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Recherche quantitative originale – Facteurs de risque spécifiques et facteurs de risque communs pour les troubles de l’humeur, les troubles d’anxiété et les troubles comorbides chez les Canadiens : résultats de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes 2019-2020

Revue PSPMC

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Fahima Hassan, M. Sc.; Cindy Feng, Ph. D.

https://doi.org/10.24095/hpcdp.46.5.03f

Cet article a fait l’objet d’une évaluation par les pairs.

Creative Commons License

Attribution suggérée

Article de recherche par Hassan F et al. dans la Revue PSPMC mis à disposition selon les termes de la licence internationale Creative Commons Attribution 4.0

Rattachement des auteures

Department of Community Health and Epidemiology, Faculty of Medicine, Dalhousie University, Halifax (Nouvelle-Écosse), Canada

Correspondance

Cindy Feng, Department of Community Health and Epidemiology, Faculty of Medicine, Dalhousie University, Centre for Clinical Research, 5790 University Avenue, Halifax (Nouvelle-Écosse)  B3H 1V7; tél. : 902 494-3860; courriel : cindy.feng@dal.ca

Citation proposée

Hassan F, Feng C. Facteurs de risque spécifiques et facteurs de risque communs pour les troubles de l’humeur, les troubles d’anxiété et les troubles comorbides chez les Canadiens : résultats de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes 2019-2020. 2026;46(5):220-235. https://doi.org/10.24095/hpcdp.46.5.03f

Résumé

Introduction. Les troubles de l’humeur et les troubles d’anxiété coexistent fréquemment, mais peu d’études ont différencié leurs facteurs de risque spécifiques et leurs facteurs de risque communs. Cette étude porte sur les facteurs associés aux troubles de l’humeur seuls, aux troubles d’anxiété seuls et aux troubles comorbides de l’humeur et d’anxiété chez les Canadiens en utilisant les données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes 2019-2020.

Méthodologie. L’échantillon d’analyse comptait 107 859 répondants et a été pondéré pour être représentatif de la population canadienne. Une régression logistique multinomiale avec poids d’enquête et poids bootstrap a permis d’estimer les rapports des risques relatifs ajustés (RRRa) pour les facteurs sociodémographiques, socioéconomiques, liés à la santé et psychosociaux.

Résultats. La prévalence était de 4,17 % pour les troubles de l’humeur seuls, de 4,99 % pour les troubles d’anxiété seuls et de 4,85 % pour les troubles comorbides de l’humeur et d’anxiété. Les femmes présentaient des risques significativement plus élevés dans toutes les catégories (RRRa de comorbidité = 2,284; intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,951 à 2,673). Les jeunes adultes (18 à 34 ans) présentaient des risques plus élevés pour les troubles d’anxiété seuls (RRRa = 3,036; IC à 95 % : 2,441 à 3,776) et les troubles comorbides (9 311; 7,134 à 12,153) par rapport aux personnes de 65 ans et plus. Un revenu du ménage plus faible et une santé perçue comme mauvaise ont été systématiquement associés à des risques accrus, notamment pour les troubles comorbides, qui présentaient les associations les plus fortes (RRRa de perception de mauvaise santé = 14,688; IC à 95 % : 9,908 à 21,775). Les facteurs psychosociaux, en particulier une faible satisfaction à l’égard de la vie et un faible sentiment d’appartenance à la communauté, ont été également associés à des risques plus élevés, en particulier pour les troubles comorbides.

Conclusion. Des facteurs spécifiques et des facteurs se recoupant contribuent aux troubles de l’humeur et aux troubles d’anxiété. Les efforts de prévention et d’intervention ciblés portant sur l’état de santé, les désavantages socioéconomiques et les facteurs de stress psychosociaux, en particulier chez les jeunes et les femmes, sont essentiels pour réduire le fardeau de ces problèmes de santé mentale au Canada.

Mots-clés : santé mentale, troubles d’anxiété, troubles de l’humeur, maladies comorbides, comorbidité

Points saillants

  • La comorbidité de troubles de l’humeur et de troubles de l’anxiété est aussi répandue que les troubles de l’humeur seuls ou les troubles d’anxiété seuls, touchant près de 5 % des Canadiens.
  • Les jeunes adultes (18 à 34 ans) et les femmes présentent un risque significativement plus élevé pour les trois types de troubles mentaux, en particulier pour les troubles comorbides de l’humeur et d’anxiété.
  • Un revenu familial plus faible, une santé perçue comme mauvaise et des besoins non satisfaits en matière de soins de santé sont systématiquement et fortement associés à un risque accru de problèmes de santé mentale.
  • Des facteurs psychosociaux, tels qu’une faible satisfaction à l’égard de la vie et un faible sentiment d’appartenance à la communauté, sont associés à un risque plus élevé de troubles de l’humeur et de troubles d’anxiété, et en particulier pour les troubles concomitants.
  • Ces résultats soulignent la nécessité d’interventions ciblées en matière de santé mentale qui s’attaquent aux facteurs de stress sociaux, économiques et psychosociaux.

Introduction

Les troubles de l’humeur (comme la dépression et le trouble bipolaire) et les troubles d’anxiété (comme l’anxiété généralisée, le trouble panique, les phobies) comptent parmi les problèmes de santé mentale les plus courants au CanadaNote de bas de page 1Note de bas de page 2Note de bas de page 3. Leurs effets sur le fonctionnement quotidien et la qualité de vie sont considérablesNote de bas de page 3Note de bas de page 4Note de bas de page 5. La prévalence des troubles de l’humeur et d’anxiété diagnostiqués chez les Canadiens de 12 ans et plus est passée de 12 % en 2015 à environ 14 % (soit 4,4 millions de personnes) en 2019Note de bas de page 6.

La cooccurrence fréquente de troubles de l’humeur et de troubles d’anxiété, connue sous le nom de comorbidité psychiatrique, est un élément de complexité clé de la santé mentaleNote de bas de page 7. Ce phénomène indique qu’il existe vraisemblablement des mécanismes psychologiques et neurobiologiques sous-jacents communsNote de bas de page 7Note de bas de page 8Note de bas de page 9Note de bas de page 10 et une réactivité émotionnelle accrueNote de bas de page 11. Des données supplémentaires révèlent également des voies étiologiques, des profils de symptômes et des déterminants sociaux différents pour ces troublesNote de bas de page 6Note de bas de page 8Note de bas de page 9Note de bas de page 10. Les troubles de l’humeur impliquent généralement des perturbations prolongées de l’humeur, de l’énergie et de la motivation, tandis que les troubles d’anxiété sont marqués par une peur, une inquiétude et une excitation physiologique excessivesNote de bas de page 4Note de bas de page 12Note de bas de page 13Note de bas de page 14Note de bas de page 15. Les personnes souffrant de troubles de l’humeur et d’anxiété comorbides présentent souvent des symptômes plus graves, une maladie plus longue et une plus grande résistance au traitement que les personnes souffrant uniquement de l’un ou l’autre de ces troublesNote de bas de page 16. Le regroupement des troubles de l’humeur et des troubles d’anxiété en une seule catégorie diagnostique peut donc masquer d’importantes distinctions au niveau des facteurs de risque et des caractéristiquesNote de bas de page 17. Il est essentiel de comprendre les corrélats communs et les corrélats spécifiques des troubles de l’humeur et des troubles d’anxiété afin d’améliorer le diagnostic, d’adapter le traitement et de fournir des orientations pour les stratégies de santé publiqueNote de bas de page 18.

Les résultats en matière de santé mentale sont associés à un large éventail de déterminants : facteurs sociodémographiques (en particulier le sexe, l’âge et le statut vis-à-vis de l’immigration)Note de bas de page 16Note de bas de page 17Note de bas de page 19, facteurs socioéconomiques (comme le revenu et l’emploi)Note de bas de page 16Note de bas de page 19Note de bas de page 20, facteurs liés à la santé (dont la multimorbidité et les besoins non satisfaits en matière de soins de santé)Note de bas de page 17Note de bas de page 19 et facteurs psychosociaux (par exemple le stress et le degré de satisfaction à l’égard de la vie)Note de bas de page 17Note de bas de page 19. De nombreux facteurs sont liés aux deux troublesNote de bas de page 11, mais certains semblent plus spécifiques : les troubles d’anxiété ont été associés à la résidence en milieu urbain et à l’adversité pendant l’enfance, tandis que les troubles de l’humeur sont plus fortement liés au jeune âge, au faible niveau de scolarité, au fait d’être veuf ou divorcé et de vivre dans des collectivités défavorisées sur le plan socioéconomiqueNote de bas de page 17Note de bas de page 19. Les troubles de l’humeur sont généralement plus fréquents chez les femmesNote de bas de page 3Note de bas de page 21. La multimorbidité, fréquente chez les adultes d’âge moyen et les aînés, et les besoins non satisfaits en matière de soins de santé sont particulièrement importants pour les troubles de l’humeurNote de bas de page 11Note de bas de page 19Note de bas de page 22Note de bas de page 23Note de bas de page 24Note de bas de page 25Note de bas de page 26Note de bas de page 27. La douleur chronique coexiste fréquemment avec les troubles de l’humeur et d’anxiété en tant que cause ou conséquence (p. ex. l’arthrite, les maux de dos chroniques et les maux de tête chroniques). Les différences observées entre les provinces et les territoires du Canada correspondent probablement à des variations entre les régions dans l’organisation du système de santé, l’accès aux services et l’environnement socialNote de bas de page 3. Enfin, les facteurs psychosociaux tels que le stress, une santé perçue comme mauvaise et l’insatisfaction sont souvent modifiables, mais ils sont souvent présents ensemble et aggravent la vulnérabilitéNote de bas de page 28Note de bas de page 29.

Malgré l’augmentation du nombre de recherches sur les troubles de l’humeur et les troubles d’anxiété au Canada, à notre connaissance, peu d’études ont porté sur les troubles de l’humeur seuls, les troubles d’anxiété seuls et les troubles de l’humeur et d’anxiété comorbides (« troubles comorbides » dans la suite du texte) au sein d’un échantillon unique et représentatif au niveau national. Nous avons étudié une série de facteurs sociodémographiques, socioéconomiques, liés à la santé et psychosociaux associés à ces trois résultats en matière de santé mentale en utilisant les données les plus récentes de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) pré-COVID-19 (2019-2020). Nos résultats fournissent une base actualisée pour comprendre les profils de risque en matière de santé mentale et peuvent servir de soutien à l’élaboration de stratégies de prévention et d’intervention ciblées.

Méthodologie

Source des données et population étudiée

Pour cette étude, nous avons utilisé les données regroupées des volets annuels 2019 et 2020 de l’ESCC, qui ont été harmonisées par Statistique Canada et analysées comme un seul ensemble de données transversalesNote de bas de page 30. L’ESCC utilise un plan d’échantillonnage complexe multi-échelle pour recueillir des données socioéconomiques et relatives à la santé complètes, incluant des informations sur l’état de santé, l’accès aux services de santé et leur utilisation ainsi que divers déterminants de la santéNote de bas de page 30Note de bas de page 31Note de bas de page 32. L’échantillon de l’enquête a inclus 108 252 personnes de 12 ans et plus vivant dans toutes les provinces et tous les territoires du Canada. L’enquête n’a pas inclus les personnes vivant dans des réserves et d’autres établissements autochtones (appelés « Autochtones » dans l’ESCC), dans certaines régions éloignées ou en établissement, ni les membres à temps plein des Forces armées canadiennes. Des descriptions détaillées de la méthodologie, de la conception, des instruments et de la base d’échantillonnage de l’ESCC sont présentées ailleursNote de bas de page 31.

Variables et mesures de l’étude

Variable de résultat

Le résultat principal est une variable multinomiale à quatre catégories rassemblant l’absence de troubles déclarés, les troubles de l’humeur seuls, les troubles d’anxiété seuls et les troubles comorbides de l’humeur et d’anxiété, selon l’autodéclaration par les répondants d’un diagnostic de troubles de l’humeur ou d’anxiété chroniques (qui durent ou devraient durer au moins 6 mois) délivré par un professionnel de la santé. Les répondants ont été classés comme souffrant d’un trouble de l’humeur s’ils ont répondu « oui » à la question « Êtes-vous atteint d’un trouble de l’humeur tel que la dépression, le trouble bipolaire, la manie ou la dysthymie? » et comme souffrant d’un trouble d’anxiété s’ils ont répondu « oui » à la question « Avez-vous un trouble d’anxiété tel qu’une phobie, un trouble obsessionnel compulsif ou un trouble panique qui a été diagnostiqué par un professionnel de la santé? ». Les personnes qui ont répondu « oui » à la question sur les troubles de l’humeur et « non » à la question sur les troubles d’anxiété ont été classées comme souffrant uniquement de troubles de l’humeur, tandis que celles qui ont répondu « oui » à la question sur les troubles d’anxiété et « non » à la question sur les troubles de l’humeur ont été classées comme souffrant uniquement de troubles d’anxiété. Les personnes qui ont répondu « oui » aux deux questions ont été classées comme souffrant de troubles comorbides et celles qui ont répondu « non » aux deux questions ont été classées comme n’ayant aucun trouble.

Covariables

Les covariables comprenaient les facteurs sociodémographiques suivants : le sexe (masculin ou féminin); le groupe d’âge (12 à 17, 18 à 24, 25 à 34, 35 à 50, 51 à 64 ou 65 ans et plus); l’identité autochtone (oui ou non); le statut vis-à-vis de l’immigration (immigrant [soit résident permanent, appelé « immigrant reçu » dans l’ESCC 2020, soit résident non permanent] ou né au Canada); l’appartenance à un groupe racisé (désigné comme « minorité visible », avec des indicateurs oui ou non dans le fichier à grande diffusion de l’ESCC, qui regroupe de multiples catégories ethniques ou culturelles autoidentifiées en un indicateur binaire); l’état matrimonial (marié/vivant en union libre ou célibataire [c’est-à-dire jamais marié, divorcé, séparé ou veuf]); le niveau de scolarité (inférieur à l’enseignement secondaire, diplôme d’études secondaires ou équivalent, certificat/diplôme d’études postsecondaires ou diplôme universitaire) et la région de résidence (les 10 provinces et une catégorie combinée pour les territoires).

Les facteurs socioéconomiques comprenaient le revenu du ménage (moins de 20 000, 20 000 à 39 999, 40 000 à 59 999, 60 000 à 79 999 ou 80 000 et plus dollars canadiens [CAD]), selon les groupes de revenus nationaux canadiens, et le niveau de sécurité alimentaire du ménage (sécurité alimentaire, légère insécurité alimentaire, moyenne insécurité alimentaire ou grave insécurité alimentaire).

Les facteurs liés à la santé comprenaient la santé perçue (excellente, très bonne, bonne, passable, mauvaise); la présence ou l’absence de douleur chronique (aucune douleur ou aucun malaise habituels ou présence de douleur ou malaise habituels); le nombre de maladies physiques chroniques (0, 1, 2 ou 3 et plus selon les indicateurs pour sept maladies diagnostiquées, soit l’asthme, l’arthrite, l’hypertension artérielle, le diabète, les maladies respiratoires chroniques, les troubles musculo-squelettiques et les maladies cardiovasculaires). Les besoins non satisfaits en matière de soins de santé au cours des 12 derniers mois (non/oui) ont été codés « oui » si le répondant a déclaré avoir eu besoin de soins de santé mais ne pas les avoir reçus et avoir rencontré un ou plusieurs obstacles pour recevoir des soins de santé (p. ex. le temps d’attente, le coût ou le manque de disponibilité).

Les facteurs psychosociaux comprenaient le sentiment d’appartenance à la communauté (très fort, plus ou moins fort, plus ou moins faible ou très faible); la satisfaction à l’égard de la vie (très satisfait, satisfait, ni satisfait ni insatisfait, insatisfait ou très insatisfait) et le stress perçu dans la vie (vie pas du tout stressante, pas très stressante, un peu stressante, assez stressante ou extrêmement stressante).

Sauf indication contraire, les covariables sont tirées des variables dérivées de Statistique Canada dans le fichier à grande diffusion de l’ESCC 2019-2020; l’absence de réponse (« ne sait pas », « refus ») a été codée comme réponse manquante. Certaines variables (comme le nombre de maladies chroniques ou les besoins non satisfaits en matière de soins de santé) ont été construites à partir de plusieurs éléments de l’ESCC.

Cadre conceptuel

Les mesures psychosociales (satisfaction à l’égard de la vie, stress perçu, sentiment d’appartenance à la communauté) sont traitées comme des déterminants sociaux en aval, façonnés par des conditions sociales et économiques plus larges (comme la pauvreté, la discrimination ou l’exclusion). Nous avons donc interprété les associations impliquant ces variables comme des associations conditionnelles susceptibles de refléter un désavantage structurel accumulé plutôt que des attributs purement individuels.

Analyses statistiques

Les analyses descriptives offrent une synthèse des caractéristiques des répondants en fonction des niveaux de la variable de résultat. Nous présentons les fréquences et les pourcentages en utilisant des estimations pondérées par enquête et bootstrap pour tenir compte de la complexité de conception de l’enquête. Nous avons analysé les associations brutes à l’aide d’une régression logistique multinomiale bivariée. Nous avons estimé les associations ajustées à l’aide d’une régression logistique multinomiale avec poids d’enquête afin d’obtenir des rapports de risque relatif ajustés (RRRa) et des intervalles de confiance (IC) à 95 %. Les associations ont été considérées comme statistiquement significatives si l’IC à 95 % pour chaque RRRa n’incluait pas 1. Toutes les analyses ont intégré les poids d’échantillonnage fournis par l’ESCC afin de tenir compte de la complexité de l’enquête et de garantir la représentativité au niveau de la populationNote de bas de page 30. Nous avons évalué la multicolinéarité entre les variables explicatives à l’aide du facteur d’inflation de la varianceNote de bas de page 33, pour lesquels des valeurs supérieures à 2,5 signalent des problèmes potentiels de multicolinéarité.

Les analyses ont été réalisées à l’aide de STATA version 17 (StataCorp LLC, College Station, Texas, États-Unis).

Approbation éthique

Cette étude a utilisé des données secondaires dépersonnalisées de l’ESCC, accessibles au public, et n’a donc pas fait l’objet d’évaluation déontologique institutionnelle.

Résultats

Au sein de l’échantillon d’analyse de 107 859 répondants, 4 503 (4,17 %) ont déclaré avoir reçu un diagnostic clinique de trouble de l’humeur seul, 5 381 (4,99 %) de trouble d’anxiété seul et 5 226 (4,85 %) de troubles comorbides de l’humeur et d’anxiété (tableau 1). Les femmes étaient plus nombreuses dans tous les groupes, et les jeunes adultes (18 à 34 ans) étaient particulièrement représentés dans le groupe des personnes souffrant d’anxiété seule et de troubles comorbides.

Tableau 1. Caractéristiques des répondants présentant des troubles de l’humeur ou d’anxiété et des répondants n’ayant déclaré aucun trouble de l’humeur ou d’anxiétéNote de bas de page a, ESCC, 2019-2020
Variables Aucun trouble déclaré Troubles de l’humeurNote de bas de page b Troubles d’anxiétéNote de bas de page c Troubles comorbides de l’humeur et d’anxiétéNote de bas de page bNote de bas de page c Total
n % n % n % n % n %
Total 92 749 85,99 4 503 4,17 5 381 4,99 5 226 4,85 107 859 100
Facteurs sociodémographiques
Sexe (n = 107 859)
Masculin 47 594 51,32 1 834 40,73 1 963 36,48 1 878 35,93 53 269 49,39
Féminin 45 155 48,68 2 669 59,27 3 418 63,52 3 348 64,07 54 590 50,61
Âge, années (n = 107 859)
12 à 17 6 880 7,42 109 2,43 579 10,76 253 4,84 7 822 7,25
18 à 34 23 415 25,25 1 034 22,97 1 713 31,83 2 164 41,42 28 327 26,26
35 à 49 20 999 22,64 1 044 23,19 1 257 23,36 1 253 23,97 24 553 22,76
50 à 64 21 920 23,63 1 354 30,07 1 106 20,56 1 114 21,31 25 494 23,64
≥ 65 19 534 21,06 961 21,34 726 13,50 442 8,46 21 663 20,08
Identité autochtone (n = 104 880)
Non 87 814 97,36 4 181 94,96 4 996 95,49 4 674 92,50 101 665 96,93
Oui 2 378 2,64 222 5,04 236 4,51 379 7,50 3 215 3,07
Statut vis-à-vis de l’immigration (n = 105 728)
ImmigrantNote de bas de page d 26 020 28,65 685 15,39 723 13,61 595 11,61 28 023 26,50
Né au Canada 64 815 71,35 3 769 84,61 4 590 86,39 4 532 88,39 77 705 73,50
Appartenance à un groupe raciséNote de bas de page e (n = 104 902)
Oui 21 659 24,04 487 11,02 597 11,30 575 11,29 23 317 22,23
Non 68 453 75,96 3 932 88,98 4 684 88,70 4 517 88,71 81 585 77,77
État matrimonial (n = 99 800)
Marié/vivant en union libre 55 775 65,11 2 373 54,18 2 616 54,56 2 115 42,64 62 879 63,00
CélibataireNote de bas de page f 29 890 34,89 2 007 45,82 2 179 45,44 2 845 57,36 36 921 37,00
Niveau de scolarité (n = 102 176)
Inférieur à l’enseignement secondaire 3 769 4,28 199 4,67 231 4,57 197 4,06 4 396 4,30
Diplôme d’études secondaires 10 634 12,08 608 14,26 582 11,52 817 16,85 12 642 12,37
Diplôme de niveau postsecondaire 73 605 83,63 3 457 81,06 4 239 83,90 3 836 79,09 85 138 83,32
Région de résidence (n = 107 859)
Terre-Neuve-et-Labrador 1 293 1,39 69 1,54 97 1,80 84 1,62 1 543 1,43
Île-du-Prince-Édouard 377 0,41 22 0,49 25 0,47 31 0,60 456 0,42
Nouvelle-Écosse 2 236 2,41 159 3,52 171 3,18 253 4,84 2 818 2,61
Nouveau-Brunswick 1 817 1,96 114 2,52 157 2,91 138 2,64 2 225 2,06
Québec 21 625 23,32 802 17,80 1 437 26,71 637 12,20 24 501 22,72
Ontario 36 326 39,17 1 747 38,80 2 026 37,64 2 273 43,50 42 372 39,28
Manitoba 3 132 3,38 167 3,71 168 3,12 183 3,50 3 649 3,38
Saskatchewan 2 614 2,82 203 4,50 154 2,87 153 2,93 3 124 2,90
Alberta 10 539 11,36 588 13,06 515 9,57 699 13,38 12 342 11,44
Colombie-Britannique 12 556 13,54 622 13,82 622 11,56 764 14,62 14 565 13,50
TerritoiresNote de bas de page g 234 0,25 11 0,23 10 0,18 10 0,19 264 0,24
Facteurs socioéconomiques
Revenu du ménage, CAD (n = 106 620)
< 20 000 3 280 3,58 320 7,21 305 5,74 479 9,32 4 384 4,11
20 000 à 39 999 9 622 10,49 601 13,55 673 12,66 743 14,47 11 639 10,92
40 000 à 59 999 11 281 12,30 637 14,35 703 13,22 811 15,80 13 431 12,60
60 000 à 79 999 11 271 12,29 636 14,34 670 12,61 601 11,71 13 179 12,36
≥ 80 000 56 281 61,35 2 243 50,55 2 964 55,76 2 500 48,69 63 987 60,01
Niveau de sécurité alimentaire du ménage (n = 91 125)
Sécurité alimentaire 71 675 91,54 3 035 79,66 3 914 83,85 3 088 71,05 81 712 89,67
Légère insécurité 2 591 3,31 213 5,60 226 4,84 230 5,29 3 260 3,58
Insécurité moyenne 3 062 3,91 325 8,52 337 7,23 538 12,37 4 262 4,68
Grave insécurité 973 1,24 237 6,22 191 4,09 491 11,29 1 891 2,08
Facteurs liés à la santé
Santé perçue (n = 107 725)
Excellente 24 336 26,27 315 7,00 716 13,31 189 3,63 25 555 23,72
Très bonne 37 161 40,11 1 190 26,47 1 825 33,95 962 18,49 41 139 38,19
Bonne 23 871 25,76 1 691 37,61 1 931 35,91 1 986 38,17 29 479 27,37
Passable 5 655 6,10 948 21,09 683 12,70 1 351 25,97 8 638 8,02
Mauvaise 1 626 1,75 352 7,83 221 4,12 715 13,74 2 914 2,71
Douleur (n = 107 570)
Pas de douleur ou de malaise habituels 73 409 79,35 2 513 56,16 3 585 66,69 2 802 53,87 82 310 76,52
Douleur ou malaise habituels 19 108 20,65 1 962 43,84 1 791 33,31 2 400 46,13 25 260 23,48
Nombre de maladies physiques chroniques (n = 107 859)Note de bas de page h
0 56 801 61,24 1 976 43,88 3 058 56,82 2 553 48,86 64 388 59,70
1 19 872 21,43 1 194 26,51 1 261 23,43 1 429 27,34 23 755 22,02
2 9 356 10,09 675 15,00 565 10,49 686 13,12 11 282 10,46
≥ 3 6 719 7,24 658 14,62 498 9,25 559 10,69 8 434 7,82
Besoin non satisfait en matière de soins de santé au cours des 12 derniers mois (n = 107 859)
Non 89 634 96,64 4 145 92,06 5 054 93,92 4 451 85,17 103 285 95,76
Oui 3 114 3,36 357 7,94 327 6,08 775 14,83 4 574 4,24
Facteurs psychosociaux
Sentiment d’appartenance à la communauté (n = 103 408)
Très fort 17 355 19,38 534 12,77 820 16,52 405 8,56 19 114 18,48
Plus ou moins fort 47 042 52,54 1 902 45,48 2 439 49,14 1 913 40,43 53 296 51,54
Plus ou moins faible 20 005 22,34 1 277 30,54 1 234 24,86 1 496 31,62 24 012 23,22
Très faible 5 129 5,73 469 11,21 471 9,48 917 19,39 6 986 6,76
Satisfaction à l’égard de la vie (n = 104 005)
Très satisfait 39 076 43,38 788 18,75 1 390 27,99 538 11,31 41 793 40,18
Satisfait 46 858 52,02 2 620 62,31 3 041 61,22 2 762 58,06 55 281 53,15
Ni satisfait ni insatisfait 2 862 3,18 402 9,55 345 6,94 690 14,52 4 299 4,13
Insatisfait 1 039 1,15 339 8,07 163 3,28 621 13,06 2 162 2,08
Très insatisfait 241 0,27 56 1,33 28 0,56 145 3,06 470 0,45
Stress de vie perçu (n = 107 478)
Vie pas du tout stressante 14 010 15,16 273 6,08 256 4,77 158 3,06 14 697 13,67
Vie pas très stressante 23 916 25,87 678 15,11 905 16,85 441 8,51 25 940 24,13
Vie un peu stressante 38 262 41,39 1 939 43,23 2 367 44,05 1 995 38,48 44 562 41,46
Vie assez stressante 14 443 15,62 1 287 28,69 1 565 29,12 1 962 37,83 19 256 17,92
Vie extrêmement stressante 1 806 1,95 309 6,89 280 5,21 628 12,12 3 023 2,81

Les groupes souffrant de troubles comorbides présentaient généralement des désavantages sociaux et sanitaires plus importants, notamment des proportions plus élevées de répondants s’identifiant comme autochtones, célibataires ou ayant une santé perçue moins bonne, une douleur ou un malaise habituels, des besoins non satisfaits en matière de soins de santé, un sentiment d’appartenance à la communauté plus faible, une satisfaction à l’égard de la vie plus faible et un stress perçu plus élevé. Les données manquantes sur l’insécurité alimentaire des ménages étaient importantes (environ 16 700 répondants; 15,5 %) et ont été exclues des analyses par régression afin d’éviter de réduire l’échantillon analysé.

Le tableau 2 présente les associations non ajustées.

Tableau 2. Associations de régression logistique multinomiale non ajustées entre les facteurs sociodémographiques, socioéconomiques, liés à la santé et psychosociaux et les résultats en matière de santé mentaleNote de bas de page aNote de bas de page b chez les Canadiens, ESCC, 2019-2020
Variables Troubles de l’humeurNote de bas de page a Troubles d’anxiétéNote de bas de page b Troubles comorbides de l’humeur et d’anxiétéNote de bas de page aNote de bas de page b
RRR IC à 95 % Valeur p RRR IC à 95 % Valeur p RRR IC à 95 % Valeur p
Facteurs sociodémographiques
Sexe (catégorie de référence : masculin)
Féminin 1,534 1,378 à 1,708 < 0,001 1,835 1,641 à 2,053 < 0,001 1,879 1,670 à 2,114 < 0,001
Âge, années (catégorie de référence : ≥ 65 ans)
12 à 17 0,324 0,232 à 0,451 < 0,001 2,264 1,883 à 2,722 < 0,001 1,626 1,267 à 2,085 < 0,001
18 à 34 0,898 0,766 à 1,053 0,187 1,967 1,705 à 2,270 < 0,001 4,085 3,539 à 4,715 < 0,001
35 à 49 1,011 0,878 à 1,165 0,879 1,610 1,405 à 1,845 < 0,001 2,637 2,271 à 3,061 < 0,001
50 à 64 1,256 1,108 à 1,423 < 0,001 1,357 1,179 à 1,562 < 0,001 2,246 1,928 à 2,616 < 0,001
Identité autochtone (catégorie de référence : non)
Oui 1,961 1,586 à 2,425 < 0,001 1,743 1,408 à 2,157 < 0,001 2,994 2,428 à 3,692 < 0,001
Statut vis-à-vis de l’immigration (catégorie de référence : immigrantNote de bas de page c)
Né au Canada 2,208 1,885 à 2,586 < 0,001 2,548 2,140 à 3,034 < 0,001 3,057 2,565 à 3,644 < 0,001
Appartenance à un groupe raciséNote de bas de page d (catégorie de référence : non)
Oui 0,391 0,319 à 0,479 < 0,001 0,403 0,325 à 0,499 < 0,001 0,402 0,322 à 0,502 < 0,001
État matrimonial (catégorie de référence : marié/vivant en union libre)
CélibataireNote de bas de page e 1,578 1,418 à 1,756 < 0,001 1,554 1,385 à 1,744 < 0,001 2,510 2,251 à 2,799 < 0,001
Niveau de scolarité (catégorie de référence : inférieur à l’enseignement secondaire)
Diplôme d’études secondaires 1,082 0,874 à 1,339 0,469 0,893 0,720 à 1,107 0,302 1,471 1,127 à 1,919 0,004
Diplôme de niveau postsecondaire 0,888 0,743 à 1,062 0,194 0,939 0,794 à 1,111 0,465 0,998 0,779 à 1,277 0,986
Région de résidence (catégorie de référence : Ontario)
Terre-Neuve-et-Labrador 1,113 0,838 à 1,479 0,458 1,343 1,006 à 1,792 0,045 1,044 0,762 à 1,430 0,790
Île-du-Prince-Édouard 1,212 0,861 à 1,707 0,270 1,203 0,852 à 1,697 0,294 1,329 0,983 à 1,798 0,065
Nouvelle-Écosse 1,474 1,161 à 1,872 0,001 1,371 1,105 à 1,700 0,004 1,807 1,457 à 2,241 < 0,001
Nouveau-Brunswick 1,300 0,999 à 1,692 0,051 1,546 1,235 à 1,936 < 0,001 1,211 0,906 à 1,620 0,196
Québec 0,771 0,651 à 0,913 0,003 1,192 1,041 à 1,365 0,011 0,471 0,397 à 0,559 < 0,001
Manitoba 1,110 0,872 à 1,412 0,397 0,960 0,758 à 1,217 0,739 0,932 0,741 à 1,172 0,547
Saskatchewan 1,612 1,310 à 1,981 < 0,001 1,058 0,785 à 1,427 0,709 0,936 0,715 à 1,226 0,631
Alberta 1,160 0,996 à 1,352 0,056 0,877 0,730 à 1,054 0,160 1,060 0,898 à 1,251 0,489
Colombie-Britannique 1,030 0,879 à 1,207 0,711 0,889 0,742 à 1,065 0,200 0,972 0,827 à 1,143 0,734
TerritoiresNote de bas de page f 0,937 0,725 à 1,210 0,616 0,731 0,562 à 0,953 0,020 0,675 0,515 à 0,886 0,005
Facteurs socioéconomiques
Revenu du ménage, CAD (catégorie de référence : ≥ 80 000)
< 20 000 2,449 2,034 à 2,949 < 0,001 1,766 1,440 à 2,166 < 0,001 3,285 2,795 à 3,862 < 0,001
20 000 à 39 999 1,568 1,353 à 1,817 < 0,001 1,328 1,133 à 1,557 < 0,001 1,738 1,487 à 2,031 < 0,001
40 000 à 59 999 1,416 1,217 à 1,649 < 0,001 1,183 0,999 à 1,400 0,052 1,619 1,370 à 1,914 < 0,001
60 000 à 79 999 1,416 1,203 à 1,667 < 0,001 1,130 0,959 à 1,331 0,145 1,201 1,011 à 1,427 0,037
Facteurs liés à la santé
Santé perçue (catégorie de référence : excellente)
Très bonne 2,478 1,997 à 3,074 < 0,001 1,670 1,415 à 1,971 < 0,001 3,340 2,522 à 4,424 < 0,001
Bonne 5,481 4,445 à 6,759 < 0,001 2,750 2,328 à 3,248 < 0,001 10,734 8,220 à 14,016 < 0,001
Passable 12,974 10,426 à 16,144 < 0,001 4,106 3,356 à 5,024 < 0,001 30,829 23,360 à 40,687 < 0,001
Mauvaise 16,756 12,946 à 21,686 < 0,001 4,628 3,611 à 5,931 < 0,001 56,716 42,423 à 75,825 < 0,001
Douleur (catégorie de référence : pas de douleur ou de malaise habituels)
Douleur ou malaise habituels 2,999 2,698 à 3,333 < 0,001 1,919 1,722 à 2,138 < 0,001 3,290 2,954 à 3,665 < 0,001
Nombre de maladies physiques chroniques diagnostiquéesNote de bas de page g (catégorie de référence : 0)
1 1,727 1,506 à 1,980 < 0,001 1,179 1,035 à 1,343 0,014 1,599 1,399 à 1,828 < 0,001
2 2,075 1,790 à 2,406 < 0,001 1,121 0,968 à 1,298 0,128 1,630 1,391 à 1,911 < 0,001
≥ 3 2,817 2,429 à 3,265 < 0,001 1,376 1,173 à 1,615 < 0,001 1,850 1,571 à 2,177 < 0,001
Besoins non satisfaits en matière de soins de santé (catégorie de référence : non)
 Oui 2,481 2,005 à 3,071 < 0,001 1,862 1,528 à 2,269 < 0,001 5,013 4,174 à 6,021 < 0,001
Facteurs psychosociaux
Sentiment d’appartenance à la communauté (catégorie de référence : très fort)
Plus ou moins fort 1,314 1,120 à 1,542 0,001 1,097 0,942 à 1,277 0,233 1,742 1,451 à 2,092 < 0,001
Plus ou moins faible 2,075 1,745 à 2,468 < 0,001 1,305 1,101 à 1,547 0,002 3,205 2,651 à 3,875 < 0,001
Très faible 2,971 2,403 à 3,672 < 0,001 1,941 1,549 à 2,432 < 0,001 7,664 6,211 à 9,457 < 0,001
Satisfaction à l’égard de la vie (catégorie de référence : très satisfait)
Satisfait 2,772 2,379 à 3,230 < 0,001 1,824 1,618 à 2,057 < 0,001 4,282 3,545 à 5,174 < 0,001
Ni satisfait ni insatisfait 6,959 5,623 à 8,612 < 0,001 3,387 2,639 à 4,347 < 0,001 17,530 13,942 à 22,041 < 0,001
Insatisfait 16,190 12,567 à 20,858 < 0,001 4,411 3,286 à 5,920 < 0,001 43,438 33,636 à 56,095 < 0,001
Très insatisfait 11,449 7,304 à 17,947 < 0,001 3,250 2,035 à 5,190 < 0,001 43,785 29,385 à 65,240 < 0,001
Stress de vie perçu (catégorie de référence : pas du tout stressante)
Vie pas très stressante 1,456 1,156 à 1,833 0,001 2,069 1,673 à 2,559 < 0,001 1,632 1,140 à 2,338 0,007
Vie un peu stressante 2,603 2,105 à 3,220 < 0,001 3,381 2,783 à 4,107 < 0,001 4,611 3,380 à 6,290 < 0,001
Vie assez stressante 4,578 3,682 à 5,692 < 0,001 5,922 4,823 à 7,273 < 0,001 12,011 8,753 à 16,481 < 0,001
Vie extrêmement stressante 8,799 6,534 à 11,848 < 0,001 8,477 6,383 à 11,257 < 0,001 30,773 21,651 à 43,737 < 0,001

Après ajustement, les femmes présentaient des RRRa plus élevés pour les trois résultats : les troubles de l’humeur (RRRa = 1,688; IC à 95 % : 1,487 à 1,916), les troubles d’anxiété (1,956; 1,712 à 2,234) et surtout les troubles comorbides (2,284; 1,951 à 2,673) (tableau 3 et figure 1).

Tableau 3. Associations ajustées par régression logistique multinomialeNote de bas de page a entre les facteurs sociodémographiques, socioéconomiques, liés à la santé et psychosociaux et les résultats en matière de santé mentaleNote de bas de page bNote de bas de page c chez les Canadiens, ESCC, 2019-2020
Variables Troubles de l’humeurNote de bas de page b Troubles d’anxiétéNote de bas de page c Troubles comorbides de l’humeur et d’anxiétéNote de bas de page bNote de bas de page c
RRRa IC à 95 % Valeur p RRRa IC à 95 % Valeur p RRRa IC à 95 % Valeur p
Facteurs sociodémographiques
Sexe (catégorie de référence : masculin)
Féminin 1,688 1,487 à 1,916 < 0,001 1,956 1,712 à 2,234 < 0,001 2,284 1,951 à 2,673 < 0,001
Âge, années (catégorie de référence : ≥ 65 ans)
12 à 17 Note de bas de page d Note de bas de page d Note de bas de page d Note de bas de page d Note de bas de page d Note de bas de page d Note de bas de page d Note de bas de page d Note de bas de page d
18 à 34 1,586 1,269 à 1,982 < 0,001 3,036 2,441 à 3,776 < 0,001 9,311 7,134 à 12,153 < 0,001
35 à 49 1,653 1,349 à 2,027 < 0,001 2,350 1,923 à 2,872 < 0,001 5,319 4,157 à 6,804 < 0,001
50 à 64 1,612 1,371 à 1,895 < 0,001 1,457 1,228 à 1,730 < 0,001 3,013 2,454 à 3,700 < 0,001
Identité autochtone (catégorie de référence : non)
Oui 1,154 0,856 à 1,538 0,331 1,181 0,880 à 1,585 0,267 1,410 1,048 à 1,896 0,023
Statut vis-à-vis de l’immigration (catégorie de référence : immigrantNote de bas de page e)
Né au Canada 1,723 1,414 à 2,099 < 0,001 1,701 1,355 à 2,136 < 0,001 1,984 1,544 à 2,551 < 0,001
Appartenance à un groupe raciséNote de bas de page f (catégorie de référence : non)
Oui 0,525 0,410 à 0,671 < 0,001 0,478 0,354 à 0,645 < 0,001 0,423 0,308 à 0,581 < 0,001
État matrimonial (catégorie de référence : marié/vivant en union libre)
CélibataireNote de bas de page g 1,313 1,139 à 1,513 < 0,001 1,156 1,004 à 1,331 0,044 1,415 1,230 à 1,628 < 0,001
Niveau de scolarité (catégorie de référence : inférieur à l’enseignement secondaire)
Diplôme d’études secondaires 1,207 0,944 à 1,542 0,133 0,874 0,681 à 1,121 0,288 1,394 1,049 à 1,853 0,022
Diplôme de niveau postsecondaire 1,473 1,179 à 1,841 0,001 1,062 0,858 à 1,315 0,581 1,456 1,108 à 1,913 0,007
Région de résidence (catégorie de référence : Ontario)
Terre-Neuve-et-Labrador 1,039 0,737 à 1,463 0,829 1,325 0,913 à 1,923 0,139 1,040 0,673 à 1,608 0,859
Île-du-Prince-Édouard 1,140 0,778 à 1,672 0,502 1,019 0,638 à 1,626 0,938 1,225 0,818 à 1,834 0,325
Nouvelle-Écosse 1,451 1,102 à 1,909 0,008 1,305 1,001 à 1,700 0,049 1,547 1,139 à 2,102 0,005
Nouveau-Brunswick 0,998 0,712 à 1,399 0,989 1,263 0,947 à 1,686 0,112 1,015 0,654 à 1,575 0,948
Québec 0,799 0,660 à 0,968 0,022 1,133 0,957 à 1,340 0,146 0,462 0,368 à 0,581 < 0,001
Manitoba 1,130 0,864 à 1,476 0,372 0,914 0,681 à 1,227 0,551 0,736 0,554 à 0,978 0,034
Saskatchewan 1,591 1,228 à 2,062 < 0,001 1,064 0,751 à 1,508 0,727 1,016 0,716 à 1,443 0,928
Alberta 1,241 1,036 à 1,486 0,019 0,875 0,707 à 1,082 0,217 1,016 0,815 à 1,267 0,885
Colombie-Britannique 1,046 0,863 à 1,269 0,646 0,993 0,799 à 1,234 0,950 0,912 0,734 à 1,133 0,404
Territoires Note de bas de page h Note de bas de page h Note de bas de page h Note de bas de page h Note de bas de page h Note de bas de page h Note de bas de page h Note de bas de page h Note de bas de page h
Facteurs socioéconomiques
Revenu du ménage, CAD (catégorie de référence : ≥ 80 000)
< 20 000 1,659 1,306 à 2,106 < 0,001 1,571 1,176 à 2,098 0,002 1,872 1,479 à 2,369 < 0,001
20 000 à 39 999 1,197 0,974 à 1,471 0,087 1,176 0,953 à 1,452 0,131 1,262 1,005 à 1,583 0,045
40 000 à 59 999 1,250 1,036 à 1,509 0,020 1,114 0,917 à 1,352 0,276 1,359 1,086 à 1,700 0,007
60 000 à 79 999 1,283 1,062 à 1,550 0,010 1,245 1,022 à 1,517 0,029 1,173 0,943 à 1,459 0,152
Facteurs liés à la santé
Santé perçue (catégorie de référence : excellente)
Très bonne 1,783 1,398 à 2,274 < 0,001 1,550 1,270 à 1,892 < 0,001 2,681 1,944 à 3,696 < 0,001
Bonne 3,177 2,481 à 4,069 < 0,001 2,358 1,912 à 2,910 < 0,001 7,038 5,142 à 9,632 < 0,001
Passable 4,832 3,605 à 6,477 < 0,001 3,182 2,410 à 4,203 < 0,001 12,874 9,058 à 18,297 < 0,001
Mauvaise 4,422 3,082 à 6,345 < 0,001 2,632 1,883 à 3,679 < 0,001 14,688 9,908 à 21,775 < 0,001
Douleur (catégorie de référence : pas de douleur ou de malaise habituels)
Douleur ou malaise habituels 1,392 1,219 à 1,590 < 0,001 1,382 1,204 à 1,586 < 0,001 1,364 1,168 à 1,592 < 0,001
Nombre de maladies physiques chroniques diagnostiquéesNote de bas de page i (catégorie de référence : 0)
1 1,290 1,086 à 1,532 0,004 1,320 1,117 à 1,560 0,001 1,417 1,159 à 1,731 0,001
2 1,336 1,094 à 1,632 0,005 1,412 1,143 à 1,745 0,001 1,707 1,295 à 2,251 < 0,001
≥ 3 1,542 1,227 à 1,939 < 0,001 1,643 1,310 à 2,062 < 0,001 1,937 1,425 à 2,633 < 0,001
Besoin non satisfait en matière de soins de santé (catégorie de référence : non)
Oui 1,268 0,991 à 1,622 0,059 1,264 1,001 à 1,595 0,049 2,296 1,710 à 3,083 < 0,001
Facteurs psychosociaux
Sentiment d’appartenance à la communauté (catégorie de référence : très fort)
Plus ou moins fort 0,984 0,823 à 1,178 0,861 0,852 0,714 à 1,017 0,076 1,182 0,940 à 1,487 0,153
Plus ou moins faible 1,241 1,013 à 1,520 0,037 0,877 0,715 à 1,075 0,206 1,563 1,229 à 1,988 < 0,001
Très faible 1,313 1,024 à 1,683 0,032 1,178 0,902 à 1,539 0,229 2,221 1,703 à 2,895 < 0,001
Satisfaction à l’égard de la vie (catégorie de référence : très satisfait)
Satisfait 1,655 1,386 à 1,977 < 0,001 1,248 1,074 à 1,450 0,004 1,879 1,502 à 2,350 < 0,001
Ni satisfait ni insatisfait 2,280 1,752 à 2,968 < 0,001 1,658 1,207 à 2,279 0,002 3,874 2,844 à 5,275 < 0,001
Insatisfait 3,926 2,889 à 5,337 < 0,001 1,644 1,112 à 2,430 0,013 5,157 3,648 à 7,289 < 0,001
Très insatisfait 2,906 1,638 à 5,156 < 0,001 0,797 0,452 à 1,404 0,432 4,819 2,821 à 8,232 < 0,001
Stress de vie perçu (catégorie de référence : pas du tout stressante)
Vie pas très stressante 1,184 0,904 à 1,551 0,221 1,803 1,385 à 2,348 < 0,001 1,144 0,724 à 1,807 0,564
Vie un peu stressante 1,770 1,376 à 2,276 < 0,001 2,446 1,902 à 3,145 < 0,001 2,205 1,467 à 3,313 < 0,001
Vie assez stressante 2,340 1,789 à 3,061 < 0,001 3,620 2,769 à 4,733 < 0,001 3,447 2,272 à 5,229 < 0,001
Vie extrêmement stressante 2,856 1,981 à 4,116 < 0,001 4,228 2,896 à 6,172 < 0,001 3,927 2,390 à 6,453 < 0,001
Figure 1. Rapports de risque relatif ajustés pour les troubles de l’humeur, les troubles d’anxiété et les troubles comorbides chez les Canadiens, ESCC, 2019-2020
Figure 1. La version textuelle suit.
Figure 1 : Texte descriptif
Rapports de risque relatif ajustés pour les troubles de l’humeur, les troubles d’anxiété et les troubles comorbides chez les Canadiens, ESCC, 2019-2020
Variable Résultat RRRa Limite inférieure de l’IC Limite supérieure de l’IC
Sexe : Féminin (réf. : Masculin) Troubles de l’humeur uniquement 1,688 1,487 1,916
Sexe : Féminin (réf. : Masculin) Troubles d’anxiété uniquement 1,956 1,712 2,234
Sexe : Féminin (réf. : Masculin) Troubles comorbides 2,284 1,951 2,673
Âge : 18 à 34 ans (réf. : 65 ans et plus) Troubles de l’humeur uniquement 1,586 1,269 1,982
Âge : 18 à 34 ans (réf. : 65 ans et plus) Troubles d’anxiété uniquement 3,036 2,441 3,776
Âge : 18 à 34 ans (réf. : 65 ans et plus) Troubles comorbides 9,311 7,134 12,153
Âge : 35 à 49 ans (réf. : 65 ans et plus) Troubles de l’humeur uniquement 1,653 1,349 2,027
Âge : 35 à 49 ans (réf. : 65 ans et plus) Troubles d’anxiété uniquement 2,350 1,923 2,872
Âge : 35 à 49 ans (réf. : 65 ans et plus) Troubles comorbides 5,319 4,157 6,804
Âge : 50 à 64 ans (réf. : 65 ans et plus) Troubles de l’humeur uniquement 1,612 1,371 1,895
Âge : 50 à 64 ans (réf. : 65 ans et plus) Troubles d’anxiété uniquement 1,457 1,228 1,730
Âge : 50 à 64 ans (réf. : 65 ans et plus) Troubles comorbides 3,013 2,454 3,700
Peuples autochtones : Oui (réf. : Non) Troubles de l’humeur uniquement 1,154 0,856 1,538
Peuples autochtones : Oui (réf. : Non) Troubles d’anxiété uniquement 1,181 0,880 1,585
Peuples autochtones : Oui (réf. : Non) Troubles comorbides 1,410 1,048 1,896
Immigration: Né au Canada (réf. : Immigrant) Troubles de l’humeur uniquement 1,723 1,414 2,099
Immigration: Né au Canada (réf. : Immigrant) Troubles d’anxiété uniquement 1,701 1,355 2,136
Immigration: Né au Canada (réf. : Immigrant) Troubles comorbides 1,984 1,544 2,551
Appartenance à un groupe racisé : Oui (réf. : Non) Troubles de l’humeur uniquement 0,525 0,410 0,671
Appartenance à un groupe racisé : Oui (réf. : Non) Troubles d’anxiété uniquement 0,478 0,354 0,645
Appartenance à un groupe racisé : Oui (réf. : Non) Troubles comorbides 0,423 0,308 0,581
État matrimonial : Célibataire (réf. : Marié/conjoint de fait) Troubles de l’humeur uniquement 1,313 1,139 1,513
État matrimonial : Célibataire (réf. : Marié/conjoint de fait) Troubles d’anxiété uniquement 1,156 1,004 1,331
État matrimonial : Célibataire (réf. : Marié/conjoint de fait) Troubles comorbides 1,415 1,230 1,628
Éducation : Diplôme d’études secondaires (réf. : < Enseignement secondaire) Troubles de l’humeur uniquement 1,207 0,944 1,542
Éducation : Diplôme d’études secondaires (réf. : < Enseignement secondaire) Troubles d’anxiété uniquement 0,874 0,681 1,121
Éducation : Diplôme d’études secondaires (réf. : < Enseignement secondaire) Troubles comorbides 1,394 1,049 1,853
Éducation : Diplôme d’études postsecondaires (réf. : < Enseignement secondaire) Troubles de l’humeur uniquement 1,473 1,179 1,841
Éducation : Diplôme d’études postsecondaires (réf. : < Enseignement secondaire) Troubles d’anxiété uniquement 1,062 0,858 1,315
Éducation : Diplôme d’études postsecondaires (réf. : < Enseignement secondaire) Troubles comorbides 1,456 1,108 1,913
Région : Île-du-Prince-Édouard (réf. : Ontario) Troubles de l’humeur uniquement 1,140 0,778 1,672
Région : Île-du-Prince-Édouard (réf. : Ontario) Troubles d’anxiété uniquement 1,019 0,638 1,626
Région : Île-du-Prince-Édouard (réf. : Ontario) Troubles comorbides 1,225 0,818 1,834
Région : Nouvelle-Écosse (réf. : Ontario) Troubles de l’humeur uniquement 1,451 1,102 1,909
Région : Nouvelle-Écosse (réf. : Ontario) Troubles d’anxiété uniquement 1,305 1,001 1,700
Région : Nouvelle-Écosse (réf. : Ontario) Troubles comorbides 1,547 1,139 2,102
Région : Nouveau-Brunswick (réf. : Ontario) Troubles de l’humeur uniquement 0,998 0,712 1,399
Région : Nouveau-Brunswick (réf. : Ontario) Troubles d’anxiété uniquement 1,263 0,947 1,686
Région : Nouveau-Brunswick (réf. : Ontario) Troubles comorbides 1,015 0,654 1,575
Région : Québec (réf. : Ontario) Troubles de l’humeur uniquement 0,799 0,660 0,968
Région : Québec (réf. : Ontario) Troubles d’anxiété uniquement 1,133 0,957 1,340
Région : Québec (réf. : Ontario) Troubles comorbides 0,462 0,368 0,581
Région : Terre-Neuve-et-Labrador (réf. : Ontario) Troubles de l’humeur uniquement 1,039 0,737 1,463
Région : Terre-Neuve-et-Labrador (réf. : Ontario) Troubles d’anxiété uniquement 1,325 0,913 1,923
Région : Terre-Neuve-et-Labrador (réf. : Ontario) Troubles comorbides 1,040 0,673 1,608
Région : Manitoba (réf. : Ontario) Troubles de l’humeur uniquement 1,130 0,864 1,476
Région : Manitoba (réf. : Ontario) Troubles d’anxiété uniquement 0,914 0,681 1,227
Région : Manitoba (réf. : Ontario) Troubles comorbides 0,736 0,554 0,978
Région : Saskatchewan (réf. : Ontario) Troubles de l’humeur uniquement 1,591 1,228 2,062
Région : Saskatchewan (réf. : Ontario) Troubles d’anxiété uniquement 1,064 0,751 1,508
Région : Saskatchewan (réf. : Ontario) Troubles comorbides 1,016 0,716 1,443
Région : Alberta (réf. : Ontario) Troubles de l’humeur uniquement 1,241 1,036 1,486
Région : Alberta (réf. : Ontario) Troubles d’anxiété uniquement 0,875 0,707 1,082
Région : Alberta (réf. : Ontario) Troubles comorbides 1,016 0,815 1,267
Région : Colombie-Britannique (réf. : Ontario) Troubles de l’humeur uniquement 1,046 0,863 1,269
Région : Colombie-Britannique (réf. : Ontario) Troubles d’anxiété uniquement 0,993 0,799 1,234
Région : Colombie-Britannique (réf. : Ontario) Troubles comorbides 0,912 0,734 1,133
Revenu du ménage : Moins de 20 000 $ (réf. : 80 000 $) Troubles de l’humeur uniquement 1,659 1,306 2,106
Revenu du ménage : Moins de 20 000 $ (réf. : 80 000 $) Troubles d’anxiété uniquement 1,571 1,176 2,098
Revenu du ménage : Moins de 20 000 $ (réf. : 80 000 $) Troubles comorbides 1,872 1,479 2,369
Revenu du ménage : 20 000 $ à 39 999 $ (réf. : 80 000 $) Troubles de l’humeur uniquement 1,197 0,974 1,471
Revenu du ménage : 20 000 $ à 39 999 $ (réf. : 80 000 $) Troubles d’anxiété uniquement 1,176 0,953 1,452
Revenu du ménage : 20 000 $ à 39 999 $ (réf. : 80 000 $) Troubles comorbides 1,262 1,005 1,583
Revenu du ménage : 40 000 $ à 59 999 $ (réf. : 80 000 $) Troubles de l’humeur uniquement 1,250 1,036 1,509
Revenu du ménage : 40 000 $ à 59 999 $ (réf. : 80 000 $) Troubles d’anxiété uniquement 1,114 0,917 1,352
Revenu du ménage : 40 000 $ à 59 999 $ (réf. : 80 000 $) Troubles comorbides 1,359 1,086 1,700
Revenu du ménage : 60 000 $ à 79 999 $ (réf. : 80 000 $) Troubles de l’humeur uniquement 1,283 1,062 1,550
Revenu du ménage : 60 000 $ à 79 999 $ (réf. : 80 000 $) Troubles d’anxiété uniquement 1,245 1,022 1,517
Revenu du ménage : 60 000 $ à 79 999 $ (réf. : 80 000 $) Troubles comorbides 1,173 0,943 1,459
Santé perçue : Très bonne (réf. : Excellente) Troubles de l’humeur uniquement 1,783 1,398 2,274
Santé perçue : Très bonne (réf. : Excellente) Troubles d’anxiété uniquement 1,550 1,270 1,892
Santé perçue : Très bonne (réf. : Excellente) Troubles comorbides 2,681 1,944 3,696
Santé perçue : Bonne (réf. : Excellente) Troubles de l’humeur uniquement 3,177 2,481 4,069
Santé perçue : Bonne (réf. : Excellente) Troubles d’anxiété uniquement 2,358 1,912 2,910
Santé perçue : Bonne (réf. : Excellente) Troubles comorbides 7,038 5,142 9,632
Santé perçue : Passable (réf. : Excellente) Troubles de l’humeur uniquement 4,832 3,605 6,477
Santé perçue : Passable (réf. : Excellente) Troubles d’anxiété uniquement 3,182 2,410 4,203
Santé perçue : Passable (réf. : Excellente) Troubles comorbides 12,874 9,058 18,297
Santé perçue : Mauvaise (réf. : Excellente) Troubles de l’humeur uniquement 4,422 3,082 6,345
Santé perçue : Mauvaise (réf. : Excellente) Troubles d’anxiété uniquement 2,632 1,883 3,679
Santé perçue : Mauvaise (réf. : Excellente) Troubles comorbides 14,688 9,908 21,775
Douleur : Douleur ou malaise habituels (réf. : Pas de douleur) Troubles de l’humeur uniquement 1,392 1,219 1,590
Douleur : Douleur ou malaise habituels (réf. : Pas de douleur) Troubles d’anxiété uniquement 1,382 1,204 1,586
Douleur : Douleur ou malaise habituels (réf. : Pas de douleur) Troubles comorbides 1,364 1,168 1,592
Nombre de maladies physiques chroniques : 1 (réf. : 0) Troubles de l’humeur uniquement 1,290 1,086 1,532
Nombre de maladies physiques chroniques : 1 (réf. : 0) Troubles d’anxiété uniquement 1,320 1,117 1,560
Nombre de maladies physiques chroniques : 1 (réf. : 0) Troubles comorbides 1,417 1,159 1,731
Nombre de maladies physiques chroniques : 2 (réf. : 0) Troubles de l’humeur uniquement 1,336 1,094 1,632
Nombre de maladies physiques chroniques : 2 (réf. : 0) Troubles d’anxiété uniquement 1,412 1,143 1,745
Nombre de maladies physiques chroniques : 2 (réf. : 0) Troubles comorbides 1,707 1,295 2,251
Nombre de maladies physiques chroniques : 3 ou plus (réf. : 0) Troubles de l’humeur uniquement 1,542 1,227 1,939
Nombre de maladies physiques chroniques : 3 ou plus (réf. : 0) Troubles d’anxiété uniquement 1,643 1,310 2,062
Nombre de maladies physiques chroniques : 3 ou plus (réf. : 0) Troubles comorbides 1,937 1,425 2,633
Besoins non satisfaits en matière de soins de santé : Oui (réf. : Non) Troubles de l’humeur uniquement 1,268 0,991 1,622
Besoins non satisfaits en matière de soins de santé : Oui (réf. : Non) Troubles d’anxiété uniquement 1,264 1,001 1,595
Besoins non satisfaits en matière de soins de santé : Oui (réf. : Non) Troubles comorbides 2,296 1,710 3,083
Sentiment d’appartenance : Plus ou moins fort (réf. : Très fort) Troubles de l’humeur uniquement 0,984 0,823 1,178
Sentiment d’appartenance : Plus ou moins fort (réf. : Très fort) Troubles d’anxiété uniquement 0,852 0,714 1,017
Sentiment d’appartenance : Plus ou moins fort (réf. : Très fort) Troubles comorbides 1,182 0,940 1,487
Sentiment d’appartenance : Plus ou moins faible (réf. : Très fort) Troubles de l’humeur uniquement 1,241 1,013 1,520
Sentiment d’appartenance : Plus ou moins faible (réf. : Très fort) Troubles d’anxiété uniquement 0,877 0,715 1,075
Sentiment d’appartenance : Plus ou moins faible (réf. : Très fort) Troubles comorbides 1,563 1,229 1,988
Sentiment d’appartenance : Très faible (réf. : Très fort) Troubles de l’humeur uniquement 1,313 1,024 1,683
Sentiment d’appartenance : Très faible (réf. : Très fort) Troubles d’anxiété uniquement 1,178 0,902 1,539
Sentiment d’appartenance : Très faible (réf. : Très fort) Troubles comorbides 2,221 1,703 2,895
Satisfaction à l’égard de la vie : Satisfait (réf. : Très satisfait) Troubles de l’humeur uniquement 1,655 1,386 1,977
Satisfaction à l’égard de la vie : Satisfait (réf. : Très satisfait) Troubles d’anxiété uniquement 1,248 1,074 1,450
Satisfaction à l’égard de la vie : Satisfait (réf. : Très satisfait) Troubles comorbides 1,879 1,502 2,350
Satisfaction à l’égard de la vie : Ni satisfait ni insatisfait (réf. : Très satisfait) Troubles de l’humeur uniquement 2,280 1,752 2,968
Satisfaction à l’égard de la vie : Ni satisfait ni insatisfait (réf. : Très satisfait) Troubles d’anxiété uniquement 1,658 1,207 2,279
Satisfaction à l’égard de la vie : Ni satisfait ni insatisfait (réf. : Très satisfait) Troubles comorbides 3,874 2,844 5,275
Satisfaction à l’égard de la vie : Insatisfait (réf. : Très satisfait) Troubles de l’humeur uniquement 3,926 2,889 5,337
Satisfaction à l’égard de la vie : Insatisfait (réf. : Très satisfait) Troubles d’anxiété uniquement 1,644 1,112 2,430
Satisfaction à l’égard de la vie : Insatisfait (réf. : Très satisfait) Troubles comorbides 5,157 3,648 7,289
Satisfaction à l’égard de la vie : Très insatisfait (réf. : Très satisfait) Troubles de l’humeur uniquement 2,906 1,638 5,156
Satisfaction à l’égard de la vie : Très insatisfait (réf. : Très satisfait) Troubles d’anxiété uniquement 0,797 0,452 1,404
Satisfaction à l’égard de la vie : Très insatisfait (réf. : Très satisfait) Troubles comorbides 4,819 2,821 8,232
Stress de vie perçu : Vie pas très stressante (réf. : Vie pas du tout stressante) Troubles de l’humeur uniquement 1,184 0,904 1,551
Stress de vie perçu : Vie pas très stressante (réf. : Vie pas du tout stressante) Troubles d’anxiété uniquement 1,803 1,385 2,348
Stress de vie perçu : Vie pas très stressante (réf. : Vie pas du tout stressante) Troubles comorbides 1,144 0,724 1,807
Stress de vie perçu : Vie un peu stressante (réf. : Vie pas du tout stressante) Troubles de l’humeur uniquement 1,770 1,376 2,276
Stress de vie perçu : Vie un peu stressante (réf. : Vie pas du tout stressante) Troubles d’anxiété uniquement 2,446 1,902 3,145
Stress de vie perçu : Vie un peu stressante (réf. : Vie pas du tout stressante) Troubles comorbides 2,205 1,467 3,313
Stress de vie perçu : Vie assez stressante (réf. : Vie pas du tout stressante) Troubles de l’humeur uniquement 2,340 1,789 3,061
Stress de vie perçu : Vie assez stressante (réf. : Vie pas du tout stressante) Troubles d’anxiété uniquement 3,620 2,769 4,733
Stress de vie perçu : Vie assez stressante (réf. : Vie pas du tout stressante) Troubles comorbides 3,447 2,272 5,229
Stress de vie perçu : Vie extrêmement stressante (réf. : Vie pas du tout stressante) Troubles de l’humeur uniquement 2,856 1,981 4,116
Stress de vie perçu : Vie extrêmement stressante (réf. : Vie pas du tout stressante) Troubles d’anxiété uniquement 4,228 2,896 6,172
Stress de vie perçu : Vie extrêmement stressante (réf. : Vie pas du tout stressante) Troubles comorbides 3,927 2,390 6,453

L’âge s’est révélé fortement associé aux résultats en matière de santé mentale : les jeunes adultes (18 à 34 ans) présentaient un risque plus de trois fois plus élevé de troubles d’anxiété (RRRa = 3,036; IC à 95 % : 2,441 à 3,776) et un risque plus de neuf fois plus élevé de troubles comorbides (9,311; 7,134 à 12,153) que les aînés (≥ 65 ans). Les adultes de 35 à 64 ans présentaient également des risques plus élevés pour tous les résultats, mais dans une moindre mesure que les adultes plus jeunes.

Nous avons testé un terme exploratoire d’interaction âge-sexe dans le modèle multinomial : le test de Wald global n’était pas statistiquement significatif (χ²(12) = 7,82; p = 0,80), ce qui indique que les associations entre le sexe et les résultats en matière de santé mentale ne différaient pas de manière significative entre les groupes d’âge, contrairement aux résultats de la surveillance canadienne antérieure qui indiquaient un fardeau de santé men­tale plus élevé chez les jeunes femmesNote de bas de page 3.

L’identité autochtone a été associée à un plus grand nombre de troubles comorbides (RRRa = 1,410; IC à 95 % : 1,048 à 1,896), mais ni à des troubles de l’humeur seuls, ni à des troubles d’anxiété seuls. Les répondants nés au Canada présentaient des risques plus élevés que les immigrants, en particulier pour les troubles comorbides (1,984; 1,544 à 2,551). Les répondants appartenant à un groupe racisé étaient significativement moins susceptibles que les répondants n’appartenant pas à un groupe racisé de déclarer des troubles de l’humeur seuls (0,525; 0,410 à 0,671), des troubles d’anxiété (0,478; 0,354 à 0,645) et des troubles comorbides (0,423; 0,308 à 0,581). Les répondants célibataires présentaient des risques plus élevés que les répondants mariés ou vivant en union libre pour tous les résultats.

Par rapport aux répondants n’ayant pas terminé leurs études secondaires, les diplômés de l'enseignement supérieur présentaient un risque plus élevé de troubles de l’humeur (RRRa = 1,473; IC à 95 % : 1,179 à 1,841) et de troubles comorbides (1,456; 1,108 à 1,913). Les diplômés de l’enseignement secondaire présentaient un risque significativement plus élevé de troubles comorbides (1,394; 1,049 à 1,853).

Les différences régionales dans les risques de troubles de l’humeur ou d’anxiété étaient significatives dans cinq provinces. Par rapport à ceux de l’Ontario, les répondants de la Saskatchewan (RRRa = 1,591; IC à 95 % : 1,228 à 2,062) et de l’Alberta (1 241; 1,036 à 1,486) ont affiché un risque plus élevé pour les troubles de l’humeur seuls. Ceux de Nouvelle-Écosse présentaient un risque plus élevé de troubles comorbides (1,547; 1,139 à 2,102) et de troubles d’anxiété seuls (1,305; 1,001 à 1,700). Inversement, les répondants du Québec présentaient des risques plus faibles pour les troubles de l’humeur seuls (0,799; 0,660 à 0,968) et les troubles comorbides (0,462; 0,368 à 0,581) et ceux du Manitoba avaient un risque plus faible de troubles comorbides (0,736; 0,554 à 0,978). En raison de la taille très réduite des cellules, nous ne présentons pas les estimations pour les territoires.

Un revenu plus faible a été associé à des risques plus élevés, en particulier pour les personnes ayant un revenu inférieur à 20 000 CAD (risque le plus élevé pour toutes les catégories de troubles). Les effets d’un revenu moyen étaient mitigés et souvent non significatifs pour les personnes diagnostiquées comme souffrant de troubles d’anxiété seuls.

Une santé perçue comme mauvaise a montré un fort gradient, plus important pour les troubles comorbides (RRRa de 2,681 [IC à 95 % : 1,944 à 3,696] pour une santé perçue comme très bonne à 14,688 [9,908 à 21,775] pour une santé perçue comme mauvaise). Le fait de ressentir une douleur ou un malaise habituels a été associé à un risque plus élevé de troubles de l’humeur (1,392; 1,219 à 1,590), de troubles d’anxiété (1,382; 1,204 à 1,586) et de troubles comorbides (1,364; 1,168 à 1,592). Le risque augmentait avec le nombre de maladies chroniques coexistantes. En effet, la présence de trois maladies ou plus a été associée à des risques plus élevés pour les troubles de l’humeur (1,542; 1,227 à 1,939), les troubles d’anxiété (1,643; 1,310 à 2,062) et les troubles comorbides (1,937; 1,425 à 2,633). Le fait d’avoir des besoins non satisfaits en matière de soins de santé a été associé aux troubles comorbides (2,296; 1,710 à 3,083) et aux troubles d’anxiété seuls (1,264; 1,001 à 1,595), mais pas aux troubles de l’humeur seuls.

Les facteurs psychosociaux ont été fortement associés aux résultats. Les répondants qui ont déclaré un très faible sentiment d’appartenance à la communauté avaient des risques plus élevés de troubles de l’humeur seuls (RRRa = 1,313; IC à 95 % : 1,024 à 1,683) et de troubles comorbides (2,221; 1,703 à 2,895) que ceux qui ont déclaré un très fort sentiment d’appartenance à la communauté. La satisfaction à l’égard de la vie a été fortement associée aux résultats en matière de santé mentale. Par rapport aux répondants très satisfaits de leur vie, des niveaux de satisfaction de plus en plus faibles ont été associés à des risques plus élevés de troubles de l’humeur et de troubles comorbides avec une relation dose-réponse claire. Nous avons relevé des associations avec les troubles d’anxiété, mais elles étaient généralement plus faibles et moins cohérentes.

Le stress de vie perçu a offert une relation dose-effet claire avec les résultats en matière de santé mentale. Des niveaux de stress croissants ont été associés à des risques progressivement plus élevés de troubles d’anxiété et de troubles comorbides, pour lesquels nous avons observé les associations les plus fortes chez les répondants ayant déclaré un stress extrême. Les associations avec les troubles de l’humeur étaient plus faibles lorsque le niveau de stress était faible, mais elles devenaient plus prononcées lorsque le niveau de stress perçu était moyen ou élevé.

Analyse

Cette étude dresse un profil prépandémique des facteurs associés aux troubles de l’humeur, aux troubles d’anxiété et aux troubles comorbides de l’humeur et d’anxiété chez les adolescents (12 ans et plus) et les adultes au Canada, à l’aide de données représentatives au niveau national de l’ESCC de 2019 et de 2020. Nous avons constaté que 4,17 % des répondants ont déclaré avoir reçu un diagnostic clinique de trouble de l’humeur, 4,99 % un diagnostic de trouble d’anxiété et 4,85 % un diagnostic de troubles comorbides. Si la prévalence des troubles de l’humeur et d’anxiété est globalement cohérente avec les recherches antérieuresNote de bas de page 16, une prévalence de troubles comorbides de même importance souligne l’importance clinique et de santé publique des problèmes mentaux concomitants.

Nos résultats corroborent des modèles sociodémographiques bien établis. Les femmes ont présenté des risques relatifs significativement plus élevés que les hommes pour tous les résultats en matière de santé mentale, l’association la plus forte correspondant aux troubles comorbides (RRRa de 2,28 contre 1,69 pour les troubles de l’humeur seuls et 1,96 pour les troubles d’anxiété seuls). Ces résultats sont cohérents avec les données canadiennes et mondiales montrant une plus grande prévalence des troubles de l’humeur et d’anxiété chez les femmesNote de bas de page 3Note de bas de page 21. Parmi les causes probables, on peut citer les différences biologiques dans la régulation du stress, une plus grande exposition aux facteurs de stress interpersonnels et des normes genrées en matière d’expression émotionnelle et de recherche d’aide. Les responsabilités disproportionnées en matière de soins et les désavantages socioéconomiques liés au genre peuvent encore accroître le stress chronique et le risque de comorbiditéNote de bas de page 22. En revanche, la prévalence plus faible signalée chez les hommes peut en partie refléter un sous-diagnostic et une réticence à divulguer la détresse en raison des normes relatives au stoïcisme et à l’autosuffisanceNote de bas de page 16. Considérés dans leur ensemble, ces modèles suggèrent que les déterminants sociaux et structurels liés au genre s’entrecroisent avec la biologie pour façonner les disparités en matière de santé mentale.

Les adultes, en particulier ceux de 18 à 34 ans, ont présenté des risques nettement plus élevés que ceux des aînés (≥ 65 ans) pour les troubles d’anxiété seuls et de troubles comorbides, avec un risque de comorbidité saisissant, de près de neuf fois plus élevé. Ces résultats concordent avec ceux d’études canadiennes et internationales antérieures et reflètent probablement les différences liées à l’âge dans l’exposition au stress, les pressions socioéconomiques, les ressources d’adaptation et la recherche d’aideNote de bas de page 18Note de bas de page 19. Les résultats soulignent également la nécessité d’offrir aux jeunes et aux jeunes adultes un soutien en matière de santé mentale qui soit adapté à leur âge et qui comporte peu d’obstacles (p. ex. des services sur les campus, des soins virtuels adaptés aux jeunes, des conseils brefs).

Les personnes s’étant identifiées comme autochtones ont présenté un risque plus élevé de troubles mentaux comorbides (RRRa = 1,41), ce qui est cohérent avec les résultats de recherches antérieuresNote de bas de page 34 et reflète probablement les effets durables du colonialisme, des traumatismes intergénérationnels, des inégalités systémiques et des déterminants sociaux de la santé sous-jacents comme la pauvreté, l’insécurité en matière de logement et l’accès limité à des soins culturellement sûrsNote de bas de page 35. Cependant, l’ESCC exclut les personnes vivant dans les réserves, dans les établissements autochtones et dans de nombreuses collectivités éloignées, ainsi que dans les institutionsNote de bas de page 31, ce qui signifie probablement que nos résultats sous-estiment le véritable fardeau des troubles mentaux au sein des populations autochtones. Puisque les enquêtes sociodémographiques ne peuvent pas saisir pleinement les déterminants à long terme et structurels de la santé mentale des personnes autochtones, nous devons mener la surveillance nationale et la planification des services en partenariat avec les organisations autochtones de manière à respecter la souveraineté des données autochtones et à soutenir la prestation de soins adaptés à la culture par chaque communauté.

Les répondants nés au Canada ont présenté des risques plus élevés que les immigrants dans toutes les dimensions de la santé mentale. Bien que cette tendance soit souvent décrite comme cohérente avec l’« effet de la bonne santé des immigrants »Note de bas de page 36Note de bas de page 37Note de bas de page 38, nous devons interpréter son applicabilité aux résultats en matière de santé mentale avec prudence. La prévalence plus faible observée chez les immigrants peut être le reflet d’une sous-utilisation des services de santé mentale, de stigmatisation liée à la recherche d’aide et d’obstacles à l’accès aux soins plutôt que de véritables différences dans le fardeau sous-jacent de la santé mentaleNote de bas de page 39Note de bas de page 40Note de bas de page 41. En outre, les risques pour la santé mentale varient considérablement d’un groupe d’immigrants à l’autre, les réfugiés et les personnes ayant vécu une migration forcée étant potentiellement plus exposés que ne le suggèrent les catégories regroupées d’immigrantsNote de bas de page 42Note de bas de page 43.

Les répondants appartenant à un groupe racisé ont présenté des risques relatifs plus faibles pour les troubles de l’humeur, les troubles d’anxiété et les maladies comorbides (RRRa = 0,423 à 0,525). Bien que cela puisse être le reflet de réseaux de soutien culturels ou familiaux protecteurs qui atténuent la détresse psychologique, il convient également de l’interpréter avec prudence. Une prévalence plus faible parmi les populations racisées peut également résulter d’un sous-diagnostic et d’une sous-déclaration liés à la stigmatisation, à un accès limité à des services culturellement sûrs et à des obstacles à l’évaluation de la santé mentaleNote de bas de page 44Note de bas de page 45. Le fichier à grande diffusion de l’ESCC regroupe les différentes identités raciales en un indicateur binaire de « minorité visible », ce qui masque l’hétérogénéité et vraisemblablement les disparités entre groupes racisés spécifiquesNote de bas de page 46. Ces résultats renforcent le besoin d’analyses désagrégées par race, ethnicité et statut vis-à-vis de l’immigration et de mesures adaptées à la culture.

La relation à la scolarité est plus complexe. Le fait d’avoir terminé des études postsecondaires a été associé à un risque accru de troubles de l’humeur et de maladies comorbides, mais pas de troubles d’anxiété. Cela n’est pas tout à fait cohérent avec les travaux antérieurs qui suggéraient un effet protecteur direct de la scolarité sur la santé mentaleNote de bas de page 11, mais ces résultats s’alignent sur les études finlandaises et canadiennes qui n’ont pas relevé d’effet protecteur systématique de l’enseignement supérieur contre les troubles d’anxiétéNote de bas de page 19Note de bas de page 47. Une explication plausible est que les personnes ayant un niveau de scolarité plus élevé peuvent avoir une meilleure connaissance de la santé mentale, un meilleur accès aux soins primaires et plus d’occasions de recevoir et de déclarer un diagnostic formel de dépression ou de trouble de l’humeur. À l’inverse, les tensions entre le travail et la famille, l’insécurité d’emploi sur les marchés du travail intellectuel et le stress professionnel chronique peuvent contribuer à des symptômes de l’humeur en dépit d’un niveau de scolarité plus élevé.

Nous avons observé des différences entre les provinces : par rapport à l’Ontario, la Saskatchewan a présenté le risque ajusté le plus élevé pour les troubles de l’humeur et la Nouvelle-Écosse pour les maladies comorbides, tandis que le Québec a présenté des risques plus faibles pour la plupart des résultats, ce qui correspond aux résultats de recherches antérieuresNote de bas de page 3Note de bas de page 17. Ces tendances reflètent probablement des facteurs contextuels non mesurés, notamment l’attachement aux soins primaires et l’organisation des services (p. ex. la disponibilité des soins par palier, le temps d’attente, l’accès en milieu rural), les contextes politiques et sociaux (revenu, logement, soutien à l’emploi) et les pratiques de recherche d’aide ou de diagnostic (littératie, stigmatisation, dépistage, facturation/codage). Ces facteurs peuvent être particulièrement importants pour la comorbidité, qui requiert souvent un cheminement clinique plus coordonné.

Un revenu familial plus faible a été positivement associé à tous les résultats en matière de santé mentale, même après ajustement, ce qui est cohérent avec les données probantes associant les désavantages socioéconomiques à la dépression et à l’anxiétéNote de bas de page 48Note de bas de page 49Note de bas de page 50Note de bas de page 51. Nos résultats soulignent la persistance de l’importance des facteurs socioéconomiques dans les disparités en matière de santé mentale et suggèrent que le revenu reste un élément pertinent pour l’élaboration de stratégies de prévention et d’intervention ciblées.

Enfin, plusieurs facteurs liés à la santé et psychosociaux, soit une santé perçue comme mauvaise et la douleur chronique, la multimorbidité, des besoins non satisfaits en matière de soins de santé, une insatisfaction à l’égard de la vie et un stress plus élevé, ont été fortement associés à tous les résultats. Une santé perçue comme mauvaise a été le facteur le plus fortement associé aux troubles comorbides, ce qui suggère une charge symptomatique globale plus lourde et une capacité perçue d’autogestion plus faible. Les besoins non satisfaits en matière de soins de santé peuvent être le reflet d’obstacles structurels et liés à la stigmatisation qui empêchent d’obtenir rapidement des soins de santé mentaleNote de bas de page 24Note de bas de page 52Note de bas de page 53.

Un faible sentiment d’appartenance à la communauté a été associé à des risques plus élevés de troubles de l’humeur et de troubles comorbides, ce qui concorde avec des travaux antérieurs établissant un lien entre un faible sentiment d’appartenance à la communauté et une moins bonne santé mentale ainsi qu’un risque plus élevé de dépressionNote de bas de page 54Note de bas de page 55. Plutôt qu’un trait individuel, un faible sentiment d’appartenance à la communauté peut être le signe d’une déconnexion structurelle causée par la pauvreté, l’exclusion et la discrimination, qui mine la cohésion sociale et la résilience. Des analyses à grande échelle de l’ESCC ont également montré une relation inverse entre la satisfaction à l’égard de la vie et la maladie mentale, indépendamment du revenu, de la santé ou du sexeNote de bas de page 28Note de bas de page 29.

Dans l’ensemble, ces modèles sont cohérents avec les déterminants sociaux de la santé et les cadres socioécologiquesNote de bas de page 56Note de bas de page 57 pour lesquels l’appartenance à une communauté, le stress et la satisfaction à l’égard de la vie reflètent les contextes sociaux et environnementaux en amont qui façonnent l’exposition et l’adaptation à la détresse psychologique. Nous interprétons donc ces mesures psychosociales comme des marqueurs et des médiateurs potentiels du désavantage accumulé, et non comme de simples attributs individuels. Bien que la conception transversale ne permette pas d’affirmations causales, ce cadre aide à expliquer pourquoi les associations sont les plus fortes pour la comorbidité et suggère que l’établissement de liens entre les soutiens sociaux (comme l’aide au revenu, le logement et les programmes de connexion communautaire tels que les initiatives de prescription de soutien social) et les soins cliniques peut s’avérer particulièrement pertinent pour les personnes ayant des besoins multiples et concomitants.

Points forts et limites

Cette étude a utilisé l’ESCC, une vaste enquête représentative à l’échelle nationale, pour mesurer les associations au niveau de la population entre les facteurs sociodémographiques, socioéconomiques, psychosociaux et liés à la santé et les troubles de l’humeur et de l’anxiété chez les personnes vivant au Canada. Bien que les données aient été recueillies avant la pandémie de COVID-19 et qu’elles ne reflètent peut-être pas les tendances actuelles en matière de santé mentale, elles donnent un aperçu utile de la santé mentale avant la pandémie et peuvent servir de point de comparaison pour de futures études. Cette analyse offre une compréhension nuancée des corrélats partagés et spécifiques en distinguant les troubles de l’humeur, les troubles d’anxiété et les résultats comorbides et en appliquant des poids d’enquête et des poids bootstrap.

Plusieurs limites sont à noter. L’ESCC sous-estime probablement le fardeau réel des troubles de l’humeur et d’anxiété parce qu’elle s’appuie sur l’autodéclaration de maladies diagnostiquées par des professionnels et exclut les cas non diagnostiqués ou non divulgués. Sa conception transversale exclut toute inférence causale. L’enquête exclut également les personnes vivant dans des réserves, dans des régions éloignées et en institution, ce qui peut entraîner une sous-représentation de groupes de population confrontés à des inégalités structurelles. En outre, le fichier à grande diffusion regroupe les diverses identités racisées en une variable binaire « minorité visible », ce qui masque l’hétérogénéité entre ces groupes. Des facteurs importants tels que les antécédents familiaux n’étaient pas disponibles.

Enfin, plusieurs covariables (en particulier santé perçue, multimorbidité, stress, satisfaction à l’égard de la vie) peuvent agir comme médiateurs plutôt que comme prédicteurs indépendants : on doit donc interpréter les estimations ajustées comme des associations conditionnelles. De futures études longitudinales et de jumelage pourraient valider les auto-évaluations, évaluer la temporalité et mieux cerner les besoins en matière de santé mentale des populations exclues et marginalisées.

Conclusion

Cette étude révèle les associations communes et spécifiques des troubles de l’humeur, des troubles d’anxiété et de leur comorbidité au Canada. Nous avons observé un risque relatif plus élevé chez les jeunes adultes, les femmes et les personnes à faible revenu, une santé perçue moins bonne, une multimorbidité, des besoins non satisfaits en matière de soins de santé et des profils psychosociaux défavorables (insatisfaction à l’égard de la vie, faible sentiment d’appartenance à la communauté, stress plus élevé). Les personnes souffrant de troubles de l’humeur et d’anxiété comorbides ont présenté le fardeau global le plus lourd en matière d’indicateurs cliniques et sociaux. Bien que ces tendances ne soient pas causales, elles peuvent éclairer la planification des services : des aides adaptées à l’âge et faciles d’accès pour les jeunes et les jeunes adultes, des approches adaptées à la culture et dirigées par la collectivité pour les populations autochtones ainsi que des modèles de soins qui associent les soutiens sociaux (soutien du revenu, soutien au logement, programmes de connexion communautaire, etc.) aux services cliniques pour les personnes qui signalent des besoins non satisfaits ou un isolement social. Des soins coordonnés, en équipe et culturellement sûrs (comme des soins collaboratifs ou par palier) dans les environnements primaires et communautaires peuvent être particulièrement pertinents pour les personnes souffrant de maladies concomitantes. Garantir un accès aux soins qui soit rapide, équitable et adapté à la culture reste une priorité essentielle.

Remerciements

Nous remercions du fond du cœur le rédacteur en chef, le rédacteur en chef adjoint et les deux évaluateurs anonymes pour leurs commentaires constructifs et perspicaces, qui ont permis d’améliorer considérablement la clarté et la rigueur de ce manuscrit. Nous sommes également reconnaissantes à l’égard de Joanna Odrowaz, réviseure du manuscrit en anglais, et d’Anna Olivier, réviseure du manuscrit en français, pour leur révision approfondie, réfléchie et extrêmement précieuse.

Financement

Ce travail a été soutenu par Research Nova Scotia dans le cadre du New Health Investigator Grant.

Conflits d’intérêts

Les auteures déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts.

Contributions des auteures et avis

  • FH : conception, méthodologie, préparation des données, analyse formelle, rédaction – première version du manuscrit, rédaction – relectures et corrections.
  • CF : conception, méthodologie, préparation des données, analyse formelle, présentation visuelle, acquisition de financements, administration du projet, supervision, validation, rédaction – relectures et corrections.

Les auteures ont lu et approuvé le manuscrit définitif et acceptent d’être responsables de tous les aspects du travail.

Le contenu et les points de vue exprimés dans cet article sont ceux des auteures et ne reflètent pas nécessairement ceux du gouvernement du Canada.

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2026-05-13

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