âgés de moins de 30 ans (53 %). Une proportion relativement faible des participants se sont déclarés comme étant des personnes racisées (16 %), des Autochtones (11 %) ou des immigrants récents (2 %).

Le profil des participants de la cohorte des exercices de 2015 à 2016 et de 2016 à 2017 est semblable à celui des participants de la cohorte de l'exercice 2011 à 2012, qui a fait l'objet d'un examen dans le cadre de la précédente évaluation du programme. Toutefois, les participants de la cohorte la plus récente ont tendance à être légèrement plus jeunes, et la proportion de participants s'identifiant comme des Autochtones, des personnes racisées et des immigrants récents a doubléFootnote 13.

L'Enquête canadienne sur l'incapacité de 2017 permet de mettre en contexte le profil des participants au programme au sein de la population générale de Canadiens en situation de handicap. Il convient de noter que toutes les personnes interviewées dans le cadre de l'enquête ne sont pas activement à la recherche d'un emploi.

Les participants au programme comptent une plus grande proportion d'hommes que la population générale de Canadiens en situation de handicap (figure 2). Les participants au programme sont également plus jeunes que la population de Canadiens en situation de handicap en âge de travailler (figure 3).

Figure 2 : Comparaison de la répartition selon le genreFootnote 14
Figure 2 : Comparaison de la répartition selon le genre
  • Sources: Données administratives du FIPH, EDSC; Statistique Canada. Enquête canadienne sur l'incapacité, 2017. Tableau 13 10 0374 01 – Personnes avec et sans incapacité âgées de 15 ans et plus, selon le groupe d'âge et le genre, Canada, provinces et territoires.
Figure 2 : Description textuelle
Population ou groupe Hommes Femmes
Population de Canadiens en situation de handicap en âge de travailler, 2017 (15 à 64 ans) 44 % 56 %
Cohorte du FIPH d'avril 2015 à mars 2017 55 % 39 %
Figure 3 : Comparaison de la répartition selon l'âge
Figure 3 : Comparaison de la répartition selon l'âge
  • Sources : Données administratives du FIPH, EDSC; Statistique Canada. Enquête canadienne sur l'incapacité, 2017. Tableau 13 10 0374 01 – Personnes avec et sans incapacité âgées de 15 ans et plus, selon le groupe d'âge et le genre, Canada, provinces et territoires.
Figure 3 : Description textuelle
Groupe d'âge Population de Canadiens en situation de handicap en âge de travailler, 2017 (15 à 64 ans) Cohorte du FIPH d'avril 2015 à mars 2017
15 à 24 ans 13 % 36 %
25 à 44 ans 32 % 40 %
45 à 64 ans 55 % 23 %

En ce qui concerne les autres caractéristiques sociodémographiques, les personnes racisées, les participants autochtones et les immigrants récents sont tous légèrement surreprésentés parmi les participants au programme, par rapport à la population générale de Canadiens en situation de handicap.

Figure 4 : Répartition selon d'autres caractéristiques sociodémographiques
Figure 4 : Répartition selon d'autres caractéristiques sociodémographiques
  • Sources : Données administratives du FIPH, EDSC; Statistique Canada. Enquête canadienne sur l'incapacité, 2017. Tableau 13 10 0380 01 – Groupe de minorités visibles des personnes avec et sans incapacité âgées de 15 ans et plus, selon le groupe d'âge et le sexe, et Tableau 13 10 0381 01 – Statut d'immigrant et période d'immigration pour les personnes avec et sans incapacité âgées de 15 ans et plus, selon le genre; Statistique Canada. Enquête auprès des peuples autochtones, 2017. Tableau 41 10 0049 01 – Statut d'incapacité, classe de sévérité de l'incapacité et situation d'activité selon l'identité autochtone, le groupe d'âge, et sexe.
Figure 4 : Description textuelle
Caractéristique sociodémographique Population de Canadiens en situation de handicap en âge de travailler, 2017 (15 à 64 ans) Cohorte du FIPH d'avril 2015 à mars 2017
Autochtone 5 % 11 %
Personne racisée 14 % 16 %
Immigrant récent 1 % 2 %

Le tableau 5 présente la part des participants de la cohorte étudiée selon le type d'activité. La grande majorité des participants ont soit bénéficié de services améliorés d'aide à l'emploi (48 %), soit pris part à une activité d'expérience de travail subventionnée (39 %).

Tableau 5 : Part des participants au programme, selon l'activité de programme et la cohorte de participants
Activité de programme Participants de 2011 à 2012 Participants de 2015 à 2016 et de 2016 à 2017
Services améliorés d'aide à l'emploi  63 % 48 %
Développement de compétences pour l'emploi  13 % 10 %
Subvention salariale (maintenant appelée « expérience de travail subventionnée ») 8 % 39 %
Aide au travail autonome 5 % 4 %
Expérience de travailFootnote 15 10 % S.O.
  • Sources : Données administratives du FIPH, EDSC.

À la suite de changements apportés au programme, ces proportions ont évolué comparativement à la cohorte de participants de 2011 à 2012. À l'époque, les activités de la catégorie Subvention salariale (maintenant appelée « expérience de travail subventionnée ») représentaient une part moins importante des activités entreprises par les participants dans le cadre du programme.

Principale constatation 2.3

En moyenne, l'incidence d'emploi des participants au programme a augmenté pendant et après la participation, et est demeurée supérieure aux niveaux antérieurs à la participation pendant 5 ans.

Comme le montre la figure 5 ci‑dessous, l'incidence d'emploi des participants était supérieure de 15 pp, en moyenne, dans les 5 années qui ont suivi leur participation, comparativement à celle observée un an avant leur participation.

Cependant, cette tendance des résultats ne reflète pas les impacts nets du programme, en raison de l'absence d'un groupe témoin. Divers facteurs autres que la participation au programme pourraient avoir influencé l'incidence d'emploi des participants, comme l'évolution des conditions macroéconomiques ou les compétences des participants et leurs antécédents sur le marché du travail.

Figure 5 : Incidence d'emploi par type d'activité, 5 ans avant et 5 ans après la participation (n = 7 893)
Figure 5 : Incidence d'emploi par type d'activité, 5 ans avant et 5 ans après la participation (n = 7 893)
  • Source: Rapport technique sur les données administratives – Plateforme de données sur le marché du travail. Cohorte des participants au FIPH du 1er avril 2015 au 31 mars 2017.
Figure 5 : Description textuelle
Période du programme ou indicateur Ensemble du FIPH Développement de compétences pour l'emploi Expérience de travail subventionnée Services améliorés d'aide à l'emploi Aide au travail autonome
5 ans avant 36 % 36 % 35 % 34 % 57 %
4 ans avant 37 % 39 % 38 % 35 % 52 %
3 ans avant 39 % 41 % 39 % 36 % 52 %
2 ans avant 42 % 46 % 44 % 39 % 49 %
1 an avant 45 % 49 % 48 % 41 % 49 %
Année de début 71 % 68 % 94 % 57 % 42 %
1 an après 67 % 68 % 80 % 58 % 48 %
2 ans après 62 % 62 % 73 % 55 % 44 %
3 ans après 59 % 59 % 69 % 53 % 42 %
4 ans après 56 % 58 % 63 % 50 % 41 %
5 ans après 55 % 55 % 62 % 49 % Données non disponibles
Moyenne suivant la participation 60 % 60 % 69 % 53 % 44 %
Variation entre la moyenne suivant la participation et le taux observé un an avant la participation Plus 15 points de pourcentage (plus 32 %) Plus 11 points de pourcentage (plus 22 %) Plus 21 points de pourcentage (plus 44 %) Plus 11 points de pourcentage (plus 28 %) Moins 5 points de pourcentage (moins 11 %)

L'incidence d'emploi est déterminée selon la présence d'un revenu annuel d'emploi ou de travail autonome, tel que rapporté dans les données de l'impôt sur le revenu. L'incidence d'emploi des participants a été étudiée jusqu'à l'année civile 2022, l'année la plus récente pour laquelle des données de l'impôt sur le revenu étaient disponibles, à l'exception des participants exerçant des activités de travail autonome, dont les résultats obtenus après leur participation au programme étaient disponibles seulement jusqu'à l'année civile 2021.

Contrairement aux autres participants, ceux qui ont participé à des activités de travail autonome ont connu une diminution de leur incidence d'emploi, laquelle était inférieure de 5 pp (ou 11 %) à celle observée une année avant la participation, en moyenne, dans les quatre années suivant la participation au programmeFootnote 16.

Principale constatation 2.4

La participation au programme a des impacts positifs sur la probabilité d'être en emploi des participants et sur leurs revenus d'emploi (comparativement à des non‑participants ayant un profil similaire). Les impacts varient selon le type d'activité de programme, les activités d'expérience de travail subventionnée étant celles dont les impacts sont les plus robustes.

Une analyse de l'impact différentiel a été réalisée pour comparer les résultats des participants à ceux d'un groupe témoin, de sorte à en apprendre davantage sur ce qui se serait passé en l'absence du programme. Comme le montrent les figures 6 et 7 ci‑dessous, les participants ont gagné en moyenne 1 180 dollars de plus par an, et avaient une incidence d'emploi plus élevée de 3,7 pp, comparativement aux non‑participants ayant un profil similaire, dans les 5 années suivant leur participation au programme.

Figure 6 : Impact net sur les revenus d'emploi des participants (moyenne annuelle, période de 5 ans suivant la participation)
Figure 6 : Impact net sur les revenus d'emploi des participants (moyenne annuelle, période de 5 ans suivant la participation)
  • Sources : Rapport technique sur les données administratives – Plateforme de données sur le marché du travail. Cohorte des participants au FIPH du 1er avril 2015 au 31 mars 2017, excluant les participants aux activités d’aide au travail autonome (n = 7 591).
  • Remarque : Niveaux de signification : ***1 %, **5 %, *10 %
Figure 6 : Description textuelle
Type d'activité du programme Impacts nets sur les revenus d'emploi ($)
Ensemble de la cohorte 1 180
Expérience de travail subventionnée 2 489***
Développement de compétences pour l'emploi 2 262**
Services améliorés d'aide à l'emploi 196
  • Remarque : Niveaux de signification : ***1 %, **5 %, *10 %
Figure 7 : Impact net sur la probabilité d'être en emploi chez les participants (moyenne annuelle, période de 5 ans suivant la participation)
Figure 7 : Impact net sur la probabilité d'être en emploi chez les participants (moyenne annuelle, période de 5 ans suivant la participation)
  • Sources : Rapport technique sur les données administratives – Plateforme de données sur le marché du travail. Cohorte des participants au FIPH du 1er avril 2015 au 31 mars 2017, excluant les participants aux activités d'aide au travail autonome (n = 7 591).
  • Remarque : Niveaux de signification : ***1 %, **5 %, *10 %
Figure 7 : Description textuelle
Type d'activité du programme Impacts nets sur la probabilité d'être en emploi (points de pourcentage)
Ensemble de la cohorte 3,7***
Expérience de travail subventionnée 13,3***
Développement de compétences pour l'emploi 7,8***
Services améliorés d'aide à l'emploi 2,6
  • Remarque : Niveaux de signification : ***1 %, **5 %, *10 %

Des impacts positifs sur les revenus d'emploi et l'incidence d'emploi des participants ont été observés pour chaque type de mesure de soutien du programmeFootnote 17.

Les activités d'expérience de travail subventionnée sont celles dont les impacts positifs sont les plus marqués. En moyenne, au cours de la période de 5 ans suivant leur participation au programme, les participants ayant acquis une expérience de travail subventionnée gagnaient 2 489 dollars de plus par an, et avaient une incidence d'emploi plus élevée de 13,3 pp, comparativement aux non‑participants ayant un profil similaire. En moyenne, les participants aux activités de développement de compétences pour l'emploi ont gagné 2 262 dollars de plus par an et avaient une incidence d'emploi plus élevée de 7,8 pp, par rapport aux non‑participants ayant un profil similaire.

Enfin, on peut observer des impacts positifs mineurs, mais non statistiquement significatifs, sur les revenus d'emploi et l'incidence d'emploi des participants ayant reçu uniquement des services améliorés d'aide à l'emploi.

De manière générale, ces résultats sont cohérents avec ceux de la précédente évaluation du programme, qui portait sur une cohorte de participants de 2011 à 2012.

Utilisation de programmes de soutien du revenu

Principale constatation 2.5

Les programmes de soutien du revenu (c'est-à-dire l'assurance‑emploi et les prestations d'aide sociale) ont été utilisés par une grande proportion de participants avant et après leur participation au programme.

Recours à l'assurance emploi

Dans le cadre de l'évaluation des impacts de programmes relatifs au marché du travail comme le FIPH, la perception de prestations d'assurance‑emploi peut servir d'indicateur permettant d'évaluer les résultats sur le marché du travail. Bien que les bénéficiaires de l'assurance‑emploi soient au chômage, ils doivent avoir travaillé un nombre minimum d'heures assurables pour être admissibles aux prestations. La perception de prestations d'assurance‑emploi indique donc qu'une personne a travaillé pendant une plus longue période avant de perdre son emploi et qu'elle avait donc un lien plus fort avec le marché du travail, en plus d'avoir une expérience de travail plus récente, qu'une personne qui n'est pas admissible à l'assurance‑emploi (par exemple, une personne qui reçoit des prestations d'aide sociale).

Comme le montre la figure 8, au cours des 5 années précédant la participation au programme, la proportion de participants recevant des prestations d'assurance‑emploi a diminué de manière constante. Cependant, à partir de la première année de participation au programme, cette tendance s'est inversée et la proportion de participants recevant des prestations d'assurance‑emploi a augmenté progressivement.

Figure 8 : Proportion de participants ayant reçu des prestations d'assurance emploi, selon l'activité de programme (%), 5 ans avant et 5 ans après la participation (n = 7 893)
Figure 8 : Proportion de participants ayant reçu des prestations d'assurance emploi, selon l'activité de programme (%), 5 ans avant et 5 ans après la participation (n = 7 893)
  • Sources : Rapport technique sur les données administratives – Plateforme de données sur le marché du travail. Cohorte des participants au FIPH du 1er avril 2015 au 31 mars 2017.
Figure 8 : Description textuelle
Période du programme ou indicateur Ensemble du FIPH Développement de compétences pour l'emploi Expérience de travail subventionnée Services améliorés d'aide à l'emploi Aide au travail autonome
5 ans avant 7 % 7 % 7 % 6 % 12 %
4 ans avant 6 % 4 % 6 % 5 % 10 %
3 ans avant 4 % 3 % 4 % 4 % 8 %
2 ans avant 3 % 3 % 4 % 3 % 6 %
1 an avant 3 % 3 % 4 % 2 % 6 %
Année de début 4 % 4 % 6 % 2 % 3 %
1 an après 8 % 6 % 13 % 4 % 5 %
2 ans après 9 % 9 % 14 % 5 % 5 %
3 ans après 11 % 12 % 14 % 8 % 6 %
4 ans après 16 % 16 % 20 % 12 % 10 %
5 ans après 16 % 17 % 19 % 13 % 10 %
Moyenne suivant la participation 12 % 12 % 16 % 9 % 7 %
Variation entre la moyenne suivant la participation et le taux observé un an avant la participation Plus 9 points de pourcentage (plus 286 %) Plus 9 points de pourcentage (plus 282 %) Plus 12 points de pourcentage (plus 322 %) Plus 6 points de pourcentage (plus 300 %) Plus 1 point de pourcentage (plus 15 %)

Cette tendance des résultats ne reflète pas les impacts nets du programme, car aucun groupe témoin n'a été utilisé. Une partie de l'augmentation observée au cours des dernières années (quatrième et cinquième années suivant la participation) pourrait s'expliquer par le fait que le montant des prestations d'assurance‑emploi comprend des paiements versés en 2020 dans le cadre de la Prestation d'urgence du programme d'assurance-emploiFootnote 18. De plus, la perception de prestations d'assurance‑emploi a été déterminée en fonction de la présence de ces prestations au cours de chaque année civile, telle que déclarée dans les données de l'impôt sur le revenu. La plateforme de données ne contenait pas d'informations plus détaillées, comme la durée des demandes ou le type de prestations d'assurance‑emploi reçues.

L'analyse de l'impact différentiel du programme a également porté sur le recours à des prestations d'assurance‑emploi suivant la participation au programme.

Comme le montre la figure 9 ci‑dessous, en moyenne, les participants aux activités d'expérience de travail subventionnée et de développement de compétences pour l'emploi ont reçu des montants annuels de prestations d'assurance‑emploi légèrement plus élevés que les non‑participants ayant un profil similaire, dans la période de 5 ans suivant leur participation.

En revanche, les participants ayant bénéficié uniquement de services améliorés d'aide à l'emploi dans le cadre du programme ont reçu des montants de prestations d'assurance‑emploi légèrement plus faibles, en moyenne, que les non‑participants ayant un profil similaire.

Figure 9 : Impact net sur les prestations d'assurance emploi reçues par les participants (moyenne annuelle, période de 5 ans suivant la participation)
Figure 9 : Impact net sur les prestations d'assurance emploi reçues par les participants (moyenne annuelle, période de 5 ans suivant la participation)
  • Sources : Rapport technique sur les données administratives – Plateforme de données sur le marché du travail. Cohorte des participants au FIPH du 1er avril 2015 au 31 mars 2017, excluant les participants aux activités d'aide au travail autonome (n = 7 591).
  • Remarque : Niveaux de signification : ***1 %, **5 %, *10 %
Figure 9 : Description textuelle
Type d'activité du programme Impacts nets sur les prestations d'assurance‑emploi reçues ($)
Ensemble de la cohorte 60
Expérience de travail subventionnée 299**
Développement de compétences pour l'emploi 314*
Services améliorés d'aide à l'emploi -248**
  • Remarque : Niveaux de signification : ***1 %, **5 %, *10 %
Recours aux prestations d'aide sociale

Dans le cadre de l'évaluation des impacts de programmes relatifs au marché du travail comme le FIPH, la perception de prestations d'aide sociale peut également servir d'indicateur pour évaluer les résultats sur le marché du travail. De manière générale, la perception de prestations d'aide sociale indique qu'une personne est au chômage et n'est pas admissible aux prestations d'assurance‑emploi ou est incapable de travailler.

Comme le montre la figure 10 ci‑dessous, au cours des 5 années précédant la participation au programme, la proportion de participants recevant des prestations d'aide sociale a augmenté progressivement. Cette proportion a atteint 52 % au cours de l'année où les activités du programme ont commencé, puis a légèrement diminué par la suite. En moyenne, 48 % des participants ont reçu des prestations d'aide sociale au cours des 5 années suivant leur participation.

Lorsque l'on compare la moyenne dans les 5 années suivant la participation avec le niveau observé un an avant la participation, dans l'ensemble, on observe une légère diminution (moins 1 %) de la proportion de participants recevant des prestations d'aide sociale, pour tous les groupes de participants, sauf ceux ayant reçu uniquement des services améliorés d'aide à l'emploi (la proportion de ces participants ayant reçu des prestations d'aide sociale a augmenté de 4 pp).

La proportion de participants au programme recevant des prestations d'aide sociale a diminué le plus chez les participants aux activités d'aide au travail autonome (moins 7 pp) et chez ceux ayant acquis une expérience de travail subventionnée (moins 5 pp)Footnote 19.

Figure 10 : Proportion de participants ayant reçu des prestations d'aide sociale, selon l'activité de programme, 5 ans avant et 5 ans après la participation (n = 7 893)
Figure 10 : Proportion de participants ayant reçu des prestations d'aide sociale, selon l'activité de programme, 5 ans avant et 5 ans après la participation (n = 7 893)
  • Sources : Rapport technique sur les données administratives – Plateforme de données sur le marché du travail. Cohorte des participants au FIPH du 1er avril 2015 à 31 mars 2017.
Figure 10 : Description textuelle
Période du programme ou indicateur Ensemble du FIPH Développement de compétences pour l'emploi Expérience de travail subventionnée Services améliorés d'aide à l'emploi Aide au travail autonome
5 ans avant 32 % 34 % 33 % 31 % 22 %
4 ans avant 35 % 36 % 36 % 34 % 25 %
3 ans avant 38 % 38 % 40 % 38 % 25 %
2 ans avant 43 % 42 % 44 % 43 % 25 %
1 an avant 48 % 47 % 50 % 49 % 27 %
Année de début 52 % 49 % 53 % 54 % 25 %
1 an après 49 % 46 % 47 % 53 % 23 %
2 ans après 49 % 47 % 47 % 54 % 21 %
3 ans après 49 % 45 % 46 % 55 % 22 %
4 ans après 47 % 45 % 44 % 53 % 21 %
5 ans après 45 % 41 % 42 % 51 % 18 %
Moyenne suivant la participation 48 % 45 % 45 % 53 % 21 %
Variation entre la moyenne suivant la participation et le taux observé un an avant la participation Moins 0,3 point de pourcentage (moins 1 %) Moins 3 points de pourcentage (moins 1 %) Moins 5 points de pourcentage (moins 10 %) Plus 4 points de pourcentage (plus 9 %) Moins 7 points de pourcentage (moins 24 %)

La tendance dans les résultats (avant et après la participation) illustrée à la figure 10 ne peut pas être attribuée à la participation au programme puisqu'aucun groupe témoin n'a été utilisé à des fins de comparaison. Divers autres facteurs, comme les conditions du marché du travail, les changements apportés aux politiques ayant une incidence sur les critères d'admissibilité, ou les circonstances individuelles, pourraient avoir influencé les changements relatifs à la perception de prestations d'aide sociale. La perception de prestations d'aide sociale a été déterminée en fonction de la présence de ces prestations au cours de chaque année civile, telle que déclarée dans les données de l'impôt sur le revenu. Aucun indicateur plus précis, comme la durée des périodes de perception de prestations d'aide sociale ou le type de prestations d'aide sociale reçues, n'était disponibles.

L'analyse de l'impact différentiel du programme a également permis de se pencher sur le recours aux prestations d'aide sociale après la participation au programme. Comme le montre la figure 11 ci‑dessous, en moyenne, les participants ayant pris part à des activités d'expérience de travail subventionnée ou de développement de compétences pour l'emploi ont reçu moins de prestations d'aide sociale que les non‑participants ayant un profil similaire.

En effet, comparativement aux non‑participants ayant un profil similaire, les participants aux activités d'expérience de travail subventionnée ont reçu 587 dollars de moins en prestations d'aide sociale, et les participants aux activités de développement de compétences pour l'emploi ont reçu 1 295 dollars de moins en prestations d'aide sociale, en moyenne, dans la période de 5 ans suivant leur participation.

Figure 11 : Impact net sur les prestations d'aide sociale reçues par les participants, par rapport à des non‑participants ayant un profil similaire (moyenne annuelle, période de 5 ans suivant la participation)
Figure 11 : Impact net sur les prestations d'aide sociale reçues par les participants, par rapport à des non‑participants ayant un profil similaire (moyenne annuelle, période de 5 ans suivant la participation)
  • Sources : Rapport technique sur les données administratives – Plateforme de données sur le marché du travail. Cohorte des participants au FIPH du 1er avril 2015 au 31 mars 2017, excluant les participants aux activités d'aide au travail autonome (n = 7 591).
Figure 11 : Description textuelle
Type d'activité du programme Impacts nets sur les prestations d'aide sociale reçues ($)
Ensemble de la cohorte -376
Expérience de travail subventionnée -587***
Développement de compétences pour l'emploi -1 295***
Services améliorés d'aide à l'emploi 157
  • Remarque : Niveaux de signification : ***1 %, **5 %, *10 %

Dans l'ensemble, les impacts différentiels sur les résultats en matière d'emploi et la perception de prestations de soutien du revenu de la part du gouvernement révèlent que le programme a permis d'accroître la participation au marché du travail des participants, par rapport à des non‑participants ayant un profil similaire. Les participants aux activités d'expérience de travail subventionnée et de développement de compétences pour l'emploi sont ceux pour qui les impacts positifs ont été les plus importants et les plus durables.

On peut observer de faibles impacts positifs sur les résultats en matière d'emploi des participants ayant reçu uniquement des services améliorés d'aide à l'emploi, mais ces derniers ont reçu des prestations d'assurance‑emploi un peu moins élevées, et des prestations d'aide sociale un peu plus élevées, que les non‑participants ayant un profil similaire, ce qui pourrait indiquer que ces participants éprouvent des difficultés à obtenir ou à conserver un emploi. Les services améliorés d'aide à l'emploi sont des activités relativement modestes comme de l'orientation, de l'aide à la recherche d'emploi et de la gestion de cas. Il n'est pas attendu que ces mesures de soutien, lorsqu'elles ne sont pas combinées à des mesures de soutien plus intensives, accroissent les compétences des participants ou influencent leur niveau d'emploi dans une large mesure.

Principale constatation 2.6

Les résultats de l'analyse par groupe indiquent que la participation au programme tend à bénéficier différents groupes démographiques de manière similaire (comparativement à des groupes de non‑participants ayant un profil semblable). Cependant, des variations ont été observées pour certains groupes.

Résultats sur le marché du travail en fonction de facteurs sociodémographiques

Les impacts du programme sur les résultats sur le marché du travail ont également été examinés pour différents groupes sociodémographiques. Les résultats présentés à la figure 12 ci dessous montrent que tous les groupes voient des effets positifs à la fois sur l’incidence d'emploi et sur le revenus d'emploi. Ces impacts sont relativement uniformes, ce qui suggère que le programme bénéficie aux individus admissibles d'une manière assez semblable.

Toutefois, certains groupes semblent avoir bénéficié du programme plus ou moins que la moyenne. La figure 12 présente les groupes précis pour lesquels ces impacts étaient statistiquement différents de la moyenne globaleFootnote 20.

Figure 12 : Impacts nets, par groupes (cohorte des exercices 2015 à 2016 et 2016 à 2017)
Figure 12 : Impacts nets pour les participants, par groupes (cohorte des exercices 2015 à 2016 et 2016 à 2017)
  • Sources : Rapport technique sur les données administratives – Plateforme de données sur le marché du travail. Cohorte des participants au FIPH du 1er avril 2015 au 31 mars 2017, excluant les participants aux activités d'aide au travail autonome (n = 7 591).
  • Remarque : Niveaux de signification : ***1 %, **5 %, *10 %
Figure 12 : Description textuelle
Caractéristique sociodémographique Impacts nets sur l'incidence d'emploi (points de pourcentage) Impacts nets sur les revenus d'emploi ($)
Moyenne globale 6,7*** 1 635*
Femme 6,5*** (ne diffère pas statistiquement de la moyenne) 2 002 (ne diffère pas statistiquement de la moyenne)
Homme 6,9*** (ne diffère pas statistiquement de la moyenne) 1 332** (ne diffère pas statistiquement de la moyenne)
Âgé de 30 ans ou moins 3,7** (diffère statistiquement de la moyenne) 1 730 (ne diffère pas statistiquement de la moyenne)
Âgé de 31 à 54 ans 10,2*** (diffère statistiquement de la moyenne) 1 660** (ne diffère pas statistiquement de la moyenne)
Âgé de 55 ans ou plus 9,5*** (ne diffère pas statistiquement de la moyenne) 1 066 (ne diffère pas statistiquement de la moyenne)
Autochtone 8,8*** (ne diffère pas statistiquement de la moyenne) 1 008 (diffère statistiquement de la moyenne)
Personne racisée 5,0*** (diffère statistiquement de la moyenne) 1 400* (ne diffère pas statistiquement de la moyenne)
Immigrant récent 8,4*** (ne diffère pas statistiquement de la moyenne) 2 413** (ne diffère pas statistiquement de la moyenne)
A demandé le crédit d'impôt pour personnes handicapées 3,7* (ne diffère pas statistiquement de la moyenne) 1 490* (ne diffère pas statistiquement de la moyenne)
Trouble du développement 2,4 (diffère statistiquement de la moyenne) 1 347 (ne diffère pas statistiquement de la moyenne)
Trouble d'apprentissage 3,3** (diffère statistiquement de la moyenne) 1 594 (ne diffère pas statistiquement de la moyenne)
Handicap physique 6,4*** (ne diffère pas statistiquement de la moyenne) 2 889* (diffère statistiquement de la moyenne)
  • Remarque : Niveaux de signification : ***1 %, **5 %, *10 %

Pour ce qui est des groupes d'âge, les impacts du programme sur l'incidence d'emploi étaient relativement plus faibles pour les individus âgés de 30 ans et moins (plus 3,7 pp), et relativement plus élevés pour les individus âgés de 31 à 54 ans (plus 10,2 pp), comparativement à l'impact moyen global (plus 6,7 pp). En ce qui concerne les profils sociodémographiques, les participants âgés de 30 ans et moins étaient plus susceptibles d'être des hommes et d'avoir reçu le crédit d'impôt pour personnes handicapéesFootnote 21, et étaient représentés de façon disproportionnée parmi les participants ayant un trouble du développement ou de l'apprentissage. Ces participants ont également déclaré des revenus d'emploi plus faibles dans les 5 années précédant leur participation (2 263 dollars). Pour ce qui est des participants âgés de 31 à 54 ans, les différences observées sont qu'ils étaient moins susceptibles de signaler des troubles de santé mentale, et ont déclaré des revenus d'emploi plus élevés dans les 5 années précédant leur participation (6 528 dollars).

De même, on peut observer des impacts positifs, mais inférieurs à la moyenne, sur l'incidence d'emploi des individus ayant un trouble du développement ou de l'apprentissage (plus 2,4 pp et plus 3,3 pp). Ces groupes étaient principalement composés de personnes en situation de handicap plus jeunes, ce qui suggère que l'âge et le type de handicap peuvent s'entrecroiser, et que ces groupes pourraient faire face à des difficultés plus grandes pour ce qui est d'entrer sur le marché du travail.

On peut également observer des impacts positifs, mais inférieurs à la moyenne générale, chez les individus racisés et autochtones (plus 5,0 pp sur l'incidence d'emploi pour les individus racisés, et une augmentation de 1 008 dollars des revenus d'emploi pour les individus autochtones). Peu de différences ont été observées entre les profils sociodémographiques de ces participants, à l'exception du fait que les participants racisés étaient plus susceptibles de déclarer être des immigrants récents et avaient des revenus d'emploi plus faibles au cours de la période précédant la participation, tandis que les participants autochtones étaient davantage susceptibles d'avoir des troubles d'apprentissage que les participants non autochtones. Ces différences sociodémographiques pourraient contribuer à une certaine variation des impacts observés. En outre, les constatations effectuées à partir des sources de données qualitatives suggèrent que les groupes racisés peuvent faire face à des obstacles systémiques à l'intégration au marché du travail.

Résultats à long terme sur le marché du travail

Principale constatation 2.7

Certains participants au programme ont continué d'occuper un emploi à moyen ou long terme après leur participation, mais les mesures de soutien et les services du programme ne sont pas toujours suffisants pour permettre aux participants de conserver leur emploi. Cependant, des données supplémentaires seraient nécessaires pour déterminer dans quelle mesure les participants ayant trouvé un emploi dans le cadre du programme l'ont conservé à long terme, ainsi que pour mieux comprendre les facteurs susceptibles d'avoir une influence sur le maintien d'un emploi.

Maintien d'un emploi

Certains participants ont été en mesure de conserver leur emploi pendant une longue période. Néanmoins, les personnes interviewées et les participants aux groupes de discussion ont identifié plusieurs obstacles qui peuvent faire en sorte qu'il est difficile pour les participants de conserver un emploi ou de rester sur le marché du travail à moyen ou long terme.

Quelques chercheurs d'emploi ayant participé aux groupes de discussion (4) ont indiqué qu'ils étaient toujours employés par l'organisation qui les avait embauchés dans le cadre du programme (par exemple, pour un placement en emploi subventionné ou à la suite d'une activité de formation précise), ce qui montre que le programme peut être un tremplin vers un emploi régulier.

Parmi les employeurs ayant embauché des personnes en situation de handicap dans le cadre de placements professionnels subventionnés et ayant participé à des groupes de discussion :

  • la moitié (4 sur 8) ont déclaré que les participants au programme avaient tous obtenu un poste régulier après la fin de leur placement professionnel et qu'ils travaillent toujours dans leur organisation aujourd'hui;
  • quelques‑uns (3 sur 8) ont indiqué que certains des employés embauchés dans le cadre du programme sont demeurés dans l'organisation après leur placement professionnel;
  • un employeur a indiqué que les placements professionnels n'ont pas mené à des emplois réguliers en raison de contraintes organisationnelles.

Cependant, quelques personnes interviewées (3) (organismes financés et partenaires de projet) ont mentionné que les incitatifs financiers, comme les subventions salariales, sont efficaces pour encourager les employeurs à embaucher des personnes en situation de handicap, mais que ces placements professionnels ne mènent pas toujours à des emplois à long terme.

[Traduction]

« En ce qui concerne le maintien de l'emploi, il faudrait en faire davantage. »

Partenaires de projet, personne interviewée no 1

De plus, quelques employeurs interviewés (4) ont souligné que, lorsque les participants obtiennent des résultats positifs, c'est souvent parce que leur rôle au travail s'harmonise bien avec leurs forces individuelles et leurs besoins en matière de soutien. Ils ont aussi fait remarquer que, lorsque les participants occupent un poste qui ne leur correspond pas, la durée de leur emploi est souvent courte.

Toutefois, les données qualitatives recueillies par l'entremise des groupes de discussion et des entrevues n'ont pas permis de mesurer à quel point les employeurs qui ont recours au programme sont satisfaits des services et des mesures de soutien, ni de déterminer combien d'entre eux ont maintenu en poste les travailleurs embauchés dans le cadre du programme.

Obstacles et défis persistants relatifs aux résultats sur le marché du travail

Principale constatation 2.8

Divers obstacles externes ou facteurs systémiques nuisent à l'atteinte de résultats sur le marché du travail chez certaines personnes en situation de handicap, ou chez des groupes particuliers au sein de cette population. Cependant, des données additionnelles sont nécessaires pour déterminer dans quelle mesure ces facteurs ont influencé les résultats des participants au programme. Les obstacles les plus souvent évoqués comprennent les attitudes et les perceptions des employeurs, les exigences du marché du travail, et les lacunes en matière de transport.

Attitudes et perceptions des employeurs

Certains chercheurs d'emploi ayant participé aux groupes de discussion (26 sur 78) ont déclaré avoir fait face à des réticences à l'embauche de personnes en situation de handicap lors de leurs interactions avec des employeurs potentiels, ou en avoir été témoins. Selon eux, ces réticences s'expliquent par diverses raisons, notamment :

  • des appréhensions concernant les risques pour la santé et la sécurité et les responsabilités potentielles de l'employeur;
  • un manque de sensibilisation à l'égard des mesures de soutien ou des technologies disponibles en matière d'adaptation du milieu de travail;
  • des idées préconçues concernant le rendement, la capacité de travailler ou le risque d'absentéisme;
  • un manque de sensibilisation à l'égard des avantages liés à l'embauche de travailleurs en situation de handicap.

De plus, certains de ces participants aux groupes de discussion (7 sur 26) ont ajouté qu'après leur embauche, les employeurs peuvent ne pas être disposés à mettre en place des mesures d'adaptation en milieu de travail, ou pourrait manquer d'engagement ou de proactivité à cet égard.

[Traduction]

« Je suis capable d'obtenir un emploi. Cependant, après ça, l'employeur ne veut pas vous accorder les mesures d'adaptation dont vous avez besoin... J'ai besoin de dispositifs d'aide à la mobilité et j'ai eu des emplois où on ne me permettait pas d'obtenir des mesures d'adaptation pour ça. J'ai eu des emplois où on m'a dit : "J'aurais embauché quelqu'un d'autre si vous aviez apporté votre aide à la mobilité à l'entrevue." »

Participant aux groupes de discussion no 13‑1

Quelques‑uns de ces chercheurs d'emploi (5 sur 26) ont partagé un sentiment à l'effet que les employeurs s'attendent à recevoir des subventions salariales lorsqu'ils embauchent des personnes en situation de handicap, ce qui peut nuire au maintien en poste du travailleur à la suite d'un placement professionnel subventionné (5 participants).

[Traduction]

« J'ai l'impression que les personnes en situation de handicap sont instrumentalisées et que, sans cette subvention, nous sommes [considérés comme étant] inutiles à la société. »

Participant aux groupes de discussion no 13‑6
Exigences, conditions ou tendances du marché du travail

Quelques chercheurs d'emploi (14) ayant participé aux groupes de discussion ont déclaré avoir de la difficulté à trouver des offres d'emploi qui leur conviendraient en raison d'un manque :

  • d'emplois qui correspondent ou s'harmonisent bien avec leurs besoins, attitudes, circonstances ou intérêts personnels, et qui offrent un salaire suffisamment élevé ou de bonnes conditions de travail (7 participants);
  • de possibilités de travailler à distance, ce qui est particulièrement intéressant pour les personnes à mobilité réduite ou ayant un trouble de la vision (5 participants);
  • de possibilités d'emploi à temps partiel ou avec un horaire de travail flexible (5 participants).

Quelques chercheurs d'emploi (6) ayant participé aux groupes de discussion ont évoqué les dynamiques du marché du travail, y compris l'augmentation du chômage et la concurrence d'autres chercheurs d'emploi sur le marché du travail, qui font en sorte qu'il est difficile de trouver un emploi ou de devenir travailleur autonome en général et peuvent également limiter la réussite des participants dans le cadre du programme.

Quelques personnes interviewées (3), y compris des chercheurs d'emploi, ont également souligné que des changements structurels au sein du marché du travail, où il y a davantage de possibilités d'emplois à court terme ou à temps partiel et moins d'emplois stables de disponibles, constituent des obstacles systémiques qui affectent de manière disproportionnée les groupes marginalisés, dont les personnes en situation de handicap.

Lacunes dans les infrastructures de transport

Quelques chercheurs d'emploi (9) ayant participé aux groupes de discussion ont indiqué que les difficultés liées au transport (par exemple, un temps de déplacement trop long, le manque d'accès à un véhicule adapté ou l'absence de transports en commun) peuvent limiter leurs options sur le marché du travail, en particulier dans les zones rurales.

Type de handicap et gravité

Différents types de handicap peuvent être associés à des défis précis pour les participants à la recherche d'un emploi. Au cours des groupes de discussion avec les chercheurs d'emploi, des défis ou obstacles rencontrés sur le marché du travail par les personnes ayant un handicap physique ont été identifiés:

  • des problèmes liés au transport (9 participants);
  • des limites relatives aux types de tâches que ces personnes peuvent effectuer ou aux types d'emplois qu'elles peuvent occuper en raison du handicap (8 participants);
  • des problèmes liés à la non‑disponibilité ou au mauvais fonctionnement temporaire des dispositifs ou logiciels d'accessibilité (4 participants);
  • la réticence des employeurs à les embaucher en raison des risques pour la santé et la sécurité associés à leur handicap précis (2 participants);
  • des difficultés à discuter des possibilités d'emploi ou des besoins liés au handicap en raison d'un trouble de la parole (2 participants);
  • le manque d'accessibilité des installations des entreprises (par exemple, elles ne sont pas accessibles aux personnes en fauteuil roulant) (1 participant).

En comparaison, les personnes ayant un handicap invisible (par exemple, un trouble d'apprentissage, cognitif ou lié à la santé mentale) ont rapporté faire face à des obstacles différents sur le marché du travail, notamment :

  • des problèmes de santé mentale épisodiques ou d'autres problèmes de santé les empêchant de travailler temporairement ou rendant plus difficile le maintien en emploi (8 participants);
  • des difficultés à révéler leur handicap, ce qui complique l'obtention des mesures d'adaptation dont ils ont besoin (2 participants);
  • des difficultés liées aux interactions sociales au travail en raison d'un handicap pouvant nuire aux interactions sociales, comme l'autisme (2 participants).

Certains informateurs clés (10 personnes interviewées, dont des chercheurs d'emploi et des employeurs) ont également souligné que le type de handicap a une influence sur la manière dont les personnes interagissent avec le programme et sur les mesures de soutien dont elles ont besoin.

Par exemple, les participants ayant un handicap physique font souvent face à des obstacles en matière d'accessibilité et de transport, tandis que ceux ayant un trouble cognitif ou de santé mentale peuvent avoir besoin d'un soutien plus intensif et continu.

De même, certains représentants d'organismes financés interviewés (5) ont mentionné que le programme est moins efficace pour aider les personnes ayant des besoins plus complexes ou faisant face à des obstacles plus importants sur le marché du travail, par exemple, en raison d'un trouble de santé mentale non traité ou d'un faible niveau de littératie numérique.

[Traduction]

« Certaines personnes [ayant des besoins complexes] n'en sont tout simplement pas encore là. Elles ne sont tout simplement pas encore prêtes à travailler. Nous faisons de notre mieux pour nous assurer que les gens recherchent effectivement un emploi pour aller de l'avant. »

Organismes financés par le FIPH, personne interviewée numéro 8
Nouveaux arrivants et personnes racisées

Certaines personnes interviewées (5) (organismes financés et personnel régional) ont indiqué que les personnes en situation de handicap provenant de communautés racisées ou de nouveaux arrivants peuvent faire face à des obstacles supplémentaires en raison de la stigmatisation culturelle associée aux handicaps et de la réticence à s'identifier comme étant des personnes en situation de handicap.

De plus, selon quelques chercheurs d'emploi (8) ayant participé aux groupes de discussion, les nouveaux arrivants en situation de handicap peuvent faire face à des difficultés additionnelles sur le marché du travail :

  • un manque d'expérience de travail canadienne (4 participants);
  • un manque de possibilités de réseautage ou des difficultés à s'y retrouver sur le marché du travail local (3 participants);
  • un accès limité aux mesures de soutien à l'emploi ou à des opportunités d'emploi précises, en raison de leur statut de citoyenneté (1 participant);
  • des obstacles financiers à la reconnaissance des titres de compétences étrangers (1 participant).
Discrimination potentielle fondée sur l'âge

Quelques chercheurs d'emploi (3 participants aux groupes de discussion) ont déclaré avoir subi de la discrimination fondée sur l'âge en plus de faire face à d'autres obstacles limitant leur capacité à trouver un emploi.

Services ou mesures de soutien complémentaires ou supplémentaires

Principale constatation 2.9

Les chercheurs d'emploi interviewés et ceux ayant participé aux groupes de discussion ont identifié des mesures de soutien complémentaires, en plus de celles actuellement fournies par le programme, ou des améliorations potentielles à d'autres programmes ou règlements, qui pourraient contribuer à améliorer les résultats pour certaines personnes, en particulier pour celles ayant des besoins en matière d'emploi plus complexes ou ayant de la difficulté à conserver un emploi.

Près de la moitié des chercheurs d'emploi ayant participé aux groupes de discussion (35 sur 78) et quelques chercheurs d'emploi interviewés (2 sur 14) ont identifié des points à améliorer dans le programme ou suggéré des mesures complémentaires qui pourraient contribuer à améliorer les résultats sur le marché du travail des participants au programme, ou ceux des personnes en situation de handicap plus généralement. Voici quelques‑unes de leurs suggestions :

  • Renforcer les mesures de soutien au développement des compétences, à la préparation à l'emploi et à la recherche d'emploi (16 participants aux groupes de discussion et 1 personne interviewée), par exemple, en fournissant :
    • plus de soutien ou de financement pour le perfectionnement des compétences ou la formation professionnelle (9 participants aux groupes de discussion);
    • de l'orientation professionnelle et du soutien à la réorientation professionnelle (4 participants aux groupes de discussion et 1 personne interviewée);
    • plus de soutien à la formation sur les logiciels, les outils ou lecteurs d'écran liés à l'accessibilité (1 participant aux groupes de discussion).
  • Offrir des mesures ou des services supplémentaires pour faciliter l'intégration sur le marché du travail (8 participants aux groupes de discussion), par exemple, en fournissant :
    • des conseils visant à aider les participants à révéler leur handicap, à demander des mesures d'adaptation, à gérer les attentes des employeurs, ou à faire face à des situations où leurs besoins ne sont pas satisfaits (5 participants aux groupes de discussion);
    • des possibilités de stages rémunérés (2 participants aux groupes de discussion);
    • un financement supplémentaire pour la réalisation d'évaluations ergonomiques ou la mise en place de mesures d'adaptation en milieu de travail (1 participant aux groupes de discussion).
  • Accroître les ressources ou les mesures qui favorisent le maintien d'un emploi (10 participants aux groupes de discussion et 1 personne interviewée), par exemple, en fournissant :
    • des mesures de soutien à plus long terme, qui permettent aux agents de traitement de cas de demeurer disponibles pendant les placements professionnels et d'assurer des suivis réguliers (8 participants aux groupes de discussion);
    • un soutien financier permettant de prolonger la durée des placements professionnels subventionnés (par exemple, de trois à six mois), ce qui donnerait plus de temps aux participants et aux employeurs pour s'adapter et réussir dans leur rôle (1 personne interviewée).
  • Accroître la prestation de services et l'accessibilité (6 participants aux groupes de discussion), par exemple, en :
    • veillant à ce que les fournisseurs de services informent les participants de l'ensemble des mesures de soutien disponibles et auxquelles ils peuvent être admissibles (4 participants aux groupes de discussion);
    • offrant un financement directement aux utilisateurs finaux (chercheurs d'emploi et employeurs), plutôt que par l'entremise d'intermédiaires, comme des agences de placement (1 participant aux groupes de discussion).
  • Offrir un soutien supplémentaire pour le transport (4 participants aux groupes de discussion).
  • Offrir des mesures de soutiens supplémentaires pour le travail autonome (3 participants aux groupes de discussion), par exemple, en fournissant :
    • une allocation mensuelle ou un financement supplémentaire aux entrepreneurs en situation de handicap, pour les aider à lancer leur entreprise (2 participants aux groupes de discussion);
    • de la formation sur l'utilisation des médias sociaux et d'autres outils de promotion professionnelle en ligne (1 participant aux groupes de discussion).
  • Créer des programmes de soutien par les pairs (3 participants aux groupes de discussion).

En plus des mesures de soutien et des services spécifiques, certains chercheurs d'emploi ayant participé aux groupes de discussion (17 sur 78), environ la moitié des chercheurs d'emploi interviewés (7 sur 14), et quelques bénéficiaires de financement (2), ont souligné la nécessité d'améliorer l'accès aux services et au soutien en matière de santé mentale, aux professionnels de la santé mentale, aux conseillers, aux mentors et aux travailleurs sociauxFootnote 22.

En outre, selon quelques chercheurs d'emploi ayant participé aux groupes de discussion (6), le fait que les mesures de soutien du programme ne soient pas offertes de façon continue peut parfois avoir des effets négatifs sur les résultats des participants. Par exemple, une personne a rapporté qu'elle était sur le point d'obtenir un placement professionnel lorsque l'organisme qui lui fournissait les mesures du soutien du programme a fermé.

Analyse coûts-bénéfices

Principale constatation 2.10

Le programme a généré un rendement du capital investi positif sur une période de 10 ans suivant la participation, tant du point de vue des participants individuels que de la société dans son ensemble.

Une analyse coûts‑bénéfices a été réalisée pour évaluer les impacts à long terme du programme et déterminer si les avantages l'emportent sur les coûts. L'analyse a utilisé les résultats relatifs aux impacts nets présentés précédemment pour une cohorte de participants dont la participation à une activité du programme a débuté entre avril 2015 et mars 2017. Les résultats observés dans la période de 5 ans suivant la participation ont ensuite été projetés sur 5 années supplémentaires, ce qui donne une fenêtre d'analyse de 10 ans suivant la participation.

L'objectif principal de cette analyse était d'évaluer la rentabilité du programme, tout en répondant aux questions suivantes :

  • Le programme a‑t‑il mené à des bénéfices financiers nets ou des pertes financières, 10 ans après la fin de la participation?
  • À quel moment l'investissement dans le programme a‑t‑il atteint le seuil de rentabilité (lorsque les bénéfices sont égaux aux coûts) du point de vue de la société?
  • Quel a été le taux de rendement du capital investi des activités du programme sur la période de 10 ans suivant la participation?

Les avantages sociaux nets (pour le gouvernement et le participant) sont de 7 271 dollars, soit un taux de rendement social moyen de 131 % ou de 8 % par année sur les 10 ans suivant la participation.

Comme le montre la figure 13 :

  • pour les participants, le total des avantages nets était de 6 450 dollars;
  • pour le gouvernement, le total des avantages nets était de 821 dollars.
Figure 13 : Analyse coûts-bénéfices et taux de rendement social
Figure 13 : Analyse coûts bénéfices et taux de rendement social
  • Sources : Données administratives – Plateforme de données sur le marché du travail. Cohorte des participants au FIPH d'avril 2015 à mars 2017, excluant les participants aux activités d'aide au travail autonome (n = 7 591).

Remarques :

  1. Les coûts du programme comprennent les dépenses de programme et les pertes subies par la société en raison du recouvrement de recettes supplémentaires, notamment les impôts, qui visent à financer les dépenses gouvernementales.
  2. Les retenues gouvernementales comprennent les cotisations d'assurance emploi, les cotisations au Régime de pensions du Canada ou au Régime de rentes du Québec, et l'impôt sur le revenu et la taxe de vente. Les revenus d'emploi comprennent les avantages sociaux (par exemple, l'assurance maladie payée par l'employeur, les cotisations de retraite) et les revenus perdus pendant le temps consacré au programme.
  3. Les estimations sont fondées sur les données administratives du programme et les données sur les coûts moyens des soins de santé publics, tirées d'un rapport de l'Institut canadien d'information sur la santé. Le rapport technique suivant contient plus de détails sur la méthodologie : Analyse coût‑avantages – Intégrer les économies de coûts des soins de santé publics dans le contexte de l'évaluation des programmes relatifs au marché du travail.
Figure 13 : Description textuelle

Coûts ou bénéfices pour le gouvernement (impact cumulatif, valeur actuelle nette, actualisée au taux de 5 % par an)

  • Coûts du programme1 : moins 5 670 $
  • Assurance-emploi : moins 187 $
  • Aide sociale : plus 3 994 $
  • Retenues gouvernementales2 : moins 2 595 $
  • Économies en coûts de soins de santé3 : plus 89 $
  • Total des bénéfices nets : plus 821 $

Coûts ou bénéfices pour les participants (impact cumulatif, valeur actuelle nette, actualisée au taux de 5 % par an)

  • Assurance-emploi : plus 187 $
  • Aide sociale : moins 3 994 $
  • Retenues gouvernementales : moins 2 595 $
  • Revenus d'emploi3 : plus 12 852 $
  • Total des bénéfices nets : plus 6 450 $

Total des bénéfices sociaux nets (aux niveaux du gouvernement et individuel) sur 10 ans :

  • 7 271 $, ce qui représente un taux de rendement social de 131 %

Dans l'ensemble, du point de vue de la société, le programme atteint le seuil de rentabilité 3,4 ans après la participation. Le seuil de rentabilité correspond au moment où l'investissement fait par le gouvernement dans le programme génère un montant équivalent de bénéfices nets pour la société.

Le rendement social est un indicateur qui montre les avantages nets que la société a retirés d'un investissement d'un dollar dans le programme.

Comme le montre la figure 14 ci‑dessous, tous les types d'activités du programme ont généré un rendement social positif au fil du temps. Dans l'ensemble, chaque investissement d'un dollar dans le programme rapporte 1,31 dollar sur une période de 10 ans après la participation. Les activités d'expérience de travail subventionnée ont produit le rendement social le plus élevé, parmi tous les types d'activités du programme.

Figure 14 : Rendement social de l'investissement dans différents types d'activités du programme
Figure 14 : Rendement social de l'investissement dans différents types d'activités du programme
  • Sources : Données administratives – Plateforme de données sur le marché du travail. Cohorte des participants au FIPH d'avril 2015 à mars 2017, excluant les participants aux activités d'aide au travail autonome (n = 7 591).
Figure 14 : Description textuelle
Type d'activité du programme Rendement social par dollar investi
Ensemble du FIPH 1,31
Développement de compétences pour l'emploi 2,38
Expérience de travail subventionnée 2,84

Remarques :

  1. Les résultats de l'analyse coûts-bénéfices pour les services améliorés d'aide à l'emploi n'ont pas été présentés, car les résultats de l'analyse de l'impact différentiel étaient presque égaux à zéro.
  2. Le seuil de rentabilité est atteint lorsque l'investissement fait par le gouvernement génère un montant équivalent d'avantages nets pour la société.

3. Soutenir les employeurs

Principale constatation 3.1

Les mesures de soutien du programme peuvent encourager certains employeurs à embaucher des personnes en situation de handicap en réduisant les risques perçus et les coûts connexes. Elles peuvent également faciliter ce processus pour les employeurs qui souhaitent déjà embaucher des travailleurs en situation de handicap, mais ont besoin de conseils en matière de recrutement, d'accueil et d'intégration, ou de formation.

Encourager l'embauche de personnes en situation de handicap

Quelques employeurs (2) ayant participé aux groupes de discussion et quelques employeurs interviewés (6) ont indiqué que les subventions salariales et les placements professionnels structurés encouragent les employeurs à embaucher des personnes en situation de handicap.

Par exemple, certains d'entre eux ont déclaré :

  • que le programme leur a permis d'explorer ce à quoi pourrait ressembler l'embauche de travailleurs en situation de handicap en leur fournissant un « filet de sécurité » ou en minimisant le risque de devoir débourser des sommes pour surmonter les difficultés qui pourraient survenir (1 employeur interviewé et 1 participant aux groupes de discussion);
  • qu'en raison de contraintes budgétaires ou de ressources limitées, ils n'auraient pas été en mesure d'embaucher des participants sans le programme (1 employeur interviewé et 2 participants aux groupes de discussion).

Augmenter la capacité d'embauche

Plus de la moitié des employeurs ayant participé aux groupes de discussion (5 sur 9) et certains employeurs interviewés (5) ont déclaré que le programme avait augmenté leur capacité à embaucher des travailleurs en situation de handicap de différentes manières, par exemple, en :

  • facilitant l'intégration grâce à des services structurés, comme de la formation en milieu de travail ou des plans d'intégration personnalisés (5 employeurs interviewés);
  • aidant à couvrir les coûts initiaux d'embauche et de formation (2 participants aux groupes de discussion);
  • permettant aux travailleurs d'exprimer leurs préoccupations ou leurs besoins de soutien supplémentaire en toute confidentialité, par l'intermédiaire d'une personne qui peut intervenir en leur nom auprès de l'employeur, au besoin (2 participants aux groupes de discussion).

Répondre aux besoins des employeurs en matière de ressources humaines

Les huit employeurs ayant participé aux groupes de discussion et ayant embauché des participants dans le cadre d'activités d'expérience de travail subventionnée (également appelées « placements professionnels subventionnés ») ont tous déclaré que les participants ont répondu à leurs besoins en matière de ressources humaines, et presque tous ces employeurs (7 sur 8) ont indiqué qu'au moins un participant avait été embauché sur une base régulière après son placement professionnel.

Parmi ces employeurs, quelques‑uns (3) ont décrit leur expérience du programme de manière très positive. Par exemple, l'un de ces employeurs a mentionné que l'utilisation du programme avait donné lieu à plusieurs placements professionnels réussis, dont deux avec des participants qui sont toujours employés par l'organisation à ce jour, et d'autres placements professionnels ayant permis aux participants d'évoluer sur le plan professionnel, de retourner aux études ou d'obtenir de meilleurs emplois dans d'autres organisations.

Autres avantages organisationnels

Plus de la moitié des employeurs ayant participé aux groupes de discussion (5 sur 9) ont déclaré que leur expérience du programme avait procuré d'autres bénéfices à leur organisation.

Certains employeurs (3 sur 9) ont souligné que les travailleurs en situation de handicap améliorent la culture et le rendement de l'organisation parce qu'ils :

  • dépassent les attentes liées à leur emploi, étant donné que ce dernier leur procure un sentiment d'appartenance (1 employeur);
  • ont tendance à être constants et à rester plus longtemps dans la même organisation, ce qui réduit le roulement de personnel (1 employeur);
  • favorisent la compassion, l'humanité et l'humour en milieu de travail (1 employeur);
  • ont parfois des forces ou des talents particuliers comme un plus grand souci du détail et une plus grande capacité de concentration (1 employeur).

Quelques employeurs (2) ont noté que leur participation les avait aidés à améliorer leurs processus relatifs aux ressources humaines en :

  • changeant leur façon de sélectionner des candidats, en se concentrant davantage sur les compétences et les compétences transférables que sur la scolarité et l'expérience de travail (1 employeur);
  • revoyant leurs processus d'accueil et d'intégration, en adoptant une approche axée sur l'équité et l'accessibilité (1 employeur).

Quelques responsables de programme interviewés ont fait part des mêmes constatations. Ils ont indiqué que les employeurs participant au programme continuent souvent d'appliquer des pratiques d'embauche inclusives, même après la fin de leur engagement initial. Ces constatations vont aussi dans le même sens que celles provenant de différentes études qui montrent que les employeurs ayant embauché des personnes en situation de handicap sont plus susceptibles de le faire à nouveau, car ils sont conscients des avantages liés à l'inclusionFootnote 23.

Principale constatation 3.2

D'après les réponses des employeurs interviewés (9), les activités du programme peuvent permettre de sensibiliser les employeurs à la contribution que peuvent apporter les travailleurs en situation de handicap. Toutefois, des données additionnelles sont nécessaires pour évaluer l'impact global du programme sur la diversité du personnel et sur les perceptions et attitudes des employeurs à l'égard des personnes en situation de handicap en général.

Les employeurs ayant participé aux groupes de discussion n'ont pas rapporté que leur expérience du programme avait modifié leur perception des travailleurs en situation de handicap, que ce soit positivement ou négativement, parce qu'ils avaient déjà une culture organisationnelle valorisant la diversité au sein du personnel ou étaient déjà conscients des bénéfices liés à l'embauche de travailleurs en situation de handicap.

Cependant, quelques (5) responsables de programme interviewés ont noté que les employeurs qui participent au programme acquièrent une vision plus positive des compétences et des contributions des personnes en situation de handicap.

De plus, quelques responsables du programme et représentants d'organismes financés interviewés (6) ont indiqué que les activités de sensibilisation des employeurs contribuent à réduire la stigmatisation associée au handicap et à lutter contre la mésinformation sur l'emploi et le handicap, notamment en ce qui a trait aux coûts des mesures d'adaptation en milieu de travail.

Enfin, certaines données recueillies dans le cadre d'entrevues auprès d'informateurs clés et de groupes de discussion suggèrent que le partage d'histoires de réussite et la promotion du programme, ainsi que d'autres facteurs, comme des modifications législatives récentes, peuvent également encourager certains employeurs à embaucher davantage de travailleurs en situation de handicap.

  • Quelques personnes interviewées (4) ont fait remarquer que les employeurs font souvent part de leurs expériences positives via leurs réseaux, ce qui peut encourager d'autres organisations à envisager l'embauche de personnes en situation de handicap;
  • Une personne interviewée représentant un organisme financé a indiqué que, depuis l'adoption de la Loi canadienne sur l'accessibilité et de la loi de la Colombie‑Britannique sur l'accessibilité (Accessible British Columbia Act), de nombreux employeurs assujettis à la réglementation fédérale et à la réglementation provinciale ont demandé des conseils à son organisme pour veiller au respect de ces nouvelles lois, ce qui a créé une excellente occasion de promouvoir l'embauche de personnes en situation de handicap.

Principale constatation 3.3

Des mesures supplémentaires ou des mesures de soutien complémentaires, en particulier celles offertes après l'embauche d'une personne en situation de handicap, pourraient aider le programme à mieux répondre aux besoins des employeurs et à accroître leur capacité à embaucher et maintenir en poste des employés en situation de handicap.

Quelques employeurs interviewés (3) et la plupart des employeurs ayant participé aux groupes de discussion (7 sur 9) ont identifié des pistes d'améliorations ou suggéré des mesures précises qui pourraient contribuer à améliorer l'efficacité du programme pour les employeurs. Ces idées incluent :

  • Renforcer les attitudes positives et les aspirations des participants (3 participants aux groupes de discussion), par exemple, en encourageant les participants à croire en eux et à aspirer à un emploi de longue durée, de sorte à ce qu'ils ajustent leur état d'esprit et envisagent l'idée d'une transition vers un emploi stableFootnote 24.
  • Offrir des mesures de soutien additionnelles pendant l'accueil et l'intégration des employés et après leur emploi (3 participants aux groupes de discussion et 5 personnes interviewées), par exemple, en aidant les employeurs à discuter de la situation de handicap avec les nouveaux employés et à promouvoir les ressources connexes auprès de ces derniers, ou encore en aidant les employeurs à soutenir les personnes ayant déjà intégré le milieu de travail mais faisant face à de nouveaux défis.
  • Permettre une plus grande flexibilité dans le financement (4 participants aux groupes de discussion), par exemple, en améliorant la répartition dans le temps et la durée du financement de programme ou en élargissant les critères d'admissibilité pour inclure les organismes à but lucratif, ainsi qu'en assurant que le financement soit offert en temps opportun, lorsque les employeurs en ont besoin, plutôt que de manière cyclique. À cet égard, il convient de noter qu'un employeur participant a expressément indiqué qu'après sa première expérience, il aurait aimé avoir de nouveau recours au programme, mais qu'il n'a pas pu le faire parce qu'il n'y avait plus de financement disponible.

4. Répercussions de la pandémie de COVID 19

Principale constatation 4.1

La pandémie de COVID‑19 a eu des effets négatifs sur la situation sur le marché du travail de certaines personnes en situation de handicap, y compris des participants au programme. La pandémie a également entraîné des difficultés financières pour certaines organisations et de nouveaux défis en matière de ressources humaines pour certains employeurs.

Effets négatifs sur les personnes en situation de handicap

La pandémie de COVID‑19 a provoqué diverses perturbations qui ont eu des effets négatifs sur la main‑d'œuvre canadienne, y compris les personnes en situation de handicap. Les résultats de l'Enquête sur la population active de juin 2020 de Statistique CanadaFootnote 25 indiquent que :

  • parmi les répondants âgés de 15 à 64 ans ayant un problème de santé de longue durée ou une incapacité, les deux tiers (66 %) ont déclaré avoir un emploi avant le début de la pandémie, tandis que 55 % ont déclaré avoir un emploi au moment de l'enquête;
  • parmi les personnes qui avaient un emploi avant la pandémie, plus du tiers (36 %) ont déclaré avoir subi une perte d'emploi temporaire ou permanente ou une réduction de leurs heures de travail depuis mars 2020.

Les personnes en situation de handicap ont subi les effets de la pandémie plus sévèrement. De nombreuses personnes en situation de handicap dépendaient de la Prestation canadienne d'urgence (PCU) pendant la crise. Cependant, l'impact global de la PCU sur le revenu individuel a varié à l'échelle du pays en raison de ses interactions avec d'autres programmes de soutien du revenu. Par exemple, les bénéficiaires de prestations d'invalidité ayant reçu la PCU ont été traités différemment en fonction de leur lieu de résidence. En effet, certaines provinces leur permettaient de recevoir la totalité du montant de la PCU sans réduire leurs prestations d'invalidité, certaines provinces excluaient en partie le revenu tiré de la PCU du calcul des prestations d'invalidité, et d'autres provinces n'excluaient pas du tout le revenu tiré de la PCU de ce calculFootnote 26.

Difficultés auxquels ont été confrontés les participants au programmeFootnote 27

Plus de la moitié des chercheurs d'emploi qui ont participé aux groupes de discussion et ont discuté de la question (30 sur 56) ainsi que presque tous les chercheurs d'emploi interviewés (13 sur 14), ont déclaré que la pandémie avait eu des effets négatifs sur leur situation sur le marché du travail, notamment:

  • une perte d'emploi ou des difficultés à trouver du travail, ou une réduction des heures de travail, au moins temporairement (18 participants aux groupes de discussion et 6 personnes interviewées);
  • des difficultés à trouver un emploi encore plus grandes pour les personnes déjà au chômage (9 participants aux groupes de discussion et 4 personnes interviewées);
  • une perte de revenus attribuable à diverses raisons pour les travailleurs autonomes ayant poursuivi leurs activités (par exemple, une réduction du nombre de clients en raison des restrictions sur les voyages internationaux ou des fermetures temporaires) (2 participants aux groupes de discussion).

Certains de ces participants (16 participants aux groupes de discussion et 11 personnes interviewées) ont identifié des facteurs ou des problèmes précis qui ont rendu la recherche d'emploi plus difficile au cours de cette période, tels que :

  • le nombre réduit d'emplois disponibles pour diverses raisons, comme les fermetures temporaires et les restrictions liées à la distanciation sociale qui limitaient le nombre d'employés pouvant travailler en personne (8 participants aux groupes de discussion et 6 personnes interviewées);
  • la réticence de certains employeurs à autoriser le travail à domicile, même lorsque cela aurait été possible (3 participants aux groupes de discussion);
  • la vulnérabilité accrue aux maladies graves de certaines personnes en situation de handicap, qui limitait encore davantage leur volonté d'occuper certains emplois ou de sortir de la maison (2 participants aux groupes discussion).

Quelques chercheurs d'emploi ayant participé aux groupes de discussion (6) et personnes interviewées (10) ont suggéré que des difficultés ou des problèmes auxquels ont été confrontés certains participants dans d'autres aspects de leur vie, sur lesquels la pandémie a aussi eu des répercussions, ont également nui à leur capacité à obtenir ou conserver un emploi, notamment :

  • des problèmes de santé mentale ayant parfois des répercussions négatives sur le niveau de préparation à l'emploi ou le maintien en poste (4 participants aux groupes de discussion et 10 personnes interviewées, y compris des chercheurs d'emploi et des représentants d'organismes financés);
  • des difficultés avec la transition vers l'apprentissage en ligne (3 participants aux groupes de discussion et 1 chercheur d'emploi interviewé);

[Traduction]

« Selon ce qu'il m'a dit, il s'était senti totalement dépassé. Il préférait les conversations physiques, en personne, et pas en ligne. »

[Une mère parlant de son fils en situation de handicap.] (chercheur d'emploi interviewé no 12)
  • une détérioration de la santé physique en raison de la COVID 19, qui les a empêchés de travailler (1 participant aux groupes de discussion).

Effets négatifs subis par les employeurs participants

Certains employeurs ayant participé aux groupes de discussion (4) et quelques employeurs interviewés (4) ont indiqué que la pandémie avait eu des effets négatifs ou avait créé des difficultés pour leur organisation, notamment :

  • une capacité limitée d'embaucher des travailleurs en situation de handicap et de les maintenir en poste en raison d'une baisse de revenus, des compressions de personnel ou de l'incertitude opérationnelle (4 personnes interviewées);
  • des fermetures temporaires (2 participants aux groupes de discussion);
  • des difficultés à s'adapter à la nouvelle routine quotidienne chez certains employés neurodivergents, ce qui a nui à leur avancement au travail (1 participant aux groupes de discussion).

Principale constatation 4.2

La pandémie a également entraîné des changements qui ont eu des effets positifs sur la situation d'emploi de certaines personnes en situation de handicap. Le changement le plus notable a été la transition accélérée vers le travail à distance ou hybride, qui a permis à certaines personnes de continuer à travailler pendant la pandémie, et a été particulièrement bénéfique pour les personnes en situation de handicap ayant une mobilité réduite ou faisant face à des obstacles liés au transport.

Hausse du télétravail

Selon les résultats de l'Enquête sur la population active de juin 2020 de Statistique CanadaFootnote 28, parmi les personnes âgées de 15 à 64 ans ayant un problème de santé de longue durée ou une incapacité et occupant un emploi :

  • la majorité (58 %) travaillaient de la maison plutôt que sur leur lieu de travail habituel;
  • environ 29 % travaillaient sur leur lieu de travail habituel à l'extérieur de leur domicile.

Quelques chercheurs d'emploi ayant participé aux groupes de discussion (4) ont indiqué que la pandémie de COVID‑19 avait augmenté les possibilités de travail à distance, lequel est considéré comme une excellente option pour les personnes à mobilité réduite ou ayant une perte de vision, n'ayant pas accès aux transports en commun, ou ayant des difficultés à se rendre au travail. Trois personnes interviewées représentant des organismes financés ont indiqué la même chose et ajouté que la normalisation du travail à distance pendant la pandémie avait ouvert de nouvelles voies d'accès à l'emploi pour les personnes en situation de handicap, en particulier celles à mobilité réduite ou faisant face à des obstacles liés au transport.

Cependant, les constatations de la revue de la littérature indiquent que le travail à distance s'est révélé être à la fois une occasion et un défi pour les personnes en situation de handicap.

  • Les régimes de travail flexibles ont permis à certaines personnes d'accéder à des emplois qu'elles n'auraient pas pu occuper auparavant, en raison d'obstacles liés au transport ou de l'inaccessibilité des lieux de travail, mais de nombreuses personnes en situation de handicap ont eu énormément de difficulté à s'adapter au travail à distance, en raison de mesures d'adaptation inadéquates et de technologies inaccessiblesFootnote 29.
  • Les résultats de l'Enquête canadienne sur l'incapacité de 2017 et de 2022Footnote 30 indiquent que les personnes en situation de handicap ont bénéficié de la hausse du travail à domicile en raison de la diminution des besoins non satisfaits en matière de mesures d'adaptation en milieu de travail, lesquels sont passés de 40 % en 2017 à 35 % en 2022. Toutefois, cette diminution a varié d'un groupe à l'autre et a été moins importante pour les personnes ayant une incapacité plus sévère.

Maintien d'un emploi pendant la pandémie

Quelques chercheurs d'emploi ayant participé aux groupes de discussion (3) ont indiqué qu'ils avaient conservé leur emploi malgré la pandémie, car ils :

  • pouvaient travailler à distance (2 participants);
  • travaillaient dans des secteurs considérés comme des services essentiels et qui sont restés ouverts (par exemple, une pharmacie) (1 participant).

Les données administratives du programme confirment que l'incidence d'emploiFootnote 31 des participants d'une cohorte de 2017 a diminué à approximativement 55 % en 2020 et 54 % en 2021 (comparativement à 60% en 2019), et est remontée à environ 60 % en 2022.

Figure 15 : Incidence d'emploi des participants d'une cohorte de 2017, pour les années 2018 à 2022 (n = 1 381)
Figure 15 : Incidence d'emploi des participants d'une cohorte de 2017, pour les années 2018 à 2022 (n = 1 381)
  • Sources : Rapport technique sur les données administratives – Plateforme de données sur le marché du travail. Cohorte des participants au FIPH du 1er avril 2015 au 31 mars 2017.
Figure 15 : Description textuelle
Année civile Incidence d'emploi (1 381 participants)
2012 36 %
2013 39 %
2014 43 %
2015 45 %
2016 47 %
2017 (année de début) 74 %
2018 63 %
2019 61 %
2020 (COVID‑19) 55 %
2021 54 %
2022 60 %
  • Note : Ces résultats comprennent uniquement ceux des participants ayant débuté le programme entre janvier et mars 2017, inclusivement. Se concentrer sur ces participants a permis d'observer les résultats pendant au moins deux années complètes après le début de la pandémie (c'est-à-dire en 2021 et en 2022).

Nouvelles opportunités pour les participants au programme

Quelques chercheurs d'emploi ayant participé aux groupes de discussion (2) ont déclaré que le contexte de la pandémie avait eu des effets positifs sur leur situation sur le marché du travail ou sur leurs perspectives d'emploi futures, en les aidant à saisir des occasions d'emploi qui ne leur auraient pas été offertes autrement, en raison de difficultés de recrutement auxquelles ont été confrontés certains employeurs, ou parce que des postes précis ont dû être créés pour répondre aux demandes croissantes ou changeantes induites par la pandémie.

Tous les employeurs ayant participé aux groupes de discussion (9 sur 9) ont indiqué que, malgré les difficultés qu'elle a engendrées, la pandémie a également eu au moins un bienfait ou une répercussion positive sur leur organisation, ce qui pourrait être considéré comme étant particulièrement bénéfique pour l'embauche ou le soutien des travailleurs en situation de handicap. Quelques exemples incluent que ce contexte :

  • a forcé ou accéléré la transition vers le travail à distance ou hybride (3 employeurs);
  • a renforcé l'accent placé sur la santé et la sécurité ou le bien‑être en milieu de travail (3 employeurs);
  • les a encouragés à élaborer de nouveaux outils de formation virtuelle (2 employeurs);
  • a entraîné une forte croissance de la demande dans leur industrie, ce qui a mené à une augmentation de l'embauche (1 employeur).

Conclusion et recommandations

Le FIPH soutient de manière générale la réalisation des objectifs du programme en offrant aux chercheurs d'emploi en situation de handicap et à leurs employeurs des mesures de soutien flexibles, personnalisées, et axées sur le handicap. Le programme soutient également les objectifs de la Stratégie d'emploi pour les Canadiens en situation de handicap annoncée récemment et du Plan d'action pour l'inclusion des personnes en situation de handicap du Canada. Pour ce faire, il promeut l'embauche inclusive, accroît le niveau de sensibilisation des employeurs, aide à renforcer les capacités des Autochtones et des communautés, et soutient de plus en plus les voies d'accès flexibles à l'emploi, comme le travail autonome.

Cependant, la complexité du processus de demande et la promotion limitée du programme auprès de la clientèle (chercheurs d'emploi et employeurs) et des bénéficiaires de financement potentiels peuvent restreindre l'accès au programme. Ces défis semblent restreindre le degré de sensibilisation à l'égard des mesures de soutien et des services offerts par les bénéficiaires de financement, ainsi que l'accès de certains organismes au programme, notamment les petits organismes ou ceux situés dans des collectivités rurales et éloignées, qui n'ont peut‑être pas la capacité de mener à bien des processus de demande longs ou complexes.

En évaluant la contribution du programme aux résultats en matière d'emploi des personnes en situation de handicap, les résultats de l'évaluation démontrent que le programme contribue à leur préparation à l'emploi, en aidant ces personnes à acquérir les compétences et la confiance nécessaires pour obtenir un emploi et trouver de nouvelles opportunités d'emploi.

L'analyse de l'impact différentiel du programme révèle que celui-ci a mené à des améliorations dans les liens des participants avec le marché du travail. En moyenne, les participants aux activités du programme gagnaient 1 180 dollars de plus par an et avaient une incidence d'emploi plus élevée de 3,7 pp, par rapport à des non‑participants ayant un profil similaire, dans les 5 années suivant la participation. Parmi les activités du programme, ceux ayant participé aux activités d'expérience de travail subventionnée et de développement de compétences pour l'emploi ont connu les impacts positifs les plus grands, comparativement aux non‑participants ayant un profil similaire. À l'instar de ce qui a été observé pour d'autres programmes relatifs au marché du travail, on peut constater de faibles impacts positifs sur les résultats en matière d'emploi des participants ayant reçu uniquement des services améliorés d'aide à l'emploi.

Tous les groupes sociodémographiques présentent des impacts positifs nets moyens sur leurs résultats en matière d'emploi. Toutefois, des données qualitatives et quantitatives montrent que les participants issus de certains groupes sociodémographiques semblent présenter des impacts plus ou moins grands que d'autres, et que des groupes précis de personnes en situation de handicap peuvent faire face à des obstacles supplémentaires à l'obtention de résultats positifs en matière d'emploi.

Le programme soutient également les employeurs de diverses manières dans le but de les encourager à embaucher des personnes en situation de handicap. Pour ce faire, il leur fournit notamment de plus amples informations sur l'embauche de personnes en situation de handicap, des services de jumelage d'emplois et de travailleurs, des subventions salariales, et du soutien continu pour les aider à intégrer et maintenir en poste les employés en situation de handicap.

Enfin, la pandémie de COVID‑19 a créé de nombreuses difficultés pour les employés et les employeurs, en particulier les personnes en situation de handicap qui souhaitaient obtenir ou conserver un emploi. Cependant, elle a également offert de nouvelles possibilités, notamment en raison de la transition vers le travail à distance, qui était plus rare avant la pandémie.

Recommandations

Recommandation 1: Continuer à explorer des stratégies visant à offrir davantage de soutien aux participants faisant face à des obstacles complexes ou ayant besoin de mesures de soutien plus intensives ou à plus long terme pour se joindre au marché du travail et y demeurer.

Bien que le programme ait aidé de nombreuses personnes à améliorer leur employabilité ou leur situation professionnelle, différents obstacles continuent d'empêcher certains participants d'accéder aux mesures de soutien du programme, d'intégrer le marché du travail, ou de conserver un emploi à moyen et à long terme. Les principaux obstacles relevés comprennent les obstacles culturels, les obstacles précis associés aux handicaps physiques, y compris les limites relatives à la mobilité, le cumul d'obstacles liés au fait de vivre dans une collectivité rurale ou isolée, ainsi que les obstacles particuliers auxquels sont confrontées les personnes ayant un handicap invisible, lesquels peuvent nécessiter des mesures de soutien et des services plus intensifs ou d'une plus grande gamme. Bon nombre de ces obstacles sont de nature structurelle ou systémique et ne relèvent pas directement du programme. Cependant, le programme pourrait explorer les mesures additionnelles ou les partenariats, telles que des mesures de soutien mieux adaptées sur le plan culturel, ce qui pourrait contribuer à surmonter ces obstacles tout en aidant les chercheurs d'emploi en situation de handicap à tirer pleinement parti des mesures de soutien et des ressources complémentaires qu'ils pourraient obtenir par l'entremise d'autres programmes ou services.

Recommandation 2: Collaborer avec les partenaires et les intervenants du programme (par exemple, les bénéficiaires de financement) afin de mieux faire connaître le programme et d'en améliorer l'accès, en clarifiant les rôles et les responsabilités pour ce qui est de mieux promouvoir les services financés auprès des chercheurs d'emploi et des employeurs, ainsi qu'en simplifiant le processus de demande de financement.

Les constatations de l'évaluation actuelle et des évaluations précédentes ont révélé que les participants potentiels, qu'il s'agisse de chercheurs d'emploi ou d'employeurs, ne connaissent pas suffisamment le programme. Les organismes bénéficiaires de financement s'efforcent actuellement de diffuser de l'information sur les services et les mesures de soutien qu'ils offrent par l'entremise de leurs propres réseaux. Cependant, il y a un manque de clarté quant au rôle que pourraient jouer le Ministère et d'autres intervenants clés du programme pour communiquer de manière proactive avec les personnes en situation de handicap qui ne sont pas déjà en contact avec les organismes financés et pourraient avoir besoin de conseils pour trouver et accéder aux services et mesures de soutien dont elles ont besoin.

Considération

Considération 1: Poursuivre les efforts visant à combler les lacunes en matière de données sur le rendement tout en raffinant les indicateurs utilisés pour suivre les progrès réalisés par les participants au programme.

Selon les données du programme utilisées dans le cadre de l'évaluation (jusqu'en 2022), des lacunes continuent d'être observées en ce qui concerne les indicateurs et les données recueillies à des fins de mesure du rendement. Ces lacunes ont été relevées dans le cadre d'évaluations antérieures et comprennent la non‑disponibilité de données détaillées sur les activités de développement de compétences pour l'emploi, et le manque d'informations sur les employeurs participants, ce qui complique l'évaluation des progrès réalisés à l'égard de certains résultats du programme, dont les résultats qui concernent les employeurs. Bien que le programme ait récemment commencé à apporter des améliorations à ces éléments, notamment en ce qui a trait à la collecte de données auprès des employeurs participants, il serait utile de continuer à explorer la possibilité d'apporter d'autres améliorations en vue d'orienter les activités d'analyse des politiques, de recherche et d'évaluation.

Annexe A – Principales constatations et recommandations de l'évaluation précédente

Le cycle d'évaluation précédent comprenait une évaluation sommative en deux phases.

La phase 1 s'est terminée en 2018 et s'est concentrée sur la mise en œuvre des réformes annoncées dans les budgets fédéraux de 2012 et de 2014. Voici un aperçu des principales constatations :

  • Environ 22 % des répondants au sondage ont indiqué qu'ils n'auraient probablement pas trouvé d'emploi s'ils n'avaient pas participé au programme.
  • Après le programme, un plus grand nombre de participants ont trouvé un emploi, sont devenus travailleur autonome ou sont retournés aux études :
    • 55 % pour l'exercice financier 2016 à 2017;
    • 42 % pour l'exercice financier 2012 à 2013.
  • De nombreux facteurs influent sur la capacité d'un participant à occuper un emploi ou à devenir travailleur autonome après sa participation au programme, notamment :
    • la maladie ou l'invalidité;
    • l'incapacité à obtenir un revenu d'emploi supérieur aux prestations d'aide sociale disponibles;
    • le manque d'accès à des moyens de transport adaptés;
    • la famille ou d'autres responsabilités personnelles.
  • Le FIPH pourrait servir davantage de clients et il serait possible de mieux faire connaître le programme aux employeurs.

Voici les recommandations de l'évaluation de la phase 1 :

  • Continuer de conscientiser les employeurs quant à la précieuse contribution que peuvent apporter les personnes en situation de handicap et aux diverses mesures de soutien disponibles pour faciliter leur embauche et leur intégration en milieu de travail.
  • Examiner la possibilité de prolonger la disponibilité des mesures de soutien et les suivis auprès des participants.
  • Clarifier davantage le concept d'innovation sociale et la façon dont il doit être appliqué dans le contexte du programme, et établir des critères précis aux fins d'évaluation et de suivi.
  • Harmoniser davantage le modèle logique du programme avec les réformes et les nouvelles orientations stratégiques du programme, et continuer à améliorer les indicateurs utilisés à des fins de mesure du rendement.

La phase 2 a pris fin en 2020 et était axée sur les résultats à plus long terme des participants et l'expérience des employeurs avec le programme. Voici un aperçu des principales constatations :

  • Au cours des 5 années qui ont suivi leur participation, les revenus annuels moyens des participants ont augmenté de 38 % en raison de leur participation au programme. Cela se traduit par des revenus supérieurs d'environ 1 100 dollars à ceux des non‑participants présentant des caractéristiques semblables.
  • Les activités de développement de compétences pour l'emploi et d'expérience de travail subventionnée ont été les plus efficaces du programme pour améliorer les possibilités d'emploi des participants et réduire le recours aux prestations d'aide sociale.
  • Dans l'ensemble, chaque investissement d'un dollar dans le FIPH rapporte 1,7 dollar sur une période de 10 ans après l'activité.

Voici les recommandations de l'évaluation de la phase 2 :

  • Examiner les moyens de communiquer directement avec les employeurs participants à des fins de mesure du rendement.
  • Recueillir des données plus détaillées sur l'activité de développement de compétences pour l'emploi afin de mieux comprendre les éléments qui contribuent à des changements dans l'emploi et les revenus d'emploi.
  • Réexaminer la limite de six mois imposée aux programmes de formation à la suite des réformes des programmes.

Annexe B – Description détaillée des activités du programme

Les descriptions suivantes des activités du programme sont fondées sur le contenu des appels de propositions de 2018 et de 2023 du FIPH.

Volet Compétences et emploi (maintenant le volet 1 – volet axé sur les participants)

Activités d'expérience de travail (subventionnée ou non subventionnée)

Les activités d'expérience de travail offrent un soutien aux employeurs pour les encourager à embaucher des personnes en situation de handicap qu'ils n'auraient peut‑être pas embauchées autrement. Ces activités peuvent être subventionnées ou non et peuvent être combinées à des activités de soutien accru aux employeurs.

Lorsqu'une subvention salariale est accordée à l'employeur, il doit s'agir d'une part établie du salaire réel versé au participant et des charges sociales de l'employeur. Le salaire payé par l'employeur doit être équivalent à celui qui prévaut dans le marché du travail actuel pour le poste occupé par le participant.

Activités de développement de compétences pour l'emploi

Les activités de développement de compétences pour l'emploi permettent aux participants d'acquérir et de développer des compétences nécessaires à l'obtention d'un emploi, des plus élémentaires aux plus avancées.

Ces activités, au cours desquelles les participants peuvent recevoir un soutien du revenu et d'autres mesures de soutien, doivent servir à fournir de la formation aux participants afin de les préparer à des possibilités d'emploi précises dans un secteur stable ou en expansion, où ils peuvent raisonnablement s'attendre à obtenir un emploi. La formation professionnelle relative aux activités de développement de compétences pour l'emploi doit refléter les possibilités d'emploi locales actuelles ou futures. La formation peut être offerte à temps plein ou à temps partiel, et peut comprendre des cours de courte durée en salle de classe, de l'apprentissage à distance, de l'apprentissage en ligne, ou des cours par correspondance.

Services améliorés d'aide à l'emploi

Les services améliorés d'aide à l'emploi soutiennent la prestation d'un ensemble d'activités (services spéciaux) adaptées aux besoins des personnes en situation de handicap et visant à faciliter leur intégration au marché du travail. Ces services aident ces personnes à se préparer à l'emploi, et à trouver, obtenir et conserver un emploi.

Activités de soutien accru aux employeurs

Ces activités visent à aider les employeurs à se préparer à l'intégration ou à l'inclusion de personnes en situation de handicap dans leur milieu de travail et comprennent normalement des activités qui précèdent le placement de participants avec les employeurs.

Activités d'aide au travail autonome

Les activités d'aide au travail autonome offrent un soutien aux personnes en situation de handicap afin de favoriser leur indépendance financière. Les participants peuvent recevoir un soutien du revenu et d'autres mesures de soutien de la part de l'organisme bénéficiaire, y compris une aide sous forme de services techniques et de services de consultation pour leur permettre d'évaluer leur concept d'entreprise, d'élaborer un plan d'affaires et de lancer leur entreprise.

Les participants doivent prouver leur capacité à investir personnellement dans leur entreprise. Leur investissement personnel doit représenter au moins 10 % du coût de lancement de leur entreprise.

Volet Travailler avec les employeurs (maintenant le volet 2 – volet Employeur)

Activités de sensibilisation des employeurs

Les activités de sensibilisation des employeurs visent à valoriser les personnes en situation de handicap au sein de la communauté des employeurs et à mettre en évidence les capacités et les compétences des travailleurs en situation de handicap. Ces activités peuvent notamment consister à travailler avec la communauté des employeurs dans le but d'éliminer les obstacles et d'accroître les possibilités d'emploi pour les personnes en situation de handicap, tout en aidant les employeurs à se préparer à l'intégration de ces dernières dans leur milieu de travail. Ces activités doivent servir à promouvoir la précieuse contribution des personnes en situation de handicap à la main‑d'œuvre.

Activités de soutien accru aux employeurs

Les activités de soutien accru aux employeurs visent à aider ces derniers à se préparer à l'intégration ou à l'inclusion de personnes en situation de handicap dans leur milieu de travail, en prévision de l'embauche future de personnes en situation de handicap.

Services de jumelage (cycle de financement de 2018 à 2022 seulement)

Les services de jumelage visent à établir des liens entre les employeurs à la recherche d'employés et les personnes en situation de handicap à la recherche d'un emploi, tout en offrant un soutien aux deux parties tout au long du processus d'embauche et d'intégration. Ces services ont été fournis par le FIPH dans le cadre d'un projet pilote de 5 ans qui a commencé au cours de l'exercice financier 2018 à 2019.

Volet 3 – volet Avancement professionnel (cycle de financement actuel seulement)

Expérience de travail menant à l'avancement professionnel

Ces activités peuvent notamment consister à couvrir et à subventionner les coûts que doivent assumer les employeurs lorsqu'ils offrent des placements professionnels, des stages, ou des possibilités d'observation dans un poste de travail, pour une courte durée (jusqu'à 12 mois), à des employés en situation de handicap. Ces activités ont pour but de les aider à développer de nouvelles aptitudes et compétences, ou à améliorer celles-ci, ainsi qu'à acquérir de l'expérience de travail dans certains domaines d'expertise (par exemple, passer d'un poste de commis à l'inventaire à un poste de commis comptable ou d'adjoint de bureau).

Développement de compétences pour l'avancement

Ces activités peuvent notamment consister à mettre en place des mesures visant à aider les personnes en situation de handicap occupant un emploi à mieux évaluer et formuler leurs besoins, ou à aider les employeurs à revoir les processus de travail ou la division des tâches, et à favoriser l'avancement et la réussite de leurs employés en situation de handicap en réorganisant le travail en fonction de leurs forces.

Mesures de soutien aux employeurs nécessaires à l'avancement professionnel

Les activités de mesures de soutien aux employeurs nécessaires à l'avancement professionnel visent à aider les employeurs à soutenir l'avancement professionnel des personnes en situation de handicap dans leur milieu de travail. Elles comprennent normalement des activités qui précèdent le placement des participants avec les employeurs. Toutefois, ces activités peuvent également être offertes après le placement de participants, en vue de faciliter l'établissement d'une bonne relation de travail et de promouvoir la réussite à long terme.

Annexe C – Modèle logique du FIPH

Annexe C – Modèle logique du FIPH
  • Source : Profil de l'information sur le rendement du FIPH (version de juillet 2019).
Annexe C – Modèle logique du FIPH : Description textuelle
  • Intrants
    • 1. Budget, personnel et ressources matérielles du programme
  • Activités
    • 2.1 EDSC administre un programme de contribution qui fournit un financement de projet aux bénéficiaires admissibles.
    • 2.2 Les bénéficiaires de financement mettent en œuvre des projets relatifs au marché du travail à l'intention de participants en situation de handicap et/ou d'employeurs.
  • Extrants
    • 3.1 Les participants en situation de handicap ont bénéficié d'une formation et/ou de mesures de soutien à l'emploi.
    • 3.2 Les employeurs participants ont bénéficié de soutiens en matière de sensibilisation et de renforcement des capacités, et/ou ont été mis en relation avec des personnes en situation de handicap à la recherche d'un emploi.
  • Résultats immédiats
    • 4.1 L'employabilité des participants en situation de handicap s'est améliorée.
    • 4.2 Les employeurs participants sont davantage en mesure d'embaucher des personnes en situation de handicap et de les soutenir dans leur milieu de travail.
  • Résultats intermédiaires
    • 5.1 Les participants en situation de handicap retournent aux études et/ou trouvent et conservent un emploi.
    • 5.2 Les employeurs participants embauchent des personnes en situation de handicap et les maintiennent en poste.
  • Résultat final
    • 6.1 Les participants en situation de handicap sont intégrés au marché du travail et les employeurs participants ont mis en place des pratiques d'embauche et d'emploi inclusives.

Annexe D – Questions d'évaluation

Composante sommative

Conception, mise en œuvre et portée du programme

  • 1. Dans quelle mesure et de quelle façon la conception et le modèle de mise en œuvre du FIPH soutiennent‑ils ou entravent‑ils la réalisation des objectifs du programme?
    • 1.1 Dans quelle mesure et de quelle façon le FIPH répond‑il aux besoins des chercheurs d'emploi en situation de handicap admissibles et à ceux issus de groupes spécifiques au sein de cette population?
    • 1.2 Existe‑t‑il un besoin de mesures de soutien ou de services additionnels (complémentaires ou alternatifs)?
    • 1.3 Dans quelle mesure la promotion du programme auprès des fournisseurs de services susceptibles d'être admissibles à un financement et des participants (c'est-à-dire les chercheurs d'emploi en situation de handicap admissibles) est‑elle efficace?
    • 1.4 Certains groupes de chercheurs d'emploi en situation de handicap sont‑ils moins susceptibles de connaître le programme ou d'y avoir accès, et pourquoi?
    • 1.5 Existe‑t‑il d'autres facteurs ou obstacles susceptibles d'avoir une influence sur la portée ou l'accessibilité du programme?

Résultats pour les participants (personnes en situation de handicap)

  • 2. Dans quelle mesure et de quelle façon le programme aide‑t‑il les participants à améliorer leur employabilité, à entrer sur le marché du travail, ou à y demeurer?
  • 3. De quelle façon le type de handicap, le genre, ou d'autres facteurs identitaires croisés, influencent‑ils l'expérience des participants au programme et leurs résultats?
    • 3.1 Existe‑t‑il des facteurs programmatiques, systémiques ou externes qui permettraient d'expliquer les différences liées au genre ou à d'autres facteurs identitaires croisés, le cas échéant?

Activités axées sur les employeurs et résultats connexes

  • 4. Dans quelle mesure les mesures de soutien et les services offerts dans le cadre du programme aident‑ils efficacement les employeurs à embaucher des travailleurs en situation de handicap, et à maintenir ces derniers en poste?
    • 4.1 De quelle façon les activités du programme encouragent‑elles les employeurs à diversifier leur main‑d'œuvre en embauchant des personnes en situation de handicap?
    • 4.2 Dans quelle mesure les mesures de soutien et les services offerts dans le cadre du FIPH, et la manière dont ils sont fournis, répondent‑ils aux besoins des employeurs, et pourquoi?
    • 4.3 Dans quelle mesure les organismes financés par le FIPH font‑ils efficacement la promotion de ces services et de ces mesures de soutien auprès des employeurs?
    • 4.4 Dans quelle mesure et de quelle façon la participation au programme a‑t‑elle eu une influence sur l'attitude des employeurs à l'égard de l'embauche de personnes en situation de handicap?
    • 4.5 Existe‑t‑il d'autres mesures de soutien ou d'appui qui pourraient encourager encore davantage les employeurs joints dans le cadre de ces activités à embaucher un plus grand nombre de personnes en situation de handicap?

Pandémie de COVID‑19

  • 5. Quelle a été l'impact de la pandémie de COVID‑19 sur les possibilités d'emploi des participants au programme (ou des personnes en situation de handicap en général) et quelles ont été les conséquences pour leurs employeurs et le programme?

Composante formative

En ce qui concerne les projets qui ont débuté en 2023

  • 6. Dans quelle mesure et de quelle façon le FIPH cadre‑t‑il avec les objectifs de la Stratégie d'emploi pour les Canadiens en situation de handicap, et du Plan d'action pour l'inclusion des personnes en situation de handicap du Canada de manière plus générale?
    • 6.1 Est‑il nécessaire d'améliorer certains aspects de la conception ou du modèle de mise en œuvre du FIPH pour que ce dernier cadre mieux avec les objectifs de la Stratégie ou du Plan, et pourquoi?
    • 6.2 Y a‑t‑il encore des lacunes dans ces domaines? Des leçons ont‑elles été apprises du processus de mise en œuvre?

Annexe E – Sources de données et méthodologie

Bilan documentaire et revue de la littérature

L'évaluation précédente du FIPH s'est terminée en 2020. Une revue de la littérature préliminaire a été rédigée pour la présente évaluation en 2022, avant que le plan d'évaluation actuel et les questions de recherche ne soient approuvés.

La revue de 2022 a examiné la littérature portant sur le contexte général de l'emploi et des personnes en situation de handicap. Avant cela, en 2020, une revue effectuée dans le cadre d'une évaluation des ententes sur le développement de la main‑d'œuvre, mais également utile pour le programme, a été réalisée. Elle a porté sur l'efficacité de divers types d'activités visant à aider les personnes en situation de handicap.

La revue effectuée dans le cadre de la présente évaluation portait donc sur des sources, notamment des revues spécialisées, de la littérature grise, et des documents du gouvernement, publiées après l'achèvement des deux rapports précédents, et portant sur des sujets étroitement liés aux questions d'évaluations :

  • conception et mise en œuvre du programme;
  • résultats pour les personnes en situation de handicap;
  • mobilisation des employeurs;
  • impact de la pandémie de COVID‑19.

Dans le cadre de la revue de la littérature, des recherches par mots clés ont été effectuées dans la base de données EBSCO à l'aide de certains termes, notamment :

  • personne(s) en situation de handicap;
  • employabilité;
  • recherche d'emploi;
  • obstacle(s);
  • accessibilité;
  • mesure(s) de soutien;
  • opportunités(s);
  • intervention(s);
  • gouvernement;
  • intersectionnalité;
  • identité(s);
  • genre;
  • employeur(s);
  • subvention(s) salariale(s);
  • pandémie de COVID‑19

Ces recherches par mots clés ont permis de créer une liste de sources qui a été affinée en fonction de la pertinence des sources et complétée par divers documents gouvernementaux. Ces travaux ont permis de constituer une bibliographie de 70 sources en anglais, dont la plupart ont été publiées depuis 2020.

Comme il y avait relativement peu d'études canadiennes pertinentes, des études internationales ont été incluses si elles traitaient de sujets étroitement liés à l'évaluation actuelle.

Groupes de discussion

Des groupes de discussion ont été organisés pour recueillir des informations détaillées auprès d'un échantillon de chercheurs d'emploi et d'employeurs participants sur l'ensemble des sujets et des questions d'évaluation, à l'exception de la question d'évaluation 6, qui ne s'appliquait pas.

Groupes de discussion avec des chercheurs d'emploi

Les chercheurs d'emploi participants ont été sélectionnés à l'aide d'un échantillonnage par choix raisonné. L'objectif était de diversifier autant que possible le profil des participants, tout en permettant d'effectuer des comparaisons entre les expériences et les points de vue des participants de différentes catégories ou de différents groupes (en matière d'activités de programme, de type de handicap ou de profil sociodémographique).

Le recrutement a débuté à la mi‑octobre 2024 et s'est terminé à la mi‑février 2025, date à laquelle le dernier groupe de discussion avec des chercheurs d'emploi a eu lieu.

Au total, 1 587 invitations ont été envoyées et 78 participants au programme ont pris part à un groupe de discussion. Il s'agit d'un taux de réponse global d'environ 5 %. Comme le montre le tableau ci‑dessous, l'échantillon de participants aux groupes de discussion est composé de participants au programme ayant pris part à diverses activités du programme.

Tableau 6 : Répartition des participants aux groupes de discussion par activité de programme
Activité ou activités de programme entreprises (selon les données administratives) Nombre et pourcentage de participants aux groupes de discussion
Expérience de travail (non subventionnée) uniquement 1 (1 %)
Expérience de travail (subventionnée) uniquement 8 (10 %)
Services améliorés d'aide à l'emploi uniquement 40 (51 %)
Aide au travail autonome 2 (4 %)
Développement de compétences pour l'emploi uniquement 16 (21 %)
Services améliorés d'aide à l'emploi et expérience de travail (non subventionnée) 5 (6 %)
Services améliorés d'aide à l'emploi et expérience de travail (subventionnée) 4 (5 %)
Développement de compétences pour l'emploi et expérience de travail (subventionnée) 1 (1 %)
Services améliorés d'aide à l'emploi et développement de compétences pour l'emploi 1 (1 %)
Total 78 (100 %)

Groupes de discussion avec des employeurs

Le Ministère ne recueille pas les coordonnées des employeurs qui bénéficient de mesures de soutien ou de services offerts par le programme (y compris les subventions salariales). Par conséquent, afin de recruter des employeurs pour les groupes de discussion et les entrevues individuelles, une lettre rédigée en collaboration avec le groupe de travail chargé de l'évaluation a été distribuée par le personnel régional du programme de Service Canada à 56 organismes ayant reçu un financement du programme dans le cadre du cycle d'évaluation actuel et du cycle précédent. Cette lettre les invitait à fournir les coordonnées d'un échantillon d'au moins 5 employeurs auxquels leur organisme a fourni des services et des mesures de soutien du programme de 2018 à 2022.

Au total, 39 organismes financés ont envoyé des listes d'employeurs participants à la Direction de l'évaluation. Ces dossiers contenaient un total de 806 employeurs. Les employeurs provenant de régions où il était possible de recruter un nombre suffisant de participants pour organiser une discussion de groupe ont été regroupés. Les autres employeurs ont été placés dans une liste séparée, qui a été utilisée pour recruter des employeurs pour les entrevues individuelles menées en parallèle.

Au total, 466 employeurs ont été invités à participer à un groupe de discussion et neuf d'entre eux y ont pris part, ce qui représente un taux de réponse d'environ 2 %. Parmi ces employeurs, trois provenaient de l'Ontario et six de l'Ouest du Canada. Ils avaient tous bénéficié de subventions salariales.

Limites et considérations méthodologiques

  • Les points de vue et les expériences vécues dont ont fait part les participants aux groupes de discussion ne peuvent pas nécessairement être généralisées à l'ensemble de la population de participants au programme ni à l'ensemble de la population des chercheurs d'emploi en situation de handicap, qui sont toutes deux très diversifiées.
  • Malgré les efforts visant à diversifier autant que possible le profil des participants aux groupes de discussion, les participants au programme ayant répondu positivement aux invitations à prendre part à un groupe de discussion ne comprenaient pas de personnes provenant de segments de population difficiles à joindre, y compris les Autochtones vivant dans une réserve et les personnes habitant dans les territoires.
  • Les participants aux groupes de discussion peuvent avoir des caractéristiques précises en commun qui les différencient des autres participants du programme, et qui ne peuvent pas nécessairement être mesurées ou évaluées à l'aide des données du programme, comme leurs attitudes personnelles ou leur degré d'intérêt à l'égard des sujets discutés.
  • Divers facteurs externes au programme, qui ne sont pas reflétés dans les données du programme ou qui n'ont pas nécessairement été mentionnés par les participants aux groupes de discussion, comme des changements dans les conditions du marché du travail local, peuvent avoir eu une influence sur la réalisation des résultats du programme, que ce soit de manière positive ou négative.

Entrevues avec des intervenants clés

Échantillonnage et recrutement des personnes interviewées

En ce qui concerne les entrevues avec le personnel d'EDSC et de Service Canada, les participants ont été recrutés à partir d'une liste de personnes pouvant potentiellement être interviewées. Cette liste a été préparée par les membres du groupe de travail et envoyée à la Direction de l'évaluation. Cette liste comprenait des personnes ayant une expertise dans un ou plusieurs des domaines suivants :

  • la réalisation de projets nationaux du FIPH, impliquant des interactions directes avec les organismes financés;
  • la prestation de conseils et de directives opérationnelles aux bureaux régionaux de Service Canada;
  • l'élaboration d'appels de propositions et l'évaluation de demandes;
  • la conception des politiques du programme et des améliorations récentes;
  • l'élaboration et la mise en œuvre du profil de l'information sur le rendement et des outils connexes;
  • les difficultés auxquelles se sont heurtées les personnes en situation de handicap sur le marché du travail, y compris les questions liées à l'accessibilité.

Pour ce qui est des entrevues avec les organismes bénéficiaires de financement, une méthode d'échantillonnage par choix raisonné a été utilisée pour sélectionner les participants à partir d'une liste de 68 organismes. Cette liste comprenait 53 organismes financés à la fois dans le cadre du cycle de financement actuel et du cycle précédent, et 15 organismes financés uniquement dans le cadre du cycle précédent (de 2018 à 2022). Les organismes financés uniquement dans le cadre du cycle actuel ont été exclus de l'échantillon en raison de leur expérience limitée de la prestation de services financés par l'entremise du FIPH.

Au total, 24 organismes financés ont été invités à une entrevue et 17 y ont participé. L'échantillonnage de ces organismes a été fait de manière à garantir la représentation de chaque région de Service Canada et d'une variété de types de projets, tant en ce qui concerne les activités du programme et la portée des projets (régionale ou nationale).

Les chercheurs d'emploi ayant participé aux entrevues individuelles ont également été recrutés au moyen d'un échantillonnage par choix raisonné. Après les groupes de discussion, la composition sociodémographique des participants a été analysée pour identifier les groupes sous‑représentés au sein de la population du programme. Un total de 373 invitations ont été envoyées par courriel à des participants chercheurs d'emploi issus de ces segments de population précis. Ces invitations ont permis de réaliser 14 entrevues, ce qui représente un taux de réponse d'environ 4 %.

Enfin, pour les entrevues avec les employeurs participants, en raison du nombre limité de participants potentiels, tous ceux qui n'ont pas été invités à un groupe de discussion ont reçu une invitation à participer à une entrevue individuelle. Les personnes qui souhaitaient participer à un groupe de discussion, mais qui n'étaient pas disponibles à la date et à l'heure proposées, ont également été invitées à une entrevue individuelle. Ainsi, un total de 12 employeurs participants ont pu être interviewés.

En tout, 53 entrevues ont été réalisées avec des participants provenant de 5 principaux groupes, répartis comme suit :

Tableau 7 : Répartition des informateurs clés par catégorie
Groupe d'informateurs clés Nombre de participants
Personnel du programme d'EDSC et de Service Canada – administration centrale 5
Personnel du programme d'EDSC et de Service Canada – bureaux régionaux 3
Organismes financés par l'entremise du FIPH et partenaires de projet 19
Chercheurs d'emploi 14
Employeurs 12
Total 53

Limites et considérations méthodologiques

  • Les constatations découlant des entrevues ne peuvent pas être généralisées à l'ensemble des chercheurs d'emploi, des employeurs ou des bénéficiaires de financement, en particulier ceux qui n'ont pas participé à l'évaluation. Toutefois, les informateurs clés ont été sélectionnés de manière à garantir la représentation de divers types de projets financés (en ce qui concerne la portée, la région et le type d'activités du programme offertes), d'intervenants jouant différents rôles dans le programme, et de chercheurs d'emploi provenant de différents groupes sociodémographiques.
  • Les profils démographiques et les caractéristiques des participants sélectionnés pourraient ne pas refléter ceux de l'ensemble de la population servie par l'entremise du FIPH, ce qui limite l'applicabilité des résultats. Par exemple, malgré les efforts visant à suréchantillonner les chercheurs d'emploi appartenant à des groupes précis, certains groupes sous‑représentés, incluant les participants provenant des territoires et les participants ayant acquis une expérience de travail non subventionnée, n'ont pas répondu positivement aux invitations et ne sont donc pas représentés dans l'échantillon.

Données administratives liées et analyse des impacts nets

L'analyse des données administratives liées a été réalisée au moyen d'une méthode quantitative d'apprentissage automatique causal appelée « forêts causales modifiées ». Cette méthode a permis d'estimer les impacts du programme. Les forêts causales modifiées constituent une méthode quantitative d'apprentissage automatique causal conçue pour estimer les effets de traitement hétérogènes et l'élaboration d'une politique optimale.

Les résultats des participants au FIPH (groupe traité) qui ont commencé à participer aux activités du programme entre avril 2015 et mars 2017 ont été comparés à ceux des personnes qui étaient admissibles, mais qui n'ont reçu qu'une mesure de soutien limitée ou qui n'ont pas participé (groupe témoin). Le groupe témoin est composé de personnes ayant bénéficié de services d'aide à l'emploi de faible intensité dans le cadre des ententes sur le développement du marché du travail et ayant déclaré être en situation de handicap. Ces personnes ont été sélectionnées au cours de la même période de référence et ont été jumelées selon des caractéristiques observables afin de garantir la comparabilité.

Les données analysées proviennent de la plateforme de données du Programme du marché du travail conçue par la Direction de l'évaluation d'EDSC. Cette plateforme contient des données intégrées provenant de diverses sources, y compris les données administratives du FIPH, des données de l'assurance‑emploi (y compris des données sur les demandes de prestations applicables à la partie I de la Loi sur l'assurance‑emploi, et des données sur la participation au programme applicables à la partie II de la Loi sur l'assurance‑emploi), ainsi que des données relatives à l'impôt sur le revenu fournies par l'Agence du revenu du Canada. Tous les éléments permettant d'identifier des individus ont été supprimés aux fins de protection des informations personnelles et de la confidentialité.

Les résultats des participants sur le marché du travail ont été évalués à l'aide des données relatives à l'impôt sur le revenu. Les résultats mesurés incluent, notamment, l'incidence d'emploi, les revenus d'emploi, le recours aux prestations d'assurance‑emploi, et le recours aux prestations d'aide sociale. Ces indicateurs ont été présentés sous forme de moyennes annuelles sur une période de 5 ans suivant la participation.

Limites et considérations méthodologiques

  • Les résultats ne peuvent être rapportés qu'en fonction de l'année civile, principalement en raison de la structure des données des relevés T1 et T4 de l'Agence du revenu du Canada. De plus, il n'a pas été possible de déterminer si les participants occupaient un emploi à temps plein ou à temps partiel.
  • Les analyses n'ont pu être menées que relativement aux types de handicap communs aux participants et aux non‑participants. En effet, les classifications des handicaps déclarées par les participants et les non‑participants ne sont pas les mêmes.
  • Les résultats de la présente étude ne sont pas directement comparables à ceux d'analyses antérieures semblables du programme. Toute comparaison doit être effectuée avec prudence.
  • Il se peut que des différences préexistantes entre les participants et les non‑participants n'aient pas été prises en compte lors du processus de jumelage. Il n'a pas été possible d'exclure complètement l'incidence de ces facteurs non observés.

Analyse coûts‑bénéfices

La période de référence utilisée pour l'analyse coûts‑bénéfices correspond à celle de la cohorte de participants d'avril 2015 à mars 2017. Les résultats observés 5 ans après leur participation ont ensuite été projetés sur 5 années supplémentaires, ce qui donne une période d'analyse de 10 ans après la participation.

Limites et considérations méthodologiques

  • L'analyse coûts‑bénéfices est fondée sur les coûts et les avantages quantifiables. En commençant par les bénéfices, les éléments pris en compte incluent à la fois la rémunération et les avantages sociaux. Ils incluent également les impôts sur le revenu payés et les taxes de vente, les prestations d'assurance‑emploi et d'aide sociale reçues, les cotisations d'assurance‑emploi versées, les cotisations au Régime de pensions du Canada ou au Régime de rentes du Québec, et les économies de coûts en soins de santé publics. À l'exception des avantages sociaux et des taxes de vente, ces avantages ont tous été estimés à l'aide de méthodes quasi expérimentales.
  • Les économies de coûts en soins de santé ont été estimées en fonction des données administratives du programme et des données sur les coûts moyens des soins de santé publics, tirées d'un rapport de l'Institut canadien d'information sur la santéFootnote 32.
  • Pour ce qui est des coûts, l'analyse a pris en compte les coûts directs des activités du programme, ainsi que le coût marginal social des fonds publics (voir, par exemple, Browning, 1987). Plus précisément, les coûts directs des ressources ont dû être multipliés par un facteur supérieur à un, ce qui a permis de tenir compte des distorsions découlant du financement du programme via l'augmentation des recettes fiscales. Conformément aux conseils reçus des pairs évaluateurs experts, le coût marginal social des fonds publics représente 20 % des coûts du programme, des impacts subséquents sur les taxes de vente et les impôts sur le revenu, ainsi que des dépenses d'assurance‑emploi et d'aide sociale.
  • Les coûts et les bénéfices ont été calculés sur une période de 10 ans après la participation au programme et ont été soumis à un taux d'actualisation annuel de 5 %. Ce taux d'actualisation s'applique de 2015 à 2025 et correspond à la somme d'un taux d'inflation moyen de 3 % et d'un taux d'intérêt réel moyen de 2 %, selon Statistique Canada.
  • Dans l'ensemble, l'analyse coûts‑bénéfices a tenu compte de la plupart des principaux coûts et bénéfices, mais certains autres facteurs importants n'ont pas été pris en compte en raison de limites dans les données. L'analyse n'a pas pris en compte les bénéfices intangibles comme l'amélioration du bien‑être et la réduction de la criminalité.

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2026-05-21

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