Surveillance de l’exposition des laboratoires aux agents pathogènes humains et aux toxines, Canada, 2024

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Numéro : RMTC : Volume 51-10/11/12, octobre/novembre/décembre 2025 : La tuberculose et la migration au Canada
Date de publication : décembre 2025
ISSN : 1719-3109
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Volume 51-10/11/12, octobre/novembre/décembre 2025 : La tuberculose et la migration au Canada
Surveillance
Surveillance des expositions en laboratoires aux agents pathogènes humains et aux toxines, Canada, 2024
Emily F Tran1, Audrey Gauthier1, Antoinette N Davis1, Christine Abalos1, Samuel Bonti-Ankomah1
Affiliation
1 Direction Générale de la Réglementation, des Opérations et de la Gestion des Urgences, Agence de la santé publique du Canada, Ottawa, ON
Correspondance
Citation proposée
Tran EF, Gauthier A, Davis AN, Abalos C, Bonti-Ankomah S. Surveillance des expositions en laboratoires aux agents pathogènes humains et aux toxines, Canada, 2024. Relevé des maladies transmissibles au Canada 2025;51(10/11/12):438–50. https://doi.org/10.14745/ccdr.v51i101112a04f
Mots-clés : Centre de la biosécurité, agents pathogènes humains et toxines, infections contractées en laboratoire, expositions en laboratoire, incidents de laboratoire, déclarations des incidents en laboratoire au Canada, surveillance
Résumé
Contexte : Les incidents d’exposition aux agents pathogènes humains et aux toxines (APHT) dans les établissements titulaires de permis au Canada sont suivis par le système de surveillance de déclaration des incidents en laboratoire au Canada (DILC), qui décrit et relève les tendances des incidents d’exposition au Canada à l’aide de données quantitatives et qualitatives.
Méthodes : Les incidents d’exposition confirmés déclarés au système de surveillance DILC en 2024 ont été analysés. Le taux d’incidents d’exposition a été calculé et comparé aux années précédentes. Une analyse de la saisonnalité a permis de comparer les tendances mensuelles. Les incidents d’exposition ont été décrits par secteur, par APHT impliqué, par activité principale, par type d’événement, par causes fondamentales, par personnes touchées et par délai de déclaration. Les descriptions textuelles des incidents d’exposition ont fait l’objet d’une analyse qualitative.
Résultats : En 2024, 71 incidents d’exposition ont été confirmés, touchant 132 personnes. Il y a eu 67,5 incidents pour 1 000 permis actives. La bactérie était l’APHT le plus souvent en cause (64 %). La microbiologie (67,6 %) était l’activité principale lors des expositions confirmées. C’est dans le secteur de la santé publique que le taux d’incidents et le nombre moyen de personnes touchées par permis sont les plus élevés. Le type d’événement et la cause fondamentale les plus fréquemment déclarées étaient liés aux procédures (21,4 %) et aux facteurs humains (62 %), respectivement. Les personnes les plus touchées étaient des techniciens/technologues (76,5 %). Le délai médian entre l’incident et la déclaration était de cinq jours.
Conclusion : Le taux d’incidents d’exposition était plus élevé en 2024 que l’année précédente. Le secteur de la santé publique présente le taux d’incidents le plus élevé entre 2016 et 2024. L’analyse qualitative a révélé que le travail avec des cultures hors de l’enceinte de sécurité biologique et l’absence d’équipement de protection individuelle pour le visage étaient des facteurs communs des incidents d’exposition confirmés.
Introduction
La recherche sur les agents pathogènes humains et les toxines (APHT), tels que les bactéries, les virus et les champignons, peut fournir des indications précieuses pour l’élaboration de mesures de protection contre les agents biologiques nocifs. Cependant, le travail avec des APHT comporte de nombreux risques, y compris des incidents d’exposition potentiels pouvant entraîner des infections contractées en laboratoire (ICL) ou des intoxications Footnote 1Footnote 2. Dans de rares cas, ces incidents peuvent s’étendre au-delà de l’établissement et avoir une incidence sur la santé publique Footnote 2Footnote 3.
Au Canada, plus de 1 000 établissements titulaires de permis mènent des activités impliquant des APHT. Ces installations sont réglementées par l’Agence de la santé publique du Canada (l’Agence) en vertu de la Loi sur les agents pathogènes humains et les toxines (LAPHT) Footnote 4 et du Règlement sur les agents pathogènes humains et les toxines (RAPHT) Footnote 5, qui imposent la déclaration des incidents d’exposition à des agents pathogènes de groupe de risque (GR) 2 ou plus. La classification du GR est attribuée sur la base de caractéristiques inhérentes et décrit le risque d’un agent pathogène au niveau individuel et au niveau de la population. Afin de surveiller les expositions aux APHT du GR2, GR3 et GR4 dans les établissements titulaires de permis du Canada et d’aider ces derniers à atténuer les risques de récurrence, l’Agence a lancé en décembre 2015 un système de surveillance fédéral, la déclaration des incidents en laboratoire au Canada (DILC).
Depuis sa création, la DILC a publié des rapports annuels résumant les incidents d’exposition au Canada et a fourni des données sur un certain nombre de variables associées à ces incidents d’exposition Footnote 6Footnote 7Footnote 8Footnote 9Footnote 10Footnote 11Footnote 12Footnote 13. Ces rapports ont souvent révélé que des expositions confirmées avaient eu lieu en particulier lors d’activités en microbiologie ou de recherche in vivo sur des animaux Footnote 9Footnote 10Footnote 11Footnote 12Footnote 13. Les types d’incidents les plus courants concernent les procédures, les objets tranchants et les équipements de protection individuelle (EPI) Footnote 6Footnote 7Footnote 8Footnote 9Footnote 10Footnote 11Footnote 12Footnote 13. Les causes fondamentales les plus fréquentes sont les problèmes liés aux procédures opérationnelles normalisées (PON) et les problèmes liés aux facteurs humains Footnote 6Footnote 7Footnote 8Footnote 9Footnote 10Footnote 11Footnote 12Footnote 13. La plupart des personnes touchées travaillaient comme techniciens ou technologues de laboratoire Footnote 8Footnote 9Footnote 10Footnote 11Footnote 12Footnote 13. Les agents biologiques les plus couramment impliqués sont les bactéries et les virus du GR2 Footnote 6Footnote 7Footnote 8Footnote 9Footnote 10Footnote 11Footnote 13.
Le Canada reste l’un des rares pays à disposer d’un système de surveillance dédié aux expositions aux agents biologiques. Certains pays (Australie, États-Unis et Singapour) disposent de leurs propres programmes de surveillance axés sur des groupes à risque précis ou sur des éléments de biosécurité Footnote 14Footnote 15Footnote 16Footnote 17. En Australie, les agents biologiques à cote de sécurité élevée (ABCSE), un sous-ensemble d’agents pathogènes présentant des risques de biosécurité plus élevés en raison de leur potentiel d’utilisation pour la fabrication d’armes biologiques, font l’objet d’une surveillance Footnote 14Footnote 18. Aux États-Unis, la possession, l’utilisation et le transfert d’agents biologiques sélectifs et de toxines sont contrôlés dans le cadre du Federal Select Agent Program (FSAP) Footnote 15. À Singapour, les infections, les maladies, les événements indésirables et les incidents impliquant certains agents ou toxines doivent être signalés au ministère de la Santé Footnote 16Footnote 17. Les analyses comparatives entre les rapports d’incidents de la DILC et ceux d’autres pays restent limitées en raison des différences dans la collecte et la disponibilité des données, en particulier en ce qui concerne les caractéristiques des incidents d’exposition. Cependant, les ICL rapportées dans la littérature d’autres pays correspondent aux données de la DILC. Globalement, les erreurs de procédure et les incidents liés aux objets tranchants sont des sources courantes d’ICL Footnote 1Footnote 2Footnote 19Footnote 20Footnote 21Footnote 22, la plupart des incidents se produisant au cours d’activités de microbiologie Footnote 1Footnote 2Footnote 20 et les techniciens de laboratoire étant le personnel le plus souvent touché par ces incidents Footnote 1Footnote 20.
Les rapports annuels de la DILC, dont l’objectif global est de sensibiliser à la biosécurité et d’améliorer les pratiques de laboratoire au Canada, ont fourni des informations permettant de minimiser les incidents liés à l’exposition. L’objectif de ce rapport est d’analyser les incidents d’exposition déclarés dans la DILC en 2024. Ces résultats permettront de mieux comprendre les facteurs contribuant aux incidents d’exposition et de déterminer les domaines ciblés pour la formation et les meilleures pratiques en matière de biosécurité.
Méthodes
Sources et collecte des données
En vertu de la LAPHT et du RAPHT, en cas d’incident lié aux produits pharmaceutiques, tous les établissements canadiens agréés doivent communiquer sans délai des renseignements précis à l’Agence. Le portail de biosécurité en ligne de l’Agence, qui utilise le logiciel de gestion des relations avec la clientèle (GRC) de Microsoft Dynamics, fournit des formulaires normalisés permettant aux établissements titulaires de permis de déclarer les expositions et les non-expositions en laboratoire, ainsi que d’autres incidents. Ces formulaires contiennent des règles de validation des données afin d’éviter la perte de données obligatoires. Chaque rapport est contrôlé et traité par la DILC dans l’Ensemble intégré d’outils pour les processus opérationnels (iSTOP) et fait l’objet d’une vérification manuelle par la DILC afin d’en garantir l’exhaustivité. Un examen du confinement biologique est effectué après réception des rapports d’incidents. Pour chaque rapport d’exposition, un rapport de suivi ultérieur fournissant des mises à jour et des détails supplémentaires sur l’enquête relative à l’incident, tels que les causes fondamentales et les actions correctives, est requis et analysé. Si aucune déclaration de suivi n’a été soumise, les informations de la déclaration d’exposition initiale sont utilisées.
Les données relatives aux incidents survenus entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2024 ont été collectées par le Portail de biosécurité et extraites d’iSTOP le 10 janvier 2025, puis analysées dans le cadre de cet article. Le nombre total de permis en vigueur par secteur a été extrait d’iSTOP le 29 janvier 2025. L’analyse a inclus les rapports qui ne comportaient pas de date d’incident précise, auquel cas la date de soumission a été utilisée.
Variables du rapport
Plusieurs variables ont été utilisées pour décrire les rapports d’incidents d’exposition confirmés en 2024, notamment le type de rapport d’exposition, l’activité exercée pendant l’incident, les types d’événements, les causes fondamentales, le délai de déclaration, le secteur du permis, le nombre de permis en vigueur, le type d’APHT impliqué et la description de l’incident. Les définitions des principales activités et des principaux types d’événements figurent dans les tableau A1 et tableau A2 de l’appendice. Des informations sur les personnes concernées, telles que leur rôle, leur niveau d’études le plus élevé et leurs années d’expérience en laboratoire, ont également été recueillies. D’autres données démographiques, telles que le sexe, l’âge et le revenu, ne sont pas collectées par la DILC.
Analyse
L’analyse a été réalisée avec R 4.2.2. Les graphiques et les tableaux ont été générés dans R et Microsoft Excel, qui a également été utilisé pour la validation des données. Cette étude a également examiné les données de la période de 2016 à 2023 afin d’intégrer toute mise à jour des rapports précédemment soumis.
Analyse des données quantitatives
Les rapports de suivi ont été examinés afin de classer les incidents d’exposition déclarés à la DILC en 2024 en expositions confirmées, y compris les ICL, ou exclues. Les incidents d’exposition écartés, qui ont été exclus de l’analyse principale, comprennent ceux qui ont été écartés après enquête, les expositions impliquant des agents pathogènes du GR1 (qui ne sont pas réglementés) et les expositions qui ne sont pas obligatoires en vertu de la LAPHT et du RAPHT, telles que les incidents impliquant des échantillons primaires ou des laboratoires non titulaires de permis. Le taux d’incidents d’exposition aux APHT a été calculé en divisant le nombre d’incidents d’exposition déclarés par le nombre total de permis en vigueur au cours de la période de surveillance. Le taux d’incidents d’exposition de 2024 a été comparé aux taux des années précédentes et au taux d’incidents de référence de 2016 à 2023. Le taux d’incidents de référence a été calculé en divisant le nombre total d’incidents d’exposition entre 2016 et 2023 par le nombre total de permis en vigueur entre 2016 et 2023. Des statistiques descriptives ont été obtenues pour les variables quantitatives continues et catégoriques. Les tests de Wilcoxon pour observations appariées ont été utilisés pour comparer les taux d’incidents d’exposition par secteur en 2024 avec ceux de 2016 à 2023. Les tests t ont été utilisés pour comparer les taux d’incidents mensuels en 2024 avec ceux de 2016 à 2023.
Analyse des données qualitatives
Les variables textuelles extraites d’iSTOP ont suivi un format non structuré, similaire à celui d’un journal. Pour transformer le texte en données structurées, les variables ont fait l’objet d’un prétraitement, qui a consisté à supprimer les mots vides, la ponctuation et les espaces vides. Grâce à la segmentation en unités, le texte a été décomposé en mots individuels, qui ont ensuite été analysés en termes de fréquence et visualisés dans un tracé. Une révision manuelle des variables textuelles a également été effectuée pour la validation croisée.
Résultats
Entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2024, la DILC a reçu 185 déclarations d’incidents de laboratoire (figure 1). Parmi ceux-ci, 102 (55,1 %) étaient des incidents d’exposition, 67 (36,2 %) des incidents de non-exposition et 16 (8,6 %) d’autres incidents. Les incidents d’exposition comprenaient 71 incidents d’exposition confirmés et 31 incidents d’exposition exclus. Les 71 incidents d’exposition confirmés, qui ont impliqué 132 personnes affectées, ont été classés en 68 (95,8 %) expositions confirmées, deux (2,8 %) ICL suspectées et une (1,4 %) ICL confirmée.
Figure 1 : Équivalent textuel
| Incident | Nombre | Exclu |
|---|---|---|
| Tous les rapports | 185 | s.o. |
| Incident | Nombre | Exclu |
| Exposition | 102 | s.o. |
| Sans exposition | 67 | s.o. |
| Autre | 16 | s.o. |
| Incident | Confirmé | Exclu |
| Exposition | 71 | 31 |
| Personnes touchées | 132 | s.o. |
| Sans exposition | 54 | 13 |
| Incident | Nombre | Exclu |
| Exposition | 68 | s.o. |
| ICL - soupçonné | 2 | s.o. |
| ICL - confirmé | 1 | s.o. |
Abréviations : DILC, déclaration des incidents en laboratoire du Canada; ICL, infections contractées en laboratoire; s.o., sans objet
Tendances des taux d’incidents d’exposition annuels et mensuels
En 2024, il y avait 1 052 permis en vigueur, dont 975 (92,7 %) pour des APHT de GR2, 71 (6,7 %) pour des APHT de GR3, deux (0,2 %) pour des APHT de GR4 et quatre (0,4 %) pour des ABCSE (données non présentées). Le taux d’incidents d’exposition, calculé comme le nombre d’incidents d’exposition confirmés pour 1 000 permis en vigueur, était de 67,5 en 2024. Cela représente une légère augmentation par rapport à 61,5 en 2023 (figure 2). Le taux d’incidents annuel de référence de 2016 à 2023 était de 55,5 incidents d’exposition confirmés pour 1 000 permis en vigueur (intervalle de confiance à 95 % [IC] : 43,2–67,9), soit une augmentation par rapport au niveau de référence de 2016 à 2022 de 54,6 dans le rapport de surveillance de 2023 Footnote 13. Bien que le taux d’incidence de l’exposition en 2024 soit plus élevé que le taux d’incidence annuel de référence, la différence n’est pas statistiquement significative (p = 0,099).
Figure 2 : Équivalent textuel
| Année | Nombre de permis en vigueur | Expositions (incluant ICL) | ICL soupçonnée | ICL confirmée | Taux d’incidents d’exposition |
|---|---|---|---|---|---|
| 2016 | 835 | 43 | 2 | 1 | 51,5 |
| 2017 | 905 | 42 | 4 | 2 | 46,4 |
| 2018 | 985 | 94 | 4 | 2 | 95,4 |
| 2019 | 996 | 67 | 3 | 2 | 67,3 |
| 2020 | 999 | 40 | 0 | 0 | 40,0 |
| 2021 | 1 027 | 45 | 0 | 3 | 43,8 |
| 2022 | 1 048 | 40 | 2 | 0 | 38,2 |
| 2023 | 1 057 | 65 | 2 | 3 | 61,5 |
| 2024 | 1 052 | 71 | 2 | 1 | 67,5 |
Abréviation : ICL, infection contractée en laboratoire
Une moyenne de 5,9 (IC à 95 % : 4,7–7,1) d’incidents d’exposition confirmés par mois a été observée en 2024, ce qui ne diffère pas significativement de la moyenne mensuelle de 4,5 (IC à 95 % : 4,0–5,1) de 2016 à 2023 (p = 0,07). La tendance saisonnière diffère légèrement en 2024 par rapport à la médiane des incidents par mois 2016-2023 et à l’incidence de référence, le nombre d’incidents d’exposition confirmés en 2024 atteignant un pic en mai, septembre et novembre (n = 9; 12,7 % chacun) (figure 3). Par rapport au nombre médian d’incidents par mois 2016–2023, la fréquence des incidents en 2024 a été plus faible que prévu en mars (n = 3; 4,2 %) et a presque doublé en janvier (n = 6; 8,5 %), juin (n = 5; 7,0 %), juillet (n = 8; 11,3 %) et novembre (n = 9; 12,7 %).
Figure 3 : Équivalent textuel
| Mois | Médiane des incidents par mois, 2016–2023 | Incidents par mois, 2024 | Base de référence d’incidence, 2016–2023 |
|---|---|---|---|
| Janvier | 3 | 6 | 3,9 |
| Février | 4 | 5 | 4,7 |
| Mars | 4,5 | 3 | 4,8 |
| Avril | 4,5 | 4 | 3,9 |
| Mai | 6 | 9 | 6,0 |
| Juin | 2,5 | 5 | 2,7 |
| Juillet | 3,5 | 8 | 4,8 |
| Août | 3 | 3 | 3,9 |
| Septembre | 6 | 9 | 5,5 |
| Octobre | 5 | 5 | 5,5 |
| Novembre | 4 | 9 | 4,6 |
| Décembre | 4 | 5 | 5,1 |
Agents pathogènes humains et toxines impliqués
Sur les 75 APHT impliqués connus, 64 % (n = 48) étaient des pathogènes de GR2 et 36 % (n = 27) étaient des pathogènes de GR3 (tableau 1). Il y avait un agent pathogène inconnu, non inclus dans le tableau 1. Tous les agents pathogènes du GR2 impliqués étaient non-ABCSE, les bactéries étant les plus fréquemment déclarées (n = 34; 45,3 %). En revanche, seuls 12 % des agents pathogènes impliqués dans le GR3 étaient non-ABCSE, les virus étant les plus fréquemment déclarés (n = 4; 5,3 %). Tous les ABCSE impliqués étaient des pathogènes de GR3 et représentaient 24 % de tous les APHT, les bactéries étant le pathogène le plus fréquemment impliqué (n = 13; 17,3 %).
| Type d’agent biologique par groupe de risque | Agents autres que les ABCSE | ABCSE | Total | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| n | % | n | % | n | % | |
| GR2 | 48 | 64,0 | 0 | 0 | 48 | 64,0 |
| Bactérie | 34 | 45,3 | 0 | 0 | 34 | 45,3 |
| Champignon | 3 | 4,0 | 0 | 0 | 3 | 4,00 |
| Parasite | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Prion | 2 | 2,7 | 0 | 0 | 2 | 2,7 |
| Toxine | 3 | 4,0 | 0 | 0 | 3 | 4,0 |
| Virus | 6 | 8,0 | 0 | 0 | 6 | 8,0 |
| Lignée cellulaire | 0 | 0,0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| GR3 | 9 | 12,0 | 18 | 24,0 | 27 | 36,0 |
| Bactérie | 1 | 1,3 | 13 | 17,3 | 14 | 18,7 |
| Champignon | 3 | 4,0 | 2 | 2,7 | 5 | 6,7 |
| Parasite | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Prion | 1 | 1,3 | 0 | 0 | 1 | 1,3 |
| Toxine | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Virus | 4 | 5,3 | 3 | 4,0 | 7 | 9,3 |
| Lignée cellulaire | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Total | 57 | 76,0 | 18 | 24,0 | 75 | 100 |
Abréviations : ABCSE, agent biologique sensible à la sécurité; GR2, groupe de risque 2; GR3, groupe de risque 3 |
||||||
Dans l’ensemble, les bactéries et les virus sont les principaux agents pathogènes impliqués dans les incidents d’exposition impliquant des agents pathogènes de GR2 et GR3. À l’exception des parasites et des lignées cellulaires, qui n’ont été impliqués dans aucune exposition, les prions ont été les agents pathogènes les moins fréquemment impliqués (2,7 % pour le GR2; 1,3 % pour le GR3). L’ICL confirmée en 2024 était associée à Staphylococcus aureus, tandis que les deux ICL suspectées étaient liées à Mycobacterium tuberculosis et à S. aureus. Les trois APHT les plus impliqués en 2024 étaient Neisseria meningitidis (n = 8; 10,7 %), Brucella melitensis (n = 6; 8,0 %) et S. aureus (n = 6; 8,0 %).
Activité principale
Les déclarants pouvaient choisir parmi 11 types d’activités principales possibles réalisées au cours de l’incident d’exposition : soins aux animaux, autopsie/nécropsie, culture cellulaire, éducation/formation, recherche animale in vivo, maintenance, microbiologie, microscopie, investigations moléculaires, sérologie ou « autre » (appendice, tableau A1). La microbiologie et la recherche sur les animaux in vivo sont les activités les plus fréquemment déclarées en 2024, représentant respectivement 67,6 % et 8,5 % des incidents d’exposition confirmés. Les autres activités ont été moins fréquemment déclarées, chacune représentant de 1,4 % à 5,6 % des incidents d’exposition confirmés (données non présentées).
Secteur
Les établissements titulaires de permis peuvent appartenir à l’un des huit secteurs suivants : universités, biologie de garage, santé environnementale – gouvernement (santé environnementale), hôpitaux, autres gouvernements, santé publique – gouvernement (santé publique), industrie/entreprise privée, ou santé vétérinaire/animale – gouvernement (santé vétérinaire/animale). L’autre secteur du gouvernement comprend les établissements qui traitent les produits phytopharmaceutiques aux niveaux fédéral, provincial/territorial et municipal, mais qui ne sont pas classés dans les catégories de la santé environnementale, de la santé publique ou de la santé vétérinaire/animale. Le secteur de la biologie de garage, dont les données ont été analysées et présentées pour la première fois en 2024 Footnote 13, comprend toute personne réalisant ses propres expériences et ne travaillant pas dans un établissement institutionnel. Les données du secteur « non spécifié » ont également été analysées pour la première fois en 2024 Footnote 13.
Entre 2016 et 2023, les taux d’incidents d’exposition moyens et médians étaient les plus élevés dans le secteur de la santé publique (moyenne = 165,3, médiane = 135,0), suivi par le secteur de la santé vétérinaire/animale (moyenne = 123,7, médiane = 92,6), le secteur universitaire (moyenne = 106,9, médiane = 95,7) et le secteur hospitalier (moyenne = 106,5, médiane = 98,3) (figure 4). En excluant le secteur de la biologie de garage et les cas où le secteur n’était pas précisé, le secteur de la santé environnementale (moyenne = 10,5, médiane = 0) et le secteur de l’industrie privée/entreprise (moyenne = 11,5, médiane = 7,9) présentaient les taux d’incidence les plus faibles. La plus grande variation des taux d’incidents d’exposition a été observée dans le secteur de la santé vétérinaire/animale (écart interquartile [EI] : 128,3), tandis que le secteur de l’industrie privée/entreprise présentait la variation la plus faible (EI : 12,9), à l’exclusion du secteur de la biologie de garage.
Figure 4 : Équivalent textuel
| Secteur | Abréviation | 2024 | 2016–2023 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Permis en vigueur | Nombre d’incidents d’exposition | Taux d’exposition | Taux d’exposition moyen | Taux d’exposition médian | Écart interquartile | ||
| Académique | ACD | 221 | 24 | 108,6 | 106,9 | 95,65 | 51 |
| Biologie de garage | DIY biologie | 2 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Hygiène de l’environnement | ENV | 33 | 0 | 0 | 10,45 | 0 | 22,05 |
| Hospitalier | HSP | 166 | 26 | 156,6 | 106,5375 | 98,3 | 50,325 |
| Non spécifié | Non spécifié | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Autre, gouvernemental | Autre | 48 | 1 | 20,8 | 36,6875 | 25,95 | 13,875 |
| Santé publique | SP | 42 | 11 | 261,9 | 165,25 | 135 | 93,05 |
| Industrie privée/entreprise | PRV/BSN | 523 | 6 | 11,5 | 11,5 | 7,9 | 12,85 |
| Vétérinaire/santé animale | VET/AN | 17 | 3 | 176,5 | 123,683333 | 92,6 | 128,275 |
Abréviations : Autre, autre gouvernement; ENV, santé environnementale – gouvernement; HSP, hôpital; PRV/ENT, industrie/entreprise privée; SP, santé publique – gouvernement; UNI, universitaire; VET/AN, vétérinaire/santé animale – gouvernement
Footnotes- Footnote a
-
Les diagrammes de quartiles résument les incidents d’exposition pour 1 000 permis en vigueur entre 2016 et 2023. Pour chaque secteur, le losange jaune correspond au taux d’incidents d’exposition en 2024 et le losange bleu au taux d’incidents d’exposition moyen entre 2016 et 2023. Le point noir correspond à une valeur aberrante. Il n’y a pas de losange jaune pour les incidents sans secteur précis parce qu’il n’y avait pas de permis associées à ces cas en 2024; le taux d’incidents d’exposition pour les cas sans secteur précis tient compte des données de 2023 seulement
Les tendances des taux d’incidents d’exposition en 2024 tiennent compte des tendances observées entre 2016 et 2023; cependant, les taux d’incidents dans les secteurs hospitaliers (incidence = 156,6) et de la santé publique (incidence = 261,9) étaient statistiquement significativement plus élevés (p < 0,05) (figure 4) en 2024 que les tendances des années précédentes. Bien que les taux d’incidents d’exposition dans les secteurs de la santé environnementale (incidence = 0) et des autres administrations publiques (incidence = 20,8) soient visiblement inférieurs à ceux observés entre 2016 et 2023, les différences ne sont pas statistiquement significatives (p > 0,35). Parmi les ICL déclarées en 2024, un cas confirmé et un cas soupçonné sont survenus dans le secteur hospitalier, tandis qu’une ICL suspectée est survenue dans le secteur universitaire.
Types d’événements
Les incidents d’exposition confirmés peuvent présenter un ou plusieurs des dix types d’événements (appendice, tableau A2). En 2024, 103 types d’événements ont été cités. Les incidents liés aux procédures (n = 22; 21,4 %) étaient les plus fréquents, suivis par les objets tranchants (n = 17; 16,5 %), les déversements (n = 16; 15,5 %) et les EPI (n = 16; 15,5 %) (figure 5). Les types d’événements les moins cités sont les événements inconnus (n = 4; 3,9 %) et les événements liés aux animaux et aux insectes, qui n’ont été cités dans aucun incident d’exposition confirmé.
Figure 5 : Équivalent textuel
| Type d’évènement | Nombre d’évènements |
|---|---|
| Animal | 0 |
| Insecte | 0 |
| Inconnu | 4 |
| Équipement | 8 |
| Bris de confinement | 9 |
| Autre | 11 |
| ÉPI | 16 |
| Déversement | 16 |
| Objets tranchants/pointus | 17 |
| Procédure | 22 |
Abréviation : EPI, équipement de protection individuelle
Causes fondamentales
Six causes principales peuvent être associées à un incident d’exposition : les facteurs humains, les PON, la formation, la gestion et supervision, l’équipement et la communication. Des exemples de domaines de préoccupation pour chacune de ces catégories sont présentés dans le tableau 2. La plupart des incidents d’exposition confirmés citent des causes fondamentales multiples (n = 167), soit en moyenne 2,35 causes fondamentales par exposition confirmée (tableau 2). Les facteurs humains sont la cause fondamentale la plus fréquente (n = 44; 62 %), suivis par les PON (n = 27, 38 %).
| Cause fondamentale | Exemples de domaine de préoccupation | Citations | |
|---|---|---|---|
| n | %Footnote a | ||
| Facteurs humains | Une infraction (prise de raccourcis, ne pas suivre la procédure correcte, dévier de la procédure opérationnelle normalisée) | 44 | 62,0 |
| Une erreur (une faute, un manque de concentration ou un dérapage quelconque) | |||
| Procédure opérationnelle normalisée (PON) | Les documents ont été suivis tels qu'ils étaient écrits, mais n'étaient pas adaptés à l'activité ou la tâche | 27 | 38,0 |
| Les procédures qui auraient dû être mises en place ne l’ont pas été | |||
| Les documents n’ont pas été suivis correctement | |||
| Formation | La formation n'a pas été mise en place, mais aurait dû l'être | 23 | 32,4 |
| La formation était inadaptée à la tâche ou l'activité | |||
| Le personnel n'était pas qualifié ou compétent pour exécuter la tâche | |||
| Gestion et supervision | La supervision devait être améliorée | 20 | 28,2 |
| Les contrôles de normes, politiques et procédures étaient absents | |||
| L'évaluation des risques devait être améliorée | |||
| Équipement | Le contrôle de la qualité de l'équipement devait être amélioré | 24 | 33,8 |
| Matériel défectueux | |||
| L’équipement n’était pas adapté à l’objectif | |||
| Communication | La communication n'a pas eu lieu, mais aurait dû | 18 | 25,4 |
| La communication n'était pas claire, était ambiguë, etc. | |||
| Autre | Causes fondamentales non prises en compte ailleurs | 11 | 15,5 |
| Mouvements imprévisibles ou aléatoires d'animaux de recherche | |||
Abréviation : PON; Procédure opérationnelle normalisée Footnotes
|
|||
Personnes touchées
Au total, 132 personnes ont été touchées lors des incidents d’exposition confirmés, soit une moyenne de 1,86 personne touchée par incident. Les trois secteurs présentant le nombre moyen le plus élevé de personnes touchées par incident d’exposition confirmé sont l’industrie privée/entreprise (moyenne = 4,00), les hôpitaux (moyenne = 2,42) et la santé publique (moyenne = 2,00), tandis que la moyenne la plus faible est observée dans le secteur universitaire (moyenne = 0,79) (figure 6). Les secteurs de la santé publique et des hôpitaux présentaient également le nombre moyen le plus élevé de personnes touchées par permis en vigueur (moyenne = 0,52 et moyenne = 0,38, respectivement), tandis que le secteur des autres administrations publiques présentait le nombre le plus faible (moyenne = 0,02) (figure 6).
Figure 6 : Équivalent textuel
| Secteur | Abréviation | Incidents d’exposition | Personnes touchées | Permis en vigueur | Nombre moyen de personnes touchées par incident d’exposition | Nombre moyen de personnes touchées par permis en vigueur |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Académique | ACD | 24 | 19 | 221 | 0,79 | 0,09 |
| Hospitalier | HSP | 26 | 63 | 166 | 2,42 | 0,38 |
| Santé publique | SP | 11 | 22 | 42 | 2,00 | 0,52 |
| Industrie privée/entreprise | PRV/BSN | 6 | 24 | 523 | 4,00 | 0,05 |
| Vétérinaire/santé animale | VET/AN | 3 | 3 | 17 | 1,00 | 0,18 |
| Autre, gouvernemental | Autre | 1 | 1 | 48 | 1,00 | 0,02 |
| Hygiène de l’environnement | ENV | 0 | 0 | 33 | 0,00 | 0,00 |
| Biologie de garage | DIY biologie | 0 | 0 | 2 | 0,00 | 0,00 |
| Non spécifié | Non spécifié | 0 | 0 | 0 | 0,00 | 0,00 |
Abréviations : Autre, autre gouvernement; ENV, santé environnementale – gouvernement; HSP, hôpital; PRV/ENT, industrie privée/entreprise; SP, santé publique – gouvernement; UNI, universitaire; VET/AN, vétérinaire/santé animale – gouvernement
La majorité des personnes touchées étaient des techniciens/technologues (n = 101; 76,5 %) avec une médiane de 8,5 années d’expérience en laboratoire (figure 7). Les étudiants (n = 13; 9,8 %) étaient les deuxièmes personnes les plus touchées et avaient le moins d’expérience en laboratoire (médiane = 0 an). Parmi les rôles où le nombre de personnes touchées est le plus faible (n = 2; 1,5 % chacun), on trouve les superviseurs/gestionnaires, qui ont le plus d’expérience en laboratoire (médiane = 13,5 ans), les chercheurs (médiane = 6 ans) et les préposés aux animaux (médiane = 5,5 ans).
Figure 7 : Équivalent textuel
| Rôle principal | Nombre médian d’années d’expérience en laboratoire | Nombre de personnes touchées | % |
|---|---|---|---|
| Technicien/technologue | 8,5 | 101 | 76,5 |
| Étudiant | 0 | 13 | 9,8 |
| Autre | 8,5 | 12 | 9,1 |
| Chercheur | 6 | 2 | 1,5 |
| Superviseur/gestionnaire | 13,5 | 2 | 1,5 |
| Préposé aux animaux | 5,5 | 2 | 1,5 |
Délai de déclaration
Le délai de déclaration correspond au temps écoulé entre le moment où l’incident d’exposition s’est effectivement produit et celui où il a été déclaré à l’Agence par l’intermédiaire de la DILC. Le délai médian entre la date de l’incident et la date de déclaration en 2024 était de cinq jours, la durée la plus courte depuis 2020 (figure 8). Par rapport aux années précédentes, à l’exception de 2022, il y a également eu moins de variations dans le délai de déclaration en 2024, avec un EI de sept jours, soit environ 50 % de moins que la plupart des années précédentes.
Figure 8 : La version textuelle suit
| Jours entre la date de l'incident et la date du rapport | 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| MIN | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| 25e percentile | 4,5 | 3 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 | 2 |
| Médiane | 16 | 7 | 6 | 6 | 5 | 6 | 6 | 6,5 | 5 |
| 75e percentile | 43,5 | 18,5 | 21 | 13 | 13,5 | 16 | 8 | 19,5 | 9 |
| MAX | 456 | 137 | 2 062 | 1 984 | 1 176 | 868 | 552 | 453 | 57 |
Analyse qualitative
Soixante-dix des 71 incidents d’exposition confirmés ont fait l’objet d’une description textuelle. La fréquence des mots les plus couramment utilisés pour décrire les incidents d’exposition par type d’événement est présentée dans la figure 9. Dans l’ensemble, les mots les plus fréquents étaient « pétrie » (n = 52; 5,7 %), « enceinte de sécurité biologique » (ESB) et « éprouvette » (chacun n = 42; 4,6 %), « culture » (n = 41; 4,5 %), « gants » (n = 36; 4,0 %), « Gram » (n = 32, 3,5 %), « laboratoire » (n = 29; 3,2 %), « banc » (n = 28; 3,0 %), « test » (n = 26; 2,8 %), « sang » et « technologue » (chacun n = 25; 2,8 %) et « organisme » (n = 24; 2,6 %). Tous ces mots ont été mentionnés dans au moins quatre types d’événements.
Figure 9 : La version textuelle suit
Cette carte thermique illustre la fréquence des mots les plus fréquemment utilisés dans les descriptions d’incidents d’exposition déclarés en 2024, classés par type d’événement. Le vocabulaire varie selon le type d’évènement :
- Pour les incidents liés aux équipements, le terme le plus fréquemment utilisé était « autoclave », suivi de « déchets ».
- Pour les incidents de bris de confinement, le terme le plus courant était « enceinte de sécurité biologique », suivi de « pétrie ».
- Pour les incidents « autres », les termes les plus fréquemment utilisés étaient « pétrie » et « culture ».
- Pour les incidents liés aux équipements de protection individuelle (ÉPI), les termes les plus fréquemment utilisés étaient « employé » et « gram ».
- Pour les incidents liés aux procédures, les termes les plus fréquemment utilisés étaient « pétrie », « enceinte de sécurité biologique » et « culture ».
- Pour les incidents liés aux objets tranchants ou pointus, le terme le plus fréquemment utilisé était « aiguille », suivi de « individu » et de « éprouvette ».
- Pour les incidents liés aux déversements, les termes les plus fréquemment utilisés étaient « laboratoire » et « éprouvette ».
Cette figure donne un aperçu des modèles linguistiques utilisés dans les rapports d’incident, ce qui peut aider à identifier les équipements, les procédures ou les matériaux courants impliqués dans les événements d’exposition.
Abréviations : ATCC, American Type Culture Collection; EPI, équipement de protection individuelle; ESB, enceinte de sécurité biologique; Gram, test de colorant de Gram; MALDI, ionisation par désorption laser assistée par matrice; PT, personne touchée; SRAS-CoV-2, coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2; TLM, technologue de laboratoire médical; VITEK, système VITEK 2 (BioMérieux)
Footnotes- Footnote a
-
Les vignettes de couleur correspondent à la fréquence du mot. Les vignettes vides n’indiquent pas l’absence d’utilisation du mot dans le type d’événement, mais qu’il n’a pas été utilisé assez fréquemment pour être considéré comme étant l’un des mots les plus utilisés
Le mot « pétrie », qui désigne principalement les boîtes de Petri/plaques à culture, est apparu dans quatre types d’événements : le plus souvent dans la procédure, puis dans le bris de confinement, dans « autre » et dans le déversement. Il était fréquemment utilisé avec « culture », qui apparaissait également le plus souvent dans les occurrences liées aux procédures, « ESB » et « Gram » (se référant aux tests de colorant de Gram pour les bactéries). L’examen manuel des descriptions a révélé que les expositions se produisaient souvent lors de l’identification des APHT dans les pétries ou lors du travail à proximité des cultures ou des colonies dans les plaques, en particulier sur un banc ouvert. Le mot « éprouvette », mentionné dans les évènements relatifs à l’EPI, aux procédures, aux objets tranchants et aux déversements, a été couramment utilisé pour décrire les déversements de liquides, les problèmes de mélange et le verre brisé dus à des tubes cassés. Le mot « gants » est le seul à apparaître dans tous les types d’incidents, la plupart du temps pour indiquer qu’ils étaient portés pendant l’incident.
Discussion
Une augmentation du taux d’incidents d’exposition a été observée en 2024, poursuivant la tendance à la hausse depuis 2022 Footnote 13. Bien que cette augmentation puisse être attribuable en partie à un retour aux conditions de travail antérieures à la pandémie de COVID-19, d’autres facteurs pourraient également y avoir contribué, notamment une plus grande familiarité avec le processus de déclaration des incidents. Par exemple, au cours des dernières années, l’Agence s’est engagée auprès des intervenants par des conférences, des webinaires Footnote 23Footnote 24, des bulletins d’information Footnote 25, des cours d’apprentissage en ligne Footnote 26 et d’inspections afin de mieux faire connaître le programme de surveillance et de consolider les pratiques appropriées en matière de déclaration. Ces actions peuvent avoir contribué à l’augmentation du nombre de déclarations et à la réduction des délais de notification en 2024.
Comme les années précédentes, la microbiologie et la recherche animale in vivo sont restées les activités les plus fréquemment déclarées au moment de l’incident d’exposition confirmé Footnote 9Footnote 10Footnote 11Footnote 12Footnote 13. Les principaux types d’accidents restent liés aux procédures et aux objets tranchants Footnote 9Footnote 10Footnote 11Footnote 12Footnote 13, tandis que les facteurs humains et les modes opératoires normalisés restent les causes fondamentales les plus fréquemment citées Footnote 8Footnote 9Footnote 10Footnote 11Footnote 12Footnote 13. Les techniciens et les technologues représentaient la majorité des personnes touchées Footnote 8Footnote 9Footnote 10Footnote 11Footnote 12Footnote 13, et les agents pathogènes non-ABCSE, les GR2 et les bactéries restent les agents pathogènes les plus impliqués Footnote 9Footnote 10Footnote 11Footnote 12Footnote 13. Pour la deuxième année consécutive, la bactérie B. melitensis est apparue comme l’un des principaux ABCSE Footnote 12Footnote 13, une tendance également observée dans le cadre du FSAP Footnote 15. Aucun APHT de GR4 n’a été impliqué dans des incidents d’exposition en 2024.
Le secteur de la santé publique présente le taux d’incidents d’exposition le plus élevé
L’analyse des données a révélé que le secteur de la santé publique présentait le taux d’incidents d’exposition le plus élevé en 2024, et le taux moyen d’incidents d’exposition le plus élevé de 2016 à 2023. Bien qu’aucune étude n’indique que les établissements du secteur public ont des pratiques de laboratoire distinctes entraînant des risques plus élevés, le nombre relativement faible de permis dans ce secteur peut contribuer à une surreprésentation des incidents dans les données. Le secteur vétérinaire/santé animale a enregistré le deuxième taux d’incidents d’exposition le plus élevé, ce qui pourrait être attribuable au plus grand nombre de voies d’exposition possibles lorsque l’on travaille avec des animaux (morsures, griffures) par rapport aux environnements in vitro Footnote 27 et au plus grand nombre de risques liés au travail avec les animaux. Ces secteurs présentaient également des EI plus importants, peut-être en raison de la variation des activités de recherche d’une année sur l’autre et de la perturbation des activités en 2020 et 2021 attribuable à la pandémie de COVID-19 Footnote 11Footnote 12Footnote 28Footnote 29.
Augmentation du nombre de personnes touchées, différences entre les secteurs
Un nombre moyen plus élevé de personnes touchées par incident d’exposition confirmé a été observé en 2024 par rapport aux dernières années, à l’exception de 2022 Footnote 10Footnote 11Footnote 12Footnote 13. Alors qu’une moyenne de 1,57 personne était affectée par incident d’exposition confirmé en 2023, cette moyenne est passée à 1,86 en 2024. Cela s’explique par le plus grand nombre d’incidents d’exposition confirmés impliquant plus de cinq personnes par rapport à l’année précédente. Des différences dans le nombre de personnes touchées par secteur ont également été observées en 2024. Le secteur de l’industrie et des entreprises privées, qui a toujours eu moins d’incidents d’exposition confirmés (figure 4), a enregistré le nombre moyen le plus élevé de personnes touchées par exposition confirmée. Cela pourrait indiquer qu’un plus grand nombre de personnes travaillaient sur la tâche ou se trouvaient à proximité lors de l’incident d’exposition confirmé. Le nombre plus élevé de personnes touchées par permis dans les secteurs de la santé publique et des hôpitaux pourrait être attribuable au contact avec des échantillons biologiques cultivés (c.-à-d., des hémocultures) Footnote 29 et à des APHT à risque plus élevé. La majorité des installations titulaires de permis sont de niveau de confinement 2, où la transmission par contact direct peut constituer un risque important pour les travailleurs Footnote 30.
Une analyse qualitative permet de mieux comprendre les incidents d’exposition
Une analyse qualitative des incidents d’exposition confirmés a révélé des tendances propres aux types d’incidents et des domaines généraux à améliorer. Les incidents liés aux procédures impliquaient fréquemment des expositions lors du travail avec des cultures d’APHT sur une table de travail ouverte, au lieu de travailler dans une enceinte de sécurité biologique, sans savoir que les cultures étaient composées d’agents pathogènes à haut risque (p. ex., lors de l’ouverture/examen des pétries, de l’identification de l’organisme). Cette situation a également été décrite dans les cas de bris de confinement. Cela suggère qu’il est nécessaire d’insister davantage sur la manipulation des cultures dans une ESB pour prévenir les émissions ou la transmission d’aérosols, même si ce n’est pas nécessairement la pratique courante actuelle Footnote 31Footnote 32. En ce qui concerne les incidents liés aux objets tranchants, les piqûres de doigts par des aiguilles (p. ex., lors du rebouchage, de l’injection, du prélèvement d’échantillons) ou les coupures par des éclats de verre provenant de tubes/diapositives cassés étaient les principales sources d’exposition, tandis que les coupures par des scalpels/lames étaient moins fréquentes. Cela pourrait être attribuable au plus grand nombre de tâches impliquant des aiguilles. Le risque accru de lésions professionnelles liées aux aiguilles et aux éclats de verre a été documenté dans d’autres études Footnote 33Footnote 34Footnote 35Footnote 36. Il convient donc de redoubler de prudence lors de l’exécution de certaines procédures à haut risque. Les incidents liés à l’équipement concernaient le plus souvent le mauvais fonctionnement du moteur de la soufflerie de la cabine de sécurité et des problèmes de tuyauterie. Bien que le mot « autoclave » ait été utilisé le plus souvent pour des événements liés à l’équipement, c’était généralement pour confirmer qu’il avait été utilisé pour la stérilisation. Toutefois, un incident a été enregistré, impliquant l’exposition à des déchets qui n’avaient pas été correctement stérilisés à l’autoclave. En outre, si la plupart des descriptions d’incidents d’exposition mentionnent le port de gants et de blouses de laboratoire comme EPI, les masques faciaux et les équipements de protection des yeux ne sont généralement pas portés de manière aussi systématique, ce qui explique en partie la raison de certaines des expositions confirmées.
Limites
L’utilisation de formulaires de déclaration normalisés lors du processus de déclaration des incidents des neuf dernières années reste un point fort. Cette utilisation a permis de collecter des données cohérentes et d’améliorer la fiabilité de l’analyse des tendances et de la détermination des défis en matière de biosécurité.
Le manque de détails propres à l’établissement (p. ex., taille de l’effectif, répartition des rôles, années d’expérience de chaque employé, etc.) demeurent une limite. L’accès à ces données pourrait permettre de réaliser des analyses plus détaillées à l’aide de statistiques inférentielles et d’études fondées sur des hypothèses afin d’explorer les facteurs potentiels associés aux incidents d’exposition en laboratoire. Deuxièmement, l’échantillon d’incidents d’exposition confirmés chaque année est relativement petit, ce qui peut entraîner une plus grande variabilité des résultats et des difficultés à détecter les tendances. La possibilité d’une sous-déclaration demeure, bien que son ampleur ne puisse être estimée. Les titulaires de permis ne peuvent s’identifier que dans un seul secteur, ce qui ne tient pas compte du fait qu’une installation peut opérer dans plus d’un secteur. Comme le nombre de permis en vigueur chaque année est enregistré par la DILC au début de chaque année, des inexactitudes peuvent survenir lors d’analyses rétrospectives, car le nombre peut varier légèrement tout au long de l’année. Enfin, l’absence de systèmes nationaux comparables de surveillance des déclarations d’incidents en dehors du Canada reste une limite qui a une incidence sur notre capacité à contextualiser ces résultats et ces tendances au niveau international Footnote 37.
Conclusion
Le taux d’incidents d’exposition a continué d’augmenter en 2024 et a dépassé tous les niveaux prépandémiques, à l’exception de 2018. La plupart des caractéristiques des incidents d’exposition confirmés en 2024 correspondent à celles des années précédentes. Les analyses sectorielles ont révélé que le secteur de la santé publique présentait à la fois le taux d’incidents d’exposition le plus élevé entre 2016 et 2024 et le plus grand nombre de personnes touchées par permis en vigueur entre 2016 et 2024. L’analyse qualitative des rapports d’incidents d’exposition confirmés a montré que le fait de ne pas travailler avec des cultures dans une enceinte de sécurité biologique et l’absence d’EPI pour le visage étaient des facteurs communs dans les incidents d’exposition confirmés. Les conclusions de ce rapport peuvent contribuer à l’amélioration des lignes directrices et des pratiques en matière de biosécurité et, à la réduction des incidents liés à l’exposition dans les installations canadiennes titulaires de permis.
Déclaration des auteurs
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E. F. T. — Méthodologie, analyse des données, validation des données, rédaction de l’ébauche originale, rédaction–révision et édition
A. G. — Conceptualisation, surveillance des incidents, méthodologie, analyse des données, validation des données rédaction de l’ébauche originale, rédaction–révision et édition
A. N. D. — Conceptualisation, rédaction de l’ébauche originale, rédaction–révision et édition, supervision
C. A. — Surveillance des incidents, rédaction de l’ébauche originale, rédaction–révision et édition
S. B. A. — Rédaction–révision et édition
Intérêts concurrents
Les auteurs n’ont déclaré aucun conflit d’intérêts.
Identifiants ORCID
Emily F Tran — 0009-0005-0414-5025
Audrey Gauthier — 0009-0005-8729-3743
Antoinette N Davis — 0009-0002-5720-7742
Christine Abalos — 0009-0009-5501-549X
Samuel Bonti-Ankomah — 0000-0002-7189-1643
Remerciements
Nous tenons à remercier nos collègues du Centre de biosécurité pour leur soutien et nos établissements titulaires de permis pour les efforts qu’ils déploient afin de se conformer au programme de notification des incidents.
Financement
Ces travaux ont été soutenus par l’Agence de la santé publique du Canada dans le cadre de son mandat principal.
Appendice
| Activité principale | Définition |
|---|---|
Soins des animaux |
Activités consistant à s’occuper des soins quotidiens des animaux et à leur prodiguer des traitements |
Autopsie ou nécropsie |
Examens chirurgicaux post-mortem visant à déterminer la cause du décès ou à évaluer une maladie ou une blessure à des fins de recherche ou d’enseignement |
Culture cellulaire |
Le processus de croissance des cellules dans des conditions contrôlées peut également comprendre le prélèvement de cellules d’un animal ou d’une plante |
Éducation ou formation |
Éducation ou formation des étudiants ou du personnel aux techniques et procédures de laboratoire |
Recherche in vivo sur les animaux |
Expérimentation avec des animaux vivants non humains |
Entretien |
L’entretien, la réparation ou le nettoyage courant et général des équipements et des installations |
Microbiologie |
Activités impliquant la manipulation, l’isolement ou l’analyse de micro-organismes à l’état viable ou infectieux |
Investigations moléculaires |
Activités impliquant la manipulation de matériel génétique provenant de micro-organismes ou d’autre matériel infectieux en vue d’une analyse ultérieure |
Sérologie |
Examen diagnostique ou étude scientifique des réactions immunologiques et des propriétés du sérum sanguin |
Hématologie |
Étude scientifique de la physiologie du sang |
Autres |
Autres types d’activités non pris en compte ailleurs |
| Type d’événement | Définition |
|---|---|
| Déversement | Toute libération involontaire d’un agent hors de son contenant |
| Bris de confinement | Comprend une défectuosité ou la mauvaise utilisation des dispositifs ou équipements de confinement et d’autres types de défaillances qui entraînent le déversement de l’agent à l’extérieur du confinement ou sa libération |
| Lié aux objets tranchants ou pointus | Comprend piqûre d’aiguille, coupure avec un scalpel, une lame ou autre blessure par objet tranchant (p. ex., verre cassé) |
| Lié à un animal | Comprend les morsures ou griffures d’animaux, ainsi que d’autres incidents d’exposition résultant du comportement d’un animal (par exemple, un mouvement d’animal entraînant une piqûre d’aiguille) |
| Lié à un insecte | Comprend les piqûres d’insectes |
| Liées à l’EPI | Comprend soit un EPI inadéquat pour l’activité, soit une défaillance de l’EPI d’une manière ou d’une autre |
| Lié à l’équipement | Comprend la défaillance de l'équipement, l'utilisation d'un équipement inadapté à l'activité ou la mauvaise utilisation de l'équipement |
| Lié à la procédure | Les cas où les procédures écrites n'ont pas été suivies, n'étaient pas adaptées à l'activité, étaient inadéquates ou inexistantes |
Abréviation : EPI, équipement de protection individuelle |
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