Préambule — Annexe 4 : Plan d’action du Nouveau-Brunswick — 2024–2025 À 2027–2028
Entente Canada–Nouveau-Brunswick relative à l’enseignement en français langue première et à l’enseignement de la langue seconde 2024-2025 à 2027-2028
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Introduction
Le Nouveau-Brunswick vise constamment à améliorer la qualité des services en éducation qu’il offre à l’ensemble de sa population étudiante, à tous les niveaux.
Pour atteindre les objectifs de l’Entente relative à l’enseignement en français langue première et à l’enseignement de la langue seconde 2024-2025 à 2027-2028, le gouvernement du Nouveau-Brunswick poursuivra sa collaboration avec les secteurs francophone et anglophone du ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance ainsi qu’avec l’Université de Moncton, le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick et The University of New Brunswick.
Le préambule du plan d'action du Nouveau-Brunswick permet, entre autres, de montrer le contexte particulier des partenaires en décrivant leurs communautés d’apprentissage ainsi que leurs programmes relatifs à l’enseignement en français langue première et à l’enseignement de la langue seconde. Le préambule offre également des informations sur la structure de gouvernance, les progrès réalisés dans le cadre de la dernière Entente et une vue d’ensemble des principaux défis et priorités auxquels font face tous les niveaux du système d’éducation dans la province.
Le préambule décrit aussi le processus de consultations tenues lors de l’élaboration du présent plan d’action, y compris les intervenants consultés et les priorités soulevées, ainsi que le processus qui a été établi pour échanger régulièrement avec les principaux intervenants dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action.
Le gouvernement du Nouveau-Brunswick tient à rappeler que la collaboration du gouvernement du Canada dans la réalisation du plan d’action de la présente Entente est très importante puisqu’elle permet de contribuer à une partie des coûts supplémentaires que le gouvernement du Nouveau-Brunswick doit assurer pour la mise en œuvre des initiatives prévues.
Section 1 : Petite enfance, primaire et secondaire
Ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance
Depuis plus de 50 ans, le Nouveau-Brunswick s’est doté d’une structure qui tient compte de la particularité de ses deux communautés linguistiques officielles, soit la dualité au niveau du ministère de l’Éducation (aujourd’hui le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance (MEDPE)). On compte actuellement sept districts scolaires, soit trois districts francophones et quatre districts anglophones. Cette dualité dans la structure permet l’autonomie des deux groupes linguistiques en matière de gestion, d’implantation et d’évaluation des programmes d’études.
En 2010, les services de la petite enfance ont été rajoutés au mandat du MEDPE pour créer un continuum d’apprentissage dès la naissance. Cette décision permet à la communauté francophone d’intervenir de façon concertée afin de promouvoir et protéger la langue et la culture, et ce, dès la naissance de l’enfant.
La mise en place à l’échelle de la province du Programme de désignation des Centres de la petite enfance du Nouveau-Brunswick s’est faite en mars 2018. Cette désignation est attribuée aux garderies éducatives agréées qui répondent aux critères établis par le MEDPE. Une des exigences prévoit que les garderies éducatives sont tenues de choisir et mettre en œuvre l’un des deux curriculums éducatifs, soit le Curriculum éducatif des services de garde francophones du Nouveau-Brunswick ou le New Brunswick Curriculum Framework for Early Learning and Child Care. Ainsi, les garderies éducatives doivent fournir les services aux enfants uniquement dans la langue du curriculum éducatif qu’elles auront choisi.
Le territoire traditionnel Wabanaki couvre l’ensemble de la province du Nouveau-Brunswick. Les élèves issus de 16 communautés des Premières Nations, dont une située au Québec (Listuguj), fréquentent les écoles provinciales du Nouveau-Brunswick à différents niveaux, en fonction des réalités propres à leurs écoles communautaires. Parmi ces communautés, dix appartiennent à la Première Nation Mi’kmaw et six à la Première Nation Wolastoqey. Le ministère collabore également avec le peuple Peskotomuhkati, établi dans le sud-ouest du Nouveau-Brunswick.
Treize de ces communautés offrent des programmes scolaires allant de la maternelle à la 4e année. Parmi elles, quatre proposent aussi des classes jusqu’à la 5e année, et quatre autres, incluant l’école Alaqsite’w Gitpu au Québec, offrent des cours jusqu’à la 8e année.
En septembre 2022, l'école Kehkimin a ouvert ses portes, accueillant une première cohorte d’enfants âgés de 3 et 4 ans. Dédiée à la revitalisation de la langue et de la culture Wolastoqey, Kehkimin est à la fois une école et une organisation sans but lucratif. Grâce à une éducation immersive axée sur la connexion avec la terre, elle joue un rôle essentiel dans la préservation et la transmission de cet héritage culturel.
Environ 1 500 élèves autochtones vivant dans des réserves fréquentaient des écoles administrées par la province, dont 82 dans des écoles francophones. Cependant, selon les enquêtes d’auto-identification et les analyses menées par le MEDPE, le nombre total d’élèves autochtones, incluant ceux vivant hors réserve et fréquentant les écoles provinciales, dépasse 2 000.
La promotion et la préservation des langues autochtones sont essentielles pour assurer leur survie. Conscient de cet enjeu, le ministère s’engage à répondre aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation, notamment en ce qui concerne la préservation des langues.
1.1 Secteur francophone
Au 31 mars 2024, plus de 573 garderies éducatives au Nouveau-Brunswick ont reçu le statut de désignation (sur une possibilité de 611), dont 204 (94,4 %) garderies éducatives désignées francophones (sur une possibilité de 216). Cela représente 5 805 places pour les enfants préscolaires francophones. Les garderies éducatives désignées permettent aux parents d’avoir accès à des services de garderie éducatifs plus abordables, et de grande qualité. Les parents dont les enfants fréquentent ces garderies éducatives (centres ou en milieu familial) désignées peuvent être admissibles au Programme de subvention pour les parents des garderies éducatives désignées pour payer les frais de garde d’enfants.
Au 1er octobre 2023, le secteur d’éducation public francophone disposait d’un réseau de 90 écoles à travers la province et accueillait tous les enfants de parents ayants droit qui désiraient que leur enfant fréquente une école francophone. Ainsi, à l’automne 2023, 30 745 enfants étaient inscrits à l’école publique francophone. Entre 2019 et 2023, une augmentation de 742 élèves a été observée au sein du secteur éducatif francophone. Ce gain d’effectifs a été observé en grande partie dans les écoles du District scolaire francophone Sud, tandis que pour leur part, les districts scolaires du nord de la province essuient encore des diminutions d’effectifs. Néanmoins, pour ces deux derniers districts, les données des dernières années qui reflètent la venue des familles immigrantes en région rurale démontrent un ralentissement significatif de cette décroissance des effectifs scolaires.
Le secteur éducatif francophone du MEDPE élabore des programmes d’études adaptés aux besoins de la communauté acadienne et francophone. Ces programmes pour les niveaux de la maternelle à la 12e année sont développés en français. L’enseignement de l’anglais langue seconde (ALS) débute en 3e, 4e ou 5e année, selon la région et le niveau de connaissance de la langue seconde dans ladite région. Deux programmes d’ALS sont offerts, soit un programme qui s’adresse aux élèves ayant déjà une compréhension de la langue seconde, et un autre qui répond aux besoins des débutants.
Depuis 2001, la structure de gouvernance de l’éducation au Nouveau-Brunswick comporte un conseil d’éducation de district (CED) par district scolaire. L’ensemble des conseillers des trois districts scolaires francophones sont élus par le biais d’un suffrage universel. Le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance et les Conseils d’éducation de district (CED) ont des rôles et des responsabilités partagés dans ce domaine.
Le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance est chargé d’établir une orientation et des paramètres provinciaux en matière d’éducation. Quant aux CED, ils définissent le niveau de service auquel les Néobrunswickois et Néobrunswickoises peuvent s’attendre en matière d’éducation et assurent le respect des exigences fondamentales concernant les programmes et services éducatifs, ainsi que la santé et la sécurité. Les CED établissent des politiques qui orientent et balisent les décisions prises par la direction générale qui est responsable du fonctionnement général du district scolaire. Au niveau de l’école, le Comité parental d’appui à l’école (CPAÉ) joue un rôle consultatif auprès de la direction de l’école.
Aperçu des principales réalisations de l'Entente Canada-Nouveau-Brunswick relative à l'enseignement du français langue première et à l'enseignement de la langue seconde 2019-2024
L’Entente Canada–Nouveau-Brunswick relative à l’enseignement en français langue première et à l’enseignement de la langue seconde 2019-2020 à 2023-2024 (Entente Canada–Nouveau-Brunswick 2019-2024) a contribué à la réalisation de nombreuses initiatives qui ont permis aux jeunes du Nouveau-Brunswick de se prévaloir d’une éducation de qualité accrue. Des gains appréciables pour le secteur francophone émanent ainsi de ce partenariat entre le Nouveau-Brunswick et le gouvernement fédéral :
- En 2014, l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick adoptait la Politique d’aménagement linguistique et culturel (PALC). Cette politique était le fruit d’une concertation et d’une collaboration entre la communauté francophone et acadienne et le MEDPE. Cette entente permet encore aujourd’hui de mettre en œuvre des stratégies porteuses, par la concertation et la participation de l’ensemble des partenaires de l’éducation. Dans le cadre de l’Entente Canada–Nouveau-Brunswick, une stratégie de mise en œuvre fut lancée, Créons la suite, afin de nourrir l’engagement des partenaires et de favoriser l’alignement des actions de la communauté acadienne vers l’atteinte des visées de la PALC. La stratégie de mise en œuvre, Créons la suite sera révisée et actualisée. Des consultations sont en cours et ce processus se poursuit;
- En 2016, le MEDPE a publié le document Profil de sortie d’un élève du système scolaire acadien et francophone du Nouveau-Brunswick. Ce document se veut un énoncé qui détermine, en premier lieu, les visées de l’éducation pour les élèves du système scolaire francophone et acadien du Nouveau-Brunswick. En second lieu, le profil de sortie cible les compétences que doit posséder un élève afin d’actualiser les visées éducatives poursuivies dans son cheminement scolaire. Ce profil consiste en un premier jalon permettant aux divers intervenants de l’éducation d’établir de nouvelles assises sur lesquelles leurs interventions pédagogiques doivent s’appuyer. Entre 2019 et 2024, un ensemble d’initiatives ont vu le jour pour que le profil soit au centre du projet éducatif du système scolaire francophone et acadien. Les programmes d’études et les ressources pédagogiques mis en œuvre durant cette période s’appuient directement sur les compétences ciblées par le profil.
- En 2019, le plan éducatif provincial de 10 ans intitulé Donnons à nos enfants une longueur d’avance en était à sa troisième année de mise en œuvre. Afin d’orienter le travail quotidien, l’ensemble des intervenants en éducation, les districts scolaires et les services éducatifs du MEDPE ont décidé de mettre la priorité sur le premier des huit grands objectifs de ce plan, soit celui visant la réalisation du projet de vie et de carrière de chaque élève. La poursuite de cet objectif incite l’ensemble du personnel des écoles et des intervenants à réimaginer l’école francophone pour faire en sorte de donner une longueur d’avance aux générations de jeunes francophones qui devront prendre leur place dans la société néobrunswickoise de la même façon que leurs homologues du secteur anglophone, qui sont plus nombreux. En 2021, la campagne Allumez l’étincelle fut lancée pour sensibiliser les parents, les employeurs et les communautés aux changements apportés à l’expérience éducative en vue de promouvoir le développement des compétences et au projet de vie et de carrière de chaque élève dans le secteur francophone.
- Afin d’atteindre les objectifs du plan de 10 ans liés au projet de vie et de carrière, le régime pédagogique et un bon nombre de programmes d’études du secondaire ont été révisés. L’ancienne programmation était une structure relativement rigide formée d’un tronc commun imposant qui s’adaptait peu aux besoins individuels des apprenants. Les modifications apportées proposent maintenant une programmation avec beaucoup plus de choix de cours dès la 9e année et des contenus qui reflètent davantage le Profil de sortie d’un élève du système scolaire acadien et francophone du Nouveau-Brunswick. Le plan éducatif provincial de 10 ans intitulé Donnons à nos enfants une longueur d’avance sera révisé et actualisé. Des consultations sont en cours et ce processus se poursuit;
- La construction identitaire des élèves demeure une grande priorité au cœur de la mission éducative du système d’éducation francophone et acadien du Nouveau-Brunswick. Dans le cadre de cette entente, un grand nombre de divers projets et initiatives ont été menés pour faire en sorte que chaque école soit un foyer d’épanouissement de la langue et de la culture francophone et acadienne. Le succès et les réalisations des buts de cette Entente se mesurent par les milliers de collaborations observées depuis sa ratification. De plus, dans la foulée de cette Entente, le système éducatif profite grandement de la concertation et de l’orientation réalisée grâce à la Stratégie globale pour l’intégration des arts et de la culture dans la société acadienne au Nouveau-Brunswick et de la Table art et culture en éducation (TACÉ), qui est coprésidée par l’Association acadienne des artistes et des professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick (AAAPNB) et le MEDPE;
Les services d’actualisation linguistique mis de l’avant pour accueillir les enfants de parents ayants droit qui parlent peu ou ne parlent pas le français ont joué un rôle crucial pour leur permettre de vivre leur réussite scolaire au même titre que les élèves francophones.
Principaux défis et priorités
Au cours de l’automne 2023, une consultation s’est déroulée auprès des conseils d’éducation des trois districts scolaires francophones, de l’ensemble des organismes communautaires partenaires en éducation et des services éducatifs du MEDPE. Le but de cette consultation était de faire le portrait de la situation afin de bien orienter la rédaction du nouveau plan d’action 2024-2025 à 2027-2028. Il va sans dire que les défis propres et connus aux écoles francophones en contexte minoritaire ont refait surface. La consultation a relevé les grands besoins en services de francisation, les inquiétudes liées à la croissance de l’anglicisation de nos communautés, les défis liés à l’insécurité linguistique et au faible niveau de littératie chez les élèves et les données qui révèlent que l’attirance vers les écoles de la majorité est bien réelle.
La consultation a également mis en évidence de nouveaux éléments qui ont un impact majeur sur le système scolaire francophone et acadien et sur la qualité de l’éducation même de ses élèves. Trois domaines ont retenu l’attention :
- Les impacts de la pandémie
- La démographie changeante
- Le personnel éducatif
Les enfants des familles de la province ont vécu, comme ceux d’ailleurs, une expérience sans précédent qui les ont affectés et qui continuera probablement de les affecter durant tout leur parcours scolaire. La consultation a révélé de grandes inquiétudes quant aux impacts directs ou indirects de la pandémie sur les résultats scolaires, le bien-être des apprenants et une croissance des problèmes de comportement dans les classes. Le taux de réussite à l’examen de lecture à haute voix de 2e année a chuté entre 2019 à 2023 de 74,8 % à 60,2 %. Durant cette même période, le taux de réussite à l’examen de mathématiques de 3e année a chuté de 81,0 % à 63,2 %.
Au 1er juillet 2023, la population du Nouveau-Brunswick était estimée à 834 691 habitants. La province rapporte une augmentation de 8,3 % au cours de la période entre 2018 et 2023. La composition de la salle de classe typique est en train de se transformer rapidement. Le personnel des écoles et des districts scolaires éprouve beaucoup de difficultés à s’ajuster à cette nouvelle réalité et il doit réinventer quotidiennement l’environnement d’apprentissage pour veiller à ce que chaque enfant, peu importe son origine, puisse vivre une expérience éducative positive. Afin de soutenir le personnel, il faudra l’outiller avec de nouvelles ressources et un savoir-faire pédagogique adapté à ces nouvelles réalités. Les écoles auront également besoin d’avoir à leur disposition plus de personnel avec de nouvelles compétences.
L’ensemble des provinces et des territoires du Canada éprouve des difficultés importantes à pourvoir les postes vacants avec du personnel breveté. Le Nouveau-Brunswick ne fait pas exception. L’augmentation des effectifs scolaires et le grand nombre de départs à la retraite prévus au cours des dix prochaines années décrivent des défis importants qui nécessitent que des stratégies et des mesures spéciales soient mises en place rapidement pour le recrutement et la rétention du personnel.
Processus de consultation
À l’automne 2023, une consultation importante impliquant l’ensemble des intervenants en éducation a eu lieu en prévision de la rédaction du plan d’action du secteur francophone qui précisera les initiatives financées dans le cadre du Protocole d’entente relatif à l’enseignement dans la langue de la minorité et à l’enseignement de la langue seconde 2024-2025 à 2027-2028.
Dans un premier temps, un exercice a été effectué auprès des trois conseils d’éducation de district, des organismes partenaires en éducation et du secteur pédagogique du MEDPE. Six rencontres ont été organisées, à hauteur d’une réunion par conseil d’éducation, de deux réunions avec les organismes partenaires et d’une avec le secteur pédagogique du MEDPE. Ces rencontres ont été réalisées dans le but de déterminer quels éléments du plan d’action réalisé de 2019 à 2023 devaient être conservés et ceux à y ajouter. Voici la liste des organismes et des conseils qui ont été consultés :
- Conseil d’éducation du district scolaire francophone Nord-Ouest;
- Conseil d’éducation du district scolaire francophone Nord-Est;
- Conseil d’éducation du district scolaire francophone Sud;
- Fédération des conseils d’éducation du Nouveau-Brunswick;
- Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick;
- Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick;
- Association francophone des parents du Nouveau-Brunswick;
- Conseil pour le développement de l’alphabétisme et des compétences des adultes du Nouveau-Brunswick;
- Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick;
- Faculté des sciences de l’éducation, Université de Moncton;
- Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick;
- Conseil provincial des sociétés culturelles;
- Réseau atlantique de diffusion des arts de la scène;
- Association francophone des garderies éducatives du Nouveau-Brunswick.
L’ensemble de ces consultations ont permis l’élaboration du plan d’action 2024-2025 à 2027-2028. Ce plan a été présenté aux présidents des trois conseils d’éducation en septembre 2024 afin qu’ils puissent comprendre le lien entre les éléments captés durant la consultation et les changements apportés au plan 2019-2023.
1.2 Secteur anglophone
Les quatre districts scolaires anglophones comptent 566 établissements d'éducation préscolaire et de garde d'enfants agréés, qui offrent 22 401 places aux enfants de la petite enfance à l'âge de 12 ans. En 2017, le ministère a mis en place un programme de désignation volontaire pour les établissements accueillant des nourrissons et des enfants d'âge préscolaire, dans le cadre de son initiative de transformation visant à créer un système public d'apprentissage et de garde des jeunes enfants. Les établissements désignés doivent répondre à des critères qui dépassent les exigences minimales en matière d'autorisation, y compris, mais sans s'y limiter, avoir un plan annuel d'amélioration de la qualité, se conformer au seuil des frais de marché et au programme de subvention aux parents, et mettre en œuvre l'un des deux cadres de programmes d'apprentissage et de garde des jeunes enfants requis dans la langue du cadre choisi. Cette mesure a été prise pour aligner le système d'apprentissage et de garde des jeunes enfants sur le double secteur de l'éducation publique du Nouveau-Brunswick et a éliminé la possibilité pour un établissement d'apprentissage et de garde des jeunes enfants désigné de fonctionner de façon bilingue. Parmi les établissements d'éducation préscolaire et de garde d'enfants anglophones admissibles, 381 sur 406 (94 %) sont désignés, ce qui représente 11 357 places préscolaires. Au 1er octobre 2024, 8 826 enfants d'âge préscolaire (du nourrisson à l'enfant de 5 ans) étaient inscrits dans un établissement désigné. Au 1er octobre 2023, le secteur de l'éducation publique anglophone comptait un total de 205 écoles dans la province, reflétant une gamme de configurations d'années d'études (p. ex., M-5, M-8, 6-8, 6-12, 9-12). Le nombre d'élèves inscrits à l'époque était de 75 736. De ce nombre, 32 342 élèves étaient au niveau élémentaire (M-5), 17 474 au niveau intermédiaire (6-8) et 25 920 au niveau secondaire (9-12, y compris les anciens diplômés).
Aperçu des options des programmes de français langue seconde
Le secteur anglophone de l'éducation est responsable de l'élaboration des programmes d'études en anglais de la maternelle à la 12e année. Étant donné que l'enseignement du français est obligatoire dans le secteur anglophone jusqu'à la 10e année, diverses options de programmes sont également élaborées pour aider les élèves à acquérir des compétences en français. Les élèves du secteur anglophone peuvent choisir soit un parcours d'anglais principal, dans lequel ils étudient le français comme matière, soit un parcours d'immersion en français, dans lequel ils apprennent le français en étudiant la plupart des matières du programme en français, soit une combinaison d'un parcours d'anglais principal avec la possibilité d'entrer dans un programme d'immersion en français tardif. En octobre 2024, 143 des 206 écoles (69 %) du secteur anglophone offraient un programme d'immersion en français. Parmi les 131 écoles qui accueillent des élèves de 1re année, 67 offraient le point d'entrée en immersion française en 1re année. Parmi les 82 écoles qui accueillent des élèves de 6e année, 25 offraient le point d'entrée de la 6e année à l'immersion en français. Parmi les 49 écoles secondaires, 37 offrent un programme d'immersion en français. Par ailleurs, les 206 écoles offrent une forme quelconque d'enseignement du français aux élèves anglophones, soit par le biais d'expériences d'apprentissage du français, soit par le biais d'un programme de français pré-intensif, intensif ou post-intensif. En 11e et 12e années, certaines des plus petites écoles secondaires ne peuvent offrir que le français post-intensif en ligne. Voici une description des programmes éducatifs actuellement disponibles pour aider les élèves anglophones à apprendre le français.
Anglais principal (EP) : Les élèves de la maternelle à la 3e année (âgés de 5 à 8 ans) passent environ 30 minutes par semaine à participer à des expériences d'apprentissage de la langue et de la culture françaises. Ces expériences sont enseignées par l’enseignant principal, qui a accès à des ressources permettant d'améliorer la prononciation et le développement de la langue. De la 4e à la 10e année, les élèves suivent des cours de français pré-intensif (4e année), de français intensif (5e année) et de français post-intensif (6e à 10e année). Les programmes de français intensif engagent les élèves à parler, lire et écrire à des fins authentiques liées à des thèmes, des recherches et des idées pertinents et adaptés à leur âge. Les horaires d'enseignement du français sont les suivants : 4e année - 150 minutes par semaine; 5e année - 1000 minutes par semaine au premier semestre et 150 minutes par semaine au second semestre; 6e à 8e année - 200 minutes par semaine; et 9e et 10e années - un cours de 90 heures par an.
Immersion en français (entrée en première année) (FI) : Les élèves apprennent le français par le biais des arts de la langue française et en étudiant la majorité des autres matières (par exemple, les sciences, les études sociales, les mathématiques) en français. Ils suivent le même programme que leurs homologues anglophones pour toutes les matières, en utilisant le français comme langue d'enseignement. Les heures d'enseignement en français suggérées pour le programme d'immersion en français de la 1re année sont les suivantes : 1re et 2e années - 85 % de la journée scolaire; 3e à 5e année - 80 % de la journée scolaire; 6e à 8e année - 70 % de la journée scolaire; 9e et 10e années - 50 % de l'année scolaire; et 11e à 12e année - un minimum de 40 heures-crédits ou 10 cours complets d'un semestre en français.
Immersion française tardive (entrée en 6e année) (FI) : Comme les élèves qui s'inscrivent en immersion française en première année, les élèves de ce programme apprennent le français en étudiant de nombreuses matières en français. Ils s'efforcent eux aussi d'atteindre les mêmes résultats scolaires dans toutes les matières que les élèves anglophones. Les horaires d'enseignement en français sont les suivants : 6e à 8e année - 70 % de la journée scolaire; 9e et 10e années - 50 % de l'année scolaire et 11e à 12e année - un minimum de 40 heures-crédits ou 10 cours semestriels complets en français.
Programme de français langue seconde pour les 11e et 12e années (PIF) : L'enseignement du français est facultatif pour les élèves des 11e et 12e années. Cependant, les élèves sont fortement encouragés à continuer à suivre des cours de français afin de soutenir le développement continu de leurs compétences linguistiques. Les écoles secondaires sont tenues de proposer des cours de FLS (immersion en français et français post-intensif) en 11e et 12e années. Un nombre limité de cours de français en ligne est disponible pour aider toutes les écoles, en particulier les plus petites, à remplir cette obligation.
Les élèves anglophones de ces niveaux peuvent continuer à étudier les cours de français post-intensif 110 et 120 et/ou s'inscrire à un cours d'immersion en français s'ils se sentent confiants dans leur niveau de compétence en français. Le niveau de français que les élèves atteindront au moment de l'obtention de leur diplôme d'études secondaires variera, tout comme les résultats obtenus dans d'autres matières. L'attitude des élèves, leurs expériences d'apprentissage parascolaires et leur motivation contribuent à leur réussite dans l'apprentissage de la langue française, tout comme l'intensité pédagogique du programme. L'objectif provincial est que tous les élèves du secteur anglophone atteignent au moins le niveau Intermédiaire/B1.1 ou plus (Intermédiaire Plus/B1.2, Avancé/B2.1, Avancé Plus/B2.2).
Voici une ventilation des inscriptions au programme de français langue seconde pour l'année scolaire 2023-2024 du secteur anglophone. Sur l'ensemble des 75 736 élèves, y compris la maternelle, 24 307 élèves (34,3 %) étaient inscrits en immersion française (de la 1re à la 12e année), tandis que 51 429 (65,7 %) étaient inscrits en anglais langue première. Les statistiques suivantes offrent une perspective plus claire sur les niveaux de choix lorsque l'enseignement en français est obligatoire : au niveau élémentaire (de la maternelle à la 5e année), 9 426 élèves de la 1re à la 5e année (29 %) ont choisi l'immersion française, et 22 921 ont choisi l'anglais principal avec des expériences d'apprentissage du FLS, y compris le français pré-intensif et le français intensif. Au niveau de l'école intermédiaire (6e à 8e année), 6 863 élèves (39 %) ont opté pour l'immersion en français, tandis que 10 611 élèves (61 %) ont choisi le français post-intensif. En 9e et 10e années, les deux dernières années où l'enseignement du français est obligatoire, 4 276 élèves (33 %) étaient inscrits en immersion française et 8 570 élèves (67 %) en français post-intensif.
Voici une description des possibilités d'enrichissement actuellement disponibles pour aider les étudiants anglophones à apprendre le français.
Assistants de langue de France : Les assistants de langue de France sont des francophones compétents qui offrent des modèles linguistiques aux apprenants et au personnel, ainsi que des opportunités linguistiques et culturelles. Ils possèdent au moins un diplôme de 1er cycle en français langue additionnelle, en linguistique, en littérature anglaise/française, en éducation, en langues classiques et modernes ou dans un domaine connexe. Ils immergent les étudiants dans la culture francophone et proposent des activités complémentaires pour renforcer l'apprentissage du français. Ces activités sont proposées en milieu rural et urbain et s'adressent à tous les niveaux, de la maternelle à la 12e année.
Opportunités de crédits : Les jeunes chanteurs d'Acadie, l'Université Sainte-Anne (Explore), l'Université de Moncton (Explore et Impact) et le YMCA (Emploi d'été Échange d'étudiants) offrent aux apprenants la possibilité de compléter un programme immersif et d'obtenir un crédit d'études secondaires. Les programmes Explore et Odyssée sont actuellement accessibles à tous les élèves du secondaire. Les possibilités offertes par les établissements postsecondaires francophones sont également promues auprès des élèves anglophones. Les élèves de deux écoles secondaires anglophones pilotes peuvent actuellement accéder à des cours en ligne très intéressants offerts par le secteur francophone. Deux vidéos promotionnelles ont été produites pour souligner les avantages de l'apprentissage du français comme deuxième langue.
Opportunités d'apprentissage du français en milieu rural (FLORA) : Ce programme est conçu pour enseigner le français comme langue seconde aux élèves du primaire dans les régions rurales de la province où l'immersion en français n'est pas disponible dans les écoles primaires locales. Le programme est prévu pour durer environ 30 minutes par jour et utilise un environnement d'apprentissage mixte qui combine l'enseignement quotidien de l'enseignant avec un temps d'apprentissage supplémentaire, au cours duquel les élèves participent à des activités d'apprentissage personnalisées sur une grande variété de plateformes numériques pour améliorer leurs compétences en expression orale, en lecture et en écriture en français. Ces activités sont conçues pour renforcer les compétences en lecture et en calcul que les élèves acquièrent quotidiennement. FLORA est désormais pleinement opérationnel en tant que ressource accessible à tout éducateur. Actuellement, 94 écoles utilisent la ressource FLORA.
Centre d'excellence pour l'apprentissage des langues (COELL) : Les réactions aux séances d'engagement concernant l'apprentissage du français ont abouti à la recommandation à court terme de lancer un Centre d'excellence pour l'apprentissage des langues (COELL) qui se concentre sur l'augmentation des possibilités authentiques d'apprentissage des langues pour les apprenants de langue française. Les domaines d'intervention du centre sont les suivants : 1) offrir des possibilités d'apprentissage des langues inclusives, novatrices et authentiques; 2) faciliter les liens entre les éducateurs, les apprenants, les experts et les partenaires communautaires afin de soutenir et d'enrichir l'apprentissage des langues; et 3) promouvoir les avantages de l'apprentissage des langues en tant que compétence globale et exposer les apprenants aux opportunités de carrière au Nouveau-Brunswick. Le COELL a été lancé à la fin du mois de février 2024.
Réseau d'innovation : Au sein du COELL se trouvent les anciennes écoles d'apprentissage des langues et les bénéficiaires de subventions pour l'innovation dans l'apprentissage de la langue française. Au total, 49 écoles reçoivent des fonds pour innover dans l'apprentissage du français, en se concentrant sur les six piliers de Dicks pour des programmes de langue seconde réussis. Les programmes de langue seconde les plus réussis maximisent ces six piliers clés : la fréquence, l’intensité, l’étendue, la communication significative, la motivation et l’efficacité de l’enseignement.
Les écoles auront l'occasion de créer des réseaux, de partager des idées et de participer à un forum de collaboration centré sur l'apprentissage du français.
Autres possibilités d'enrichissement : La Direction de l'apprentissage et de la réussite supervise un programme d'été d'immersion linguistique en français pour les élèves de 9e et 10e années (Impact) à l'Université de Moncton, un programme virtuel d'apprentissage du français pendant l'été pour les élèves des écoles intermédiaires (Connect) et une soirée virtuelle de jeux en français en collaboration avec l'Université Saint-Thomas.
Structure de gouvernance de l'éducation
En tant que seule province officiellement bilingue du Canada, la Loi sur l'Éducation stipule que l'enseignement doit être dispensé dans la langue officielle du district scolaire. Dans les districts scolaires anglophones, l'anglais est la langue d'enseignement et de fonctionnement; toutefois, des possibilités d'apprentissage du français comme langue seconde sont également offertes dans ces districts. La Direction de l'apprentissage et de la réussite de la Division des services éducatifs anglophones du CED est principalement responsable de l'établissement des programmes d'anglais et de français langue seconde (FLS) et des curriculums connexes pour tous les élèves du système d'éducation publique anglophone de la maternelle à la 12e année, y compris les attentes en matière de réussite. L'unité de service de conception de cette direction supervise la conception des cours en ligne et du matériel d'apprentissage en ligne, dont certains sont des cours d'immersion en français et de français langue seconde. La Direction des services d'évaluation et d'analyse est responsable des évaluations de la langue orale française, ainsi que des évaluations provinciales en lecture, mathématiques et sciences en français.
La Politique 309 – Les programmes de français langue seconde du ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance établit des normes pour divers aspects des programmes de français langue seconde dans les districts scolaires anglophones du Nouveau-Brunswick. La Politique décrit les différents programmes de français langue seconde offerts dans la province, fournit des lignes directrices pour l'établissement des classes, précise le temps d'enseignement du français dans chaque programme, rend obligatoire l'évaluation de la compétence orale des élèves et définit le niveau de compétence orale requis pour enseigner les divers programmes. Les districts scolaires sont guidés par la Politique 309 lorsqu'ils prennent des décisions concernant les programmes de français langue seconde. Pour faire suite aux séances d'engagement provinciales au Nouveau-Brunswick mentionnées plus haut dans le présent document, une équipe de projet a élaboré une trousse de consultation concernant la politique provinciale sur les programmes de français (Politique 309) à remplir par les intervenants du système. Les réponses seront analysées à la fin de l'année 2024. Il a été jugé nécessaire de créer un plan provincial triennal pour renforcer les programmes de langue française une fois que la politique 309 aura été mise à jour en fonction des commentaires des intervenants.
Chaque district scolaire dispose d'un conseil d'éducation de district (CED) composé de membres élus publiquement et localement qui servent d'employeur à la direction générale du district. Ils définissent l'orientation générale et les priorités du district. La direction générale exécute les politiques et les plans du CED dans le cadre provincial. La direction générale a de larges responsabilités pour assurer la qualité de l'apprentissage et gérer les services et les programmes, y compris les programmes de FLS, les budgets et les ressources. Elle met en œuvre le plan d'amélioration du district et respecte le plan de dépenses du district. La direction générale supervise également les membres du personnel, tels que la direction du curriculum et de l'instruction, les directions d'école, les coordonnateurs des matières du FLS et les accompagnateurs du FLS, qui sont principalement responsables de la mise en œuvre des programmes de FLS dans le district scolaire. Les efforts de ces personnes se concrétisent par l'intermédiaire des directions d'école et des enseignants de FLS. Les directions d’école sont responsables devant la direction générale et doivent superviser la mise en œuvre des programmes éducatifs au sein de leurs écoles. Chaque école dispose d'un Comité parental d’appui à l’école (CPAÉ), qui conseille la direction d'école dans la définition des objectifs éducatifs et des lignes directrices pour l'environnement d'apprentissage des élèves.
Aperçu des principales réalisations de l'Entente Canada-Nouveau-Brunswick relative à l'enseignement du français langue première et à l'enseignement de la langue seconde 2019-2024
L’Entente a permis d'obtenir diverses réalisations clés qui ont fait progresser les programmes de français pour les élèves et les enseignants du secteur anglophone de la province au cours de cette période.
- Le financement de l'Entente a permis d'assurer la mise en œuvre réussie et continue de l'entrée en immersion française en 3e année, qui a débuté en 2010 à la suite d'une décision provinciale prise en 2008 d'éliminer l'entrée en immersion française en 1re année. Des programmes d'études en arts dans la langue française, des normes de rendement connexes et des ressources ont été élaborés et fournis pour aider les élèves qui entrent en immersion française de la 3e à la 10e année.
- Le financement par le biais de fonds additionnels reçus dans le cadre de l'Entente 2019-2023 et des mesures provisoires 2023-2024 a contribué de manière significative à l'élaboration de programmes pour le retour à l'entrée en immersion française en 1re année, ainsi qu'à l'établissement de l'initiative French Learning Opportunities for Rural Areas (FLORA). Ces deux initiatives ont représenté des efforts et des changements importants pour les programmes de français langue seconde.
- Davantage de programmes d'études du Nouveau-Brunswick ont été rendus disponibles dans les deux langues officielles, élargissant ainsi les options de cours et les ressources en français pour les élèves et les enseignants. Ces documents ont été rendus accessibles sur une plateforme en ligne bilingue, améliorant ainsi l'accessibilité pour tous.
- Afin d'assurer la disponibilité du français post-intensif en 11e et 12e années comme option pour les élèves anglophones dans toutes les écoles secondaires, les versions en ligne des deux cours ont été achevées après que les cours en face à face ont été finalisés et mis en œuvre. Simultanément, d'autres cours d'immersion en français ont été élaborés et/ou traduits afin d'offrir davantage d'options de cours de français aux élèves des programmes d'immersion en français et d'anglais principal.
- Des progrès notables ont été réalisés dans la mise en œuvre du Cadre européen commun de référence (CECR). Les enseignants se sont familiarisés avec les indicateurs et des corrélations ont été établies avec l'échelle de compétence orale en langue seconde du Nouveau-Brunswick. Des continuums d'indicateurs du CECR ont été créés pour aider les élèves à documenter leurs compétences en français et à établir des objectifs futurs. Des affiches du CECR comportant des énoncés « Je peux » ont été conçues et distribuées dans de nombreuses classes de la 6e à la 12e année. Des versions en ligne de ces outils ont également été créées et affichées sur le site Web Learning at Home du gouvernement du Nouveau-Brunswick.
- Le financement de l'Entente 2019-2024 a permis de créer et d'étendre l'initiative Services Linguistiques, qui vise à améliorer les compétences en français du personnel des écoles, des districts et du ministère. Les phases 1 à 4 des Services Linguistiques ont été achevées et comprennent : la mise en place d'un comité directeur, le développement d'une plateforme d'apprentissage en ligne, la création de modules d'apprentissage professionnel alignés sur le CECR, l'embauche d'accompagnateurs linguistiques et culturels, le lancement d'opportunités d'apprentissage au sein du système éducatif et la réalisation d'une enquête de satisfaction auprès des enseignants. La quatrième phase comprenait la création d'un site Web et l'enrichissement des événements et des opportunités sociales et culturelles, qui comprenaient des clubs de peinture, un club de lecture, des ateliers de cuisine, des voyages en bus, et plus encore. Depuis l'automne 2022, Services Linguistiques a enregistré plus de 1 376 inscriptions et a servi plus de 936 éducateurs. La production et l’entretien/amélioration des 30 modules (couvrant les niveaux A1 à C2) se poursuivent.
- L'innovation se poursuit avec le développement d'un nouvel outil d'auto-évaluation des compétences linguistiques. Les efforts de recherche se sont poursuivis et ont été présentés à l'Association canadienne de linguistique appliquée et au Symposium de recherche du Nouveau-Brunswick. Le programme des assistants de langue de France est passé de deux assistants de langue pour l'année scolaire 2022-2023 à plus de 20 pour l'année scolaire 2023-2024. Actuellement, 17 assistants linguistiques sont affectés à des écoles dans les quatre districts scolaires anglophones.
- Au cours de l'entente précédente, le Nouveau-Brunswick a été en mesure d'offrir aux enseignants des possibilités d'apprentissage professionnel approfondies concernant l'importance des évaluations formatives et l'utilisation continue des données de ces évaluations pour éclairer l'enseignement. L'apprentissage professionnel a également porté sur les stratégies d'intégration de la conception universelle de l'apprentissage dans les plans de cours quotidiens et sur la façon d'offrir aux élèves des expériences d'apprentissage authentiques qui favorisent la croissance dans la langue française et l'appréciation de la culture française.
- Les possibilités offertes aux enseignants de français langue seconde (FLS) d'améliorer leurs compétences en français ont été élargies pour répondre à la demande croissante des enseignants de français. Des efforts ont également été faits pour s'assurer que les enseignants reçoivent davantage de commentaires sur les domaines qui nécessitent une attention particulière afin d'améliorer leur compétence en français. Dès 2023, le recrutement d’enseignants de français langue seconde est devenu une préoccupation. Pour aider à résoudre ce problème, le secteur anglophone a mis au point quatre modules en ligne pour les enseignants suppléants titulaires d'un permis d’enseignement local qui maîtrisent le français, afin de les aider à comprendre les responsabilités de l'enseignement dans le système d'éducation publique anglophone, ainsi que l'enseignement du français.
Des changements importants ont également été apportés aux évaluations provinciales utilisées pour suivre les progrès des élèves en matière de maîtrise du français.
- Évaluations de la compréhension de la lecture en français : En 2021-2022, les évaluations provinciales sont passées d'un échantillonnage matriciel à une évaluation par recensement, permettant une analyse plus approfondie et une recherche longitudinale. Pour réduire le nombre d'évaluations administrées en 4e, 6e et 10e années, il a fallu élaborer de nouvelles évaluations. Par conséquent, une évaluation de la lecture en immersion française (IF) de 5e année a été élaborée pour remplacer l'évaluation de l'IF de 4e année, une évaluation de la lecture en immersion française de 7e année a été élaborée pour remplacer l'évaluation de l'IF de 6e année, et une évaluation de la lecture en français post-intensif (FPI) de 7e année a été élaborée pour remplacer l'évaluation du FPI de 6e année. L'évaluation de la lecture en FLS de 10e année (immersion en français et français post-intensif) est restée en 10e année. Ces évaluations sont passées d'un format papier à un format numérique, en utilisant une plateforme en ligne, à partir de 2021-2022. Une nouvelle évaluation de la lecture en début de scolarité, élaborée pour suivre et soutenir les jeunes lecteurs en immersion française de la 1re à la 3e année, a été mise en œuvre en 2022-2023.
- Entrevues de compétence orale : Une évaluation de la compétence orale a été introduite pour les élèves de 6e année au cours de l’année scolaire 2016-2017. Cette évaluation s’est poursuivie selon un cycle biennal, en alternance avec des entrevues orales de compétence menées auprès des élèves de 10e année. Les participants sont sélectionnés au moyen d’une méthode d’échantillonnage aléatoire afin de représenter les programmes de français langue seconde (FLS). De plus, les étudiants participant aux activités d’opportunités d’apprentissage des langues ont pris part à des entretiens de compétence orale au cours de l’année universitaire 2021-2022. Dans le cadre des efforts continus pour donner suite aux recommandations à long terme du Nouveau-Brunswick visant à améliorer l’apprentissage de la langue française, un nouvel outil d’évaluation des compétences orales est en cours d’élaboration en 2024 en collaboration avec les quatre districts anglophones. L’objectif principal de cet outil est de soutenir l’accès aux programmes en français, mais il peut également être utilisé pour améliorer l’enseignement et les résultats d’apprentissage.
- Résultats des entrevues de compétence orale : En raison d’initiatives financées dans le cadre de la dernière entente, les observations suivantes peuvent être faites (remarque : la première cohorte d’immersion précoce en français (3e année) à être évaluée en 12e année a été testée en 2019-2020. Avant cette année-là, les élèves en immersion française précoce évalués en 12e année provenaient du programme d’immersion française de 1re année) :
- Les élèves de 12e année du programme d’immersion française précoce ont affiché une augmentation de 18,3 % du nombre d’élèves atteignant un niveau avancé ou supérieur en français de 2012-2013 à 2017-2018.
- Les élèves en immersion française tardive de 12e année ont affiché une augmentation de 20,4 % du nombre d’élèves atteignant le niveau intermédiaire plus ou supérieur en français de 2012-2013 à 2017-2018.
- L’échantillon aléatoire d’entrevues orales sur la compétence en 10e année (stratifié par programme : FI précoce, FI tardif et français post-intensif) a révélé une augmentation de 13 % du nombre d’élèves ayant atteint le niveau intermédiaire ou supérieur en français de 2011-2012 à 2017-2018.
- La comparaison des résultats de l’immersion française précoce de 12e année de 2022-2023 (3e année) à ceux de 2017-2018 (1re année) montre une diminution de 17 % du nombre d’élèves atteignant un niveau avancé ou supérieur.
- Les élèves tardifs en immersion française ont affiché une baisse de 15,3 % du nombre d’élèves atteignant le niveau intermédiaire plus ou supérieur en français de 2017-2018 à 2022-2023.
- L’échantillon aléatoire d’entrevues orales de compétence en 10e année (stratifié par programme : FI précoce, FI tardif et français post-intensif) a indiqué une augmentation de 10,6 % du nombre d’élèves atteignant un niveau intermédiaire ou supérieur en français entre 2017-2018 et 2020-2021.
Principaux défis et priorités
L’un des défis auxquels est confronté le secteur anglophone du MEDPE est de savoir comment aider tous les élèves à obtenir leur diplôme d’études secondaires avec un niveau de français intermédiaire/B1.1 ou supérieur. Malgré les changements apportés aux programmes de FLS au fil des ans qui ont montré une certaine amélioration de la compétence en français, environ 50 % des élèves n’atteignent toujours pas l’objectif provincial souhaité. Étant donné que le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue du Canada, il est important que le système d’éducation s’assure que les élèves anglophones obtiennent leur diplôme avec une base solide en français (au moins à un niveau intermédiaire) sur laquelle ils peuvent s’appuyer.
Avec le retour à un point d’entrée en 1re année pour l’immersion française et la demande du gouvernement de créer un programme de français langue seconde (FLS) pour les régions rurales de la province où les élèves n’ont pas accès à l’immersion française au niveau primaire, et peut-être aussi au niveau secondaire, la demande pour plus d’enseignants de FLS a augmenté. Parallèlement, le secteur francophone est activement à la recherche d’enseignants de français, tout comme d’autres régions du pays. Le recrutement d’enseignants d’expression française pose un défi de taille et risque de se poursuivre, d’autant plus que la New Brunswick Teachers’ Association prévoit un départ à la retraite relativement important d’enseignants, dont certains seront des enseignants de français langue seconde, dans environ cinq ans.
Dans son rapport de 2018, la vérificatrice générale a noté que « les changements fréquents apportés au système d’éducation perturbent sa stabilité et détournent l’attention de l’éducation des élèves ». Le rapport cite en exemple trois changements majeurs apportés au programme d’immersion française sur une période de 10 ans et cinq plans d’éducation provinciaux différents sur une période de 15 ans. Les personnes interrogées ont indiqué qu'« il est difficile pour les écoles et les districts scolaires de fonctionner efficacement dans un environnement en constante évolution ». Le rapport a averti le MEDPE qu’avant de mettre en œuvre des changements majeurs qui auront un impact sur le système éducatif, il est essentiel de faire preuve de « diligence raisonnable et de prendre en compte les soutiens requis » nécessaires pour faciliter les transitions en douceur et assurer la réussite de la mise en œuvre. Le MEDPE convient qu’il est important d’établir les conditions de réussite (telles qu’un financement adéquat, des ressources humaines, des programmes d’études, une formation des enseignants, des outils et des méthodologies, une évaluation complète des risques de l’impact du changement sur les opérations et d’autres initiatives en cours au niveau du ministère, du district scolaire et de l’école, ainsi que des stratégies d’atténuation des risques) avant de lancer un nouveau projet ou une nouvelle initiative et gardera à l’esprit les changements apportés à l’enseignement du français langue seconde. (Rapport de la vérificatrice générale de 2018, chapitre 2 « L’amélioration du rendement des élèves : un défi au Nouveau-Brunswick »)
Le rapport de la vérificatrice générale a également noté que le « programme d’immersion française ajoute à la complexité des opérations dans le secteur anglophone » de plusieurs façons. Par exemple, il y a « beaucoup plus d’étudiants ayant des plans d’apprentissage personnalisés dans le programme anglais qu’en immersion française ». De plus, en raison de « changements récurrents apportés aux programmes de langue française dans le secteur anglophone, au cours de l’année scolaire 2017-2018, il y avait sept cohortes d’élèves en immersion française dans le secteur anglophone. Une cohorte est un groupe d’élèves partageant le même cheminement éducatif à travers les niveaux scolaires. De tels facteurs font en sorte que les écoles et les directions d’école doivent gérer le fardeau administratif de la préparation des classes et de l’embauche des enseignants pour différents groupes d’élèves qui ont adhéré au programme d’immersion française à divers moments. (Rapport de la vérificatrice générale de 2018, chapitre 2 « L’amélioration du rendement des élèves : un défi au Nouveau-Brunswick »)
En 2023-2024, dans le cadre des efforts provinciaux d’amélioration de l’éducation, des séances de mobilisation ont été organisées avec les familles et les membres de la communauté. Ces séances ont permis de cerner les défis et de générer des idées pour améliorer le système d’anglais principal et l’apprentissage de la langue française au Nouveau-Brunswick. À l’automne 2023, une recommandation provinciale à long terme demandait l’établissement d’un plan clair (avec des points de repère et des objectifs) pour renforcer l’apprentissage de la langue française dans le système anglophone de la maternelle à la 12e année du Nouveau-Brunswick. Ce plan comprend l’élargissement des options de cours et des possibilités pour les élèves du secondaire, ainsi que l’exploration des options pour améliorer l’accès au programme pour ceux qui commencent l’immersion française. Le même document de recommandation à long terme demandait au nouveau Centre d’excellence en apprentissage des langues d’élargir son offre d’apprentissage authentique des langues pour les apprenants de langue française. Cet élargissement comprend la création d’un plan stratégique visant à développer davantage de partenariats avec des organismes communautaires et des fournisseurs d’enrichissement, créant ainsi un menu de possibilités accessibles pour les apprenants, les éducateurs et les familles d’apprenants de langue française.
Les commentaires recueillis lors des séances de mobilisation provinciales de 2023-2024 ont indiqué que les répondants souhaitaient que les programmes en français soient plus accessibles. On a demandé de faciliter la participation des élèves qui ont appris le français dans d’autres provinces ou territoires ou qui sont transférés dans une école d’immersion française en dehors des points d’entrée de la 1re et de la 6e année, en leur permettant de choisir la façon dont ils vont s’engager dans le développement de la langue française. Cela est devenu de plus en plus important en raison de la croissance démographique et de la mobilité.
Compte tenu de la nature inclusive du système d’éducation au Nouveau-Brunswick et de l’augmentation des inscriptions en immersion française, la nécessité d’offrir un meilleur encadrement et un soutien aux élèves qui apprennent le français tout en s’adaptant à un nouveau système scolaire et à un nouveau contenu s’est accrue. Cette nécessité est devenue encore plus pressante alors que l’immigration est un élément essentiel de la stratégie de renouveau économique du Nouveau-Brunswick. Le nombre d’apprenants nouveaux arrivants qui entrent dans le système scolaire du Nouveau-Brunswick n’a cessé d’augmenter. Le nombre de nouveaux arrivants qui en sont à leur première ou deuxième année au Nouveau-Brunswick et qui apprennent l’anglais aux niveaux A1 à B1 a doublé dans le secteur anglophone au cours des dernières années, passant de 1 453 en 2018-2019 à 3 236 en 2024-2025. Les chiffres susmentionnés n’incluent pas toutes les nouvelles inscriptions au cours des années spécifiées (uniquement les apprenants de langues de niveau A1 à B1) et ne tiennent pas compte des apprenants de langues qui ont encore besoin d’un soutien après leur deuxième année d’arrivée. De mars 2023 à 2024, les centres d’accueil de district du Nouveau-Brunswick ont accueilli 3 474 nouveaux arrivants. En octobre 2024, ils ont accueilli 2 725 nouveaux arrivants; à cinq mois de la fin de l’exercice, le nombre de nouveaux arrivants dans le système scolaire du Nouveau-Brunswick est susceptible d’égaler ou de dépasser les chiffres de l’an dernier, qui étaient les plus élevés de mémoire récente. Les nouveaux élèves qui participent au programme intensif/post-intensif de français ou à l’immersion française apprennent souvent deux langues ou plus en même temps (français, anglais, langue(s) parlée(s) à la maison) et peuvent avoir besoin d’un soutien supplémentaire pour atteindre leur potentiel et réussir.
D’autres aspects des efforts actuels du Nouveau-Brunswick pour améliorer l’apprentissage de la langue française comprennent l’augmentation du nombre d’options pour les crédits de français au secondaire et l’exploration de la possibilité de mettre en œuvre un programme d’études en français dans les classes d’anglais principal de la maternelle à la 3e année. Cela permettrait aux jeunes élèves d’avoir un meilleur accès au français à un stade plus précoce et aux élèves plus âgés de continuer à développer leurs compétences en français jusqu’à l’obtention de leur diplôme.
Dans le cadre de l’initiative de réaménagement des écoles secondaires qui a débuté en 2021, cinq changements principaux auront une incidence sur les apprenants qui souhaitent avoir plus de choix et d’accès à des cours en français :
- De nouvelles exigences d’obtention du diplôme qui offrent plus de choix et de voix aux apprenants ont été mises en œuvre en septembre 2023.
- Le passage d’un diplôme de deux ans de 18 crédits (72 heures-crédits) à un diplôme de trois ans (100 heures-25 crédits) a eu lieu en 2023.
- Le passage d’une valeur de cours de 1 heure-crédit à une valeur de cours de 4 heures-crédits, permettant une plus grande flexibilité dans les cours semestriels, a été mis en œuvre en septembre 2024.
- L’adoption d’un plan de carrière et de vie dans le cadre des conditions d’obtention du diplôme a été mise en œuvre en septembre 2023.
- Le développement d’options de micro-cours, d’une valeur de 1 heure-crédit basée sur 22,5 heures d’apprentissage, est proposé pour un projet pilote au cours de l’année scolaire 2025-2026.
Assurer un meilleur accès à des cours de français au niveau secondaire qui offrent des expériences d’apprentissage authentiques demeure un défi. Bien que le secteur anglophone ait développé certains cours de français langue seconde en ligne, le nombre d’inscriptions à ces cours n’a pas été aussi élevé qu’espéré. Augmenter l’aisance des élèves avec l’apprentissage des langues en ligne peut être un facteur qui doit être pris en compte.
Offrir l’apprentissage pédagogique professionnel nécessaire aux enseignants de français langue seconde est une préoccupation constante, compte tenu de la progression importante de ces enseignants d’un programme de langue française à un autre. Ce défi est exacerbé par le manque d’enseignants disponibles pour faciliter l’apprentissage professionnel pendant la journée d’enseignement. De plus, le maintien en poste et le recrutement d’enseignants de français langue seconde sont un facteur important du maintien et de la prestation des programmes de français langue seconde au Nouveau-Brunswick. Les consultations de 2023 ont mené à l’élaboration d’une recommandation sur le recrutement et le maintien en poste des enseignants qui comprend les objectifs de faire en sorte que chaque poste d’enseignant soit pourvu par des professionnels admissibles à la certification des enseignants du Nouveau-Brunswick et, s’il n’y a pas d’enseignants qualifiés, des candidats titulaires de permis locaux sont embauchés et mis sur la voie de l’acquisition des qualifications. Dans le cadre de cette recommandation, une équipe de recrutement centralisée s’efforce de recruter des enseignants à l’échelle nationale et internationale par le biais de salons de l’emploi et de campagnes de marketing en personne et virtuelles. Un site Web présentant les postes disponibles dans le domaine de l’éducation, des informations pour les candidats internationaux, les différents parcours professionnels et les exigences respectives a été créé et lancé. Les districts scolaires se concentrent sur l’amélioration de la rétention et du recrutement des enseignants en offrant des possibilités de mentorat et un processus d’intégration approfondi.
Services Linguistiques a la capacité de contribuer à la rétention, au recrutement et au développement du personnel ayant des compétences en français pour répondre aux besoins croissants dans la province. L’un des principaux défis associés à ce projet est la stabilisation du personnel. Lorsque le projet a été conçu, il était prévu que les postes de coachs linguistiques deviennent permanents. Ces employés possèdent des compétences spécialisées, notamment une maîtrise élevée de la langue française, des compétences techniques très développées (acquises sur le tas) et une solide compréhension des niveaux de compétence décrits dans le Cadre européen commun de référence. Le développement de ces compétences prend beaucoup de temps, et chaque fois qu’une nouvelle personne est embauchée et doit être formée, cela fait reculer le projet. Cette initiative est la pierre angulaire du renforcement de la programmation en français dans nos écoles.
Processus de consultation en vue de l’élaboration du Plan d’action 2024-2028
Le Plan d’action du secteur anglophone pour l'Entente Canada-Nouveau-Brunswick relative à l'enseignement du français langue première et à l'enseignement de la langue seconde 2024-2025 à 2027-2028 a été directement éclairé par les commentaires des séances de mobilisation de 2023-2024 et l’élaboration de recommandations à long terme, qui comprenaient des contributions du public, des familles, des éducateurs, des chefs d’établissement, de l’Association des enseignantes et des enseignants du Nouveau-Brunswick, de groupes d’intervenants, d’organismes communautaires, d’experts en la matière, d’éducateurs et de chercheurs de niveau postsecondaire. Les surintendants, les directeurs du programme d’études et de l’enseignement et les coordonnateurs du français langue seconde dans les quatre districts scolaires anglophones, qui sont les principaux responsables de la mise en œuvre de nombreuses initiatives de FLS dans le cadre du Plan d’action, ont été consultés, et la communication avec ces groupes se poursuit.
Le Plan d’éducation de 10 ans du gouvernement du Nouveau-Brunswick (2016-2026), Tout le monde à son meilleur, continue de servir de pierre angulaire dans l’élaboration de la nouvelle entente. Bien que le Plan d’éducation comporte plusieurs initiatives portant sur l’apprentissage de la langue française, les implications de l’objectif 8 – Améliorer les niveaux de littératie en français pour aider tous les apprenants à accéder à une variété de possibilités et d’expériences de vie bilingues – ont été soigneusement prises en compte lors de l’élaboration d’initiatives pour les quatre domaines d’intervention. Des commentaires pertinents ont également été recueillis auprès des administrateurs scolaires, des enseignants, d’autres éducateurs et des membres du grand public qui ont participé à un Sommet sur l’éducation du Nouveau-Brunswick et à des discussions concernant le Livre vert sur l’éducation 2021 : Réussir chez soi.
Entre mai 2022 et février 2023, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a mené des consultations auprès des intervenants, des titulaires de droits et du public afin d’améliorer les classes d’apprentissage de l’anglais principal et du français dans le secteur anglophone. Plus de 14 000 participants ont contribué par diverses méthodes de mobilisation. Le rapport final, intitulé Faire évoluer l’apprentissage de la langue française : surmonter les obstacles et bâtir des ponts – Ce que nous avons entendu, a servi de base à des recommandations à court et à long terme, y compris celles relatives à l’apprentissage de la langue française. Ce rapport a également guidé les groupes cibles de l’Entente Canada-Nouveau-Brunswick relative à l’enseignement en français langue première et à l’enseignement de la langue seconde dans l’élaboration de nouveaux objectifs.
La consultation concernant l’élaboration des compétences globales actuelles du Nouveau-Brunswick éclaire également la création de l’entente. L’importance du plurilinguisme et la nécessité pour les élèves d’apprécier les différentes cultures ont été des facteurs importants pris en compte lors de l’élaboration du plan d’action, ainsi que la façon de s’assurer que tous les programmes d’études en français langue seconde abordent efficacement les compétences globales.
Il y a un cycle de rétroaction continu avec les écoles qui adoptent le programme d’étude. Chaque semaine, il y a une rencontre avec les directeurs des programmes d’études et de l’enseignement de district et trois fois par année s’ajoute la New Brunswick Teachers’ Association (NBTA). Depuis 2018-2019, des consultations sur les exigences relatives à l’obtention du diplôme d’études secondaires ont lieu auprès des éducateurs, des étudiants et des intervenants du secteur postsecondaire. Au cours de ces discussions, il a été déterminé qu’il faut un cours de français langue seconde (FLS) pour les nouveaux arrivants qui arrivent pendant leurs années d’études secondaires, particulièrement en 9e et en 10e années, et qui n’ont jamais étudié le français auparavant. Ce cours a également été jugé nécessaire pour les élèves des Premières Nations qui entrent dans le système scolaire public à partir d’écoles administrées par une bande au niveau secondaire et qui souhaitent s’inscrire à un cours de FLS. Les administrateurs des écoles secondaires ont également reconnu la possibilité de considérer les expériences en français en dehors de la journée scolaire comme étant dignes de crédit pour l’enseignement de la langue française. Par exemple, ils ont déterminé que le programme d’immersion estivale de 9e et de 10e années devait être examiné pour déterminer s’il pouvait être admissible à titre de crédit de FLS. L’élaboration et la mise en œuvre des changements dans les écoles secondaires ont commencé en septembre 2021 et répondent à l’engagement continu avec les premières écoles à adopter le programme d’étude.
Un autre domaine d’intérêt actuel dans le secteur anglophone de la province du Nouveau-Brunswick, qui a fait l’objet de discussions approfondies avec les éducateurs, est la personnalisation de l’apprentissage en fonction des forces et des centres d’intérêt des élèves. Ce sujet et la façon dont il peut être abordé par la mise en œuvre de programmes d’études en anglais et en français langue seconde ont fait l’objet de nombreuses délibérations. La mise en œuvre de ce concept a influencé l’offre de programmes, les zones d’intervention et le soutien au personnel éducatif.
Les commentaires de toutes les consultations susmentionnées, les objectifs du plan d’éducation actuel et les recommandations des séances de mobilisation de 2023-2024 ont éclairé l’élaboration des principales initiatives dans chaque domaine d’intervention. Au cours de la nouvelle entente, le Nouveau-Brunswick entreprendra un certain nombre d’actions stratégiques dans les domaines d’intervention suivants :
Préscolaire : Ce domaine d’intervention mettra l’accent sur l’accès au matériel et aux expériences en langue française. Les initiatives appuieront les installations conformément à l’élément de l’Outil d’évaluation collaborative (CAT-V) intitulé Appuyer la maison et les langues officielles, rangée 1 : Langues officielles, qui stipule que les deux langues officielles sont représentées dans a) au moins certaines des étiquettes présentes, b) les livres et c) d’autres documents imprimés. Les mesures comprendront également l’augmentation du nombre d’éducateurs qui ont terminé le module Explorer les littératies en plusieurs langues et l’animation de communautés de pratique. De plus, l’amélioration de l’accès des familles aux ressources en français afin de promouvoir les possibilités d’apprentissage du français à la maison sera un objectif clé.
Primaire et secondaire : Dans ce domaine d’intervention, le MEDPE continuera de mettre en œuvre des programmes et des méthodes d’enseignement du français novateurs en français afin de renforcer la maîtrise de la langue française de tous les élèves. L’accent sera mis sur l’élaboration de programmes d’études et de ressources pour soutenir les résultats de l’évaluation de la littératie, de la numératie et des compétences orales. Les innovations et le développement de nouveaux outils d’évaluation du FLS, notamment en ce qui concerne la compétence orale, seront également un domaine d’intérêt clé. Les efforts se poursuivront pour fournir aux élèves qui s’efforcent d’apprendre le français un soutien d’échafaudage approprié ou une intervention au moment où le besoin est reconnu. Les actions comprendront le renforcement et l’augmentation des possibilités pour les élèves de participer à des expériences linguistiques et culturelles françaises à l’intérieur et à l’extérieur de la journée scolaire régulière. L’accent sera également mis sur l’assurance que toutes les communications liées aux émissions ou aux occasions en français langue seconde sont clairement et largement partagées avec les publics pertinents.
Études postsecondaires : L’accent sera mis sur l’apprentissage professionnel en littératie, en numératie et en compétences orales, en stratégies, en outils, en recherches et en ressources. De plus, l’accent sera mis sur l’encadrement et l’apprentissage professionnel pour les enseignants de français langue seconde (FLS), en mettant l’accent sur l’évaluation formative et l’utilisation des indicateurs du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR). Les Services Linguistiques offriront des possibilités d’apprentissage du français aux employés des quatre districts anglophones qui souhaitent améliorer leur maîtrise du français et qui n’enseignent pas actuellement en français, y compris les enseignants suppléants. La formation professionnelle continue en vue de la mise en œuvre de l’évaluation de la littératie pour l’immersion française dans les premières années sera une priorité. Le soutien de l’éducateur sera également disponible pour l’utilisation d’un outil d’évaluation des compétences orales en classe à partir des classes intermédiaires. De plus, il existe un besoin continu de financer les éducateurs de français langue seconde pour qu’ils assistent à des symposiums de recherche sur les pratiques éducatives et qu’ils s’engagent et partagent les résultats de la recherche-action concernant les pratiques pédagogiques du français langue seconde aux niveaux des districts, des provinces et du pays.
Consultations pour le suivi de la mise en œuvre du Plan d’action 2024-2028
La mise en œuvre des actions des différentes initiatives au sein de chaque zone d’intervention fera l’objet d’un suivi multiple.
- Il y a une conférence téléphonique mensuelle avec les directions générales des districts scolaires anglophones. Au cours de cet appel, les directions générales seront invitées à faire le point sur la mise en œuvre d’initiatives particulières. Les directrices et directeurs de l’apprentissage et de la réalisation veilleront à ce que ce point soit systématiquement inclus dans ces appels.
- Les directrices et directeurs de l’apprentissage et de la réussite tiennent une conférence téléphonique hebdomadaire avec les directeurs de l’enseignement du programme d’études, qui supervisent la mise en œuvre des initiatives en français langue seconde à l’échelle des districts scolaires. Des mesures précises du plan d’action de l'Entente Canada-Nouveau-Brunswick relative à l'enseignement du français langue première et à l'enseignement de la langue seconde seront discutées au cours de ces appels, et les directeurs seront invités à faire le point sur les réussites ou les défis.
- Les spécialistes de l’apprentissage du français et les responsables des centres d’excellence du MEDPE organisent régulièrement des appels et des réunions avec les coordonnateurs du français langue seconde au niveau des districts scolaires. Il s’agira d’une autre méthode de suivi de la mise en œuvre des initiatives dans le cadre du Plan d’action de l'Entente Canada-Nouveau-Brunswick relative à l'enseignement du français langue première et à l'enseignement de la langue seconde.
- Le comité directeur de Centres d’excellence se réunit régulièrement pour discuter des possibilités d’enrichissement et d’apprentissage par l’expérience. L’augmentation des possibilités en français est un sujet de discussion permanent, et les objectifs de l'Entente Canada-Nouveau-Brunswick relative à l'enseignement du français langue première et à l'enseignement de la langue seconde seront inscrits à l’ordre du jour des réunions.
- Les directeurs de l’apprentissage et de la réussite, des Services de soutien à l’éducation et de la Direction des services d’évaluation et d’analyse rencontrent régulièrement le comité des environnements d’apprentissage et de travail améliorés de la NBTA pour discuter des produits du programme d’études, des services de soutien et de l’évaluation. Le français langue seconde demeure un sujet de discussion continu, et les objectifs de l'Entente Canada-Nouveau-Brunswick relative à l'enseignement du français langue première et à l'enseignement de la langue seconde seront inscrits à l’ordre du jour des réunions.
- Les districts scolaires fourniront des rapports écrits sur les progrès et les dépenses liés à des initiatives spécifiques dans le cadre du plan d’action de l'Entente Canada-Nouveau-Brunswick relative à l'enseignement du français langue première et à l'enseignement de la langue seconde, en particulier celles pour lesquelles des fonds ont été alloués. Les comités directeurs des Centres d’excellence se réunissent régulièrement pour discuter des possibilités d’enrichissement et d’apprentissage par l’expérience. L’augmentation des possibilités en français est un sujet de discussion permanent, et les objectifs de l'Entente Canada-Nouveau-Brunswick relative à l'enseignement du français langue première et à l'enseignement de la langue seconde seront inscrits à l’ordre du jour des réunions.
- Les objectifs de la recommandation à long terme ont été alignés sur le Plan d’action 2024-2028, ce qui permet de s’assurer que les ressources du système sont consacrées à des initiatives complémentaires plutôt qu’à des initiatives concurrentes. La surveillance et la production de rapports sur le plan d’action de la recommandation à long terme seront harmonisées avec la surveillance et la production de rapports du plan d’action.
Section 2 : Postsecondaire
Ministère de l’Éducation postsecondaire, Formation et Travail
Le ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail a pour mission de donner aux citoyens les moyens d’acquérir les compétences et les connaissances nécessaires pour réussir au Nouveau-Brunswick, province où ils peuvent vivre, apprendre et travailler dans un milieu équitable, sûr et inclusif. Le Ministère cherche aussi à développer une main-d’œuvre et une population adéquatement instruites, hautement compétentes et productives au moyen de programmes et de services novateurs qui contribuent à la prospérité de la province.
Sa Division de l’éducation postsecondaire est responsable de la surveillance du système d’éducation postsecondaire, y compris des universités et collèges publics et privés, de la prestation des programmes d’aide financière aux étudiants et du fonctionnement du New Brunswick College of Craft and Design. Pour sa part, la Direction des relations postsecondaires voit à promouvoir l’éducation postsecondaire dans la province en collaborant avec les établissements d’enseignement postsecondaire publics et privés.
2.1 Université de Moncton
Contexte
Fondée en 1963, l’Université de Moncton, formée de ses trois campus situés à Edmundston, à Moncton et à Shippagan, est un pilier du développement de l’ensemble de la société francophone et acadienne du Nouveau-Brunswick. Elle est devenue le centre par excellence du développement social, culturel et économique de la population acadienne du Nouveau-Brunswick et demeure aujourd’hui encore, plus de 60 ans après sa création, un levier privilégié de cette communauté et du Nouveau-Brunswick tout entier.
Généraliste, avec des programmes à tous les cycles d’études, elle contribue généreusement à l’enseignement et à la formation d’une main-d’œuvre compétente pouvant travailler en français, au développement et au transfert des connaissances ainsi qu’à la vitalité linguistique, artistique et culturelle de sa communauté. Véritable socle du déploiement de l’Acadie moderne, elle poursuit sa mission en visant continuellement l’excellence et en s’adaptant aux changements de la société dans laquelle elle évolue.
Voici quelques données pour l’année de référence 2023-2024 :
- 6 013 étudiantes et étudiants, dont 5 505 à temps complet (4 228 à Moncton, 657 à Edmundston et 620 à Shippagan) et 508 étudiantes et étudiants à temps partiel;
- 783 personnes étudiantes aux cycles supérieurs, dont 572 à temps complet et 211 à temps partiel;
- Environ 1 085 employées, dont 375 membres du corps professoral et 710 autres membres du personnel;
- 248 programmes d’études (incluant les mineures, les 2e concentrations et les programmes courts), dont 54 aux cycles supérieurs et;
- 10 facultés, 7 écoles, ainsi qu’une cinquantaine de centres, chaires et instituts de recherche.
Progrès réalisés dans le cadre de l’Entente Canada–Nouveau-Brunswick 2019-2024
Les fonds de l’Entente Canada–Nouveau-Brunswick 2019-2024 ont permis à l’Université de Moncton de mettre en œuvre et/ou de bonifier des initiatives importantes permettant d’accroître l’accès aux études postsecondaires et d’augmenter son offre de programmes d'études qui répondent aux besoins d’une main-d’œuvre bilingue et des communautés francophones et acadiennes. Ces activités étaient réparties dans quatre axes d’intervention : Participation des apprenants, Offre de programmes, Réussite éducative des apprenants et Recherche. En voici un aperçu :
- PARTICIPATION DES APPRENANTS - Des initiatives envers l’appui à la réussite et le soutien aux études, le recrutement et l’offre de bourses :
Appui à la réussite et soutien aux études : Les effets du nouveau modèle de gestion stratégique de l’effectif étudiant, adopté en 2017, ont continué à se faire sentir pour la période en permettant d’assurer le maintien de données satisfaisantes en matière de recrutement et de rétention. Les investissements dans les initiatives d’appui à la réussite telles que le mentorat, le tutorat par les pairs, les coachs à l’apprentissage, etc. ont eu de nombreux bienfaits pour rendre l’expérience de la population étudiante la plus positive possible. Le taux de rétention est ainsi demeuré supérieur à la cible, passant de 88,9 % en 2020-2021 à 89,5 % en 2022-2023 et à 89,9 % en 2023-2024.
Recrutement des étudiantes et étudiants : Pour faire face aux défis de déclin démographique dans les écoles secondaires francophones du Nouveau-Brunswick qui menacent le recrutement étudiant, l’Université de Moncton a déployé des mesures concrètes qui ont ciblé les élèves de façon prioritaire, mais qui ont aussi visé les personnes d’influence qui font partie de leur entourage, principalement leurs parents et les conseillères et conseillers en orientation qui œuvrent dans les écoles secondaires. Grâce aux fonds de l’Entente, l’Université de Moncton a pu réaliser des activités qui lui ont permis de relever les défis imposés au recrutement étudiant en période de pandémie. Soulignons qu’un taux de participation moyen de 30,2 % des élèves de la 12e année des écoles secondaires du Nouveau-Brunswick a, malgré les circonstances, pu être atteint (objectif 30 %), que le nombre de nouvelles inscriptions aux programmes de cycles supérieurs a augmenté (103 en 2022 vs 139 en 2023) et dépassé l'objectif, qui était de 100 nouvelles inscriptions, et que 30 nouvelles inscriptions en provenance des programmes d’immersion en français ont été obtenues malgré les difficultés d'accès dans les écoles.
Offre de bourses : Les bourses sont un facteur important dans le recrutement d’un plus grand nombre de personnes étudiantes dans les divers programmes d’études ciblés. Plusieurs cibles ont été atteintes, notamment le nombre d’inscriptions à temps plein aux cycles supérieurs qui était de 483 en 2023-2024 (sur une cible de 400). Les bourses d’études en droit, celles pour les femmes en ingénierie, pour hommes en enseignement primaire ainsi que celles en développement durable et zones côtières ont toutes vu leur nombre d’inscriptions augmenter. La promotion des programmes de bourses a aussi fait partie des activités.
- OFFRE DE PROGRAMMES - Des initiatives pour l’enrichissement de programmes, la formation linguistique en anglais et la poursuite du virage numérique :
Enrichissement de programmes : Les activités organisées dans le cadre de la maîtrise en sciences sociales, notamment des invité.e.s dans le cadre des cours Méthodes de recherche en sciences sociales, Séminaire d’études thématiques et Épistémologie et histoire des sciences sociales, ont permis aux personnes étudiantes des quatre premières cohortes de se familiariser avec la diversité des thématiques de recherche en sciences sociales, d’une part, et de mieux saisir le caractère multidisciplinaire et interdisciplinaire de ce programme, d’autre part. Ces activités ont aussi permis d’établir des liens entre les trois axes autour desquelles s’articule ce programme, soit communautés, innovations, participations/espaces, territoires, gouvernance/minorités, mobilité et identité.
Également, le démarrage du programme de maîtrises ès sciences interdisciplinaires en santé a pu bénéficier d’un soutien. La révision interne effectuée afin de peaufiner le programme en 2023 ainsi qu’une campagne de promotion ont porté fruit et les efforts se poursuivront.
De plus, l’enrichissement du programme des disciplines artistiques et culturelles a permis le soutien d’un nombre très varié d’activités (ateliers, conférences, récitals, concerts, classes de maître, participations à des festivals, etc.) et a favorisé la production et la diffusion de nouvelles créations originales, ce qui a permis d’accroître le rayonnement de ces disciplines et d’offrir des occasions uniques de partages d’expériences.
Formation linguistique en anglais: Les personnes étudiantes ont pu bénéficier d’un service d’appui, sous forme de tutorat à l’extérieur des cours, leur permettant de remédier à des problèmes de base en anglais. Un groupe test de tutorat de conversation en anglais a été expérimenté avec succès. Des taux de réussite au-delà de la cible ont été maintenus. Ces services d’appui en formation langue seconde sont offerts aux personnes étudiantes depuis de nombreuses années. Ils visent à assurer le développement de compétences adéquates en anglais chez les personnes étudiantes afin qu’elles puissent intégrer les milieux de travail après leurs études.
Poursuite du virage numérique : Le soutien obtenu pour la phase 2019-2024 a permis d’augmenter considérablement le nombre de cours et de programmes offerts en ligne. En 2023-2024, le nombre de cours s’élevait à 170, comparativement à 100 en 2018-2019, et le nombre de programmes entièrement disponibles en ligne passait de 6 en 2018-2019 à 15 en 2023-2024. Ceci a permis à la Formation continue d’assurer une meilleure accessibilité aux études à temps partiel, de contribuer à rehausser les inscriptions à l’Université de Moncton, d’assurer la viabilité de ses programmes d’études et de demeurer compétitif sur un marché de plus en plus diversifié. En développant des cours en ligne, l’Université de Moncton rejoint une panoplie de clientèles et joue un rôle important en diversifiant l’offre de cours et de formation dans les programmes universitaires et dans le perfectionnement professionnel.
- RÉUSSITE ÉDUCATIVE DES APPRENANTS - Des initiatives pour la formation linguistique :
Formation linguistique en français : Les personnes étudiantes ont pu bénéficier d’un régime de formation linguistique en français adapté à leurs besoins. Ce régime comportait des cours de mise à niveau et des cours de communication écrite et orale.
Les fonds de l’Entente 2019-2024 ont aussi permis d’appuyer la création et l’offre du cours Le français en enseignement (EDUC 2003) qui assure un accompagnement à la population étudiante des programmes d’éducation et les prépare au test de compétences langagières en français (TCLF). Ce cours permet un modelage de stratégies langagières que les personnes étudiantes pourront réinvestir dans leur future profession.
- Recherche - Des initiatives pour la recherche en sciences humaines et les ressources des bibliothèques :
Recherche en sciences humaines : Les sommes investies en recherche durant les dernières années ont notamment eu un effet de levier qui ont permis aux professeur.e.s de connaître du succès dans divers concours (ex. les grands conseils nationaux, des organismes de financement divers, etc.). Fait notable, le Pôle atlantique d’excellence en intelligence artificielle et gestion des données (PLEIADE) a pu être développé. PLEIADE vise la création de programmes en intelligence artificielle et en gestion des données pour offrir une formation pratique aux personnes étudiantes. De plus, deux microprogrammes ciblant les professionnel.le.s en activité ont été créés, soit en intelligence artificielle et en science de données. L’initiative prévoit de renforcer les collaborations avec l’industrie, contribuant ainsi au développement économique. Enfin, l’Université a débuté la mise en place d’un Institut de recherche en santé avec trois partenaires (le Réseau de santé Vitalité, le Centre de formation médicale du N.-B. et l’Institut atlantique de recherche sur le cancer) visant à dynamiser la recherche et à augmenter les collaborations. Le financement a significativement renforcé la capacité de recherche de l’institution.
Bibliothèques : Les fonds de l’Entente ont assuré le maintien et l’enrichissement des collections francophones (périodiques, bases de données, documents de référence, etc.) disponibles dans les trois campus.
Principaux défis auxquels est confrontée l’éducation postsecondaire et nos priorités pour les adresser en 2024-2028
L’Université de Moncton a profondément changé l’Acadie et le Nouveau-Brunswick et sa sphère d’influence s’étend bien au-delà de ses frontières. À l’inverse, l’Université est elle-même influencée par les changements de toutes sortes qui surviennent en Acadie du Nouveau-Brunswick, dans la province, au Canada et par le monde. Alors que certains changements sont prévisibles et quantifiables (ex. démographie), d’autres sont plus difficiles à prévoir (ex. environnement socio-économique et technologique, contexte politique, évolution des valeurs sociales). Les programmes d’études de l’Université doivent constamment être révisés et évoluer afin de demeurer pertinents dans cet environnement changeant.
Les défis démographiques du Nouveau-Brunswick et la compétition accrue des autres universités sont également des faits incontournables qui définissent la nouvelle réalité des établissements postsecondaires et qui menacent le recrutement étudiant. C’est la raison pour laquelle l’Université de Moncton investit tant d’énergie au chapitre du recrutement et de l’expérience étudiante.
Par ailleurs, les besoins d’appui des personnes étudiantes ont connu une montée importante, tant au niveau de la santé mentale que de l’encadrement au niveau de la transition vers les études et le soutien des compétences langagières. Diverses mesures seront mises en place pour assurer leur rétention et leur cheminement vers la diplomation et pour leur offrir une expérience étudiante stimulante, sécurisante et valorisante.
Le portrait démographique de la population étudiante de l’Université a aussi changé au fil des ans et s’est largement diversifié. Les clientèles étudiantes comprennent toutes personnes désireuses de poursuivre des études postsecondaires en français : les jeunes, finissants des écoles francophones et des programmes de français langue seconde, les immigrant.e.s et étudiant.e.s internationaux ainsi que les adultes en apprentissage continu et sur le marché de l’emploi. L’Université continuera d’offrir des cours en ligne et du perfectionnement professionnel par l’entremise de la Formation continue pour répondre aux besoins émergents de sa clientèle.
Les priorités de l’Université de Moncton pour adresser les défis se fondent sur la Stratégie Cap sur l’avenir ainsi que sur son plan opérationnel. Le Plan d’action pour la période 2024-2028 met l’accent sur les actions prioritaires suivantes : Talents et Enseignement et Recherche et développement (RDC).
1 - Talents : Pour améliorer l’attraction, le développement, la mobilisation et la rétention des talents, l’Université a mis en place un plan de relève et d’attraction incluant la participation des étudiants dans diverses activités. Elle accompagne également le personnel dans l’élaboration de plans de carrière favorisant leur épanouissement, tout en offrant des programmes d’orientation et de formation.
Initiatives :
Appui à la réussite : Les nombreuses activités d’appui à la réussite et d’aide aux études se poursuivront afin de favoriser une culture de réussite, d’accueil et d’inclusion, de faciliter les transitions et l’adaptation aux études universitaires, d’accompagner les personnes étudiantes ayant une incapacité et de soutenir le développement des compétences en français des personnes étudiantes dont le français n’est pas la langue première. Les activités incluent des ateliers sur les méthodes d’études, la mise en place d’accommodements et de mesures d’adaptation, du tutorat et monitorat par les pairs, des coachs à l’apprentissage, des centres d’aides en français, des appuis pour la réussite en sciences, du soutien en santé mentale et au développement de compétences professionnelles, des activités de mise à niveau, d’intégration et d’encadrement en français langue seconde, ainsi que du soutien à l’intégration des études de cycles supérieurs.
Recrutement et bourses : Le Bureau du recrutement et le Service des bourses de l’Université poursuivront leurs efforts et organiseront des présentations et des kiosques dans les écoles secondaires francophones et anglophones du Nouveau-Brunswick et ailleurs au Canada, ainsi que des journées portes ouvertes d’accueil sur ses trois campus. Ils offriront également des activités pour rejoindre les nouveaux arrivants et leur famille afin de faire valoir la réputation de l’Université et la qualité et l’expertise de son corps professoral. Ils mèneront des campagnes de promotion et de publicité et ils proposeront des bourses ciblées pour les personnes étudiantes de régions minoritaires francophones en sciences, les femmes en ingénierie, les hommes en éducation primaire, en droit, des bourses d’appui au logement, ainsi que des bourses pour les étudiants de 2e et 3e cycles.
Formation linguistique (formation langue maternelle et langue seconde, formation pour le Test de compétences langagières en français (TCLF)): Pour la formation en français langue maternelle, le projet consiste à offrir des cours réguliers, des cours de mise à niveau et des activités d’enrichissement du programme de compétences en français, tels que l’administration d’un test de classement en français à plusieurs reprises au cours de l’année et des activités propres à la formation en enseignement, notamment pour mieux accompagner et préparer nos personnes étudiantes inscrites en éducation au test de compétences langagières en français (TCLF), qui est maintenant obligatoire pour tous les programmes de formation initiale en enseignement. Un programme de mentorat par les pairs sera également mis en place pour engager les personnes étudiantes dans la formation des nouvelles personnes inscrites dans ce programme. Pour la formation en langue seconde, une offre de divers cours adaptés aux besoins sera offerte ainsi que des activités d’enrichissement.
2 - Enseignement et RDC : Pour offrir une formation distinctive qui se démarque par la créativité et l’engagement de ses personnes diplômées, l’Université proposera une architecture et une offre de programmes flexibles et efficientes. Le corps professoral obtiendra le soutien nécessaire pour maîtriser les approches et outils pédagogiques optimisant la relation enseignant-apprenant pour permettre à la population étudiante de bénéficier d’une formation et d’un vécu expérientiel transformateurs. De plus, la recherche et développement (RDC) permettra d’enrichir les programmes de formation, de soutenir leur développement et d’influencer l’enseignement.
Initiatives :
Enrichissement de programmes : Les nouveaux programmes de formation académique spécialisés, tels que la maîtrise en sciences interdisciplinaires de la santé et la maîtrise en sciences sociales sont maintenant bien établies. Des activités de promotion et publicité se poursuivront en 2024-2025 pour rehausser l’effectif étudiant. Il est aussi prévu d’offrir de l’appui et de l’encadrement aux personnes étudiantes pour assurer leur réussite ainsi que des ateliers et des formations avec des spécialistes. Ces deux programmes poursuivront leurs activités de façon autonome après 2024-2025.
Enrichissement de la formation artistique : L’Université souhaite optimiser sa formation artistique afin qu’elle mise davantage sur la créativité, l’engagement et l’apprentissage expérientiel dans le but de dynamiser la contribution de ses personnes diplômées au sein des communautés acadiennes et francophones. Des projets récurrents tels que des ateliers d’opéra, des conférences et ateliers d’artistes visuels, des concerts et ateliers de musiciens et des conférences et classes de maître en art dramatique, se poursuivront. Des ateliers de production s’ajouteront en art dramatique.
Clinique juridique francophone et bilingue : Afin de former des juristes d’expression française pouvant desservir les communautés francophones en contexte minoritaire, l’Université souhaite se doter d’une clinique juridique. Cette clinique viendra bonifier le programme de formation en droit et permettra aux personnes étudiantes d’effectuer un travail pratique dirigé, axé sur les entrevues, la recherche, la négociation et la gestion de documents juridiques et d’acquérir des compétences pratiques essentielles à l’exercice de la profession. La création d’un poste de direction permettra le développement d’un plan de fonctionnement détaillé.
Recherche : Les initiatives proposées au niveau de la RDC s’harmonisent pleinement avec la Stratégie institutionnelle, notamment dans son objectif d’accroître le nombre de personnes étudiantes aux cycles supérieurs et d’augmenter son volume de recherche. Le financement d’activités de recherche étudiante ainsi que le soutien aux professeurs émergents ou en début de carrière sont les activités principales visées.
Formation et accompagnement en Mathématiques, Arts, Technologies, Ingénierie et Sciences (MATIS) : Le développement d’une culture scientifique qui stimule la curiosité, l’émerveillement et la créativité ainsi que le développement de compétences de résolutions de problèmes est primordial pour la transformation et l’innovation de notre société francophone en situation minoritaire. Cette initiative permettra de développer des outils pédagogiques pour favoriser l’engagement, la créativité et l’innovation en sciences en priorisant l’éducation à l’environnement et la pédagogie à l’extérieur de la salle de classe, la prise en compte de l’intelligence artificielle et des technologies de pointe ainsi que l’inclusion de la pensée critique et créative. Des formations pour les enseignant.e.s des écoles publiques du N.-B. seront développées. Une coordination s’effectuera entre les professeures et professeurs de la Faculté des sciences et ceux de pédagogie des sciences (Faculté d’éducation) afin d’améliorer les contenus et la livraison des cours. Enfin, cette initiative offrira aux personnes étudiantes un apprentissage expérientiel en leur offrant des occasions de participer à la livraison des formations offertes dans les écoles.
Apprentissage en ligne et médiatisation : Sans le virage numérique entrepris il y a quelques années, l’offre en formation continue aurait connu des baisses majeures d’inscriptions. En cinq ans, la proportion des cours crédités offerts en ligne et à distance est passée d’environ 60 % en 2020 à plus de 90 % aujourd’hui. Des mises à jour régulières sont nécessaires afin de suivre l’évolution des contenus, des technologies et des besoins et pour garantir la pérennité des programmes et des cours en ligne. Plusieurs nouveaux programmes d’études crédités exigent une offre en ligne ou à distance, renforçant ainsi la nécessité de poursuivre et de consolider ce mode de formation. Afin de bonifier son offre, la Formation continue de l’Université de Moncton poursuivra la mise en ligne de cours et de programmes dans des domaines à forte demande, actualisera certains cours en fonction de l’évolution des contenus et continuera d’assurer un soutien technique et pédagogique de qualité dans la médiatisation des cours.
Données probantes à la réussite éducative : Cette initiative permet à la Faculté des sciences de l’éducation de créer un programme d’initiation à la recherche et à l’apprentissage expérientiel. Un rapprochement avec les milieux scolaires de la province permettra d’agir en intermédiaire pour mieux connaitre les besoins de ces derniers et de leur fournir des données qui répondent à ces besoins. Il s’agira de doter le Centre de recherche et de développement en éducation (CRDE) d’un.e agent.e de recherche dont l’objectif sera d’identifier les besoins en collecte de données et analyse de données des districts, en plus de coordonner des activités expérientielles avec des personnes étudiantes inscrites dans des cours en éducation.
Pédagogie universitaire : Le nouveau Centre d’excellence réseau en pédagogie universitaire est le projet phare du chantier Enseignement et RDC de la Stratégie de l’Université de Moncton. Il visera à appuyer les membres du personnel enseignant dans l’amélioration continue de la formation, de l’enseignement et de l’encadrement aux trois cycles d’études, contribuant à la réussite et à l’expérience étudiantes Le Centre jouera un rôle clé dans l’élaboration et la mise en œuvre du nouveau cadre d’apprentissage en ligne et à support technologique, qui vise à faciliter l’accessibilité à l’éducation universitaire en optimisant les ressources pédagogiques dans tout le réseau de l’Université de Moncton. Des activités d’accompagnement et d’appui sont prévues dans la création et la livraison de cours en ligne ainsi que des formations et des ateliers de perfectionnement professionnel pour le corps professoral.
Processus de consultation et établissement des grandes orientations 2024-2028 :
Afin d’arrimer ses orientations avec les besoins de sa communauté universitaire, de la province, de l’Acadie et de ses partenaires, l’Université de Moncton a entrepris en 2022 un exercice de planification stratégique. Sous le thème Cap sur l’avenir – Stratégie 2023-2028, cette nouvelle stratégie de cinq ans adoptée en janvier 2023 par le Conseil des gouverneurs a pour cible d’accroître l’attractivité de l’Université de Moncton et d’agir comme catalyseur de la transformation du Nouveau-Brunswick, de l’Acadie et de la Francophonie. L’exercice a permis à l’Université de se doter d’une nouvelle mission, d’une nouvelle vision et de nouvelles valeurs et d’établir cinq grands chantiers pour guider sa mise en œuvre :
- Milieu de vie : Un milieu de vie sain, stimulant et bienveillant
- Talents : La valorisation des talents au sein du réseau
- Enseignement et RDC : Un enseignement universitaire distinctif et une croissance de la recherche-développement- création
- Communautés : L’Université plus que jamais ancrée dans ses communautés
- Leadership organisationnel : L’excellence organisationnelle et décisionnelle
Une série de consultations a été réalisée auprès de divers publics (communauté universitaire et civile, campus, facultés, partenaires du secteur privé, etc.) afin de valider les différentes étapes, arriver à l’adoption de la stratégie et mettre en place un plan opérationnel institutionnel. Ce dernier a été une étape importante afin d’établir les priorités et les objectifs spécifiques pour chaque unité afin d’arriver au plein déploiement de la Stratégie.
Le présent Plan d’action 2024-2028 a été élaboré grâce à l’appui des équipes de travail qui, à la lumière des grandes orientations de la Stratégie Cap sur l’avenir, ont collaboré pour développer les principales initiatives présentées dans le présent document. Tout au long du processus, la haute direction s’est assurée que les initiatives proposées s’appuyaient sur les orientations du plan stratégique et concordaient avec les exigences du plan opérationnel.
Capacité de gestion des initiatives
Pendant la période de l’entente 2024-2028, l’équipe de direction, et plus particulièrement le vice-recteur à l’enseignement et à la recherche, avec l’appui de l’Entente relative à l’enseignement en français langue première et à l’enseignement de la langue seconde 2024-2025 à 2027-2028, effectuera les suivis, assurera la reddition de comptes et veillera à la mise en œuvre des initiatives/activités proposées. Le 1er juillet 2024, le mandat du vice-recteur à l’enseignement et à la recherche de l’Université de Moncton, Gilles Roy, a été renouvelé pour une période de cinq ans. Une nouvelle coordonnatrice est entrée en fonction en octobre 2023 avec un contrat de cinq ans. Toutes les parties prenantes demeureront attentives aux besoins émergents en matière d’accès aux études postsecondaires en français et mettront en œuvre des solutions pour y répondre.
2.2 Collège communautaire du Nouveau-Brunswick
Contexte
Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB) est l'une des principales institutions postsecondaires francophones de la province et la seule institution publique à y offrir des formations collégiales en français. Le CCNB compte un campus en région urbaine (Dieppe) et quatre campus en régions rurales francophones du nord (Bathurst, Campbellton, Edmundston et Péninsule acadienne).
Le CCNB offre plus de 3 000 places dans 96 programmes de formation régulière, dont certains incluent des cours de langue obligatoires. En plus des programmes réguliers, l’institution propose des formations continues et sur mesure, ainsi que des modes de livraison diversifiés permettant aux personnes apprenantes d'accéder aux formations dans leur milieu ou à proximité. Ces initiatives démontrent l'engagement du CCNB à utiliser les technologies pour diffuser les contenus d’apprentissage et surmonter les obstacles géographiques.
Le CCNB est une société collégiale francophone autonome depuis le 30 mai 2010, conformément à la Loi sur les collèges communautaires du Nouveau-Brunswick (Chapitre N-4.05). Cette loi, qui est entrée en vigueur le 29 mai 2010, a créé deux institutions : le New Brunswick Community College, organisé en anglais, et le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, organisé en français. Selon la Loi, le CCNB, « à titre d’institution de formation postsecondaire, est chargé de rehausser le bien-être économique et social de la province en comblant les besoins en matière de formation professionnelle et les besoins du marché du travail de la province ». (Article 6, page 4). Le CCNB est gouverné par un Conseil des Gouverneurs et dirigé par une équipe comprenant un président-directeur général, une vice-présidence à la Formation et à la Réussite étudiante, une vice-présidence aux Services administratifs, une vice-présidence au Développement et une direction générale de la Gestion stratégique.
Le CCNB joue un rôle primordial dans l’accès aux études postsecondaires dans la province.
- En 2023-2024, il comptait 6 233 étudiantes et étudiants, dont 2 586 en formation régulière et 3 647 en formation continue.
- En 2023-2024, 201 microcertificats, 649 certificats, 13 certificats d’études avancées et 695 diplômes ont été décernés. Parmi la population étudiante en formation régulière, 99,1 % des étudiantes et étudiants appartiennent à la minorité linguistique de langue maternelle française. Seulement 0,9 % de la population étudiante en formation régulière indique être d’origine anglophone, soit la langue de la majorité.
- Au cours des cinq dernières années (2019-2020 à 2023-2024), une moyenne de 34,4 % de la population étudiante du CCNB était inscrite au campus de Dieppe (région urbaine), et 65,6 % dans les campus rurauxNote de bas de page 1 (Bathurst, Campbellton, Edmundston et Péninsule acadienne).
Outre son mandat de formation professionnelle et technique, le CCNB vise à développer le plein potentiel des personnes apprenantes, incluant leur participation au mieux-être et à la prospérité de nos communautés.
Réalisations de l’Entente Canada–Nouveau-Brunswick 2019-2024
Grâce à l’Entente Canada–Nouveau-Brunswick 2019-2024, le CCNB a adopté une approche uniformisée dans l’élaboration et l’offre de ses formations. Ainsi, des programmes ont été développés selon une approche centrée sur le développement des compétences (ACDC). Il a modernisé ses programmes professionnels et techniques, offrant des formations flexibles adaptées aux réalités des jeunes, des adultes, des personnes à besoins spéciaux et des employés. Les révisions annuelles des cours et des programmes ont été réalisées en collaboration avec l'industrie. Les nouveaux programmes et l’actualisation des programmes existants ont contribué à augmenter l’accès, pour les gens du Nouveau-Brunswick, à des formations collégiales en français de qualité, flexibles et en lien avec les réalités du marché du travail.
Le CCNB a également mis en place des services d’appui à la réussite, incluant des services d’aide à distance, un programme de préceptorat, et des initiatives de perfectionnement en français et en anglais langue seconde. Les personnes apprenantes ont ainsi amélioré leur maîtrise des langues et acquis des compétences recherchées par les employeurs du Nouveau-Brunswick. L’institution a modernisé ses bibliothèques sur ses cinq campus, intégrant les nouvelles technologies et réaménageant les espaces pour faciliter l'accès à la documentation, tant sur place qu'à distance. Une vie étudiante dynamique a aussi été développée autour d’activités sportives et culturelles.
Enfin, le CCNB a continué d'intégrer les technologies de l'information dans ses activités pédagogiques et a soutenu le perfectionnement professionnel de son personnel éducatif grâce aux services des conseillers pédagogiques et technopédagogues.
Principaux défis rencontrés et initiatives envisagées par le CCNB
Le Nouveau-Brunswick, une province majoritairement rurale comptant un peu plus de 834 000 habitantes et habitants, se distingue par une proportion élevée de personnes n’ayant pas atteint le niveau de compétences minimal pour fonctionner efficacement dans leurs activités professionnelles, personnelles et sociales. Ce constat est particulièrement marqué chez les francophones, où 66 % n’atteignaient pas le niveau 3 de complexité des compétences essentielles selon l'enquête PEICANote de bas de page 2 (2011). Parallèlement, la province fait face à une pénurie croissante de main-d’œuvre spécialisée dans tous les secteurs économiques. Cette inadéquation entre compétences et besoins du marché du travail freine le développement économique et aggrave l'écart entre les qualifications disponibles et les exigences du marché.
Alors que les besoins en travailleurs qualifiés augmentent et que le développement économique du Nouveau-Brunswick dépend plus que jamais de la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée, l'évolution des compétences nécessaires à l’employabilité, notamment chez la population francophone, reste limitée. De plus, une part significative de cette population ne sollicite pas les services de formation, soit par manque d'information, soit en raison de critères d’admission qu'ils ne peuvent satisfaire. La littérature récente montre que ces populations, souvent issues de milieux où l'éducation formelle est peu valorisée, devraient bénéficier de services de formation simplifiés et d’un encadrement adapté à leurs besoins. Le CCNB, fort de son expertise en développement et en offre de formations, souhaite collaborer avec les instances gouvernementales pour mieux desservir les francophones des communautés de langues officielles en contexte minoritaire.
Le Plan stratégique 2022-2027 du CCNB repose sur quatre axes : (1) Une main-d’œuvre qualifiée et agile, (2) L’innovation collaborative, (3) La vitalité des communautés, et (4) Le pouvoir d’agir. Ce plan, élaboré en consultation avec des partenaires communautaires, reflète les besoins des communautés francophones en situation minoritaire au Nouveau-Brunswick.
Dans son Plan d’action 2024-2028, le CCNB mettra en œuvre des initiatives visant à renforcer l'adéquation entre l’offre de formations et le marché du travail. L’institution offrira un environnement d'apprentissage favorisant l’épanouissement académique et personnel de la population étudiante. L'accent sera mis sur une expérience étudiante enrichissante par des activités variées et l'apprentissage expérientiel pour améliorer l'employabilité et la transition vers le marché du travail.
Le CCNB modernisera ses programmes avec des modèles pédagogiques flexibles, la reconnaissance des acquis, et des partenariats facilitant les parcours éducatifs. En parallèle, les services de soutien à l’apprentissage et au bien-être seront renforcés, tout comme le perfectionnement professionnel du personnel éducatif pour favoriser l'innovation pédagogique.
Sous l’objectif linguistique « Français langue de la minorité (FLM) – Palier d’enseignement : Postsecondaire », le CCNB s’engage à réaliser plusieurs initiatives visant à créer un environnement d'apprentissage enrichissant et stimulant. Pour soutenir la réussite étudiante, le CCNB renforcera ses services d’appui à l’apprentissage, incluant des diagnostics, des services d'appoint, du mentorat, ainsi que des services en santé mentale et de counseling. Ces initiatives visent à encourager la persévérance et à améliorer les chances de succès des personnes apprenantes. Grâce à l’accès à des fonds additionnels dédiés au postsecondaire, une gamme de services sera mis en œuvre pour aider la personne apprenante à élaborer un plan vie-carrière, réduisant ainsi les barrières d'accès à l'éducation et renforçant le développement de ses compétences, facilitant son intégration sur le marché du travail.
Le CCNB offrira à sa population étudiante une expérience enrichissante grâce à une variété d'activités (artistiques, culturelles, communautaires, sociales et de mobilité étudiante). L'accent sera mis sur le développement d'une vie étudiante équilibrée et sur la promotion des valeurs de communauté et de citoyenneté, en particulier dans le contexte de la Francophonie canadienne et internationale.
Par ailleurs, le CCNB renforcera ses mécanismes de reconnaissance des acquis par le biais d’outils et de modèles d'évaluation des compétences. La mise en œuvre de partenariats avec d'autres établissements postsecondaires contribuera également à faciliter le transfert de crédits et à créer des programmes conjoints, offrant ainsi des parcours éducatifs souples et personnalisés.
L’institution poursuivra ses efforts pour accroître les occasions d'apprentissage expérientiel, permettant ainsi aux personnes apprenantes de perfectionner leurs compétences professionnelles et de tisser des liens avec les employeurs, améliorant ainsi leur transition vers le marché du travail.
Le CCNB poursuivra l’alignement de ses programmes d’études selon une approche centrée sur le développement des compétences. Celles-ci, fondées sur les besoins de la population étudiante et du marché du travail, orientent l’ensemble du processus d’élaboration, de mise à jour et de livraison des programmes. L’accès à des fonds additionnels dédiés au postsecondaire permettra d'accélérer et de soutenir le processus d’alignement.
Par ailleurs, le CCNB poursuivra le développement et la mise en œuvre de nouveaux modèles de livraison de ses formations pour offrir davantage de flexibilité et mieux répondre aux besoins actuels. Cela inclut l’adaptation aux réalités d’un marché du travail en constante évolution, à une population étudiante de plus en plus diversifiée et l'usage accru des technologies. Le CCNB continuera de proposer des formations de courte durée, notamment sous forme de microcertificats, en plus des formations de moyenne ou longue durée, en utilisant des approches innovantes telles que le mode hybride, à distance, la délocalisation, l'alternance travail-études ou encore la visioconférence, afin d’accroitre l’accès et la flexibilité.
Afin de soutenir la qualité de ses programmes, le CCNB mettra en place un cadre d'assurance qualité qui garantira le respect des standards académiques et l'évaluation systématique de son offre. L’institution s'engage également à maintenir une offre de qualité en investissant dans la mise à jour des équipements liés aux programmes d’études
De plus, l’accès à des fonds additionnels dédiés au postsecondaire permettra de développer et d’optimiser un ensemble d’outils et de plateformes utilisés pour gérer les aspects administratifs et académiques de l’apprentissage, tout en visant une amélioration significative de l’expérience étudiante.
Dans le cadre de la gestion stratégique de l'effectif étudiant (GSEE), l’accès à la formation postsecondaire au CCNB repose sur la promotion active de ses programmes et services auprès des clientèles ciblées. Chaque année, un plan de recrutement et de promotion est mis en œuvre, incluant diverses initiatives et tactiques. Avec l'appui financier de l’Entente 2024-2028, le CCNB maintiendra et améliorera le service d'accompagnement des étudiantes et des étudiants dans le processus d'admission, renforçant ainsi le continuum de formation. De plus, l’incitatif à la poursuite des études postsecondaires, introduit dans le cadre de l’Entente 2019-2023, sera maintenu en 2024-2028 via le programme de bourses du CCNB. Désormais bien établi, le programme fera l'objet d'une promotion accrue auprès des clientèles ciblées et s'inscrit dans l'objectif de la GSEE d'améliorer l'accessibilité et la persévérance scolaire. Les bourses, attribuées selon des critères d’admissibilité variés, soutiendront les personnes apprenantes en réduisant les obstacles financiers et en encourageant leur engagement académique.
Sous l’objectif linguistique « Français langue de la minorité (FLM) – Palier d’enseignement : Personnel éducatif », le CCNB soutiendra son personnel éducatif par un accès élargi aux outils virtuels de gestion pédagogique, à l’encadrement pédagogique et au perfectionnement professionnel. L'accent sera mis sur le renforcement des compétences technologiques et des nouvelles méthodes d'enseignement. Le programme éducatif d'andragogie pour les nouvelles et nouveaux enseignants, déjà enrichi de modules adaptés, sera continuellement mis à jour et des communautés de pratiques seront développées autour de projets de recherche pédagogique. Le programme éducatif d'andragogie, destiné non seulement aux nouvelles et nouveaux enseignants et à des personnes clés du CCNB comme les conseillers et conseillères – Accessibilité à l’apprentissage, sera offert à toute personne francophone externe souhaitant une formation en andragogie. Aussi, le CCNB explorera de nouvelles technologies et méthodes d'apprentissage favorisant les approches interprofessionnelles et collaboratives. Le partage des résultats de recherche pédagogique renforcera les compétences du personnel éducatif.
Sous l’objectif linguistique « Français langue seconde (FLS) – Palier d’enseignement : Postsecondaire », le CCNB fera la promotion de ses programmes en français auprès des élèves en immersion.
Sous l’objectif linguistique « Anglais langue seconde (ALS) – Palier d’enseignement : Postsecondaire », le CCNB continuera à offrir des services d’appui à l’apprentissage de l’anglais langue seconde dans chacun des cinq campus de l’établissement. Des efforts seront aussi déployés afin de développer des services virtuels d’appui à l’apprentissage de l’anglais langue seconde.
Consultations
Le CCNB s’est engagé dans une démarche d’amélioration continue qui identifie des pistes de réflexion, tire des leçons des expériences passées, et effectue une évaluation critique de l’organisation et de sa gestion. Cette démarche permet d’analyser l’efficacité et l’efficience des opérations, de mesurer l’atteinte des résultats stratégiques, et de déterminer les ressources nécessaires pour optimiser la mise en œuvre de son Plan stratégique.
Une analyse externe est également menée pour évaluer les facteurs influençant la programmation et les services offerts au CCNB, tels que les influences politiques, la situation économique, les pénuries de main-d’œuvre, et les priorités de développement de la province. Cette approche inclut des consultations auprès de diverses parties prenantes : partenaires en éducation et en enseignement postsecondaire, employeurs, associations professionnelles, instances gouvernementales (provinciales et fédérales), personnes étudiantes et diplômées, etc. Les données recueillies sont utilisées pour adapter les formations et les services, augmentant ainsi la performance et l’atteinte des résultats visés.
Les résultats sont mesurés à l’aide d’indicateurs de rendement et de cibles. Les données collectées sont centralisées dans divers systèmes et bases de données selon les secteurs concernés, par exemple, les données étudiantes sont conservées au registrariat et les données financières sont gérées par les services financiers.
Le Plan stratégique 2022-2027 du CCNB – Le pouvoir d’agir – s’appuie sur des consultations internes et externes. Des sondages ont recueilli les avis de plus de 730 personnes, incluant le personnel, la population étudiante et des partenaires stratégiques tels que le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CENB) et l’Agence de promotion économique du Canada Atlantique (APÉCA). De plus, des forums virtuels ont réuni plus de 200 personnes participantes. Ces consultations ont permis de définir les quatre axes stratégiques du Plan et ses résultats attendus.
Le présent Plan d’action 2024-2028 a été élaboré conjointement à la réalisation d’un bilan de mi-parcours du Plan stratégique 2022-2027. Amorcé au printemps 2024, ce bilan a permis de faire le point sur les progrès accomplis et de réajuster, au besoin, les actions pour mieux atteindre les résultats stratégiques. Des consultations auprès des différentes instances de gouvernance du CCNB et leurs équipes ainsi que des forums organisés avec l’ensemble du personnel ont confirmé la pertinence des axes et des résultats stratégiques initiaux. Ces échanges ont également permis d’identifier des opportunités d’amélioration dans certains domaines spécifiques. Ce processus d’évaluation continue garantit que le CCNB reste aligné sur ses priorités tout en restant agile face aux besoins évolutifs du marché du travail et des communautés qu’il dessert.
Enfin, lors de l’alignement des programmes vers l'ACDC et dans ses processus d’amélioration continue et d’évaluation de la qualité des programmes, le CCNB adopte une approche rigoureuse de consultation avec ses partenaires stratégiques afin de s'assurer que les programmes demeurent alignés sur les besoins réels du marché du travail. Ces consultations incluent des échanges avec des employeurs, des associations professionnelles, des instances gouvernementales ainsi que des experts du secteur. Ce processus permet de recueillir des données actualisées sur les compétences et les qualifications les plus recherchées dans différents secteurs d'activité, et d'ajuster les programmes en conséquence.
Ces discussions approfondies facilitent une meilleure compréhension des tendances émergentes, de nouvelles technologies, ainsi que des exigences professionnelles spécifiques à chaque domaine. Ainsi, le CCNB peut adapter ses formations pour que les personnes diplômées soient non seulement compétitives, mais aussi préparées à relever les défis du marché du travail en constante évolution. L’objectif est de garantir que les programmes offrent aux étudiantes et étudiants les compétences pratiques et théoriques nécessaires pour répondre aux besoins de la main-d’œuvre et contribuer au développement économique et social de la province.
2.3 University of New Brunswick
Contexte
The University of New Brunswick (UNB) est une université canadienne située dans la province du Nouveau-Brunswick. Elle fut la première université publique de langue anglaise fondée en Amérique du Nord. L'Université possède deux campus principaux, le premier fondé en 1785 à Fredericton et le second a ouvert ses portes à Saint John en 1964. L’UNB est une université complète gérée par un Sénat et un Conseil d’administration. L’UNB comprend 14 facultés sur les deux campus qui offrent plus de 75 programmes du 1er, 2e et 3e cycles.
L’Institut de recherche en langues secondes du Canada (IRL2C), fondé en 2006, est situé au sein de la Faculté de l’éducation au campus de Fredericton. La mission de l’IRL2C est de jouer un rôle clé en matière de langue seconde/additionnelle au Canada et à l’étranger, ce qui comprend la formation des enseignants et des enseignantes, la recherche, l’évaluation des programmes bilingues et plurilingues, et l’élaboration de politiques. L’IRL2C est un chef de file dans le domaine des langues secondes/additionnelles et il est reconnu aux niveaux national et international. Avec son expertise et ses contributions académiques et professionnelles, l’IRL2C répond aux besoins et aux intérêts des étudiants, des enseignants et des chercheurs. La recherche, les ressources pédagogiques et les programmes et certificats sont reconnus sur la scène nationale et internationale.
Dans le cadre des programmes de la Faculté de l’éducation, l’Institut offre une spécialisation en français langue seconde (FLS) avec un certificat d’enseignement du français langue seconde (CEFLS) au 1er cycle (B.Ed) et un certificat de l’éducation bilingue et multilingue au 2e cycle (M.Ed). Pour des spécialistes en FLS, des bourses de recrutement (3-6 par année) pour les candidats méritants sont aussi offertes.
En 2019-2020, 20 étudiants se sont spécialisés en enseignement du français langue seconde. À la fin de 2021, 28 étudiants ont complété le certificat d’enseignement du français langue seconde (CEFLS). En 2021-2022, 19 étudiants ont fini la spécialisation en FLS et en 2022-2023, 21 étudiants ont reçu le CEFLS. En 2023-2024, 19 étudiants se sont spécialisés en enseignement de FLS. Ceci représente une stabilité dans le nombre d’étudiants depuis 2018-2019 (21 étudiants), avec une augmentation durant l’année scolaire 2020-2021 et 2022-2023.
L’Institut a contribué à l’avancement de la recherche par les étudiants et étudiantes dont une au niveau du doctorat et quatre au niveau de la maîtrise (thèses ou rapports) durant la période de 2019-2024. De plus, 22 étudiants de 2e cycle sont inscrits dans la nouvelle spécialisation/certificat en éducation bilingue et multilingue.
Actuellement, une associée à la recherche travaille à temps plein pour l’Institut et deux étudiants travaillent à temps partiel comme « assistants à la recherche ». Entre 2019-2021, l’UNB n’avait que deux associés à la recherche. En plus, depuis 2021, un chercheur travaille sur des contrats spéciaux pour l’IRL2C.
Grandes réalisations de l’Entente Canada-Nouveau-Brunswick 2019-2024
L’Institut a mené à terme tous les cinq projets de recherche fondamentale proposés. Ses projets ont permis aux chercheures et chercheurs, et aux étudiantes et étudiants de participer à des conférences académiques, d’offrir des ateliers pédagogiques, de rédiger des articles académiques et pédagogiques, de produire du matériel pédagogique, d’identifier et de procurer des ressources en ligne.
Les réalisations suivantes représentent les meilleurs exemples du travail de l’Institut pendant les années 2019-2024 :
- Quatre étudiantes du 2e cycle ont terminé leurs projets de recherche dans les domaines de recherche suivants :
- Pédagogie et évaluation : une analyse qualitative des compétences communicatives des élèves d’immersion précoce sur l’évaluation de compétences orales (OPI) du Nouveau-Brunswick.
- Le développement de la langue orale dans des classes d’immersion de 1re année.
- Une étude action-recherche sur la lecture en français post-intensif au niveau intermédiaire.
- L’usage des projets de « la pensée design » pour augmenter le désir de communiquer dans les contextes de français langue additionnelle.
Les membres de l’Institut ont participé et ont présenté à plusieurs conférences en ligne (2020-2021) et en présentiel (2021-2024) incluant : l’Association canadienne de linguistique appliquée; l’Association canadienne des professionnels en immersion; l’Association canadienne des professionnels en langue seconde (Langues sans frontières); Congrès de l’Association canadienne pour faire avancer les savoirs (ACFAS). Un total de 45 présentations au Canada a été fait pendant cette période.
Pendant la période de 2019-2024, l’Institut a créé et réalisé trois autres vidéos pédagogiques (total actuel- 7) dans une série qui s’appelle L’enseignement délibéré de la langue seconde.
Les membres de l’équipe de l’Institut ont publié plusieurs articles liés aux grands thèmes des projets de recherche de l’IRL2C : l’intégration de la langue dans les matières; la formation des enseignants en FLS; la lecture en français intensif; le développement de la langue orale; l’évaluation formative de la langue seconde; et les politiques en langues secondes au N.-B. Des articles ont été publiés dans les journaux académiques et professionnels suivants : Le Journal de l’immersion; La Revue canadienne des langues vivantes; Journal of Mathematics and Culture; Canadian Journal of New Scholars; Éducation et la francophonie; etc. En plus, pendant la période 2020-2024, l’IRL2C a participé à un projet pancanadien sur la rétention et le recrutement des enseignants en FLS en contribuant au rapport complet, au résumé et à d’autres ressources (p. ex. infographies).
Principaux défis auxquels est confrontée l’éducation et les priorités pour les adresser 2024-2025 à 2027-2028 :
Le financement prévu par cette entente est d’une importance cruciale pour permettre à l’IRL2C de remplir son mandat de recherche en vue d’améliorer l’enseignement du FLS à l’échelle provinciale et nationale. Avec la pénurie d’enseignants en FLS, il est particulièrement important que l’IRL2C maintienne le nombre d’étudiants dans ses programmes de formation (1er cycle) ainsi que le nombre de chercheurs (2e et 3e cycles) qui mettent l’accent sur les études dans le domaine de l’apprentissage et l’enseignement des langues. Pour ces raisons, les priorités de l’IRL2C sont liées au recrutement et à la rétention des futurs enseignants de langue seconde ainsi qu’à l’offre de soutiens linguistiques et pédagogiques. Elles sont aussi liées au recrutement et à la formation d’étudiants du cycle supérieur qui, avec les membres de l’IRL2C, contribuent énormément à la recherche dans le domaine de la didactique des langues secondes ainsi qu’à l’amélioration des différents programmes. En dernier lieu, mais non la moindre, une priorité est la contribution des membres de l’IRL2C à la recherche et à l’amélioration des programmes en collaboration avec les éducateurs de partout au Canada. Les différents projets de recherche de l’IRL2C reflètent les besoins et les priorités identifiés aux niveaux provincial et national ainsi que les priorités de UNB. Avant de décrire les quatre volets du plan d’action 2019-2024, l’alignement des projets avec le plan stratégique de l’UNB, appelé Towards 2030 (Vers 2030) sera présenté.
Le plan d'action de l’IRL2C est aligné sur le plan stratégique de UNB intitulé Vers 2030 de la manière suivante :
L'une des déclarations liminaires de la présentation du plan stratégique de l'UNB est la suivante : « À l'approche de 2030, l'UNB aspire à être reconnue internationalement pour la force de sa recherche. » Bien que le mandat de l’IRL2C soit principalement national, l’IRL2C a certainement eu un impact de nature internationale. Par exemple, un article basé sur des données recueillies auprès d'enseignants de français langue seconde (FLS) en formation initiale a récemment été publié. L'article, qui s'intitule Becoming a French Second Language Teacher : Supporting Confidence and Competence, a été publié en 2023 dans la revue internationale de Equinox-Second Language Teacher Education Journal. Un second article, A task-based framework for oral language instruction in support of young language learners in French immersion, vient d’être publié le 4 octobre 2023 dans la revue internationale TASK. Cet article présente un cadre pédagogique basé sur l’enseignement et l’apprentissage de la langue fondés sur les tâches pour de jeunes élèves débutants dans leur langue seconde.
En outre, le travail de l’IRL2C sur le recrutement et la rétention des enseignants de FLS a été réalisé en collaboration avec des partenaires d'universités de tout le pays ainsi qu'avec l'Association canadienne des professeurs de langues secondes (ACPLS). Les travaux ont non seulement été publiés dans des revues internationales, mais le travail de collaboration a également été présenté lors de conférences nationales et internationales. L'un de ces articles était intitulé Teaching French as a second language (FSL) in Canada: Convergence points of language, professional knowledge, and mentorship from teacher preparation through the beginning years publié dans la Revue canadienne des langues vivantes.
Le plan stratégique de l’UNB, Vers 2030, s'articule autour de six domaines principaux : L'impact de la recherche; L'éducation transformatrice pour l'avenir; L'engagement et l'impact; Une communauté universitaire centrée sur les personnes et informée par les valeurs; et une UNB moderne, intégrée et durable. Pour chacun de ces cinq domaines, les éléments qui correspondent le mieux au mandat de l’IRL2C seront décrits.
En ce qui concerne le premier domaine - Impact de la recherche - décrit par l'UNB comme « Mobiliser les connaissances pour transformer les communautés », l’IRL2C vise à développer des domaines de force dans l'apprentissage et l'enseignement des langues secondes et additionnelles et faire en sorte que le travail de l’IRL2C soit « reconnu à l'échelle nationale et internationale ». En ce qui concerne les actions clés identifiées par l'UNB, l’IRL2C contribue à l'objectif d'augmenter « la productivité de la recherche de notre faculté » ainsi que « l'augmentation des inscriptions d'étudiants des études supérieures ». En ce qui concerne ce dernier point, l’IRL2C est actuellement en discussion avec des étudiants d’études supérieures potentiels pour les années à venir qui sont intéressés par la poursuite de la recherche dans des contextes de français langue seconde et additionnelle.
Le deuxième domaine majeur du plan stratégique est « Transformer l'éducation pour l'avenir », qui a pour objectif principal de « préparer les étudiants à s'épanouir ». Parmi les actions clés de cette catégorie figurent la mise en place de « programmes innovants pour le marché du travail futur » et l'offre à « chaque étudiant d'une opportunité d'apprentissage par l'expérience ». En ce qui concerne la prestation de programmes innovants, l’IRL2C offre ces actions clés dans son programme de formation initiale des enseignants du FLS. Les recherches de l’IRL2C ainsi que celles des pairs dans le domaine de l'enseignement et de l'apprentissage des langues secondes alimentent les cours et des stages de qualité qui sont au cœur de la mission de la Faculté d'éducation. Une autre action clé dans cette catégorie est l'expansion des « options de microcrédits en ligne et des opportunités d'apprentissage professionnel (AP) ». Au cours de la période 2019-2024, l’IRL2C a fourni des AP en ligne pour les enseignants du FLS sur le terrain et des vidéos pédagogiques en ligne en libre accès continuent d’être ajoutés. En outre, en plus des deux microcrédits de 1er cycle déjà mis en place (CTFSL et CTESL), l’IRL2C a créé le microcrédit au niveau des études supérieures – « Certificat d'études supérieures en éducation bilingue et multilingue », pour lequel tous les cours sont offerts de manière asynchrone ou synchrone en ligne. À l'avenir, l’IRL2C continuera à chercher des moyens de soutenir les étudiants des études supérieures et les enseignants en exercice grâce à des possibilités d'apprentissage en ligne. Enfin, d'autres actions clés relevant de ce thème consistent à créer des environnements d'apprentissage inclusifs et à intégrer les savoirs autochtones. Ces actions sont et resteront une priorité pour tous les programmes proposés par l’IRL2C.
La composante suivante de Vers 2030 est « Engagement et impact », dont l'objectif est de créer un changement positif et d'aider à résoudre les défis d'aujourd'hui et de demain. L'une des actions clés consiste à développer les connaissances en matière de recherche pour le « bien-être de la communauté ». L’IRL2C a déjà commencé à s’intéresser à la recherche liée au soutien des compétences et de la confiance des candidats à l'enseignement du FLS par le biais de son travail avec les « séances franco » (séances visant à améliorer les compétences linguistiques et la confiance). Récemment, l’IRL2C s’est penché sur le développement de l'identité professionnelle des enseignants de langues secondes dans une optique axée sur les points forts. Le bien-être et le mieux-être des enseignants sont au cœur de cette recherche visant à retenir les enseignants dans le domaine de l'enseignement du FLS. Une autre action clé de cette partie du plan stratégique consiste à « stimuler la recherche collaborative » et à « élargir les partenariats externes ». La collaboration a également été au cœur du travail de l’IRL2C qui est une unité de recherche collaborative. Plus précisément, au cours de la période 2019-2024, l’IRL2C s’est engagé dans plusieurs collaborations avec des partenaires du corps professoral (par exemple, des collègues travaillant sur l'enseignement des mathématiques et les pratiques inclusives); des partenaires provinciaux (par exemple, le ministère de l'Éducation et du Développement de la petite enfance); des partenaires nationaux (ACPI, CASLT, UBC, UOttawa); et des partenaires internationaux (collaborations internationales en mathématiques et en langues en Norvège et aux États-Unis). Les partenariats provinciaux et nationaux resteront une priorité à l'avenir.
Le prochain domaine clé du plan stratégique de l'UNB est « Une communauté universitaire centrée sur les personnes et fondée sur des valeurs » qui se concentre sur « la construction d'une communauté dans laquelle tout le monde a sa place ». Dans cette catégorie, la valeur des personnes travaillant à l'UNB est défendue. À l’IRL2C, l'une de nos initiatives est le « soutien au personnel éducatif », qui se concentre également sur l'assurance d’obtenir un financement pour l'embauche de personnel d’appui. L'une des actions clés qui s'aligne sur la philosophie et le mandat de l’IRL2C est de « favoriser une culture de soutien, de reconnaissance et de célébration ». Par le biais des médias sociaux et du site Web, ainsi que dans les pratiques quotidiennes, l’IRL2C promeut, et continuera à promouvoir, le travail et les réalisations des membres de son équipe. En outre, le soutien sous forme de mentorat des étudiants des études supérieures et des nouveaux collègues fait partie de l'éthique de l’IRL2C.
Bien qu'important pour l'équipe de l’IRL2C, le quatrième domaine est un peu plus éloigné du travail direct de l’institut de recherche : « Une UNB moderne, intégrée et durable ». Cependant, l'action clé visant à « accroître la population étudiante, y compris les étudiants nationaux et internationaux de 1er cycle et des études supérieures, les apprenants en ligne et les professionnels » est au cœur de notre initiative de « prestation de programmes ». L’IRL2C continuera à s’efforcer de diversifier sa population étudiante, tant au niveau du 1er cycle (c.-à-d. baccalauréat en éducation - spécialisation en FLS) qu'au niveau des études supérieures (c.-à-d. maîtrise en éducation, doctorat, certificat d'études supérieures en éducation bilingue et multilingue).
Processus de consultation et établissement des grandes orientations 2024-2028 :
L’IRL2C participe régulièrement aux consultations avec les intervenants principaux : les districts scolaires, les écoles, le ministère de l’Éducation et de Développement de la petite enfance, les autres centres de recherche en langues officielles/secondes/additionnelles et les associations liées à la langue seconde comme l’Association des professionnels de l’immersion (ACPI), l’Association canadienne des professeurs de langues secondes (ACPLS) et l’Association canadienne de linguistique appliquée (ACLA). L’Institut reçoit aussi plusieurs demandes d’avis et de soutien professionnels d’intervenants (enseignants, conseillers pédagogiques, autres universités, etc.) de partout au Canada. L’IRL2C siège sur plusieurs comités consultatifs et il est en contact régulier avec les principaux intervenants. Toutes ces consultations ont mené à la production du plan d’action pour 2014-2028 de l’Institut. L’IRL2C continuera à maintenir les liens forts avec ses principaux intervenants et à dialoguer de façon régulière avec ses partenaires pendant la mise en œuvre de son plan d’action 2024-2025 à 2027-2028.
Le Plan d’action 2024-2028 - Un survol
Le plan d’action pour UNB (IRL2C) 2024-2028 comprendra les composantes suivantes :
L’offre des programmes (1er, 2e et 3e cycles) pour la spécialisation en FLS : L’IRL2C continuera d’offrir des cours pour le baccalauréat en éducation (B.Ed) qui mettent l’accent sur la pédagogie en langues secondes — ED5562, ED5563, ED5568, ED5569, ED5575, ED5561 (maintenir 6 cours par année). Des cours de 2e cycle (maîtrise) pour le Certificat de l’éducation bilingue et multilingue (ED6103, ED6110, ED6106, ED6112 - maintenir l’offre d’au moins 3 cours par année) seront aussi offerts. De plus, l’Institut fera la supervision des thèses de maîtrise et de doctorat pour les étudiants de 2e et 3e cycles qui font de la recherche dans le domaine de langue seconde/additionnelle (maintenir un minimum de 2 étudiants par année).
Appui des étudiants qui se spécialisent en FLS : L’IRL2C continuera d’offrir à ses étudiants de B.Ed qui se spécialisent en FLS des bourses de recrutement (6-8 bourses par année) ainsi que des bourses pour le perfectionnement linguistique (6-8 bourses par année). De plus, des bourses d’études pour les étudiants à temps plein de 2e et 3e cycles qui font de la recherche en FLS seront également offertes. Finalement, des petites bourses seront offertes aux étudiants qui font le Certificat de l’éducation bilingue et multilingue.
Recherche en FLS : L’IRL2C continuera à faire quatre projets de recherche qui comprendront des produits académiques (articles, présentations) et professionnelles (vidéos, capsules, ateliers, articles professionnels) sur les domaines suivants :
- Tendances actuelles en enseignement et en apprentissage des langues fondées sur le contenu, et en littératie dans la langue seconde et additionnelle
- Le mentorat et le développement des capacités des éducateurs dans le contexte de langue seconde et additionnelle
- Les réalités et les enjeux sociaux et politiques reliés à l’enseignement et à l’apprentissage des langues secondes et additionnelles
L’appui de personnel éducatif : L’IRL2C aura deux postes d’associé à la recherche, deux postes de professeurs et une assistante administrative. Des contrats pour les projets spéciaux (ex. séances franco - sessions de perfectionnement de langue) continueront d’être offerts et quatre instructrices à temps partiel seront embauchées pour offrir quatre cours.
