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Préambule, Annexe 4 : Plan d’action du Manitoba 2024–2025 à 2027–2028

Entente Canada–Manitoba relative à l’enseignement dans la langue de la minorité et à l’enseignement de la seconde langue officielle 2024 2025 à 2027 2028

Sur cette page

Mise en contexte

Le Plan d’action du Manitoba a été rédigé dans le cadre de l’Entente Canada–Manitoba relative à l’enseignement dans la langue de la minorité et à l’enseignement de la seconde langue officielle 2024-2025 à 2027-2028. Ce Plan d’action donne des renseignements généraux et de haut niveau. Pour obtenir des informations plus détaillées, le lecteur est invité à communiquer avec le Bureau de l’éducation française du ministère de l’Éducation et de l’Apprentissage de la petite enfance (par courriel à l’adresse paloolsp@gov.mb.ca ou par téléphone au 204 945-6916).

Au Manitoba, depuis 1970, à la suite de l’adoption de la loi 113, le français comme langue d’enseignement est sur un pied d’égalité avec l’anglais.

De la maternelle à la 12e année, l’éducation en langue française est offerte dans trois des quatre programmes officiels au Manitoba soit le Programme français, le Programme d’immersion française et les cours de français du Programme anglais. Ces programmes sont sous l’égide du ministère de l’Éducation et de l’Apprentissage de la petite enfance. L’offre de l’éducation dans les écoles publiques est régie en grande partie par la Loi sur les écoles publiques et la Loi sur l’administration scolaire.

L’éducation en langue française au niveau postsecondaire est offerte essentiellement par l’Université de Saint-Boniface (USB). L’USB est la seule université francophone de l’Ouest canadien. Elle collabore de manière active avec les autres universités de la province afin de bonifier l’offre postsecondaire en français. Au Manitoba, l’éducation postsecondaire est régie par le ministère de l’Éducation postsecondaire et de la Formation.

Quant au Programme d’apprentissage et de garde des jeunes enfants, il est administré par la division de l’Apprentissage et de la garde de la petite enfance du ministère de l’Éducation et de l’Apprentissage de la petite enfance. Cette division travaille en collaboration avec la Fédération des parents de la francophonie manitobaine (FPFM) sur les dossiers de la petite enfance. La FPFM offre des programmes, des services, des ressources et de la formation qui appuient les familles, les enfants et les centres de la petite enfance en français.

Le survol de l’éducation en langue française au Manitoba

Maternelle à la 12e année

Le système scolaire du Manitoba comprend des écoles publiques, des écoles indépendantes subventionnées par la province, des écoles indépendantes non subventionnées et des élèves recevant un enseignement à domicile. Les écoles publiques sont gérées par une commission scolaire dont les membres sont élus localement. Elles sont administrées selon les lois, politiques et règlements provinciaux, et sont généralement financées à la fois par un financement provincial direct ainsi que par une taxe scolaire. Le fonctionnement des écoles indépendantes varie, car elles disposent de leur propre organisme dirigeant ou commission scolaire. Les écoles indépendantes sont admissibles à un financement provincial à condition de satisfaire à plusieurs exigences, telles que la constitution légale, la mise en œuvre des programmes d'études manitobains et l’embauche d’enseignants brevetés. Dans le cadre du présent Plan d’action, seules des écoles publiques et des écoles indépendantes subventionnées mettent en œuvre des initiatives.

Le Programme français

Le Programme français est un programme d’enseignement en français de niveau élémentaire ou secondaire. Il est conçu pour les élèves dont la première langue apprise et comprise est le français.

Avant 1994, ce programme était offert par des divisions scolaires anglophones. Toutefois, la minorité francophone préférait avoir un contrôle sur la gestion des écoles offrant l’éducation en langue française. En 1993, à la suite de la confirmation par la Cour suprême du Canada du droit de contrôle de la minorité à l’égard des établissements d’enseignement de langue française, la province du Manitoba a adopté le projet de loi 34 visant à modifier la Loi sur les écoles publiques; pavant ainsi la voie à la création de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM).

Depuis 1994, le Programme français est offert principalement par la DSFM. Un petit nombre d’écoles dont les parents d’élèves ont refusé d’intégrer la DSFM continue d’offrir le Programme français sous le format informellement appelé 50/50. Ces écoles sont : le Complexe scolaire Saint-Claude, l’École Saint-Malo et l’École secondaire Prairie Mountain.

Selon la loi sur les écoles publiques, tous les enfants dont les parents sont des ayants droit tels que définis par l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés ont le droit de s’inscrire dans une des écoles de la DSFM. Cependant, selon la section 21.15(5) de la loi, l’admission des autres enfants est à la discrétion de la commission scolaire, si les parents font une demande d’admission écrite.

Les écoles de la DSFM sont réparties sur l’ensemble du territoire de la province, alors que les écoles des autres divisions scolaires sont regroupées sur de petites portions de territoire. Une des conséquences de cette situation est des frais de fonctionnement très élevés. La DSFM est financée par la province grâce à une formule spéciale qui prend en compte cette particularité.

La DSFM compte 24 écoles réparties à travers la province. Huit de ces écoles sont situées à Winnipeg, dont six écoles élémentaires et deux écoles secondaires. Quinze autres écoles se trouvent dans des communautés rurales, et une est située dans le nord du Manitoba. La DSFM dispose également d'un Centre d’éducation des adultes qui offre des cours en soirée dans les locaux du Collège Louis-Riel (CLR) à Winnipeg. Le CLR propose également le programme du Baccalauréat international, et est l’une des deux dernières écoles à offrir ce programme au Manitoba. Une 25e école française ouvrira ses portes en septembre 2025 dans le quartier Sage Creek à Winnipeg.

Le Programme d’immersion française

Le Programme d’immersion française au Manitoba est un programme de langue seconde inclusif qui s’adresse à tous les élèves ayant des capacités et des besoins différents dont la langue maternelle n’est pas le français et qui ont peu ou pas de connaissances du français avant de débuter le Programme.

Au Manitoba, la vision du Programme se lit comme suit :

« Le Programme d’immersion française a pour but de former des citoyens du monde plurilingues, confiants, fiers et engagés. Il vise à former des jeunes qui peuvent, avec fierté et facilité, interagir en français de façon autonome et spontanée et qui cherchent à prendre part à l’espace et à la communauté francophones. Leur identité comme citoyens canadiens, compétents en français et en anglais, leur permet de s’épanouir dans leurs choix de vie et de s’ouvrir à d’autres langues et cultures. »Note de bas de page 1

L’immersion française a commencé au Manitoba dans les années 1970, lors de la création des premières classes d’immersion française à la Division scolaire de Saint-Boniface no 4 et à la Division scolaire Winnipeg no 1. En 1973, 216 élèves étaient inscrits en immersion à l’École Sacré-Cœur. Après plus de 50 ans d’immersion française au Manitoba, le Programme est actuellement offert dans 23 des 37 divisions scolaires du Manitoba, avec plus de 28 354 élèves inscrits dans 114 écoles en 2023-2024.

Depuis 1995, l’immersion française a le statut de programme scolaire officiel au Manitoba. Il est donc soumis aux mêmes règlements, aux mêmes compétences à acquérir, et reçoit les mêmes services du ministère que le Programme anglais et le Programme français. En septembre 1996, le Manitoba fut la première province du Canada à adopter une politique curriculaire pour son Programme d’immersion française.

Le pourcentage minimal de temps d’enseignement en français recommandé par le Ministère est le suivant :

  • À la maternelle : 100 % du temps.
  • De la 1re à la 6e année : 75 % à 80 % du temps.
  • En 7e et 8e années : 50 à 86 % du temps.
  • De la 9e à la 12e année, au moins 15 crédits sur 30 doivent provenir de cours enseignés en français pour l’obtention d’un diplôme d’immersion française.

Au Manitoba, il y a trois points d’entrée officiels dans le Programme d’immersion française, soit :

  • l’immersion longue (à partir de la maternelle ou de la 1re année),
  • l’immersion moyenne (à partir de la 4e année) et
  • l’immersion courte (à partir de la 6e ou de la 7e année).

Le Programme d’immersion française s’organise selon deux principaux modèles : le modèle à voie unique et le modèle à deux voies.

Dans les écoles offrant le modèle à voie unique, le Programme d’immersion française est le seul programme offert. La majorité des membres du personnel parlent français. Aux niveaux primaires et intermédiaires, toutes les matières à l’exception de English Language Arts sont enseignées en français y compris les cours donnés par des spécialistes (p. ex., Musique, Arts visuels, l’Éducation physique). Au secondaire, tous les cours obligatoires et facultatifs sont offerts en français, sauf le cours de English Language Arts. Dans ces écoles, les annonces et la majorité des activités scolaires et parascolaires se font en français.

Dans les écoles offrant le modèle à deux voies, le Programme d’immersion française et le Programme anglais coexistent sous un même toit et sous une même administration. Certains membres du personnel affectés au Programme d’immersion française parlent français (administration, services de soutien, auxiliaires d’enseignement ou enseignants spécialistes). Certaines matières pourraient ne pas être enseignées en français dans ces écoles. Les élèves du Programme d’immersion française suivent alors ces cours avec ceux du Programme anglais. Les annonces, les sorties scolaires et les activités à l’échelle de l’école se font principalement en anglais.

Depuis 2008, année de la dernière refonte de la politique d’immersion française au Manitoba, plusieurs enjeux supplémentaires devant être abordés ont été soulignés : augmentation des inscriptions, diversité des besoins des élèves et accès des nouveaux arrivants au Programme. De plus, les statistiques montraient un taux d’attrition relativement élevé avant la 12e année, avec des taux de rétention plus élevés dans les écoles offrant le modèle à voie unique que dans celles offrant le modèle à deux voies. La mise en œuvre du Programme d’immersion française variait considérablement entre les écoles et les divisions, et de nombreux responsables de l’immersion française avaient une expérience limitée du Programme et ne savaient pas comment le soutenir efficacement.

Pour aborder ces enjeux, le Bureau de l’éducation française (BEF) a lancé, en mai 2023, une version renouvelée de La Politique d’immersion française au Manitoba. La Politique établit le contexte historique et juridique ainsi que les politiques administratives et les exigences du Programme d’immersion française, et fournit un cadre commun des fondements et de la mise en œuvre efficace du Programme.

En plus de fournir aux écoles et aux divisions scolaires des étapes concrètes et réalisables afin d’assurer une pleine mise en œuvre du Programme, la Politique renouvelée présente trois changements clés :

  1. la recommandation d’envisager le modèle à voie unique là où il est viable;
  2. la recommandation d’une flexibilité pour les points d’entrée;
  3. l’augmentation du nombre minimum de crédits requis pour obtenir un diplôme du Programme d’immersion française, passant de 14 à 15.

Le Programme d’immersion française peut se réaliser effectivement dans les deux modèles, soit le modèle à voie unique et le modèle à deux voies. Étant donné qu’un milieu linguistique riche et une exposition intensive à la langue française sont essentiels à l’acquisition d’une langue seconde, le modèle à voie unique offre une plus grande possibilité d’une expérience linguistiquement riche pour les élèves. Par conséquent, là où cela est viable, le Ministère recommande que le modèle à voie unique soit considéré de la maternelle à la 12e année dans toutes les divisions scolaires de la province.

Au Manitoba, le point d’entrée le plus courant au Programme est celui de l’immersion longue; peu de divisions scolaires offrent l’immersion moyenne ou courte. Cela ne suffit pas à répondre aux besoins des élèves qui ne peuvent pas entrer à un point d’entrée officiel. Le Ministère recommande aux divisions scolaires de faire preuve de flexibilité concernant les points d’entrée en offrant plusieurs points d’entrée tout en fournissant les soutiens académique et linguistique nécessaires pour assurer la réussite des élèves.

À compter de l’année scolaire 2024-2025, les élèves qui commencent la 9e année devront accumuler un minimum de 15 crédits sur 30 provenant de cours enseignés en français pour obtenir un diplôme du Programme d’immersion française. Bien que cette nouvelle exigence atteigne le seuil de 50 % d’exposition intensive à la langue française, le Ministère encourage fortement les écoles à offrir autant de crédits au niveau secondaire que possible dans la langue française et à motiver les élèves à prendre plus de crédits que le minimum requis.

L’équipe du BEF constate une volonté grandissante des écoles et des divisions scolaires de mieux appliquer les principes et recommandations de la nouvelle Politique. Cela se manifeste de diverses manières, telles que les demandes de financement, les discussions lors des sessions de formation des cohortes d’administrateurs, ou encore par les sollicitations d’appui des conseillers pédagogiques du BEF pour aider les équipes-écoles dans la mise en œuvre du Programme.

Les cours de français langue seconde (Programme anglais)

Les cours de français langue seconde (Programme anglais) ne sont pas obligatoires au Manitoba. Ils sont conçus pour tous les élèves inscrits au Programme scolaire anglais du Manitoba et ont pour but d’amener l’élève à :

  • acquérir des compétences linguistiques nécessaires pour pouvoir communiquer en français;
  • valoriser le français comme outil de développement personnel, intellectuel et social;
  • démontrer une appréciation des cultures francophones;
  • acquérir des compétences interculturelles essentielles à tout citoyen du monde.

Les cours de français (Programme anglais) sont organisés comme suit :

  • Français pour les jeunes débutants de la maternelle à la 3e année; et,
  • Français - communication et culture de la 4e à la 12e année.

Le ministère de l’Éducation et de l’Apprentissage de la petite enfance recommande de 30 à 40 minutes d’enseignement par jour. Le ministère n’exige pas de temps minimum d’enseignement en français parce que les cours de français au Manitoba ne sont pas obligatoires. L’offre des cours de français langue seconde dans les écoles de la majorité de langue anglaise est laissée à la discrétion des divisions scolaires. Par conséquent, l’enseignement et l’apprentissage du français varient d’une division scolaire à l’autre.

En 2023-2024, 51 671 élèves de 355 écoles publiques offrant le Programme anglais, sur une possibilité de 697 écoles publiques, étaient inscrits à des cours de français, soit environ 33 % des élèves du Programme anglais. Ce nombre comprend 24 % des élèves de la maternelle à la 3e année, 65 % des élèves de la 4e à la 8e année et 5 % des élèves de la 9e à la 12e année. En outre, 8 858 élèves de 40 écoles indépendantes étaient aussi inscrits à des cours de français (dans le Programme anglais).

Financement de l’éducation de la maternelle à la 12e année

Au Manitoba, la province prend en charge 100 % des dépenses en immobilisations des divisions scolaires. Toutefois, elle ne fournit que 60 % des fonds de fonctionnement des divisions scolaires. En plus du financement de base, la province fournit aux divisions scolaires une aide additionnelle ciblée sous le programme appelé « Aide par catégorie ». Contrairement au financement de base dont l’allocation des fonds est laissée à la discrétion des divisions scolaires, les fonds du Programme d’Aide par catégorie sont utilisés uniquement pour les priorités identifiées par la province. Le support additionnel aux divisions scolaires pour l’enseignement du français fait partie des Aides par catégorie.

Au Manitoba, les divisions scolaires ont le droit de prélever un impôt foncier pour l’éducation sur leur territoire respectif afin d’équilibrer leur budget. La Division scolaire franco-manitobaine n’a pas ce droit, car elle n’a pas de territoire exclusif. Son territoire est la province du Manitoba. Pour assurer l’équilibre budgétaire de la DSFM, la province a développé une formule de financement spéciale. Ce financement permet de financer adéquatement la division scolaire. Cette formule est basée sur les recommandations du rapport Comtois, qui est disponible au public sur demande (Rapport de la révision de la programmation, des sources de revenus et des opérations financières de la DSFM, 2004).

Données sur les inscriptions

Le tableau 1 présente les données d’inscription scolaire au Manitoba pour l’année 2023-2024, en distinguant les écoles de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), les programmes d’immersion française et les cours de français langue seconde. Il indique le nombre d’écoles et le nombre d’élèves par niveau scolaire, de la prématernelle à la 12e année.

Inscriptions provinciales – 2023-2024

Tableau 1 : Inscriptions scolaires au Manitoba par type de programme – Année scolaire 2023-2024
Divisions scolaires DSFM Immersion française Cours de français langue seconde
Nombre d’écoles 697 24 114 355
Nombre d’élèves par niveau - - - -
Prématernelle 1 772 35 s. o. s. o.
Maternelle 13 611 504 2 677 1 052
1re année 14 097 536 2 879 2 754
2e année 14 539 506 2 839 3 011
3e année 14 694 544 2 732 3 569
4e année 14 840 503 2 509 7 494
5e année 14 964 502 2 421 8 601
6e année 14 937 483 2 305 8 735
7e année 14 473 470 1 980 7 046
8e année 14 365 442 1 984 6 915
9e année 15 214 376 1 677 1 197
10e année 15 146 395 1 630 698
11e année 15 105 379 1 444 354
12e année 16 791 417 1 277 245
Total 194 548 6 092 28 354 51 671

Le Postsecondaire

Au Manitoba, toutes les grandes universités telles que l’Université du Manitoba, l’Université de Winnipeg ou l’Université de Brandon ont un programme de Français hébergé par leur faculté des arts. Ces universités offrent des cours de français pour tous les niveaux d’études (Baccalauréat, Maîtrise et Doctorat). L’anglais est la langue d’enseignement de ces universités. Il existe une seule université dont la langue d’enseignement est le français : l’Université de Saint-Boniface (USB). Seule l’USB a des initiatives dans le présent Plan d’action.

L’USB est le plus ancien établissement d’enseignement postsecondaire de l’Ouest canadien. Elle est située dans le quartier francophone de Saint-Boniface, au cœur même de la ville de Winnipeg, et abrite à la fois une université et deux écoles collégiales, soit l’École technique et professionnelle (ETP) et l’École des sciences infirmières et des études de la santé (ESIES). Elle est accessible à toute personne apte à poursuivre des études postsecondaires en français. Son milieu d’apprentissage interculturel est caractérisé par l’inclusion et la diversité.

Contrairement aux universités de grande taille du Manitoba, l’USB ne bénéficie pas d’économie d’échelle par rapport à ses charges opérationnelles à cause de la petite taille de la population francophone. Ses frais de fonctionnement étant élevés, l’USB n’a pratiquement pas de marge de manœuvre budgétaire pour l’expansion de ses programmes, la modernisation de ses édifices ou l’accroissement des services en ligne tant recherché par la génération actuelle d’étudiants.

L’USB accueille typiquement dans ses programmes d’études créditées entre 1 350 et 1 400 étudiants provenant du système scolaire manitobain francophone, du système d’immersion, ainsi que des résidents permanents et des étudiants internationaux provenant de 25 pays.

En 2023-2024, 1 386 étudiants étaient inscrits aux programmes crédités de l’USB. Ces inscriptions aux programmes crédités se comparent aux 1 325 étudiants en 2022-2023.

Des 1 386 étudiants qui étaient inscrits aux programmes crédités en 2023-2024, 416 étaient inscrits aux cours et aux programmes collégiaux offerts par l’ÉTP et par l’ESIES. En ce qui concerne le volet universitaire, 970 étudiants étaient inscrits aux cours et aux programmes offerts par la Faculté des arts et la Faculté des sciences, ainsi que par la Faculté d’éducation et des études professionnelles. Pour compléter ces chiffres, il faudrait souligner les 42 élèves du secondaire qui ont suivi des cours universitaires ou collégiaux selon la formule de double reconnaissance de crédits.

En ce qui concerne l’éducation permanente, l’Université comptait 5 609 inscriptions en 2023-2024 au sein de ses différentes formations non créditées.

Les programmes crédités offerts à l’USB (2024-2025)

L’USB offre une gamme de programmes, allant du certificat à la maîtrise.

Le tableau 2 présente l’ensemble des programmes crédités offerts à l’Université de Saint-Boniface pour l’année universitaire 2024-2025. Il regroupe les programmes d’études collégiales, les programmes universitaires de premier cycle et ceux de deuxième cycle. Certains programmes sont nouveaux depuis la dernière entente, comme le certificat d’auxiliaire d’enseignement et le baccalauréat ès arts avancé en psychologie.

Programmes crédités offerts à l’Université de Saint-Boniface – Année universitaire 2024-2025

Programmes d’études collégiales
  • Baccalauréat en sciences infirmières
  • Diplôme en sciences infirmières auxiliaires
  • Certificat d’Aide en soins de santé
  • Certificat d’auxiliaire d’enseignement*
  • Diplôme en administration des affaires
  • Diplôme en administration des affaires avec double spécialisation - marketing et multimédia
  • Diplôme en communication multimédia
  • Diplôme en communication multimédia avec concentration en administration des affaires
  • Diplôme en éducation de la jeune enfance (programme régulier, et programme Milieu de travail)
  • Post-diplôme en gestion dans le domaine de l’éducation de la jeune enfance*
  • Diplôme en gestion du tourisme
  • Diplôme en technologies de l’information
Programmes d’études universitaires de premier cycle
  • Baccalauréat en administration des affaires
  • Baccalauréat en éducation
  • Diplôme postbaccalauréat en éducation
  • Baccalauréat en travail social
  • Baccalauréat ès arts général
  • Baccalauréat ès arts avec double spécialisation
  • Baccalauréat ès arts spécialisé en études françaises
  • Baccalauréat ès arts spécialisé en traduction
  • Baccalauréat ès arts avec double spécialisation français-traduction
  • Baccalauréat ès arts avancé en psychologie*
  • Baccalauréat ès arts spécialisé en psychologie*
  • Certificat de traduction
  • Baccalauréat ès sciences général
  • Baccalauréat ès sciences avec majeure conjointe en biochimie-microbiologie
Programmes d’études universitaires de deuxième cycle
  • Maîtrise ès arts en études canadiennes et interculturelles
  • Maîtrise en éducation

*Ces programmes ont été ajoutés depuis l’Entente précédente.

Les programmes non crédités offerts à l’USB (formation continue)

L’USB offre aussi des formations non créditées, lesquelles sont encore, pour le moment, principalement axées sur la formation linguistique. En voici quelques exemples :

Le tableau 3 présente un aperçu des formations non créditées offertes par l’Université de Saint-Boniface dans le cadre de sa programmation de formation continue. Ces formations sont principalement axées sur le développement linguistique, incluant des cours de français oral, de perfectionnement en français, d’anglais langue seconde et d’espagnol.

Formations non créditées offertes à l’Université de Saint-Boniface en formation continue

Formation continue
  • Français oral - Franséjour
  • Perfectionnement du français - Le français en milieu de santé
  • French Immersion for Teachers (FIT) - Mini French Immersion for Teachers (Mini-FIT)
  • Anglais langue seconde - Español
  • Cours de langue pour immigrants au Canada (formation fédérale)
  • Programme fédéral de français pour fonctionnaires
  • Ateliers de mise à niveau en mathématiques et en français à l’intention des étudiants de l’USB
  • Communiquer avec assertivité (fonction publique provinciale)

Les inscriptions à l’Université de Saint-Boniface – 2023-2024

Le tableau 4 présente la répartition des inscriptions à l’Université de Saint-Boniface pour l’année universitaire 2023-2024 selon la provenance des étudiants.

Tableau 4 : Provenance des inscriptions à l’Université de Saint-Boniface – Année universitaire 2023-2024
Provenance Nombre d’étudiants Pourcentage de la population estudiantine
DSFM (FL1) 378 27 %
Immersion (FL2) 385 28 %
Population internationale (permis d’étude) 244 18 %
Résidents permanents 188 14 %
Hors province 19 1 %
Canadiens (2e cycle) 108 8 %
Autres 48 3 %
Autres universités 16 1 %
Total 1 386 -
Inscriptions universitaires 970 70 %
Inscriptions collégiales (ETP et ESIES) 416 30 %

Source : Registrariat – juin 2024

La Faculté d’éducation de l’Université de Saint-Boniface

Depuis 1997, la Faculté d’éducation de l’Université de Saint-Boniface (USB) est mandatée par le gouvernement du Manitoba pour assurer la formation initiale des futurs enseignants dans les programmes en français et d’immersion française. La capacité d’accueil de la Faculté a considérablement augmenté ces dernières années. Entre 2019 et 2022, un financement ponctuel du gouvernement du Canada a permis l’embauche de trois professeurs supplémentaires, permettant ainsi d’accueillir des cohortes de 70 étudiants au Baccalauréat en éducation. En 2022, le gouvernement du Manitoba a pérennisé cet investissement permettant à l’USB de maintenir cette capacité d’accueil accrue et de rendre permanents certains postes de professeurs.

En 2023, le gouvernement du Manitoba a confirmé un investissement additionnel qui permettra, une fois la deuxième phase d’expansion pleinement déployée, d’accueillir des cohortes allant jusqu’à 90 étudiants au Baccalauréat en éducation. Cette deuxième phase prévoit l’ajout de postes à la Faculté d’éducation pour l’enseignement et l’encadrement des stages, ainsi que le renforcement des programmes nourriciers tels que le Baccalauréat ès arts et le Baccalauréat ès sciences. De plus, des postes seront ajoutés dans les services de soutien aux étudiants, notamment le service de perfectionnement linguistique, le bureau du recrutement et le registrariat.

Ces augmentations de la capacité d’accueil de la Faculté d’éducation de l’USB représentent un pas important dans les efforts du Manitoba pour combler la pénurie d’enseignants de français. Cependant, il reste beaucoup à faire pour répondre à la demande croissante. Les résultats d’un sondage mené par la Manitoba Association of School Superintendents (MASS) en juin 2021 auprès des divisions scolaires, combinés à quelques autres études, ont permis d’estimer que le nombre d’enseignants à embaucher annuellement au sein des programmes de français et d’immersion française pour compenser les départs à la retraite, les démissions et l’augmentation des inscriptions s’élève à 149. Ce chiffre dépasse largement le nombre annuel de diplômés en éducation à l'USB.

Pour répondre à cette demande, il est essentiel de continuer à former des enseignants et d'explorer des solutions pour attirer et retenir les talents dans le domaine de l'éducation en français. Une approche concertée et soutenue est nécessaire pour garantir que chaque élève ait accès à une éducation de qualité en français.

Le Programme d’apprentissage et de garde des jeunes enfants

Au Manitoba, les services à la jeune enfance sont offerts sous deux formats : les garderies institutionnelles et les garderies familiales. Ces services sont régis par la division de l’Apprentissage et de la garde de la petite enfance du ministère de l’Éducation et de l’Apprentissage de la petite enfance.

La division :

  • supervise les garderies, les prématernelles et les garderies familiales et leur délivre des licences conformément aux dispositions de la Loi sur la garde d’enfants et de ses règlements d’application;
  • fournit aux établissements d’aide à l’enfant admissibles des subventions et un soutien aux programmes;
  • aide à placer les enfants ayant des besoins spéciaux dans des établissements de garde d’enfants par le truchement du Programme de soutien à l’inclusion;
  • détermine la classification de tous les éducateurs des jeunes enfants et de toutes les aides des services à l’enfance travaillant dans des établissements de garde d’enfants autorisés;
  • assigne un coordonnateur des services de garderie à chaque établissement autorisé;
  • accorde des allocations aux familles admissibles afin de les aider à payer leurs frais de garde, dans le cadre du Programme d’allocations pour la garde d’enfants.

Selon le site web de la DSFM, pour favoriser l’accès à des services en petite enfance en français dans chacune de ses 24 communautés scolaires, la DSFM travaille conjointement avec les organismes dont le mandat est lié à la petite enfance. Il s’agit notamment de la Fédération des parents de la francophonie manitobaine (FPFM) et de la Société de la francophonie du Manitoba (SFM). Ensemble, ils forment la Coalition francophone de la petite enfance du Manitoba.

Le Programme de la petite enfance à la DSFM était soutenu en 2023-2024 par :

  • 38 classes de maternelle à temps plein dans 22 écoles.
  • 19 Centres d’apprentissage et de soin/garderies.
  • 16 Centres de la petite enfance et de la famille, connus sous l’acronyme CRÉE.
  • 5 projets pilotes de classes de prématernelle à temps plein.

Le nombre de places disponibles dans les services de garde en français est insuffisant étant donné le manque d’espace et d’éducatrices.

Progrès réalisés grâce à l’entente bilatérale précédente

Participation des apprenants

  • Accroissement de 4,3 % des inscriptions à la DSFM par rapport à celles de 2019-2020.
  • Accroissement de 4 % des inscriptions au Programme d’immersion française par rapport à celles de 2019-2020.
  • En 2019-2020, 54 230 élèves étaient inscrits à des cours de français dans le cadre du Programme anglais. Ce nombre est passé à 48 603 en 2020-2021 et à 51 671 en 2023-2024. Bien que la pandémie de COVID-19 ait entraîné une baisse, les inscriptions ont augmenté de 6,3 % entre 2020-2021 et 2023-2024.
  • En 2018-2019, 356 étudiants issus des écoles de la DSFM étaient inscrits à l’USB. En 2023-2024, ce chiffre est passé à 378 étudiants.

Offre de programmes

  • Le nombre d’écoles dans la DSFM est passé de 23 à 24.
  • Le nombre de divisions scolaires offrant le Programme d’immersion française a été maintenu à 23 sur 37.
  • Le nombre d’écoles offrant le Programme d’immersion française est passé de 112 à 114.
  • Le nombre de programmes offerts à l’USB en 2019-2020 était de 21 : 13 universitaires et 8 collégiaux. En 2023-2024, l’USB offrait 14 programmes universitaires et 11 collégiaux.

Réussite éducative des apprenants

  • En 2019-2020, 62 % des élèves FL1 de la 8e année ont atteint le 3e niveau de performance de l’évaluation provinciale en Lecture et 57,5 % l’ont atteint en Écriture. En 2023-2024, ces taux sont passés respectivement à 67,6 % et 58,7 %, représentant des augmentations de 5,6 % et 1,2 %.
  • En 2019-2020, 71,5 % des élèves du Programme d’immersion française de la 8e année ont atteint le 3e niveau de performance de l’évaluation provinciale en Lecture et 63,4 % l’ont atteint en Écriture. En 2023-2024, ces taux sont passés respectivement à 74,7 % et 65,9 %, représentant des augmentations de 3,2 % et 2,5 %.

Milieux d’apprentissage enrichis

  • Dans le cadre de ses activités culturelles, la DSFM a poursuivi la construction de l’identité communautaire francophone de ses élèves en accueillant une moyenne de 2 000 d’entre eux par année au Camp Moose Lake.
  • 100 % des divisions scolaires qui offrent l’immersion ont participé à au moins une activité culturelle financée grâce à l’Entente.

Appui au personnel éducatif

Le personnel du BEF a développé une série de cinq séances d’apprentissage professionnel destinée aux nouveaux leaders en immersion française afin de les soutenir dans la mise en œuvre du Programme d’immersion française dans leurs écoles.

  • En 2022-2023 (année pilote), 19 leaders ont participé aux séances.
  • En 2023-2024, 31 leaders ont participé aux séances.

Les consultations

Le ministère de l’Éducation et de l’Apprentissage de la petite enfance est en constante communication avec les parties prenantes de l’éducation en langue française au Manitoba grâce au Bureau de l’éducation française (BEF). Le BEF consulte régulièrement les intervenants de manière formelle comme lors de l’élaboration et la mise en œuvre de documents de politiques, de programmes d’études ou de ressources destinées au milieu éducatif. Par ailleurs, les membres de l’équipe de direction du BEF communiquent régulièrement de manière informelle avec les dirigeants des organismes partenaires pour échanger des mises à jour et des conseils.

Dans le cadre de l’élaboration du Plan d’action 2024-2025 à 2027-2028, le BEF a organisé (en décembre 2024 et janvier 2025) une série de consultations individuelles avec des représentants des équipes de direction des organismes suivants :

  • La Division scolaire franco-manitobaine (DSFM)
  • L’Université de Saint-Boniface (USB)
  • La Fédération des parents de la francophonie manitobaine (FPFM)
  • Les Éducatrices et éducateurs francophones du Manitoba (ÉFM – MTS)
  • La Société de la francophonie manitobaine (SFM)
  • La Manitoba Association of School Superintendents (MASS)
  • Canadian Parents for French – Manitoba (CPF-MB).

Les mandats combinés de ces organismes couvrent le continuum éducatif en français, de la petite enfance aux études postsecondaires, pour les élèves dont le français est la langue première ou une langue seconde.

Les consultations ont permis de discuter de plusieurs enjeux et d’identifier les principales priorités de ces partenaires clés. Des rencontres de suivi et des échanges par courriel, notamment concernant les contributions fédérales additionnelles, ont aidé le BEF à mieux comprendre les propositions des partenaires et à finaliser les initiatives. Tous les projets des partenaires ont été acceptés et intégrés au Plan d’action 2024-2025 à 2027-2028 du Manitoba.

Sans surprise, six des sept organisations rencontrées ont mentionné que le recrutement et la rétention des enseignants de français demeurent un grand défi et la principale priorité. Certains ont soulevé que la pénurie s’étende maintenant aux enseignants suppléants et que ceci a un impact sur la capacité des enseignants réguliers de participer à des journées de perfectionnement professionnel ou d’accompagner les élèves durant les sorties scolaires. Les intervenants ont demandé au BEF de poursuivre ses efforts pour mettre en œuvre la Stratégie de recrutement et de rétention des enseignants de langue française du Manitoba : Passer à l’action en collaboration avec les partenaires éducatifs. Tous sont d’accord que la contribution fédérale additionnelle pour le soutien au recrutement et à la rétention d’enseignant sert à faire avancer les projets identifiés dans le plan de mise en œuvre de la stratégie provinciale.

La Coalition francophone de la petite enfance du Manitoba, regroupant la FPFM, la DSFM et la SFM, avait soulevé de vives préoccupations dès l’automne 2024 en apprenant la réduction progressive du financement pour les Centres de ressources éducatives à l’enfance (CRÉEs) dans l’Entente Canada-Manitoba relative aux services en français 2023-2024 à 2027-2028 jusqu’à son élimination complète en 2027-2028. La coalition avait alors exprimé le souhait que cette perte de financement pour les CRÉEs soit compensée par l’Entente en éducation. En réponse à ces préoccupations, le BEF a étudié la requête, élaboré un plan de transition et confirmé aux membres de la coalition la transition du financement vers l’Entente en éducation. L’initiative des CRÉEs a donc été incorporée dans le présent Plan d’action et sera financée par la contribution fédérale additionnelle FLM.

En plus de supporter les priorités communes telles que les CRÉEs et le recrutement et la rétention des enseignants de français, la DSFM a partagé certains défis et priorités qui lui sont propres. Selon la DSFM, il existe encore un déficit d’infrastructures qui limite l’accès à l’éducation en français. La DSFM souligne le besoin de construire de nouvelles écoles, notamment à Brandon, la deuxième ville en importance au Manitoba, et à Niverville, une petite ville en pleine croissance démographique. Pour la DSFM, ces écoles devraient inclure une garderie et un CRÉE afin de renforcer la francisation. Dans la ville de Winnipeg, la DSFM indique que les besoins les plus pressants sont l’agrandissement de l’école Voie des prairies, qui dessert le nord-est de la ville, ainsi que l’ajout d’une troisième école secondaire.

La DSFM souhaite élargir ses programmes et services en dotant certaines écoles d’équipements permettant l’enseignement STIAM, intégrant ainsi les sciences, la technologie, l’ingénierie, les arts et les mathématiques. La DSFM envisage également de restructurer et de relocaliser son Centre d’éducation des adultes afin de mieux répondre aux besoins sa clientèle actuelle. Depuis sa création en 2008, le Centre est passé d’une vingtaine d’étudiants inscrits à 120 actuellement. L’offre de cours s’y est toujours fait en soirée en raison de la disponibilité sans frais supplémentaires des locaux du Collège Louis-Riel. Il y a cependant une demande croissante pour une offre de cours le jour, car la clientèle adulte préfère étudier le jour pendant que leurs enfants sont à l’école.

Tout comme la DSFM, l’USB a souligné un déficit en infrastructure. Selon l’USB, ses locaux actuels sont utilisés à pleine capacité, rendant la mise à niveau et l’agrandissement de ses espaces essentiels pour continuer à offrir une formation de qualité et des services équivalents. L’USB soutient aussi que ses revenus sont affectés par plusieurs facteurs, notamment le choix croissant des étudiants d’opter pour des études à temps partiel plutôt qu’à temps plein, ainsi que les quotas d’étudiants internationaux imposés aux établissements postsecondaires par Immigration, réfugiés et citoyenneté Canada. Pour pallier ces défis, l’USB compte miser sur l’augmentation, réfugiée du nombre et des types d’activités de recrutement grâce à ses nouveaux outils de marketing repensés et actualisés et de ces effectifs accrus. L’USB souhaite aussi accélérer sa transition vers l’offre de cours et de programmes à distance et en mode hybride, afin que les francophones aient les mêmes options que les anglophones et que l’établissement puisse pleinement remplir son mandat provincial. Le développement d’outils et de formation à distance est donc une priorité pour elle.

Pour l’objectif linguistique français langue seconde, les représentants des organismes consultés (MASS, ÉFM-MTS et CPF-MB) ont demandé le maintien du financement additionnel spécifiquement lié à l’éducation en langue. Pour cette raison, le Manitoba a choisi de maintenir les programmes connus et appréciés de ses partenaires soient les initiatives Subvention par catégorie et Programme de revitalisation du français langue seconde (PRFLS). Ces initiatives donnent aux divisions scolaires la flexibilité d’embaucher, d’acheter des ressources et d’offrir du perfectionnement professionnel en fonction de leurs priorités. Elles permettent aussi aux divisions scolaires, aux écoles et aux organismes communautaires d’offrir des activités culturelles qui enrichissent l’environnement linguistique des élèves et des enseignants. Ces activités permettent aux élèves d’utiliser la langue française dans des contextes variés, donnant ainsi un sens à leur expérience linguistique. La suggestion du BEF d’augmenter le budget annuel du PRFLS pour répondre à l’augmentation des demandes, notamment en lien avec la mise en œuvre de la nouvelle politique d’immersion française, a été accueillie favorablement par les partenaires.

L'Association manitobaine des directeurs généraux des divisions scolaires (MASS) a souligné l’importance du recrutement et la rétention des enseignants « parlant français » comme étant un facteur crucial pour offrir des cours de français langue seconde intéressants et dynamiques, incitant les élèves à poursuivre jusqu’en 12e année et ainsi freiner le déclin des inscriptions observé depuis la pandémie de COVID. MASS a également indiqué qu’environ 60 % des directeurs généraux et directeurs généraux adjoints actuels sont nouveaux dans leur rôle. Pour leur fournir le soutien nécessaire, l’association a exprimé le souhait de formaliser la relation et les échanges avec le BEF, afin que ses membres sachent avec qui collaborer et prennent connaissance des services et de l’appui que le BEF peut fournir en matière d’éducation en langue française.

Les priorités de l’éducation en langue française

Au Manitoba, l’enseignement dans la langue de la minorité est essentiellement assuré par la Division scolaire franco-manitobaine et l’Université de Saint-Boniface. De ce fait, les grandes orientations de l’objectif linguistique « Langue de la minorité » du Plan d’action du Manitoba s’alignent avec les plans stratégiques de ces établissements.

Pour établir les orientations de son plan stratégique de 2023 à 2027 intitulé Apprendre et grandir ensemble, la DSFM a mené une vaste opération de consultations publiques et de réflexion collective avec ses 24 communautés scolaires ainsi qu’auprès de ses divers partenaires éducatifs et communautaires. Des rencontres ont aussi été organisées avec le personnel des 24 écoles.

Le plan stratégique dont s’est dotée la DSFM à la suite de ces consultations repose sur quatre grands axes et huit sous axes :

Axe 1 : Réussite éducative

La DSFM continue à aider nos jeunes à développer leur plein potentiel selon leur parcours, les matières qu’ils choisissent et les métiers qu’ils visent.

1.1 Un environnement d’apprentissage accueillant

1.2 Une programmation appropriée

Axe 2 : Écoles communautaires/entrepreneuriales, communautés scolaires

La DSFM s’inspire du modèle entrepreneurial en reconnaissant le lien entre l’école et sa communauté. Un apprentissage ancré dans le réel, au cœur de l’environnement manitobain, qui va engager une plus grande responsabilité des élèves dans leur éducation scolaire.

2.1 Des relations interdépendantes et réciproques

2.2 Des contextes et des expériences authentiques

Axe 3 : Construction identitaire, citoyenneté

La DSFM s’engage à aider chaque élève à reconnaître son identité unique, tout en étant lié par la langue française. En montrant l’interdépendance et la connexion que peuvent avoir les élèves et les adultes de la DSFM, nous voulons former les citoyens de demain.

3.1 Le savoir-devenir francophone

3.2 La réflexion critique et créative

Axe 4 : Mieux-être, inclusion, diversité

La DSFM continue de favoriser le respect de chacun et chacune en prônant la richesse de la diversité et une grande inclusion dans ses milieux scolaires. En créant des espaces sécuritaires et collaboratifs pour ses élèves, la DSFM assure le mieux-être pour chacun de ses élèves et de son personnel.

4.1 La résilience

4.2 Le savoir-vivre ensemble

Le 1er septembre 2011, la Loi sur l’Université de Saint-Boniface a conféré au Collège universitaire de Saint-Boniface le statut d’université ainsi qu’un nouveau nom. Depuis sa fondation en 1818, l’excellence et l’épanouissement de la langue et de la culture françaises sont les piliers de l’Université de Saint-Boniface (USB). La Loi reconnait d’ailleurs que :

« seul établissement d’enseignement postsecondaire francophone au Manitoba, [l’USB] joue un rôle de premier plan dans la croissance et le développement linguistique, culturel, social et économique de la collectivité d'expression française de la province »

Alors qu’elle entame son troisième siècle d’existence, l’USB s’est doté d’un plan stratégique et d’une feuille de route ambitieuse pour guider ses actions pour la période de 2021 à 2026. Ce plan fait appel à quatre (4) axes prioritaires pour appuyer sa mission :

Axe 1 : Dynamisme en matière d’enseignement et de recherche

Nous adaptons nos programmes et formations pour répondre aux aspirations étudiantes, aux besoins de la communauté ainsi qu’aux nouvelles tendances d’un monde en transformation, tout en façonnant une culture de recherche.

Axe 2 : Renforcement du positionnement stratégique

Nous étendons le rayonnement et l’influence de notre université partout dans le monde de l’éducation, au sein de notre communauté et bien au-delà.

Axe 3 : Modernisation et pérennité institutionnelles

Nous déployons les stratégies essentielles au succès de notre établissement et à notre avancement organisationnel.

Axe 4 : Enrichissement expérientiel et identitaire

Nous cultivons un environnement accueillant, sain et propice à l’épanouissement et la réconciliation, tout en célébrant la pluralité de la francophonie.

Le gouvernement du Manitoba a, pour sa part, identifié certaines priorités en lien avec l’éducation en langue française dans le Budget complémentaire du ministère de l’Éducation et de l’Apprentissage de la petite enfance pour l'exercice 2024-2025. Il s’engage notamment à rétablir le poste de sous-ministre adjoint du Bureau de l'éducation française (aboli en 2017) ainsi qu’à continuer de travailler avec les intervenants et les partenaires pour réaliser les initiatives spécifiques décrites dans le plan de mise en œuvre de la Stratégie de recrutement et de rétention des enseignants de langue française du Manitoba : Passer à l’action, publiée en juin 2023.

Mise en œuvre du plan d’action – Mécanisme de suivi

Les mécanismes précédents de surveillance de la mise en œuvre du Plan d’action du Manitoba seront maintenus. Le BEF sera responsable d’élaborer les rapports annuels et de mi-parcours consolidés du Manitoba, conformément aux exigences de Patrimoine canadien.

Lors de la préparation des rapports annuels ou de mi-parcours, le BEF communiquera par courriel avec chaque organisme partenaire mettant en œuvre une initiative afin de recueillir l’information pertinente. Le BEF pourra ensuite demander, si nécessaire, des informations complémentaires ou des précisions par le moyen de communication de son choix.

Les parties prenantes ayant des initiatives dans le Plan d’action du Manitoba sont responsables de communiquer au BEF tout changement ou imprévu pouvant affecter la mise en œuvre des initiatives et entraîner une modification du Plan d’action provincial. Par exemple, cela inclut des variations au niveau des indicateurs ou des cibles de rendement, des clientèles visées, des obstacles rencontrés, des délais dans la mise en œuvre des échéanciers, ou l’abandon de projets.

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2026-07-09

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