L’Armée canadienne en voie d’acquérir une capacité essentielle de frappe à longue portée
Par le Col M-E Bégin et le Maj G Riddoch
Article / Le 20 août 2026 / Défense nationale
L’acquisition de HIMARS permet de livrer la capacité fondamentale du projet de frappe de précision à longue portée (terre) de l’Armée canadienne ou FPLP(T). Une des principales priorités de la modernisation, ce projet renforcera la capacité du Canada à défendre sa souveraineté, contribuera à la défense continentale et appuiera les opérations alliées grâce à des tirs de précision à longue distance. Le projet représente une évolution importante de la capacité de l’Armée à utiliser les tirs dans un champ de bataille moderne défini par la vitesse, la précision et l’intégration.

Légende
Le Canada a conclu une entente intergouvernementale évaluée à 2,6 milliards de dollars canadiens dans le cadre du programme Ventes militaires à l’étranger des É.-U. afin de faire l’acquisition de 26 lance-roquettes M142 du système de roquettes d’artillerie à grande mobilité (HIMARS), d’équipement connexe et de munitions et d’offrir de l’instruction et des options pour l’amélioration future des capacités.
Définie dans la Politique de défense du Canada de 2024, Notre Nord, fort et libre, la frappe de précision à longue portée est un investissement prioritaire qui renforcera la dissuasion, améliorera la capacité du Canada à défendre sa souveraineté à partir de plus grandes distances et fournira à l’Armée canadienne des tirs intégrés crédibles aux opérations interarmées et alliées.
Pourquoi la FPLP(T) est-elle importante pour les Forces armées canadiennes? La FPLP(T) permet de produire des effets dans tous les domaines et appuie l’intégration d’opérations interarmées. Comme toute capacité militaire, cela comprend du personnel, de l’équipement, de l’entraînement et des infrastructures. Au cœur du projet, il y a le M142 HIMARS monté sur un véhicule, un lance-roquettes très mobile qui a fait ses preuves au combat et qui est capable de produire des effets précis sur de longues distances. Il a été sélectionné pour son efficacité démontrée dans des environnements opérationnels contestés, son interopérabilité avec les alliés clés et sa compatibilité avec les ressources de transport aérien de l’Aviation royale canadienne.
Lorsque la capacité opérationnelle totale sera atteinte, la FPLP(T) permettra à l’Armée canadienne d’engager des objectifs à une portée de plus de 300 km — ce qui est bien au-delà de la portée des systèmes d’artillerie actuels. Cette portée accrue fournira une plus grande flexibilité opérationnelle, une meilleure capacité de survie et une meilleure efficacité au combat tout en renforçant la posture de dissuasion du Canada. Cela élargira également la capacité du Canada à défendre ses approches dans le Nord, dans l’Arctique et le long du littoral; car la facilité de transport du système à bord de l’aéronef CC130J Hercules de l’Aviation royale canadienne permettra un déploiement rapide à l’appui des besoins de défense continentale.
La FPLP(T) renforce la capacité du Canada de répondre aux besoins de l’OTAN et d’appuyer les opérations alliées. Elle intègrera une architecture moderne de liaison entre les capteurs et les tireurs, ce qui reliera les systèmes multispectraux d’acquisition des cibles, les capacités de commandement et de contrôle et les ressources de frappe de précision. Cette intégration permettra aux commandants de prendre des décisions plus rapidement et de réduire les délais d’engagement dans les environnements opérationnels complexes.
La capacité sera principalement utilisée par le 1er Régiment, Royal Canadian Horse Artillery (1 RCHA) à Shilo au Manitoba, qui passera au 9e Régiment de roquettes. Du personnel supplémentaire et du soutien seront fournis par des unités de la Réserve de l’Armée du 38e Groupe-brigade du Canada (38 GBC). Sous le commandement de la 1re Brigade d’artillerie du Canada, cette structure permettra la coordination centralisée et l’exécution décentralisée des tirs dans le champ de bataille.
La livraison des systèmes de lance-roquettes devrait débuter au plus tard 2029. La capacité opérationnelle initiale est prévue d’ici 2030 et la capacité opérationnelle totale, en 2034. Le système utilisera des munitions à guidage de précision perfectionnées — ce qui comprend le lance-roquettes multiple pour des portées entre 70 et 150 km — et il est conçu pour s’adapter aux futurs effecteurs à longue portée, comme le missile de frappe de précision, qui a la capacité d’engager des cibles mobiles terrestres et maritimes à plus de 300 km de distance.
