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Épisode 1 : Bon travail

Dans le premier épisode de notre mini-série, « Virage : La vie en dehors », nous accompagnons Jordan, un agent de libération conditionnelle à Sault Ste. Marie, et Ian, un responsable des agents de libération conditionnelle à Thunder Bay, en Ontario, pendant leurs quarts de travail, alors qu’ils parcourent de grandes distances dans des régions rurales de l’Ontario pour effectuer des visites de suivi auprès de délinquantes et délinquants qui purgent le reste de leur peine dans la collectivité.

Avertissement à propos du contenu 

Cet épisode relate des faits pouvant troubler certaines personnes. Pour public averti seulement. Si vous êtes victime d’un acte criminel ou si vous travaillez avec le Service correctionnel du Canada, des services de soutien sont à votre disposition. 

      
Transcription de la video

Épisode 1 : Bon travail

Lorsque vous parlez à des gens de l’extérieur du domaine des services correctionnels qui n’ont souvent presque aucune idée de ce qu’on ici. Leur réaction est souvent la même : « Oh, ça doit être vraiment brutal, ça doit être terrible » ou « ça doit être si difficile ». Et, vous savez, ma réponse les surprend toujours : une grande partie, en fait, de ce qu’on fait ici est en fait très positive.

Nous sommes ici pour soutenir les personnes dans leur cheminement vers la réinsertion dans la collectivité. Je ne passe pas mes journées à penser aux personnes pour lesquelles un mandat a été délivré, et qui ont ensuite été réincarcérées et ont comparu devant la Commission des libérations conditionnelles, pour voir leur libération révoquée par la Commission des libérations conditionnelles et être réincarcérées. Bien sûr, ça arrive des fois. Ce sont des moments difficiles pour tout le monde.

Et parfois, ce sont des moments importants lorsqu’il est question de la protection de la collectivité. Mais ce à quoi je pense le plus souvent dans ce travail, ce sont les réussites. Dans certains cas, les personnes peuvent être sous surveillance pendant une très longue période et, au cours des premières années de leur mise en liberté, elles ont eu beaucoup de difficultés.

Elles sont retournées en prison. Elles en sont ressorties. Elles sont retournées en prison. Elles en sont ressorties à nouveau. Et puis, quelque chose se produit et la personne fait volte-face. Et, pour une raison quelconque, cette personne est prête.

Cette personne bénéficie du bon soutien au bon moment, et elle est tout simplement prête au changement, à un véritable changement. Et lorsqu’on est témoin de ça, c’est extrêmement gratifiant.

Pour la plupart des délinquants, l’incarcération ne représente qu’une partie de leur peine. À un moment donné, la majorité purgeront une grande partie de leur peine sous surveillance dans la collectivité. Alors que les agents correctionnels assurent la surveillance à l’intérieur des établissements, les agents de libération conditionnelle assument ce rôle auprès des délinquants dans la collectivité.

BON TRAVAIL

Aujourd’hui, nous accompagnons Jordan, un agent de libération conditionnelle à Sault Ste. Marie, et Ian, un responsable des agents de libération conditionnelle à Thunder Bay, pendant leurs quarts de travail.

Il est 8 h, et Jordan et Ian sont prêts à commencer leur journée. Leur travail? S’assurer que les délinquants dont ils assurent la surveillance respectent les règles et sont sur la bonne voie pour devenir des membres actifs de la collectivité. Les bureaux de libération conditionnelle dans les régions rurales sont confrontés à des défis uniques comparativement à ceux situés dans les milieux plus urbains. À Sault Ste. Marie, les agents de libération conditionnelle gèrent une zone géographique d’une superficie de 64 000 km².

Cela signifie qu’ils sont responsables de l’ensemble des délinquants mis en liberté dans cette zone. Le Bureau de libération conditionnelle de Thunder Bay gère une région d’une superficie encore plus grande. Ian, en tant que responsable des agents de libération conditionnelle, et son équipe assurent la surveillance de l’ensemble de la région. Les régions éloignées nécessitent une planification minutieuse, surtout durant les hivers rudes.

Aujourd’hui, Jordan et Ian doivent effectuer des visites de suivi auprès de cinq personnes. Les délinquants surveillés par Ian vivent dans la région de Thunder Bay, tandis que Jordan doit faire 2,5 heures de route à l’est jusqu’à la petite ville d’Elliot Lake, pour faire ses visites.

Bon, il y a certaines des personnes en liberté conditionnelle à Elliot Lake auprès desquelles je dois effectuer une visite de suivi aujourd’hui. Nous allons les rencontrer et effectuer des visites de suivi à domicile. J’ai donc trois visites prévues aujourd’hui.

Alors que Jordan et Ian se rendent à leurs premières visites de suivi, voyons comment et pourquoi les délinquants sont mis en liberté en premier lieu. La plupart des délinquants auprès desquels ils effectuent des visites de suivi aujourd’hui sont en libération conditionnelle totale. Ce qui veut dire que la personne est généralement autorisée à vive seule ou avec un ami ou un membre de sa famille. Les agents font ensuite des visites de suivi. La fréquence de ces visites dépend du niveau de surveillance attribué.

Oui, diverses cotes clés sont examinées pour déterminer le niveau de surveillance. Le niveau de surveillance le plus élevé est le niveau PSI, qui est huit fois par mois, donc généralement deux fois par semaine. Mais le prochain niveau est le niveau A, qui est une fois par semaine ou quatre fois par mois. Puis il y a ensuite le niveau B, qui est deux fois par mois. Le niveau C, qui est une fois par mois. Le niveau D, qui est une fois aux deux mois. Et le niveau E, qui est une fois aux trois mois. À mesure que les personnes en liberté conditionnelle avancent dans leur peine, même pendant qu’elles sont en liberté conditionnelle, elles peuvent faire l’objet d’une réévaluation et leur niveau peut être réduit en fonction de leur comportement et de leurs progrès.

La première visite de Jordan est avec Jared, un délinquant classé au niveau A. Il vient tout juste d’être mis en liberté d’une prison à sécurité moyenne et vit avec un membre de sa famille.

Il provient d’une prison à sécurité moyenne.

Il a été en détention pendant longtemps. Cette personne en particulier a été détenue dans un établissement provincial pendant longtemps avant la détermination de sa peine. Les infractions étaient de nature violente et ont causé la mort de la victime.

Jared n’a pas obtenu la libération conditionnelle. Il a plutôt été mis en liberté dans le cadre de ce qu’on appelle une libération d’office. Lorsqu’un délinquant a purgé les deux tiers de sa peine, il peut automatiquement purger le dernier tiers dans la collectivité.

Hé, man, comment ça va?

Ça fait longtemps qu’on s’est vus.

Ça fait longtemps.

Ces rencontres sont l’occasion de vérifier si tout se passe bien et de se faire une idée des difficultés auxquelles ces personnes sont confrontées alors qu’elles s’adaptent à la vie à l’extérieur d’un établissement. Après être passé par le système correctionnel, Jared a hâte de remettre sa vie sur la bonne voie.

Et je ne suis pas assez naïf pour croire qu’il n’y aura pas de défis à relever. Je sais qu’en ce moment, je suis dans un bon état d’esprit, mais il arrivera des choses auxquelles je ne m’attendrais pas qui pourraient affecter tout ça. Faque, j’étais à un point dans ma vie où je me suis dit : « Bon, il est temps de faire un virage et d’apporter un véritable changement. »

Et donc, je pense que cela peut contribuer à mon optimisme et à ma réussite, pas vrai?

100 pour cent.

Une des grandes leçons que j’ai retenues en dedans, c’est que la vie est très courte. Et on ne sait jamais quand notre heure va arriver, ni quand celle de nos proches arrivera.

Ça ne fait maintenant que quelques semaines. Ouais, ma mère d’accueil est venue me chercher avec ma sœur. Nous avons repris la route vers le Nord, en nous arrêtant à Sudbury pour une première visite de suivi. Nous sommes arrivés ici tard dans la nuit, puis mes rencontres hebdomadaires avec Jordan ont commencé. Je crois que je me suis trouvé un peu dépassé, mais c’est un bon sentiment.

Mais il y a aussi beaucoup de choses, des sources de stress que je me suis rendu compte que j’avais, et peut‑être même des déclencheurs que je ne savais pas que j’avais ou auxquels je ne m’attendais pas. Bien sûr, en revenant chez moi, je m’inquiétais beaucoup de revoir d’anciennes fréquentations ou de croiser des personnes avec qui je pourrais avoir des conversations indésirables. Mais honnêtement, le fait d’être en liberté conditionnelle vous offre en quelque sorte une raison parfaite d’éviter ce genre de situation.

Le fait de pouvoir dire aux gens : « Écoute, man, je suis à un moment délicat. Je suis en liberté conditionnelle et j’essaie de structurer ma vie, donc je ne peux pas avoir ce genre de conversations ou de rencontres ». C’est donc une bonne excuse pour m’éloigner des gens. Jordan, il est patient et il est très encourageant, et je peux voir qu’il est constant lorsque vient le temps de faire la bonne chose.

Et il veut m’aider. Donc je sais que les conseils qu’il me donne ou tout ce qu’il m’offre visent à m’orienter dans la bonne direction.

Jordan appelle la prochaine personne qu’il va visiter pour l’informer qu’il est en route.

Hey, je suis à environ cinq minutes. Es-tu à la maison?

La porte d’entrée est débarrée, tu peux rentrer.

O.K., parfait. J’arrive bientôt. Bye.

Alors qu’il est en route, Jordan repense à sa conversation avec Jared.

Je l’ai rencontré pour voir où il est en, savoir comment s’est déroulée la dernière semaine depuis notre dernière rencontre, et pour discuter de ses objectifs à ce stade-ci. Ouais, dans l’ensemble, ça semble bien aller. Il semble motivé. Le niveau de risque demeure gérable et j’espère qu’il demeurera sur la bonne voie.

Pendant ce temps, Ian est en route vers sa première visite.

On se dirige maintenant vers Port Arthur. C’est à environ 15 minutes de route. On va aller voir Jack, qui est en liberté conditionnelle ici à Thunder Bay depuis 2018. Et après trois ans en semi-liberté, il a obtenu la libération conditionnelle totale.

Lorsqu’une personne purge une peine d’emprisonnement à vie, elle demeure sous la surveillance du Service correctionnel du Canada pour le reste de sa vie.

Il n’existe donc aucune situation où une personne ne ferait plus l’objet d’une surveillance. Peu importe qu’elle purge une peine d’emprisonnement à vie et qu’elle soit sous surveillance dans la collectivité depuis 20 ans, elle demeure sous surveillance. Cela dit, elle peut avoir mérité un niveau de surveillance et un niveau d’intervention réduits, comme je l’expliquais plus tôt. Et le niveau E est le niveau le plus bas.

Salut, Jack.

Comment ça va?

Ça va bien et toi.

Il doit discuter avec Jack de l’obtention d’une autorisation de voyage qui lui permettra de visiter sa famille à Winnipeg. Tout voyage doit être approuvé au préalable et faire l’objet d’un suivi par le bureau de libération conditionnelle.

Alors, c’est pour aller à Winnipeg dans quelques semaines? Dans trois semaines? O.K., je vais regarder ça lorsque je serai de retour au bureau. Je vais traiter la demande et on pourra revoir avant ton départ et je vais te remettre ton autorisation de voyage. C’est bon? Excellent. Sinon, ça va bien? Ton niveau de stress est bon? Oui.

Oui, J’en suis rendu à un point dans ma vie où il n’y a plus grand-chose qui me stresse.

C’est bon. Oui.

Je suis confortable ici. Les enfants vont bien, et les petits-enfants vont bien aussi, faque… Oui, non, c’est…

Ces jours-ci, il n’y a pas grand-chose qui stresse Jack. Mais ce n’était pas le cas lorsqu’il était revenu à la maison pour la première fois.

Je suis revenu ici un vendredi, tôt le matin. J’ai pris l’autobus de nuit pour arriver à une heure où je pouvais accomplir des choses pendant la journée. Et j’ai parlé à mes deux filles qui vivent ici et je leur ai dit : « Écoutez, je veux passer la fin de semaine seul. » Je voulais simplement me réapproprier des endroits qui m’étaient familiers et me retrouver parmi les gens, avec l’idée de pouvoir le faire, t’sais, en me disant que je peux y aller.

Et oui, j’ai trouvé ça très émouvant. Ce jour-là, je me promenais à pied et j’avais oublié qu’il y avait un marché de campagne ici les samedis l’été. J’y suis donc allé pour le simple fait d’être entouré de gens qui profitaient de leur journée et qui étaient heureux d’être là. C’était différent. Je ne sais pas à quoi je m’attendais, mais ce n’était certainement pas à ça.

C’était tellement différent de ce que j’avais connu au cours des sept dernières années, à peu près. Mais je m’en suis remis, t’sais, et peu après, j’ai pu profiter de certaines choses que je pouvais faire, même si, t’sais, il y avait des restrictions. J’avais un couvre-feu. L’adaptation s’est faite graduellement, mais j’ai connu aucune difficulté, à part des moments chargés sur le plan émotionnel. Le fait que ma famille était là pour moi, pis l’a toujours été, ça fait une grande différence.

Très bien, Jack. Ça m’a fait plaisir de te voir. O.K. À bientôt.

Ian termine sa visite avec Jack et téléphone à la prochaine personne qu’il doit rencontrer, une délinquante qui habite tout près.

Simplement pour te laisser savoir qu’on est en route.

O.K. Dans combien de temps pensez-vous être ici?

Cinq, cinq à dix minutes, peut-être.

Dans le cas de Jack, après avoir commis son crime, il s’est immédiatement rendu aux autorités, a été arrêté, puis a été condamné. Mais ce n’est pas toujours aussi simple. Dans certains cas, une personne peut uniquement réaliser qu’elle a commis un crime des années plus tard. C’est ce qui est arrivé à la délinquante qu’Ian va visiter. Alors épouse et mère de jeunes enfants, elle a reçu, il y a quelques années, une visite inattendue de la police. Elle a été arrêtée pour des crimes de nature sexuelle qui s’étaient produits plus d’une décennie auparavant.

Donc, ma peine de ressort fédéral a commencé le 1er décembre 2023. J’ai obtenu la semi-liberté à la fin de juin 2024. J’ai donc été sous surveillance en semi-liberté jusqu’à presque la fin novembre. J’avais demandé de retourner à la maison plus tôt dans le cadre de ce qu’on appelle une semi-liberté dans un « autre lieu précisé ». Et puis ils me l’ont enfin accordée, je ne sais pas, une semaine avant la fin de ma semi-liberté. Et depuis, je suis en libération conditionnelle totale.

Les victimes et les membres de leur famille subissent des traumatismes à la suite des actes commis par les délinquants, mais ce qu’on oublie parfois, c’est que délinquants et leurs familles peuvent aussi être traumatisés par l’incident et leur expérience au sein du système correctionnel.

Ce matin-là, j’ai fait monter mes enfants dans l’autobus, puis je ne suis pas rentrée à la maison. Alors, le fait que je suis rentrée à la maison cette fois-ci pour ensuite leur annoncer que je devais repartir, cela a ravivé le traumatisme qu’ils avaient vécu.

Les agents de libération conditionnelle doivent tenir compte de cela dans le cadre de leur travail.

J’ai donc de la difficulté à faire confiance maintenant. Et à croire que cela ne se reproduira pas et qu’un jour, quelque chose ne viendra pas faire basculer toute ma vie une fois de plus.

Et même lorsque les délinquants ont terminé de purger leur peine, certaines conséquences peuvent perdurer toute leur vie.

C’est une peine à vie, malgré tout. Mon nom figurera sur ce registre pour le reste de ma vie en Ontario, ce qui signifie que je dois faire l’objet d’un suivi une fois par année. Cela veut dire que les autorités se présentent à mon domicile. Je dois les informer si je déménage, si je change d’emploi, vous savez, ou s’il y a d’autres changements par rapport aux éléments sur cette liste. Et c’est difficile à accepter, parce que jamais je n’aurais cru avoir un casier judiciaire un jour.

Je suis quelqu’un qui a toujours respecté les règles à la lettre. Donc, j’ai dû du mal à. Et mon nom figure toujours au registre. Il me reste encore dix ans de conditions.

Malgré ces difficultés, cette délinquante trouve des moyens de composer avec la situation, et Ian l’aide à continuer à se concentrer sur l’avenir.

Mais j’ai d’autres chats à fouetter. Je suis plutôt douée pour mettre tout ça de côté, pour refouler tous les traumatismes jusqu’à ce que je sois obligée d’y faire face. Mais dès qu’il se passe quelque chose – par exemple lorsque l’agent de libération conditionnelle m’envoie un message, que je reçois un courriel de mon avocat ou vous savez – je panique immédiatement. Mais l’une de mes forces, c’est mon hyperconcentration.

Faque, lorsque je suis assise à mon bureau et que je travaille, je suis très douée, vous savez, pour ignorer tout ce qui se passe dans le monde. Et à l’extérieur du travail, les enfants me tiennent occupée. Bref, c’est ça. Prendre soin de moi est super important. Je vais dîner avec une amie une fois par semaine. Je ne manque jamais ce rendez-vous. Ce sont des choses que je ne faisais pas avant mon incarcération, mais que je fais absolument maintenant pour essayer d’apporter de la joie dans ma vie, je suppose, si on peut dire ça comme ça. Je me concentre vraiment sur cette joie, sur ces petits moments de bonheur.

Bonjour, Debbie, c’est Ian.

Oh, salut, Ian.

Qu’est-ce qui se passe?

Je t’appelle donc simplement pour te laisser savoir qu’on a fini et qu’on se dirige vers le bureau maintenant.

Alors qu’Ian est en route pour sa prochaine visite de suivi, Jordan arrive à sa prochaine rencontre à Elliot Lake.

Jordan rencontre maintenant un délinquant condamné à perpétuité qui vit dans la collectivité depuis huit ans.

Pas d’alcool, pas de femmes rebelles.

Pas de drogues?

Pas de drogues.

Bien que de nombreux délinquants souhaitent retourner dans leur collectivité, ce n’est pas toujours ce qui se produit. Parfois, il est préférable, tant pour le délinquant que pour les victimes, que la personne vive ailleurs.

J’ai toujours eu un œil sur cette région. Je n’allais pas retourner à Windsor. Disons que je voulais rester loin des personnes qui étaient encore impliquées dans le milieu. J’ai fait partie d’un club à Windsor pendant plusieurs années, faque…

Le fait de vivre à Elliot Lake l’aide à ne pas participer aux activités du gang auquel il était autrefois affilié.

J’étais déjà rusé avant d’aller en prison.

Quand on va en prison et tout, on devient encore plus rusé. Si je vois l’emblème, je fais demi-tour. Je m’en fous s’ils sont des Christian Riders.

Au fil du temps, les délinquants adoptent une routine plus régulière, et les agents de libération conditionnelle peuvent réduire le niveau de surveillance lorsque ces personnes adoptent un bon comportement ou encore l’augmenter lorsque les choses changent.

Il est maintenant au niveau C, ce qui signifie qu’il fait l’objet d’un suivi une fois par mois. Après huit ans, l’accent n’est plus autant sur les programmes, mais davantage sur le maintien d’une routine normale.

Ouais, je fais juste vive ma vie. J’habite seul. Mon propriétaire et moi on s’entend bien.

Évite les ennuis et reste sobre.

Alors que Jordan est en route vers sa prochaine visite, il se dit satisfait des progrès réalisés par ce délinquant. La dernière rencontre de Jordan se déroulera au bureau de libération conditionnelle. Il termine sa journée avec Daniel, qui n’est qu’à deux semaines de la fin de sa peine, ce qui signifie qu’il sera complètement libre, plus de surveillance.

Alors, le 16 mars à minuit, je ne serai officiellement plus en liberté conditionnelle. J’aurai tout terminé. Je termine sur une note très positive. Tous mes tests de dépistage de drogues ont donné des résultats négatifs. J’ai un très bon parcours. C’est très valorisant d’avoir atteint cet objectif, d’être aux études et, vous savez, de reprendre ma vie en main, tout en terminant cette étape comme je le fais.

Je suis fier. Je suis heureux. Je suis soulagé.

Je suis anxieux. Vous savez, plus la date approche, plus il m’est difficile de croire que j’y suis arrivé et que je termine ce chapitre sur une notre aussi positive. Mais, vous savez, si je peux le faire, tout le monde peut le faire. Vous savez, une fois que j’aurai terminé mes études, je compte décrocher un bon emploi. Quelques employeurs souhaitent déjà m’embaucher.

Les personnes et les endroits que l’on fréquente et les activités auxquelles on s’adonne ont une grande importance. Les lieux où l’on se trouve et ce que l’on fait nous façonnent beaucoup dans cette vie. Lorsqu’on cherche à s’améliorer, on ne peut pas y parvenir en restant entouré de mauvaises personnes. On ne peut pas y parvenir en fréquentant des endroits malsains.

Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est le fait qu’à une certaine époque, les gens me voyaient comme quelqu’un de mauvais. Ils croyaient que je n’arriverais jamais à rien après tout ce que j’avais fait. Et une grande partie de ma motivation vient du désir de leur montrer que les mauvaises décisions qu’une personne a pu prendre ne définissent pas qui elle est vraiment.

Alors que Jordan termine sa journée, Ian reprend la route vers le bureau pour terminer la sienne.

J’aime croire que nous sommes en mesure de soutenir les gens. Souvent, lorsque l’on me pose des questions sur ce travail, je réponds que je suis en mesure d’aider des personnes qui en ont besoin, tout en veillant à ce que les collectivités et la sécurité de ces collectivités demeurent au cœur de tout ce qu’on fait. Donc, vous savez, c’est du bon travail. Et il y a beaucoup de réussites.

Et de façon générale, les relations que nous entretenons avec les personnes en libération conditionnelle sont très positives. Il s’agit surtout de leur demander comment elles vont, ce qui se passe dans leur vie et de quel niveau de soutien elles ont besoin. De leur demander si elles respectent les conditions qui leur sont imposées. Et de leur dire que nous allons surmonter cette épreuve ensemble et les accompagner jusqu’à la fin de leur peine afin de pouvoir leur serrer la maison à la fin de tout ça et leur dire de ne plus revenir.

Et c’est ainsi que j’ai tendance à aborder mes journées et que je perçois le travail que j’accomplis ici.

Façons de visionner

Ressources d'assistance

Pour les victimes d’actes criminels

Si vous êtes victime d’un acte criminel, les Services aux victimes du SCC offrent des ressources pour vous soutenir. Pour en savoir plus, consultez notre page d’information pour les victimes.

Pour les employés du SCC

Si vous êtes un employé du SCC et que vous avez vécu un traumatisme, des ressources sont disponibles pour vous soutenir en tout temps. Voici quelques exemples :

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2026-08-04

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