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« Les Escadrons de Chars Canadiens sont trop Grands » : Options pour la modernisation de l'escadron de chars 

par Major B.R. Simpson - 15 Juillet, 2026

temps de lecture : 25 min

 

Un char Leopard 2 canadien du Royal Canadian Dragoons participe à  la compétition de tir au canon de char pour l'obtention du Trophée de l'Armée canadienne au cours de l'opération REASSURANCE, au Camp Adazi, en Lettonie, le 2 mai 2024. Photo : Caporal Bryan Bodo, technicien en imagerie des Forces armées canadiennes
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Un char Leopard 2 canadien du Royal Canadian Dragoons participe à la compétition de tir au canon de char pour l'obtention du Trophée de l'Armée canadienne au cours de l'opération REASSURANCE, au Camp Adazi, en Lettonie, le 2 mai 2024. Photo : Caporal Bryan Bodo, technicien en imagerie des Forces armées canadiennes


Clause de non-responsabilité: Cet article a été rédigé avant la publication de « le régiment blinde au combat » (RBAC) et peut ne pas refléter les changements les plus récents apportés au document.

Introduction

Le Corps blindé royal canadien (CBRC) est en train de rédiger l’une de ses publications de doctrine complémentaires clés : Le régiment blindé au combat, qui a été publié pour la dernière fois en 1990. Des ébauches des chapitres de cet important document circulent au sein du Corps et la note de doctrine 23-01 de l’Armée canadienne a récemment été publiée, qui décrit la philosophie et l’organisation de base de la future publication complète.1 Parmi les autres changements importants, la nouvelle version préliminaire propose que les escadrons blindés passent de 19 véhicules blindés de combat (VBC) à un total de 20 véhicules.2 (Figure 1) Bien qu’il ne s’agisse pas d’une critique exhaustive de la publication à venir, le présent article abordera la question de la taille optimale des escadrons de chars et démontrera que les escadrons de chars canadiens actuels (et futurs) sont beaucoup plus grands qu’ils ne devraient l’être pour accomplir leurs tâches de doctrine. Cet argument n’est en aucun cas nouveau et, au moins officieusement, il s’agit d’une opinion partagée par de nombreux membres du Corps.3 Cet article s’efforcera de fournir des données quantitatives et qualitatives à l’appui de cette conclusion.


Figure 1 : Escadron blindé du canadien (2023 - présent)​

Figure 1 : Escadron blindé du canadien (2023 - présent)​


Une brève remarque sur la portée de cet article s’impose : tout d’abord, il s’agit d’un argument propre aux chars et, bien que le nouveau document Le régiment blindé au combat prétende couvrir également les VBC légers, l’organisation optimale d’un escadron doté de VBC légers est en dehors des limites de ce commentaire. Cela dit, organiser les sous-unités de VBC légers différemment des chars est une constante dans la guerre blindée depuis que des personnes comme Heinz Guderian l’ont prescrite dans les années 1930.4 En outre, l’auteur n’a pas encore trouvé un seul pays dont les armées structurent actuellement les éléments des VBC légers de manière identique à leurs forces de chars, de sorte que la nouvelle publication nécessitera probablement un examen propre aux types de plateformes également.5 Deuxièmement, cet article porte sur les chars de combat principaux. Avant la Seconde Guerre mondiale, la plupart des armées reconnaissaient plusieurs types de chars (lourds, moyens, croiseurs, d’infanterie, légers, etc.) ayant des rôles particuliers. L’expérience de la guerre totale a mené à un processus de fusion dans lequel pratiquement tous les sous-types de chars ont fusionné pour former le char « d’assaut » ou ce que l’on a appelé plus tard le char « universel » ou « char de combat principal » (CCP). Le Canada, comme la plupart des pays industrialisés modernes, a connu cette transition. En effet, le feld-maréchal Montgomery a décrété, avant l’invasion de l’Europe, que toutes les distinctions antérieures entre les types de chars étaient abolies et que les armées anglo‑canadiennes seraient désormais équipées exclusivement de « chars d’assaut » et de « chars de reconnaissance légers ».6 L’existence d’une seule classe de chars de combat (le CCP) a été prise en compte dans la doctrine canadienne depuis cette époque, et le présent article part du principe que ce paradigme persiste.

Aperçu de la méthodologie et des données

L’argument selon lequel les escadrons de chars du Canada sont trop grands sera principalement fondé sur une comparaison détaillée entre l’Armée canadienne et les sous‑unités historiques et actuelles de divers pays étrangers. Bien entendu, les doctrines nationales existent dans des circonstances particulières et la conformité avec les alliés ou les ennemis potentiels n’est pas une exigence absolue. Cependant, Carl von Clausewitz observe que « si, pendant la guerre, un certain moyen s’avère très efficace, il sera utilisé à nouveau; il sera copié par d’autres et deviendra à la mode; et ainsi, justifié par l’expérience, il passe à l’usage général et est inclus dans la théorie ».7 Si je peux me permettre d’ajouter un aspect militaire canadien à cette affirmation, nous pourrions l’appeler le principe « l’une de ces choses n’est pas comme les autres » (une phrase que beaucoup d’entre nous se sont fait chanter par des sous-officiers acariâtres au cours de notre instruction militaire initiale). En bref, Clausewitz affirme qu’il existe un processus par lequel des conditions communes poussent les armées à adopter des moyens communs d’organisation et d’opération. Par conséquent, si les éléments de chars du Canada ne ressemblent pas à ceux des autres pays, nous devrions au moins nous demander « pourquoi nous ne ressemblons pas aux autres » et peut-être remettre en question nos hypothèses sous‑jacentes.

Le tableau 1 comprend une comparaison de 38 unités de chars actuelles et historiques de 12 pays, en fonction du nombre de chars par troupe, du nombre de troupes par escadron, du nombre de chars du quartier général d’escadron (QG Esc) et du quartier général du régiment (QG Régt), du nombre d’escadrons par régiment et du nombre total de chars.8 Les données constituent un échantillon de taille assez importante, mais ne sont évidemment pas suffisamment exhaustives pour permettre une véritable analyse statistique. Cependant, il inclut toutes les unités pour lesquelles des données organisationnelles fiables étaient disponibles, principalement par le biais de publications officielles du pays d’origine. En outre, aucune unité pour laquelle des données étaient disponibles n’a été exclue afin d’éviter tout biais en faveur ou en défaveur de la thèse de cet article. Par conséquent, nous pouvons affirmer avec prudence que ces données sont au moins représentatives de la composition historique et actuelle des unités de blindés à l’échelle internationale.

À première vue, les données révèlent des points communs évidents entre les structures blindées historiques et actuelles. Tout d’abord, la taille d’une troupe s’est stabilisée entre trois et quatre chars, surtout après la Seconde Guerre mondiale. De plus, après la Seconde Guerre mondiale, les QG Esc ne contenaient, à quelques exceptions près, jamais plus d’un ou deux chars. Les données révèlent également une tendance importante à la réduction de la taille des escadrons et des régiments. De 1938 à 1953, la taille moyenne d’un escadron était de 16,9 chars et celle d’un régiment de 58,7. Ces chiffres ont diminué de façon constante jusqu’à ce que, de 1990 à aujourd’hui, ils soient tombés à 14,0 et 47,2 chars respectivement. De manière flagrante, les structures des unités du Canada (à l’exception des régiments de 1960 à 1977 et de 1977 à 1982) semblent ignorer la pratique normalement acceptée en ce qui concerne le nombre de chars au sein du QG Esc et, ce qui est plus déconcertant, restent les seules exceptions à la tendance internationale presque universelle vers des escadrons et des régiments plus petits. Selon les données disponibles, nous pouvons affirmer avec une certaine confiance que l’escadron et le régiment de chars de l’Armée canadienne sont les éléments de plus grande taille de leur type dans toute l’histoire de la guerre blindée d’après-guerre.

Le « principe de quatre »

L’escadron de 20 chars (et le régiment de 82 chars!) proposé dans l’ébauche du document Le régiment blindé au combat va à l’encontre de cette tendance quasi universelle vers de plus petites unités de chars. L’origine de cette structure franchement massive peut être attribuée à une adhésion à une interprétation structurelle d’un « principe de quatre » qui affirme que « historiquement, les forces blindées ont combattu en groupes de quatre pour permettre un soutien mutuel en exécutant les tirs et les mouvements... En application, une troupe blindée aura quatre véhicules, un escadron blindé aura quatre troupes et un régiment blindé aura quatre escadrons ».9 En bref, un régiment canadien doit être entièrement structuré selon ce principe, sous la forme d’une unité 4-4-4 (quatre chars par troupe – quatre troupes par escadron – quatre escadrons par régiment). Toutefois, compte tenu des données disponibles, il est raisonnable de conclure qu’aucune autre armée n’a adopté une interprétation strictement structurelle du principe de quatre. La structure la plus courante est le modèle 4-3-3, suivi de près par les modèles 3-3-3 et 3-4-4. En d’autres termes, bien qu’il soit possible d’affirmer que quatre chars constituent une unité de tir idéale pour des raisons de soutien mutuel, ce principe ne peut être extrapolé à l’infini à des niveaux d’organisation plus élevés.

Dans la doctrine canadienne, le « principe de quatre » (bien qu’il ne porte pas ce titre) fait référence aux fonctions essentielles de l’application de la puissance de combat (trouver, fixer, frapper et exploiter). Avant l’ébauche du document Le régiment blindé au combat, la doctrine ne l’a jamais imposé comme modèle structurel pour la conception de la force, mais plutôt comme modèle conceptuel pour l’articulation de la force. En effet, la doctrine canadienne note explicitement que les quatre fonctions essentielles ne peuvent pas toutes être remplies avec des moyens relevant de l’élément intégral : L’exemple des OpsPsy qui « fixent » une population pour une force de manœuvre est donné.10

L’explication la plus simple de cette absence totale de structures 4-4-4 dans les données est que les autres pays interprètent le « principe de quatre » en termes souples conceptuels par opposition à des termes rigides structurels. La seule publication d’un pays dont l’auteur a été en mesure de trouver qui énonce une « règle » ou un « principe » explicite de quatre est celle de l’escadron blindé britannique de type 58, datant du milieu des années 2000, qui indique que les commandants doivent articuler leurs forces de manière à fournir des éléments de recherche, de fixation, de frappe, d’exploitation et de réserve. Cependant, dans cette structure, le régiment était organisé selon un modèle 3-4-3.11 Il est clair que le « principe » énoncé ci‑dessus est censé être mis en œuvre par le biais d’une articulation au sein d’une équipe interarmes, les commandants utilisant la mise en place progressive (par exemple, la force de fixation de la première phase devient la force d’exploitation de la deuxième phase), les attachements (par exemple, un peloton d’infanterie au sein d’une équipe de combat devient la réserve) ou une combinaison des deux. En outre, ce principe ne s’applique pas à tous les niveaux : comment le chef de troupe, dans cette structure, est-il censé assurer les quatre fonctions avec seulement trois chars? De toute évidence, il ou elle est censé(e) assurer une ou peut-être deux des fonctions prévues dans le plan de son commandant d’escadron. De même, un escadron d’un régiment 4-3-4 pourrait peut‑être assurer les fonctions de recherche, de fixation et de frappe, tandis que les escadrons en profondeur constituent les forces de réserve et d’exploitation? En résumé, bien que la conformité servile à une « règle » de quatre par le biais d’une interprétation strictement structurelle de ce principe soit une option, elle fait en sorte que le Canada ait les plus grands escadrons de tous les pays du monde et un régiment d’une taille inatteignable (et peut-être indésirable). L’adoption d’une compréhension conceptuelle plus souple de ce principe nous permettrait de nous harmoniser avec nos contemporains et d’envisager d’autres options structurelles décrites ci‑dessous.

Un escadron de chars canadien modernisé

En formulant une structure d’escadron modernisée, nous pouvons, comme d’autres pays l’ont fait, commencer par le résultat tactique de la structure : les éléments minimaux irréductibles requis pour que l’escadron puisse remplir ses fonctions les plus courantes. Jim Storr, officier retraité de l’Armée britannique, affirme que ce chiffre ne reflète pas nécessairement le nombre de chars « présents dans une compagnie en caserne », mais plutôt ceux présents dans une équipe interarmes pour accomplir des tâches tactiques essentielles.12 L’analyse des « résultats » attendus d’un escadron n’est pas une science, mais un reflet des principes tactiques comme une forme d’art : « ce qui a fonctionné » et « ce qui pourrait fonctionner ». Toute personne affirmant qu’elle a la « bonne » réponse à la question de la taille des escadrons de chars serait, comme le dirait Storr, « excessivement sûre d’elle ».13

Par exemple, nous pouvons, avec une certaine justification, dire que le résultat tactique essentiel d’un escadron blindé est l’attaque improvisée interarmes, y compris une ouverture de brèches rapide. Les forces nécessaires pour une telle opération comprennent : deux voies de franchissement (deux chars de déminage), une force d’assaut (les chars d’ouverture de brèche plus 3 à 5 chars supplémentaires) et une base de feu (3 à 5 chars, y compris un élément du QG Esc).14 Cela nous amènerait à un total de 9 à 12 chars comme « minimum irréductible » pour qu’un escadron puisse accomplir cette tâche (avec une tendance vers la limite supérieure si une ouverture de brèche complexe est nécessaire). Bien que ce nombre puisse sembler faible, tout soldat de l’Arme blindée ayant participé à un entraînement en campagne avec des chars au cours des dernières années aura probablement mené des attaques improvisées réussies (et judicieuses du point de vue tactique) avec des escadrons de cette taille. Les lecteurs pourraient en déduire que le résultat tactique essentiel d’un escadron de chars était l’une des nombreuses tâches courantes de l’arme blindée : manœuvre retardatrice, attaque par le tir, marche à l’ennemi, etc. Cependant, aucune de ces tâches, lorsqu’elles sont limitées à leurs exigences minimales irréductibles, ne nécessite plus de 9 à 12 chars, et bon nombre d’entre elles peuvent être menées avec beaucoup moins. Storr note que les pays occidentaux et communistes pendant la guerre froide croyaient que les articulations interarmes pouvaient effectuer la plupart des tâches avec 5 à 10 chars.15

L’escadron de chars modernisé du Canada doit-il donc s’harmoniser avec les pratiques israéliennes ou soviétiques/russes et former des sous-unités de seulement 10 chars? Le célèbre commandant Hermann Balck, théoricien des Panzer, soutenait que les compagnies de cette taille réduisaient en fait les pertes, en affirmant que « si j’avais un bon char, 10 chars par compagnie suffiraient...il devrait y avoir 3 pelotons avec 3 chars chacun, et un char pour le commandant de compagnie. Trop de chars entraîneront trop de pertes ». Il s’agit bien entendu d’une option, qui permettrait aux escadrons de disposer d’une puissance de combat suffisante pour mener à bien leurs tâches à effectif complet. Le contexte est important ici : les pays disposant de compagnies plus petites peuvent avoir la profondeur institutionnelle nécessaire pour compter sur d’importantes réserves de « chars de remplacement » pour les véhicules endommagés ou détruits ou peuvent effectuer les tâches traditionnelles des chars différemment (peut-être qu’une attaque improvisée est toujours une opération au niveau du bataillon?). Un autre facteur important dans la taille des sous-unités de chars doit être la « disponibilité » ou le pourcentage de chars disponibles pour le combat lorsque l’entretien et les pertes sont pris en compte.16 Si nous nous imposons l’exigence que notre escadron canadien modernisé puisse subir 25 % de pertes (ou de pertes liées à l’entretien) avant d’être incapable d’assurer son rendement tactique essentiel (de 9 à 12 chars), nous arrivons à une taille d’escadron de 11 à 15 chars. D’ailleurs, les escadrons de cette taille constituent la grande majorité des exemples après la Seconde Guerre mondiale dans notre ensemble de données.

Si nous acceptons de 11 à 15 chars comme objectif tactique de base (y compris la redondance des pertes), nous pouvons alors commencer à concevoir la structure de commandement de ces chars, en commençant par le nombre de troupes. L’accomplissement de son objectif tactique essentiel (une attaque improvisée) pourrait sans doute être réalisé avec deux troupes agissant comme unités de tir (l’une comme base de feu et l’autre comme force d’assaut/d’ouverture de brèche), mais cela laisserait peu d’options au commandant (cmdt) pour fournir des chars d’appui très rapproché, former une réserve ou une profondeur de quelque nature que ce soit, ou détacher des forces à une autre équipe de combat au besoin. Il est donc probable que trois ou quatre troupes soient nécessaires, ce que confirment nos données : 21 de nos exemples d’escadrons contiennent trois troupes de chars, et 15 en contiennent quatre. C’est ici que la question de la taille des troupes de chars entre en jeu : la plupart des pays disposant de troupes à trois chars ont des escadrons à quatre troupes, tandis que les troupes à quatre chars sont plus souvent organisées en escadrons à trois troupes. Quels sont les avantages relatifs des deux options les plus courantes en matière de taille des troupes?

La question de la taille optimale des troupes de chars semble, selon nos données, être controversée : 18 exemples contiennent quatre chars et 13 en contiennent trois. Certains pays sont passés de l’une à l’autre de ces deux options à plusieurs reprises au cours des dernières décennies (le Royaume-Uni et l’Allemagne notamment). Cela dit, trois chars sont clairement considérés par la plupart des pays comme une unité de tir viable. L’armée américaine a conclu, après une étude approfondie à la fin des années 1970, que le peloton de trois chars était supérieur (c’est-à-dire plus létal) aux pelotons de quatre et cinq chars dans les engagements force contre force, l’élément de trois chars étant plus facile pour le commandant à contrôler ainsi qu’à diriger les tirs et les mouvements.17 Cependant, la refonte structurelle de l’armée américaine a recommandé l’adoption d’un peloton à quatre chars, explicitement parce qu’un peloton à trois chars nécessitait un taux de disponibilité de 100 % pour demeurer efficace. Les nombreux chars de réserve et le taux élevé de mécaniciens du système israélien (qui avait conduit les Américains à expérimenter les pelotons à trois chars) n’étaient pas susceptibles d’être disponibles dans le contexte des finances et du personnel envisagé par les concepteurs de forces américains de la fin de la guerre froide.18 Étant donné que le Canada est également limité par le personnel et le manque de chars de réserve, nous pouvons nous contenter, comme les Américains, d’un modèle de troupes à quatre chars.19

Donc, si notre escadron modernisé doit contenir des troupes de quatre chars, nous pouvons supposer sans risque (comme la plupart des exemples de données) que trois troupes constitueront l’élément combattant de notre sous-unité. Une sous-unité composée de trois troupes correspond également mieux au concept opérationnel actuel de l’Armée : L’engagement rapproché : la puissance terrestre à l’ère de l’incertitude. Conformément à L’engagement rapproché, les sous-unités de manœuvre doivent être capables de commander jusqu’à huit éléments de la taille d’un peloton, y compris des éléments de manœuvre, d’appui au combat et de soutien logistique du combat.20 Cet objectif ambitieux du point de vue de l’étendue des responsabilités fait qu’il est prudent d’établir des sous-unités de mise sur pied de forces plus petites afin de permettre un contrôle efficace des futures articulations interarmes. Par exemple, un escadron de trois troupes pourrait facilement absorber deux à trois pelotons d’infanterie, une troupe du génie, un élément de lutte contre les UAS et (avec sa troupe administrative intégrée) ne pas dépasser la limite de huit pelotons. Ainsi, avec 12 chars dans nos trois troupes de combat, il ne reste plus qu’à concevoir notre QG Esc.

Comme indiqué plus haut, une constante dans les données depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale est l’existence d’un ou deux chars seulement au sein du QG Esc : seul le Canada a conservé un troisième et, dans l’ébauche Le régiment blindé au combat, un quatrième char. Avant de décrire les exigences du QG Esc, nous devons donc nous pencher sur ces chars anormaux dans les structures des escadrons canadiens. Ces chars trouvent leur origine dans les structures des escadrons de la Seconde Guerre mondiale, qui contenaient des variantes particulières de chars. (Figure 2) Par exemple, le QG Esc de 1948 comprenait deux chars « croiseurs » (pour le cmdt et le commandant de batterie [CB]) et une paire de chars équipés d’obusiers de gros calibre mais à basse vitesse. L’objectif de ces canons d’assaut spécialisés était de « fournir une arme d’appui rapproché capable d’abattre des explosifs ou de la fumée dans des endroits où d’autres armes ne peuvent pas intervenir efficacement ». Ils étaient également capables d’effectuer des tirs directs et indirects.21 En bref, il s’agissait de ressources de soutien au combat analogues aux pelotons de mortiers d’infanterie, dont le but était de compenser la faible efficacité de l’armement principal des chars croiseurs réguliers à larguer des explosifs détonants.22 Comme pour les escadrons canadiens actuels, la version de 1948 comprenait un char à lame. Cependant, alors que l’équipement de bouteur actuel sur un char Leopard 2 n’a qu’une incidence minimale sur son employabilité en tant que char de tir, la version de 1948 a diminué sa mobilité à un point tel que le bouteur était maintenu à l’arrière de l’escadron (avec les véhicules d’échelon) dans toutes les descriptions détaillées et graphiques.23


Figure 2 : Escadron blindé canadien d’après-guerre (1948)​

Figure 2 : Escadron blindé canadien d’après-guerre (1948)​


Les chars d’appui rapproché et les chars à lame décrits ci-dessus ne ressemblent guère aux CCP inclus dans les QG Esc des escadrons blindés canadiens actuels et proposés, car il s’agit de ressources de soutien au combat spécialisées plutôt que de chars d’artillerie ordinaires ou renforcés. Tous les autres pays examinés qui ont maintenu des chars spécialisés dans leurs QG Esc pendant la Seconde Guerre mondiale ont retiré ces chars de leurs structures une fois que les chars spécialisés n’étaient plus en service, et il est presque certain qu’il est grand temps pour le Canada de faire de même. Tous les CCP canadiens peuvent remplir le rôle de char d’appui rapproché en larguant des explosifs détonants et le Canada dispose d’un nombre plus que suffisant de bouteurs pour en équiper un par troupe de chars si nous le souhaitons. De plus, il n’est pas nécessaire que le QG Esc combatte en tant que troupe formée (avec des partenaires de l’équipe de tir du cmdt ou du CB), car le but des chars du QG Esc est d’exercer le commandement et contrôle : une tâche qui peut être accomplie par ces deux personnalités lorsqu’elles sont physiquement séparées l’une de l’autre et à proximité générale des troupes combattantes pour un soutien mutuel24

En l’absence de ses chars de l’époque de la Seconde Guerre mondiale, le QG Esc peut être réduit aux seuls véhicules nécessaires pour permettre au cmdt « d’être situé à l’endroit où il peut le mieux exercer son commandement », ce qui laisse entendre la nécessité d’avoir au moins un char.25 L’exigence imposée au CB d’être en mesure d’assumer « le commandement de l’escadron temporairement » en cas d’absence ou de décès du cmdt semble entraîner le besoin dans la doctrine canadienne pour un deuxième char au sein du QG Esc, ce qui est l’approche adoptée par 23 de nos exemples d’unités.26 Cela permet également au cmdt de confier à un élément du QG Esc le contrôle d’une tâche distincte (telle qu’une base de feu) ou d’un élément détaché. Il nous reste alors deux chars au sein du QG Esc pour assurer le contrôle de nos trois troupes de quatre chars, ce qui donne un total de 14 chars pour l’escadron. (Figure 3) Cette conclusion ne se veut en aucun cas « universelle » du point de vue de la doctrine et, compte tenu de la diversité des données disponibles sur la structure des unités, l’affirmation d’un commentateur d’avoir conçu un escadron « parfait » ne serait rien de moins que de l’arrogance. Cependant, les escadrons de 14 chars constituent la structure la plus courante dans notre ensemble de données et nous permettrait d’être conforme à bon nombre de nos alliés. Des variations de l’ordre de 13 à 16 chars constitueraient également des solutions de rechange raisonnables compte tenu des différentes hypothèses de base et des variations des résultats tactiques essentiels d’un escadron.


Figure 3 : Escadron blindé canadien modernisé (Proposé) ​

Figure 3 : Escadron blindé canadien modernisé (Proposé)


Domaines méritant un examen plus approfondi

Plusieurs domaines de la conception des escadrons doivent encore être examinés, mais ils dépassent la portée immédiate du présent article. La question de savoir si un escadron de chars a besoin d’un VBC de commandement supplémentaire (tel qu’un poste de commandement de véhicule blindé de soutien au combat) doit être examinée afin de valider les besoins en matière de commandement et contrôle d’un escadron dans le contexte d’un groupement tactique. Le soutien d’échelon à un escadron de chars fourni par les ressources intégrées et régimentaires nécessite également une réévaluation complète : l’ébauche du document Le régiment blindé au combat place 57 personnes sur 137 dans les échelons A1, A2 et B de l’escadron, ce qui représente 42 % de l’effectif total de l’escadron. En comparaison, un escadron de chars britannique ne compte que 30 personnes dans son échelon (environ 33 % de son effectif) et une compagnie de chars américaine n’en compte que six (soit 10 % de son effectif).27 Étant donné que ces pays sont vraisemblablement en mesure de mener des opérations de combat réussies, nous devrions peut-être examiner si des gains d’efficacité en matière de personnel peuvent être réalisés en centralisant le soutien de l’échelon supérieur au niveau régimentaire. Enfin, il reste du travail à faire pour déterminer l’organisation régimentaire optimale, notamment le nombre d’escadrons qu’elle devrait contenir et les éléments habilitants de soutien au combat dont une unité lourdement blindée a besoin. Bien entendu, cela ne doit pas se faire indépendamment des autres armes : au minimum, un régiment blindé doit pouvoir constituer la base d’un groupement tactique interarmes. La question clé est de savoir combien d’unités interarmes un groupe-brigade mécanisé du Canada (GBMC) devrait être en mesure de former et quelle quantité de blindés elles devraient contenir. Un régiment à trois escadrons permet à un GBMC (avec deux bataillons d’infanterie mécanisée) de former jusqu’à trois groupements tactiques interarmes avec un escadron chacun, mais exclut la formation d’un groupement tactique lourdement blindé ou d’une réserve blindée. Pour cette capacité, un régiment à quatre escadrons serait probablement nécessaire. Cela dit, l’escadron décrit ci-dessus fonctionnerait tout aussi bien dans un régiment de trois ou quatre escadrons sans générer une force de chars de taille ingérable.

Conclusions

L’objectif principal de cet article était de démontrer que les escadrons de chars actuels et proposés du Canada sont de taille exagérée par rapport à ceux de nos alliés et concurrents. Il semble qu’au cours des quelque huit décennies qui se sont écoulées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Canada n’ait pas suivi la tendance vers des escadrons plus petits et plus agiles, ce qui nous place dans la situation prévue par Clausewitz d’être le sujet du redoutable principe « l’une de ces choses n’est pas comme les autres ». L’objectif secondaire de cet article était de proposer une méthodologie approximative pour concevoir un escadron blindé canadien modernisé. Un escadron plus petit présenterait plusieurs avantages pour le CBRC. Les points communs avec les alliés augmenteraient considérablement et nous pourrions peut-être examiner la possibilité d’affecter un escadron complet sur le plan de la doctrine au groupement tactique de présence avancée renforcée en Lettonie (au lieu de l’escadron[-] actuellement employé dans ce pays). Dans le même ordre d’idées, un escadron plus petit pourrait peut-être réduire la tendance qu’ont les commandants de groupements tactiques à diviser les escadrons de chars en un escadron(-) dirigé par un cmdt et un demi-escadron dirigé par un CB. Le lieutenant‑colonel (retraité) Charles S. Oliviero a récemment fait remarquer qu’il était « très peu probable » que ses lecteurs, issus d’armées où les compagnies de chars ne comptent que 10 à 13 chars, soient amenés à scinder les escadrons.28 Il en est ainsi, car l’objectif tactique essentiel de ces sous unités (tel que susmentionné) s’harmonise avec leur structure d’escadron : l’escadron de 19 ou 20 chars se prête à la scission parce que nos homologues de l’infanterie et nous-mêmes sommes bien conscients que 9 ou 10 chars sont capables de mener une attaque improvisée solide sur le plan tactique, peu importe les problèmes évidents liés à l’administration et au commandement que la scission nous cause. N’oubliez pas qu’un officier israélien ou russe chargé des blindés verrait dans un escadron(-) une sous-unité à effectif complet!

En plus de réduire éventuellement la tendance de l’Armée à démanteler les escadrons de chars, des escadrons plus petits permettraient de créer davantage de sous-unités. Ironiquement, avec les 82 chars Leopard 2 acquis initialement il y a une dizaine d’années, le Canada aurait pu immédiatement former deux régiments de 41 chars du type de ceux utilisés par l’Allemagne pendant la guerre froide. Maintenant que la centralisation des chars dans l’Ouest canadien a été mise en place, des sous-unités de chars plus petites pourraient permettre la formation d’au moins une quatrième sous-unité de chars au sein de l’Armée canadienne avec une augmentation minimale globale des besoins en personnel. Ces mesures permettraient d’améliorer les possibilités pour les dirigeants du CBRC de commander ou de combler des rôles clés d’état-major et de conseiller dans les escadrons de chars, et des escadrons de quatre chars permettraient d’harmoniser beaucoup plus facilement les résultats opérationnels durables d’un escadron(-) en Lettonie. Dans l’ensemble, le fait de se libérer d’une approche structurelle dogmatique fondée sur la « règle des quatre » et des préjugés organisationnels connexes datant de la Seconde Guerre mondiale offre au CBRC une marge de manœuvre et des possibilités immensément plus grandes.


End Notes

  1. Ministère de la Défense nationale (MDN), B-GL-305-001/FP-001, Le régiment blindé au combat – Ébauche de travail no 3, chapitres 1 et 2 (décembre 2022); MDN, NDAC 23-01, Le régiment blindé au combat (25 septembre 2023).
  2. La nouvelle version préliminaire vise à remplacer également toute la doctrine sur la reconnaissance existante, et donc la taille et la structure de l’escadron s’appliquent à tous les poids et à toutes les capacités des véhicules. Voir la NDAC 23-01, Le régiment blindé au combat, 6.
  3. L’argument selon lequel les escadrons de chars du Canada étaient trop importants était suffisamment ancien en 2003 pour que Charles S. Oliviero puisse affirmer que « beaucoup d’entre nous ont soutenu pendant des décennies que les escadrons de chars canadiens étaient trop grands » avant de proposer de petites sous-unités blindées de 10 ou 13 chars chacune. Voir Charles S. Oliviero, « Document de réflexion sur la restructuration du Corps blindé – une réfutation », Bulletin des blindés 35.1 (2003) : 21.
  4. « La plus petite unité de combat est le peloton, qui est composé de trois à cinq véhicules dans le cas des compagnies lourdes et moyennes et de cinq à sept au sein des compagnies légères. » [Non souligné dans l’original.] Heinz Guderian, Achtung Panzer : The Development of Tank Warfare, Christopher Duffy, traduction, première publication en 1937 (Londres : Weidenfeld and Nicolson, 1992), 182.
  5. Voir l’article de l’auteur intitulé « Regard sur la cavalerie : réexaminer l’arme embarquée pour l’avenir », Journal de l’Armée du Canada 19.3 (2022) : 13-15.
  6. John A. English, Monty and the Canadian Army (Toronto : University of Toronto Press, 2021), 152.
  7. Carl von Clausewitz, On War, publié et traduit par Michael Howard et Peter Paret, 1re édition, 1976 (Princeton, NJ : Princeton University Press, 2008), 171.
  8. Par souci de simplicité, toutes les tailles d’éléments blindés seront exprimées en termes canadiens (troupe, escadron, régiment plutôt que peloton, compagnie, bataillon). Vous trouverez ci-dessous les sources de chaque structure.
    a) Australie, régiment de cavalerie blindée : Armée australienne, Doctrine sur la guerre terrestre 3‑3‑4, Emploi des blindés (Centre d’instruction interarmes, 2016), 23-24.
    b) Canada, Régiment blindé (1948) : Canada, CAMT 3-1, Tactiques d’entraînement du Corps blindé royal canadien, Le régiment blindé, réimprimé sous la direction du chef d’état-major général, (Ottawa : 1948), 17.
    c) Canada, Régiment blindé (1960) : Canada, Quartier général de l’Armée, CAMT 3-1, Le régiment blindé au combat (1960), 10.
    d) Canada, Régiment blindé (1977) : Canada, MDN, B-OL-305-001/FT-001, Arme blindée, volume I, Le régiment blindé au combat (1977), 2-1.
    e) Canada, Régiment blindé (1982) : Canada, MDN, B-GL-305-001/FT-001, Arme blindée, volume I, Le régiment blindé au combat (1982), chapitre 2.
    f) Canada, Régiment blindé (1990) : Canada, MDN, B-GL-305-001/FT-001, Arme blindée, volume I, Le régiment blindé au combat (1990), chapitre 2.
    g) Canada, Régiment blindé (1940) : Section historique de l’Armée canadienne, rapport n° 57, Un résumé des changements importants dans l’organisation de l’Armée, 1939-1945 (Ottawa, 1952), 20‑21. https://www.canada.ca/fr/ministere-defense-nationale/services/histoire-militaire/histoire-patrimoine/histoires-militaire-lignees-officielles/rapports/quartier-general-armee-1948-1959/army-organization-1939-1945.html (consulté le 13 octobre 2022).
    h) Canada, Régiment blindé (1944) : Idem, 22-23.
    i) Canada, Régiment blindé proposé : Ministère de la Défense nationale (MDN), B-GL-305-001/FP-001, Le régiment blindé au combat – Ébauche de travail no 3, chapitres 1 et 2 (décembre 2022).
    j) France, bataillon de chars de combat : Steven J. Zaloga, Les chars français de la Seconde Guerre mondiale, volume I : infanterie et chars de combat (Osprey, 2014).
    k) France, régiment de chars 80 : armée française, Manuel d’emploi des groupements tactiques à dominante Leclerc, (Inspection de l’Arme blindée, cavalerie), chapitre 12, https://static.wixstatic.com/ugd/a137e0_43cd699a47ca4d5a8d62c6688aa2cc4f.pdf (consulté le 13 octobre 2022).
    l) Allemagne, Allemagne, Panzer-Abteilung (1939) : Pier Battistelli, Divisions blindées allemandes : Les années de la guerre-éclair, 1939-1940 (Oxford : Osprey Publishing, 2007), 29.
    m) Allemagne, Allemagne, Panzer-Abteilung (1944) : armée allemande, Kriegsstärkenachweise 1177 (fG), Panzer-Abteilung (freie Gliederung), (1944), traduit sur https://www.wwiidaybyday.com/kstn/kstn1177fg1nov44.htm, (consulté le 13 octobre 2022).
    n) Allemagne, bataillon blindé (structure d’armée 4) : armée allemande, bataillon blindé, Heeresstruktur 4 O.W. Dragoner : Die Bundeswehr 1989. Heeresamt. I. Korps. II. Korps. III. Korps, 2.1 - Heer, https://www.relikte.com/_basis/docs/bw_2_1-4.pdf, (consulté le 14 octobre 2022).
    o) Allemagne, bataillon blindé (structure d’armée 5) : armée allemande, bataillon blindé, Heeresstruktur 5 http://panzerbaer.de/units/bw_hstr_5_pzbtl-a.htm (consulté le 13 octobre 2022).
    p) Allemagne, bataillon blindé (armée de l’avenir) : armée allemande, Die Deutsche Heer : Sachstand und Entwicklung, (2003), 83, http://www.geopowers.com/News/News_II_2003/Heer_Jan2003.pdf, (consulté le 14 octobre 2022).
    q) Israël, bataillon blindé (vers 1967-1973) : Chris McNab, L’Arme blindée arabe contre l’Arme blindée israélienne (Osprey Publishing, 2021), 45.
    r) Italie, bataillon de chars moyens : F. Cappellano, P.P. Battistelli, Chars moyens italiens : 1939‑1945 (Osprey, 2012).
    s) Italie, bataillon de chars : Paolo Valpolini, « Armée italienne : processus de modernisation des forces lourdes », European Defence Review, (10 mars 2022), https://www.edrmagazine.eu/italian-army-towards-heavy-forces-modernisation, (consulté le 14 octobre 2022).
    t) Pays-Bas, bataillon de chars : armée néerlandaise, VS 17-131 Het tankbataljon (1976), reproduit sur https://www.orbat85.nl/reference/unit-organisation-and-equipment.html#tkbat-pabrig, (consulté le 14 octobre 2022).
    u) Pays-Bas, bataillon de chars (au sein d’une brigade blindée) : armée néerlandaise, VS 17-131 Het tankbataljon (1983), reproduit sur https://www.orbat85.nl/reference/unit-organisation-and-equipment.html#tkbat-pabrig, (consulté le 14 octobre 2022).
    v) Pays-Bas, bataillon de chars (au sein d’une brigade d’infanterie blindée) : armée néerlandaise, VS 17-131 Het tankbataljon (1983), reproduit sur https://www.orbat85.nl/reference/unit-organisation-and-equipment.html#tkbat-pabrig, (consulté le 14 octobre 2022).
    w) République populaire de Chine, bataillon interarmes : armée américaine, ATP 7-100.3, Tactiques chinoises (août 2021) : 2-5. https://armypubs.army.mil/epubs/DR_pubs/DR_a/ARN33195-ATP_7-100.3-000-WEB-1.pdf. (consulté le 13 octobre 2022)
    x) Russie, bataillon de chars (au sein de brigades et de régiments de chars) : Lester W. Grau et Charles K. Bartles, The Russian War of War : Force Structure, Tactics, and Modernization of the Russian Ground Forces (Département de la Défense des É.-U., Foreign Military Studies Office, 2016), 224.
    y) Royaume-Uni, bataillon mixte : armée britannique, Mobile Division Training Pamphlet No 2, Notes on the Employment of the Tank Brigade, (Londres : 1938), 35.
    z) Royaume-Uni, régiment blindé de type 38 : Simon Dunstan, Escadron de Challenger (Wiltshire, R.‑U. : Crowood Press Ltd, 1999), 16.
    aa) Royaume-Uni, régiment blindé de type 57 : Oliver E. Holder et Frederick G. Lee, « Le régiment blindé du RAC », Arme blindée 94.5 (1985) : 19.
    bb) Royaume-Uni, régiments blindés de type 44 ou 58 (Armée 2020) : Direction des capacités de combat, doctrine sur le combat rapproché embarqué, volume I, tactiques du Corps blindé royal, L’escadron blindé (Royaume-Uni, 2011), 2-3.
    cc) Royaume-Uni, régiment blindé de type 56 : armée britannique, direction des capacités de combat, Capacités de combat pour l’avenir (2013) : 6-7.
    dd) Armée américaine, bataillon de chars (1944) : armée américaine, tableau d’effectifs et de dotation 17-25, Bataillon de chars (Washington, D.C. : 18 novembre 1944) et armée américaine, tableau d’effectifs et de dotation 17-27, Compagnie de chars moyenne (Washington, D.C. : 18 novembre 1944), http://www.militaryresearch.org/17-27%2018Nov44.pdf (consulté le 13 octobre 2022).
    ee) Armée américaine, bataillons blindés des divisions blindées pentomiques (1957) : armée américaine, manuel de campagne 17-33, unités, pelotons, compagnies et bataillons de chars, Washington, D.C. : 1957), 7-15.
    ff) Armée américaine, objectif de réorganisation, bataillon blindé de la division de l’armée (ROAD) : James F. Pasquarette, Organisation du bataillon de chars M1A2 : un appel à l’innovation, École des études militaires avancées, United States Command and General Staff College (Fort Leavenworth, KS, 1996), 9.
    gg) Armée américaine, bataillon blindé de la « Division 86 » : James F. Pasquarette, Organisation du bataillon de chars M1A2 : un appel à l’innovation, École des études militaires avancées, United States Command and General Staff College (Fort Leavenworth, KS, 1996), 11.
    hh) Armée américaine, bataillon blindé (2004) : armée américaine, FKSM 71-8, données de référence sur l’Arme blindée/la cavalerie, volume III, division blindée de la Force XXI (US Army Armor Centre, mai 2004), I-14 à I-18.
    ii) Armée américaine, bataillon interarmes (blindé) : États-Unis, Quartier général, Département de l’armée, MCoE Supplemental Manual 3-90, Force Structure Reference Data : Armor Brigade Combat Team, (Fort Benning : octobre 2016), 24-30.
    jj) URSS, bataillon de chars (au sein du corps mécanisé) : corps mécanisé 1942-1945, https://tmg110.tripod.com/RedA8.htm, (consulté le 14 octobre 2022).
    kk) URSS, bataillon de chars (régiments de fusiliers motorisés) : armée américaine, FM 100-2-3, L’armée soviétique : troupes, organisation et équipement (Washington, D.C. : 1991), 4-26.
    ll) URSS, bataillon de chars (régiments de chars) : armée américaine, FM 100-2-3, L’armée soviétique : troupes, organisation et équipement (Washington, D.C. : 1991), 4-107.
  9. Le régiment blindé au combat – Ébauche non publiée (2022), 1-2.
  10. Ministère de la Défense nationale (MDN), B-GL-300-001/FP-002, Opérations terrestres (2008) : 4-21.
  11. Direction des capacités de combat du Corps blindé royal, doctrine sur le combat rapproché embarqué, volume I, tactiques du Corps blindé royal : l’escadron blindé, paragraphe 0154.
  12. Jim Storr, Battlegroup : The Lessons of the Unfought Battles of the Cold War (Warwick, R.-U. : Helion and Company, 2021), 107.
  13. Idem, 106.
  14. Les grandes lignes des tactiques de l’attaque improvisée interarmes se trouvent dans la publication du ministère de la Défense nationale (MDN) B-GL-321-006/FP-002, Les opérations de l’équipe de combat (2017) : 2-4 à 2-29.
  15. Storr, 107.
  16. Idem, 155.
  17. John L. Romjue, A History of Army 86 : Vol I : Division 86, The Development of the Heavy Division (Fort Monroe, Virginie : TRADOC, 1982), 9-10.
  18. Idem, 10.
  19. Compte tenu de la pression actuelle qui est exercée sur le corps des sous-officiers de l’Armée (avec un manque de grades intermédiaires), l’adoption d’une troupe à trois chars pourrait être considérée comme une mesure provisoire pour réduire le nombre de sous-officiers requis en tant que chefs d’équipage jusqu’à ce que la situation du personnel se stabilise. Toutefois, la question des taux de disponibilité des chars continuerait de nuire à l’intérêt de cette option.
  20. Ministère de la Défense nationale, B-GL-310-001/AG-001, Engagement rapproché – Puissance terrestre à l’ère de l’incertitude – L’évolution des opérations adaptables et dispersées (2019), 23.
  21. Canada, CAMT 3-1, Tactiques d’entraînement du Corps blindé royal canadien, Le régiment blindé, réimprimé sous la direction du chef d’état-major général (Ottawa : 1948), 19.
  22. L’historien John English note qu’en temps de guerre, les chars croiseurs n’étaient parfois même pas équipés d’obus explosifs. Voir la version anglaise, 131.
  23. Le régiment blindé (1948), 54.
  24. « Le QG Esc peut se déplacer en groupe ou le cmdt peut être à l’avant avec la ou les troupes de tête tandis que le CB contrôle les éléments arrière. » Canada, ministère de la Défense nationale, B‑GL‑305‑001/FT-001, Arme blindée, volume I : Le régiment blindé au combat (31 décembre 1990), chapitre 3, section 5.
  25. Idem.
  26. Idem.
  27. Tactiques du Corps blindé royal : L’escadron blindé, 1-A-1 à 1-A-4; États-Unis, Quartier général, Département de l’armée, MCoE Supplemental Manual 3-90, Force Structure Reference Data : Armor Brigade Combat Team, (Fort Benning : octobre 2016), 30.
  28. Charles S. Oliviero, Praxis Tacticum : The Art, Science and Practice of Military Tactics (Toronto : Double Dagger Books, 2021), 125.
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