Guide d’introduction à la carboneutralité pour les entreprises de services professionnels
Défi carboneutre
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Section 1 - Audience visée par le guide
L'objectif de ce guide est d'aider les entreprises et les organisations du sous-secteur des services professionnels à atteindre la carboneutralité d'ici 2050. Il peut être utilisé aussi bien par les entreprises et les organisations qui viennent de s'engager dans cette voie que par celles qui sont déjà bien avancées dans le processus et qui recherchent des conseils plus concrets sur les mesures à prendre.
1.1. Aperçu du sous-secteur
Les entreprises du sous-secteur des services professionnels offrent des conseils et des prestations spécialisés à leurs clients. Elles ne commercialisent pas de biens matériels et exercent principalement leurs activités dans des bureaux, bien que leurs employés puissent également travailler à distance. Ce sous-secteur peut inclure:
- les cabinets comptables;
- les conseillers en placement;
- les consultants en ingénierie;
- les consultants en gestion;
- les conseillers juridiques;
- les spécialistes des ressources humaines;
- les planificateurs;
- les architectes;
- les agences de publicité;
- les agences de marketing;
- les entreprises d'approvisionnement.
La liste complète des codes du Système de classification des industries de l'Amérique du Nord (SCIAN) pertinents pour ce sous-secteur est fournie à l’Annexe 1.
Au Canada, le sous-secteur des services professionnels compte plus de 500 000 entreprises, dont la plupart sont des petites et moyennes entreprises (PME) employant de quelques personnes à plusieurs centaines d'employés. L'ensemble du secteur employait plus de 1,2 million de personnes en 2024 et a contribué 133 milliards de dollars au produit intérieur brut (PIB) du Canada en 2022 (environ 6 % du PIB total du Canada). Les émissions totales de gaz à effet de serre (GES) de ce sous-secteur sont estimées à plus de 11 mégatonnes (Mt) d'équivalent dioxyde de carbone (CO2éq) par an (~1,5 % des émissions totales du Canada).
Dans la plupart des cas, les entreprises de services professionnels ne sont pas des émetteurs importants à titre individuel et n'auront pas à apporter de changements significatifs à leur modèle d'affaires à mesure que l'économie passera à la carboneutralité. Cependant, les émissions totales du sous-secteur restent importantes et doivent être réduites si le Canada veut atteindre son objectif de carboneutralité.
Section 2 - La transition vers la carboneutralité
Cette section a pour objectif de fournir de l’information générale et contextuelle pertinente sur la transition vers la carboneutralité, afin d'aider les entreprises de services professionnels à comprendre leur rôle dans cette transition et à se préparer à élaborer leur stratégie et leur plan de carboneutralité.
Elle décrit à quoi ressemblera la transition vers la carboneutralité pour les entreprises et les organisations du sous-secteur des services professionnels au Canada. Elle présente également comment mesurer les émissions à l'aide de pratiques comptables internationalement reconnues en matière d'émissions de GES.
2.1. L'importance de planifier l’atteindre de la carboneutralité d'ici 2050
Pour le sous-secteur des services professionnels, il est important d'atteindre la carboneutralité, car ses émissions globales sont importantes, même si celles des entreprises, prises individuellement, sont généralement faibles. Le sous-secteur dans son ensemble a un rôle à jouer dans la transition mondiale vers la carboneutralité.
Pour chacune des entreprises du sous-secteur, il est important de planifier la transition vers la carboneutralité, car cela leur permet de se préparer pour l'avenir. Les entreprises peuvent accroître leur résilience face aux risques climatiques, identifier des opportunités d’affaires, assurer un avantage concurrentiel dans un marché en transition vers la décarbonation et de renforcer leur réputation auprès de leurs clients et investisseurs. Cela peut également être utile pour se conformer aux normes réglementaires en évolution et participer à des programmes volontaires de réduction des émissions (tel que le défi carboneutre du gouvernement canadien).
2.2. La transition vers la carboneutralité pour le sous-secteur des services professionnels au Canada
Cette section décrit à quoi pourrait ressembler la transition vers la carboneutralité pour l'ensemble du sous-secteur des services professionnels au Canada (la situation spécifique de votre entreprise est abordée dans la SECTION 3).
2.1.1 D'où proviennent les émissions du sous-secteur des services professionnels
Les activités des entreprises de ce sous-secteur se déroulent majoritairement dans des bureaux. Les principales émissions liées à ces activités proviennent généralement de l'exploitation des locaux commerciaux, des déplacements, ainsi que de l'achat de fournitures et de services. Vous trouverez ci-dessous des informations détaillées sur les sources habituelles de ces émissions.
Catégorie : Locaux commerciaux
Description : Chauffage des locaux et de l'eau, climatisation, éclairage, alimentation des ordinateurs et des serveurs.
Explication : Ces émissions proviennent des combustibles fossiles utilisée pour le chauffage ou de l'électricité des locaux ou de la consommation d’électricité achetée. De faibles quantités d'émissions peuvent également provenir des réfrigérants employés dans les systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation.
Importance relative des émissions : Faible à élevée
Degré de contrôle de l'entreprise : Faible à élevé
Catégorie : Déplacements
Description : Déplacements professionnels et trajets domicile-travail des employés.
Explication : Ces émissions proviennent de l'utilisation d'essence ou de diesel pour le transport terrestre (voitures, autobus, trains, etc.) et de carburant d’aviation pour le transport aérien.
Importance relative des émissions : Moyenne à élevée
Degré de contrôle de l'entreprise : Moyen à élevé
Catégorie : Fournitures et services
Description : Intrants achetés pour les activités.
Explication : Ces émissions proviennent de la production et du transport des fournitures de bureau (papier, cartouches d'imprimante, etc.), des équipements (mobilier, ordinateurs, imprimantes) et d'autres intrants. Généralement assez faibles pour la plupart des entreprises, certains intrants peuvent être plus importants (par exemple, le traitement des données hors site, les services d'IA).
Importance relative des émissions : Faible à moyenne
Degré de contrôle de l'entreprise : Faible à moyen
2.2.2. Comment réduire les émissions dans le sous-secteur des services professionnels
Plusieurs mesures peuvent être prises pour réduire les émissions. Certaines relèvent du contrôle de l'entreprise, tandis que d'autres doivent être mises en œuvre à l'échelle de l'économie dans son ensemble. Les principales mesures d'atténuation qui doivent être mises en œuvre pour que le sous-secteur des services professionnels atteigne la carboneutralité sont énumérées ci-dessous :
Catégorie : Locaux commerciaux
Mesures que les entreprises pourraient prendre :
- Remplacer les équipements de chauffage et de production d'eau à combustibles fossiles par des alternatives à faibles émissions, telles que les thermopompes électriques;
- Réduire la demande énergétique des bâtiments grâce à des mesures d'efficacité énergétique (par exemple, isolation et contrôle des bâtiments);
- Remplacer les réfrigérants utilisés dans les systèmes de chauffage, ventilation et climatisation des bâtiments par des alternatives à faibles émissions.
Mesures à l'échelle de l'économie :
- Décarboner les réseaux électriques;
- Décarboner la construction des bâtiments (équipements lourds, génératrices, etc.) ainsi que les matériaux (acier, béton, plastiques, etc.) utilisés pour la construction de nouveaux bureaux et la rénovation des bâtiments existants.
Catégorie : Déplacements
Mesures que les entreprises pourraient prendre :
- Passer des moteurs à combustion interne aux véhicules zéro émission (VZE) pour le transport routier.;
- Installer des bornes de recharge pour véhicules électriques (VE) sur site;
- Favoriser des modes de transport actifs (vélo, marche, etc.) pour les déplacements domicile-travail;
- Privilégier le train à l'avion pour les trajets courts;
- Éviter les déplacements autant que possible et encourager le télétravail lorsque cela est possible.
Mesures à l'échelle de l'économie :
- Développer les réseaux de transport urbain et les électrifier ou les convertir à des carburants à faible teneur en carbone;
- Développer les infrastructures de recharge pour les véhicules électriques et accroître la disponibilité des VZE;
- Développer et moderniser les réseaux ferroviaires de passagers et passer à des locomotives électriques ou à pile à hydrogène;
- Remplacer le carburant d’aviation par des carburants durables pour l'aviation (SAF), l'hydrogène, les carburants synthétiques ou la propulsion électrique.
Catégorie : Fournitures et services
Mesures que les entreprises pourraient prendre :
- Rechercher des fournisseurs et des services à faibles émissions de carbone;
- Acheter des biens d'occasion dans la mesure du possible (mobilier de bureau d'occasion).
Mesures à l'échelle de l'économie :
- Décarboner les chaînes de production impliquées dans la fabrication et le transport des fournitures et équipements de bureau, y compris les ordinateurs, les téléphones, les imprimantes et les numériseurs.;
- Décarboner les services informatiques, y compris les services d'IA, qui nécessitent une infrastructure physique importante et ont une empreinte énergétique importante et croissante.
Les mesures d'atténuation des émissions énumérées ci-dessus couvrent les sources d’émissions pouvant être quantifiées selon les pratiques comptables reconnues internationalement (voir la section 2.5 pour en savoir plus). Les entreprises du sous-secteur des services professionnels peuvent également possible d’influencer les émissions par d'autres moyens, tels que :
Conseils aux clients – Une entreprise de services professionnels peut influencer indirectement les émissions par le contenu des conseils qu'elle fournit à ses clients. Cela est particulièrement vrai pour les entreprises qui conçoivent ou gèrent des projets liés à la construction de bâtiments, d'infrastructures et d'installations de fabrication, ou qui interviennent dans les secteurs des transports et de l'énergie. Dans certains cas, les réductions d'émissions obtenues grâce aux conseils fournis aux clients peuvent largement dépasser le potentiel de réduction directe des activités de l'entreprise de services. En se tenant informées des évolutions dans les domaines dans lesquels elles fournissent des services, elles peuvent être en mesure d'identifier des solutions susceptibles de contribuer à la décarbonation des projets de leurs clients.
Les entreprises peuvent également contribuer par les moyens suivants :
Partage des connaissances – Veiller à ce que les membres du personnel bénéficient d’une formation continue sur l'atténuation des changements climatiques dans les domaines où ils fournissent des conseils et des services. Cela permet au personnel de devenir des leaders d'opinion et de partager publiquement leurs réalisations.
Image de marque – Une entreprise peut se positionner comme un leader en matière de carboneutralité, en mettant en avant sa capacité à proposer des solutions de conception ou de services à faibles émissions de carbone dans le cadre de sa communication. Cela contribue à normaliser la planification vers la carboneutralité et inciter d'autres acteurs du secteur à agir.
2.3. Mesure des émissions de GES
Il est essentiel de déterminer avec précision le profil d'émissions d'une entreprise ou d'une organisation afin d'identifier les domaines dans lesquels des mesures d'atténuation doivent être prises. Plusieurs ressources internationales largement reconnues peuvent être utilisées pour calculer les émissions de GES d'une entreprise. Les deux ressources les plus importantes sont le protocole sur les GES et les normes ISO 14064.
2.3.1. Le protocole sur les GES
Le GHG Protocol (le « protocole sur les GES ») est le cadre le plus largement utilisé pour la comptabilisation des GES. Il identifie, explique et propose des options pour les meilleures pratiques en matière d'inventaire des émissions de GES. Il est largement utilisé dans de nombreuses initiatives volontaires en matière de GES, notamment le Défi carboneutre du gouvernement du Canada et l'initiative Science Based Targets (SBTi).
Le protocole sur les GES utilise des catégories comptables standard que les entreprises peuvent adopter pour communiquer efficacement leurs données d'émissions auprès des parties prenantes, des investisseurs et des autorités réglementaires. La catégorisation proposée par le Protocole offre une vision globale de l’ensemble de la chaîne de valeur d'une entreprise ou d'une organisation. Cela permet une meilleure compréhension des sources d'émissions ainsi que des domaines potentiels de réduction des coûts et des émissions de carbone. Ces catégories d'émissions seront mentionnées tout au long de ce guide, et sont les suivantes :
- Émissions de portée 1 : émissions directes provenant de sources détenues ou contrôlées, telles que les installations et les véhicules appartenant à l'entreprise;
- Émissions de portée 2 : émissions indirectes provenant de l'électricité, de la vapeur, du chauffage et du refroidissement achetés;
- Émissions de portée 3 : toutes les autres émissions indirectes qui se produisent tout au long de la chaîne d'approvisionnement, depuis l'extraction des matières premières jusqu'au transport, à l'utilisation des produits, à leur distribution et à leur élimination.
Émissions de portée 3
Le protocole distingue quinze catégories d'émissions de portée 3 :
- Catégorie 1 : Biens et services achetés;
- Catégorie 2 : Biens d'équipement;
- Catégorie 3 : Activités liées aux combustibles et à l'énergie;
- Catégorie 4 : Transport et distribution en amont;
- Catégorie 5 : Déchets générés par les activités;
- Catégorie 6 : Déplacements professionnels;
- Catégorie 7 : Déplacements domicile-travail des employés;
- Catégorie 8 : Actifs loués en amont;
- Catégorie 9 : Transport et distribution en aval;
- Catégorie 10 : Traitement des produits vendus;
- Catégorie 11 : Utilisation des produits vendus;
- Catégorie 12 : Traitement en fin de vie des produits vendus;
- Catégorie 13 : Actifs loués en aval;
- Catégorie 14 : Franchises;
- Catégorie 15 : Investissements.
2.3.2. Organisation internationale de normalisation
Les normes ISO 14064 peuvent être utilisées pour quantifier, surveiller, déclarer et vérifier les émissions de GES. Les normes pertinentes sont :
- ISO 14064-1 (Émissions et suppressions de GES pour les organisations – niveau entreprise) ; et;
- ISO 14064-3 (validation et vérification des déclarations relatives aux GES).
La série ISO 14064 complète le protocole sur les GES et les entreprises peuvent bénéficier de l'utilisation conjointe de ces ensembles de références. Plus précisément, si une entreprise souhaite faire vérifier son inventaire d’émissions de GES par un tiers accrédité, il est recommandé d’utiliser la norme ISO 14064-1. Cela garantit que l’inventaire des émissions de GES est élaboré de manière à pouvoir être facilement vérifié et comparé à ceux d'autres organisations.
Section 3 - Stratégie et planification pour atteindre la carboneutralité pour les entreprises de services professionnels
L'objectif de cette section est d'aider les entreprises de services professionnels à élaborer une stratégie et un plan pour atteindre la carboneutralité au plus tard d'ici 2050 et à se positionner de manière compétitive dans un monde carboneutre. Cette section s'adresse aux entreprises qui comprennent le contexte et les informations fournis dans la SECTION 2 et qui sont prêtes à passer à l'action.
Veuillez noter que ce guide est basé sur les activités types d'une entreprise du sous-secteur des services professionnels. Bien qu'il fournisse des indications pour simplifier le processus de planification de la carboneutralité, votre entreprise ou organisation doit l'adapter à sa propre situation pour définir la voie à suivre.
3.1. Stratégie d'entreprise dans un monde carboneutre
Avant d'élaborer un plan détaillé, votre entreprise doit définir une stratégie d'entreprise qui détermine de manière générale comment elle souhaite se positionner dans un monde carboneutre. Votre entreprise doit étudier et évaluer à la fois le paysage concurrentiel externe et ses forces et faiblesses internes afin de déterminer la meilleure voie à suivre.
Voici quelques questions que vous pourriez vous poser :
- À quoi pourrait ressembler le sous-secteur des services professionnels au Canada en 2050
- Quelle serait la position de notre entreprise dans un monde carboneutre;
- Quels aspects de nos activités sont les plus exposés au changement et aux risques, et où pourrions-nous trouver des avantages stratégiques dans la transition vers la carboneutralité;
- Quels sont les principaux risques que nous devons atténuer pour assurer le succès de notre entreprise alors que nous éliminons nos émissions au cours des prochaines années;
- Existe-t-il de nouvelles opportunités commerciales que notre entreprise pourrait exploiter dans le cadre de la transition vers la carboneutralité;
- Notre entreprise présente-t-elle des faiblesses qui l'exposent à des risques liés aux effets du changements climatiques et à l'évolution de l'économie.
3.1.1. Modèle d’affaires carboneutre
Ensuite, vous devez vous demander si votre entreprise devrait modifier son modèle d’affaires.
Pour de nombreuses entreprises du sous-secteur des services professionnels, atteindre la carboneutralité et opérer dans un monde carboneutre n'entraînera pas de changement significatif dans leurs modèles d’affaires ou leurs pratiques quotidiennes. Il y aura des changements dans la manière dont les bureaux sont chauffés et dont les déplacements sont réalisés, mais le travail quotidien ne sera pas affecté.
Pour certaines entreprises, les changements pourraient être plus importants, en particulier si leurs clients appartiennent actuellement à des secteurs à fortes émissions, tels que la construction, les transports ou l'énergie. Si tel est le cas de votre entreprise, vous devriez vous renseigner auprès de ces secteurs et comprendre ce que la transition vers la carboneutralité impliquera pour eux.
3.1.2. L'avantage concurrentiel de la carboneutralité
Passer à la carboneutralité ne consiste pas seulement à gérer les risques, cela offre également des opportunités concrètes.
Au Canada, plusieurs industries devraient connaître une certaine expansion et prospérer au cours des prochaines décennies. Il s’agit notamment les industries basées sur les ressources naturelles, telles que la production d'électricité propre, l'extraction de minéraux critiques , ainsi que la bio-production issue de la foresterie et de l'agriculture. Le sous-secteur des services professionnels offrira de nombreuses possibilités pour soutenir cette croissance.
Les entreprises qui agissent rapidement peuvent acquérir un avantage concurrentiel, réduire leurs coûts, attirer des talents et établir des relations plus solides avec leurs clients et leurs investisseurs. Dans de nombreux secteurs, être à l'avant-garde de l'action climatique devient un gage de leadership et de crédibilité.
3.2. Planification de la carboneutralité pour les entreprises de services professionnels
Une fois que vous aurez une idée de ce que pourrait être la transition vers la carboneutralité à l'échelle mondiale et dans votre secteur, et que vous aurez réfléchi à la stratégie de votre entreprise dans un monde carboneutre, vous serez prêts à élaborer un plan de carboneutralité qui définira les mesures concrètes possibles.
Cette section passe en revue les étapes que votre entreprise devra suivre pour élaborer un plan crédible et réalisable, notamment :
Étape 1 - Créer un inventaire des GES de l'année de référence
Étape 2 - Cerner les mesures d'atténuation des GES
Étape 3 - Évaluer et hiérarchiser les mesures d'atténuation des GES
Étape 4 - Fixer des objectifs et établir un calendrier de mise en œuvre
Étape 5 - Surveiller la mise en œuvre et réviser périodiquement le plan
Vous trouverez ci-dessous des informations détaillées sur la manière de mener à bien chacune de ces étapes.
Pour certaines entreprises de services professionnels, il est possible de mettre en place un plan simple à l’interne. Cependant, certaines peuvent se trouver dans des situations plus complexes ou ne pas disposer des ressources internes nécessaires pour élaborer un plan crédible. Dans ce cas, elles peuvent faire appel à une expertise externe en technologies propres, en transition énergétique, en politique énergétique et climatique, ainsi qu’en finance. Pour les grandes entreprises, l'élaboration et la mise en œuvre d'un plan carboneutre solide nécessitent généralement l'engagement de plusieurs services. La planification est grandement facilitée par un engagement fort et un message clair de la haute direction afin de garantir une collaboration transversale et une harmonisation des objectifs de développement durable.
3.2.1. Étape 1 - Créer un inventaire des GES pour une année de référence
La première étape de l'élaboration d'un plan de transition à la carboneutralité consiste à dresser un inventaire de vos émissions de GES pour une période d'un an, ce qui constituera votre année de référence. Pour créer l'inventaire de l'année de référence, vous devrez définir les limites de l'inventaire pour votre organisation, identifier vos sources d'émissions et quantifier vos émissions sur 12 mois consécutifs.
Définir les limites de l'inventaire pour votre organisation
Définir les limites de l'inventaire vous permet de déterminer quelles sont les sources d'émissions résultant de vos activités et, par conséquent, quelles émissions devront être réduites afin d'atteindre la carboneutralité.
En général, les limites de l'inventaire peuvent être définies selon trois critères : le titre de participation, le contrôle financier, et le contrôle opérationnel. Veuillez consulter les ressources suivantes pour plus de détails sur la manière de définir les limites de l’inventaire pour votre organisation:
- le guide technique 2.0 du Défi carboneutre d'Environnement et Changement climatique Canada (ECCC);
- Calculateur d'émissions du défi carboneutre d’ECCCNote de bas de page 1
- la norme pour entreprises du protocole sur les GES.
Identifier les sources d'émissions
La liste ci-dessous répertorie les sources d'émissions courantes pour les entreprises de services professionnels. Identifiez celles qui s'appliquent à votre organisation.
- Chauffage des locaux (chaudières, chaudières murales, plinthes chauffantes, etc.);
- Chauffage de l’eau (chaudières, chauffe-eau à accumulation, chauffe-eau instantané, etc.);
- Climatisation et ventilation mécanique;
- Autres consommations électriques (éclairage, ordinateurs, serveurs, etc.);
- Produits chimiques provenant des réfrigérants utilisés dans les climatiseurs ou les pompes à chaleur.
Sources courantes d'émissions pour la catégorie déplacements :
- Déplacements des employés;
- Déplacements professionnels.
Sources courantes d'émissions pour la catégorie des fournitures et services :
- Intrants achetés pour les opérations (à noter que pour la plupart des entreprises, les fournitures et services achetés contribuent peu aux émissions de GES).
Une fois que vous avez identifié les sources d'émissions, vous devez déterminer à quelle catégorie appartient chaque source (c'est-à-dire de portée 1, 2 ou 3), comme le décrit le protocole sur les GES.
Bien que le liste ci-dessus identifie les sources d'émissions les plus courantes pour les entreprises de services professionnels, il convient de consulter la liste complète des émissions de portée 3 afin de déterminer s'il existe d'autres sources susceptibles d'être pertinentes pour votre entreprise.
Quantifier vos émissions
Une fois les sources d'émissions identifiées, vous devez quantifier vos émissions. Pour ce faire, vous devez collecter des données d'activité et des facteurs d'émission qui quantifient les émissions de GES associées à chaque type d'activité.
Les données d'activité sont des mesures quantitatives des activités qui entraînent des émissions de GES; en voici quelques exemples :
- Mètres cubes de gaz naturel utilisés pour chauffer un bâtiment;
- Litres d'essence utilisés par les véhicules;
- Kilowattheures d'électricité consommés;
- Kilomètres parcourus en avion;
- Montant en dollars des fournitures de bureau achetées.
Les facteurs d'émission sont des ratios calculés qui précisent la quantité de GES émise par unité d'activité. En multipliant les données d'activité par le facteur d'émission approprié, on obtient une estimation des émissions totales associées à cette activité.
Plusieurs organismes réputés fournissent des facteurs d'émission accessibles au public. ECCC met à disposition les ressources suivantes pour trouver des facteurs d'émission :
- Pour l'électricité : Rapport d'inventaire national, Partie 3, Annexe 13 ;
- Pour les autres activités : Rapport d'inventaire national, Partie 2, Annexes 3 et 6.
Voici d'autres ressources utiles pour créer votre inventaire des GES :
- Guide technique 2.0 du Défi carboneutre d’ECCC;
- Calculateur d'émissions du défi carboneutre d’ECCC;
- Protocole sur les gaz à effet de serre - Norme pour les entreprises.
3.2.2. Étape 2 - Identifier les mesures d'atténuation des GES
Une fois l'inventaire des GES de l'année de référence terminé, la deuxième étape consiste à identifier les mesures que votre entreprise pourrait prendre pour réduire ces émissions. Les mesures d'atténuation possibles pour chaque catégorie d'émissions sont présentées dans les sections ci-dessous.
Si aucune n'est réalisable pour votre entreprise, il est recommandé d'acheter des crédits de carbone compensatoires.
Locaux commerciaux
Les principales mesures d'atténuation des émissions de GES provenant des locaux commerciaux sont énumérées ci-dessous. Ces mesures possibles sont classées approximativement par ordre d'impact et de faisabilité, de la plus efficace à la moins efficace.
- Remplacer le chauffage des locaux et de l'eau à partir de combustibles fossiles par des alternatives à faibles émissions de carbone, telles que des thermopompes air-air ou air-sol ou le raccordement à un système de chauffage urbain à faibles émissions de carbone;
- Réduire la demande de chauffage des locaux en modernisant le bâtiment (fenêtres, étanchéité à l'air, amélioration de l'isolation, thermostats intelligents, etc.) ou en réduisant l'empreinte des bureaux;
- Si vous n'avez pas le contrôle opérationnel du système de chauffage de vos bâtiments, vous pouvez vous adresser au propriétaire et déterminer s'il est disposé à apporter des modifications au bâtiment.
Mesures d'atténuation possibles pour la climatisation et les autres consommations électriques (éclairage, ordinateurs, serveurs, etc.) :
- Si votre entreprise est située dans une province dotée d'un réseau électrique à faibles émissions de carbone, ces émissions seront déjà proches de zéro;
- Si votre entreprise est située dans une province dont le réseau électrique est à forte intensité de carbone, plusieurs options s'offrent à vous :
- Remplacer la climatisation par un système de refroidissement plus efficace, comme une thermopompe (cela doit être coordonné avec le remplacement du système de chauffage);Note de bas de page 2
- Remplacer les autres sources de consommation d'électricité (éclairage, ordinateurs, etc.) par des technologies plus efficaces sur le plan énergétique;
- Produire votre propre électricité renouvelable, par exemple grâce à des panneaux solaires installés sur le toit;
- Recourir à des accords d'achat d'énergie;
- Utiliser des certificats d'énergie renouvelable;
- Attendez que le réseau provincial soit décarboné.Note de bas de page 3
Mesures d'atténuation possibles pour les réfrigérants utilisés dans les climatiseurs ou les thermopompes :
- Remplacement des réfrigérants générateurs de GES par des substituts à faibles émissions.
Déplacements
Les principales mesures d'atténuation des émissions de GES liées aux déplacements sont énumérées ci-dessous. Ces mesures sont classées approximativement par ordre d'impact et de faisabilité, de la plus efficace à la moins efficace.
Mesures d'atténuation possibles pour les déplacements domicile-travail des employés :
- Encourager les employés à utiliser les transports en commun ou à adopter des modes de transport actifs (vélo, marche) lorsque cela est possible;
- Encourager les employés à passer des véhicules à combustion interne aux véhicules électriques ou hybrides;Note de bas de page 4
- Éviter les déplacements domicile-travail et encourager le télétravail lorsque cela est possible.
Mesures d'atténuation possibles pour les déplacements professionnels :
- Éviter les déplacements professionnels dans la mesure du possible en regroupant les trajets ou en organisant des réunions virtuelles;
- Si votre entreprise possède ou loue à long terme des véhicules légers à essence, remplacez-les par des véhicules électriques ou hybrides;
- Préciser que les voitures de location doivent être électriques ou hybrides, sauf si un véhicule à combustion interne est nécessaire pour une raison particulière (par exemple, un déplacement vers une communauté isolée);
- Privilégier le train à l'avion pour les trajets courts et moyens.
Fournitures et services
Pour la plupart des entreprises de services professionnels, les fournitures achetées contribuent peu aux émissions de GES en valeur absolue. Les méthodes visant à réduire les émissions comprennent:
- l'achat de produits d’occasion, recyclés ou remis à neuf (par exemple: papier, cartouches d'encre, mobilier, etc.);
- le passage du papier au numérique;
- l'achat de produits présentant de meilleures performances en matière d'émissions.
L'évaluation des émissions de chaque produit peut prendre beaucoup de temps. L'approche la plus pratique consiste donc à travailler avec les principaux fournisseurs qui proposent des alternatives à faibles émissions.
Autres
Les entreprises du sous-secteur des services professionnels peuvent également influencer les émissions d'autres manières qui ne sont pas directement mesurées par des normes internationalement reconnues telles que le protocole sur les GES.
Conseils aux clients – Une entreprise de services professionnels peut être en mesure de réduire indirectement ses émissions grâce au contenu des conseils qu'elle fournit à ses clients. Par exemple, une entreprise de services d'ingénierie pourrait recommander un système de chauffage et de climatisation décarboné pour le nouveau bâtiment d'un client. Si la réduction des émissions par le biais de conseils aux clients peut sembler moins tangible que certaines des mesures plus directes énumérées ci-dessus, il s'agit pourtant d'un moyen important par lequel les entreprises peuvent contribuer à la décarbonation globale de l'économie. Veiller à ce que le personnel reçoive une formation continue sur l'atténuation des changements climatiques dans les domaines où il fournit des conseils et des services et proposer systématiquement aux clients des options carboneutres ou à faibles émissions de carbone pour la réalisation de leurs projets sont autant de moyens de tirer parti de ces opportunités.
Partage des connaissances – Les entreprises peuvent jouer un rôle de leaders d'opinion, partager publiquement leurs connaissances et réalisations, s’inspirer d’autres leaders, et encourager l’adoption d’approches à faible émissions de carbone.
Image de marque – Une entreprise peut se présenter comme un leader en matière de carboneutralité, en mettant en avant sa capacité à fournir des solutions de conception ou de services à faible intensité de carbone dans le cadre de ses communications publicitaires. Cela peut normaliser la planification zéro émission nette et inciter d'autres acteurs du secteur à agir.
Crédits de carbone compensatoires
L'achat de crédits de carbone compensatoires est une mesure d'atténuation qui peut être prise lorsqu'aucune autre option n'est envisageable.
Les crédits compensatoires représentent les réductions ou les suppressions d'émissions de GES générées par des activités supplémentaires à ce qui se serait produit en l'absence du projet de compensation. Ces crédits proviennent d’activités allant au-delà des exigences légales et des normes habituels. Chaque crédit généré par un projet de compensation représente une tonne de CO2e réduite ou retirée de l'atmosphère.
Aujourd'hui, la plupart des projets de compensation sont des projets de réduction des émissions. Cependant, à mesure que l'économie se rapproche de la carboneutralité, les possibilités de compensation par la réduction des émissions diminueront, car les émissions baisseront dans tous les secteurs de l'économie. Les entreprises qui ont recours à la compensation devraient donc, au fil du temps, augmenter la part de leurs compensations provenant de l'élimination du carbone.
3.2.3. Étape 3 – Évaluer et hiérarchiser les mesures d'atténuation des GES
Maintenant que plusieurs mesures d'atténuation possibles ont été identifiées, les entreprises devront les évaluer et les hiérarchiser. Chaque entreprise aura un cadre d'évaluation différent en fonction de divers facteurs, notamment son niveau d'ambition, sa situation financière, ses ressources et le soutien de sa direction.
Les facteurs communs que les entreprises doivent prendre en compte lorsqu'elles évaluent et hiérarchisent les mesures d'atténuation des émissions sont énumérés ci-dessous :
1. Impact sur les émissions
Avantages possibles :
- La mesure d'atténuation aura un impact significatif sur la réduction des émissions de l'entreprise.
Inconvénients possibles :
- La mesure d'atténuation aura un faible impact sur les émissions de l'entreprise.
2. Maturité technologique
Avantages possibles :
- La mesure d'atténuation a été utilisée avec succès dans des conditions réelles;
- La mesure d'atténuation est une solution non technique (par exemple, se rendre au travail à pied).
Inconvénients possibles :
- La mesure d'atténuation n'a pas encore été déployée à l'échelle commerciale.
3. Coût d'investissement
Avantages possibles :
- Le coût d'investissement est similaire ou inférieur à celui de l'option à forte émission;
- Il existe des financements, des subventions et des incitatifs pour aider à réduire le coût d'investissement.
Inconvénients possibles :
- Le coût d'investissement est beaucoup plus élevé que celui de l'option existante;
- Les options de financement disponibles sont limitées.
4. Coûts de fonctionnement et d’entretien
Avantages possibles :
- Les coûts de fonctionnement et d’entretien sont inférieurs à ceux de l'option existante (par exemple, les équipements à haut rendement énergétique auront des coûts énergétiques moins élevés);
- La politique gouvernementale peut réduire les coûts de fonctionnement et d’entretien courants (par exemple, une taxe sur le carbone peut rendre l'électrification plus rentable).
Inconvénients possibles :
- Les coûts de fonctionnement et d’entretien sont plus élevés que ceux de l'option existante (par exemple, le passage à l'électricité peut être plus coûteux que le gaz naturel).
5. Disponibilité
Avantages possibles :
- La mesure d'atténuation est facilement disponible;
- L'infrastructure nécessaire est disponible (par exemple, stations de recharge pour les véhicules électriques).
Inconvénients possibles :
- Il existe des contraintes liées à la chaîne d'approvisionnement, ce qui rend la solution moins facilement disponible;
- L'infrastructure nécessaire n'est pas encore en place.
6. Calendrier
Avantages possibles :
- Le moment choisi pour mettre en œuvre la mesure d'atténuation est logique (par exemple, l'équipement arrive en fin de vie et devra de toute façon être remplacé).
Inconvénients possibles :
- Le moment choisi pour mettre en œuvre la mesure d'atténuation n'est pas idéal (par exemple, l'équipement a été récemment remplacé et il ne serait pas logique de le remplacer à nouveau à court terme).
7. Considérations liées au mode de vie
Avantages possibles :
- La mesure d'atténuation améliore la qualité de vie, est plus pratique (par exemple, plus besoin de faire le plein d'essence si vous possédez un véhicule électrique).
Inconvénients possibles :
- La mesure d'atténuation diminue la qualité de vie, est moins pratique (par exemple, trajet plus long).
Une fois cette analyse des mesures d'atténuation terminée et les ressources disponibles et les priorités stratégiques de votre entreprise identifiées, vous serez en mesure d’identifier les mesures d'atténuation principales que votre entreprise souhaite entreprendre. Vous effectuerez cet exercice en vous basant sur la situation actuelle, mais gardez à l’esprit que tous ces facteurs évoluent constamment. Il sera donc nécessaire de répéter régulièrement cet exercice au fur et à mesure que le contexte changera.
3.2.4. Étape 4 - Fixer des objectifs et établir un calendrier de mise en œuvre
Maintenant que vous avez identifié vos principales sources d'émissions ainsi que les mesures actions d’atténuation potentielles, il est temps d'évaluer ce qui est réalisable dans des délais spécifiques, et de fixer vos objectifs.
Tâche 1 : Envisager des objectifs intermédiaires pour atteindre la carboneutralité d'ici 2050
Les objectifs constituent une base essentielle pour les efforts de décarbonation. Ils communiquent l'ambition d'une entreprise, permettent à l'organisation de coordonner sa réponse et fournissent un point de référence pour mesurer les progrès accomplis. De nombreuses initiatives volontaires, dont le Défi carboneutre d’ECCC, exigent des entreprises et des organisations membres qu'elles fixent des objectifs intermédiaires dans le cadre d'un plan visant à atteindre la carboneutralité d'ici 2050 ou avant. Cela s'inscrit dans le cadre des engagements législatifs du Canada en matière de carboneutralité et de la recommandation de l'initiative Science Based Targets (SBTi).
Les objectifs intermédiaires sont importants pour concentrer l'attention sur ce qui peut être fait à court terme et pour garantir des progrès. Certaines entreprises, aspirant à être des chefs de file dans leur secteur ou à s'aligner sur l'objectif national du Canada de réduire ses émissions de 40 à 45 % d'ici 2030, ont adopté des objectifs à court terme. Néanmoins, les objectifs intermédiaires ont plus de chances d'être atteints lorsqu'ils sont alignés sur vos objectifs stratégiques et fondés sur une analyse solide des coûts, du calendrier et de l'efficacité des mesures d'atténuation proposées.
Tâche 2 : Préparer un calendrier de mise en œuvre
Les mesures d'atténuation doivent être inscrites dans un calendrier afin d'établir ou de confirmer les objectifs intermédiaires et de servir de base à un plan de décarbonation progressif.
À l'étape 3, vous avez évalué plusieurs mesures d'atténuation possibles, ce qui peut vous aider à déterminer un échéancier de mise en œuvre réaliste.
Les facteurs qui influencent le calendrier sont les suivants :
- Disponibilité des équipements et des infrastructures nécessaires (par exemple, réseau à faibles émissions de carbone, infrastructure de recharge pour véhicules électriques);
- Le cycle de vie des technologies (par exemple, la fin de vie des équipements de chauffage, ventilation et climatisation, la durée de vie moyenne des véhicules);
- Coût initial et options de financement.
Tâche 3 : Additionner vos réductions d'émissions au fil du temps
Chacune des mesures que vous avez décidé de prendre peut-être incluse dans votre plan, accompagnée des réductions prévues au fil du temps. En additionnant les réductions proposées à des dates intermédiaires clés (par exemple, 2030, 2035, etc.), vous pourrez ensuite valider (ou établir) des objectifs intermédiaires appropriés.
Il est important de garder à l'esprit que la carboneutralité ne peut être atteinte que si les autres organisations de votre chaîne de valeur décarbonent également leurs activités en même temps. Par conséquent, compte tenu de cela, la voie vers la décarbonation totale peut sembler floue. Cependant, au fil du temps, à mesure que la fabrication, le transport et la production d'énergie seront de plus en plus décarbonés, l'intensité carbone des biens et services dont votre entreprise a besoin diminuera à son tour et la carboneutralité deviendra plus facile à atteindre. Par conséquent, il sera essentiel de favoriser la collaboration et de maintenir une communication ouverte avec vos partenaires de la chaîne d'approvisionnement afin d'accélérer la transition et d'apporter plus de clarté à votre propre plan de neutralité carbone.
3.2.5. Étape 5 - Surveiller la mise en œuvre et réviser périodiquement le plan
La décarbonation complète de l'économie prendra du temps. Il est difficile d'anticiper les avancées qui prendront place au cours des cinq prochaines années, et encore moins d’ici 30 ans. La planification de la carboneutralité sera nécessairement un processus itératif, avec des plans ajustés périodiquement pour refléter l'évolution des circonstances – notamment technologiques, économiques, sociales et géopolitiques – et à mesure que l'ensemble de l'économie s'orientera vers la carboneutralité.
Vous devez mettre en place un processus régulier pour surveiller la mise en œuvre de votre plan, par exemple :
- Au moins une fois par an, examinez officiellement les progrès accomplis, évaluez si les hypothèses sur lesquelles le plan était fondé ont changé, si les mesures proposées ont été prises et dans quelle mesure elles permettent d'atteindre les objectifs souhaités;
- Tous les cinq ans, un nouveau plan peut être élaboré sur la base des enseignements tirés, pour tracer la suite du parcours vers la carboneutralité.
Prochaines Étapes
Si vous êtes prêt à passer à l'étape suivante, apprenez-en davantage sur la façon de participer au Défi carboneutre du gouvernement du Canada.
Glossaire
- Année de référence
- année historique à partir de laquelle les émissions d'une entreprise sont suivies dans le temps afin de les comparer aux émissions futures. Il doit s'agir d'une période de douze mois consécutifs, soit une année civile complète, soit chevauchant deux années civiles.
- Équivalent dioxyde de carbone (CO2 eq)
- unité de mesure permettant de comparer des gaz à effet de serre (GES) ayant des potentiels de réchauffement planétaire (PRP) différents. Cette unité de mesure permet d'exprimer d'autres GES en termes de PRP d'une unité de CO2. Pour exprimer les émissions de GES en unités de CO2eq, la quantité d'un GES donné est multipliée par son PRP.
- Décarbonation
- processus de réduction des émissions de dioxyde de carbone d'un produit, d'un processus, d'une installation ou d'un secteur.
- Émissions directes
- émissions provenant de sources détenues ou contrôlées par une entreprise ou une organisation (GHG Protocol 2004 : 97).
- Émissions en aval
- émissions provenant d'activités en aval liées aux opérations d'une entreprise. Cela inclut la transformation des produits vendus, l'utilisation des produits vendus, les investissements, les franchises, le transport et la distribution en aval, le traitement en fin de vie des produits vendus et les actifs loués en aval.
- Facteur d'émission
- valeur qui quantifie la quantité moyenne d'émissions associées à une activité. Pour plus de détails sur les facteurs d'émission propres au Canada, consultez le dernier Rapport d'inventaire national du Canada.
- Émissions
- rejet de gaz à effet de serre (ou d'autres substances) dans l'atmosphère.
- Inventaire des émissions
- liste quantifiée des émissions et des sources d'émissions d'une entreprise, d'une organisation, d'une municipalité, d'une région, d'une province ou d'un territoire, ou d'un pays.
- Efficacité énergétique
- mesure de l'efficacité avec laquelle l'énergie est utilisée à des fins données. Il s'agit d'un rapport ou d'une autre relation quantitative entre un extrant de performance, de service, de biens, de marchandises ou d'énergie et une consommation d'énergie.
- Potentiel de réchauffement planétaire (PRP)
- permet de comparer les effets sur le réchauffement climatique de différents gaz ou particules (tels que le carbone noir). Il s'agit d'une mesure de la quantité d'énergie que les émissions d'une tonne d'un gaz ou d'une particule absorberont sur une période donnée, par rapport aux émissions d'une tonne de dioxyde de carbone. Aux fins de la planification de la carboneutralité, il est recommandé d'utiliser le PRP sur 100 ans.
- Gaz à effet de serre (GES)
- gaz qui absorbe et réémet le rayonnement, provoquant ainsi l'effet de serre, qui contribue au réchauffement climatique. Aux fins du présent guide et du défi carboneutre, les GES comprennent tous ceux qui doivent être déclarés dans le cadre du programme de déclaration des émissions de gaz à effet de serre. Cela comprend le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), l'oxyde nitreux (N2O), l’hexafluorure de soufre (SF6), 13 hydrofluorocarbures (HFC) différents et 7 perfluorocarbures (PFC) différents.
- Émissions indirectes
- émissions qui résultent des activités d'une entreprise mais qui proviennent de sources détenues ou contrôlées par une autre entreprise (Protocole GHG 2004: 99).
- Limites de l'inventaire
- elles permettent à un participant de déterminer quelles sources d'émissions résultent de ses activités. Les limites de l’inventaire déterminent ainsi quelles émissions devront être prises en compte pour atteindre la carboneutralité d'ici 2050. En général, les limites de l'inventaire comprennent les limites géographiques et organisationnelles.
- Stratégie d'atténuation
- pratique, processus ou technologie qui contribue à l'atténuation, par exemple l'amélioration de l'efficacité énergétique et l'adoption de sources d'énergie renouvelables.
- Plan de carboneutralité
- comprend un inventaire des émissions et une année de référence, des objectifs intermédiaires, une description des scénarios envisagés, des approches et des stratégies d'atténuation. Il inclut également, une description générale de la manière dont la planification de la transition vers la carboneutralité sera intégrée dans la gouvernance et les divulgations de l'entreprise.
- Crédits compensatoires
- représentent les réductions ou les suppressions d'émissions de GES générées par des activités supplémentaires à ce qui se serait produit en l'absence du projet de compensation. Ces crédits proviennent d’activités qui vont au-delà des exigences légales et d'une norme habituelle. Chaque crédit compensatoire généré par un projet de compensation correspond à une tonne équivalent dioxyde de carbone (CO2 eq) réduite ou retirée de l'atmosphère.
- Limites organisationnelles
- limites qui déterminent les activités détenues ou contrôlées par une entreprise. Celles-ci dépendent de l'approche adoptée (part de capitaux propres contrôle opérationnel ou contrôle financier).
- Portée
- définit les limites opérationnelles en matière d'émissions directes et indirectes (GHG Protocol 2004: 101).
- Émissions de portée 1
- émissions directes d'une entreprise. Elles sont provenues principalement de la production d'électricité, de chaleur ou de vapeur, des procédés physiques ou chimiques, du transport, ainsi que des émissions fugitives (GHG Protocol 2004: 101).
- Émissions de portée 2
- émissions indirectes d'une entreprise. Elles sont liées à l'achat d'électricité, de chauffage/refroidissement et de vapeur pour sa propre consommation (GHG Protocol 2004: 101).
- Émissions de portée 3
- émissions indirectes d'une entreprise, à l'exclusion de celles couvertes par la portée 2. Également appelées émissions de la chaîne de valeur (GHG Protocol 2004: 101).
- Émissions en amont
- émissions liées aux activités en amont associées aux opérations d'une entreprise. Cela inclut les biens et services achetés, les biens d'équipement, les activités liées aux combustibles et à l'énergie, le transport et la distribution en amont, les déchets générés par les opérations, les déplacements professionnels et les trajets domicile-travail des employés.
- Chaîne de valeur
- ensemble des processus ou activités commerciaux impliqués dans la production d'un bien ou d'un service destiné au marché, de la conception à l'utilisation finale et au-delà. Une chaîne de valeur simplifiée comprendrait les services aux entreprises (par exemple, le marketing, la logistique), la recherche et le développement, les intrants, l'assemblage, la distribution, la vente et le service après-vente.
- Émissions de la chaîne de valeur
- il s'agit des émissions indirectes qui peuvent exister en amont ou en aval des activités d'une entreprise. Elles sont également appelées émissions de portée 3.
programme volontaire du gouvernement du Canada qui encourage les entreprises à élaborer et à mettre en œuvre des plans crédibles et efficaces pour faire passer leurs installations et leurs activités à la carboneutralité d'ici 2050.
Carboneutralité : atteindre la carboneutralité signifie que les émissions anthropiques de gaz à effet de serre dans l'atmosphère sont compensées par les absorptions anthropiques de gaz à effet de serre dans l'atmosphère pendant une période donnée. Pour les organisations, la carboneutralité est généralement considérée comme la condition où les émissions ont été réduites de telle sorte qu'il ne reste que des émissions résiduelles, et où la compensation se limite aux crédits de suppression (ISO 14068).
Abréviations
- IA
- Intelligence artificielle
- CH4
- Formule chimique du méthane
- CO2
- Formule chimique du dioxyde de carbone
- CO2 eq
- Équivalent dioxyde de carbone
- CDA
- Capture directe dans l'air
- VE
- Véhicule électrique
- PIB
- Produit intérieur brut
- PRP
- Potentiel de réchauffement planétaire
- CVC
- Chauffage, ventilation et climatisation
- MCI
- Moteur à combustion interne
- HFC
- abréviation désignant un groupe de substances chimiques appelées hydrofluorocarbures
- ISO
- Organisation internationale de normalisation
- kt
- kilotonne(s)
- Mt
- mégatonne(s)
- NAICS
- Système de classification des industries de l'Amérique du Nord
- N2O
- formule chimique de l'oxyde nitreux
- PFC
- abréviation désignant un groupe de produits chimiques appelés perfluorocarbures
- AAE
- Accord d'achat d'énergie
- REC
- Crédit d'énergie renouvelable
- SAF
- Carburant d’aviation durable
- SF6
- Formule chimique de l'hexafluorure de soufre
- VZE
- Véhicule zéro émission
GES : Gaz à effet de serre
Annexe 1 - Système de classification des industries de l'Amérique du Nord
Selon le Système de classification des industries de l'Amérique du Nord (NAICS), les entreprises et organisations du sous-secteur des services professionnels, scientifiques et techniques (code NAICS 541) comprennent les groupes industriels et industries suivantsNote de bas de page 5 :
5413 - Services d'architecture, d'ingénierie et services connexes
- 54131 - Services d'architecture
- 54132 - Services d'architecture paysagère
- 54133 - Services de génie
- 54134 - Services de dessin technique
- 54135 - Services d'inspection des bâtiments
- 54136 - Services de prospection et de levés géophysiques
- 54137 - Services d’arpentage et de cartographie (sauf les levés géophysiques)
- 54138 - Laboratoires d'essais
5414 - Services de conception spécialisée
- 54141 - Services de design d'intérieur
- 54142 - Services de design industriel
- 54143 - Services de design graphique
- 54149 - Autres services spécialisés de design
5415 - Conception de systèmes informatiques et services connexes
5416 - Services de conseil en gestion, et conseils scientifiques et techniques
- 54161 - Services de conseil en gestion
- 54162 - Services de conseil en environnement
- 54169 - Autres services de conseils scientifiques et techniques
5417 - Services de recherche et de développement scientifiques
- 54171 - Recherche et développement en sciences physiques, en génie et en sciences de la vie
- 54172 - Recherche et développement, en sciences humaines et en sciences sociales
5418 - Services de publicité, de relations publiques et services connexes
- 54181 - Agences de publicité
- 54182 - Services de relations publiques
- 54183 - Agences d'achat de médias
- 54184 - Représentants de médias
- 54185 - Publicité par affichage
- 54186 - Publipostage
- 54187 - Services de distribution de matériel publicitaire
- 54189 - Autres services liés à la publicité
5419 - Autres services professionnels, scientifiques et techniques
- 54191 - Études de marché et sondages d'opinion
- 54192 - Services photographiques
- 54193 - Services de traduction et d'interprétation
- 54194 - Services vétérinaires
- 54199 - Tous les autres services professionnels, scientifiques et techniquesNote de bas de page 6
Annexe 2 - Descriptions des technologies
Descriptions des technologies couramment utilisées pour décarboner le sous-secteur des services professionnels
Thermopompe électrique
Description
Une thermopompe électrique est un appareil qui extrait la chaleur d'un endroit à basse température et la transfère vers un endroit à température plus élevée. Les deux types de pompes à chaleur les plus courants sont les suivants :
- Pompes à chaleur à air : la source ou le puits de chaleur est l'air extérieur;
- Pompes à chaleur géothermiques : la source ou le puits de chaleur provient du sol.
Applications
Les pompes à chaleur peuvent être utilisées pour le chauffage des locaux, le chauffage de l'eau et la climatisation, en remplacement des technologies traditionnelles de chauffage, ventilation et climatisation (c'est-à-dire les chaudières, les chaudières à gaz et les climatiseurs).
Considérations
Les thermopompes sont très efficaces, souvent trois fois plus que les chaudières ou les fours.
Les pompes à chaleur ont un coût initial plus élevé que les équipements CVC traditionnels.
Ressources
Chauffage et climatisation avec une thermopompe - Ressources naturelles Canada
Chauffage urbain
Description
Le chauffage urbain consiste à distribuer la chaleur produite par une centrale à des résidences, des entreprises ou des industries dans une zone locale. La source de chaleur centrale peut être produite à partir d'énergies propres ou de combustibles fossiles.
Applications
Le chauffage urbain est utilisé pour chauffer plusieurs bâtiments situés à proximité les uns des autres.
Les applications courantes comprennent les campus universitaires, les hôpitaux et les zones résidentielles ou commerciales densément peuplées.
Considérations
Le chauffage urbain peut constituer un moyen peu coûteux et efficace de mettre en œuvre une énergie propre.
Il nécessite une coordination et un investissement initial important.
Ressources
Série de fiches d'information sur les technologies de cogénération : Énergie de quartier
Chauffage urbain - Système énergétique - AIE
Amélioration de l'enveloppe des bâtiments
Description
Le remplacement des fenêtres et des portes par des modèles plus efficaces peut réduire les pertes de chaleur dans les bâtiments.
Le contrôle des fuites d'air peut réduire considérablement les pertes de chaleur d'un bâtiment. Il convient de procéder à une identification systématique des fuites d'air, puis de les colmater à l'aide de joints d'étanchéité et de mastic, et d'appliquer des joints et des bandes adhésives.
L'ajout d'isolation aux murs, au toit, au grenier et au sous-sol d'un bâtiment réduit la quantité d'énergie nécessaire pour le chauffage et la climatisation. Il existe de nombreux types de matériaux isolants, avec des applications, des rendements et des coûts différents.
Applications
Bâtiments résidentiels et commerciaux.
Considérations
Permet de réaliser des économies sur les factures de chauffage et de climatisation, tout en maintenant une température agréable dans le bâtiment.
Ressources
Emprisonnons la chaleur - Ressources naturelles Canada
Thermostats intelligents
Description
Un thermostat intelligent réduit l'énergie nécessaire pour chauffer ou climatiser un bâtiment en reconnaissant les préférences des occupants et en établissant un programme qui ajuste automatiquement la température lorsqu’ils sont absents ou qu’ils dorment, afin de réduire la consommation d’énergie.
Applications
Bâtiments résidentiels et commerciaux.
Considérations
Permet de réaliser des économies sur les factures de chauffage et de climatisation, tout en maintenant une température confortable dans le bâtiment.
Ressources
Thermostats intelligents - Ressources naturelles Canada
Véhicule zéro émission (VZE)
Description
Un VZE est un véhicule qui a le potentiel de ne produire aucune émission par le tuyau d'échappement. Il peut être équipé d'un moteur à combustion interne (MCI) classique, mais doit également pouvoir fonctionner sans l'utiliser.
Il existe trois types de véhicules zéro émission (VZE) :
- Véhicule électrique à batterie (VEB) – Fonctionne à l'aide de moteurs électriques et de batteries rechargeables. Aucune émission d'échappement;
- Véhicule électrique hybride rechargeable (VEHR) – Équipé de batteries rechargeables et d'un moteur à essence, il peut fonctionner dans les deux modes. Aucune émission par le tuyau d'échappement en mode électrique;
- Véhicule à pile à combustible (VEPC) – Utilise l'hydrogène pour alimenter un moteur électrique. Aucune émission polluante.
Applications
Les VZE peuvent remplacer les véhicules à moteur à combustion interne traditionnels.
Considérations
Le coût initial des VZE est généralement plus élevé que celui des véhicules à moteur à combustion interne, mais le coût des carburants est moins élevé.
Lors du choix d'un type de VZE, il convient de tenir compte de l'infrastructure de recharge disponible et de l'autonomie requise pour le véhicule.
Ressources
Types de véhicules zéro émission - Ressources naturelles Canada
