Considérations pour l'évaluation des risques : Personne en quarantaine qui développe des symptômes lors de l'éclosion de la maladie Ebola causée par le virus Bundibugyo de 2026
Dernière mise à jour : 28 août 2026
Sur cette page
- Objectif
- Principes directeurs
- Considérations pour l'évaluation des risques
- Annexe 1: Symptômes et signes compatibles avec la maladie Ebola
- Annexe 2: Expositions connue, probable ou possible au virus Bundibugyo
- Notes de bas de page
Objectif
La ressource suivante est destinée à aider les professionnels de la santé et les autorités de santé publique qui effectuent une évaluation multidisciplinaire des risques d'une personne en quarantaine présentant des symptômes afin de guider les tests d'orthoebolavirus lors de l'éclosion de la maladie Ebola causée par le virus Bundibugyo de 2026. L'évaluation des risques visant à éclairer la décision d'effectuer un test de laboratoire, nécessite un jugement conjoint des cliniciens et des autorités de santé publique, tenant compte : des facteurs liés à la présentation clinique et à l'évaluation clinique de la personne; de la situation épidémiologique dans la région où elle se trouvait au cours des 21 jours précédant l'apparition de son premier symptôme; ainsi que de ses activités et de ses expositions potentielles. L'évaluation des risques peut nécessiter une réévaluation à mesure que davantage de renseignements deviennent disponibles et/ou que l'état clinique du/de la patient(e) évolue.
Principes directeurs
Prévention et contrôle des infections
Les documents de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) sur les mesures de prévention et de contrôle des infections pour la maladie Ebola dans les établissements de soins actifs et sur les mesures de prévention et de contrôle des infections : Soins préhospitaliers et transport terrestre des personnes sous investigation pour la maladie Ebola ou dont la maladie Ebola a été confirmée décrivent les mesures de prévention et de contrôle des infections (PCI) pour les personnes sous investigation (PSI). Des précautions semblables devraient également être suivies pour les personnes qui ne répondent pas à une définition de PSI, mais qui sont en quarantaine en vertu du Décret du gouvernement du Canada et développent des symptômes compatibles avec la maladie Ebola. Les personnes pour lesquelles la maladie à virus Bundibugyo (MVB) n'est plus considérée comme un diagnostic plausible, doivent être gérés avec les précautions de contrôle des infections (PCI) appropriées selon leurs symptômes et/ou leur diagnostic, en consultation avec le praticien en PCI de l'établissement.
Les communications en temps opportun entre les autorités de santé publique locaux, les services d'urgence (si le patient nécessite des transports vers un établissement de soins de santé), le médecin traitant qui accepte le patient, le spécialiste des maladie infectieuse et le professionnel en PCI de l'établissement, sont essentielles pour initier une réponse coordonnée et progressive en PCI, et assurer un partage rapide des renseignements.
Évaluation détaillée
Lors de l'évaluation d'une personne présentant des symptômes, qui a été en quarantaine, il est important de procéder à une évaluation clinique approfondie et d'obtenir des renseignements épidémiologiques détaillés (p. ex., des antécédents de voyage, d'exposition et d'activités).
Évaluation clinique
L'évaluation clinique devrait impliquer l'équipe médicale appropriée, incluant un spécialiste des maladies infectieuses. L'évaluation devrait prendre en compte : les antécédents médicaux actuels et passés; l'examen physique; et tout test effectué à ce jour. Il convient d'envisager des tests de laboratoire des maladies fréquemment observées chez les voyageurs qui reviennent de l'étranger (p. ex., le paludisme), en plus de déterminer la nécessité d'un test pour l'orthoebolavirus.
Informations épidémiologiques
Les informations doivent être recueillis directement auprès de plusieurs sources, notamment le patient, leurs compagnons de voyage et les membres de sa famille, dans la mesure du possible et si cela s'avère approprié, et il peut être nécessaire de les recueillir à plusieurs reprises. Il est important de s'assurer que les communications sont effectuées d'une manière facile à comprendre, dans la langue préférée du/de la patient(e) ou avec des services de traduction appropriés, et qu'elles tiennent compte du contexte culturel. Les aides visuelles, comme les cartes et les calendriers, peuvent permettre d'obtenir des antécédents de voyage.
La documentation sur les antécédents de voyage et d'exposition devrait également examinée, le cas échéant et dans la mesure où elle est disponible, y compris :
- Les documents fournis par les agents administratifs de quarantaine aux provinces et territoires
- Tout renseignement obtenu par les autorités de santé publique locaux lors de la mise en quarantaine
- Les documents de voyage et itinéraires du/de la patient(e) et/ou de leurs compagnons de voyage
- Les communications personnelles écrites pendant les voyages du/de la patient(e) et/ou de leurs compagnons de voyage (p. ex., les courriels, les SMS et les publications sur les médias sociaux) qui fournissent des renseignements sur les itinéraires, les activités et les calendriers.
Tests de laboratoire
Le test RT-PCR pour les orthoebolavirus doit être effectué selon les discussions entre les personnes impliquées dans l'évaluation des risques (p. ex., les cliniciens, les autorités de santé publique locaux et provinciaux/territoriaux). Cette approche soutient l'utilisation efficace des ressources à l'échelle du système, en équilibrant la probabilité pré-test de la maladie à virus Bundibugyo (MVB), l'utilisation appropriée des ressources de laboratoire pour les tests et la manipulation sécuritaire des échantillons, ainsi que l'harmonisation avec les directives de santé publique. Le dépistage pour les orthoebolavirus et pour d'autres agents pathogènes potentiels doivent suivre les protocoles de l'établissement/du laboratoire et les pratiques de PCI.
Un résultat négatif de RT-PCR pour l'orthoebolavirus obtenu 72 heures ou plus après l'apparition des symptômes rend peu probable que les symptômes soient liés à la maladie à orthoebolavirus si le risque d'exposition est considéré comme faible; des expositions à risque plus élevé peuvent néanmoins justifier de la prudence et des tests de dépistage répétés. Les charges virales varient au début de l'infection et peuvent être inférieures au seuil de détection des tests actuels au cours des 72 premières heures suivant l'apparition des symptômes. Si un résultat négatif est obtenu dans les 72 premières heures suivant l'apparition des symptômes, il devrait être fortement envisagé d'effectuer un deuxième test 72 heures ou plus après l'apparition des symptômes. Un nouveau test effectué avant 72 heures après l'apparition des symptômes peut être cliniquement indiqué, mais un résultat négatif pendant cette période ne devrait pas être utilisé pour exclure la possibilité de la maladie Ebola. Si les symptômes sont considérés comme peu probables d'être dus à la MVB, il est important de se rappeler que le patient peut encore être dans la période d'incubation (jusqu'à 21 jours après la dernière exposition), et que l'évaluation des risques peut devoir être répétée si de nouveaux symptômes apparaissent ou évoluent.
Pour des renseignements supplémentaires sur les tests de laboratoire, consultez les tests de dépistage du Laboratoire national de microbiologie (LNM) pour l'Orthoebolavirus, juin 2026, qui incluent des renseignements sur les exigences de notification et d'expédition.
Déclaration des personnes sous investigation (PSI)
Les cliniciens doivent s'assurer que les autorités de santé publique locaux sont informés de toute personne répondant à la définition de PSI ou pour laquelle un diagnostic d'infection par le virus Bundibugyo est envisagée. Pour permettre de répondre aux exigences d'évaluation et de déclaration potentielle en vertu du Règlement sanitaire international, les provinces et territoires doivent aviser le Centre des opérations du portefeuille de la Santé de l'ASPC (COPS) au 1-800-545-7661 d'une personne répondant à la définition de PSI et de toute personne pour laquelle un test d'orthoebolavirus est demandé. Pour des renseignements sur la déclaration, consultez la maladie Ebola : Pour les professionnels de la santé et les travailleurs humanitaires.
Considérations pour l'évaluation des risques
Ce qui suit expose des éléments à prendre en considération sur l'évaluation des personnes présentant des symptômes ou des signes (comme indiqué à l'annexe 1) dans trois groupes de risques :
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Les personnes AYANT une exposition connue, probable ou possible au virus Bundibugyo (comme indiqué à l'annexe 2)
Étant donné le risque élevé pour une personne ayant une exposition connue, probable ou possible au virus Bundibugyo au cours des 21 jours précédents, dans la plupart des circonstances, si une personne de ce groupe développe des symptômes ou des signes (comme indiqué à l'annexe 1), des tests RT-PCR pour l'orthoebolavirus sont indiqués.
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Les personnes SANS exposition connue, probable ou possible au virus Bundibugyo qui SE SONT RENDUES dans une région touchée par l'éclosion de la maladie à virus Bundibugyo (consultez l'annexe 1 de la définition de cas pour une personne sous investigation pour l'éclosion de la maladie à virus Bundibugyo de 2026)
Pour ces personnes, le risque devrait être inférieur à celui des personnes ayant une exposition connue, probable ou possible au virus Bundibugyo, mais étant donné que l'éclosion actuelle n'est pas encore sous contrôle, l'exposition reste possible et une attention particulière est requise pour déterminer la nécessité d'effectuer des tests de laboratoire. Le tableau 1 présente les facteurs à considérer dans l'évaluation des risques des personnes de ce groupe qui développent des symptômes ou des signes (comme indiqué à l'annexe 1).
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Les personnes SANS exposition connue, probable ou possible au virus Bundibugyo qui NE SE SONT PAS RENDUES dans une région touchée par l'éclosion de la maladie à virus Bundibugyo, mais qui sont en quarantaine en vertu du décret actuel du gouvernement du Canada
Les personnes SANS exposition connue, probable ou possible au virus Bundibugyo qui se sont rendues dans les pays énumérés dans le décret (c.-à-d. la République démocratique du Congo, l'Ouganda ou le Soudan du Sud), mais qui NE SONT PAS RENDUES dans l'une des régions touchées par l'éclosion de la maladie à virus Bundibugyo, énumérées à l’annexe 1 de la définition de cas pour une personne sous investigation pour l’éclosion de la maladie à virus Bundibugyo de 2026) présentent un risque très faible de MVB. Cependant, s'il y a une préoccupation clinique concernant la MVB, les facteurs du Tableau 1 doivent être utilisés pour aider l'équipe multidisciplinaire dans l'évaluation des risques afin de déterminer si un test de laboratoire pour les orthoebolavirus est indiqué.
Tableau 1 : Les facteurs à considérer lors de l'évaluation d'une personne symptomatique en quarantaine SANS exposition connue, probable ou possible au virus Bundibugyo
Consultez la Section a des considérations pour l'évaluation des risques pour ceux ayant une exposition connue, probable, ou possible au virus Bundibugyo.
| Les facteurs | Les éléments à prendre en considération |
|---|---|
La présentation clinique (consultez l'annexe 1 pour une liste des symptômes et des signes) |
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Les régions où le patient s'est rendu dans les 21 jours précédant l'apparition des symptômes ou signes |
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L'hébergement dans les 21 jours précédant l'apparition des symptômes ou signes |
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Les activités et les interactions dans les 21 jours précédant l'apparition des symptômes ou signes |
Les activités suivantes peuvent augmenter la probabilité d'exposition :
Remarque : Bien que cela ne soit pas pertinent pour la transmission interhumaine dans le cadre de l'éclosion actuelle, le contact avec les chauves-souris, les primates non humains ou la viande de brousse d'animaux sauvages constitue un risque potentiel pour une nouvelle introduction des orthoebolavirus chez l'humain |
L'utilisation de l'équipement de protection personnelle (EPI) |
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Annexe 1 : Symptômes et signes compatibles avec la maladie Ebola
- fièvre
- malaise, faiblesse ou fatigue
- myalgie ou arthralgie
- mal de tête
- perte d'appétit
- rougeur conjonctivale
- difficulté à respirer
- mal de gorge
- douleurs thoraciques
- toux
- douleurs abdominales
- vomissements
- diarrhée
- confusion d'apparition récente
- manifestations hémorragiques ou saignements inexpliqués
- hoquets
- éruption cutanée
- jaunisse
Annexe 2 : Expositions connue, probable ou possible au virus BundibugyoNote de bas de page 1 Note de bas de page 2
- A eu un contact percutané (c.-à-d., perçant la peau), contact avec une membrane muqueuse (p. ex., les yeux, le nez ou la bouche), contact sexuel ou contact cutané avec du sang ou d'autres liquides corporels (p. ex., spermeNote de bas de page 3, lait maternel) provenant d'une personne considérée comme un cas confirmé de MVB ou comme susceptible d'avoir la MVB, y compris par l'intermédiaire d'objets contaminés par cette personne
- A pris soin d'une personne considérée comme un cas confirmé de MVB ou comme susceptible d'avoir la MVB (avec ou sans équipement de protection individuelle)
- A eu un contact étroit avec une personne considérée un cas confirmé de MVB ou considérée comme susceptible d'avoir la MVB (avec ou sans équipement de protection individuelle)
- A eu un contact physique avec des restes humains d'une personne qui était un cas confirmé de MVB ou qui était considérée comme susceptible d'avoir eu la MVB (avec ou sans équipement de protection individuelle)
- A habité dans le même hébergement qu'une personne considérée comme un cas confirmé de MVB ou comme susceptible d'avoir la MVB
- Un travailleur de laboratoire ou un autre travailleur ayant manipulé le virus Bundibugyo ou traité des liquides corporels et/ou des tissus d'une personne atteinte de MVB ou considérée comme susceptible d'avoir la MVB (avec ou sans équipement de protection individuelle)
- Professionnel de santé ou travailleur humanitaire ayant travaillé dans une région touchée par l'éclosion de la maladie à virus Bundibugyo (consultez l'annexe 1 de la définition de cas pour une personne sous investigation pour l'éclosion de la maladie à virus Bundibugyo de 2026).
Notes de bas de page
- Note de bas de page 1
-
Bien que non pertinent pour la transmission interhumaine dans l'éclosion actuelle, le contact avec les chauves-souris, les primates non humains ou la viande de brousse d'animaux sauvages constitue un risque potentiel pour une nouvelle introduction des orthoebolavirus chez l'humain
- Note de bas de page 2
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L'exposition à une personne atteinte de MVB confirmée ou à une personne susceptible d'avoir la MVB fait référence à une exposition qui s'est produite pendant que la personne était infectieuse (c.-à-d., de l'apparition des symptômes jusqu'à ce que l'équipe de soins cliniques ne la considère plus comme infectieuse).
- Note de bas de page 3
-
Pour le contact sexuel, le sperme des personnes qui se sont rétablies de la maladie Ebola peut rester infectieux pendant des mois.
