Présentation de la 1re Division du Canada
Le 9 septembre 2026 - La Sentinelle de l’Ouest
Le 10 sept., l’Armée canadienne connaît l’un des plus grands changements de son histoire alors qu’elle passe de divisions responsables des régions géographiques au Canada à des divisions axées sur des mandats déterminés.
« L’Armée que nous avons n’est pas l’Armée dont nous avons besoin », a déclaré le Lieutenant‑général (Lgén) Michael Wright, commandant de l’Armée canadienne, dans Point d’inflexion 2025, document qui expliquait la justification et le plan du lancement d’une modernisation à pleine échelle de l’Armée canadienne.
Cela signifie que la 3e Division du Canada, qui représente l’Ouest canadien depuis près de 40 ans, sera dissoute le 10 sept.
À sa place, on mettra sur pied la 1re Division du Canada, qui prendra le commandement des trois groupes‑brigades de la Force régulière de l’Armée canadienne – le 1er Groupe‑brigade mécanisé du Canada (1 GBMC), le 2 GBMC et le 5 GBMC – et de la 6e Brigade d’appui au combat du Canada (6 BACC), la brigade conçue pour permettre au reste de l’Armée de mener ses opérations. De plus, la 1re Division du Canada assumera aussi le commandement de trois nouvelles formations : la 1re Brigade d’artillerie du Canada, la 1re Brigade de maintien en puissance du Canada et le 3e Régiment d’infanterie légère du Canada.
Tout cela fait partie d’un effort visant à éloigner l’Armée de la « guerre de contribution », a expliqué le Lgén Wright dans le balado de l’Armée canadienne du 4 févr. À l’avenir, le but est d’équiper et de positionner l’Armée pour qu’elle soit en mesure de participer aux opérations de combat majeures en tant que partenaire à part égale.
Cela ne veut pas dire que le Canada cesserait de participer à des opérations internationales comme celles qui ont eu lieu dans les Balkans dans les années 1990, en Afghanistan au début des années 2000 ou, plus récemment, l’opération IMPACT et l’opération REASSURANCE. Au lieu de cela, le rôle et la participation de l’Armée à ces opérations évolueraient, tout comme sa place au sein du Canada.
Photo : Cplc Liam Stagg, Caméra de combat des Forces armées canadiennes
Photo : Cplc Liam Stagg, Caméra de combat des Forces armées canadiennes
« Nous n’avions pas la capacité de réellement jouer un rôle plus important dans la direction de ces alliances », a expliqué le Lgén Wright. « Nous n’avons pas non plus vraiment investi dans les capacités dans lesquelles l’Armée doit investir pour faire partie de la défense interarmées globale du Canada. »
La modernisation et la restructuration de l’Armée, ainsi que l’investissement accru promis par le gouvernement fédéral, visent à mettre l’Armée sur la voie d’atteindre ces deux objectifs.
Selon la structure actuelle, l’Armée est divisée en quatre divisions axées sur des régions géographiques distinctes du Canada. Chaque division est responsable de tout ce qui se passe dans sa région, y compris la Force régulière, la Réserve, les groupes de patrouilles des Rangers canadiens et les groupes de soutien de la Division du Canada. Bien qu’elle soit efficace lorsqu’il s’agit de gérer les responsabilités administratives, cette structure n’optimise pas la capacité de l’Armée d’accomplir ses tâches au pays et à l’étranger.
L’Armée canadienne modernisée a attribué un mandat précis à chaque division. L’objectif est de réaliser des gains d’efficience et de bâtir une force plus agile et mieux en mesure de protéger les Canadiens. Les mandats propres à la tâche créent des économies d’effort. Par exemple, la mise sur pied de la force pour la Force opérationnelle d’intervention mondiale et le plan de gestion de l’état de préparation à l’appui de l’engagement par rotations du Canada à l’égard de la brigade multinationale en Lettonie sont tous deux gérés par la 1re Division du Canada.
Photo : Cpl Djalma Vuong-De Ramos, technicien en imagerie des Forces armées canadiennes
Photo : Sgt Bern LeBlanc, Affaires publiques de Armée canadienne
Photo : Sdt Félix Chagnon, technicien en imagerie des Forces armées canadiennes
À titre de Division de manœuvre de l’Armée canadienne, la 1re Division du Canada se concentrera sur la constitution et le maintien d’une force capable d’intervenir dans tous les types de conflits, y compris les opérations de combat majeures.
La 1re Division du Canada, dont le quartier général est situé à la Base des Forces canadiennes (BFC) Edmonton, assumera le commandement des formations de la Force régulière de l’Armée canadienne partout au pays. Cela signifie obtenir le commandement du 2 GBMC de l’ancienne 4e Division du Canada, du 5 GBMC de la 2e Division du Canada et de la 6 BACC de l’ancienne 5e Division du Canada, tout en continuant à commander le 1 GBMC.
Les nouvelles brigades demeureront dans leurs emplacements actuels partout au Canada, mais elles relèveront désormais du quartier général de leur division à Edmonton. Un tel arrangement conserve l’empreinte de l’Armée canadienne d’un océan à l’autre, tout en simplifiant la structure de la chaîne de commandement.
La première des trois nouvelles formations mises sur pied dans le cadre de la 1re Division du Canada est le 3e Régiment d’infanterie légère du Canada, qui consiste en une réaffectation des unités existantes. Les troisièmes bataillons du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, du Royal Canadian Regiment et du Royal 22e Régiment seront réunis pour former le nouveau régiment. Le Lgén Wright explique que la nouvelle formation « veillera à ce que [l’Armée soit] capable d’intervenir avec des forces à haut niveau de préparation à grande échelle ».
Deuxièmement, il y a la 1re Brigade d’artillerie canadienne. Cette brigade sera chargée de centraliser et de coordonner l’artillerie de la Division à l’appui du combat en profondeur et rapproché. La nouvelle plate‑forme du système de roquettes d’artillerie à grande mobilité (HIMARS), qui devrait arriver en 2029, ainsi que les nouveaux obusiers automoteurs pour remplacer les obusiers M777 actuellement dans l’arsenal de l’Armée feront partie de l’équipement prévu.
Troisièmement, il y a la 1re Brigade de soutien du Canada, conçue pour fournir la logistique nécessaire aux opérations prolongées à haute intensité. Lorsqu’elle sera entièrement mise sur pied, la Brigade veillera à ce que la Division soit entièrement équipée pour se maintenir en puissance et survivre sur le champ de bataille grâce à la gestion du transport, de l’entretien et de l’approvisionnement.
Le quartier général de la 1re Brigade d’artillerie du Canada et de la 1re Brigade de soutien du Canada sera situé à la BFC Edmonton. Les trois bataillons du 3e Régiment d’infanterie légère du Canada demeureront à leur emplacement actuel, tandis que le quartier général du Régiment sera situé à la BFC Petawawa.
Le regroupement des formations de la Force régulière de l’Armée canadienne en une même division comporte plusieurs avantages, tangibles et intangibles. Le Lgén Wright a expliqué que le fonctionnement au niveau de la division permettra au Canada de s’éloigner de la guerre de participation pure. C’est au niveau de la division que l’Armée doit intervenir en cas de crise à grande échelle.
En outre, le fonctionnement au niveau de la division permet au Canada d’avoir une capacité d’agir nationale, une crédibilité nationale et une souveraineté nationale, a ajouté le Lgén Wright.
En réactivant la 1re Division du Canada, l’Armée canadienne apporte des changements qui vont au‑delà de la réorientation de ses formations. Sous la 1re Division du Canada, elle perpétuera une histoire qui remonte à la Première Guerre mondiale, lorsque la Division a été mise sur pied en tant que premier élément de combat du Canada dans le conflit.
Avec le retrait de la 3e Division du Canada, son histoire et sa lignée seront conservées dans l’Ordre de bataille supplémentaire, mais pourront être remises sur pied au besoin. Toutes les formations figurant à l’Ordre de bataille supplémentaire conservent leur place dans l’ordre de préséance, ainsi que leurs couleurs, traditions et honneurs de guerre.
Photo : Cpl Marc-André Leclerc, Base des Forces canadiennes Valcartier
Photo : Sdt Félix Chagnon, technicien en imagerie des Forces armées canadiennes
