Isolement de Corynebacterium diphtheriae toxigène à partir de lésions cutanées chez un âne en Ontario

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Numéro : RMTC : Volume 52-1/2, janvier/février 2026 : La surveillance des tiques et des moustiques au Canada
Date de publication : février 2026
ISSN : 1719-3109
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Volume 52-1/2, janvier/février 2026 : La surveillance des tiques et des moustiques au Canada
Communication rapide
Isolement de Corynebacterium diphtheriae toxigène à partir de lésions cutanées chez un âne en Ontario, Canada, 2024 : implications pour la transmission des zoonoses et l’approche « Une seule santé »
Chidubem Okechukwu1, Steven Rebellato2, Heidi Pitfield2, Kelly Magnusson2, Ramien Sereshk2, Durda Slavic3, Heather McClinchey4, Sarah Wilson5,6, Julianne Kus5,7, Colin Lee2
Affiliations
1 Santé publique et médecine préventive, Université de l’École de médecine du Nord de l’Ontario, Sudbury, ON
2 Bureau de santé du district de Simcoe Muskoka, Barrie, ON
3 Laboratoire d’hygiène vétérinaire, Université de Guelph, Guelph, ON
4 Ministère de la Santé de l’Ontario, Toronto, ON
5 Santé publique Ontario, Toronto, ON
6 École de santé publique Dalla Lana, Université de Toronto, Toronto, ON
7 Département de médecine de laboratoire et de pathobiologie, Université de Toronto, Toronto, ON
Correspondance
Citation proposée
Okechukwu CE, Rebellato S, Pitfield H, Magnusson K, Sereshk R, Slavic D, McClinchey H, Wilson SE, Kus JV, Lee C. Isolement de Corynebacterium diphtheriae toxigène à partir de lésions cutanées chez un âne en Ontario, Canada, 2024 : implications pour la transmission des zoonoses et l’approche « Une seule santé ». Relevé des maladies transmissibles au Canada 2026;52(1/2):8–14. https://doi.org/10.14745/ccdr.v52i0102a02f
Mots-clés : diphtérie, Corynebacterium diphtheriae, Ontario, toxigène, âne, surveillance, Une seule santé
Résumé
Cette communication rapide décrit un cas de lésions cutanées chez un âne de l’Ontario, au Canada, à partir duquel ont été isolées des bactéries toxigènes de Corynebacterium diphtheriae (C. diphtheriae). Sept contacts humains étroits ont été identifiés et évalués. Cette communication se concentre sur les défis de santé publique, la réponse interinstitutionnelle et les implications pour les initiatives suivant l’approche « Une seule santé » visant à prévenir la transmission des zoonoses. En outre, elle souligne l’importance, les succès et les défis de la collaboration interinstitutionnelle pour coordonner les enquêtes de laboratoire, les rapports, la recherche des contacts, la prophylaxie post-exposition potentielle et l’éducation du public dans le cadre de la lutte contre les maladies zoonotiques. Cette enquête démontre la nécessité d’une surveillance renforcée, d’une autorité législative claire pour faciliter la notification et l’élaboration de directives plus claires pour la gestion des contacts étroits avec C. diphtheriae et d’autres agents zoonotiques chez les animaux, qui peuvent entraîner une morbidité et une mortalité chez l’humain.
Introduction
Corynebacterium diphtheriae (C. diphtheriae), l’agent principal de la diphtérie, est une bactérie aérobie ou anaérobie facultative, Gram positif, en forme de bâtonnet. Certaines souches sont porteuses du gène de la toxine diphtérique qui produit une toxine puissante provoquant une maladie grave chez l’humain Footnote 1. Les autres espèces de Corynebacterium susceptibles d’acquérir le gène de la toxine diphtérique sont C. ulcerans et C. pseudotuberculosis Footnote 2. Les corynébactéries sont très répandues dans l’environnement, y compris dans le sol, les plantes, les animaux et les humains Footnote 1. Toutefois, la bactérie toxigène C. diphtheriae est rare et généralement associée à une infection humaine, bien que des animaux domestiques tels que les chats, les chiens et les chevaux aient été identifiés comme porteurs de cet organisme Footnote 1. La période d’incubation de l’infection humaine par C. diphtheriae varie de 2 à 10 jours et le mode de transmission à l’humain est le contact direct pour les lésions cutanées et par gouttelettes pour la diphtérie respiratoire Footnote 3Footnote 4. Ce cas met en évidence un rare cas de C. diphtheriae toxigène isolé chez un animal domestique, soulignant la nécessité d’être vigilant en matière de surveillance des zoonoses et de collaboration intersectorielle pour atténuer les risques pour la santé publique.
La bactérie C. diphtheriae revêt une grande importance pour la santé publique en raison de sa capacité à produire une toxine puissante qui peut entraîner des complications graves telles que la myocardite, l’insuffisance rénale et la mort Footnote 5. En l’absence de traitement rapide, le taux de létalité de la diphtérie se situe entre 5 % et 10 %, avec des taux de mortalité plus élevés (jusqu’à 30 %) observés chez les personnes non vaccinées, en particulier chez les enfants de moins de cinq ans et les adultes de plus de 40 ans Footnote 6Footnote 7. Avant l’introduction du vaccin contre l’anatoxine diphtérique dans les années 1920, on pouvait compter environ 100 000 à 200 000 cas de la maladie et celle-ci causait 13 000 à 15 000 décès par an aux États-Unis Footnote 8. Au Canada, la vaccination systématique a considérablement réduit l’incidence de la diphtérie. Toutefois, 19 cas ont été signalés entre 1993 et 2012 et les décès les plus récents sont survenus chez un résident canadien en 2010 et chez un visiteur au Canada en 2018 Footnote 9Footnote 10. Au niveau mondial, la diphtérie reste endémique dans les régions où la couverture vaccinale est faible. En outre, les déplacements de populations dus à l’instabilité politique ou économique, associés à des perturbations de l’infrastructure de vaccination, ont contribué aux éclosions récentes dans plusieurs pays, notamment parmi les demandeurs d’asile en Europe Footnote 5. En outre, une enquête sérologique menée auprès de jeunes adultes canadiens en bonne santé a révélé qu’environ 20 % des individus ne possédaient pas de niveaux suffisants d’anticorps contre la diphtérie Footnote 11. La réapparition de la diphtérie souligne l’importance cruciale du maintien d’une couverture vaccinale élevée et de systèmes de santé publique solides pour prévenir la propagation de cette maladie potentiellement mortelle.
D’après la littérature disponible, il s’agit du premier cas documenté de C. diphtheriae toxigène chez un âne. Des rapports antérieurs ont identifié la bactérie C. diphtheriae chez divers animaux, notamment des chiens, des chats, des chevaux, une vache et un renard, mais seuls les isolats de deux chiens et de deux chevaux ont été confirmés comme étant toxigènes Footnote 12. À ce jour, il n’existe aucun cas confirmé de transmission zoonotique de C. diphtheriae toxigène à l’humain. Un cas de 2022 impliquant une souche toxigène chez un chat de maison au Texas n’a pas entraîné d’infection humaine. Cependant, la transmission zoonotique a été bien documentée avec la bactérie C. ulcerans toxigène, une espèce apparentée capable de produire la toxine diphtérique, en particulier des chiens et des chats de maison à l’humain Footnote 13Footnote 14Footnote 15Footnote 16.
En septembre 2024, le Laboratoire d’hygiène vétérinaire (LHV) de Guelph (Ontario) a signalé au ministère de la Santé de l’Ontario l’isolement d’un isolat de C. diphtheriae potentiellement toxigène chez un âne présentant des lésions cutanées. Le bureau local de santé publique compétent de l’Ontario a ensuite été informé. En Ontario, la présence de C. diphtheriae toxigène chez l’humain est un agent pathogène d’importance pour la santé publique qui doit être signalé aux autorités de santé publique, car il existe des interventions qui peuvent être mises en œuvre pour prévenir une nouvelle transmission, comme l’identification du portage asymptomatique chez les contacts étroits et l’offre d’une chimioprophylaxie post-exposition (antibiotiques) et d’une immunoprophylaxie (vaccin) Footnote 17. Il existe également un risque de transmission à l’humain de C. diphtheriae toxigène à partir d’animaux ou d’isolats de laboratoire, ce qui nécessite une gestion des contacts humains pouvant inclure des recommandations en matière d’antibiotiques et de vaccins après exposition, après une évaluation des risques Footnote 18Footnote 19. Chez les animaux, la bactérie C. diphtheriae toxigène n’est pas désignée comme devant faire l’objet d’une déclaration immédiate en Ontario par les laboratoires ou les vétérinaires au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et de l’Agroentreprise (MAAAO) ou au Bureau de santé publique et ministère de la Santé, ce qui a posé des problèmes de surveillance de la santé publique et d’intervention rapide lorsqu’un cas toxigène a été identifié, d’autant plus qu’il s’agissait du premier cas animal connu de C. diphtheriae toxigène en Ontario.
Ce rapport met en évidence le risque zoonotique que représente la bactérie C. diphtheriae toxigène isolée chez l’animal et les difficultés de surveillance et de gestion de la santé publique dues à l’absence de dispositions législatives claires concernant la transmission de l’animal à l’humain. Ce cas souligne la nécessité d’adopter une approche « Une seule santé » qui intègre les systèmes de santé animale et humaine afin de prévenir la transmission des zoonoses et d’améliorer la coordination des interventions. Donc, l’objectif de ce rapport est de décrire la gestion épidémiologique, diagnostique et de santé publique de l’isolat de bactérie C. diphtheriae toxigène chez un âne, en mettant en évidence les implications pour la transmission zoonotique et en soulignant la nécessité d’améliorer les politiques afin de soutenir une réponse rapide aux éclosions et la sécurité en santé publique.
Situation actuelle
Présentation du cas
Un âne de 35 ans a été examiné par un vétérinaire pour des lésions cutanées ne cicatrisant pas sur les quatre membres (figure 1). Les lésions (plaies) sont apparues pour la première fois en mai 2024, se sont résorbées spontanément et sont réapparues en juillet 2024. Les plaies se sont aggravées en août 2024 et ont nécessité un examen par le vétérinaire traitant au début septembre 2024. Le vétérinaire a examiné et traité l’âne sur la propriété du propriétaire, a prélevé des échantillons des plaies en vue d’une culture bactérienne et a administré un traitement comprenant des antibiotiques et l’application d’une crème topique (corticostéroïde avec un antibiotique) sur la surface de la plaie.
Figure 1 : Équivalent textuel
La chronologie résume les principaux événements cliniques, de laboratoire et de santé publique liés à la détection de Corynebacterium diphtheriae toxigène chez un âne. Les lésions cutanées initiales sont apparues en mai 2024, ont disparu spontanément et sont réapparues en juillet, avant de s’aggraver au début du mois d’août 2024. Le Laboratoire d’hygiène vétérinaire a isolé la bactérie Corynebacterium diphtheriae le 6 septembre et l’a signalé au ministère de la Santé de l’Ontario et au bureau local de santé publique le 10 septembre, ce qui a donné lieu à une enquête coordonnée. La confirmation en laboratoire de l’existence d’une souche toxigène a conduit à l’émission d’un ordre en vertu de l’article 22 à l’intention du bactériologiste du LHV le 13 septembre 2024. Les résultats des tests effectués sur les contacts ont été reçus entre le 19 et le 20 septembre et se sont tous révélés négatifs. Les mesures de santé publique, y compris les réunions interinstitutions et le suivi des contacts, ont eu lieu entre le 10 septembre et le 7 octobre 2024. L’enquête s’est achevée le 7 octobre 2024. Cette figure souligne l’importance d’une communication opportune et d’une approche « Une seule santé » dans la gestion de la diphtérie zoonotique.
Résultats d’analyses de laboratoire
TLes écouvillons des lésions ont donné lieu à une culture mixte de C. diphtheriae, ainsi que de Pseudomonas aeruginosa et de Streptococcus equi, sous-espèce zooepidemicus. La première culture a subi un test PCR à usage exclusif de la recherche au LHV et le résultat était positif pour le gène de la toxine Footnote 20. La détection moléculaire du gène de la toxine diphtérique n’est pas effectuée de manière routinière au LHV étant donné la rareté de l’isolation de C. diphtheriae à partir de spécimens animaux. Cependant, une augmentation notable des renvois d’isolats au Laboratoire national de microbiologie (LNM) pour la recherche de la toxine diphtérique et des rapports récents sur des isolats de C. ulcerans porteurs du gène de la toxine diphtérique ont incité le laboratoire à conserver les amorces et une sonde en stock Footnote 21. Malgré l’absence de vérification par PCR en temps réel (qPCR) au LHV, en raison de la spécificité élevée du test publié, la probabilité est élevée (environ 92 %) qu’il s’agisse d’un vrai positif.
L’isolat a été envoyé au LNM pour confirmation par qPCR et pour la détection de la production de toxines par le test d’Elek modifié. Au LNM, la bactérie a été identifiée comme étant C. diphtheriae et les résultats du test PCR et du test d’Elek modifié se sont révélé positifs respectivement pour le gène de la toxine diphtérique et pour la détection phénotypique de la toxine diphtérique exprimée.
Déclarations et défis en matière de santé publique
Lorsque l’isolat toxigène de C. diphtheriae a été identifié au LHV, le risque pour la santé humaine a été reconnu et cette découverte a été signalée au ministère de la Santé de l’Ontario.
Il n’existe pas de loi ou de politique permettant de communiquer des renseignements personnels aux organismes de santé publique provinciaux et locaux concernés, ce qui est d’une importance cruciale pour la recherche des éclosions et d’autres mesures de santé publique. La bactérie C. diphtheriae chez les animaux n’est pas désigné comme un danger provincial à déclaration obligatoire auprès du MAAAO Footnote 22. De même, la Loi sur la protection et la promotion de la santé, L.R.O. 1990, chap. H.7, n’exige pas que la confirmation de la présence de C. diphtheriae chez les animaux soit signalée au ministère de la Santé de l’Ontario ou à l’organisme local de santé publique. Cette situation a donné lieu à une discussion entre le LHV, le MAAAO et les autorités sanitaires provinciales et locales sur la manière de traiter le cas animal et de gérer les contacts humains tout en respectant la législation et la vie privée du propriétaire de l’âne, y compris sa localisation et l’identité de la personne qui s’en occupe. Finalement, à ce moment, il a été convenu que la meilleure solution était que le médecin hygiéniste local émette un ordre au titre de l’article 22 concernant une maladie transmissible en vertu de la Loi sur la protection et la promotion de la santé. L’ordre a été donné au vétérinaire bactériologiste du LHV de fournir les coordonnées et les rapports de laboratoire au médecin hygiéniste afin de permettre au bureau local de santé publique de mener une enquête de santé publique et d’instituer éventuellement des mesures de contrôle adéquates, telles que des tests de laboratoire supplémentaires et, le cas échéant, une chimioprophylaxie et la vaccination des contacts étroits humains.
Les antécédents médicaux de l’animal et la présentation clinique de la maladie ont joué un rôle crucial dans l’orientation de l’approche diagnostique et de la gestion ultérieure des contacts avec la santé publique. On ne sait pas exactement comment l’âne a été infecté par la bactérie C. diphtheriae. Cependant, l’âge de l’âne (35 ans), son immunosénescence probable avec une plus grande propension à acquérir et à développer la maladie à partir d’éventuels porteurs humains ou animaux Footnote 5, la possibilité d’une maladie cutanée sous-jacente due à des insectes piqueurs saisonniers et l’exposition chronique au sol où la bactérie C. diphtheriae a pu être présente Footnote 1 ont pu créer la situation parfaite pour le développement de lésions cutanées. Il est à noter que l’âne a passé la majeure partie de l’été à l’extérieur. Les lésions initiales de mai 2024 pourraient vraisemblablement être liées à une exposition environnementale, comme un contact avec un sol contaminé, ce qui est compatible avec les réservoirs connus de C. diphtheriae. La récurrence et l’aggravation des lésions en juillet et août 2024 peuvent avoir été exacerbées par des facteurs saisonniers tels que des insectes piqueurs et une exposition accrue à l’extérieur.
La diphtérie est une maladie d’importance en santé publique, d’où les inquiétudes concernant les contacts humains. Notamment, l’âne ne présentait pas de symptômes respiratoires, de sorte que la transmission par gouttelettes n’a pas été jugée préoccupante.
Identification et suivi des contacts
Les contacts étroits ont été définis comme des personnes ayant eu un contact étroit avec l’âne ou une exposition aux muqueuses ou ayant prodigué des soins directs depuis l’apparition des symptômes chez l’animal. Pendant les mois au cours desquels l’âne a présenté les lésions cutanées, il y a eu sept contacts étroits connus avec une personne. Les contacts humains incluent deux soigneurs qui s’occupaient régulièrement de l’âne, un étudiant en technique vétérinaire qui soignait directement les plaies de l’âne lorsque les soigneurs étaient en déplacement, un vétérinaire qui fournissait également des soins directs avec des gants, prélevait des échantillons de lésions et soumettait la culture de la plaie, deux personnes qui n’auraient pas eu de contact direct avec la plaie, mais qui ont nourri et tenu la chaîne de l’âne à proximité à plusieurs reprises au cours des deux derniers mois, et une personne qui a taillé les sabots de l’âne. Les contacts avec les animaux sur la même propriété comprenaient un cheval qui vivait dans la même étable que l’âne pendant les mois d’hiver, et un chien.
La gestion des contacts après exposition avec la bactérie C. diphtheriae comprend une chimioprophylaxie avec une dose de benzathine pénicilline G intramusculaire ou un antibiotique macrolide pendant 7 à 10 jours, ainsi que la vaccination contre la diphtérie si le statut vaccinal du contact n’est pas à jour Footnote 17Footnote 21. Le Protocole concernant les maladies infectieuses de l’Ontario et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis donnent des recommandations pour les contacts avec les espèces de C. diphtheria toxigènes présentes chez l’humain et recommandent de vacciner les contacts proches si leur dernière vaccination contenant de la diphtérie remonte à plus de cinq ans Footnote 17Footnote 23. D’autre part, le Royaume-Uni (RU) et l’Australie disposent de directives sur la gestion des contacts humains lorsque des espèces toxigènes de Corynebacterium sont identifiées chez des animaux. Elles recommandent une dose de rappel de vaccin contenant de la diphtérie si plus de 12 mois se sont écoulés depuis la dernière dose Footnote 24Footnote 25. En vertu du principe de précaution, une dose de vaccin contenant de la diphtérie a été proposée à tous les contacts étroits dont la dernière dose remontait à plus de 12 mois.
Résultats et suivi
Tous les contacts avaient été vaccinés contre la diphtérie au cours des dix dernières années, la plupart au cours des cinq dernières années, comme le montre le tableau 1.
| Contacts humains | Année de la dernière dose de vaccin contenant de la diphtérie | Interventions |
|---|---|---|
| 1 | 2019 | Vaccin dcaT administré; a pris un antibiotique PEP 5/7 jours |
| 2 | 2022 | Vaccin dcaT administré; a pris un antibiotique PEP 5/7 jours |
| 3 | 2022 | A refusé le vaccin dcaT; n’a pas pris d’antibiotique PEP |
| 4 | 2018 | Vaccin dcaT administré; a pris un antibiotique PEP 5/7 jours |
| 5 | Incertaine | Vaccin dcaT administré; n’a pas pris d’antibiotique PEP |
| 6 | 2021 | Vaccin dcaT administré; n’a pas pris d’antibiotique PEP |
| 7 | 2019 | A refusé le vaccin dcaT; n’a pas pris d’antibiotique PEP |
Abréviations : PEP, prophylaxie post-exposition; Vaccin dcaT, diphtérie, coqueluche, tétanos |
||
Étant donné la forte probabilité qu’un isolat toxigène positif au test PCR exprime la toxine Footnote 26, nous avons choisi de proposer une prophylaxie post-exposition, conformément aux directives britanniques et australiennes sur l’exposition humaine aux espèces de bactéries Corynebacterium animales Footnote 24Footnote 25, en attendant la confirmation de la toxigénicité par le LNM (le délai d’exécution des tests était d’environ une semaine). La prophylaxie post-exposition consistait en sept jours d’azithromycine à raison de 500 mg par jour par voie orale et en un vaccin antidiphtérique si la dernière dose remontait à plus de 12 mois. En outre, une formation en santé a été dispensée sur le portage asymptomatique, les signes et les symptômes à surveiller, ainsi que sur les bonnes pratiques d’hygiène. Tous les contacts sont restés asymptomatiques entre la période de contact et la période d’évaluation, à l’exception d’un contact qui a développé un mal de gorge deux semaines après le contact avec l’âne. Des écouvillons nasopharyngés pour la culture de C. diphtheriae ont été prélevés sur tous les contacts afin d’évaluer la transmission humaine potentielle, et au même moment, une prophylaxie antibiotique a été proposée, et trois personnes ont accepté les antibiotiques. Aucun écouvillon n’a donné lieu à une culture de C. diphtheriae, et les contacts ont été informés des résultats négatifs du laboratoire. Par conséquent, les trois contacts qui ont commencé le traitement ont arrêté au jour 5/7, tandis que les autres qui attendaient les résultats du laboratoire avant de commencer les antibiotiques n’ont pas commencé le traitement. Le suivi effectué par le propriétaire de l’âne a révélé que l’âne allait mieux, qu’il ne présentait plus qu’une seule plaie nécessitant un pansement et qu’il n’avait plus besoin d’analgésiques. Bien que les contacts humains n’étaient pas porteurs de C. diphtheriae, compte tenu du résultat positif du test d’Elek modifié de l’isolat animal, il existait un risque permanent de transmission de l’animal à l’humain. Il a donc été recommandé au propriétaire de prendre des précautions, en particulier d’utiliser des équipements de protection individuelle, lorsqu’il manipule les sécrétions de l’âne. L’enquête sur les contacts était un élément essentiel de l’intervention de santé publique, qui nécessitait une identification rapide et une évaluation des risques des personnes potentiellement exposées.
Recommandations
Des modifications législatives visant à renforcer les protocoles de notification pour la gestion des contacts humains sont nécessaires pour améliorer la surveillance et la prévention de la transmission de C. diphtheriae et d’autres infections zoonotiques. Il est essentiel d’établir et de renforcer la communication et la collaboration de routine entre les laboratoires de diagnostic vétérinaire et les laboratoires de santé publique qui traitent les échantillons humains. Cette collaboration permettrait de soumettre en temps utile les isolats suspects provenant de sources vétérinaires aux laboratoires de santé publique pour confirmation. Actuellement, cette pratique n’est pas systématiquement mise en œuvre et les laboratoires de santé publique n’acceptent généralement pas d’isolats provenant de sources animales. À mesure que le paysage sanitaire mondial évolue, la préparation à la réémergence de zoonoses telles que la diphtérie restera un défi majeur pour les autorités de santé publique; d’où la nécessité de rationaliser la déclaration de la diphtérie et d’autres maladies importantes pour la santé publique chez l’humain, dans l’optique de l’approche « Une seule santé ».
Conclusion
Les résultats actuels établissent que l’isolement de C. diphtheriae toxigène à partir de lésions cutanées chez les animaux, bien que rare, peut comporter des risques de transmission zoonotique, en particulier par contact direct avec des lésions ouvertes. L’enquête a confirmé la présence de C. diphtheriae toxigène chez l’âne atteint et a mis en évidence la nécessité d’envisager des mesures sanitaires vigilantes, notamment la gestion des contacts étroits et la prophylaxie post-exposition pour les personnes à risque. Un traitement antibiotique préventif post-exposition et une vaccination ont été administrés en même temps que des cultures de C. diphtheriae ont été prélevées sur les contacts étroits. Les cultures n’ont pas produit de C. diphtheriae. Néanmoins, cet incident souligne l’importance de maintenir à jour les vaccinations de rappel contre la diphtérie au sein de la population. Malgré l’excellente collaboration entre les organismes dans cette affaire, des incertitudes critiques subsistent, notamment en ce qui concerne la dynamique spécifique de la transmission de C. diphtheriae toxigène de l’animal à l’humain et la possibilité pour d’autres animaux domestiques ou sauvages d’être porteurs. En outre, l’absence de surveillance normalisée et de déclaration obligatoire des cas de C. diphtheriae toxigène et d’autres espèces de bactérie Corynebacterium porteurs du gène de la toxine diphtérique chez les animaux constitue une lacune importante, qui complique la mise en œuvre rapide de mesures de santé publique.
Déclaration des auteurs
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C. O. — Conceptualisation, enquête, rédaction–version originale, rédaction−révision et édition
S. R. — Enquête, rédaction–révision et édition
H. P. — Enquête, rédaction–révision et édition
K. M. — Enquête, rédaction–révision et édition
R. S. — Enquête, rédaction–révision et édition
D. S. — Enquête, rédaction–révision et édition
H. M. — Enquête, rédaction–révision et édition
S. W. — Enquête, rédaction–révision et édition
J. K. — Enquête, rédaction–révision et édition
C. L. — Conceptualisation, supervision, enquête, rédaction−révision et édition
Le contenu de cet article et les opinions y sont exprimées n’engagent que les auteurs et ne reflètent pas nécessairement ceux du gouvernement du Canada.
Intérêts concurrents
Aucun.
Identifiants ORCID
Chidubem Okechukwu — 0000-0003-3263-4940
Durda Slavic — 0000-0001-9842-7229
Heather McClinchey — 0000-0001-5158-2467
Sarah Wilson — 0000-0002-8239-0094
Julianne Kus — 0000-0001-6033-7244
Colin Lee — 0009-0008-1945-4076
Remerciements
Les auteurs remercient le Dr Charles Gardner (Bureau de santé du district Simcoe Muskoka), la Dre Maria Spinato (Laboratoire d’hygiène vétérinaire) et le Dr Alison Moore (ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et de l’Ontario) pour leurs commentaires sur le manuscrit original.
Financement
Aucun.

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