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Archivée 37 : Orientations à jour sur la première dose de rappel des vaccins contre la COVID-19 au Canada [2022-04-12]

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Publié : 12 avril 2022

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Organisation : Agence de la santé publique du Canada

Publiée : 2022-04-12

Sur cette page

Préambule

Le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) et un organisme consultatif externe qui donne à l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) des conseils indépendants, continus et à jour dans le domaine de la médecine, des sciences et de la santé publique liés aux questions de l'ASPC concernant l'immunisation.

En plus de la prise en compte du fardeau associé aux maladies et des caractéristiques vaccinales, l'ASPC a élargi le mandat du CCNI de façon à lui permettre d'inclure l'étude systématique des facteurs liés aux programmes dans la formulation de ses recommandations axées sur des données probantes. Cette initiative devrait aider le CCNI à prendre des décisions en temps opportun en ce qui a trait aux programmes de vaccination financés par les fonds publics à échelle provinciale et territoriale.

Les nouveaux facteurs que le CCNI devra examiner de façon systématique sont les suivants : économie, équité, éthique, acceptabilité et faisabilité. Les déclarations du CCNI ne nécessiteront pas toutes une analyse approfondie de l'ensemble des facteurs programmatiques. Même si l'étude systématique des facteurs liés aux programmes sera effectuée à l'aide d'outils fondés sur des données probantes afin de cerner les problèmes distincts susceptibles d'avoir une incidence sur la prise de décision pour l'élaboration des recommandations, seuls les problèmes distincts considérés comme étant propres au vaccin ou à la maladie pouvant être prévenue par un vaccin seront inclus.

La présente déclaration contient les conseils indépendants et les recommandations du CCNI, qui reposent sur les connaissances scientifiques les plus récentes et diffuse ce document à des fins d'information. Les personnes qui administrent le vaccin devraient également connaître le contenu de la monographie de produit pertinente. Les recommandations d'utilisation et les autres renseignements qui figurent dans le présent document peuvent différer du contenu de la monographie de produit rédigée par le fabricant du vaccin au Canada. Les fabricants ont fait homologuer les vaccins et ont démontré leur innocuité et leur efficacité potentielle lorsqu'ils sont utilisés conformément à la monographie de produit uniquement. Les membres du CCNI et les membres de liaison doivent se conformer à la politique de l'ASPC régissant les conflits d'intérêts, notamment déclarer chaque année les conflits d'intérêts possibles.

Contexte

Le 28 septembre 2021, le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) a publié des orientations sur la dose de rappel de vaccins contre la COVID-19 pour les résidents en établissements de soins de longue durée et les aînés vivant dans d'autres milieux de vie collectifs. Le 29 octobre 2021, il a publié des orientations provisoires sur la dose de rappel de vaccins contre la COVID-19 au Canada. Le 3 décembre 2021, le même Comité a publié une mise à jour des orientations sur les doses de rappel des vaccins contre la COVID-19 au Canada pour les adultes de 18 ans et plus. Les recommandations sur les doses de rappel des vaccins contre la COVID-19 ont été examinées et réaffirmées dans le contexte du variant préoccupant (VP) Omicron (B.1.1.529) le 14 décembre 2021. Depuis lors :

Le CCNI continue à suivre de près les données scientifiques en rapide évolution, tout en étant conscient que la trajectoire de la pandémie de COVID-19 demeure incertaine.

Les recommandations du CCNI sont en phase avec les objectifs de la réponse du Canada à la pandémie de COVID-19 qui ont été mis à jour le 14 février 2022 :

  • Réduire au minimum le risque de maladie grave et de décès tout en atténuant les perturbations sociales résultant de la pandémie de COVID-19;
  • Passer de la phase de crise à une approche plus durable de la gestion à long terme de la COVID-19.

Méthodologie

Les recommandations du CCNI concernant les doses de rappel s'appuient sur le cadre décisionnel décrit dans la déclaration publiée sous le titre Orientations provisoires sur la dose de rappel d'un vaccin contre la COVID-19 au Canada (29 octobre 2021). Ces recommandations s'inspirent des données probantes sur la nécessité (p. ex., les données probantes sur la baisse de l'ER des vaccins contre la forme sévère de la maladie ou l'infection selon la population) et les avantages (p. ex., l'innocuité et l'ER) d'une dose de rappel dans le contexte canadien.

Les 1 mars et 22 mars 2022, le CCNI a examiné les données sur l'épidémiologie actuelle de la COVID-19 à l'échelle nationale et internationale et des données probantes supplémentaires tirées de la littérature scientifique publiée et de prépublications, concernant la durée de protection d'une série primaire de vaccins contre la COVID-19, ainsi que l'efficacité potentielle (EP), l'ER et l'innocuité d'une première dose de rappel (c.-à-d. la troisième dose chez la plupart des gens) chez les adultes et les adolescents. De plus, le CCNI a examiné les données cliniques du fabricant accessibles dans la demande réglementaire auprès de Santé Canada pour appuyer l'élargissement de l'indication du vaccin Comirnaty (30 mcg) de Pfizer-BioNTech comme dose de rappel chez les personnes de 16 à 17 ans. Le CCNI a approuvé ces nouvelles recommandations à jour le 6 avril 2022.

Pour de plus amples informations sur les recommandations du CCNI concernant l'utilisation des vaccins contre la COVID-19, voir la page du CCNI : Déclarations et publications et le chapitre sur le vaccin contre la COVID-19 du Guide canadien d'immunisation (GCI).

On trouvera ailleurs de plus amples renseignements sur les processus et procédures du CCNINote de bas de page 1Note de bas de page 2.

Recommandations

Voici les recommandations à jour du CCNI sur l'utilisation d'une première dose de rappel de vaccins contre la COVID-19 au Canada, de même que des facteurs supplémentaires à prendre en considération pour déterminer quand administrer la dose de rappel à la lumière du contexte actuel de la pandémie.

Le CCNI examine de façon suivie les nouvelles données probantes et évalue ses recommandations en conséquence. En fonction de solides données probantes tirées du monde réel, la recommandation du CCNI visant une première dose de rappel chez les adultes de 18 à 49 ans (publiée le 3 décembre 2021) a été affermie, passant de « discrétionnaire » à « forte ». Quant à la recommandation du CCNI concernant une première dose de rappel chez les adolescents de 12 à 17 ans (publiée le 28 janvier 2022) qui peuvent présenter un risque plus élevé de conséquences sévères liées à la COVID-19, elle a également été affermie pour passer de « discrétionnaire » à « forte ». Le CCNI a aussi ajouté une nouvelle recommandation « discrétionnaire » concernant une première dose de rappel pour tous les autres adolescents.

Voir le Tableau 1 pour une explication des recommandations fortes par rapport aux recommandations discrétionnaires du CCNI.

Compte tenu de la mise à jour des recommandations du CCNI, une première dose de rappel peut maintenant être offerte à toutes les personnes de 12 et plus. Au vu de la recrudescence actuelle des cas liés à la transmissibilité accrue du sous-variant Omicron BA.2 et de la levée de certaines mesures de santé publique, les recommandations à jour du CCNI peuvent contribuer à réduire davantage les infections et les formes sévères de la maladie. La protection conférée est optimale peu après l'administration de la dose de rappel.

Le CCNI continue de réitérer fortement ses recommandations précédentes, fondées sur des données probantes, concernant la série vaccinale primaire contre la COVID-19 dans les groupes d'âge autorisés. Des détails supplémentaires sont disponibles au chapitre sur le vaccin contre la COVID-19 du GCI et dans les déclarations et publications du CCNI (voir le Tableau 2).

Pour les dernières mises à jour des détails sur les options et les facteurs à prendre en considération concernant les types de vaccins et le moment de leur administration chez certaines populations adultes pour la série primaire et la dose de rappel des vaccins, voir le Tableau 4 de la Déclaration du CCNI : Recommandations sur l'utilisation du vaccin Covifenz de Medicago contre la COVID-19.

  1. Première dose de rappel de vaccins contre la COVID-19 chez les adultes :

    Le CCNI recommande qu'une première dose de rappel d'un vaccinNote de bas de page 1Note de bas de page 2 autorisé contre la COVID-19 soit proposée 6 mois ou plus après l'achèvement d'une série primaire de vaccins chez les adultes de 18 ans et plus. Une dose de vaccin à ARNm contre la COVID-19 est à préférer pour la dose de rappel.

    (Forte recommandation du CCNI)
  1. Première dose de rappel du vaccin contre la COVID-19 chez les adolescents :

    1. 2.1 Pour les groupes suivants, la recommandation du CCNI a été affermie, passant de « discrétionnaire » à « forte ». Le CCNI recommande maintenant qu'une dose de rappel d'un vaccin3 à ARNm contre la COVID-19 soit proposée 6 mois ou plus après l'achèvement d'une série primaire de vaccins contre la COVID-19 chez les adolescents de 12 à 17 ans qui :
      • souffrent d'un problème médical sous-jacent les exposant à un risque élevé de maladie sévère due à la COVID-19 (à noter qu'il s'agirait alors d'une quatrième dose pour les personnes modérément à sévèrement immunodéprimées ayant reçu une série primaire de trois doses d'un vaccin);
      • résident dans des milieux de vie collectifs (p. ex., refuges, foyers de groupe, logements pour travailleurs migrants, établissements pénitentiaires);
      • font partie des communautés racialisées ou marginalisées touchées de manière disproportionnée par la COVID-19.

        (Forte recommandation du CCNI)

Les adolescents venant d'être mentionnés peuvent faire face à des facteurs de risque biologiques ou sociaux qui peuvent s'entrecroiser, et peuvent rencontrer des obstacles systémiques à l'accès aux soins de santé.

Pour tous les autres adolescents, une nouvelle recommandation s'ajoute :

  1. 2.2 Le CCNI recommande qu'une dose de rappel d'un vaccin à ARNm contre la COVID-19Note de bas de page 3 soit éventuellement être proposée 6 mois ou plus après l'achèvement d'une série primaire de vaccins chez tous les autres adolescents de 12 à 17 ans dans le contexte d'un risque épidémiologique accru (continu ou nouveau).

    (Recommandation discrétionnaire du CCNI)

Observations sur le moment d'administrer la première dose de rappel :

  • Le CCNI recommande d'observer un intervalle d'au moins 6 mois entre la fin de la série primaire et la dose de rappel, puisqu'un délai plus long entre les doses peut entraîner une meilleure réponse.
  • Pour les personnes qui ont déjà été infectées par le SRAS-CoV-2, le moment de l'infection récente est également à prendre en compte. Le CCNI a proposé un intervalle de 3 mois entre l'infection et la dose de rappel contre la COVID-19 (c.-à-d. 3 mois après la survenue des premiers symptômes ou un test positif, dans le cas d'une personne asymptomatique) ou 6 mois depuis la dose vaccinale la plus récente, le délai le plus long étant celui retenu.
  • La protection que confère la dose de rappel est optimale dans la période qui suit son administration, mais le niveau et la durée de la protection contre l'infection et les formes sévères de la maladie sont susceptibles de varier en fonction des caractéristiques d'évasion immunitaire de la souche du SRAS-CoV-2 en circulation.
  • En raison de l'affaiblissement de la protection au fil du temps, les avantages nets de l'administration d'une dose de rappel sont optimaux lorsque la circulation virale est importante; ils peuvent toutefois être limités pendant une période de faible incidence de la maladie, surtout s'il y a une longue période avant la vague suivante de SRAS-CoV-2.
  • Au-delà de la vague actuelle dominée par Omicron BA.2, la trajectoire future de la pandémie de COVID-19 demeure incertaine. Il est possible que, comme pour d'autres virus respiratoires, l'incidence de la COVID-19 diminue à l'été et augmente de nouveau durant les saisons d'automne et d'hiver.
  • La manière dont chaque province, territoire et collectivité évalue les risques et répond aux besoins de sa propre administration est variable, le but étant de protéger les personnes les plus exposées aux conséquences graves de la COVID-19.

Le CCNI continue de suivre et d'évaluer les données probantes à mesure qu'elles sont disponibles et mettra à jour ses recommandations, s'il y a lieu.

Résumé des données probantes

Évolution de l'épidémiologie

  • Les données de surveillance de mars 2022 démontrent une variabilité régionale quant à l'activité de la COVID-19 au Canada, alors que les diminutions précédentes de l'incidence des cas se maintiennent à des niveaux élevés ou montrent des signes de recrudescence dans certaines régions (moyenne mobile hebdomadaire de cas en hausse de 7 % en date du 23 mars 2022 par rapport à la semaine précédente). Cela est conforme aux hausses attestées par la surveillance des eaux usées et d'autres méthodes de suivi qui dépendent moins des capacités de dépistage, lesquelles varient d'une administration à l'autreNote de bas de page 3.
  • L'incidence la plus élevée de cas au cours de la première vague d'Omicron est survenue chez les personnes de 18 à 29 ans, suivies de près par les personnes de 40 à 49 ans et celles de 30 à 39 ans respectivement. La vague d'Omicron présentait une plus faible proportion de cas sévères par rapport aux vagues précédentes.
  • Les conséquences sévères de la COVID-19 continuent de toucher de manière disproportionnée les personnes non vaccinées. En effet, les adultes de 18 ans et plus non vaccinés présentent un taux d'hospitalisation de 7 (18 à 39 ans) à 11 (60 à 79 ans) fois plus élevé que les adultes, des mêmes groupes d'âge, vaccinés avec une série primaire et une dose de rappelNote de bas de page 3.
  • Il est possible que le fardeau de la maladie reste élevé par suite de la levée des mesures de santé publique et, éventuellement, que le VP Omicron continue de se propager. Du reste, un certain nombre de facteurs demeurent très incertains : la probabilité d'une nouvelle vague de COVID-19 au Canada, le moment de sa survenue et sa sévérité. Voilà autant d'éventualités qui, en plus, pourraient subir les effets des souches alors en circulation, des VP, ou encore de l'émergence de nouveaux variants.
  • Pour obtenir les renseignements les plus récents sur l'épidémiologie de la COVID-19 au Canada, voir la Mise à jour quotidienne sur l'épidémiologie de la COVID-19.

Couvertures et protection conférée par les infections récentes

  • En raison des taux élevés d'infection par le VP Omicron chez les personnes plus jeunes, une partie de la population peut avoir renforcé sa réponse immunitaire après avoir été exposée à ce VP et avoir contracté une infection connexe. Cette hypothèse pourra être considéré lors de la planification des doses de rappel pour ces personnes; à condition de tenir compte de l'intervalle suggéré par le CCNI entre l'infection et la dose de rappel, qui est de 3 mois après la survenue des symptômes ou un test positif (si la personne était asymptomatique), et pourvu que la série primaire soit terminée depuis au moins 6 mois.
  • En date du 20 mars 2022, environ 53 % des personnes autorisées de 12 ans et plus ont reçu une dose supplémentaire du vaccin contre la COVID-19 après une première série vaccinale. Le taux de couverture par la dose supplémentaire est le plus faible dans les groupes d'âge les plus jeunes, alors que 14 %, 35 %, 42 % et 51 % des personnes de 12 à 17 ans, 18 à 29 ans, 30 à 39 ans et 40 à 49 ans, respectivement, ont reçu une dose supplémentaire. Au cours des dernières semaines, nous avons constaté une réduction du taux de vaccination, et le taux de couverture pour la dose de rappel stagne à des niveaux inférieurs à ceux observés pour les première et deuxième doses.

L'ER des vaccins contre la forme symptomatique de la maladie ou l'infection au fil du temps après l'administration de la première série de vaccins

  • Alors qu'il a été démontré à l'origine que l'ER contre l'infection par le SRAS-CoV-2 était élevée (plus de 90 %) chez les personnes ayant reçu une série primaire contre une souche ancestrale et des variants plus anciens (p. ex., Delta), cette ER est nettement plus faible contre l'infection par le VP Omicron et la maladie symptomatique chez les personnes ayant reçu une série primaire de vaccins à ARNm et elle diminue avec le temps à partir de la deuxième dose; chez les adultes, la protection est minime 6 mois après l'administration de la deuxième dose.
  • Selon une étude menée dans l'État de New York, chez les adolescents, la protection contre l'infection par le VP Omicron a décliné, passant de 76 % (intervalle de confiance [IC] de 95 % : 71 à 81 %) au bout de 14 jours à 46 % (IC de 95 % : 18 à 65 %)Note de bas de page 4 au bout de 42 à 48 jours après l'administration de la première série de vaccins Pfizer-BioNTech. Une étude britannique a aussi permis de constater une diminution de la protection contre l'infection symptomatique par le VP Omicron. En effet, l'ER des vaccins contre la maladie symptomatique due à Omicron chez les jeunes de 16 à 17 ans est passée de 76,1 % (IC de 95 % : 73,4 à 78,6 %) de 7 à 13 jours après l'administration de la série primaire de vaccins Pfizer-BioNTech à 22,6 % (IC de 95 % : 14,5 à 29,9 %) après 70 joursNote de bas de page 5. Une étude américaine démontre que l'ER des vaccins contre l'infection par le VP Omicron était de 62 % (IC de 95 % : -28 à 89 %) à partir de 150 jours après l'administration de la série primaire de vaccins Pfizer-BioNTechNote de bas de page 6.

L'ER des vaccins contre les conséquences d'importance clinique, y compris les formes sévères de la maladie, au fil du temps découlant de la série primaire

  • Chez les adultes, la protection conférée par une série primaire de vaccins contre les conséquences sévères, comme les hospitalisations et les décès, s'est avérée plus durable que la protection contre l'infection, l'ER contre les maladie graves était d'environ 65 à 85 %. Cette proportion diminue au fil du temps dans certaines études, alors que ce n'est pas le cas dans d'autres.
  • Chez les adolescents, pour ce qui est du VP Omicron, la protection contre les visites dans les services d'urgence ou les cliniques de soins d'urgence variait de 34 à 45 % (selon l'âge de l'adolescent) dans les 14 à 149 jours suivant la vaccination à deux doses par le vaccin de Pfizer-BioNTech. Cependant, on n'a observé aucune protection après 150 joursNote de bas de page 7 (moins de 5 %). Dans la même étude, l'ER des vaccins contre l'hospitalisation variait de 92 à 94 % dans les 14 à 149 jours après l'administration de la série primaire, et de 73 à 88 % après 150 jours. Dans une étude réalisée dans l'État de New York et s'appuyant sur des données de surveillance, l'ER des vaccins contre l'hospitalisation chez les jeunes de 12 à 17 ans s'est maintenue à 73 % ou plus (IC de 95 % : 53 à 87 %) au cours de l'étudeNote de bas de page 4.
  • Des données de surveillance en provenance des États-Unis ont fait état d'une ER élevée pour le vaccin Comirnaty (30 mcg) de Pfizer-BioNTech contre la COVID-19 (série de 2 doses) chez des adolescents de 12 à 18 ans par rapport au syndrome inflammatoire multisystémique chez les enfants (SIM-E) (ER de 91%; 95% IC : 78-97 %)Note de bas de page 8. Toutefois, cette étude a été menée avant la prédominance du VP Omicron; on ne sait donc pas si et à quel point la protection vaccinale diminue au fil du temps.

L'ER des vaccins au fil du temps après une première dose de rappel

  • Selon la plupart des études, chez les adultes, l'ER d'une dose de rappel d'un vaccin à ARNm contre la forme symptomatique de la maladie ou l'infection par le VP Omicron est d'environ 65 % et dans la plupart des études, diminue au fil du temps après la vaccinationNote de bas de page 9Note de bas de page 10Note de bas de page 11Note de bas de page 12.
  • La protection vaccinale chez les adultes contre les formes sévères de la maladie et les hospitalisations pour cause de COVID-19 s'est avérée plus durable que la protection contre les formes ou les infections symptomatiques. Elle est d'environ 10 à 20 % plus élevée après une troisième dose (ou une première dose de rappel) par rapport aux personnes qui n'ont reçu qu'une série primaire, atteignant environ 90 % ou plus.
  • Les données probantes concernant la durée de la protection d'une dose de rappel contre la forme sévère de la maladie sont limitées, quelques études montrant une certaine diminution au fil du tempsNote de bas de page 13Note de bas de page 14. À titre d'exemple, selon une étude américaineNote de bas de page 14, l'ER des vaccins était de 78 % (IC de 95 % : 67 à 85 %) contre les hospitalisations après 4 mois.
  • Il n'existe pas de données permettant d'évaluer la protection conférée par une dose de rappel contre le SIM-E ou le syndrome post-COVID-19, en particulier.
  • Des données émergentes sur l'ER d'une dose de rappel contre l'infection ou la maladie symptomatique au fil du temps chez les adolescents montrent des tendances similaires à celles observées chez les adultesNote de bas de page 15.

Innocuité d'une première dose de rappel

Éthique, équité, faisabilité et d'acceptabilité (EEFA)

  • Certaines populations sont plus exposées au SRAS-CoV-2 (p. ex., en raison de leur milieu de vie) ou sont exposées à un risque accru de développer une forme sévère de la COVID-19 (p. ex., hospitalisation et décès) en raison de divers facteurs biologiques et sociaux pouvant s'entrecroiser, notamment un problème médical préexistant ou un faible statut socio-économique. Les données probantes actuelles sont limitées en ce qui concerne les facteurs de risque biologiques ou sociaux associés aux conséquences sévères de la COVID-19 chez les adolescents de 12 à 17 ans.
  • Pour tirer pleinement parti du programme de vaccination contre la COVID-19, il est primordial d'améliorer le taux de vaccination pour la série primaire, et le bienfait sera renforcé par l'administration des doses de rappel ultérieures.
  • Le CCNI continue de reconnaître l'importance de l'équité vaccinale tant mondiale que nationale pour faire face à l'évolution du virus et à l'incidence de la pandémie, même si l'approvisionnement mondial en vaccins augmente, tout en reconnaissant que les problèmes d'accès et de distribution persistent. L'Organisation mondiale de la Santé appelle les pays à prendre des décisions politiques concernant les doses de rappel de vaccins qui concilient les avantages pour la santé publique de leur population et le soutien à l'équité mondiale en matière d'accès aux vaccins.
  • Le CCNI continue également de recommander les principes suivants pour orienter la prise de décision éthique, comme l'indique le document Orientations du CCNI sur l'établissement de l'ordre de priorité des principales populations à immuniser contre la COVID-19 :
    • Des efforts devraient être déployés pour améliorer l'accès aux services de vaccination, afin de réduire les inégalités en matière de santé sans aggraver la stigmatisation ou la discrimination, et pour faire participer les populations marginalisées par le système et les populations racialisées à la planification des programmes de vaccination.
    • Les provinces et territoires devraient assurer une surveillance étroite et rapide de l'innocuité, de l'ER des vaccins et de la couverture vaccinale dans différentes populations principales, ainsi qu'une vaccination efficace et efficiente des populations des communautés éloignées et isolées.
    • Des efforts sont également à déployer pour améliorer les connaissances sur les bienfaits des vaccins en général et des vaccins contre la COVID-19 en particulier une fois disponibles, afin de lutter contre la désinformation et de communiquer de manière transparente sur les décisions d'attribution des vaccins contre la COVID-19.

Autres considérations

  • Il existe une incertitude quant à la durée de protection et à l'ER des vaccins actuels contre les nouveaux VP. Les fabricants travaillent à l'élaboration de nouveaux vaccins contre la COVID-19, notamment de vaccins multivalents et de vaccins ciblant spécifiquement les VP; mais on ne connaît pas encore leur composition exacte ni le délai de leur mise sur le marché.
  • L'optimisation des avantages de la protection conférée par une dose de rappel risque d'être compromise selon l'intervalle entre les doses. Un intervalle plus long entre les doses favorise une meilleure réponse après toute dose ultérieure, car une telle pratique lui laisse le temps de gagner en ampleur et en force. Cependant, un intervalle plus long risque également d'augmenter la période de diminution de la protection dans l'attente d'une dose suivante.
  • Le bénéfice de la protection offerte par une dose de rappel seront également influencées par le contexte de la pandémie et la quantité de virus en circulation.

Priorités en matière de recherche

  • Surveillance continue des données relatives à l'innocuité, à l'immunogénicité, ainsi qu'à l'EP et l'ER des vaccins contre la COVID-19, y compris les doses de rappel; et ce, au moyen d'essais cliniques et d'études en conditions réelles. Cette recherche devrait comprendre la prise en compte des répercussions cliniques d'une infection antérieure par le SRAS-CoV-2, du SIM-E, du syndrome post-COVID-19 ou d'une myocardite/péricardite chez les adultes, adolescents et enfants.
  • Évaluations supplémentaires de l'intervalle optimal entre la série primaire et l'administration de la dose de rappel, et évaluations supplémentaires de l'intervalle optimal entre une infection antérieure par le SRAS-CoV-2 et l'administration de la dose de rappel.
  • Surveillance et signalement vigilants des événements indésirables présentant un intérêt particulier, notamment des myocardites/péricardites, afin d'informer avec précision le public des risques potentiels associés à une dose de rappel et, éventuellement, aux doses de rappel suivantes.
  • Surveillance continue de l'émergence des VP du SRAS-CoV-2 à l'échelle provinciale/territoriale, nationale et internationale.
  • Surveillance continue de l'épidémiologie de la COVID-19 et de l'ER des vaccins dans les populations principales (p. ex., celles présentant des problèmes médicaux à haut risque) et des conséquences à long terme de la COVID-19 parmi ces populations.
  • Poursuite de l'évaluation du moment optimal et de l'élément déclencheur pour la mise en place d'éventuelles recommandations relatives à l'administration de doses de rappel, ainsi que de l'évaluation des risques potentiels associés à l'administration de doses de rappel plus tôt que nécessaire.
  • Surveillance continue de la couverture vaccinale, notamment en fonction du statut socio-économique, et prise en compte de mesures susceptibles de réduire le risque de disparités socio-économiques dans la confiance à l'égard des vaccins et leur adoption.
  • Évaluation plus poussée d'un calendrier de vaccination optimal pour les vaccins contre la COVID-19 (p. ex., séries primaires et doses de rappel) à l'intention des personnes enceintes.
Tableau 1 : Force des recommandations du CCNI

Force de la recommandation du CCNI

Fondée sur des facteurs qui ne se limitent pas à la force des données probantes

(p. ex., besoin en santé publique)

Forte Discrétionnaire
Libellé « devrait/ne devrait pas être réalisée » « peut/peut ne pas être réalisée »
Justifications Les avantages connus/attendus l'emportent sur les inconvénients connus/attendus (« devrait »); ou les inconvénients connus/attendus l'emportent sur les avantages connus/attendus (« ne devrait pas »). Les avantages connus/attendus sont à peu près équivalents aux inconvénients connus/attendus; ou les données probantes n'indiquent pas avec certitude les avantages et les inconvénients.
Conséquence Une recommandation forte s'applique à la plupart des populations/personnes et devrait être suivie, à moins qu'il n'existe une justification claire et convaincante d'utiliser une autre approche. Une recommandation discrétionnaire peut être offerte ou non pour certaines populations/personnes dans certaines circonstances. D'autres approches peuvent être acceptables.
Tableau 2 : Déclarations et publications du CCNI concernant les recommandations sur l'utilisation des vaccins COVID-19 dans une série primaire dans les groupes d'âge autorisés
Population Générale

Déclaration du CCNI: Recommandations sur l'utilisation des vaccins contre la COVID-19

Réponse rapide du CCNI: Dose supplémentaire de vaccin contre la COVID-19 chez les sujets immunodéprimés après une série primaire de 1 ou 2 doses

Réponse rapide: Recommandation mise à jour sur l'utilisation des vaccins contre la COVID-19 autorisés chez les personnes de 12 ans et plus dans le contexte des cas de myocardite et de péricardite signalés après l'administration de vaccin

Résumé des conseils du CCNI sur la vaccination avec les vaccins contre la COVID-19 à la suite d'une myocardite (avec ou sans péricardite)

Réponse rapide du CCNI: Mise à jour des orientations sur le calendrier de vaccination contre la COVID-19 chez les personnes ayant déjà été infectées par le SRAS-CoV-2

Adultes

Déclaration du CCNI: Recommandations sur l'utilisation du vaccin Nuvaxovid de Novavax contre la COVID-19

Déclaration du CCNI: Recommandations sur l'utilisation du vaccin de Medicago contre la COVID-19 (Covifenz)

Adolescents

Déclaration du CCNI: Recommandation sur l'utilisation des vaccins à ARNm contre la COVID-19 chez les adolescents de 12 à 17 ans

Pédiatrique

Déclaration du CCNI: Recommandation sur l'utilisation du vaccin contre la COVID-19 de Pfizer-BioNTech (10 mcg) chez les enfants âgés de 5 à 11 ans

Recommandation actualisée sur l'utilisation des vaccins contre la COVID-19 chez les enfants âgés de 5 à 11 ans du CCNI

Déclaration du CCNI: Recommandations sur l'utilisation du vaccin Spikevax de Moderna contre la COVID-19 chez les enfants de 6 à 11 ans

Remerciements

La présente déclaration a été préparée par : E Wong, B Warshawsky, N Forbes, J Zafack, SJ Ismail, J Montroy, A Nunn, R Stirling, M Salvadori, MC Tunis, B Sander, R Harrison, and S Deeks au nom du CCNI.

Le CCNI remercie vivement les personnes suivantes pour leur contribution : N. St. Pierre, K Ramotar, SH Lim, E Terrataca, L Coward, R Krishnan, et C Jensen.

CCNI Membres : S. Deeks (présidente), R. Harrison (vice-présidente), M. Andrew, J. Bettinger, N. Brousseau, H. Decaluwe, P. De Wals, E. Dubé, V. Dubey, K. Hildebrand, K. Klein, J. Papenburg, A. Pham-Huy, B. Sander, S. Smith et S. Wilson.

Représentants de liaison : L. Bill/ N. Nowgesic (Canadian Indigenous Nurses Association), LM. Bucci (Association canadienne de santé publique), E. Castillo (Société des obstétriciens et gynécologues du Canada), A. Cohn (Center for Disease Control and Prevention, É.-U.), L. Dupuis (Association des infirmières et infirmiers du Canada), D. Fell (Association canadienne pour la recherche et l'évaluation en immunisation), S. Funnell (Indigenous Physicians Association of Canada), J. Hu (Collège des médecins de famille du Canada), M. Lavoie (Conseil des médecins hygiénistes en chef), D. Moore (Société canadienne de pédiatrie), M. Naus (Comité canadien sur l'immunisation), et A. Ung (Association des pharmaciens du Canada).

Représentants d'office : V. Beswick-Escanlar (Défense nationale et Forces armées canadiennes), E. Henry (Centre de l'immunisation et des maladies respiratoires infectieuses [CIMRI], ASPC), M. Lacroix (Groupe consultatif en matière d'éthique en santé publique, ASPC), C. Lourenco (Direction des médicaments biologiques et radiopharmaceutiques, SC), D. MacDonald (COVID-19 Épidemiologie et surveillance, ASPC), S. Ogunnaike-Cooke (CIMRI, ASPC), K. Robinson (Direction des produits de santé commercialisés, SC), G. Poliquin (Laboratoire national de microbiologie, ASPC), and T. Wong (Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits, Services autochtones Canada).

Groupe de travail du CCNI sur les vaccins contre les maladies infectieuses à haut risque

Membres : R. Harrison (Présidente), N. Brousseau, Y-G. Bui, S. Deeks, K. Dooling, K. Hildebrand, M. Miller, M. Murti, J. Papenburg, D. Smith et S. Vaughan.

Participants à l'ASPC : NK. Abraham, N. Alluqmani, L. Coward, N. Forbes, C. Jensen, CY. Jeong, A. Jirovec, A. Killikelly, R. Krishnan, SH. Lim, N Mohamed, J. Montroy, A. Nam, S. Pierre, R. Pless, M. Salvadori, A. Sinilaite, A. Stevens, R. Stirling, E. Tice, A. Tuite, MC. Tunis, B. Warshawsky, E. Wong, R. Ximenes, MW. Yeung, J. Zafack.

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2022-06-29

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